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Le grand évènement d’Eglise qu’a été le Concile (II)

24 Octobre 2012, 01:13am

Publié par Fr Greg.

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« En effet, dit le pape, il a eu lieu à une époque où tout le monde reconnaît que les hommes sont davantage absorbés par le royaume de la terre que par le royaume des cieux ; à une époque où l’oubli de Dieu devient habituel, quasiment suscité par le progrès scientifique ; une époque où l’acte fondamental de la personne humaine, rendue plus consciente d’elle-même et de sa liberté, tend à revendiquer son autonomie absolue, s’affranchissant de toute loi transcendante ; une époque où le « laïcisme » est considéré comme la conséquence légitime de la pensée moderne et la norme la plus sage pour l’ordonnancement temporel de la société… C’est à cette époque-là qu’a été célébré notre concile à la louange de Dieu, au nom du Christ, sous l’inspiration de l’Esprit-Saint ». Paul VI concluait ainsi, indiquant dans la question de Dieu le point central du concile, ce Dieu qui « existe réellement, qui est vivant, qui est une personne, qui pourvoit à tout, qui est infiniment bon ; et il est non seulement bon en lui-même, mais aussi immensément bon pour nous, il est notre créateur, notre vérité, notre bonheur au point que l’homme, quand il essaie de fixer son esprit et son cœur en Dieu dans la contemplation, accomplit l’acte le plus élevé et le plus parfait de son esprit, un acte qui, encore aujourd’hui, peut et doit être le sommet de toute l’activité humaine et qui lui donne toute sa dignité ».


Nous voyons combien l’époque dans laquelle nous vivons continue d’être marqué par un oubli de Dieu et une surdité à son égard. Je pense que nous devons donc retenir la leçon la plus simple et la plus fondamentale du concile qui est que le christianisme, dans son essence, consiste dans la foi en Dieu, qui est amour trinitaire, et dans la rencontre, personnelle et communautaire, avec le Christ qui oriente et guide notre vie : tout le reste en découle. L’important, aujourd’hui – c’était aussi le désir des pères conciliaires – est que l’on voit, encore une fois, très clairement, que Dieu est présent, qu’il nous regarde, qu’il nous répond. Et qu’en revanche, lorsque la foi en Dieu est absente, l’essentiel s’écroule parce que l’homme perd sa dignité profonde et ce qui fait la grandeur de son humanité, contre tout réductionnisme. Le Concile nous rappelle que l’Eglise, dans toutes ses composantes, a le devoir, le mandat de transmettre la parole de l’amour de Dieu qui sauve, pour que soit écouté et accueilli cet appel divin qui contient en lui-même notre béatitude éternelle.

En regardant dans cette lumière la richesse contenue dans les documents de Vatican II, je voudrais simplement évoquer les quatre Constitutions, pour ainsi dire les quatre points cardinaux de la boussole capable de nous orienter. La Constitution sur la liturgie Sacrosanctum Concilium nous indique comment, dans l’Eglise, au commencement, il y a l’adoration, il y a Dieu, il y a la centralité du mystère de la présence du Christ.

Et l’Eglise, Corps du Christ et peuple en pèlerinage dans le temps, a comme tâche fondamentale de glorifier Dieu, comme l’exprime la Constitution Lumen gentium. Le troisième document que je voudrais citer est la Constitution sur la révélation divine, Dei Verbum : la Parole vivante de Dieu convoque l’Eglise et la vivifie tout au long de son chemin dans l’histoire. Enfin, la manière dont l’Eglise apporte au monde entier la lumière qu’elle a reçue de Dieu pour qu’il soit glorifié constitue le thème de fond de la Constitution pastorale Gaudium et spes.

Le concile Vatican II est pour nous un appel fort à redécouvrir chaque jour la beauté de notre foi, à la connaître plus en profondeur pour avoir une relation plus intense avec le Seigneur, à vivre jusqu’au bout notre vocation chrétienne. Que la Vierge Marie, Mère du Christ et de toute l’Eglise, nous aide à réaliser et à porter à son achèvement ce que les pères conciliaires, animés par l’Esprit-Saint, gardaient dans leur cœur : le désir que tous puissent connaître l’évangile et rencontrer le Seigneur Jésus qui est le chemin, la vérité et la vie. Merci.

 

Benoit XVI. Synode Nouvelle Evangélisation. Octobre 2012.

© Libreria Editrice Vaticana

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