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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Voyages au bout des... Philippines.

22 Septembre 2012, 04:00am

Publié par Fr Greg.

 

9 nominations au festival de Berlin 2012

 

Actuellement en salle. (interdit -12ans)

 

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L’histoire : Thérèse Bourgoine est une citoyenne française qui travaille comme humanitaire bénévole pour une ONG sur l’île de Palawan aux Philippines. Alors qu’elle apporte des provisions au siège de l’ONG à Puerto Princesa en compagnie d’une autre bénévole philippine, les deux femmes sont kidnappées avec une vingtaine d’autres touristes étrangers par le groupe Abu Sayyaf, des musulmans terroristes…

 

Dès les premières images on est happé, en immersion. Sous le choc. Captive de Brillante Mendoza débute par une prise d'otages spectaculaire aux Philippines. Un hôtel de Palawan est pris d'assaut par le groupe Abu Sayyaf, des séparatistes musulmans de l'île de Mindanao. Ils enlèvent une vingtaine d'étrangers, les entassent dans un vieux rafiot. Bienvenue en enfer.


Caméra à l'épaule, dans ce style documentaire qu'il affectionne, Brillante Mendoza nous plonge avec un réalisme cru et brut dans le quotidien des otages et de leurs ravisseurs. Le réalisateur philippin s'est inspiré des enlèvements de l'hôtel Dos Palmas à Palawan en 2001 par le groupe Abu Sayyaf. À sujet délicat et polémique, enquête sérieuse du cinéaste. Il s'est appuyé sur les témoignages de survivants, de militaires, de terroristes recueillis avant d'écrire son scénario tourné dans un ordre chronologique mais pas sur les lieux mêmes. Trop dangereux.


Après plusieurs jours de mer, les ravisseurs et leurs otages débarquent dans la ville de Lamitan pour trouver refuge dans un hôpital. Après un siège sanglant et l'échec des négociations avec les militaires, les terroristes s'enfuient dans les montagnes, gonflant le rang de leurs otages avec des médecins, des infirmières, des patients philippins.


 

On pense à Ingrid Betancourt

 

Brillante Mendoza filme comme il respire, de manière viscérale, au plus près de cette nature envahissante, dangereuse et de ses personnages. On entendrait presque leur cœur qui bat. La vie des otages, qui dépend du versement d'une rançon, ne tient qu'à un fil. C'est la peur qui ne laisse aucun répit, la faim qui tenaille, le désespoir qui use autant que les marches forcées, harassantes, de jour comme de nuit, pour ne pas être repérés par les militaires. Les terroristes tuent à la machette ou à l'arme de guerre, sans état d'âme. Certains Philippins kidnappés se convertissent à l'islam pour adhérer à la religion de leurs kidnappeurs. Il y a une scène de viol, un accouchement dans la jungle, des mariages forcés entre les jeunes infirmières et les terroristes musulmans.


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Isabelle Huppert, sous les traits d'une humanitaire française, fait partie des otages. Elle se débat dans la boue, sous la pluie, contre les serpents, les sangsues, les guêpes et contre cet animal sauvage qu'est l'homme. Les moments de courage et d'entraide alternent avec l'instinct de survie qui vous fait faire parfois des choix irraisonnés. On pense à Ingrid Betancourt même si le contexte politique est complètement différent.


Brillante Mendoza, cinéaste du ­chaos et du trouble, soulève également les problèmes de corruption qui gangrènent son pays. Son captivant Captive vous prend aux tripes. Un cinéma empreint de violence, de sauvagerie sans pourtant être manichéen. Le brillant Mendoza signe là son film le plus accessible et le plus palpitant.

 

Emmanuèle Frois 

 www.lefigaro.fr



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V 30/09/2012 19:31


C'est bizarre, ce film est projeté à très peu d'endroit !

Fr Greg. 30/09/2012 20:12



Pas un blockbuster hollywoodien et petit budget...!!