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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

L'angoisse: lorsque l'homme se pose comme premier...

13 Octobre 2011, 05:46am

Publié par Father Greg

   Si Dieu n'est pas, c'est donc le relatif qui est premier, donc ce qui peut ne pas être, le possible, l'être en puissance, le devenir, le mouvement, le temps, et donc l'angoisse: l'infini des possibles....  

    

The_Blue_Rigi_Lake_of_Lucerne_Sunrise_1842.jpg De fait, s’il n’existe pas de premier Etre, nous restons face à l’être relatif à un autre, toujours dépendant d’un autre. Par le fait même, la relation est première. Or si la relation est première (en ce sens qu’il n’y a pas de premier en dehors d’elle), il n’y a donc pas de fondement, il n’y a plus que l’intelligence qui connaît cette relation et en vit. Nous en arrivons donc au primat de la connaissance sur la réalité, celle-ci n’étant intéressante que dans la mesure même où elle traduit, d’une façon ou d’une autre, la relation commune par notre intelligence. Par le fait même, nous acceptons que nous ne pouvons pas aller plus loin que la relation, d’où le primat des mathématiques sur tout autre connaissance.

 

Or si nous en arrivons au primat des mathématiques, si la relation devient première, nous sommes devant un monde qui devient nécessairement irrationnel. En effet, la relation ne peut pas être première dans l’ordre de ce-qui-est, elle présuppose toujours quelque chose qui soit antérieure à elle et qui soit son fondement. Si la relation est première, nous nous trouvons devant un être que nous réalisons nous-mêmes, en sachant bien qu’il n’est pas premier, puisque nous en sommes la source, puisque nous le créons. Par conséquent, ou bien l’homme s’affirme premier et crée son monde de relations, sans s’interroger sur ce qu’il est lui-même dans son être, ou bien il affirme qu’il ne peut arriver à se connaître, que lui-même est inconnaissable, puisqu’il est au-delà de la relation et ne peut connaître que la relation.

           

Mais cela s’oppose à toute notre vie. De fait, nous cherchons toujours à connaître ce qu’est l’homme. (…) Toute la philosophie est ordonnée à la connaissance de l’homme, de la personne humaine. Avec le primat de la relation et de la connaissance mathématique, la philosophie première (la découverte du pourquoi ultime de notre existence) elle-même disparaît. Faut-il accepter que nous ne connaissions plus l’homme et que nous ne cherchions plus à le connaître ? En réalité, n’est-ce pas contraire au désir fondamental de l’humanité, qui désire se connaître, savoir ce qu’est l’homme ? Une philosophie qui soit au-delà de la relation est nécessaire pour connaître l’homme. Et ce ne peut être que la philosophie de ce qui est en tant qu’être. En effet, ce qui est premier, en dehors de la relation, c’est ce qui est. La philosophie première analyse et cherche à connaître ce qui est. Elle découvre ce qui est dans ce qu’il a de tout à fait fondamental et premier.

                                                           Père Marie-Dominique Philippe, Retour à la Source II