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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

De l’indigence de l’enseignement de la foi

21 Mars 2012, 04:48am

Publié par Father Greg

 

HONTHORST--Gerrit-van5.jpgPourquoi s’étonner de la faiblesse spirituelle des chrétiens, alors que ceux qui devraient être les hérauts d’un enseignement lumineux et plein de sagesse sur le mystère de Dieu révélé dans le Christ, ne sont plus que des étoiles tombées sur la terre (cf. Ap 6,13 ; 12,4) ?

 

Deux exemples récents, rencontrés dans deux diocèses différents, et non des moindres en termes de moyens, en sont malheureusement l’illustration lamentable.

 

Premier exemple : une jeune mère de famille, désireuse de s’engager dans l’enseignement de la catéchèse, passionnée par l’intelligence de la foi et cherchant à se former, se voit proposer un parcours adéquat par les services… compétents de son diocèse. De bonne volonté et confiante, elle fait l’effort de suivre les sessions proposées, ou plutôt imposées – la doctrine du parti, en effet, frappe encore. Ainsi apprend-t-elle, stupéfaite, que nous ne devons pas enseigner aux enfants : « Nous croyons que Dieu créateur existe », car cela les « traumatise » (sic)… Il faut désormais se contenter d’affirmer : « Nous pensons que Dieu existe ». Proposition insultante en elle-même simplement pour la pensée, pour l’intelligence, puisqu’il faut bien entendu comprendre par « nous pensons » : « Nous avons l’opinion que Dieu est ». Ainsi la ci-devant catéchèse devient-elle : « Nous sommes dans une société où certains ont l’opinion que Dieu existe, d’autres ont l’opinion inverse ». Les « croyants » sont ceux qui rentrent dans la première catégorie… Tout est une question de point de vue, le tout est de ne pas se disputer et de trouver un code de bonne conduite pour vivre ensemble, si possible de façon sympathique. Ainsi, tout sera tip top, extra bleu ciel, comme on dit en Suisse. Le remède à ce terrorisme, soft ou hard – tout dépend du point de vue ? Sortir au plus vite de ce parcours de déformation professionnelle et enseigner la foi à ses enfants avec conviction et amour.


Second exemple : une autre mère de famille, dans une grande ville de France, assiste à une réunion de parents, préparatoire à la première communion de sa petite fille, âgée de six ans, qui aura lieu au printemps. Sévit dans cette réunion un prêtre d’environ soixante-dix ans, qui explique, à grand renfort de mouvements d’abatis, qu’il ne faut pas trop insister avec les enfants sur la présence réelle du Christ dans le sacrement de l’Eucharistie ; il faut leur apprendre que « Jésus demeure tout aussi bien dans les pauvres »… Une bonne gifle à la gratuité de l’Eucharistie, qui rappelle furieusement un épisode de l’évangile selon saint Jean, au commencement de la dernière semaine du Christ sur la terre : à l’action de grâces de Marie, la sœur de Lazare (Eucharistie ne signifie-t-il pas « action de grâces » ? Action de grâces du Christ au Père et notre action de grâces pour la gratuité de l’amour révélé et donné dans le Christ), à ce geste fou qu’elle accomplit dans l’urgence de l’amour, Judas réagit violemment et éclate de fureur, en disant : « Pourquoi ne pas s’occuper plutôt des pauvres ? » (cf. Jn 12,1-8).


À cette invective démoniaque qui oppose Jésus et les pauvres, l’unique réponse est celle même, cinglante, de Jésus à Judas : « Laisse-la ! (…) Car les pauvres, vous les avez toujours avec vous ; mais moi, vous ne m’avez pas pour toujours ». L’Eucharistie, avant tout autre chose, est bien le sacrement de l’amour, d’un amour gratuit qui va jusqu’au don personnel que le Christ fait de lui-même tout entier, jusqu’à la fin de l’amour (cf. Jn 13,1). C’est bien parce que Jésus nous a aimés jusqu’à la mort que le sacrement de l’Eucharistie a toute son importance. Il est nécessaire, dans tout son réalisme personnel, de la nécessité de l'amour; et il est gratuit, de la gratuité du don, de la gratuité de l'amour. Et cet amour attend une réponse de foi limpide et un amour total : ce dont justement le cœur d’un enfant est profondément capable. La première communion ? Une fête de la foi et une fête de l’amour de Jésus qui se donne, reçu pour lui-même et aimé pour lui-même.

 

Notre temps : un temps de catacombes spirituelles où les bourreaux sont immanents à l’appareil ecclésiastique ? « Le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre » (Lc 18,8) ?

 

Marie-Dominique Goutierre, 25 Janvier 2012

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