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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

C'est simple...

30 Mars 2011, 07:26am

Publié par Father Greg

 

 

A030609 4 « Il est important de ne pas donner l’idée que le christianisme est un ensemble immense de choses à apprendre. En fin de compte, c’est simple: Dieu s’est montré dans le Christ. Mais entrer dans cette simplicité — je crois en Dieu qui se montre dans le Christ et je veux voir et réaliser sa volonté — possède des contenus, et, selon les situations, nous entrons ou pas dans les détails, mais il est essentiel de faire comprendre d’une part la simplicité ultime de la foi.


(...) Arrêtons-nous un instant sur le mot «conversion»: en hébreu «changer de route», prendre une nouvelle direction dans la vie: en grec," metanoia", «changement de pensée», en latin «poenitentia», «mon action pour me laisser transformer»; en français: «conversion» c’est-à-dire changement réel de notre vision de la réalité. Etant donné que nous sommes nés dans le péché originel, pour nous, la «réalité» sont les choses que nous pouvons toucher, ce sont l’argent, ma position, les choses de chaque jour que nous voyons au journal télévisé: c’est cela la réalité. Et les choses spirituelles apparaissent un peu cachées «derrière» la réalité, «Metanoia», changement de pensée, signifie renverser cette impression. Ce ne sont pas les choses matérielles, l’argent, le patrimoine, ou ce que je peux avoir qui est essentiel, qui est la réalité. La réalité des réalités est Dieu. Cette réalité invisible, apparemment éloignée de nous, est la réalité.

 

Apprendre cela, et ainsi renverser notre pensée, juger véritablement que le réel qui doit orienter toute chose, c’est Dieu, ce sont les paroles, la parole de Dieu. Tel est le critère, Dieu, le critère de tout ce que je fais. Il s’agit réellement d’une conversion, si mon concept de réalité est changé, si ma pensée est changée. Et cela doit ensuite imprégner chaque aspect de ma vie: pour juger chaque chose, prendre comme critère ce que Dieu dit sur cela. Telle est la chose essentielle: non pas ce que je réussis à obtenir à présent pour moi aujourd’hui, non pas le bénéfice ou l’inconvénient que j’en tirerai, mais la véritable réalité, nous orienter vers cette réalité.


Au cours du Carême, qui est un chemin de conversion, nous devons véritablement — me semble-t-il — accomplir chaque année à nouveau cette inversion du concept de réalité, c’est-à-dire que Dieu est la réalité, le Christ est la réalité et le critère de mon action et de ma pensée: accomplir cette nouvelle orientation de notre vie. Et ainsi, le terme latin «poenitentia» lui aussi, qui apparaît un peu trop extérieur et sans doute activiste, devient réel: exercer cela signifie exercer la domination de moi-même, me laisser transformer, ainsi que toute ma vie, par la Parole de Dieu, par la pensée nouvelle qui vient du Seigneur et qui me montre la véritable réalité. Ainsi, il ne s’agit pas seulement de pensée, d’esprit, mais il s’agit de la totalité de mon être, de ma vision de la réalité.


Le titre de tout l’Evangile de la Grâce de Dieu est «Evangile», la «Bonne Nouvelle» que Dieu nous connaît que Dieu m’aime, et que l’Evangile, la volonté ultime de Dieu est la Grâce. Rappelons-nous que la course de l’Evangile commence à Nazareth, dans la chambre de Marie, par l’expression «Je te salue Marie», en grec est «Réjouis-toi, car tu es dans la grâce!». Et cette expression demeure le fil conducteur: l’Evangile est une invitation à la joie car nous sommes dans la Grâce, et la dernière parole de Dieu est la Grâce.


      «Soyez attentifs». Une phrase de saint Pierre Canisius, m’est restée à l’esprit; une phrase qui était pour lui un cri d’angoisse: «Voyez, Pierre dort, Judas veille». C’est une phrase qui nous fait réfléchir: la somnolence des bons. Le Pape Pie XI a dit: «Le grand problème de notre temps, ce ne sont pas les puissances néfastes, mais la somnolence des bons».

 

     «Soyez attentifs»: méditons cela, et pensons que le Seigneur, dans le jardin des Oliviers, répète par deux fois à ses disciples: «Soyez attentifs», alors qu’eux dorment. «Soyez attentifs», nous dit-il; efforçons-nous de ne pas dormir en ce moment, mais d’être réellement prêts pour la volonté de Dieu et pour la présence de sa Parole, de son Royaume.

 

«Veillez sur vous-mêmes» Il existe un activisme bien intentionné, mais dans lequel on perd son âme, sa propre vie spirituelle, son propre être avec le Christ. Tu ne peux pas être un bon serviteur pour les autres si tu négliges ton âme. «Veillez sur vous-mêmes»: soyons attentifs également à notre vie spirituelle, à notre être avec le Christ.

 

«Etre les pasteurs de l’Eglise de Dieu, qui lui appartient grâce au sang qu’a versé son propre Fils» (v. 28). Nous trouvons ici une parole centrale sur l’Eglise. L’Eglise n’est pas une organisation qui s’est formée peu à peu; l’Eglise est née de la Croix. Le Fils a acquis l’Eglise dans la Croix et pas seulement l’Eglise de ce moment, mais l’Eglise de tous les temps. Il a acquis avec son sang cette portion du peuple, du monde, pour Dieu. Et il me semble que cela doit nous faire réfléchir. Le Christ, Dieu a créé l’Eglise, la nouvelle Eve, avec son sang. Ainsi il nous aime et il nous a aimés, et cela est vrai à chaque instant. Et cela doit également nous faire comprendre que l’Eglise est un don; être heureux d’être appelés à être Eglise de Dieu; éprouver la joie d’appartenir à l’Eglise. Il y a aussi, bien sûr, toujours des aspects négatifs, difficiles, mais au fond cela doit rester comme cela: c’est un très beau don que je peux vivre dans l’Eglise de Dieu, dans l’Eglise que le Seigneur s’est acquise.

 

Benoit XVI, Lectio Divina mars 2011.

 

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