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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Quittez vos projets et entrez dans Sa joie : Il aime nos pauvretés et notre rien !

2 Novembre 2011, 04:01am

Publié par Father Greg

 

ste_thesese.jpg La Toussaint ?! Pourquoi cette fête de la Toussaint ?

Pourquoi ? Car les saints du Ciel n’ont pas besoin comme tel qu’on les loue. Cette fête est donc pour nous. Est-ce que donc la Toussaint est vraiment une fête pour nous ? Est-ce que vraiment cela nous rend heureux ? Est-ce que ce matin en vous levant vous vous êtes dit : « Whao, c’est la Toussaint ! C’est énorme !!! »


Or, tout l’évangile de ce jour, Jésus ne cesse de nous dire qu’on est heureux d’être ce qu’on est ! On est heureux d’être des pauvres !! Bienheureux même! Qu’il faut tressaillir d’allégresse ! Et qu’est-ce qui nous empêche d’entendre cette parole jusqu’au bout ? Pourquoi n’est-on pas heureux, ou pourquoi n’entendons-nous pas Jésus nous dire combien nous sommes bienheureux ?


Nous sommes tristes, parce que trop souvent nous sommes prisonniers d’un projet idéal sur nous-mêmes. On a décidé –on a imaginé- comment nous devions être ; on s’est fait un film de notre vie, de comment cela devait être ; et on est prisonnier de projets d’une perfection aussi débile qu’orgueilleuse, aussi étriqué qu’esthétique ! On s’est créé son propre film dont on est le héros, adaptant l’histoire à chaque déconvenue, attendant qu’enfin on nous regarde comme un super héros pour les hommes, ou un truc plus romantique pour les femmes.


Et, malgré que le réel, nos pauvretés, nos misères et ceux qui nous entourent font toujours échouer tous nos scénarios, on s’agrippe obstinément à tous ces fantasmes d’une perfection aussi idéal que désespérante. Et notre grande misère, c’est notre obstination maladive à tous ces projets petits formats ! Le péché ainsi, n’est pas tant de tomber, mais de s’obstiner à vouloir tout de même réaliser notre scénario dans lequel nous mettons notre bonheur, notre représentation de la perfection ou de la ‘sainteté’.  Et nous restons malheureux tant que nous attendons secrètement la réalisation de ces fantasmes cachés et idéalisés.


Qu’est-ce qui peut nous rendre heureux alors ? Comment pourrait-on être Saints maintenant, et vivre de la joie des saints ? Déjà en brulant tous nos scénarios et projets d’une perfection ou d’une grandeur ou l’on domine tout efficacement ! La sainteté et le bonheur ce n’est pas un état, un truc à faire, ou un résultat à atteindre suivant une méthode certaine.


Mais surtout, Jésus nous crie de vivre en bienheureux, parce que Lui s’engage à nous faire aller jusqu’au bout de notre grandeur ! On est heureux parce que Jésus s’engage à être omniprésent à tout ce que l’on vit ! Il s’engage à ne jamais se résigner à nos petits côtés, et il nous promet de ne pas nous lâcher !


Ce qui nous rend heureux c’est quelqu’un ! C’est Jésus qui est pour nous dans tout ce qu’il est. Notre béatitude, c’est celle que Jésus nous donne à chaque instant !  Qu’est-ce que cela veut dire ?

C’est « bienheureux les pauvres » : c’est-à-dire que Lui promet de se servir de nos pauvretés comme du lieu où il se donne à nous ! Tous les lieux où l’on touche nos misères, ou l’on est perdu, mort, ou l’on est plus rien : cela devient, pour Lui, le chemin, le lieu où il se donne ! « Bienheureux les pauvres » : c’est-à-dire : « ta pauvreté ? Eh bien, je viens l’habiter, je viens m’en servir ; ce lieu où tu ne domines plus, ou tu meurs à tout tes rêves idéaux et tes projets de super héros, c’est là où tu dois m’attendre ! Ta limite n’est plus une limite ! »


C’est cela « la grande épreuve » : accepter que des lieux qui me diminuent humainement deviennent le lieu de son don ! Et être certain qu’il s’en sert ! La grande épreuve, c’est faire de tous les lieux où l’on est éprouvé, ou l’on est plus rien, tous ces lieux que l’on ne peut reprendre, des lieux où l’on est bienheureux, parce que Lui vient les habiter ! Notre pauvreté devient le chemin pour Lui de nous rendre Bienheureux !


« Bienheureux les doux » : le doux c’est celui qui s’adapte au rythme de l’autre, qui respecte la lenteur de l’enfant, de l’handicapée, du médiocre. Jésus ne nous tyrannise pas : il n’a pas un projet d’efficacité maximale sur nous. Et, il réalisera son désir, nous fera entrer dans ce qu’il veut pour nous, en respectant notre lenteur, en épousant ce devenir qui tend souvent au ridicule. C’est pour cela qu’on ne peut se comparer ! Notre itinéraire est complétement unique, et la manière pour lui de nous conduire dépend de Lui et de nous, point !


Et tous nos pleurs, tous nos repliements inutiles deviennent des lieux que Jésus veut habiter ! Tout devient chemin pour lui. Il n’y a plus de drame, il n’y a plus « d’histoire entre les hommes », sinon l’Histoire sainte ! Parce que nous avons cette assurance actuelle que Jésus se rend omniprésent et vient se servir de tout notre quotidien, surtout ce qu’on a de plus nul, là où on ne domine plus, pour nous obliger à tout vivre avec lui, à tout lui donner !

 

C’est ce que dit la petite Thérèse : « ce qui plait au bon Dieu dans ma petite âme, c’est que j’aime ma petitesse et ma pauvreté, c’est l’espérance aveugle que j’ai en sa miséricorde ! » Le jour où l’on pourra dire que l’on aime nos pauvretés et nos misères parce que c’est le lieu privilégié de son don, on sera des géants !


Et toutes l’éducation de Jésus, son don dans l’eucharistie par exemple, c’est un don caché, ridicule pour une intelligence rationnelle, pour briser nos idoles et nos scénarios, nos images idéales de nous-mêmes ou l’on voudrait tout dominer !


On a rien de plus que les gens du monde, pas plus de vertus ou de force, de générosité ou de patience, par contre, on n’est plus jamais seul : il est présent à tout ce qu’on vit, omniprésent, et il nous habite d’une manière telle, qu’on est déjà enfant du Père, certain de son don transformant ! Alors, réjouissons-nous de sa joie et mendions la, car Il habite tout ce que nous sommes !

 

Fr Grégoire. 01 nov 2011.

©www.quecherchezvous.fr

 

 

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