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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

L'espérance en Marie... (XI)

24 Août 2011, 05:34am

Publié par Father Greg

 

 

5589767581_74b5c6298e.jpgMarie est entrée dans cette éducation nouvelle de l’Esprit Saint, qui est vraiment une pédagogie nouvelle, et qui est en même temps la pédagogie dernière de l’Esprit saint ; c’est la loi inverse de la pédagogie humaine. Dans la pédagogie humaine, on commence par éduquer par la nourriture, et ensuite on éduque par la parole. Et la première éducation que nous avons reçue de notre mère, c’est la nourriture. Et la dernière éducation que l’Esprit Saint donne, c’est la nourriture : il nous demande d’être comme des tout-petits, et c’est pour cela qu’il nous éduque par l’Eucharistie.

 

Il a éduqué Marie par l’Eucharistie, il lui a demandé d’être toute petite ; celle qui était la Mère est devenue le tout petit enfant recevant ce pain divin, et se laissant éduquer par lui. A partir de là elle a vécu la pauvreté de la mendiante, la pauvreté de celle qui n’a plus rien du tout et qui accepte le silence absolu, le dépouillement total. C’est difficile, d’entrer dans la pauvreté de l’Eucharistie et de comprendre comment l’Esprit Saint, le Père des pauvres, est celui qui se sert de l’Eucharistie pour nous faire entrer dans la pauvreté royale du cœur du Christ.

 

Pour vivre cette pauvreté royale du cœur de Jésus nous devons vivre la pauvreté de celui qui vit chaque instant du viatique, sans aucune réserve – car c’est cela le propre du mendiant : il n’a pas la possibilité d’ordonner un peu son temps, il ne peut pas avoir de recul, il vit chaque instant comme le dernier. C’est cela, le mystère du viatique, c’est cela la pauvreté à l’égard du temps, à l’égard de la possibilité que nous avons de durer ; le vivant, c’est celui qui dure et qui, par le fait même, peut se reposer, et travailler, et organiser son temps parce qu’il a en lui cette durée.

 

L’Eucharistie nous demande cette pauvreté à l’égard du temps, qui est peut-être la plus rude des pauvretés ; mais c’est comme si on vivant à chaque instant de l’éternité, en acceptant d’être encore dans le temps sans y être, et donc d’être dans une disponibilité absolue à l’égard du bon plaisir du Père, et cela tout en travaillant, en faisant ce qu’on doit faire. Si on se tournait les pouces en disant : « Je vis cette dernière pauvreté », ce serait facile, mais on  l’incarnerait d’une façon psychologique et cela n’irait pas du tout ! Il faut continuer…

 

Marie a continué à faire ce qu’elle devait faire jusqu’à la fin de sa vie ; elle n’a pas été malade et a donc continué à faire la cuisine pour Jean et à être là, auprès de  lui, pour l’aider, pour le soutenir… et cela non seulement pour Jean mais pour les autres Apôtres et tous ceux qui étaient autour. Mais intérieurement Marie vivait ce mystère du viatique, et donc elle vivait ce dépouillement total à l’égard de la durée normale du vivant, et du grand vivant ; n’ayant plus aucune réserve et étant totalement dépendante du bon plaisir du Père, elle vivait suspendue à son bon plaisir en étant toujours prête à passer de ce monde à l’autre, sans avoir aucun projet ni désir de prolonger le temps sur la terre. Un dépouillement total ! C’est cela, la pauvreté de l’Eucharistie.

 

  On comprend alors qu’on puisse parler du « pain des pauvres » : le pain de celui qui vraiment vit du viatique, et est par lui introduit dans le mystère même de Dieu. Le mystère du viatique nous fait entrer dans le Ciel, il nous fait vivre directement du Ciel tout en acceptant de rester sur la terre, mais tout entiers tournés vers le Ciel.


 

MD Philippe, Marie et le mystère de l’espérance


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V 25/08/2011 00:30


C'est difficile ce dépouillement total, sans projet ni désir... Peut-on un jour dire qu'on est prêt a passer de ce monde a l'autre ??