Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Le cinéma, une quête de lumière ? (III)

2 Juin 2011, 05:26am

Publié par Father Greg

 

Grandeur de la fragilité humaine.

 

Tree-of-life-movie--1-.jpgPour cela le personnage principal de ses films : un homme ‘faible’ qui a conscience de sa responsabilité face au monde. Ce ne sont pas des ‘héros’, mais « un penseur, un homme honnête, comme des enfants avec une gravité d’adulte, dont la force est la conviction spirituelle et qui prennent sur eux la responsabilité des autres… Et il prend le risque d’être incompris, d’être qualifié de fou parce qu’il a conscience d’appartenir à un tout, ou si l’on veut au destin du monde. … Ce sont ainsi des efforts individuels, que personne ne voit ni ne comprend, qui soutiennent très probablement l’harmonie du monde. En un mot, ce qui m’attire est cette énergie de l’homme qui s’élève contre la routine matérialiste. …J’ai toujours aimé ceux qui n’arrivaient pas à s’adapter de façon pragmatique à la réalité… ».

 

Ainsi, le malheur, la faiblesse, tout ce qui apparemment diminue l’homme, contribue en fait à réaliser sa vocation humaine : « J’ai connu le malheur, la peur, la honte, je n’ai vécu ni regretté, ni envié personne car c’est le destin…sans malheur notre vie n’aurait pas été meilleure. Elle aurait été pire, car alors il n’y aurait pas eu de bonheur et il n’y aurait pas eu d’espoir » conclue la femme du Stalker.

 

Le Sacrifice : regard artistique sur l'amour.

 

C’est déjà ce thème qui se profile derrière ses héros : le Stalker qui selon les canons ‘normaux’ est un être faible, est en réalité « invincible par sa foi et sa volonté à servir les autres ». Mais c’est surtout « cette harmonie impossible sans le sacrifice » qui l’attire. « L’homme capable de sacrifier sa situation et son nom, sans se préoccuper de savoir s’il le fait en raison de principes spirituels, pour aider son prochain, pour son propre salut ou pour tout cela à la fois. ».

 

 L’homme moderne s’est en effet enchaîné lui-même à une « existence de consommateur aveugle soumis aux progrès impitoyables des technologies et à l’accumulation de biens matériels, » et il n’y a que le sacrifice de lui-même, « autrement dit : ‘retourner à Dieu’, pour retrouver une voie spirituelle normale. » Si le péché c’est tout ce qui n’est pas indispensable dans notre vie, le sacrifice est alors « ce premier pas vers un sens de la responsabilité envers la société ». 

 

Le sacrifice, qui est l’acte le plus personnel et, peut-être, le seul véritablement humain, est aussi le seul moyen de servir son prochain : « notre époque comme toute l’histoire de la civilisation, a été marqué par ces grands inquisiteurs, proposant une voie toujours plus juste, plus certaines, invoquants les intérêts de l’humanité ou du bien-être collectifs ». Et l’homme, se dissolvant dans l’effort commun pour le bonheur de tous, « s’est mépris sur la réalité de sa propre qualité spirituelle… en ne se préoccupant plus que de l’intérêt de tous…il a oublié de s’aimer assez pour respecter en lui ce qui le dépasse, son origine divine. »

 

Tree-of-Life-7.jpg Ainsi, la seule voie possible pour dépasser le conflit entre l’individuel et le collectif et retrouver l’équilibre entre le matériel et le spirituel, c’est de : «  combattre pour sa propre âme…, retrouver cette responsabilité personnelle vis à vis de soi-même, sacrifiée sur l’autel d’un ‘intérêt public’ mal compris, … qui est cette capacité - quasi vocationelle- au sacrifice spirituel ». 

 

Et, c’est pour cela que l’art existe: il « est l’instinct de l’humanité qui lutte pour ne pas sombrer, la tension de l’homme vers l’éternel, le sublime, le tout-puissant, en dépit de son état de péché… une déclaration d’amour, la conscience de sa propre dépendance à l’égard des autres… un acte inconscient, mais qui reflète le vrai sens de la vie : l’Amour et le Sacrifice. »

 

fr. Grégoire


Ibid. p 192-194.

ibid. p 170.

ibid. p 199.

ibid. p 221 - 222. 


 

Commenter cet article