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L'art dit 'contemporain': du grand n'importe quoi!

6 Décembre 2012, 03:33am

Publié par Fr Greg.


La Fiac (Foire Internationale d’Art Contemporain), sauf exceptions illusoires, montre une peinture contemporaine anémiée par des affairistes pressés qui collectionnent des signes de reconnaissance plutôt que de l'art.

 

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Description : Description : http://www.lefigaro.fr/icones/coeur-.gif L'art contemporain montré à la Fiac est l'art d'une toute petite partie de nos contemporains. Ce terme, faussement temporel, désigne ici un genre artistique qui trouve son origine dans l'urinoir de Marcel Duchamp de 1917. La pratique du ready-made, en détournant des objets utilitaires pour en faire des œuvres d'art, explique que n'importe quoi (comportements, excréments ou pièce vide) puisse devenir œuvre d'art si et seulement si un réseau officiel, marchand ou médiatique, le valide. Duchamp a troqué le savoir-faire contre le faire-savoir, au lieu d'incarner du sens dans une forme, il privilégie le «concept », les spéculations intellectuelles qui, vidant l'œuvre d'art des critères esthétiques, feront le lit de la spéculation financière: il ne reste pas beaucoup d'art dans l'art financier.

 

En témoigne l'état de la peinture: Hopper, ne créant que deux tableaux par an, pourrait-il encore émerger dans un art financiarisé, où l'adage «ce qui est rare est cher » a vécu ? La bonne peinture, œuvre unique non reproductible à satiété, n'est pas toujours instinctuelle et demande temps et métier. Or, pour être rentable, l'art devrait obéir à des opérations marketing, être coté dans le réseau des grandes foires, galeries, ventes aux enchères. L'art conceptuel, et ses «installations » reposant sur des procédures démontables et sérielles, se prête mieux à cette mondialisation que la fragile peinture. Une «performance », une transgression par le geste ou le cri, est plus médiatique que les meilleures toiles. La peinture demande le temps d'une rencontre, une mémoire, une culture, mais les affairistes pressés collectionnent des signes de reconnaissance plutôt que de l'art.

 

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Conceptualisme mercantile

Il ne suffit pas d'utiliser toile, châssis et pinceaux pour faire œuvre picturale. Il existe un conceptualisme peint (souvent confondu avec l'abstraction de l'art moderne) repérable à sa répétitivité, sa standardisation. Les rayures, les carrés en quinconce ou les pots de fleurs, semblables à des logos, ne tolèrent pour voisinage que certaines expressions picturales, telle la peinture «de standards et de clichés » où «il n'y a pas d'essentialité » d'une lauréate du prix Marcel-Duchamp. Cette peinture sous contrainte conceptuelle ne produit plus d'images mais une imagerie décorative, digne du catalogue des fleurs Vilmorin.

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Autorisée aussi, la peinture fantomatique, spectrale, qui valorise sa propre exténuation et permet des commentaires sur la «peinture de la fin de la peinture ». Le plus souvent, un peintre figuratif restera «compétitif » en se cantonnant dans le kitsch, le parodique érotisé ou une défiguration montrant l'humanité affreuse, sale et méchante… La Fiac, sauf exceptions illusoires, montre une peinture contemporaine anémiée. La vitalité de l'art pictural s'est réfugiée dans les ateliers ou des galeries exclues : la forte présence d'une grande peinture vivante serait préjudiciable aux formes dégradées du conceptualisme mercantile.

www.lefigaro.fr

Historienne de l'art, Christine Sourgins est l'auteur des «Mirages de l'art contemporain». http://sourgins.over-blog.com