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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

La Croix, c’est pour être enfanté par Marie...

22 Avril 2011, 06:00am

Publié par Father Greg

 


 

b175549a-cd14-11de-ad25-fe5a6bb892cd.jpgJean nous dit de Marie qu’il la « prit chez lui », mais il ne nous dit pas comment, il ne nous dit pas en quoi cela consiste. (…) Recevoir Marie, prendre Marie, est donc bien un mystère de foi, et non une affaire de dévotion. Et prendre Marie, c’est lui demander constamment d’exercer sur nous en plénitude sa maternité ; car elle ne peut l’exercer que si nous lui demandons.

 

Voilà qui enlève toute espèce d’imagination de solitude, de rêve d’ermitage. Car cela peut arriver. On a des rêves d’ermitage, on pense que si on était seul, on serait contemplatif, ou bien on rêve d’ « une communauté plus contemplative ». ( …) A cela je réponds : « Soyez contemplatifs, et vous ferez la communauté contemplative ». Parce qu’il n’y a pas de communauté contemplative, il n’y a que des contemplatifs.

 

A la croix, Jean est seul, mais d’une solitude qui n’est pas le désert – c’est le moins que l’on puisse dire ! Normalement, le désert est silencieux et il sent bon, parce qu’il y a du vent et qu’il n’y a personne ! La Croix, elle, est le lieu des voix discordantes et aussi, comme le souligne saint Thomas, un lieu « fétide » parce que les cadavres corrompus s’y entassent. Le désert, parfois, fleurit, et c’est merveilleux. Alors on rêve à cela (il y a des gens qui toute leur vie, rêvent d’être dans un autre lieu que celui où ils sont). Le lieu de saint Jean, c’est Marie – un point c’est tout. Il faut que notre foi aille jusqu’au bout de ce réalisme, et donc que toutes les imaginations disparaissent. Les imaginations, ce n’est pas la foi ; et on doit lutter contre tout cela, comme on doit lutter pour que  la sincérité fasse place à la vérité. Quand on imagine on est sincère, oui, sincère avec soi-même, sincère avec son imagination ; mais on n’est pas dans la vérité. La vérité, c’est que Marie est donnée à Jean. La vérité, c’est de recevoir la parole de Jésus : « Voici ta mère ». Et on trouve, auprès de Marie, la solitude la plus totale qui soit. La solitude du désert n’est rien à côté de la solitude du cœur de Marie.

 

La solitude du cœur de Marie, voilà la vraie solitude, pour Jean et pour nous. Et il faut avoir le courage d’y entrer. Je dis bien « le courage », parce que la foi est toujours une épreuve. Pourquoi esquive-t-on la foi ? Pourquoi s’installe-t-on dans l’imaginaire ? Parce que c’est beaucoup plus facile ! Et on  y est bien : c’est notre imaginaire. Tandis que Marie, on ne peut pas dire que ce soit notre imaginaire : c’est le chef-d’œuvre de Dieu pour nous.

 

Marie est le chef-d’œuvre de Dieu à la Croix. Et elle est le chef-d’œuvre de Dieu, du Père et de l’Esprit Saint, pour nous.(…) Elle est là parce que c’est la volonté du Père, et elle a choisi cette volonté du Père. C’est le calice qu’elle doit boire jusqu’au bout. Voilà la vraie solitude : c’est le calice qu’on doit boire jusqu’au bout, la solitude de l’Agonie, la solitude de la Croix. Dans la solitude de l’Agonie, Marie n’est pas dans le même lieu que Jésus. Elle est seule, et Jésus est seul ; ils ne sont pas présents physiquement l’un à l’autre. A la Croix, ils sont présents l’un à côté de l’autre, mais dans un abîme d’adoration. Or quand on adore, on est toujours seul ; et quand on adore à la Croix, on n’est pas  dans une sorte d’union sensible qui réaliserait une fusion ou une identification, comme disent les psychologues. L’unité profonde avec Jésus, c’est dans la foi, l’espérance et la charité, au-delà de la sensibilité. L’Esprit Saint peut nous donner une expérience divine qui se répercute dans notre sensibilité, mais on ne s’y arrête jamais : on est toujours au-delà. Et dans l’adoration, on est dans un abîme de solitude en face de Dieu.

 

Il faut beaucoup demander à l’Esprit Saint de vivre de l’adoration de Marie dans la solitude, dans l’Agonie. L’Agonie n’est pas au niveau psychologique ; elle est au niveau divin, dans la foi, l’espérance et l’amour. (…) Il faut demander à l’Esprit Saint de nous donner l’expérience divine du cœur de Marie qui est notre désert. Une fois qu’on a vécu du cœur de Marie comme étant notre désert, on y revient toujours ; et toutes les nostalgies imaginatives du désert disparaissent, parce que Marie est plus que tout cela. Elle est le désert de Dieu, le désert du Christ.

 

Celle qui nous est donnée, c’est la Femme qui ne fait plus qu’un avec Jésus crucifié. Celle qui est toute tournée vers Jésus et toute tournée vers nous et elle est donnée à chacun d’entre nous d’une façon unique. Recevons-la comme elle nous est donnée, sans loucher comme Caïn qui, louchant sur Abel, oublie d’adorer. Abel, lui, adore, il ne s’occupe pas de Caïn : mais Caïn s’inquiète d’Abel.

 

 

M.D-Philippe, J’ai soif.