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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Nous subsistons en Lui...

1 Décembre 2012, 01:25am

Publié par Fr Greg.

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Dans ma vie, est-ce que je réserve un espace suffisant à la prière et, surtout, quelle place a, dans mon rapport avec Dieu, la prière liturgique, spécialement la sainte messe, en tant que participation à la prière commune du Corps du Christ qui est l’Eglise ?


Pour répondre à cette question, nous devons rappeler avant tout que la prière est la relation vivante des enfants de Dieu avec leur Père infiniment bon, avec son Fils Jésus-Christ et avec son Esprit Saint (cf. ibid., 2565). Ainsi, la vie de prière consiste habituellement dans le fait d’être en présence de Dieu et d’en avoir conscience, de vivre en relation avec Dieu, comme l’on vit habituellement les rapports de notre vie, avec nos parents les plus chers, avec les vrais amis ; plus encore, c’est la relation avec le Seigneur qui apporte la lumière à toutes nos autres relations. Cette communion de vie avec Dieu, Un et Trine, est possible parce que par le baptême nous avons été insérés dans le Christ, nous avons commencé à être une seule chose avec Lui (cf. Rm 6, 5).

En effet, c’est seulement dans le Christ que nous pouvons dialoguer avec Dieu le Père comme ses enfants, autrement, cela n’est pas possible, mais en communion avec le Fils, nous pouvons dire nous aussi ce que Lui a dit : « Abba ». En communion avec le Fils, nous pouvons connaître Dieu comme un vrai Père (cf. Mt 11,27). C’est pourquoi la prière chrétienne consiste dans le fait de regarder constamment et de façon toujours nouvelle vers le Christ, de parler avec Lui, de se tenir en silence avec Lui, de l’écouter, d’agir et de souffrir avec Lui. Le chrétien redécouvre sa vraie identité dans le Christ, « premier né de toute créature », en qui subsistent  toutes choses (cf. Col 1, 15 ss.). En nous identifiant à Lui, en étant une seule chose avec Lui, je redécouvre mon identité personnelle, celle de vrai enfant qui regarde vers Dieu comme vers un Père plein d’amour.


Mais n’oublions pas : le Christ, nous le découvrons, nous le connaissons comme une Personne vivante, dans l’Eglise. Elle est « son Corps ». Cette corporéité peut être comprise à partir des paroles bibliques sur l’homme et sur la femme : les deux seront une seule chair (cf. Gn 2,24; Ep. 5,30ss.; 1 Co 6,16s). Le lien inséparable entre le Christ et l’Eglise, à travers la force unifiante de l’amour, n’annule pas le « tu » et le « je », mais au contraire élève leur unité la plus profonde. Trouver sa propre identité dans le Christ signifie atteindre une communion avec lui, qui ne m’annule pas, mais m’élève à la dignité la plus haute, celle d’enfant de Dieu dans le Christ : « l’histoire d’amour entre Dieu et l’homme consiste justement dans le fait que cette communion de volonté grandit dans la communion de pensée et de sentiment, et ainsi notre vouloir et la volonté de Dieu coïncident toujours plus » (Enc. Deus caritas est, 17).


Comment est-ce que j’apprends à prier, comment est-ce que je grandis dans la prière ? En regardant le modèle que Jésus nous a enseigné, le Notre Père, nous voyons que le premier mot est « Père » et la deuxième « notre ». La réponse est donc claire : j’apprends à prier, je nourris ma prière en m’adressant à Dieu et en priant-avec-les-autres, en priant avec l’Eglise, en acceptant le don de ses paroles, qui deviennent pour moi peu à peu familières, et riches de sens.


Le dialogue que Dieu établit avec chacun de nous, et nous avec Lui, dans la prière inclut toujours un « avec » ; on ne peut pas prier de façon individualiste. Dans la prière liturgique, surtout l’Eucharistie, et – formés par la liturgie – toute prière, nous ne parlons pas seulement en tant qu’individus, mais au contraire nous entrons dans le « nous » de l’Eglise qui prie. Et nous devons transformer notre « je » en entrant dans ce « nous ».

Dans le Catéchisme de l’Eglie catholique, nous lisons : « Dans la liturgie de la Nouvelle alliance, toute action liturgique, spécialement la célébration de l’Eucharistie et des sacrements, est une rencontre entre le Christ et l’Eglise » (n. 1097); c’est donc le « Christ total », toute la communauté, le Corps du Christ, uni à son Chef qui célèbre.


Alors, la liturgie n’est pas une forme d’ « automanifestation » d’une communauté, mais au contraire le fait de sortir du simple « être-soi-même », être enfermés sur soi-même, et le fait d’accéder au grand banquet, d’entrer dans la grande communauté vivante, dans laquelle Dieu lui-même nous nourrit.  La liturgie implique cette universalité et ce caractère universel doit entrer toujours de nouveau dans la conscience de tous. La liturgie chrétienne est le culte du temple universel qui est le Christ ressuscité, dont les bras sont étendus sur la croix, pour attirer tous [les hommes] dans l’embrassement de l’amour éternel de Dieu. C’est le culte du Ciel ouvert. Ce n’est jamais seulement l’événement d’une communauté singulière, située dans le temps et dans l’espace. Il est important que chaque chrétien se sente et soit réellement inséré dans ce « nous » universel qui fournit le fondement et le refuge au « je » dans le Corps du Christ qui est l’Eglise.

En cela, nous devons tenir présent [à l’esprit] l’incarnation de Dieu : Il s’est fait proche, présent, en entrant dans l’histoire et dans la nature humaine, en se faisant l’un de nous. Cette présence est permanente dans l’Eglise, son Corps. Alors la liturgie n’est pas le souvenir d’événements passés, mais elle est la présence vivante du Mystère pascal du Christ, qui transcende et unit les temps et les espaces.


Dieu agit par le Christ et nous ne pouvons agir que par Lui et en Lui. La conviction que la liturgie n’est pas « nôtre », un « faire » qui est mien, mais qu’elle est une action de Dieu en nous et avec nous, doit grandir en nous chaque jour.


Par conséquent, ce n’est pas l’individu – prêtre ou fidèle – ni le groupe que la liturgie célèbre, mais elle est avant tout une action de Dieu à travers l’Eglise, qui a son histoire, sa riche tradition et sa créativité. Cette universalité et cette ouverture qui est propre à toute la liturgie est l’une des raisons  pour laquelle elle ne peut pas être imaginée ou modifiée par une communauté ou par des experts, mais doit être fidèle aux formes de l’Eglise universelle.


Même dans la liturgie de la plus petite communauté toute l’Eglise est toujours présente. C’est pourquoi il n’existe pas « d’étrangers » dans la communauté liturgique. Toute l’Eglise participe ensemble à chaque célébration liturgique, le ciel et la terre, Dieu et les hommes.

Benoit XVI.03.10.2012.

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François Boucherit 01/12/2012 16:09


Dans le texte de Benoït XVI proposé à notre méditation, je vous propose de lire et de penser "Peuple de Dieu" quand vous lisez le mot
"Eglise". C'est l'un des enseignements du Concile Vatican II. "Le peuple de Dieu", c'est vous, c'est moi, c'est tous les hommes de bonne volonté qui se laissent
trouver par Dieu, selon les mots du Prophète Isaïe : "J'ai été trouvé par ceux qui ne me cherchaient pas, dit Dieu. Je me suis montré à ceux qui ne me demandaient rien." (Isaïe
cité par Paul en Romains 12,20).


Toute Vraie Vie est prière. Toute Vraie Vie est branchée sur Dieu en permanence. Toute Vraie Vie est branchée sur l'amour que nous devons avoir
pour tous les hommes que Dieu met sur notre chemin. Laissons-nous faire par la grâce de l'amour créateur et éternel à l'oeuvre depuis la création du monde. Sinon, nous risquons de tomber dans le
pélagianisme du moine breton Pélage qui voulait par sa propre volonté, ses propres forces, son propre esprit, se procurer la grâce céleste.


Laissons-nous donc façonner par la grâce du Dieu Amour qui aime l'homme à la folie jusqu'à lui offrir, en sacrifice, pour le sauver, son propre Fils, Jésus, le galiléen de
Nazareth. Oui, l'homme Jésus, que ses contemporains ont vu de leurs propres yeux, n'est pas un simple homme. Il est le Messie, le Christ,
l'envoyé spécial de Dieu, annoncé par Moïse, 1200 ans avant la naissance humaine de Jésus : " Il vous enverra un prophète comme moi, Moïse, qui sera un membre de
votre peuple : vous écouterez ce qu'il dira." (Deut 18,15), (Jean 5, 46), (Act 3,22), (Act 7,37).


Pour accepter de nous laisser aimer, il nous faut beaucoup d'humilité, de simplicité, d'abnégation. Il nous faut faire notre métanoia, chasser les esprits mauvais, renoncer à
nous-même, nous détacher de l'argent et des biens matériels, redevenir les enfants que nous étions lors de la création du monde : " Oui, je te le déclare, c'est la vérité: personne
ne peut voir le Royaume de Dieu, s'il ne naît pas à nouveau" dit Jésus à Nicodème en Jean 3,3."Je vous le déclare, c'est la vérité : si vous ne changez pas pour
redevenir comme de petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux."nous dit Jésus en Mat 18,2


Cet homme, Jésus, est pleinement Dieu et pleinement Homme, comme l'ont reconnu les très nombreux évêques d'Orient et d'Occident réunis dans la ville de Chalcédoine
en 451. Ses deux natures, humaine et divine, sont réunies en Lui, sans, confusion, sans séparation, sans changement, sans division, sans séparation.


Le signe mémorial qu'il nous a laissé, avant de quitter visiblement cette terre, c'est l'eucharistie. C'est le partage de son pain et de son sang, sans lesquels nous ne pouvons
pas vivre de la Vraie Vie, la vie immortelle, la vie éternelle en action dès maintenant, dès aujourd'hui, depuis la création du monde et pour toujours. Chaque dimanche, le 7ème
jour où Dieu s'est reposé de son travail de création, nous nous rassemblons en Eglise, nous, son Peuple, pour le remercier pour la Vraie Vie qu'il nous donne, pour l'en glorifier
en le chantant de toutes nos forces, pour écouter et méditer sa parole et pour manger son propre corps dans l'amour de tous nos frères.


Oui, assurément, tout cela est simple, terriblement simple, terriblement concret, mais c'est nous, hommes, qui compliquons tout en cherchant des explications. Nous mettons ainsi en
oeuvre notre amour propre pour être, exister, par nous-mêmes, par nos propres forces, au lieu de nous laisser faire : "Trop de gens ont été égarés par des pensées abstraites, et
leurs folles hypothèses leur ont tordu l'esprit"(Siracide 3,24).     "Dieu a fait les êtres humains simples et droits, mais ceux-ci ont tout
compliqué" (Ecclésiaste 7,29).


Ainsi, pour vivre du Christ qui est la Vraie Vie, faisons nôtre la première des Béatitudes : "Bienheureux les pauvres en esprit" et commençons nos journées, dès
que nous reprenons conscience, en nous disant intérieurement :  " Mon Dieu, merci pour la vie que tu me donnes," Remplis-moi de Toi" ."Ma vie, c'est le Christ et la mort est un
gain". Ne nous inquiétons de rien, soyons patient car Dieu a tout son temps, car, en Lui, en fait, il n'y a pas de temps et méditons ce proverbe oriental : "Dieu est
avec celui qui ne se hâte pas, la hâte vient de Satan."


François Boucherit, Théologien biblique laïc, 64 ans, marié, sans enfant