Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
QUE CHERCHEZ-VOUS ?

« La maison fut remplie par l'odeur du parfum »

2 Avril 2012, 02:15am

Publié par Father Greg

 

« Marie avait pris une livre d'un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu'elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie par l'odeur du parfum ». St Jean 12,1-11 

 

 

39religi.jpgLe repas de Béthanie donne comme la note profonde de toute la semaine sainte. C’est LA lumière sur le mystère de la Croix, sur le mystère du Sépulcre, sur le don que Jésus fait de lui-même à la Croix. Ce geste, ce parfum d’un grand prix répandu gratuitement, que l’on ne peut pas récupérer, c’est d’abord une initiative de Marie la sœur de Lazare qui répond au geste de Jésus qui a ressuscité son frère. Or, la résurrection de Lazare, c’est, oui, cet événement extraordinaire de Lazare qui revient de chez les morts ; mais plus profondément, c’est Jésus qui se communique et qui nous fait revivre, chacun de nous, en se greffant à nous ; c’est donc une vie nouvelle, divine, quasi-substantielle, que l’on ne peut vivre que dans un lien, une dépendance immédiate, constante et totalement gratuite envers lui.


On a tout reçu et on reçoit tout ce que l’on est de Dieu actuellement. Mais la résurrection, c’est toute notre vie qui est comme habité, marqué, imbibé de la personne de Jésus et qui en vit quand tout est marqué dans notre vie par cette gratuité inouïe. C’est pourquoi ce geste de Marie, ce parfum répandu manifeste le désir le plus secret et le plus fort de Jésus sur nous : de tout vivre dans la lumière de son don, de vivre de son amour pour nous, dans une grande action de grâce. C’est cela son attente sur nous, que l’on découvre ce ‘parfum d’un grand prix’, d’une qualité unique que Jésus attend que nous lui offrions, librement, parce que c’est lui, sans chercher à en récupérer quelque chose…

 

L’action de grâce n’est donc pas simplement un remerciement, mais de revenir à cette source actuelle et cachée qu’est le don de Jésus dans sa personne, toujours présent à nous. C’est le geste de l’ami qui manifeste à son ami une préférence, son choix secret dans l’amour. C’est cette inclination intérieure qui nous pousse à sortir de nous-même pour vivre de l’autre et qui le manifeste par ce geste.

 

C’est accepter de s’exposer au regard du monde, à ce regard utilitaire, économique qui voudrait que tout soit utile, profitable, bref, que ça serve : « Judas Iscariote, l'un des disciples, celui qui allait le livrer, dit alors :  -Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d'argent, que l'on aurait données à des pauvres ?- » C’est le regard jaloux de celui qui n’aime plus et qui n’a comme critère de vérité que la valeur économique des choses !!  

 

A cela, c’est Jésus lui-même qui répond : « Laisse-la ! Il fallait qu'elle garde ce parfum pour le jour de mon ensevelissement. Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. » 

 

Parce que Jésus n’est qu’à ce niveau-là, Jésus n’est qu’amour, que don, parfum répandu en pure perte, sans aucun calcul de pertes et profits, Jésus défend farouchement ce qui, en nous, relève de l’amour ! C’est nos secrets dans l’amour, nos désirs les plus cachés, les plus intimes, les plus fous parfois, qu’il veut faire grandir et acquérir une taille divine en nous : que l’on donne tout pour être toute attente et entrer dans une nouvelle lumière, une nouvelle présence de lui pour nous.

 

Ultimement, c’est à la croix que Jésus est ce parfum répandu pour le Père, et pour nous, en pure perte, gratuitement, inutilement. C’est cette ferveur dans l’amour qu’il veut nous donner dans cette semaine sainte, cette semaine d’amour, de désirs, de secrets communiqués à ceux qui mendient cet amour. C’est sa soif pour nous.

 

Fr Grégoire.

 

Commenter cet article