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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Il ne suffit pas d'aimer!

26 Juin 2012, 03:06am

Publié par Father Greg

 

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Il y a un problème très grave pour le chrétien d’aujourd’hui, et on en est tous un peu atteints ; vous ne pouvez pas dire que vous n’êtes pas atteints de cela, car vous avez respiré cet air-là. Et cet air-là, c’est de dire : « La philosophie, ce n’est pas nécessaire ! ». Attention ! C’est une nécessité pour le croyant, et c’est pour cela que l’Eglise maintient à tout prix la philosophie réaliste et la métaphysique. Ce n’est pas du luxe, ce n’est pas une chose ancienne propre au Moyen-Age comme la construction des cathédrales — c’est difficile de construire une cathédrale aujourd’hui ! La métaphysique n’est pas une cathédrale, c’est une nécessité pour le croyant. Alors si on est incapable soi-même d’étudier la métaphysique, qu’on le reconnaisse : « Je n’ai pas les capacités, je ne suis pas formé pour cela, je n’ai pas la forme d’intelligence pour cela ». Mais on n’a pas le droit de dire : « Ce n’est pas nécessaire ». Et quand vous dites que ce n’est pas nécessaire, c’est terrible, vous commettez une faute contre la foi. (…)

 

La métaphysique est nécessaire au croyant pour découvrir les preambula fidei ; elle est nécessaire pour que le croyant soit conscient de ce que la foi chrétienne lui apporte. Donc elle permet de déterminer avec exactitude l’acte propre de foi, et par le fait même, elle permet de préciser avec exactitude ce qu’est la théologie, puisque la théologie part de la foi. (…)

 

Au dire de Paul VI — je l’ai entendu de mes propres oreilles, dans une audience privée avec des théologiens, sitôt après le Concile —, le fidéisme est actuellement le mal le plus profond de l’Eglise catholique. Et un théologien de Rome, qui connaissait très bien ce que représentait l’état de la théologie d’aujourd’hui, m’a dit que quatre-vingt dix pour cent des théologiens d’aujourd’hui sont fidéistes  — et il allait même jusqu’à dire quatre-vingt quinze pour cent —, c’est-à-dire ne reconnaissent plus les preambula fidei. Du point de vue de la foi chrétienne, c’est sérieux : celui qui ne va pas jusqu’au bout de sa foi risque toujours de la perdre, parce qu’il ne l’exerce plus.

Si vous confondez la foi et les traditions et si vous confondez les opinions des hommes et ce que l’intelligence humaine peut par elle-même dire, votre foi s’humanise. Et une foi qui s’humanise est une foi qui perd son caractère propre. Et le caractère propre de la foi, c’est d’être ordonnée à la contemplation chrétienne — et non pas philosophique —, c’est de me rappeler que je suis héritier, avec Jésus, de la vision béatifique et que je suis fait pour cela.

Donc vous voyez l’importance de ce que nous essayerons de comprendre ensemble, de cette ultime partie de la philosophie qu’on appelle théologie naturelle, et qui reste quelque chose de nécessaire à voir aujourd’hui. Le Saint-Père m’a posé la question : « Où enseigne-t-on encore la métaphysique dans son ultime exigence, la théologie naturelle ? ». Quand j’enseignais la théologie naturelle à Fribourg, j’entendais mes chers confrères dire avec un air satisfait d’eux-mêmes : « La théologie naturelle, c’est une question de sentiment ! ». Qui est-ce qui disait cela avant eux ? Auguste Comte. Et donc sans le savoir, ils étaient positivistes.

MD Philippe, 9.10.1992. Aletheia n° 16 sur Fides et ratio

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