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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Le respect de l'autre n'est-il pas le problème fondamental ?

21 Mai 2011, 05:28am

Publié par Father Greg

 

 

jeune.jpgTout repose donc sur cette question : la réalité existante est-elle antérieure à notre pensée ou notre pensée est-elle antérieure à la réalité existante ? Problème classique, mais fondamental sur le plan philosophique. Certes, la pensée nous permet de découvrir ce qui est premier; mais elle n'est pas première parce qu'elle dépend de la réalité existante. Nous dire « pensant », c'est nous affirmer relatif à autre chose que nous-mêmes, car nous pensons à quelqu'un, à quelque chose. Mais ce quelque chose qui est antérieur à notre pensée est-il vraiment premier?

 

Fondamentalement, la philosophie ne peut donc prendre son élan vers la sagesse qu'en discernant si la réalité est antérieure à notre pensée ou non. D'une certaine manière, toute la philosophie première permet de montrer que la réalité, toute réalité existante, est antérieure à notre pensée; celle-ci ne s'éveille et ne se développe qu'à partir de la réalité existante et n'existe que pour, « vers » cette réalité existante. Nous sommes dépendants de ce qui est. L'affirmer est très simple, mais c'est en même temps ce qui est premier dans notre réflexion. Celui qui n'a pas réfléchi sur ce problème est-il vraiment dans la recherche de la vérité ? Ce dont nous avons le plus besoin aujourd'hui, n'est-ce pas, justement, d'arriver à discerner notre pensée et ce qui est antérieur à notre pensée ? Si nous n'opérons pas ce discernement, il est inutile de continuer, nous aboutirons ou à un primat de la nature ou à un primat du sujet dont nous n'arriverons pas à sortir. Nous avons une nature et nous sommes une personne, mais ce n'est pas premier du point de vue de la réalité existante, puisqu'il existe des réalités qui ne sont pas nous. II est nécessaire de le reconnaitre pour respecter l'autre. Le problème du respect de l'autre n'est-il pas un problème fondamental ?

 

L'oubli de l'autre consiste à s'en tenir à la pensée ; demeurer dans la pensée, c'est demeurer en soi et oublier l'autre. Et ne s'agit-il pas, en réalité, de l'oubli de l'amour ? En effet, l'autre est précisément celui que nous aimons. L'autre exige de nous de sortir de nous-mêmes. Cette « sortie de soi-même » ne se fait pas en premier lieu par la connaissance, mais par l’amour.

 

Nous pouvons donc nous interroger: « Pourquoi en arrive-t-on à cette primauté de la pensée sur la réalité ? Pourquoi l'amour est-il rejeté et, en quelque sorte, exclu de la philosophie ? » N'est-ce pas parce que nous ne pouvons découvrir l'absolu, le mystère de Dieu, que par l'amour ? N'est-ce pas là la raison profonde et cachée ? En effet, on ne peut pas faire disparaitre Dieu tant qu'on n'a pas masqué l'amour.

 

Psychologiquement parlant, du point de vue de la conscience, c'est normal, car nous avons conscience de notre pensée alors que l’amour, au point de départ, est au-delà de la conscience, il est comme une source cachée. Au terme, le philosophe pourra dire que la Source cachée est Dieu, qui « parle » par cette source cachée qu'est l’amour.

 

M.D. Philippe, Retour à la source, Tome II.

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