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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

De la petitesse de l’enfant à la petitesse du Crucifié (I)

23 Juin 2011, 05:16am

Publié par Father Greg

 

 

Young-Peasant-Boy-Posters9(…) En face de Dieu, on doit toujours être comme des petits enfants. Jésus le dit d’une façon très nette : « Si vous ne devenez pas comme des petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux » (Mt 18,3). C’est du reste pour cela que Dieu a envoyé son Fils, pour être le petit enfant de la femme, le petit enfant d’une mère, pour que nous puissions voir cette petitesse parfaite dans le Christ, dans le petit enfant Jésus. Mais la petitesse joyeuse de Noël est ordonnée à la petitesse douloureuse de la Croix. Je crois qu’il est important de bien saisir ces deux petitesses. C’est l’intelligence qui est à l’origine de la petitesse. L’enfant, c’est celui qui accepte de ne pas savoir, c’est celui qui accepte l’état dans lequel il est actuellement : on comprend à un moment donné, quand on aura la vision béatifique, mais tant qu’on n’a pas la vision béatifique, on est comme des enfants.


Dans un grand repas de famille où les plus jeunes sont avec les aînés, on parle de certains sujets qui ne regardent pas les enfants et on leur dit : « Quand tu seras grand, tu sauras ». L’Esprit Saint nous dit toujours cela : « Quand tu seras grand, tu sauras ». Et c’est peut-être là le secret de l’enfance : accepter de ne pas savoir. Mais c’est accepter de ne pas savoir avec la certitude qu’un jour on saura. Ce n’est pas du tout la négation de la connaissance, c’est l’acceptation d’un état particulier : ne pas savoir maintenant, mais être sûr qu’un jour tout sera lumineux. La petitesse de l’enfant, c’est la petitesse de celui qui croit qu’un jour il verra. Et par le fait même, il maintient en lui un désir, le désir de l’enfant : « Quand je serai grand, je saura… ».

           

La petitesse de la Croix est toute différente. Ce n’est pas une petitesse joyeuse, c’est la petitesse de celui qui est rejeté, de celui qui est considéré comme quelqu’un qui a exagéré, qui a été trop loin, qui s’est enflé ; il faut le détruire et qu’il se taise. La petitesse de la Croix, c’est la petitesse de celui qui est condamné. L’enfant n’est pas condamné. L’enfant aspire. Tandis que la petitesse de la Croix, c’est la petitesse de celui qui s’est trompé. Il ne lui est pas promis de voir clair, il lui est promis d’aimer plus. La Croix, la petitesse de la Croix, c’est la promesse d’aimer plus et de rechercher la connaissance dans l’amour, parce qu’au-delà de la connaissance, il y a l’amour. La personne, elle est et elle ne peut se construire que dans l’amour. Et la petitesse ne peut être parfaitement elle-même que dans l’amour. On ne cherche plus à grandir, on cherche à aimer plus. Il y a bien là une grande purification. La petitesse de l’enfant : on attend de grandir. La petitesse de la Croix, on ne cherche plus à grandir : on aime, on découvre l’amour, et on accepte par le fait même de continuer la route dans la totale obscurité.

 

 

MD Philippe. Sur la petitesse.