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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Les Religions à Assise… ??? (II)

23 Juillet 2011, 05:15am

Publié par Father Greg

 

 

754px-Paul_Cezanne_109.jpgEn pleine harmonie avec cette préoccupation s’inscrit la réflexion théologique et pastorale de Joseph Ratzinger : dès 1964 il avait manifesté son intention de « définir avec une plus grande précision la position du christianisme dans l’histoire des religions et de conférer ainsi un sens plus concret aux déclarations théologiques sur le caractère unique et absolu du christianisme » (J. Ratzinger, Foi, vérité, tolérance. Le christianisme et les religions du monde , 17).

 

La Congrégation pour la doctrine de la foi, qu’il présidait alors, reprendra ce thème dans la déclaration Dominus Iesus sur l'unicité et l'universalité salvifique de Jésus-Christ et de l’Eglise. Le document, publié le 6 août 2000, ne visait pas seulement à réfuter l’idée d’une coexistence interreligieuse dans laquelle les diverses « croyances » seraient reconnues comme des voies complémentaires à celle qui est Jésus-Christ (cf. Jean 14, 6) ; il entendait, plus profondément, jeter les bases doctrinales d’une réflexion sur le rapport entre le christianisme et les religions.

 

Par sa relation unique avec le Père, la personne du Verbe incarné est absolument unique ; l'œuvre salvifique de Jésus-Christ qui se prolonge dans son Corps, l’Eglise, est elle aussi absolument unique dans l’ordre du salut de tous les hommes. Pour accomplir cette œuvre, chez les chrétiens comme chez les non chrétiens, il y a toujours et uniquement l’Esprit du Christ donné par le Père à l’Eglise « sacrement de salut » : il n’existe donc pas, en ce qui concerne le salut, de voies complémentaires à l’unique économie universelle du Fils fait chair, même si en dehors des limites visibles de l’Eglise du Christ on trouve des éléments de vérité et de bonté (cf.Nostra aetate, 2; Ad gentes, 9).

 

La rencontre d’Assise a connu une seconde édition le 24 janvier 2002. A cette occasion, le cardinal Ratzinger a ressenti le besoin d’en clarifier ultérieurement le sens, se faisant l’interprète de tous ceux qui se posaient d’une manière très sérieuse des questions : « est-ce qu’on peut faire cela ? Ne trompe-t-on pas la grande majorité avec une harmonie qui n’existe pas dans la réalité ? Ne favorise-t-on pas le relativisme – l’opinion selon laquelle, au fond, les différences qui séparent les « religions » ne touchent pas à l’essentiel ? N’affaiblit-on pas le sérieux de la foi et ne nous éloignons-nous pas de Dieu, ce qui renforce notre solitude? » (Foi, Vérité, Tolérance, 111).

 

Le lecteur pourra se référer à ses précisions, qui n’ont rien perdu de leur actualité. Nous préférons ici nous demander : pourquoi donc, s’il était aussi attentif aux éventuels malentendus que pourrait provoquer le geste de son bien-aimé prédécesseur, Benoît XVI a-t-il jugé bon de se rendre comme pèlerin à Assise à l’occasion d’une nouvelle rencontre pour la paix et pour la justice dans le monde ?

 

Cardinal W.J Levada, Les raisons de la paix et l’unique Logos


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