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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Le mal, obstacle à la rencontre avec notre Père... (I)

18 Mai 2011, 05:50am

Publié par Father Greg

 

 

 

 

francisco-goya-saturne-devorant-un-de-ses-enfantsLe problème du mal est celui qui atteint le plus immédiatement notre affectivité et notre cœur, car il les blesse. C’est donc un problème terriblement humain, qui touche le cœur de l’homme d'une manière extraordinairement forte. Un homme qui ne serait plus sensible au mal ne deviendrait-il pas une sorte de robot ? Ce qu'il y a de plus profond dans le cœur de l’homme, c'est qu'il est capable de sentiments de pitié et de miséricorde. C’est ce lien entre l’intelligence et l'amour qui rend l’homme capable de se pencher sur le mal, de le regarder avec une pudeur très grande et de faire tout son possible pour aider ceux qui sont accablés par le mal. Tuer, dans le cœur de l’homme, sa possibilité d'être attentif au mal et à la souffrance, sa capacité de compatir et de mettre tout en cause pour libérer le malheureux de son malheur, c'est détruire en lui ce qu'il y a de plus noble, de plus grand. Mais il peut y avoir une exploitation du mal, allant directement à l'encontre de cette pudeur dont je vous parlais, qui est une défiguration de la miséricorde, sa caricature.


 

Le mal, parce qu'il est ce qui touche le plus immédiatement notre affectivité et notre cœur en ce qu'ils ont de plus noble, a une très grande répercussion sur notre vie et tout notre comportement. Un enfant peut être marqué pour toute sa vie par un mal qu'il a dû subir. Nous sommes ordinairement plus marqués par le problème du mal que par celui de l'erreur. Pourtant, la vérité est en nous, d'une certaine manière, quelque chose de plus secret et de plus fondamental que le bien, puisqu'il s'agit de la structure profonde de notre intelligence ; mais, de fait, nous vivons surtout, dans notre conscience humaine, au niveau volontaire, au niveau de l’affectivité, de l'amour, et donc le mal touche davantage notre conscience psychologique.


 

C’est sans doute aussi le mal qui arrête le plus le développement de notre intelligence : il l'inhibe en la repliant sur elle-même. Ceci est particulièrement net lorsqu'il s'agit de la découverte de Dieu : c'est l'expérience et la connaissance du mal qui écartent le plus l'intelligence de l'homme de la découverte de Dieu. Lorsqu'on est très impressionné par le mal, on a beaucoup de peine à remonter jusqu'à Dieu, car sa bonté nous est comme voilée. Saint Thomas, déjà, le notait : si Dieu existe, il est souverainement et infiniment bon. Comment se fait-il qu'un Dieu infiniment bon puisse permettre le mal, et tant de mal ? 


M.D Philippe, Liberté, vérité, amour. Fayard.


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