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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

La personne, sommet de l'univers...

11 Août 2012, 02:04am

Publié par Fr Greg.

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Lorsqu'il s'agit de l'homme, créature spirituelle, on peut dire que Dieu le regarde dans sa sagesse et le gouverne, non pas en premier lieu comme une partie de l'univers, comme il le fait pour les parties matérielles de cet univers, mais pour lui-même (de même qu’il le regar­de pour lui-même). Car l'homme a une finalité personnelle voulue par Dieu; il possède un esprit, et par cet esprit il n'est plus partie d'un tout, mais il est en lui-même un «tout». On peut dire aussi que Dieu a créé l'univers physique et qu'il le gouverne en vue de l'homme et pour l'homme. L'univers physique n'a pas d'autre finalité que sa partie la plus éminente, L’homme qui possède un esprit. Selon la sagesse de Dieu, la matière ne peut être que pour l'esprit, comme le devenir pour l'être. Considérer l'homme seulement comme un moment de l'évolution de notre univers, un moment qui doit donc disparaître, c'est oublier que la matière n'est pas principe propre constitutif de l'être, mais du devenir, et que l'esprit se définit essentiellement comme relatif à l'être, et non au devenir.

Si tout l'univers physique est ordonné à l'homme, on peut dire que l'homme est vraiment le chef-d'œuvre du Dieu-Créateur, et qu'il est d'une manière unique l'objet de sa Providence et de son gouvernement. En effet, ayant une âme spirituelle, un esprit, L’homme reçoit de Dieu la capacité de penser et d'aimer, de s'organiser lui-même et de s'orien­ter. Dieu est pour lui un Père au sens très fort, car il lui communique une vie spirituelle: une vie de lumière et d'amour. Et comme cette communication se fait dans l'amour, Dieu respecte infiniment cette âme spirituelle, cet esprit créé par lui, il l'aime comme il s'aime, il l'oriente, il l'attire, il l'inspire, il l'illumine, en respectant sa manière propre de s'exercer: ses lois biologiques et son conditionnement spiri­tuel. Et il le laisse libre dans ses choix. II accepte donc que librement l'homme se détourne de lui, qu'il l'oublie pour ne regarder que ce qui est immédiat, ce qui est sensible, plus proche de son conditionnement. La Providence du Créateur et son gouvernement ne s'imposent pas à l'homme tyranniquement, selon une nécessité impérieuse, puisqu'il le gouverne comme on gouverne avec amour un être intelligent capable de s'orienter lui-même. Dieu permet donc que cet être s'enferme dans son orgueil, il permet la faute. Mais on pourrait se demander si c'est vraiment une bonne manière d'aimer. Ne serait-ce pas, en réalité, une mauvaise manière d'aimer, une faiblesse'? Par sa faute, L’homme, en effet, se détruit, se détourne de son vrai bonheur. Dieu, qui l'aime, ne devrait pas permettre cela! N'y a-t-il pas dans cette permission une certaine complicité tacite de Dieu, et donc un manque d'amour?

On ne peut pas dire cela, car c'est oublier que Dieu, ayant voulu créer un esprit capable de penser et d'aimer, ne peut Fe forcer à aimer. Ce n'est donc pas une faiblesse que de permettre la faute, c'est le respect le plus radical à l'égard d'un esprit, c'est l'exigence même de l'amour créateur d'un esprit. Forcer un esprit à aimer, c'est le détruire comme esprit, c'est le violenter. Dieu, créant un esprit, respecte ce qu'il est. II le gouverne en esprit, et donc il s'engage à son égard et lui laisse la possibilité de se détourner de lui. Agir autrement serait trahir son œuvre propre.

MDP, lettre à un ami.

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