Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Le Père attend notre cri

30 Juin 2021, 16:33pm

Publié par Grégoire.

Le Père attend notre cri

« Dieu entend le cri de l’enfant dans le désert »

Ismaël est un prémisse, une annonciation de Jésus à la Croix qui crie pour nous. Parce que nous, nous ne savons pas crier. Soit nous ne voulons pas, nous sommes fataliste, on dit « c'est comme ça, il faut faire avec » soit on fait le gros dos.

Ou bien comme dans l’évangile, on ne veut pas trop que Jésus entende les cris de ceux qui sont possédés par un mal, parce que ça détruirait tout nos commerces de salamis et on risquerait de perdre tout nos troupeaux de cochons : c’est à dire tout ce qu’on possède.

Or, le Père répond toujours à ceux qui sont perdus, ceux qui sont des petits, sans forces, qui sont au désert. Qui ne peuvent plus que crier. Ce ne sont pas nos qualités ou nos belles prières qui attirent le Père, mais nos pauvretés, nos petitesses, nos cris de soif, nos souffrances, tout ce qui nous blesse, tout ce qui nous fait pâtir, lorsqu’on est sans défense, sans force, comme Ismaël ou Jésus à la Croix. Car « Dieu entend toujours le cri de l’enfant dans le désert »

Et pourtant Ismaël est un fils illégitime, le fils d’un adultère, d’Abraham et d’Agar. Pourtant le Père entend son cri. Les possédés ne sont pas spécialement en état de grâce non plus, et pourtant ce sont eux qui attendent et attirent Jésus par leurs cris. Et ceux qui étaient normaux aux yeux de tous, ne veulent pas de Jésus : il est de trop pour eux, il les dérange.

Dieu entend le cri de notre coeur, peu lui importe qu'on soit en règle ou non. C’est Lui qui en venant à nous, nous rend prêt et nous met « en règle » avec Lui.

C’est un tel cri qui brûlait le coeur de Marie avant l’annonciation et qui a attiré le coeur du Père. Et le Père a répondu parce qu'il répond toujours à nos cris. Et la réponse du Père, c'est lui-même.

Grégoire +

Voir les commentaires

Demeurez en moi comme moi en vous ...

29 Juin 2021, 16:13pm

Publié par Grégoire.

Demeurez en moi comme moi en vous ...

« Et vous, que dites vous ? Pour vous qui suis je ? »

Le choix de Jésus sur Pierre et Paul, ce n’est pas d’abord pour qu’ils accomplissent une mission, pour avoir quelqu’un pour diriger, ou pour faire quelque chose pour Lui. Ce choix de Jésus sur le premier Pape et l’apôtre qui a certainement le plus formé visiblement l’Eglise, Paul, c’est en premier pour Jésus nous dire qui il est « pour vous qui suis-je ? »

L’Eglise ce n’est pas d’abord une grande institution qui organise les choses de Dieu. L’Eglise c’est en premier le mystère même de Jésus, Dieu fait chair qui continue de vivre, de se donner à voir. C’est Jésus présent en chacun de nous. Il s’est effacé pour nous laisser toute la place, sa place. Nous sommes son corps. Réellement. Il est la vigne et nous les sarments : il y a une unité substantielle entre Lui et nous !

On voit donc quelque chose de Jésus en Pierre, puisque Jésus est notre Père, celui qui nous conduit, Celui qui est source et gardien de notre vie divine, de notre confiance, et de la sainteté de notre vie, c’est à dire celui qui nous rend semblable à Dieu.

Et on voit quelque chose de Jésus dans l’apôtre des nations, théologien. Puisque Jésus est venu nous révéler le Père, Paul nous révèle ce don de la grâce, de la vie divine qui devance toute coopération, qui fait qu’on est source de vie divine les uns pour les autres par notre désirs

C’est cela Pierre et Paul, c’est le visage, la présence de Jésus qui nous est présent autrement. Comme dit Paul : « ce n’est plus moi qui vit, mais le Christ qui vit en moi »

Et cette fête doit nous éclairer sur la signification profonde de notre vie : Jésus nous a choisit, nous a placé là, parce qu’on est quelque chose de sa présence sur terre que personne d’autre ne peut dire. 

C’est comme cela qu’on doit se regarder les uns les autres, non pas en fonction de nos caractères, nos apparences, ou nos misères. Mais selon ce qu’on est pour Jésus. Dans la foi, nous sommes chacun une présence réelle de Jésus. Autrement réelle que la présence sacramentelle, mais non moins réelle.

Et c’est pour cela que la charité, l’amitié divine est urgente. c’est chercher à avoir une amitié personnelle avec son frère, sa soeur, c’est -avec la prière silencieuse- la manière d’entrer dans cette amitié personnelle avec Jésus.

Grégoire +

Voir les commentaires

L'amour est un abîme qui veut tout

28 Juin 2021, 16:14pm

Publié par Grégoire.

L'amour est un abîme qui veut tout

« Le Fils de l’homme n’a pas de lieu où reposer la tête… Suis-moi et laisse les morts enterrer leurs morts »

Pourquoi une telle radicalité ? Ne pas enterrer son père, ne pas avoir de lieu à soi ?! Qu’est-ce que ça signifie ?

Cette radicalité que Jésus attend n’est pas un idéal ou un but à atteindre. Cette radicalité c’est d’abord Jésus qui nous dit son don. Son don est substantiel, radical, total, définitif. C’est un don qui ne peut pas être repris. Il est sans condition.

Et pour être pris, touché, mordu par son don, cela exige un esprit de pauvreté : user de tout comme ne nous appartenant pas, être en ce monde sans être de ce monde, mais déjà de l’autre. Ça c’est bien Jean Baptiste, François d’Assise, Thérèse de l'Enfant-Jésus …

La pauvreté chrétienne c’est l’effet en nous de cet amour qui est Dieu lui-même. Et ce don est fait, maintenant. Et, pour être possédé par Jésus, il faut avoir le désir d’être entièrement possédé, de vouloir le laisser conduire notre vie, choisir de ne plus avoir d’autonomie propre.

C’est ça Jésus pour nous. Il est relatif à nous absolument : notre vie compte plus pour Lui que la sienne. Il se fait Agneau pour nous. Il offre sa vie en prenant notre place, il nous donne son lien avec Marie : ce qui n’est pas communicable humainement, ce qui le lie à Marie comme Mère et femme, c’est nôtre.

C’est en ouvrant les yeux sur le don actuel de Jésus pour nous qu’on peut tout lui donner. Parce qu’il me donne sa dignité, qu’il donne à notre vie une fécondité divine, cet amour -qui est lui-même— appelle un don total. Total mais personnel. Il n’y a rien de plus personnel qu’un don.

Chacun vit cette dépendance volontaire vis à vis de Jésus, personnellement. C’est moi face à Lui. Jésus n’attend pas un don efficace, mais qu’on lui réserve ce qu’on a de plus précieux, de plus personnel, ce à quoi on tiens le plus : notre coeur.

Grégoire +

Voir les commentaires

Qui m’a touché ?

26 Juin 2021, 18:06pm

Publié par Grégoire.

Qui m’a touché ?

« Qui m’a touché ? »

Ces deux histoires, une femme malade et une enfant morte, montre que le mal contre lequel on ne peut rien faire et nos morts, c’est là où Jésus s’unie définitivement à nous.

La femme « avait des pertes de sang depuis douze ans, elle avait souffert du traitement de nombreux médecins, elle avait dépensé tous ses biens sans aucune amélioration, au contraire, son état avait plutôt empiré »

Cette femme malade est considérée comme impure par la loi et -comme les lépreux- est exclue des rassemblements. Et elle va faire ce qui n’est pas permis par la loi.

La petite fille de douze ans en train de mourir, est source de désespoir pour son père et les gens de sa maison « Ta fille vient de mourir. A quoi bon déranger encore le maître ? »

On a ici tout les drames humains : l’impuissance de la science -la médecine-, le désespoir engendré par la mort, l’exclusion par la loi, le regard sur le mal comme un obstacle infranchissable et la dureté des grands prêtres qui imposent des lois religieuses qui ne sont que préceptes humains !

Le coeur de cet évangile c’est l’audace folle de cette femme : elle va toucher Jésus. Toute la foule le touche et pourtant elle seule a un vrai contact avec Lui.

C’est ça la nouvelle alliance : Dieu qui se fait relatif et vient s’unir à chacun de nous dans notre chair, par ce simple touché. Pourquoi ? Parce que aimer réclame le don de tout nous-même, donc de toucher l’autre. La parole ne suffit pas. Parler c'est, normalement, déjà communiquer quelque chose de nous-même. Mais toucher quelqu’un, donner la main, embrasser, c’est se livrer, se donner.

Aimer c’est être relatif à un autre, tel qu’il est. C’est bien la nouvelle loi : « aimez-vous les uns les autres » C’est pour ça que toutes nos rencontres, tout nos gestes humains, nous préparent à toucher Jésus dans l’Eucharistie. 

Jésus est vulnérable à notre toucher « Qui m’a touché ? » C’est le cri de Jésus quand on communie « est-ce que tu me touches vraiment ? Est-ce que tu attends quelque chose ? Est-ce que tu es là pour moi quand tu me reçois ? Est-ce que tu me livres toutes tes peurs, tes désirs, tes attentes ? »

Nos pauvretés, nos misères, là où on ne s’en sort pas, Jésus les permet pour qu’on ait cette audace d’aller le toucher, d’aller le prendre et tout lui mendier.

Souvent nous sommes comme cette foule « la foule t’écrase et tu dis 'qui m’a touché' ? » ça c’est extraordinaire. Tout ces gens n’étaient pas en règle, n’étaient certainement pas allé se confesser. Et Jésus accepte d’être touché par des gens qui ne sont pas prêt. Ça ne le dérange pas. Au contraire. Il est donné en pure perte. Il vient chercher ce qui est perdu, malade, mort. C’est la gratuité de Dieu. Il est donné, même quand on ne fait pas attention à Lui. C’est de fait difficile d’être conscient que l’Eucharistie c’est réellement Jésus pour moi. Seul lui peut nous dire son don !

Dans la communion, Jésus nous crie « qui m’a touché ? ». Il veut nous saisir : « Jésus saisit la main de la petite fille et lui dit : Lève-toi » et, Il nous dit « Lève-toi ! ne crains pas, croit, ait confiance, j’attends ton audace, crois que je viens pour toi  »

Grégoire +

Voir les commentaires

Ravi de joie à la voix de l'Epoux

24 Juin 2021, 11:41am

Publié par Grégoire.

Ravi de joie à la voix de l'Epoux

Cette fête de la naissance de St Jean Baptiste, doit nous mettre dans la joie, comme dit la prière d’ouverture « Accorde a ton Eglise le don de la joie spirituelle » Il y a aujourd’hui une grâce de Joie ! Comment recevoir cette joie en nous ?

La joie de cette fête vient de cette naissance complètement gratuite. Rien n’y disposait : Elisabeth était stérile et trop âgée. Cette joie c’est la joie de Dieu qui nous communique sa fécondité.

Et il vient chercher des personnes qui ne l’attendent plus : Sarah ricane quand on lui annonce qu’elle aura un enfant. Et Zacharie n’y croit plus beaucoup. Notre joie vient qu’on est aimé d’un amour fidèle, Dieu est éternellement fidèle ! Et il nous aime d’un amour complètement gratuit.

La joie de ce soir vient aussi de la sainteté de JB a 6 mois. Quand la V.Marie rend visite à Elisabeth. Marie porte Jésus en elle, et sa salutation remplie Elisabeth et JB d’Esprit Saint. C’est cela la sainteté : la joie de Dieu qui prend l’initiative de venir habiter avec nous, en nous. JB est rempli d’Esprit St dans le sein de sa mère !

Cette gratuité de Dieu, qui nous devance, est source de joie. Il vient chercher les plus petits. Et il se donne là à travers un simple geste de charité : Marie qui va voir sa cousine. Quand on communie, on est possédé par l’Esprit St et cela doit nous remplir de joie, tout Jésus vient en moi !

Jean Baptiste a une mission unique, celui d’être le précurseur, celui qui annonce et révèle l’Agneau. Il est conduit au désert pour que se creuse en lui une attente. Pourquoi cela nous met dans la joie ? Parce que, tout ce que le Père a fait en JB c’est pour nous ! On n’a pas le droit de le regarder de l’extérieur, comme des spectateurs.

Aujourd’hui JB nous dit comme un  Père, un Maitre, un frère, un protecteur « Comme moi, laissez vous conduire. Je vais vous conduire au désert ». Ça doit nous donner beaucoup de joie et accepter d’être petit, caché, en attente de ce que le Père veut nous donner. Accepter d’être au désert, caché dans nos lieux de vie, avec cette certitude que le Père veut se servir de nous pour l’annoncer !

JB est le St patron de la joie, même si au désert il a des paroles rudes ! Pourquoi patron de la joie ? Car la joie de JB c’est d’annoncer à l’épouse, à l’Eglise que nous sommes, que l’Epoux, le Sauveur, l’Agneau est là, au milieu de nous, pour nous : Dieu s’est incarné pour nous ! Son amour va jusque là. JB révèle la présence de Celui qui vient nous chercher, parce qu’il nous aime.

Et pour avoir cette joie au coeur, il faut demander à JB d’aimer la gratuité, la petitesse et la pauvreté. Seul les pauvres, les petits qui acceptent d’être cachés sont joyeux car ils ne s’appuient pas sur eux-même.

Ça c’est JB : il  est la voix qui nous crie à nous, dans notre désert : « mendiez à Dieu de tout vous donner, soyez vrai et simple avec Lui et sa gratuité va surabonder pour vous, Dieu veut vous donner au-delà de ce que vous pouvez acquérir et imaginez, et soyez absolument certain de sa fidélité de Père pour vous. »

Grégoire +

Voir les commentaires

Passons sur l’autre rive

19 Juin 2021, 19:23pm

Publié par Grégoire.

Passons sur l’autre rive

« Passons sur l’autre rive. »

Notre vie chrétienne c’est d’abord une initiative de Jésus. C’est Jésus qui nous est présent actuellement et qui veut nous faire passer sur l’autre rive. C’est son oeuvre ! Ce n’est pas d’abord notre responsabilité, nos efforts. Il s’agit de Dieu qui vient nous chercher ! Pour nous faire entrer dans la vraie vie, la sienne.

Entendre cette parole, c’est accepter son initiative. Jésus vient me conduire au Père. L’autre rive, c’est le Père. Et Jésus désire le Père pour nous et vient nous y conduire.

Un jour, nous vivrons pleinement cette vie. Le jour de notre mort nous entrerons pleinement dans cette vie qui est Dieu. En attendant, nous la vivons déjà par Lui. La foi c’est, sur terre, vivre déjà de l’autre rive.

Cette initiative de Dieu, c’est comme la traversée d’une mer. Qui a déjà pris le bateau ? Parce que sur une barque on voyage léger, on n’emporte pas grand chose. Impossible d’emporter une maison, quinze valises, ses lingots…

C’est bien le dépouillement, la pauvreté de tout nos projets qui permet à Jésus de nous faire traverser. Si nous sommes trop chargés, nous coulons.

Alors Jésus nous dit chaque jour « Veux-tu déjà vivre de l’autre coté ? Lâche tout et passons sur l’autre rive »

 

« Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? »

Cette traversée, c’est notre vie terrestre. Et c’est expérimenter que non seulement nous ne maitrisons pas grand chose, mais que nous sommes lézardés, secoués, fragilisés : ça tangue de partout. Notre vie ne tient pas à grand chose. Et, devant nos luttes, Jésus semble dormir.

Notre vie sur terre, c’est laisser Jésus nous dépouiller de toutes nos assurances, nos sécurités, pour retrouver cette confiance, cet abandon, cette naïveté des touts-petits ! L’enfant c’est celui qui attend tout de son père. Tout ! Celui qui compte sur lui-même, qui a ses idées sur ce qu’il doit être, qui pense pouvoir se convertir, va s’accrocher au bateau, au temps qu’il fait, accumuler les bouées, redouter les tempêtes, chercher des moyens pour s’en sortir…

« Nous sommes perdus, cela ne te fais rien ? » c’est la phrase de ceux qui veulent que Dieu soit à leur service. Que Dieu soit une aide, un secours, une assurance tout risques ! Mais Jésus n’est pas utilisable. Il n’est pas au service de notre vie humaine ! Il est La Vie. Et Jésus permet qu’on soit perdu. Il veut qu’on expérimente notre rien, notre néant. C’est la vérité de ce qu’on est. Plus on connait son néant, plus on connait la gratuité inouïe du Père pour nous, la bonté de Jésus, plus l’abandon envers lui grandit.

 

« Silence, tais-toi ! »

C’est la prière a dire dans toute nos luttes ou tentations de désespoirs; Toutes nos tentations sont du désespoirs. On est désespéré quand on pensait savoir comment s’en sortir, quand on s’est fait mesure de notre vie. Le désespoir est un orgueil blessé, replié sur lui-même. A cela, il faut dire avec Jésus « Silence, tais-toi ! » Il n’y a pas de discussion avec ce qui en nous est triste, de mauvaise humeur ou désespéré.

Et ce silence que Jésus veut installer, c’est le fruit de présence aimante. Le silence est toujours un signe de l’amour. L’amour creuse en nous un silence, où l’autre devient tout pour nous.

 

« Qui est-il donc, celui-ci ? »

Cela c’est la vraie question, c’est le passage sur l’autre rive : sortir d’un regard auto-centré, ou on est inquiet de soi, et on ne demande que « suis je reconnu ? Suis je quelqu’un ? » On s’en fout ! On n’est pas ce qu’on fait !

La question véritable est : « qui est donc celui qui est ma source ? Pourquoi aie-je le sentiment qu’il dort ? que fait-il ? Quel abandon réclame-t-il ? »

Jésus attend qu’on cherche à le connaitre pour lui-même. La plus part des orphelins un jour recherche leur parents biologiques.

Et nous, lorsqu’on décide de chercher qui il est, de le connaitre pour lui-même « mais qui est-il donc, celui-ci ? Qui est ce Dieu ? » Alors on découvre Celui qui a tout dans sa main, Celui qui de toutes éternités m’attend, me porte, me conduit, Celui pour qui on est unique, le seul qui puisse combler nos désirs de connaitre, d’aimer, de créer.

Alors on est sur l’autre rive. La vraie. Jésus est l’autre rive.

« Passons sur l’autre rive : oublie toi, laisse moi te prendre en moi, vivre en moi »

 

Grégoire +

Voir les commentaires

Père de nous

17 Juin 2021, 17:54pm

Publié par Grégoire.

Père de nous

« Quand vous priez, ne rabâchez pas comme les païens qui par un excès de paroles pensent être exaucés. Vous, priez ainsi : Père de nous »

Jésus ne nous enseigne pas à prier ! Il ne vient rien nous "apprendre". Jésus nous met face à quelqu'un, nous le révèle comme Père et surtout nous donne immédiatement d'entrer dans ce que Lui vit éternellement. Jésus nous prend en Lui dans son don actuel au Père !

C’est là où il nous faut un regard contemplatif : un regard qui dépasse les apparences et les résultats, ne plus nous inquiéter de notre manière de prier, de ne pas passer notre temps à chercher à "bien" prier.

Un regard contemplatif c'est être certain que Jésus donne à nos balbutiements, à nos désirs, la signification, la taille, la largeur, la hauteur, la profondeur de ce qu'il vit avec le Père.

Même si notre vécu est pauvre, plein d’imaginaire, de distractions, de paresses, de découragements, je dois être absolument certain que Jésus me prends dans sa relation au Père ! J’aime le Père avec la taille, l’intimité, l’amour même de Jésus. Cela m’est donné. C'est ce que je vis réellement dès que j'accepte de me laisser conduire par Lui. Mais cela c'est dans l'obscurité la foi. Au-delà de ce dont j’ai conscience.

Dans la foi, il n’y a aucune distance avec le Père. Et Jésus me met donne de vivre, de compléter, de continuer sur terre, ce qu’il vit éternellement.

La réponse à nos problèmes, c’est Dieu qui nous révèle sa fécondité : Dieu est Père ! Et il nous le révèle en nous mettant dedans même sa fécondité, on est Fils dans Le Fils, enfants du Père comme Jésus ! Il nous ouvre son intimité en nous y introduisant. C’est cela la première différence avec la justice originelle : une complète nouvelle intimité, une toute nouvelle proximité avec Dieu, connu comme Père !

C’est pour cela que Notre Père est un secret, une connaissance amoureuse, un secret du coeur. Ce n'est surtout pas une formule que l’on récite; Dire Père c’est immédiatement toucher, recevoir Le Père. Comme Jésus vit de Lui !

Regarder le Père, lui dire qu’on est là pour Lui, désirer vivre de sa paternité, non pas dans un excès de paroles où on se raconterait, mais précisément dans une économie de parole : l’amour est un secret qui n’aime pas de se dire, mais qui se vit. C’est toucher le coeur de l’autre, être marqué par la vulnérabilité de l’autre à notre présence, être rendu liquide parce qu’Il est là pour moi. 

Cela seul peut nous permettre de pardonner. C’est à dire d'aimer au-delà de toutes injustices. Dans une gratuité absolue !

Dire « Père de nous » comme dit le texte grec, c’est se rendre présent à Celui qui est toujours notre Source, à Celui qui nous attend et pour qui je suis unique. Cela nous conduit au silence, puisque seul le silence dit pleinement l’amour : quand on aime pleinement quelqu’un on ne veut pas faire obstacle à sa présence, on veut être pleinement réceptif à ce qu’il est !

C’est pour cela que le Père se tait devant nous : il est comme tellement relatif à nous, penché sur nous, sur notre fragilité, notre petitesse.

C’est cela le Père de nous : Il n'est qu'attraction silencieuse d’amour, attente que l'on trouve en Lui notre repos.

Grégoire +

Voir les commentaires

Le Père, bonté silencieuse

16 Juin 2021, 16:38pm

Publié par Grégoire.

Le Père, bonté silencieuse

Notre vie divine, c’est l’oeuvre du Père ! Ce ne sont pas d’abord nos efforts qui sont le plus important, mais ce que le Père fait pour nous.

On manifeste notre désir de le recevoir, en nous allégeant, en nous dépouillant : de nos avoirs par l’aumône, de notre temps par la prière et de notre autosatisfaction par le jeûne.

Mais la finalité c’est l’amour : aimer le prochain par l’aumône, aimer le Père dans le secret de notre prière, et s’aimer soi-même comme le Père nous aime, libre de tout esclavages ! 

Ces offrandes, ce n’est pas d’abord pour reconnaitre nos fautes. C’est d’abord pour que son don s’inscrive dans notre vie et s’en empare. 

A chaque fois que Dieu se donne d’une manière nouvelle, il n’attend pas de nous de grandes idées, mais que se creuse en nous une attente, en nous dépouillant. Toutes les offrandes que le Père nous demande, c’est pour Le recevoir davantage

C’est pour que l’amour jaloux du Père s’inscrive en nous ! Le Père nous aime jalousement. Et il veut que l’on ait pour notre prochain, pour Lui et pour nous, ce même amour jaloux, un amour qui ne supporte pas qu’on se diminue, qu’on se rabaisse.

La prière, le jeûne, et l’aumône, c’est pour découvrir notre noblesse divine, ne pas passer à coté : le Père a fait de moi son enfant ! Nous sommes enfants du Père, frères et soeurs de Jésus ! Jamais un ange ne connaitra cela !

Nous sommes aimés d’un amour incroyable, unique, mais que seul les pauvres et ceux qui ont soif d’être aimés peuvent recevoir ! Pauvre : parce que ce n’est pas d’abord notre oeuvre ! On est gardien d’un secret qu’on doit découvrir toujours plus !

Et c’est ce que dit Jésus : ton aumône, ta prière, ton jeûne, c’est pour être mobilisé et dévoiler Celui qui t’est toujours présent : ton Père qui est là dans le secret

Connaitre le Père, à travers l’aumône pour son prochain, dans le temps brulé gratuitement dans la prière, sans pouvoir récupérer ce temps, ou à travers des petites offrandes, pour montrer au Père qu’on l’aime.

Et la réponse du Père, c’est de nous faire entrer dans son repos. Trouver son repos auprès de Lui : je me repose quand je connais que je suis aimé ! Il est là, il m’attend pour cela. Pour que se noue entre Lui et moi ce secret personnel.

Jésus veut nous apprendre à dire : « Abba, Papa, Père » et vivre de cette présence secrète de Celui qui est ma source, qui ne me quitte jamais, qui porte toute notre vie, qui jamais ne nous accuse. 

Grégoire +

Voir les commentaires

Son désir, c’est Lui

15 Juin 2021, 16:14pm

Publié par Grégoire.

Son désir, c’est Lui

« Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Et bien, moi je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent ».

La « loi du talion, oeil pour oeil.. » est très mal comprise de nos sensibilités modernes. Comment la loi de Moïse a-t-elle pu imposer une telle législation ? Cette loi était un immense progrès face à l’instinct de vengeance si naturel à l'homme.

Le mouvement naturel de celui qui a été agressé, c'est de rendre davantage : « Caïn a été vengé sept fois, Lamek sera vengé soixante-dix fois sept fois » Genèse 4, 24. Jésus renverse ce chant de Lamek dans sa réponse à Pierre qui lui demande combien de fois il faut pardonner à son frère : « non pas sept fois, mais soixante-dix fois sept fois ».

La loi voulait donc limiter la violence, en stipulant qu'on ne devait faire subir à l'agresseur que le traitement strict qu'il avait lui-même fait subir à sa victime.

Or, Jésus nous ordonne d’aimer nos ennemis ! Comment ? En le laissant vivre en nous, ce qu’il a déjà réalisé ! A la croix, Jésus s’est servi des trahisons pour se donner encore plus personnellement à ses ennemis!

« Aimez vos ennemis » n’est donc pas un souhait, ou un appel à une très grande générosité, mais à se laisser posséder par ce que lui nous fait vivre. C’est à dire, croire que Jésus nous fait effectivement aimer comme lui aime, même si notre sensibilité ou notre psychologie de pécheurs manifeste autre chose.

Le désir de Jésus sur nous est immédiatement effectif dès que nous l’entendons nous dire « et bien moi, je vous dit ». C’est donc Jésus qui nous rend « parfait comme le Père est parfait ».

« Soyez parfaits » oui, mais comment ? Par nous-même ou bien par Lui ? Avec nos moyens ou selon son chemin ? Parce que Jésus ne nous commande jamais rien qu’il ne veuille pas réaliser lui-même, avec nous ! Il veut pour nous l’amour, la perfection d’amour qui existe en Dieu : c’est son désir.

Et c’est un désir efficace, parce que c’est un désir divin : son désir c’est Lui ! Et Jésus veut que nous soyons certains de l’efficacité de son désir en nous malgré les apparences. Car dans la foi son désir est vraiment réalisé ! La foi, qui touche, en nous, ce qui est le plus nous-même, fait que l’on est parfait divinement. Son désir est réalisé divinement : il n'y a rien de plus réel et rien de plus caché; cette perfection n’est pas visible extérieurement.

La foi nous donne de vivre réellement, de réaliser intérieurement les désirs de Jésus, même si extérieurement notre nature humaine, notre sensibilité manifeste autre chose.

L’exemple concret de cela, c’est Jésus qui a la croix, donne  effectivement son amour au moment où il est blessé par le soldat qui lui transperce le coeur. Ce geste inhumain sur le cadavre, permet à Jésus, au-delà des apparences -du sang qui coule- de donner son Esprit, son Amour, donc Lui. Ce soldat est alors instrument de son don, sans le savoir.

De même sans le savoir, nous donnons le Père, nous donnons Jésus, dès que nous sommes fermement accrochés à son désir efficace sur nous.

Rien ne peux s’opposer à son désir sur nous, sinon notre manque de confiance.

Grégoire +

 

Voir les commentaires

Eh bien ! Moi, je vous dis ..

14 Juin 2021, 16:44pm

Publié par Grégoire.

Eh bien ! Moi, je vous dis ..

« Eh bien ! Moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant, mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre »

Comment Jésus peut-il nous demander de ne pas nous défendre ? Comment supporter l’injustice et même, la victoire apparente des méchants ?

C’est tout l’évangile : Jésus vient nous mettre face au don du Père. Le Père nous est donné. Il est nôtre. Dieu est à nous. Entièrement. Indépendamment de notre réponse. Nous sommes donc libres de toutes les injustices. Comme dit St Paul : « même démunis de tout, nous possédons tout »

C’est Jésus qui vient lui-même accomplir toute l’ancienne alliance, la porter à son achèvement. La nouvelle alliance, c’est une alliance personnelle du Père avec chacun d’entre nous. À chacun le Fils est tellement donné que nous sommes fait Fils, enfants du Père, au-delà de notre réponse ! Et, notre réponse, c’est de vivre debout, avec cette dignité de Fils du Père, d'amis de Jésus. Nous sommes ceux pour qui Jésus a tout acquis, tout donné.

Nous devons lutter pour être absolument certain de la dignité que nous avons reçu. Nous sommes Fils de Jésus. Son héritage est à nous. Et ce don, qui est Jésus lui-même, nous est donné. C’est à nous. Il fait corps avec nous. On est un seul corps avec lui. Et ça c’est indépendamment de notre compréhension ou de la pureté de notre vie.

C’est un pur don gratuit, d’en haut. Et Jésus nous demande de vivre de son don, de sa dignité, de son héritage, en Fils bien-aimée du Père avec nos pauvretés, avec nos misères humaines. Rester face à son don. C’est cela entendre « moi, je vous dis ».

« moi, je vous dis » c’est Jésus qui nous dit son don. Jésus ne nous parle pas pour nous donner des infos, ou des choses à faire. Chacune de ses paroles réalise son don pour nous. Chacune de ses paroles nous prend en Lui. C’est pour ça que c’est Jésus seul qui nous permet de dépasser toutes injustices. La foi, c’est l’entendre actuellement. Personnellement. « Moi je te dis, je suis à toi et tu es à moi »

Grégoire +

Voir les commentaires

Que tu dormes ou que tu te lèves, la semence grandit, tu ne sais comment..

12 Juin 2021, 18:53pm

Publié par Grégoire.

Que tu dormes ou que tu te lèves, la semence grandit, tu ne sais comment..

Cette semence jetée en terre qui pousse toute seule, nuit et jour, c’est la vie même de Dieu.

La vie divine est en nous. C’est Jésus lui-même qui est là, donnée à chacun, gratuitement ! La grâce -cette vie gratuitement donnée « est comme une semence jetée en terre » Elle est donc cachée, enfouie. Elle ne change pas la couleur ou l’apparence de la terre. Nous, nous ne voyons que la terre. Notre vie humaine c’est la terre, qui peut être de la boue ou un beau jardin. Mais, ce qui est éternel en nous, caché sous la terre, c’est cette semence.

Cette grâce est encore « comme une graine de moutarde » elle est en nous comme apparemment ce qu’il y a de plus petit, de plus fragile. Pourtant, cette petite graine est le grain de blé jeté en terre qui, même s’il meurt apparement, porte du fruit.

Cette vie en nous, c’est Jésus lui-même, qui veut tout vivre avec nous, et donner une taille, une dimension divine à tout ce que l’on vit. Même à nos nuits et tout ces moments où on ne fait rien. 

Le règne de Dieu c’est quelqu’un ! C’est Jésus, Dieu lui-même qui vient tout vivre avec moi ! Le Règne de Dieu, c'est entrer dans cette amitié avec Jésus et croire qu’il me fait enfant bien aimé du Père avec Lui ! C’est choisir d’être possédé par Jésus qui vient nous tourner vers le Père et les hommes pour les aimer comme il les aime ! Pas moins ! 

Pour ça il faut croire, c’est à dire écouter, entendre chaque jour Jésus me dire ce qu’il fait de moi. « dis une seule parole... »

Il faut espérer, c’est à dire s’appuyer sur le désir efficace de Jésus qui me transforme en enfant bien aimé. C’est son oeuvre en moi. Il n’y a que Lui qui puisse réaliser sa volonté sur moi.

Et enfin, il faut aimer, c’est à dire : le recevoir chaque jour un peu plus. Croire c’est l’écouter, espérer c’est s’appuyer sur ce qu'il fait en moi, et aimer c’est Le recevoir

Le Règne de Dieu en nous, c’est laisser Jésus nous enfanter à la vie d’enfant de Dieu. C’est tout les jours une naissance nouvelle. Non pas des efforts humains, mais entrer maintenant dans l’initiative actuelle de Jésus, qui vient nous posséder, pour que tous nos actes, même les plus simples et les plus banals, aient une dimension éternelle, une fécondité divine. Le règne de Dieu, c’est le laisser nous mettre à sa taille, « en lui » !

Et pour cela il faut ECOUTER, « Ecoute Israël, écoute toi qu’il aime, écoute toi son élu » écoute, c.a.d : « reçois Celui qui veut te prendre en lui, demeure dans ce contact immédiat et personnel avec Lui qui est là pour toi; soit possédé seulement par le regard qu’il a sur toi, Lui qui te donne tout en se donnant à toi, et  qui, en te parlant, te transforme; de même que les paroles sacramentelles réalise une présence efficace de Jésus, Lui nous parlant nous transforme réellement » Ecouter, c’est mendier à Jésus qu'il vienne nous dire toutes ses paroles de manière la plus personnelle, qu’il vienne me les dire.

Espérer, c’est revenir à ce que Jésus fait de manière caché : il ne cesse de vouloir m'introduire dans quelque chose de tout autre : au delà de notre conscience, il nous met vers le Père

Notre lutte, c’est que nous, nous voulons des résultats visibles, tangibles. On préfère s’accrocher à ce qu’on fait, à ce qu'on peut gérer, là où on est à l’aise, rester dans ce qu'on connait. Or Jésus vient nous faire entrer dans quelque chose qui nous dépasse et qui nous laisse toujours pauvres ! 

Nous, on veut du « concret, du visible, des résultats. On ne veut pas de quelqu’un qui nous appauvrit, qui nous rend  mendiant et qui nous demande de nous appuyer sur lui, de lui faire une totale confiance ! C’est difficile cet amour qui est de trop, qui nous devance sans beaucoup d’explications et qui prend la place de celui qui est le dernier aux yeux des hommes

Le silence et l’inefficacité apparente de Jésus sont toujours difficile pour nous ! Cela nous éprouve : La grâce, sa vie est le plus grand don possible dans une totale obscurité.

Son don est certain, mais on n’en voit rien. Il est certain quand on lui demande de nous le redire. C’est pour ça la communion, pour demander à Jésus de venir nous redire qu’il fait corps avec nous, et nous laisser conduire à vivre en enfant du Père.

Jésus vient creuser en nous une attente, une capacité de Le recevoir. C’est ça son oeuvre. Il nous conduit à la petitesse, à l’abandon, à une confiance totale en Lui. À ne plus être maitre de notre vie, à nous laisser aimer. Il est là, en nous, il est cette semence caché en nous, cette toute petite graine, qui nous porte de l’intérieur. Reposons nous sur Lui, sur sa présence. Même si on l’a oublié. Lui nous attend toujours. Il nous attend avec joie.

Grégoire +

 

Voir les commentaires

Marie, silence du Père

6 Juin 2021, 04:36am

Publié par Grégoire.

Marie, silence du Père

"J’ai rêvé d’élever une église au Silence, comme Sainte-Sophie est dédiée à la Sagesse: Hagia sige, qui ne sera sans doute jamais qu’un rêve. ...

Il n’y a que le silence qui révèle les abîmes de la vie. C’est pourquoi les ouvriers de la pensée en ont encore plus besoin que les hommes d’action. Educateurs des esprits, ce sont eux normalement qui indiquent le chemin des sources.

S’ils n’écoutent pas, s’ils ne deviennent transparents à la lumière, s’ils ne se détournent d’eux-mêmes, ils ne pourront faire « ce saut au-dessus de leur ombre qui les ferait tomber dans leur soleil »

Et la vérité prendra leur visage tandis qu’ils feront bénéficier du prestige de la science les interprétations que leur option fondamentale, leur attitude générale devant la vie, superpose à leurs découvertes."

Maurice Zundel

Voir les commentaires

La Musique, chant du silence

4 Juin 2021, 14:20pm

Publié par Grégoire.

La Musique, chant du silence

"La plus haute fonction de la musique ou plutôt son essence même, est de faire de tout notre être une vivante musique où Dieu Lui-même puisse se chanter.

Si vous entendez une pièce musicale, vous pouvez distinguer ses intervalles, reconnaître et analyser toutes les parties de la construction… Mais ce n’est pas encore la musique. Autrement, il suffirait d’appliquer strictement des règles pour être un artiste. Ce n’est pas le cas comme vous le savez. Un homme peut être un virtuose étourdissant, déchiffrer à vue n’importe quel morceau et nous laisser froids, comme si nous étions en présence d’un mécanisme parfait. Il n’y a personne…

La Musique c’est autre chose. L’artiste est celui qui nous transmet la présence, qui nous délivre de nous-même en nous introduisant dans notre intimité comme dans un dialogue de lumière et d’amour où nous ne sommes plus qu’une réponse totale à la Générosité qui nous appelle et nous accueille. Cela veut dire que l’artiste est celui qui écoute et dont la musique exprime justement ce dialogue qu’il devient. Alors, il y a dans son jeu ou dans son chant plus que lui-même qui nous fait découvrir en nous plus que nous-même.

La Musique, en d’autres termes, naît du silence et elle conduit au silence : du silence-de-soi dans l’artiste au silence-de-soi en nous-même. La musique est le chant du silence. Les sons et toute l’architecture mélodique ne sont que les porteurs de ce silence créateur que l’artiste écoute pour que nous l’écoutions à notre tour. La Musique est le sacrement du Silence (le signe qui nous le rend sensible et le communique). Si le musicien s’écoute lui-même au lieu d’écouter la voix du Silence, alors il n’y a plus de musique. Il n’y a plus que lui-même, c’est-à-dire : zéro. La troisième dimension de la Musique est donc la Présence qui se révèle dans un silence qu’il faut devenir : Dieu Lui-même dans l’espace de générosité qui s’ouvre en nous dès que nous nous perdons en Lui. Cela revient toujours à dire que la Musique est médiatrice entre le silence que l’artiste écoute et le silence qu’il éveille en nous, itinéraire du silence au Silence."

Maurice Zundel

Voir les commentaires