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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Grandeur de l'abandon...

8 Décembre 2013, 10:19am

Publié par Fr Greg.

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L'enfant de Dieu est celui qui vit de foi, d'espérance et d'amour. Quelle est l'attitude spontanée de l'enfant à l'égard de son père ? C'est l'amour. La foi et l'espérance sont entièrement ordonnées à la charité, pour lui permettre d'être véritablement un amour d'amitié à l'égard de Dieu, un amour d'amitié qui doit croître, qui doit tout prendre dans notre vie. C'est à cela que concourent la foi et l'espérance".

Le geste spontané de l'enfant de Dieu est donc d'aimer son Père. Mais comme cet enfant est en même temps une créature, il faut que le geste d'adoration et le geste d'amour s'unissent en un geste unique, qui est justement le geste d'abandon.

Si on analyse l'abandon du point de vue théologique, on s'aperçoit qu'il exige l'amour. Pour s'abandonner vraiment, il faut faire une confiance totale en l'amour surabondant du Père, ne plus regarder que son amour excessif. S'abandonner consiste à s'appuyer entièrement sur la miséricorde du Père, à n'avoir aucun point d'appui. L'abandon exige le sens de la miséricorde prévenante du Père, de cette miséricorde proprement immense, qui est abîme d'amour surabondant, excessif, qui dépasse tout ce que nous pouvons expérimenter. Ce sens divin de la miséricorde provient de la foi vive et de l'espérance. La foi vive ne nous fait-elle pas découvrir dans le mystère de Dieu ce qui est le plus intime, sa miséricorde inlassable et fidèle? L'espérance ne s'appuie-t-elle pas sur la toute-puissance miséricordieuse du Père ?

Mais l'enfant de Dieu étant aussi une créature, il faut que cet amour, qui s'appuie entièrement sur la toute-puissance divine, l'anéantisse en face de Dieu et le fasse se considérer comme rien, le livrant totalement au bon plaisir du Père, pour que Dieu fasse de lui ce qu'il veut. L'abandon exige cette attitude, car il demande de n'avoir plus aucun souci, aucune inquiétude à l'égard des biens humains. Tout ce qui est avidité naturelle, recherche trop humaine, doit s'effacer et disparaître pour ne laisser place qu'à la seule volonté de Dieu. Cela exige nécessairement un acte d'holocauste très intérieur: l'holocauste de la volonté, du jugement propre, l'holocauste de tout ce que la vie humaine peut avoir de grand, de toutes les aspirations humaines. Sans cet holocauste il ne peut pas y avoir d'abandon. Mais cet holocauste doit être entièrement brûlé par l'amour. Il ne s'agit pas seulement du geste d'adoration normal de la créature, mais d'un geste d'adoration entièrement transformé par la foi, l'espérance et l'amour. C'est donc une adoration qui devient tout à fait intérieure.

 

L'abandon, dans le sens le plus profond, est vraiment cette union de l'adoration et de l'amour, qui nous fait nous effacer complètement en face de la miséricorde inépuisable du Père ou, pour mieux dire, qui nous fait nous précipiter dans cette miséricorde pour qu'elle s'empare totalement de tout ce qui est en nous, qu'elle prenne possession de toutes les forces vives de notre être. Par cet acte d'abandon nous désirons que cette miséricorde s'exerce le plus parfaitement possible sur tout nous-même; c'est pourquoi nous offrons à la miséricorde de Dieu tout ce qui est en notre pouvoir : toutes nos facultés, le développement de notre vie, tout ce qui en nous demande à croître et à s'épanouir ; tout cela nous le remettons à la miséricorde du Père pour qu'elle pénètre au plus intime de toute notre vie.

Marie Dominique Philippe, O.P, Trois mystères de miséricorde.