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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

L'espérance en Marie... (VII)

20 Août 2011, 05:11am

Publié par Father Greg


bodies1.jpegOn peut avoir parfois cette tentation, de ne pas comprendre que l’Eucharistie ajoute quelque chose à la présence mystique telle qu’elle est vécue sur la terre. C’est pour cela que faire oraison auprès du Saint-Sacrement nous aide, et que pouvoir prier l’office en face du Saint-Sacrement nous aide ; c’est tout à fait normal. Et à Marie elle-même, l’Eucharistie a apporté quelque chose de plus que la seule présence mystique. Pourtant cette présence mystique, en elle, est d’une pureté, d’une limpidité unique ; étant immaculée et vivant dans une telle pauvreté, un tel dépouillement, elle reçoit en plénitude ce don d’amour qui est l’Esprit Saint, et l’Esprit Saint est plus que tout, parce qu’il est Dieu ; il est plus que la présence eucharistique de Jésus, il est plus que la présence sacramentelle du sacerdoce du Christ en Jean. Or, quand il y a le plus, on n’a pas besoin du moins ? Le moins ne doit-il pas disparaître devant le plus pour laisser le plus tout prendre ?  Voilà ce qu’on peut être tenté de penser.

            Devant cela il faut bien saisir comment le mystère de l’Eucharistie et le mystère du sacerdoce de Jésus, à travers le sacerdoce ministériel de Jean, ont été pour Marie sources d’une croissance d’amour après le mystère de la Pentecôte, et en même temps sources pour elle d’une nouvelle pauvreté. Plus l’amour grandit, plus la pauvreté augmente ; et plus la pauvreté augmente, plus l’amour doit normalement grandir – « l’abîme appelle l’abîme » (Ps 41, 8), l’abîme de la pauvreté et l’abîme de l’amour s’appellent mutuellement. C’est du reste ce que saint Thomas souligne : chaque fois que la charité grandit en nous, elle creuse en nous une nouvelle capacité, et donc une nouvelle pauvreté, pour s’enraciner davantage, et d’une certaine manière il n’y a pas de limite, c’est infini : la charité peut grandir tout le temps, et en Marie elle grandit jusqu’au moment où Marie atteindra la plénitude de la charité du Christ. Là on ne voit pas de limite, puisque tout ce que le Père a, il le donne à son Fils, il le lui donne, et que tout ce que le Fils peut donner à sa Mère, il le lui donne. Mais il faut que cette plénitude se réalise progressivement, selon une croissance ; si Marie n’est pas dans la vision béatifique, c’est pour pouvoir croître dans l’amour. Nous ne pouvons pas dire qu’à partir de la Pentecôte Marie est entrée dans la vision béatifique ; elle est restée dans la foi, elle est restée dans l’espérance, pour pouvoir croître. L’Esprit Saint lui a été donné personnellement, en plénitude, mais il fallait que Marie aille encore plus loin ; ce don qui lui était fait en plénitude était un appel encore plus impératif. La hâte a grandi dans le cœur de Marie à partir de la Pentecôte ; ce n’était pas une hâte comme celle de la Visitation (Marie n’a pas parcouru des kilomètres à partir de la Pentecôte), c’était une hâte tout intérieure, et une hâte intérieure encore plus profonde que celle de la Visitation, parce que c’était pour Jean ; à la Visitation, c’était pour Elisabeth et Jean-Baptiste ; là on peut dire que c’est pour Jean. Cette hâte intérieure que l’Esprit Saint creuse en son cœur, c’est pour être encore plus profondément la Mère de Jean, en étant plus unie à Jésus, plus donnée à Jésus. Et l’Esprit Saint va creuse dans le cœur de Marie un amour toujours plus grand pour l’Eucharistie.

MD Philippe, Marie et le mystère de l’espérance