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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Pourquoi ne suis-je pas bouddhiste ?

12 Mai 2012, 08:23am

Publié par Father Greg

rembrandt titus moine l" Pourquoi suis-je catholique et non pas bouddhiste ? " Il y a de très grands bouddhistes - j'en ai rencontrés. J'ai eu un ami musulman qui semblait avoir une vraie vie mystique, une véritable vie d'adoration, une vie de prière étonnante. Chaque fois du reste, que je le voyais, il me demandait une bénédiction en disant : " Nous sommes frères en Dieu ". Oui, c'est vrai, dans le Dieu créateur nous sommes frères mais je prie un jour pour qu'il ait la lumière plénière. Pourquoi ne sommes-nous pas musulmans ? C'est pourtant très grand ? D'une certaine manière, l'Islam a gardé beaucoup plus que nous l'adoration. Quand on visite Damas, ville sainte, on voit des choses qu'on ne verrait absolument pas chez nous. Quand on sonne la prière, le coiffeur fait sortir son client, même si ses cheveux ne sont pas entièrement coupés - peu importe ! Puis, déployant son petit tapis, il fait son adoration devant tout le monde. Où verrait-on cela chez les chrétiens ? L'adoration d'un véritable musulman qui croit, c'est merveilleux à voir. On peut alors se demander : " Mais pourquoi suis-je chrétien ? " Le motif profond est celui-ci : le christianisme a uni l'homme à Dieu. C'est Dieu qui est venu vers nous et qui nous a élevés jusqu'à lui. Le cœur de l'homme est devenu le cœur de Dieu. L'amour à l'égard de Dieu et l'amour à l'égard du prochain, cela ne fait qu'un. Là on touche ce qui est caractéristique de la vie chrétienne, ce qui en elle est unique : il n'y a qu'un seul amour. L'amour à l'égard de Dieu et l'amour à l'égard du prochain, c'est le même amour. Cela, on ne le trouve dans aucune autre religion. C'est vrai : le cœur de l'homme est devenu le cœur de Dieu, et le lieu de rencontre de l'homme avec Dieu, c'est le Christ, en qui l'homme et Dieu sont unis d'une unité substantielle, personnelle.

Il est bon de se rappeler cela, parce que quelquefois les traditions religieuses semblent être mieux gardées dans l'islam, ou dans d'autres religions, que dans la religion chrétienne. Pourquoi ? Parce que, justement, le chrétien dépasse les traditions religieuses. Ce qui caractérise la vie chrétienne, c'est la foi, la foi en Christ, en le Verbe devenu chair, Dieu au milieu de nous. La vie chrétienne, c'est en premier lieu la contemplation. Donner la primauté aux traditions religieuses est une matérialisation de la vie chrétienne, car celle-ci n'est pas premièrement tradition religieuse - heureusement. Les traditions religieuses, en effet, considérées en elles-mêmes, indépendamment de leur source, se matérialisent toujours. Le grand danger qui menace l'islam, c'est le progrès technique, scientifique, économique, contre lequel les traditions religieuses, prises en elles-mêmes, ne peuvent pas se défendre. C'est un fait : cela ne "tient" pas, et c'est un phénomène qu'il serait très intéressant d'étudier de près. En face des progrès scientifiques et économiques, seule la foi peut demeurer, parce qu'elle dépasse le conditionnement humain. C'est Dieu lui-même qui vient vers nous, c'est Dieu qui nous assume. La foi vient de Dieu, c'est un don de Dieu, alors que les traditions religieuses viennent de l'homme et tendent vers Dieu. (...)

On me dira : " Il y a une foi dans l'islam ". C'est vrai ; mais la foi de l'islam est dépassée et submergée par les traditions religieuses et, de ce fait, ce sont les choses extérieures, l'aspect moral, l'aspect de la lettre, qui dominent, et non plus la parole vivante reçue dans la foi. Ce qui est si merveilleux dans la vie chrétienne, c'est que nous recevons une parole vivante qui nous lie à une personne - je dis bien : à une personne - et non pas à une loi ni à une doctrine. La doctrine existe, les traditions religieuses existent, mais elles sont secondes et demandent d'être sans cesse purifiées par la foi. Il ne faut pas supprimer les traditions religieuses en s'opposant à elles ; il faut les purifier, les décanter dans une lumière de foi. Cette lumière de la foi nous est montrée dans toute sa puissance et toute sa force dans le Prologue de saint Jean.

Marie-Dominique Philippe - Suivre l'Agneau (t1) -   Ed St Paul 2005 pp.150-151