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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Le courage de la vulnérabilité... (II)

10 Juillet 2012, 01:16am

Publié par Fr Greg.

 

Quand je suis devenue la « TED Vulnérabilité », comme une de ces figurine -- comme la « Barbie Ninja », mais je suis la « TED Vulnérabilité » -- j'ai pensé, je vais laisser toutes ces trucs de honte derrière moi, parce que j'ai passé les six dernières années à étudier la honte avant de vraiment commencer à écrire et parler de vulnérabilité. Et j'ai pensé. Dieu merci, parce que la honte est un sujet horrible, dont personne ne veut parler. C'est le meilleur moyen de faire taire les gens dans un avion. « Qu'est-ce que vous faites ? » « J'étudie la honte. » « Oh. » (Rires) Et droit dans les yeux… (Rires)

Mais en ayant survécu cette année, je me suis souvenue d'une règle très importante --non pas une règle de la recherche, mais un impératif moral qui remonte à mon enfance -- mets-toi du côté de ceux qui te soutiennent. Je n'ai rien appris sur la vulnérabilité sur le courage et sur la créativité et l'innovation en étudiant la vulnérabilité. J'ai appris tout ça en étudiant la honte. Je veux donc vous expliquer la honte. Les jungiens appellent la honteles marécages de l'âme. Et nous allons nous y aventurer. Et le but n'est pas d'y rentrer et y construire une maison pour y vivre. C'est de mettre des bottes de caoutchouc et de les traverser, d’y tracer notre chemin. Voilà pourquoi :

Nous avons impérativement été appelé à débattre dans ce pays et je crois même globalement, du problème racial, pas vrai ? Oui ? Nous avons entendu ça. Oui ? Nous ne pouvons pas débattre de ça sans avoir honte, parce que nous ne pouvons pas parler de race sans parler de privilèges. Et quand on commence à parler de privilèges, on est paralysé par la honte. Nous avons entendu une solution simple et astucieuse pour ne pas tuer les patients en chirurgie, en tenant une liste de contrôle. Vous ne pouvez pas résoudre ce problème sans parler de honte, parce que quand ils enseignent à ces gens à faire des points de suture, ils leurs apprennent aussi à recoudre leur estime de soi et devenir tout-puissants. Et les tout-puissants n'ont pas besoin de listes de contrôle.

Et j'ai dû écrire le nom de ce TED Fellow pour ne pas me rater. Myshkin Ingawale,J'espère que c'est correct. (Applaudissements) J'ai vu les conférences TED Fellows le premier jour, ici. Et il s'est levé et a expliqué ce qui l'a amené à créer cette technologie pour améliorer le test pour l'anémie parce que les gens mouraient inutilement. Et il disait, « J'ai vu le besoin. Vous savez ce que j'ai fait ? Je l'ai fabriqué. » Et tout le monde a commencé à applaudir, avec enthousiasme » Et il a dit, « Et ça n'a pas marché. Et je l'ai refait 32 fois, et ensuite ça a marché. »

Vous savez quel est le grand secret de TED ? Je meurs d'envie de vous le dire. Je crois que je vais le faire. (Rires) C'est comme la conférence de l'échec. C'est vrai.(Applaudissements) Vous savez pourquoi cet endroit est extraordinaire ? Parce que peu de gens ici ont peur de l'échec. Et aucun de ceux qui montent sur scène, à ce que j'ai vu, n’a jamais échoué. J'ai échoué misérablement, plusieurs fois. Je ne crois pas que le monde comprenne que c'est à cause de la honte.

Il y a une merveilleuse citation qui m'a sauvé l'année dernière de Theodore Roosevelt.Beaucoup de gens en parle comme la citation de « L'homme dans l’arène ». Et elle dit : « Le critique ne compte pas. Tout ce qu’il fait c’est pointer du doigt ce qui aurait pu être mieux fait et l’homme quand il chute ou quand il se trompe Le vrai crédit va à celui qui se trouve dans l’arène avec le visage sali de poussière, de sueur et de sang. Car quand il est dans l’arène, au mieux il gagne, au pire il perd, mais même quand il échoue, même quand il perd, il le fait avec audace ».

Et voilà donc ce qu'est pour moi cette conférence. Voilà ce qu'est la vie, « Oser avec audace », être dans l’arène. Quand vous rentrer dans l’arène et vous ouvrez la porte, et vous pensez, « J'y entre et j'essaye, » La honte est cette petite voix qui dit, "Uh, uh. Tu n'es pas assez bonne. Tu n'as jamais fini ton MBA. Ta femme t'a quitté. Tu sais que ton père n'était pas vraiment dans le Luxembourg, il était à Sing Sing. Je sais ce qui s’est passé dans ton enfance. Je sais que tu crois ne pas être assez mignonne ou assez intelligente ou talentueuse ou puissante. Je sais que ton père ne faisait jamais attention, même quand tu es devenue directeur financier. » C’est la honte qui parle.

Et si vous arrivez à la faire taire et dire, « Je vais le faire, » nous regardons autour et les critiques que nous voyons qui pointent du doigt et se moquent, qui sont-ils 99% du temps ? Nous-même. La honte à deux grandes méthodes -- « pas assez bon » et, si vous arrivez à éviter celle-là, « pour qui te prends-tu ? » Ce qu'il faut comprendre c’est que la honte n'est pas de la culpabilité. La honte se concentre sur le soi, la culpabilité sur le comportement. La honte c'est « Je suis mauvais. » La culpabilité c'est « J'ai fait quelque chose de mal » Combien d'entre vous, si vous faisiez quelque chose qui me blesse,serait prêts à dire, « Je suis désolé. J'ai fait une erreur ? » Combien d'entre vous seraient prêts à dire ça ? Culpabilité : Je suis désolé. J'ai fait une erreur. Honte : Je suis désolé. Je suis une erreur.

Il y a une énorme différence entre honte et culpabilité. Et voilà ce qu'il faut que vous sachiez. La honte est hautement corrélée avec la dépendance, la dépression, la violence, l'agression, l'intimidation, le suicide, les désordres de l'alimentation. Et voici ce qu'il faut que vous sachiez. La culpabilité est inversement corrélée avec ces choses-là. La capacité d'utiliser ce que nous avons fait ou échouer à faire pour nous construire tel que nous nous voulons est incroyablement adaptative. C'est pénible, mais adaptatif.

L'autre chose qu'il faut que vous sachiez sur la honte c'est que c'est totalement organisé par genre. Si la honte m'envahi ou envahi Chris, nous nous sentirons de la même façon.Tous ceux qui sont assis ici connaissent les sensations de la honte. Nous sommes assez surs que les seules personnes qui n'éprouvent pas de honte sont celles qui n'ont aucune capacité de connexion ou empathie. Ce qui signifie que, oui, j'éprouve un peu de honte; non, je suis sociopathe. Je choisirais donc : oui, j'éprouve un peu de honte. Le sentiment de la honte est pareil pour hommes et femmes, mais il est organisé par genre.

Pour les femmes, le meilleur exemple que je puisse vous donner c'est la pub de Enjoli: « Je peux étendre le linge, préparer le gouter, distribuer des bises et être au boulot à neuf heure moins cinq. Je peux ramener du bacon, le cuisiner et ne jamais te faire oublier que tu es un homme. » Pour les femmes, la honte c'est tout faire, le faire parfaitement et ne jamais montrer que vous êtes fatigué. Je ne sais combien de parfum cette pub a fait vendre, mais je vous assure, ça a fait vendre pas mal d'antidépresseurs et d'anxiolytiques. (Rires) La honte, pour les femmes, c'est cette toile d'attentes inaccessibles et conflictuelles, en concurrence au sujet de ce que nous sommes supposées être. C'est comme une camisole de force.

Pour les hommes, la honte n'est pas tout un tas d'attentes conflictuelles et en concurrence. La honte est une seule chose « Ne surtout pas être perçu comment ? »Faible. Je n'ai pas interviewé d'homme les quatre premières années de mon étude. Et ce n'est qu'après qu'un homme m'a regardé pendant une session de dédicace. en disant, « J'aime ce que vous dite sur la honte, Je suis curieux, pourquoi vous ne parlez pas des hommes ? » Et j'ai dit, « Je n'étudie pas les hommes. » Et il me dit, « C'est trop facile. »(Rires) Et j'ai dit, « Pourquoi ? » Et il me dit, « Parce que vous dite de nous exposer, de raconter notre histoire, d'être vulnérable. Mais vous voyez ces livres que vous venez de signer pour ma femme e mes trois filles ? » Je dis, « Oui. » « Elles préfèreraient me voir mourir sur mon cheval blanc plutôt que de me voir m'écrouler. Quand nous essayons de nous exposer et être vulnérables nous nous faisons massacrer. Et ne me dites pas que c'est la faute des copains et des entraineurs et des pères, parce que les femmes de ma vie sont plus dures avec moi que n'importe qui d'autre. »

J'ai donc commencé à interviewer des hommes et à leur poser des questions. Et voici ce que j'ai appris: Montrez-moi une femme qui peut se tenir devant un homme en état de vulnérabilité et de crainte, je vous montrerai une femme qui a fait un travail incroyable.Montrez-moi un homme qui peut se tenir près d'une femme qui n'en peut plus, qui n'arrive plus à tout faire, et sa première réponse n'est pas, « J'ai vidé le lave-vaisselle, » mais qui écoute vraiment -- parce que c'est tout ce qu'il nous faut -- Je vous montrerai un homme qui a fait un grand travail.

La honte est une épidémie dans notre culture. Et pour en sortir, pour retrouver la voie qui nous unira, il nous faut comprendre ses conséquences et comment elle affecte la manière dont nous élevons nos enfants, notre manière de travailler, la manière dont nous voyons les autres. Très rapidement, une recherche de Mahalik au Boston College. Il a demandé, de quoi les femmes ont-elles besoin pour s’adapter aux règles féminines ?Les réponses plus fréquentes dans ce pays: être belle, mince, modeste et faire de son mieux pour bien paraître. A la même question pour les hommes, de quoi les hommes ont-ils besoin pour s’adapter aux règles masculines, les réponses ont été: contrôle des émotions, le travail en premier, statut social et violence.

Si nous voulons retrouver la voie qui nous ramènera les uns vers les autres, il nous faut comprendre l’empathie, parce que l’empathie est l’antidote contre la honte. Si vous mettez en culture la honte, elle a besoin de trois choses pour grandir exponentiellement:secret, silence et jugement. Si vous mettez en culture la même quantité de honte en la mélangeant avec de l’empathie, Elle ne peut survivre. Les deux mots les plus puissants quand nous sommes en difficulté: « moi aussi ».

Je vais donc vous quitter sur une pensée : Si nous devons trouvons un moyen de nous rapprocher les uns des autres, la vulnérabilité en est le chemin. Et je sais que c’est alléchant de rester en dehors de l’arène, parce que je l’ai fait toute ma vie, en pensant, Je vais botter le cul à tout le monde quand je serai blindée et parfaite. Et c’est alléchant.Mais la vérité est que ça n’arrive jamais. Et même si vous arrivez à être aussi parfait que possible et aussi blindés que possible en rentrant dans l’arène, ce n’est pas ce que vous voulez voir. Nous voulons que vous y rentriez. Nous voulons être avec vous et en face de vous. Et nous voulons, pour nous-mêmes et pour les personnes auxquelles nous tenons et pour ceux avec qui nous travaillons, « Oser avec audace ».

Merci beaucoup. Je vous suis très reconnaissante.

Brené Brown

http://www.ted.com/talks/lang/fr/brene_brown_listening_to_shame.html

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