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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Quel salut, quelle lumière face aux crises actuelles?

5 Mars 2012, 04:04am

Publié par Father Greg

 

The_Fifth_Plague_of_Egypt_1800.jpg La crise de notre monde n’est ni économique ni politique ni identitaire. La crise que nous vivons, c’est la tentation première qui aujourd’hui semble posséder chacun : « L’homme contemporain est soumis à la tentation du refus de Dieu au nom de sa propre humanité ! » (BX JPII 1980) Même croyants, nous vivons pratiquement comme des athées ! Et nous acceptons d’errer, d’être des hommes à double tête, décidant de ce qui peut nous sauver, espérant en notre seule efficacité. La crise que nous vivons, c’est celle de l’homme qui refuse d’être une créature, d’exister par un autre! Sous couvert d’autonomie notre foi est devenue tiède, intellectuelle, abstraite, mollassonne. Le sel est devenu insipide et la lumière est tenue cachée ! (cf. Benoit XVI Porta Fidei)

 

Et on s’est délivré de la culpabilité que produit notre errance, par un hédonisme ou un narcissisme qui se révèle être un vice des plus exaspérants aujourd’hui : notre bonne conscience. Nous sommes très satisfaits de nous. Trop satisfaits ! D'autres remplacent cette satisfaction par un excès d'activités ; d'autres se durcissent ou cherchent des coupables.

Et on cache, on masque nos manques et nos angoisses par une course en avant, portée par un optimisme imaginaire, alimenté par toute sorte d’idéal et de mythes d’un grand soir politique, d’un salut tout humain, aussi affectif qu’irréel, refusant de voir qu’on est rongé de l’intérieur. Et on se fait des 'replâtrage' maisons, on se fait des ravalements pour ‘sauver la face’, se rassurer, bouchant alors toutes possibilités pour la lumière de s’insérer. Et on se gratifie par une espèce de langage pieux ou de discussion molle, se gargarisant de cette fausse tolérance qui voudrait que l’opinion soit la seule mesure, ne voulant plus rien affirmer parce que ce n’est pas sérieux d’affirmer quelque chose aujourd’hui ! La crise de notre temps c’est le règne de l’imaginaire, du « tout est possible » : de celui qui s’adapte pour ne plus avoir à lutter, qui ne veut plus se battre, mais qui veut qu’on lui foute la paix, celle des salons !

Benoit XVI rappelait que « posséder une foi claire, est souvent défini comme du fondamentalisme. Tandis que le relativisme, c'est-à-dire se laisser entraîner "à tout vent de la doctrine", apparaît comme l'unique attitude à la hauteur de l'époque actuelle. On est en train de mettre sur pied une dictature du relativisme qui ne reconnaît rien comme définitif et qui donne comme mesure ultime uniquement son propre ego et ses désirs. »  

Aussi, nous devons nous demander : pourquoi sommes-nous devenus trop muets ? Pourquoi nous manque-t-il le courage de proclamer et de donner la lumière avec autorité, avec l’assurance de Celui qui libère effectivement? Car le salut, c’est quelqu’un qui nous attend et qui est déjà victorieux pour nous! Jésus qui nous devance, nous a acquis la victoire ! Il nous demande d’en être certains ou plutôt de mendier cette certitude ! Et, c'est cela la première réponse à la crise, c’est de décider d’être un saint, c’est-à-dire d’arrêter de croire en soi-même, et de choisir d'être celui qui mendie tout : un pauvre, un mendiant de Dieu ! De ponctuer ses journées par des actes de mendicités : mendier à Dieu la foi ! Mendier à Dieu la lumière !

La foi, c’est cette certitude mendié chaque jour et qui nous rend complètement relatif à celui qui nous dépasse. La foi c’est mendier d'accepter d'être conduit sans pouvoir 'gérer' ni juger sa vie ! La foi, c’est entendre tous les jours: "quitte ton pays, ta parenté, tout ce qui t'es connaturel". La foi, c’est Jésus qui nous dit « est-ce que tu choisis de t’appuyer sur moi là, immédiatement ? » Le salut il est là. Si je réduis ma vie à ce que j’en comprends, je serai constamment dans un cet effort d’efficience, à vouloir y arriver par moi-même et à mesurer ma vie en fonction de mes résultats.

Et celle qui nous éduque à vivre de cela, c’est Marie ! Pourquoi? Parce que Marie nous apprend à demeurer face à Celui qui toujours nous devance ! Marie, c’est celle qui nous montre le don inconditionnel de Dieu, d’une gratuité qui est de trop et qui nous précède ! Parce que la grâce de Dieu : on n’en est pas libre ! Cela s’impose à nous, et Marie, c’est celle qui nous remets face à la certitude de ce don, et à accepter qu’on ne puisse pas l’utiliser. L’appel éternel de Dieu est toujours actuel, mais ce n’est pas de l’utilisable, du gérable !

Et cela, c’est pour nous dès maintenant ! Qu'est-ce à dire? On regarde souvent Marie de l'extérieur comme un modèle inatteignable. Or, Marie nous manifeste que la sainteté, la victoire s’est imposé à elle et donc la victoire est là pour nous : on n’en est pas libre ! Marie ne s'est pas faite sainte par elle-même, mais elle a tout reçu gratuitement ! Le combat c’est d’abord de mendier de rester rivé à ce don de Dieu complètement gratuit. La foi, c’est chaque jour mendier de ne rien diminuer de ce don dont on a aucune conscience.

L'annonciation, c'est la réponse à la crise : c’est revenir tous les jours à ce choix actuel du Père qui nous prend comme Fils, qui nous unit à Lui, qui s'empare de tout ce que nous vivons, et lui donne une dimension divine, une taille éternelle. L'annonciation, c'est le Père qui vient nous demander de vivre comme suspendu à Lui, de choisir de renaitre tous les jours d'en haut !

fr Grégoire