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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Le secret des âmes...

1 Mars 2012, 04:45am

Publié par Father Greg

 

 

404px-August_Macke_036.jpgJe me trouve bien solennel. Les mots figent. En réalité, je suis loin d’être ce mannequin sentencieux. Je suis…Je ne suis rien et je suis l’univers tout entier. Je suis à l’écoute de tout ce qui n’est pas moi, du vent des arbres, des rires dans les cafés, des paroles brèves surprises sur les quais de gare, des pas nocturnes précipités.

 

De cela je ne fais rien, il n’y a rien à faire, mais je laisse cela venir à moi. Ce qui nous est demandé, c’est de renoncer à l’orgueil qui susurre qu’on se suffit et d’accueillir, de devenir puissance d’accueil. Demandé par qui ou par quoi ? Question oiseuse. Nous ne cessons de chercher des causes là où il n’y a que des conditions. Certaines conditions sont nécessaires à tel événement mais, pour qu’il se produise, il faut un surcroît et ce surcroît fond comme l’aigle. C’est ainsi que fond sur moi la grâce de l’instant,  d’une image, d’un son, d’un souvenir. D’où vient, à quoi tient cette grâce ? Je crois qu’elle n’a aucune cause directe mais qu’elle est préparée par un acquiescement inconscient, un désir de l’accueillir, de la recevoir comme on accueille, comme on reçoit un ami très cher.


On voudrait accueillir ainsi les âmes. C’est difficile. On ne les touche que du bras tendu. Si on les enlace trop vite, elles nous glissent des mains et s’enfuient. Il faut les palper avec une canne d’aveugle. Alors elles s’habituent, se rapprochent et cèdent. Bien sûr, elles conservent leur part indispensable de mystère. Le secret qu’elles  détiennent est parfois celui d’un amour beaucoup plus profond et plus violent qu’on ne pouvait le supposer. Il faut traiter avec le plus grand respect ces sentiments qui n’osent s’avouer et qui donnent peut être un avant-goût d’un monde plus réel que le réel, d’un monde où l’esquisse, l’ébauche, la pudeur seraient le dernier mot.

 

En attendant je me débats avec les autres mots, ceux qui ne sont ni au début ni à la fin, avec l’honnête piétaille du langage, pas si honnête que cela, d’ailleurs, qui me donne l’impression d’être un chef.

 

                                    Jacques de Bourbon Busset   « l’Audace d’aimer »

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