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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

L'oraison, pure attente de Jésus...

29 Mai 2011, 05:57am

Publié par Father Greg

 

 

artbite.a182.VanderWeyden.plispeinture-a5aa2Il faut tout le temps revenir à l’adoration, pour nous mettre dans cette attitude de passivité radicale. L’amour implique un don, une extase. Mais notre amour à l’égard de Jésus, c’est l’amour du tout-petit choisi par Jésus et qui répond à son amour ; c’est l’amour de l’épouse qui choisit celui qui l’a aimée le premier. Cet amour se réalise dans une attraction où Jésus nous attire vers lui, et c’est dans cette attraction qu’il y a la plus grande passivité.

 

Il ne s’agit pas ici de faux problèmes (passivité ou activité) mais de comprendre que l’amour divin, la charité, sous le souffle de l’Esprit Saint, se transforme en un don de tout nous- mêmes, extatique, dans l’adoration – et l’adoration implique un acte. Il faut être dans cette docilité parfaite, cette passivité parfaite, en attente : on sait que c’est lui qui nous a aimés le premier, et que c’est toujours lui qui nous aime le premier, que c’est toujours lui qui nous a choisis et qui nous choisit. Mais il ne peut nous choisir que si nous sommes dans cette passivité radicale de l’adoration. Et c’est dans cette passivité radicale de l’adoration que nous répondons à son amour et le laissons agir. (...)

 

« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure ». Voilà le grand mystère de l’oraison et de la contemplation. Nous sommes le temple du Saint-Esprit, nous sommes le temple de la Très Sainte Trinité : « Mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure. Le monde, c’est celui qui n’aime pas, celui qui s’oppose, celui qui ne garde pas le désir d’aimer. Tandis que celui qui a soif d’amour ne fait qu’un avec le Christ et avec le Père.

 

L’oraison, ce désir de vivre auprès de Jésus, n’acquiert toute sa force que par notre désir, que par cette soif de vivre de Lui: pour nous, ici-bas, la contemplation est une contemplation de désir (…) Le contemplatif est un homme de désir ; l’oraison ne peut se vivre que dans le désir, la soif de l’eau vive. Voilà ce qui est premier : un désir ardent, une exigence, une soif qui doit nous prendre, nous saisir et être ce qui revient le plus souvent. Cette soif est le fruit même de la foi, l’espérance et de la charité. Et cela, nous ne pouvons le vivre pleinement qu’avec Jésus et en lui.

 

L’oraison n’est pas proprement affaire d’intelligence humaine, de sagesse philosophique et métaphysique, pas davantage l’affaire d’habileté, d’imagination créatrice, d’invention artistique ; elle est essentiellement l’exercice le plus pur de la foi vivante, de la foi aimante, sous le souffle de l’Esprit-Saint ; elle demande un grand amour du Christ, un grand désir de l’aimer, de vivre de lui, d’être enseigné par lui. Certes, l’exercice de la foi imprégnée de charité peut se servir de toutes les richesses de notre intelligence, de notre imagination créatrice, pour avoir une plus grande ampleur.

Le Christ aime que nous soyons intelligents pour lui. La foi ne supprime pas la perspicacité de notre esprit, mais il ne faut pas que la soif de connaître, de savoir, l’emporte sur le désir plus fondamental d’aimer. La foi est une connaissance d’enfant, une connaissance toute au service de l’amour surnaturel. Elle doit s’achever dans l’amour. C’est pourquoi, souvent, l’exercice de la foi aimante dans l’oraison exigera de s’abandonner, de laisser de côté les richesses trop brillantes de la sagesse humaine et de l’imagination créatrice, pour ne plus garder que la parole vivante de Dieu, dans toute sa force, dans toute sa pureté.

 

MD Philippe. Le mystère de l’oraison.