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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

La vie religieuse rend heureux ?

26 Avril 2014, 08:39am

Publié par Fr Greg.

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— (…) Vous êtes tellement heureux ! On le sent bien. Pourriez-vous me dire en quoi la vie religieuse peut rendre si heureux ?

— La vie religieuse, dans l’Eglise, consiste à vivre pleinement des béatitudes évangéliques à la suite de Marie (dont la consécration plénière à Dieu est, selon la Tradition, la source de la vie religieuse). Or l’Eglise, dans son génie maternel, a très vite compris que pour vivre des béatitudes évangéliques il faut vivre de l’esprit de virginité, de l’esprit de pauvreté et de l’esprit d’obéissance. C’est l’Esprit Saint qui nous fait vivre cette triple consécration : dans l’esprit de virginité, qui livre au Christ toutes nos capacités d’aimer ; dans l’esprit de pauvreté, qui nous fait suivre le Christ pauvre en nous dépouillant de tous nos avoirs et de toutes nos possibilités d’accaparement ; dans l’esprit d’obéissance qui, en nous configurant à l’obéissance d’amour du Christ à la Croix, et en nous faisant coopérer avec ceux qui nous transmettent les volontés de Dieu, nous fait édifier le Corps mystique du Christ.

Cet esprit des vœux, qui se rattache directement aux béatitudes évangéliques, doit assumer toute notre nature humaine dans son épanouissement propre de nature humaine créée à l’image de Dieu. « A tous ceux qui l’ont reçu, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu ». C’est l’exigence de cette filiation d’amour que la grâce met en nous. Par la grâce, nous sommes des enfants de Dieu, et cette grâce qui est reçue au plus intime de notre âme humaine fait que l’enfant de Dieu doit assumer toute l’image de Dieu qui est en nous, toute notre nature humaine. Cette incarnation se fait dans la lutte, parce que nous sommes nés dans le péché et que les conséquences du péché originel en nous s’opposent à l’esprit des vœux. Saint Jean le montre bien dans sa première Epître en parlant des trois « concupiscences » : tendance vers l’orgueil, tendance vers la vanité, tendance vers la chair. Les vœux sont d’abord comme une arme en face de ces trois concupiscences. Mais ils sont plus que cet aspect défensif : les vœux font aussi de nous des serviteurs de Dieu. Je crois que c’est très important : l’Ecriture nous montre quelles sont les trois grandes qualités du serviteur : le serviteur est fidèle, il est doux et il est pauvre. Le religieux est celui qui se donne totalement pour accomplir la volonté du Père qui s’exprime à travers ses représentants sur la terre. Les vœux, enfin, sont au service de notre vie intérieure, pour nous rendre plus dociles à l’Esprit Saint. C’est dans cette vision-là qu’il m’a semblé devoir reprendre toute la vie religieuse, dans cette petite communauté naissante. Les jeunes d’aujourd’hui qui ont la vocation n’ont pas reçu une éducation qui les rende vertueux ! Ils ont même horreur de la vertu ! Je crois que les vocations religieuses d’aujourd’hui demandent que l’on reprenne tout à la source pour que l’exigence de la vertu soit comprise de l’intérieur, par l’amour divin.

 

Vous comprenez alors qu’être ainsi consacré à Dieu, c’est une très grande joie, une joie qui vient d’en haut, pas de nous. La vie religieuse donne, à ceux qui s’y donnent par amour pour le Christ, une joie très profonde. Une joie très intérieure, mais qui ne peut que rayonner. Il faut que dans le monde nous donnions ce témoignage de joie, comme la Vierge Marie l’a donné…

+ MD Philippe Les trois sagesses, pp. 376-378