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A la Croix, Jésus nous révèle que Dieu est Amour (III)

15 Juillet 2011, 05:32am

Publié par Father Greg

 

 

 

Piet.jpgC’est très étonnant. Humainement parlant, la mort du Christ, c’est la destruction, la destruction de celui qui a donné à son peuple, à ses enfants, le pain et le vin, de celui qui a vécu au milieu d’eux en leur donnant ce qu’il avait de meilleur, de plus profond dans son cœur. La mort du Christ est la destruction de tout cela. Tout cela était-il vrai ? Les passants l’injuriaient : « Descends de la croix et alors nous croirons en toi » (Mt 27,39-44 ; Mc 15, 29-32 ; Lc 23, 35-37). Pour notre sensibilité, pour notre cœur humain, c’est terrible, la Croix, parce que c’est la destruction totale. Celui qui était considéré comme donnant la lumière, donnant la vérité, voilà qu’il est réduit au silence. Pilate a l’air d’avoir raison et Jésus est silencieux en face de lui. C’est dur, et c’est effrayant de voir que Jésus se tait, qu’il reste dans un grand silence, un silence négatif, un silence de mort. La mort est un silence négatif, le silence de celui qui ne vit plus. Or Jésus a connu cette mort, lui, le Vivant, lui qui manifestait sa vie de façon si intense, si extraordinaire à travers ses miracles. Il a manifesté qu’il était le Vivant et qu’aucun obstacle ne l’arrêtait. Il était victorieux de tous les obstacles, même de la mort (Lc 7, 11-17 ; 8, 49-56 ; Jn 11). Et voilà qu’il apparaît comme celui qui est vaincu par la mort, comme celui qui s’efface, et la mort semble triompher. Et c’est vrai, sur la Croix, Jésus se tait. Il connaît comme un abandon de Dieu – « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46 ; Mc 15,34) – pour qu’il puisse toucher l’apparente victoire de la mort. Il est celui qui ne lutte plus et qui laisse la mort l’envahir, le prendre complètement, entièrement.

            « Descends de la croix et nous croirons en toi ». Jésus, qui pouvait descendre de la croix, n’en descend pas ; il laisse la mort réaliser complètement sa victoire à travers la mort sur la Croix. Nous devons voir ce réalisme, ce primat de la négation qui apparaît dans toute sa force à la Croix. Comme Marie, Jean, Marie-Madeleine, devaient avoir soif que Jésus se manifeste : « Manifeste-toi, tu le peux, manifeste-toi ! ». Mais non, et Marie accepte, Jean accepte, Marie-Madeleine accepte. Ils sont terrassés par la Croix, et ils sont hués. Apparemment, c’est vraiment la victoire du rejet, la victoire de la mort. Jésus manifeste sa toute-puissance à travers la négation de la vie, à travers la mort qu’il vit jusqu’au bout, qu’il vit pleinement : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ».

            C’est inouï, de voir que Celui qui est la Vie et qui pour nous est la Résurrection, (Jn 11, 25) qui pour nous est tout, a été comme anéanti aux yeux de tout le peuple. Tout ce qu’il avait fait de positif pendant sa vie apparaît comme rien. Tout est labouré par la mort, et la mort de la Croix (Ga 3, 13 (Deut 21, 23)), cette mort ignominieuse, comme si lui-même avait trompé ceux qui l’écoutaient. Il est allé jusque-là, il ne pouvait pas descendre plus bas, il a vraiment accepté ce primat de la négation qui pour lui était terrible, lui qui est le Vivant, lui qui est la Viemême de Dieu, la vie même du Père. Il faut qu’à la Croix, il apparaisse devant tout le peuple comme le malfaiteur, comme celui qui les a trompés, alors qu’il était venu pour les sauver. Il a vécu cela.

MD Philippe, La Sagesse de la Croix.

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