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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

L’espérance en Marie... (II)

15 Août 2011, 05:50am

Publié par Father Greg

 

 

Red-sky-over-a-beach-by-Joseph-Mallord-Turner.jpgComment Marie vit-elle cet avent qui est l’attente de l’Eprit Saint ? Il faut découvrir la pauvreté de Marie durant cet avent particulier, cette « neuvaine » de l’Ascension à la Pentecôte. Avec le mystère de l’Ascension, l’Esprit Saint a creusé en elle un abîme de pauvreté puisque Jésus n’est plus de ce monde mais laisse Marie dans ce monde. Et Marie a ressenti bien plus profondément que les Apôtres ce que représentait ce départ de Jésus ; mais aussi elle l’a vécu d’une manière toute différente parce qu’elle a vécu ce mystère de séparation dans une pauvreté divine, sans aucun retour sur elle-même, sans aucun repli. « Il est bon pour vous que je m’en aille … » Il faut essayer de saisir ce que représente cette pauvreté spéciale du cœur de Marie à travers ce départ de Jésus. En quittant les siens pour aller vers le Père, Jésus quitte ce monde pour leur être encore plus présent, mais d’une manière invisible. La pauvreté divine est toujours comme cela : elle est vécue dans l’amour, et donc elle implique une séparation sensible, mais profondément, dans l’amour, une unité plus grande se réalise. C’est toujours au service d’une unité d’amour plus grande que Jésus réclame des séparations, qu’il nous demande d’accepter des choses qui meurtrissent notre sensibilité. Dans sa sensibilité Marie a ressenti cette  séparation parce que, même si Jésus ne lui apparaissait pas, c’était une très grande joie pour elle de voir la joie des Apôtres après les apparitions ; il est fort probable que Jean les lui racontait. Même si Marie n’y était pas immédiatement présente – on n’en sait rien, cela ne nous est pas dit – elle voyait la joie du cœur de Jean, qui devait être très grande, et non seulement de Jean mais de Pierre et de tous les autres ; c’était pour elle une très grande joie de voir comment les Apôtres « profitaient » divinement de ces apparitions. Quand le Christ les quitte elle les sent un peu orphelins et il faut qu’elle porte cela, il faut qu’elle offre leur souffrance, et elle-même ressent cette séparation, mais, redisons-le, dans un très grand amour : c’est entièrement offert.

 

            Là nous voyons comment la pauvreté divine permet un éclatement nouveau de la charité. La pauvreté c’est l’amour « en creux », c’est Dieu qui creuse un abîme, pour que l’amour – l’amour à l’égard du Père, l’amour à l’égard de Jésus, l’amour à l’égard de Jean et de toute l’Eglise – jaillisse plus profondément et aille plus loin. Marie a vécu l’Ascension dans cette divine pauvreté, en comprenant combien Jésus était heureux d’aller auprès du Père ; c’est le fruit du grand labeur de la Croix, et ce fruit annonce – c’est une promesse – ce que Marie vivra, et ce que toute l’Eglise vivra un jour ; ce sont les prémices de toute l’Eglise qui montent auprès du Père. Et pour Marie, c’est une immense joie de savoir que Jésus, auprès du Père,  va l’attirer à lui ; car à partir de l’Ascension Jésus exerce sur Marie une nouvelle attraction, l’attraction même que le Père exerce sur elle, que Jésus jusque là ne pouvait pas exercer en plénitude. Pour l’âme de Marie il y a alors cette joie profonde, de savoir que le Père et le cœur blessé de l’Agneau l’attirent d’une même attraction d’amour ; mais cela exige une nouvelle séparation, un nouveau dépouillement. Et c’est dans cette attitude de grande pauvreté, de grand dépouillement, que Marie vit ce mystère de l’attente de l’Esprit Saint.


MD Philippe, Marie et le mystère de l’espérance