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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Remarques pratiques sur la prière (1)

7 Février 2012, 04:44am

Publié par Father Greg

 

images (17)On peut distinguer quatre formes de prière :

 

1. Les prières vocales ou liturgiques auxquelles vous pouvez participer en public ou que vous prononcez en privé (par exemple à la messe - il ne faut d'ailleurs pas confondre ces prières avec la notion d'assistance à la messe, laquelle comporte la récitation des prières communes, mais aussi et surtout autre chose dont je ne parle pas pour le moment car ce n'est pas dans mon sujet). Je ne distingue pas ici (J'y insiste) entre prière publique et privée : il suffit que la prière soit vocale et comporte un aspect de  récitation pour appartenir à cette première catégorie.

 

2. L'exercice de la méditation ou de l'oraison. Cet exercice implique essentiellement que pendant un certain temps (je reviendrai sur la durée souhaitable de ce temps) on s'abstienne de toute autre activité que celle du recueillement et de la mise en présence de Dieu. La lecture de l’Evangile ou certains textes spirituels, certaines prières vocales ou ce qu’on appelle la méditation proprement dite peuvent intervenir au cours de ce temps de recueillement, mais à condition d’être utilisées de façon absolument libre  au service de la mise. Autrement dit, il ne faut pas que ce temps dégénère en lecture, récitation ou méditation théologique. Son essence est d'un autre ordre, et les moyens utilisés pour parvenir à la mise en présence de Dieu doivent rester des moyens. Ils ne doivent donc occuper normalement qu'une partie limitée de ce temps dit d'oraison.

 

L'oraison peut très bien se faire pendant la messe ou tout autre office liturgique, dans la mesure où cet office et la participation qu'il requiert favorise subjectivement, en fait, le recueillement de la personne qui désire faire oraison. Il peut arriver au contraire que l'office en question ne favorise pas le recueillement, au contraire : dans ce cas, il faut évidemment sacrifier l'oraison à la participation que l'Église nous demande. Il faut seulement être honnête et ne pas prétendre faire oraison pendant ce temps-là.

 

L'influence favorable ou défavorable d'un office ou d'un exercice public sur le recueillement intérieur dépend essentiellement des dispositions et des appels de chacun. Il n'y a pas de loi universelle dans ce domaine, quoi que certains aient pu prétendre. On peut seulement soupçonner que le recueillement est d'autant plus facile à obtenir que la participation demandée au fidèle, au religieux ou au prêtre est moins active, corporellement et imaginativement parlant. Mais cela même n'est pas une loi absolue (pour ma part, je préfère par exemple concélébrer en second que de présider une concélébration ou de célébrer seul : c'est là une disposition personnelle qui n'est pas forcément celle de tout le monde).

 

Dans le cas où on fait oraison pendant une cérémonie liturgique, il faut évidemment je le répète faire et dire tout ce que l'Église nous demande, mais il n'est pas du tout obligatoire d'être attentif au sens des paroles qu'on prononce : il suffit d'être en présence de Dieu et de faire matériellement ce qu'on doit faire.

 

Chacun doit donc décider honnêtement si sa participation à un office a oui ou non valeur d'oraison. Je ne détermine pas encore dans quelle mesure et combien de temps il convient de faire oraison. Mais il faut d'abord être assez honnête pour appeler un chat un chat : si on croit que le Seigneur nous demande l'effort de l’oraison, il ne faut pas s'imaginer l'avoir accompli du simple fait qu'on assiste à un office, à moins qu'on n'ait réellement vérifié que cet office facilite le recueillement caractéristique de l'oraison.

 

  Lettre du Père Molinié à ses amis, La douceur de n'être rien (Ed Pierre Téqui)

 

 

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