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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Existe-t-il une Quelqu'un qui soit LA RÉALITÉ, plus réel que tout ce qui existe sous nos yeux?

3 Août 2012, 02:25am

Publié par Fr Greg.

 

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J'existe en tant que travaillant, capable de transformer le monde physique, la matière. Cette transformation de la matière montre ma supériorité à son égard: je la domine. Et, en même temps, je dépends d'elle; elle me «transcende», car elle s'impose à moi de l'extérieur comme une réalité existante, indépendante de moi. Par là je vois bien que je ne suis pas premier dans mon être, puisque l'être du monde physique est autre et ne dépend pas de moi, qu'il s'impose à moi. Par ma capacité d'avoir des « idées », portant en moi des « formes », je domine cet univers, je puis le transformer; mais il est aussi indépendant de moi, il existe en lui-même. II est donc nécessaire qu'existe une Réalité au-delà de mon être et de celui de la matière, car cette dualité réclame une unité qui transcende l'univers et moi-même.

 

J'existe en tant qu'ami, capable d'aimer un ami et d'être aimé de lui. Cet amour réciproque, dont la réciprocité même permet à l'amour de se développer pleinement, manifeste l'amour naturel qui est inscrit au plus intime de mon être, ce premier amour qui me porte naturelle­ment vers le bien, vers ce qui est capable de me perfectionner, de m'achever. Par là je saisis la limite profonde de mon être, qui n'a pas en lui sa propre fin, qui ne possède pas en lui sa plénitude et qui a besoin de s'ordonner vers un autre dont il dépend, qui est capable de l'attirer. Et en même temps, je saisis ce qu'il y a en moi de plus actuel: cet amour naturel et cet amour ultime qui m'unit à mon ami. II est donc évident que, dans ma personne humaine, je ne suis pas l'Être premier; et puisque l'ami aimé qui m'attire ne peut pas être source de mon être (car dans mon être je suis autonome comme lui), il est nécessaire qu'existe une Réalité Autre, au-delà de toute personne hu­maine, qui soit une Bonté personnelle, un Esprit pur, en qui être et amour s'identifient.

 

J'existe en tant que capable de mourir, capable d'être corrompu, ayant eu un commencement dans le temps—ce qui indique que mon être n'est pas acte pur, qu'il implique un être en puissance, qui peut être ou ne pas être. II ne peut donc pas être premier. Mais puisqu'il est maintenant en acte, il dépend donc d'un autre Être qui, lui, est Acte pur, car s'il ne l'était pas, il dépendrait à son tour d'un autre; et comme on ne peut remonter à l'infini dans la dépendance actuelle dans l'ordre de l'être, il faut nécessairement que cet Autre soit l'Acte pur, un Être nécessaire au-delà de toute potentialité.

 

J'existe en tant que vivant, ayant en moi une autonomie vitale, une organisation extrêmement complexe et pourtant «une», indépendante des autres vivants et cependant dépendante du milieu en lequel je vis, ce qui indique qu'il y a dans mon être-vivant des limites, mais aussi que je vis, que je suis en acte dans mes diverses opérations vitales. Cet acte qui est en moi dépend donc d'un Autre Vivant en qui vie et être ne font qu'un.

 

Enfin, j'existe en tant que partie de l'univers et être mû, capable de transformations, de modifications dans le bien comme dans le mal. Je ne suis donc pas premier. je dépends d'un autre qui m'actue. Certes, je suis un vivant capable de me mouvoir, mais dans mon être profond, intime, je ne suis pas cause de mon être, car je suis dépendant, dans mon devenir, de tout l'univers. II est donc nécessaire de poser, au-delà de notre univers et de nous-mêmes, un Être Autre qui, lui, soit au-delà du mouvement.

 

C'est toujours la même considération qui est reprise, selon cinq moda­lités diverses: ce qui implique à la fois acte et puissance dans un être ne peut être premier dans l'ordre de l'être, il dépend nécessairement d'un Autre qui, lui, ne peut être qu'un Être au-delà de toutes les réalités mues, de toute potentialité; qui est pour tous les autres qui sont mus et qui sont en puissance Celui qui les attire, Celui vers qui ils tendent tous.

MDP, lettre à un ami.

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