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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Pour le Christ, personne n’est étranger, personne n’est exclu, personne n’est lointain!

13 Octobre 2012, 02:29am

Publié par Fr Greg.

Anniversaire Concile Vatican II

 

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Le 7 décembre 1965, en présidant la session de clôture, Paul VI soulignait la générosité du Concile, à la rencontre de « l’humanisme laïque et profane, qui est apparu dans sa terrible stature et a, en un certain sens, défié le concile. Qu’est-il arrivé ? Un choc, une lutte, un anathème ? Cela pouvait arriver, mais cela n’a pas eu lieu. La vieille histoire du Samaritain a été le modèle de la spiritualité du Concile. Une sympathie sans bornes l’a envahi tout entier. La découverte des besoins humains – et ils sont d’autant plus grands que le fils de la terre se fait plus grand -, a absorbé l’attention de notre Synode". Et le lendemain, .sur la place Saint-Pierre ruisselante  de soleil, dans un geste totalement neuf dans l’histoire conciliaire bimillénaire, le Pape radieux remettait les messages au monde, aux gouvernants, aux hommes de pensée et de science, aux artistes, aux femmes, aux travailleurs, aux pauvres, aux malades, à tous ceux qui souffrent, aux jeunes, en leur disant avec chaleur communicative : "Pour l’Eglise catholique, personne n’est étranger, personne n’est exclu, personne n’est lointain". Le Concile s’achevait à Rome, il ne faisait que commencer à travers le monde.


Ainsi le Concile à son terme retrouvait-il l’inspiration de son premier geste, le message adressé au monde le 20 octobre 1962, dont Paul VI avait pu dire : "Geste insolite, mais admirable. On dirait que le charisme prophétique de l’Eglise a subitement explosé! Comme Pierre qui, le jour de la Pentecôte, se sentit poussé à élever tout de suite la voix et à parler au peuple, vous avez voulu tout d’abord vous occuper, non pas de vos affaires, mais de celles de la famille humaine, et engager le dialogue, non pas entre vous, mais avec les hommes".

 

À quasi 50 ans de distance, dont trente ans passés, à la demande de Jean-Paul II, puis de Benoît XVI, en charge du dialogue avec les non-croyants et les cultures, puis du dialogue interreligieux, je voudrais, chers amis, faire avec vous mémoire d’espérance. La mémoire n’est-elle pas l’espérance du futur ? Après tant de commentaires et de publications – j’en ai, pour ma part, plus de deux mètres de rayonnage dans ma bibliothèque ! -, je voudrais retrouver avec vous le vrai visage du concile, en nous inspirant de la clé de lecture que nous a proposée, dès le début de son pontificat, notre pape Benoît XVI, en réponse aux vœux de Noël des cardinaux, le 22 décembre 2005.

 

 Benoît XVI,avec courage et simplicité, s’est interrogé : « Quel a été le résultat du concile ? A-t-il été reçu d’une manière juste ? Qu’est-ce qui, dans la réception du concile, a été bon ? Qu’est-ce qui a été insuffisant ou erroné ? Que reste-t-il encore à faire ? Personne ne peut nier que, dans diverses parties de l’Eglise, la réception du concile s’est déroulée d’une manière plutôt difficile… La question se pose : pourquoi ?...Eh bien, tout dépend de la juste interprétation du concile ou –comme on dirait aujourd’hui- de sa juste herméneutique, de la juste clé de lecture et d’application.


Les problèmes de la réception sont nés du fait que deux herméneutiques contraires se sont affrontées et se sont querellées. L’une a causé la confusion, l’autre, silencieusement mais d’une manière toujours plus visible, a porté des fruits. Il existe, d’une part, une interprétation que je voudrais appeler « herméneutique de la discontinuité et de la rupture », bien souvent elle a pu se prévaloir de la sympathie des médias et aussi d’une partie de la théologie moderne. D’autre part il y a « l’herméneutique de la réforme », du renouveau dans la continuité de l’unique sujet-Eglise que le Seigneur nous a donné. C’est un sujet qui grandit dans le temps et se développe ; demeurant pourtant toujours le même, unique sujet du peuple de Dieu en chemin…

 

Quarante ans après le concile, nous pouvons souligner que le positif est plus grand et plus vivant que ce qu’il paraissait dans l’agitation des années 1968. Nous voyons aujourd’hui que la bonne semence, tout en se développant lentement, grandit cependant, et ainsi grandit aussi notre profonde gratitude pour l’œuvre accomplie par le concile…

Nous pouvons ainsi tourner aujourd’hui notre regard avec gratitude vers le concile Vatican II  : si nous le lisons et le recevons guidés par une juste herméneutique, il peut être et devenir toujours davantage une grande force pour le renouveau, toujours nécessaire, de l’Eglise.» ( Documentation catholique, 15 janvier 2006, n° 2350, p.59-63). 


Cardinal Paul Poupard Le Concile Vatican II. Une actualité surprenante

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