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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

« Il faut ajouter de la vie aux jours, lorsqu’on ne peut plus ajouter de jours à la vie »

11 Août 2011, 05:34am

Publié par Father Greg

4569306378_c9d7270126.jpg« Un jour, dans la salle de consultation d’un hôpital, j’avais promis à ma petite fille malade de lui transmettre tout ce que je savais de ce sentiment qui fait tourner le monde. Je m’y suis appliquée pendant un an et demi. Et durant tout ce temps, trop aspirée par l’ampleur de ma tâche, je n’ai pas vu. Je n’ai pas compris que c’était elle mon professeur d’amour. Pendant ces mois passés auprès d’elle, je n’ai pas compris parce que, en fait, à bien y réfléchir, je ne connais pas grand-chose à l’amour, le vrai.

 

Comment sait-elle ? Comment est-ce possible ? Thaïs est privée de tout. Elle ne bouge pas, elle ne parle pas, elle n’entend pas, elle ne chante pas, elle ne rit pas, elle ne voit pas. Elle ne pleure même pas. Mais elle aime. Elle ne fait que cela, de toutes ces forces. A travers ses blessures, ses infirmités, ses défaillances.

L’amour de Thaïs ne s’impose pas, il s’expose. Elle se présente à nous comme elle est, vulnérable et fragile. Sans carapace, sans armure, sans rempart. Sans peur. Bien sûr, ceux qui regardent ça de loin peuvent railler, mépriser, repousser cette fragilité. Mais ceux qui s’approchent, qui se penchent, qui cherchent à l’accompagner, ceux-là perçoivent comme moi que cette vulnérabilité n’appelle qu’une réponse : l’amour.

Près de deux ans auparavant, en apprenant l’étendue des dégâts que provoquerait sa maladie, je m’étais posé une question : « Que lui restera-t-il ? » L’amour. Il lui restera l’amour. Celui que l’on reçoit. Et celui que l’on donne aussi.

Oui, l’amour a cette faculté unique d’inverser les courants, de transformer la faiblesse en force. Privée de ses sens et dépendante physiquement, Thaïs ne peut pas grand-chose sans une aide extérieure. Elle pourrait exiger beaucoup. Pourtant, elle n’attend de nous que ce que nous voulons bien lui offrir. Rien de plus.

On pense communément qu’une existence diminuée et meurtrie est difficilement acceptable. C’est sans doute vrai. Quand on n’a pas l’amour. Ce qui est insoutenable, c’est le vide d’amour. Quand on aime et que l’on est aimé en retour, on supporte tout. Même la douleur…..

…. Ce soir, j’ose le dire : la vie de Thaïs est un trésor. Un concentré d’amour qu’elle insuffle autour d’elle avec générosité. »

 

 

                       Anne-Dauphine Julliand Deux petits pas sur le sable mouillé

                       

 

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Jean-François 18/08/2011 13:58



j'ai lu le lvire d'un seul trait tellement il peut prendre aux tripes.


Message à donner à tout le monde pour dire que l'amour dans la vie si petite soit elle, est le plus important. Surtout si l'on croit au paradis.