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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Le bonheur de tout homme: un jugement simple sur Celui qui est toujours là...

19 Avril 2012, 10:38am

Publié par Father Greg

 

« Le bonheur s’acquiert-il par l’habitude, ou par quelque exercice, ou nous échoit-il en vertu d’une faveur divine, ou encore par le hasard ? »

 

Approach to Venice 1843Aristote insiste à la fois, sur la distance et sur la proximité, la parenté, qui existent entre l’homme et Dieu : l’ami ne peut souhaiter à son ami d’être Dieu, car alors il ne serait plus son ami. En revanche,

L’homme qui exerce son intelligence et la cultive, semble être à la fois le plus parfait et le plus aimé des dieux. Si en effet les dieux prennent quelque souci des affaires humaines, ainsi qu’on l’admet d’ordinaire, il sera également raisonnable de penser, d’une part qu’ils mettent leur complaisance dans ce qui, en l’homme, est le meilleur et présente le plus d’affinité avec eux — ce qui ne saurait être que l’intelligence — et, d’autre part, qu’ils récompensent généreusement les hommes qui chérissent et honorent le plus l’intelligence, voyant que ces hommes ont le souci des choses qui leur sont chères à eux-mêmes et se conduisent avec droiture et noblesse. Que tous ces caractères soient au plus haut degré l’apanage du sage, cela n’est pas douteux. Le sage est donc [l’homme] le plus aimé des dieux.

Une vie de ce genre sera trop élevée pour la condition humaine : car ce n’est pas en tant qu’homme qu’on vivra de cette façon, mais en tant que quelque élément divin est présent en nous. Et autant cet élément est supérieur au composé [humain], autant son activité est elle-même supérieure à celle de l’autre sorte de vertu. Si donc l’intelligence est quelque chose de divin par comparaison avec l’homme, la vie selon l’intelligence est également divine comparée à la vie humaine.

Aristote ajoute :

Il ne faut donc pas écouter ceux qui conseillent à l’homme, parce qu’il est homme, de borner sa pensée aux choses humaines, et, mortel, aux choses mortelles, mais l’homme doit, dans la mesure du possible, s’immortaliser, et tout faire pour vivre selon ce qu’il y a de plus noble en lui.

La vie contemplative, surhumaine, est une vie divine, puisque l’activité propre à Dieu ne peut être que la contemplation :

On se représente toujours les dieux comme possédant la vie et par suite l’activité, car nous ne pouvons pas supposer qu’ils dorment (...). Or, pour le vivant, une fois qu’on lui a ôté l’action et à plus forte raison la production, que lui laisse-t-on d’autre que la contemplation ? Donc, l’activité de Dieu, qui surpasse en félicité toutes les autres, ne saurait être que contemplative. Et par suite, de toutes les activités humaines, celle qui est la plus apparentée à l’activité divine sera aussi la plus grande source de bonheur.

Fr Grégoire