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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

qu’est ce qui en moi a soif de lui ?

6 Janvier 2012, 04:53am

Publié par Father Greg

 

 

vincent-van-gogh-champs-de-ble.jpgLe pèlerin spirituel est un homme qui marche, mais si en lui ne réside aucune ferveur, s’il a jugulé toute émotion, tout sentiment, s’il n’est pas ce « pèlerin passionné » que se voulait Shakespeare, il n’est qu’une mécanique, une coquille vide et desséchée.  On ne saurait trop insister, en ces temps prudents et frileux, sur l’importance que revêt le désir dans une démarche spirituelle. Le désir  c’est le feu de la vie, c’est l’énergie de la quête. Il ne faut surtout pas la confondre avec la convoitise ni l’avidité. Le vrai désir fait sortir hors de soi, il permet toutes les aventures de la pensée, de la création artistique et nourrit toutes les relations véritables.

Le désir c’est le goût de l’autre, de la vie, du monde, de l’ailleurs, du nouveau. Plus un individu, par peur,  étouffe en lui le désir, et plus il devient morne et triste, ou encore renfermé. Un individu narcissique, n’est habité d’aucun désir et ce n’est pas par hasard si notre époque qui flatte en permanence l’égocentrisme des gens est une époque de convoitise généralisée, non de désir.

Le désir du cœur, c’est la foi qui déplace les montagnes et fait chanter au milieu de la fournaise. Sa puissance est analogue à celle de la  passion amoureuse, comme l’énonce au VIIème  siècle Jean Climaque  qui,  longtemps ermite, devint supérieur du monastère  du Sinaï : « Bienheureux celui qui a obtenu un désir de Dieu semblable à celui d’un amant passionné pour celle qu’il aime ».

Sans la flamme du cœur, sans les éclats des émotions et la brûlure des sentiments, la vie spirituelle s’intellectualise et devient dure et arrogante, ou elle se réduit à des techniques et des formules apprises.  Elle est une posture et souvent une imposture. Il faut avoir de grands, de hauts, de généreux désirs, comme le rappelle très souvent à ses sœurs Thérèse d’Avila(…)

 

(…)La soif est première, elle réveille la conscience endormie et elle donne de l’élan. Ce ne sont ni le raisonnement ni l’argumentation qui se révèlent décisifs dans une démarche spirituelle (sinon il s’agit d’un endoctrinement), mais bien le désir ardent de découvrir une contrée que ni le mal ni la mort n’atteignent. Par exemple,  on peut s’intéresser à Jésus d’un point de vue historique (documenté et objectif), intellectuel (exégétique, distancé), ou théologique (savant et dogmatique) ; mais il est bien plus dynamique et authentique de se demander : qu’est ce qui en moi a soif de lui ?

Qu’est ce qui me fait partir à sa rencontre ou sur ces traces, ou encore me précipiter à ses pieds comme le fit avec spontanéité admirable la fameuse « pécheresse de la ville » qui était avant tout une femme très aimante ?

 

                               Jacqueline Kelen  «  Bréviaire du colimaçon »  Sur la vie spirituelle