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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

La quête humaine ultime…

22 Décembre 2010, 23:28pm

Publié par Father Greg

 

 

  

Panoramique La quête de la sagesse, de ce qui est premier et ultime dans l’existence humaine a toujours habitée la personne humaine.  C’est la soif la plus radical que nous portons et qui attend une réponse : pourquoi vit-on ? En vue de quoi ? Quel est notre source ? Existe-t-il un Être 1er, celui que les traditions religieuses appellent Dieu ? Et alors, comment puis-je l’atteindre ? Puis-je le découvrir à partir de mon expérience ?


« Tous les hommes désirent par nature connaitre. L’amour des sensations en est le signe. En effet, celles-ci, en dehors de leur utilité, sont aimées pour elles-mêmes, et plus que les autres, celles qui nous viennent par les yeux. Car ce n’est pas seulement pour agir, que nous choisissons de voir, à l’encontre pour ainsi dire de tout le reste. La cause en est que parmi les sensations, la vue nous fait au plus haut point connaitre, et montre des différences plus nombreuses.» Aristote. Métaphysique. Livre A.

 

Or, tout manque de vérité face à cette quête, toute paresse religieuse, toute idéologie ou prisme affectif, a entrainé des refoulements et des abus terribles dans l’histoire humaine. Socrate est mort –condamné pour athéisme- pour avoir dénoncé certains anthropomorphismes dans les traditions religieuses de son temps. Et on se mutile, on stérilise notre esprit, dès que l’on refuse d’aller jusqu’au bout de notre quête.

 

La Foi, elle, vient d'en haut. Noël est une initiative divine. C’est Dieu qui s’unit l’homme d’une manière purement gratuite. Et ce don, dont le croyant éclaire son quotidien, n’est pas le fruit de nos efforts. Même, on ne peut y entrer par nous-même, sans lui mendier de nous y faire entrer. Là encore, ce don, pour tout prendre en nous, réclame que l’on aille jusqu’au bout de ce que nous sommes. Cela exige du croyant cette quête -sans cesse à reprendre- de rencontrer à partir de notre expérience Celui qui se donne à vivre d’une toute nouvelle lumière en se révélant.


 « Si l’intelligence est quelque chose de divin en l’homme, la vie selon l’intelligence est également divine comparée à la vie humaine. Il ne faut donc pas écouter ceux qui conseillent à l’homme, parce qu’il est homme, de borner sa pensée aux choses humaines, et, mortel, aux choses mortelles, mais l’homme doit, dans la mesure du possible, s’immortaliser, et tout faire pour vivre selon la partie la plus noble qui est en lui ; car même si cette partie est petite par sa masse, par sa puissance et sa valeur elle dépasse de beaucoup tout le reste. On peut même penser que chaque homme s’identifie avec cette partie même, puisqu’elle est la partie fondamentale de son être, et la meilleure. Il serait alors étrange que l’homme accordât la préférence non pas à la vie qui lui est propre, mais à la vie de quelque chose autre que lui.... »  Aristote. Ethique à Nicomaque Livre X, chap 7.

 

Découvrir et affirmer l’existence d’un Etre 1er, Celui qui ne peut pas ne pas être, qui n’a rien de second, en qui tout est nécessaire est propre à l’être humain ; Cela fait partie de la noblesse propre de tout être humain que de chercher à se hausser sur la pointe des pieds pour voir ce qui peut bien être sa source ! Et ne pas cultiver cette quête est peut-être un des plus grands refoulements de l’homme d’aujourd’hui, qui alors demeure dans l’angoisse, n’ayant plus d’autre horizon que lui-même. En occident, tout est source d’angoisse, plus rien n’a de sens. On est même face à un abîme de non-sens. La vie n’a plus de sens, elle n’est souvent qu’une suite d’émotions mises bout à bout. La ‘liberté’ de penser comme on veut et le surdéveloppement des techniques ont fait de nous des errants ! La seule liberté que nous ayons gagne est le choix de notre lieu de vacance… On est arrivé à une totale insignifiance de notre vie : la vie en occident consiste à entretenir son confort.

 

Un de nos grands problèmes est qu'on voudrait que l'existence de Dieu soit quelque chose qu'on puisse posséder, ou que l’on devine d'une manière intuitive... ou que la Foi nous dispense de Le chercher… Or, si on étudie pour être capable d’avoir un travail, si on cherche à grandir dans l’amour pour que nos amitiés s’approfondissent ; vis à vis du problème le plus important de notre vie : ‘Dieu’, nous sommes d’une paresse congénitale !

 

« L’homme qui exerce son intelligence et la cultive semble être à la fois dans la plus parfaite disposition et le plus cher aux dieux. Si, en effet, les dieux prennent quelque souci des affaires humaines, ainsi qu’on l’admet d’ordinaire, il sera également raisonnable de penser, d’une part qu’ils mettent leur complaisance dans la partie de l’homme qui est la plus parfaite et qui présente le plus d’affinité avec eux (ce ne saurait être que l’intelligence), et, d’autre part, qu’ils récompensent généreusement les hommes qui chérissent et honorent le mieux cette partie, voyant que ces hommes ont le souci des choses qui leur sont chères à eux-mêmes, et se conduisent avec droiture et noblesse. Or que tous ces caractères soient au plus haut degré l’apanage du sage, cela n’est pas douteux. Il est donc l’homme le plus chéri des dieux. Et ce même homme est vraisemblablement aussi le plus heureux de tous. Par conséquent, de cette façon encore, le sage sera heureux au plus haut point. »

Aristote. Ethique à Nicomaque Livre X, 9.

 

Qu’est-ce qui dans le réel nous éveillerait à sa présence ? Quel sont les lieux qui nous obligent à nous poser la question de son existence ? Si tout vient de Lui, ou peut-on déceler sa signature ? Ou pourrait-on voir sa marque ? Qu’est-ce qui dans le réel nous obligerait à dire que nécessairement « Il est » ? Et, qu’est-ce qui, en nous, nous oblige à nous poser la question ?

 

 « La quête de la vérité, est difficile sous un point de vue, facile sous un autre. Ce qui en témoigne, c'est qu'il est impossible que quelqu’un atteigne complètement la vérité, et qu’on la manque complètement. Chacun en explique un quelque chose. Ce que chacun en particulier ajoute à la connaissance de la vérité n'est rien sans doute ou n'est que peu de chose ; mais la réunion de toutes les connaissances présente d'importants résultats. De sorte qu'il en est ici, comme de ce que nous disons dans le proverbe : Qui manquerait une porte ? Considérée ainsi, la quête de la vérité est facile. Mais l'impossibilité d'une possession complète de la vérité dans son ensemble et dans ses parties, montre tout ce qu'il y a de difficile dans la recherche dont il s'agit. Cette difficulté est double. Toutefois, elle a peut-être sa cause non pas dans les choses, mais dans nous-mêmes. En effet, de même que les yeux de l’oiseau de nuit sont aveuglés par la lumière du jour, de même notre intelligence est aveuglée par ce qui est le plus réel. » Aristote. Métaphysique. Livre a.

 

À suivre…

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