Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Celui qui n'accueille pas le royaume de Dieu à la manière d'un enfant n'y entrera pas

7 Octobre 2012, 01:57am

Publié par Fr Greg.

 

 

"Je dois donc me supporter telle que je suis, avec toutes mes imperfections"

Saint Thérèse de Lisieux, Manuscrit C

 

"Puisqu'il est avec nous dans nos jours de faiblesse n'espérons pas tenir debout sans l'appeler"

Hymne Laudes, vendredi 3e semaine

 

Vassili-Andreevitch-Tropinine--1776-1857--portrait-copie-1.jpg

 

 

Je voudrais dire une chose, une seule chose, je voudrais la clamer, la chanter, la crier, pour qu'elle puisse enfin être ENTENDUE. Nous connaissons cette chose, nous l'enseignons mais nous ne semblons pas la laisser bouleverser nos vies tant nous vivons loin de cette bonne nouvelle. Cette chose est infiniment simple. Elle ne demande aucune érudition pour être comprise, aucun effort pour être atteinte. Elle ramasse toute la foi chrétienne.


Qu'elle est donc cette chose qui fait que nous sommes des saints hommes ?  Ma réponse peut vous étonner : vivre avec perfection nos imperfections. Notre perfection - il faut des yeux de Pâques pour saisir cela - se conjugue à l’imparfait.  Se vit à l'imparfait. Nous sommes parfaitement imparfaits. Au lieu de nous tourmenter par nos imperfections, il faudrait s'en réjouir. C'est François de Sales qui affirmait dans sa vie dévote qu'il adressait aux gens ordinaires : Nos chères imperfections sont un chemin pour accueillir celui qui est parfait. Il ajoute : nous avons perpétuellement besoin du lavement des pieds car nous marchons dans la poussière.   


Maurice Bellet écrit en se référant à l'épitre aux Romains que la foi chrétienne commence quand je n'ai plus à me tourmenter de mon impuissance, que je n'ai plus à m'enrager de mes faiblesses, que je n'ai plus à me tendre dans une raideur désespérée pour me rendre conforme à ce qu'il faudrait que je sois pour que Dieu me regarde. La foi chrétienne, c'est la certitude que Dieu lui-même vient pour me transformer, transformer mes démons en diables de papier et faire de ma faute cette vieille peau morte qui tombe au lever du jour (Maurice Bellet, La rage de la perfection).


Thérèse de l’enfant Jésus, la chercheuse de Dieu, fait de ses faiblesses le coeur de sa petite voie. J'ai le droit sans offenser le bon Dieu de faire des petites sottises jusqu'à ma mort. Voyez les petits enfants, ils ne cessent de casser, de déchirer, de tomber tout en aimant leurs parents (JEV 120)


Le bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables, je puis donc malgré ma petitesse aspirer à la sainteté ; me grandir, c’est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections, mais je veux chercher le moyen d‘aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle. Nous sommes dans un siècle d’inventions, maintenant ce n’est pas la peine de gravir les marches d’un escalier, chez les riches un ascenseur le remplace avantageusement. Moi, je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m’élever jusqu’à Jésus, car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection (Ms C 2v).


Et si cette réflexion de Thérèse de Lisieux ne vous convient pas, retenez celle de saint Bernard : Ô bienheureuses faiblesses que la puissance de Dieu vient combler! Qui m’accordera non seulement d’être faible mais aussi de perdre tout ce qui fait ma force, voire de me perdre, pour être restauré par la puissance du Seigneur tout-puissant. Cette puissance se manifeste pleinement dans ma faiblesse (2 Co 12, 4). Quand je suis faible, c’est donc que je suis fort et puissant (2 Co 12, 10(Sermon sur le Cantique des Cantiques).

http://geraldchaput.homily-service.net

Commenter cet article