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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Cet amour qui nous sauve, c’est quelqu’un

17 Avril 2021, 21:00pm

Publié par Grégoire.

Cet amour qui nous sauve, c’est quelqu’un

« Paix à vous » Luc, 24, 36

Les apparitions sont là pour nous ouvrir à cette nouvelle présence de Jésus Ressuscité, de Jésus qui est La Résurrection. Mais c’est quoi cette nouvelle présence ? qu’est-ce que croire en Jésus La Résurrection ?

D’abord, seul Jésus peut nous faire entrer dans sa nouvelle présence. Pour nous, comme pour les apôtres, c’est impossible. Pourquoi ? Parce que, pour nous, ce qui éclaire et dirige notre expérience présente c’est le passé, nos souvenirs, ce qu’on a vécu ! Et donc on a peur, on est triste, parce que le passé a souvent été difficile, la vie nous a laissé des souvenirs rudes, lourds à porter.

Or, Jésus n’est pas la continuation du passé. Jésus qui est La Résurrection, c’est complètement autre chose et c’est nouveau chaque jour. Et pour ça, il vient nous faire sortir de la mémoire du passé, de nos souvenirs et du poids que ça a mis dans notre coeur.

Jésus La Résurrection, c’est une présence personnelle, un secret pour chacun. L’Eglise est un milieu qui permet d’y entrer, mais c’est à chacun de recevoir Jésus. C’est plus intime que le don de Jésus à Noël, qui déjà est très personnel : Jésus pour Marie. Plus personnel que la vie apostolique, où Jésus établit des liens unique d’amitié avec chacun de ses apôtres, avec Nicodème, la samaritaine, Zachée, le bon larron… 

Notre monde est complètement étranger à ça : on passe son temps à vivre de nos souvenirs, à se rassurer avec des assurances et protections en tout genre. Aujourd’hui tout est fait pour qu’il n‘y ait plus aucun secret : tout doit être montré, dit, affiché, diffusé (cf. Instagram, Facebook, internet, les médias) c’est comme si tout était fait pour qu’on ne puisse pas recevoir Celui qui veut être la vie de ma vie, mon secret personnel.

Jésus La Résurrection c’est Jésus qui porte toute ma personne. C’est un amour tel qu'il réclame de brûler tout le passé, qui ne peut-être vécu que dans l’instant présent. 

C’est cela notre grande lutte : cultiver un secret, entrer dans un lien qui nous cache, vivre d’une présence dont ne peut rien posséder. Parce que c’est ça le salut : je suis justifié, porté, aimé par Celui qui est Dieu et qui ne peut être reçu que comme un secret personnel d’amour. Le reste c’est du vent !

Seul les pauvres de cœur et ceux qui sont assoiffés d’amour, en attente d’une présence absolu, secrète, personnelle peuvent s’y laisser introduire.

Jésus « ouvre notre intelligence à la compréhension des écritures » car être La Résurrection, ce n’est pas être un évènement qui succède aux autres évènements, La Résurrection, c’est Dieu qui introduit chacun de nous, avec notre humanité, nos soucis, nos pauvretés, dans ce qu’il a de plus intime, de plus personnel. C’est son œuvre il vient se lier à chacun personnellement, de manière telle qu’il ne peut y avoir de plus grande unité.

Le Salut, c’est Jésus pour moi et qui en aimant m’unit à Lui. C’est donc le dépassement de la loi dans un lien personnel, je suis aimé définitivement, inconditionnellement, et cet amour, qui est Jésus lui-même, fais que je suis un avec Lui. Parce que l’amour réalise l’unité de ceux qui s’aiment, et quand cet amour c’est quelqu’un, alors je suis dans Celui est cet amour.

Et cela c’est bien plus exigeant que la loi ! L’amour réclame de regarder la personne de l’autre, Lui, dans son don pour moi, sans nous inquiéter de nos pauvretés -s’inquiéter de ses fautes, c’est de l’orgueil, et cela manifeste qu’on a pas assez mendié qu’il vienne nous dire son amour. 

Être aimé de Lui, réclame de nous engager personnellement, de prendre des initiatives pour le recevoir, devenir vulnérable à Lui, sensible à son don, réceptif à ses initiatives. Mais c’est moi, seul face à Lui, sans personne pour me surveiller ou me dire ce que j’ai à faire ou à vivre. C’est personnel !

Les ténèbres, c’est éviter ce don qui nécessairement nous met à nu et nous éprouve. Les grandes ténèbres de l’humanité, c’est de rester à ce qu’on fait, à notre passé, a ce qu’on a vécu, ou à la Loi.

On s’occupe, on se distrait, parce que vivre d’un don pur c’est tellement difficile. Parce que même avec Jésus, cela nous engage dans notre personne, dans notre sensibilité, nos passions… et là, c’est carrément le foutoir, puisque notre capacité d’aimer est en vrac depuis le péché originel. Du coup, on évite d’aimer et on bosse, on se réfugie dans notre efficacité, nos raisonnements et on reste alors enfermé en soi. C’est pour ça que la générosité et la prudence sont des caricatures de l’amour. La générosité c’est faire quelque chose pour un autre. Cela nous évite d’avoir à nous donner personnellement. Or, avoir peur d’aimer, c’est avoir peur de Dieu. Refuser d’aimer, c’est refuser Dieu puisque Dieu est amour !

Qu’est-ce qui nous dispose à vivre de Jésus avec moi, pour moi, en moi ? C’est son commandement : « aimez-vous les uns les autres ! Nul n’a plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis »

Aimer son frère, sa soeur, c’est aimer celui que Jésus aime, et donc déjà recevoir Jésus. Comme Lui, se faire enfant de Marie, ami des pauvres, époux des pécheurs, nourriture des affamés, serviteurs de ses amis, offrande en pure perte, comme Lui est pour nous jusqu’au bout, définitivement, sans conditions, comme il est vers le Père, un avec Lui et vulnérable à tout ce qu’est le Père.

La lumière qui est venue en ce monde, c’est Jésus, qui est venu nous sauver de nous-même. Pourquoi ? Parce qu’on n’aime pas d’aimer. On ne veut pas être mis à nu. Il n’y a pas beaucoup de place pour l’amour en ce monde : on préfère la Loi, la télévision. Où est l’amour ? Les rencontres personnelles ? Est-on prêt à tout perdre -sa santé, remettre en cause sa vie pour son prochain ? Qu’est-ce qui est premier : les lois, notre prudence ou aimer ? Qu’est ce qui va demeurer éternellement ? Qu’est-ce qui nous rend heureux ? Aimer ou rester enfermé chez soi devant sa télévision ou son portable ?

Aimer nous appauvrit, nous rend vulnérable, sans défense, et réclame de ne plus nous regarder, offert gratuitement. Et cela seul nous fait être posséder par Jésus La Résurrection, Jésus qui est amour et qui est là, pour nous.

Grégoire +

 

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Afin que rien ne soit perdu ...

16 Avril 2021, 16:15pm

Publié par Grégoire.

Afin que rien ne soit perdu ...

« Rassemblez les morceaux restants afin que rien ne soit perdu » Jean 6, 12

Ce signe de la multiplication des pains, pique-nique champêtre au bord du lac, nous dit le don de Jésus pour nous : un don complètement gratuit, excessif, surabondant : il reste douze corbeilles de trop. Curieusement Jean ne dit pas combien de bouteilles il restait à Cana… 

C’est cela à quoi serve les miracles, et c’est pourquoi Jean appelle cela des signes : ils désignent quelque chose de réel mais caché. Et c’est bien le problème : Jésus est venu se donner divinement, pas nous sauver humainement. Or, les gens nourris, content d’avoir des petits pains frais, et du poisson à volonté, veulent faire de Jésus leur roi. 

« Jésus se retira dans la montagne, lui, seul. » Seul. Cela manifeste que les disciples se ont été contaminés par ce désir d’un messianisme temporel. Ils attendent encore un messie humain, temporel. 

C’est encore la question des disciples au moment de l’ascension : « quand vas-tu restaurer la royauté en Israël ? » Ils voudraient tellement que Jésus règle enfin tout les problèmes de cette terre. Et on peut passer sa vie à attendre de Jésus un salut humain, des résultats temporels, visibles, un salut politique, une sainteté qui soit à notre taille... 

Or Jésus est mort et Ressuscité, non pour nous convaincre de quelque chose ou nous sauver humainement, mais pour nous mettre avec Lui face au Père. Pour nous faire vivre du Père. Et on y est. C’est ce qu’est notre vie. Bien que ce ne soit pas visible. Et, ne pas croire, c’est en rester aux apparences visibles, juger des choses matériellement, selon les résultats. C’est cela les ténèbres du monde. Juger selon les apparences. Et sur ceux-là, « la colère de Dieu demeure » comme dit Jean Baptiste. Colère, pour dire que rien ne blesse plus le cœur du Père que ceux qui ont reçu la révélation, ne goûte pas son amour, et en restent à mesurer les choses selon leur prudence et la matérialité des faits.

Nous sommes ensemble face au Père, et Jésus exige de nous cette charité fraternelle qui dépasse tout amour humain normal. C’est cela le signe du pain : aimer jusqu’à se donner à l’autre pour être mangé par Lui. 

C’est seulement ainsi qu’on peut-être face au Père avec Jésus, parce que c’est comme cela qu’est le Père pour nous, et c’est comme cela qu’on doit désirer être les uns pour les autres. Désirer, car jamais sur terre l’amour que l’on désire vivre sera pleinement vécu dans notre corps comme il devrait l’être. Sauf si Jésus nous fait la grâce d’offrir notre vie comme martyr, comme Lui à la croix, comme Jeanne d’arc, ou comme le Vierge Marie, offerte au Père en pure perte et qui part cachée, sans gloire, sans aucun regard extérieur.

On devient le pain du Père et le pain de nos frères, quand on donne nos réserves, ce qu’on a mis de coté, quand on fait « s’asseoir nos frères », serviteur de ceux qui suivent, et surtout quand on cherche jusqu’au bout à écouter Jésus, à le laisser faire, le laisser nous donner aux autres, et enfin « ramasser ce qui reste » : c’est à dire, ne rien perdre de son don et demeurer dans l’action de grâce.

Grégoire +

 

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Le Père nous aime tellement

14 Avril 2021, 16:20pm

Publié par Grégoire.

Le Père nous aime tellement

« Le Père nous aime tellement qu’il nous donne son Fils » Jn 3, 16.

Toute la nouvelle alliance est d’entrer dans ce don personnel d’amour du Père pour nous. C’est de la gratuité pure, un don qui est de trop : le salut n’est pas de nous sauver de quelque chose, ou un ravalement général de notre nature… mais quelqu’un. Le Salut, c’est Jésus. C’est le dépassement de la loi dans un lien personnel, dans l’amour, ou je ne fais plus qu’un avec Celui qui m’est donné ! 

Et cela, c’est terriblement plus exigeant que la loi ! L’amour réclame de regarder la personne de l’autre, Lui, son don pour moi et de nous engager personnellement, de prendre des initiatives, accepter d’être vulnérable à sa personne, sensible à son don, réceptif à ses initiatives. C’est moi face à Lui. Sans personne pour me surveiller ou me dire ce que j’ai à faire ou à vivre. C’est personnel !

Les ténèbres, c’est éviter ce don qui nécessairement nous met à nu et nous éprouve. Et les grandes ténèbres de l’humanité, c’est de rester à ce qu’on fait ! Travail, travail, travail ! On reste séduit par ses découvertes, ses trouvailles, ses résultats. Et cela jusque dans notre lien au Père : on fait des petits chants, on fait nos prières, on lui balance nos litanies et nos liturgies dont on est fier et satisfait. Lui, le Père, ce qu’il en pense ? On ne cherche pas trop ! C’est encore la tentation de Pierre quelques jours après avoir vu Jésus ressuscité : « je m’en vais à la pêche ! » 

On s’occupe, on se distrait, mais vivre d’un don c’est tellement difficile. Parce que cela nous engage dans notre personne, dans notre sensibilité, nos passions… et là, c’est un peu le foutoir. Evidemment puisque c’est le lieu de la première catastrophe nucléaire : le péché originel ! Du coup, on met ça de coté et on bosse, on organise, on se réfugie dans notre efficacité, nos raisonnements, nos conclusions : on reste alors toujours relatif à soi puisqu’on est toujours à « faire quelque chose ».

Avoir peur d’aimer, c’est avoir peur de Dieu. Refuser d’aimer, c’est refuser Dieu puisque Dieu est amour !

Aimer, c’est le connaitre, le recevoir dans toute notre personne. Tout l’évangile, le don de Jesus, c’est Celui qui est amour qui est venu vivre, ce qu’il est, dans notre nature : il s’est fait enfant de Marie, ami des pauvres, époux des pécheurs, nourriture des affamés, serviteurs de ses amis, offrande en pure perte pour être à nous jusqu’au bout, totalement, définitivement, sans conditions, comme il est vers le Père, un avec Lui et vulnérable à tout ce qu’est le Père.

La grande rage du démon, Prince de ce monde, c’est le refus total et définitif de ce don absolu. Il préfère ses raisonnements, sa logique, son autonomie propre et demeurer dans ce qu’il connait.

La lumière est venue en ce monde, mais on préfère ce qu’on fait, ce qu’on connait. On n’aime pas d’aimer. On ne veut pas être mis à nu. Il n’y a pas de place pour l’amour dans ce monde. Aimer nous appauvrit, nous rend vulnérable, sans défense, et réclame de ne plus nous regarder, d’être relatif, offert en pure perte à Celui qui est, et qui est là, pour nous.

C'est de cela qu'il est venu nous sauver ... 

Grégoire +

 

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Né du souffle de l’Esprit

13 Avril 2021, 15:39pm

Publié par Grégoire.

Né du souffle de l’Esprit

« Ainsi en est de quiconque qui est né du souffle de l’Esprit » Jn 3, 8

C’est après les signes de Cana et de la purification du temple que Nicodème vient voir Jésus. C’est là que « l’Esprit souffle où il veut, comme il veut » dans l’amitié, vécue à Cana dans un mariage et dans l’adoration du Père. 

L’amitié nous donne le sens d’un autre qui est là pour moi. Cette rencontre de l’autre dans sa personne, dans une amitié, a autant de visage, de forme que de personnes humaines. Mais la rencontre amicale est l’expérience qui fait que mon existence n’est plus anonyme : lorsque la présence d’un autre nous touche, et que c’est un peu réciproque, alors notre vie prend une nouvelle couleur: on n’est plus spectateur. 

Même l’adoration devient ma rencontre avec Celui qui me porte et m’attend. Grâce à l’amitié, l’adoration n’est plus lointaine, anonyme et empreinte d’imaginaire. Elle est alors ma rencontre avec mon Père

Si l’adoration a besoin de l’amitié pour acquérir une dimension personnelle, l’amitié a besoin d’être ouverte à Dieu pour ne pas s’enfermer sur elle-même et ronronner dans le vide, puisqu’elle ne peut s’achever en elle-même: chacun de nous sommes faits pour Dieu ! Seul lui peut combler notre cœur. 

Cana et le temple sont donc les deux grands lieux où l’Esprit souffle : dans l’amitié, il nous pousse à prendre des initiatives ça nous est remis. Au temple, face au Père, il réclame une plus grande passivité, accepter d’être taillé dans notre lien au Père. Mais ces deux repos humains sont nécessaires et complémentaires pour notre vie humaine : cette capacité à aimer un autre et trouver ce repos en touchant ce premier instant où mon Père me fait être en Lui.

La résurrection, fruit de la croix, est le terme de notre recréation, où nous sommes divinisés. C’est une nouvelle création, une initiative du Père qui nous faits fils dans le Fils. 

Et cet engendrement nouveau passe par un nouveau lien personnel : celui de Marie et Jean, donnés l’un à l’autre alors qu’il sont vulnérables au plus haut point, vivant l’état du crucifié. Et cette nouvelle adoration, celle du Fils à la Croix qui se sert de l’orgueil religieux, celui des grands prêtres, des pharisiens pour vivre son offrande au Père et à chacun. 

Vivre de la Résurrection, c’est recevoir de l’Esprit cette nouvelle forme d’amour fraternel, celle voulue et établie par Jésus, et accepter ce dépouillement que réalise la Croix, qui n’est plus une pauvreté humaine, ni un sacrifice choisi, mais être fait agneau par toutes les jalousies, trahisons et mesquineries de ceux qui vénèrent leur règles, leurs principes et leur liturgie trop humaines.

C’est cela entendre la voix de l’Esprit et vivre en Fils : recevoir de Lui ces liens nouveaux qui ne sont plus notre choix. Et nous laisser dépouiller de tout ce qui était nos joies religieuses, pour être fait Agneau.

Cela n’est vivable que parce que nous sommes déjà dans le Fils et que ce qu’il nous fait vivre nous fait connaitre de l’intérieur  le coeur du Père. Dieu est cet état d’offrande absolument personnel, incommunicable autrement que dans un lien unique ou l’autre devient mon lieu, ma vie.

Grégoire +

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Tu entend la voix du vent, mais tu ne sais ni d'où il vient, ni où il va ..

12 Avril 2021, 16:10pm

Publié par Grégoire.

Tu entend la voix du vent, mais tu ne sais ni d'où il vient, ni où il va ..

« A moins de naitre d’en haut, personne ne peut entrer dans le royaume de Dieu » Jn, 3,5.

Nicodème, dignitaire religieux, Maitre en théologie vient voir Jésus de nuit : pour ne pas faire de vagues, soyons prudent ! Et, Jésus ne lui rend pas sa politesse : « Tu veux entrer dans le Royaume ? Alors nait d’en haut, accepte d’être conduit par l’Esprit, c’est à dire comme le vent, ne sachant ni d’où tu viens, ni où tu vas ! »

C’est plutôt radical. Or, c’est cela vivre de la résurrection : la vie chrétienne normale consiste à vivre en ressuscité. La résurrection ce n’est pas la vie « après » la mort, c’est aujourd’hui, c'est Le Père lui-même qui descend dans toute notre personne, et surtout dans ce qui est mort en nous, là où on ne peut plus rien faire pour nous faire naitre en Lui.

La vie chrétienne, c’est une naissance divine, donc qui reprend tout, qui n’est pas dans le prolongement de notre vie humaine ! Ce n’est pas ajouter des ingrédients nouveaux à nos petites soupes spirituelles ! C’est entrer dans autre chose, qui est toujours nouveau ! C’est cela la vie éternelle : une naissance toujours actuelle, comme Dieu lui-même est naissance actuelle, fécondité éternelle : le Fils est actuellement engendré dans le Père, il se reçoit du Père en étant tout entier vers le Père; et leur amour commun c’est l’Esprit St !

C’est ça la naissance nouvelle : entrer aujourd’hui, chaque jour un peu plus, dans la communion d’amour de Dieu lui-même, vécue pour nous sur terre dans la foi, sans vécu, ni résultat.

Et pour cette naissance, pour se convertir à cet amour radical, il s’agit non pas d’efforts ou d’un nouvel acte généreux qui viendrait encore de nous. Non, c’est beaucoup plus : il s’agit de perdre son âme, c'est-à-dire accepter d’être dans un état de total dépouillement : dépouillement de nos conclusions, de nos savoirs, de nos principes.. 

Brûler tout avoir spirituel, toutes fonctions, pour se laisser engendrer par Celui qui n’est qu’amour : « A cause de lui j’ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets. » écrit Paul aux Philippiens. 

Il faut comme tout détruire intérieurement de ce qu’on croit savoir : comme Jésus dit au temple, comme il le réalise à la Croix : tout est mort pour être ressuscité, c’est cela la Résurrection une naissance divine ! 

La Résurrection, c’est donc tout réapprendre auprès de Lui, c’est à dire dépasser l’état de Celui qui tend vers Dieu, pour devenir Chrétien, vivre comme ceux qui sont immergés en Jésus, qui ne peuvent plus rien faire sans Lui. C’est l’abandon. L'abandon est la naissance à la vie divine.

C'est l'abandon du tout-petit qui peut servir de comparaison pour saisir l'abandon divin. Le tout-petit dans les bras de sa mère. Le tout-petit n'a pas d'autre point d’appui, il se livre, parce qu'il est en sécurité, parce qu'il sait que sa mère ne peut pas l’abandonner. Il faut laisser Jésus être notre seul soutien pour connaître cet abandon divin.

C'est une passivité plénière ou on choisit d’être dans l’état de celui qui actuellement se reçoit entièrement, comme un nouveau-né. Quand nous n'aurons plus d'autre attente que ce que Jésus veut et que nous nous abandonnons avec une confiance absolue comme le tout-petit dans les bras de sa mère, on connait alors comme une grande détente -divine, une joie divine.

Grégoire +

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Ô faute bienheureuse

10 Avril 2021, 22:31pm

Publié par Grégoire.

Ô faute bienheureuse

« Ô nécessaire péché d’Adam, Ô bienheureuse faute qui nous a valu un tel sauveur ! » Exusltet Vigile Pascale.

Voilà la grande annonce de Pâques, la miséricorde que nous célébrons aujourd’hui. La faute d’Adam, ce péché originel dont nous portons tous les conséquences, qui fait de nous tous des enfants prodigues et bien cette faute et nos fautes sont sources du magnificat chrétien.

« Ô faute bienheureuse »  Pourquoi ? Parce que cette faute, nos péchés, notre orgueil, nos jalousies, nos haines, ont permis à Dieu de se révéler et de se donner encore plus à nous. Nos fautes nous permettent de connaitre de l’intérieur le coeur du Père : son amour est un abîme, sa miséricorde est sans limite !

Dieu répond à nos fautes, non pas simplement en nous pardonnant, en effaçant nos dettes, ni en nous rétablissant dans l’Alliance première. Dieu use de tout le mal pour se donner de façon telle qu’on est participant de sa divinité.

Nous avons reçu une existence humaine. On l’a saccagée et Dieu se sert de cela pour nous unir à Lui : nous recevons Dieu lui-même, gratuitement. On a massacré notre existence créé, en réponse, nous recevons l’Incréé ! Dieu se donne à nous de façon telle qu’il nous communique sa propre dignité. Par la faute d’Adam, notre nature blessée permet à Dieu de s’introduire en nous, de s’unir à nous, immédiatement. « O bienheureuse faute ! »

Avez-vous découvert cela ? Avez-vous au cœur cette joie, qui fait que, devant vos fautes, vos pauvretés, vous savez que Jésus les a portées, porte tout à votre place et s’en sert ? La miséricorde c’est vivre de la victoire actuelle de Jésus en nous !

C’est capital. On ne peut pas rester spectateurs ! Souvent, le grand obstacle, ce ne sont pas nos fautes, mais le fait de les porter seul, de croire qu’on est parfait par ce qu’on fait, ou croire que l’on doit accomplir la Loi, des règles pour vivre de Lui !

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu » Mais qui croient en quoi ? En son amour tellement victorieux qu’il a tout assumé ! Croire que Jésus est en moi sans voir de résultats apparent; croire malgré les apparences extérieures : on n’a pas l’air de saints, mais on l’est, aujourd’hui, par Lui: par ce que Lui à fait, avec Lui : c’est sa sainteté et en Lui : car nous sommes actuellement en Jésus !

La miséricorde n’est pas un petit pardon, de loin, une purification de Dieu, non. La miséricorde, c’est la personne de Jésus qui s’est unit à moi définitivement (JPII). Et l’Eucharistie, c’est pour réentendre son don, s’approprier ce qui est déjà là : Lui. Jésus est La Résurrection : il est présent à tout l’univers, partout on respire du Jésus. 

C’est La Victoire de l’amour divin, sans coopération humaine, sans nous demander notre avis, victoire sur toutes nos morts, nos fautes, nos échecs.

Jésus s’est uni à nous, Il s’est abaissé jusqu’à se faire notre esclave, notre aliment, pour que nous arrêtions de rechercher notre perfection je ne sais où. La perfection qui lui plait, c’est de choisir de dépendre totalement de lui. Il se donne totalement pour que nous arrêtions de nous inquiéter de nous-mêmes, pour que nous arrêtions de nous regarder, de nous comparer, d’écraser les autres par nos petites perfections. Et il a tellement épousé nos morts, nos échecs et nos fautes, qu’il leur donne un sens, une fécondité divine : « Mets tes doigts dans mon coté, et à la marque des clous »

L’orgueil absolu qui a été vaincu c’est l’orgueil religieux, celui du fils ainé, du pharisien, de ceux qui croient savoir, de ceux qui jugent, critiquent, de ceux qui refusent de rester des mendiants, d’être dépositaires d’un mystère qui les dépasse.  

La résurrection, cette victoire de Jésus doit nous libérer de ces maladies : la bonne conscience de nous-même, nos satisfactions d’être autonome et toutes nos suffisances. 

Comment on en vit ? Jésus exige de nous qu'on ait comme première lumière dans notre vie l'amour et la miséricorde. C’est en aimant que l’on connait de plus en plus l’amour de Jésus pour nous.

La vie chrétienne, c’est le primat de la charité, de l’amour, du pardon et de la miséricorde sur la justice. La miséricorde, c’est la fête si généreuse que le Père organise pour son fils prodigue. Le Père regarde les personnes et se sert de leur accident pour les aimer plus; parce que seul l’amour guérit, seul le pardon soigne, seule une miséricorde excessive sauve de l’orgueil !

La miséricorde c’est un amour injuste, aveugle, inégal, excessif, de trop, qui réclame de se donner, jusqu’au bout, d’être répandu en pure perte pour l’autre, de prendre sur soi les misères de l’autre comme si c’était les siennes et d’aimer, aimer, aimer !

Comme dit Ste Thérèse de l’enfant Jésus « Ce qui plait au bon Dieu dans ma petite âme, c’est de me voir aimer la petitesse et ma pauvreté, c’est l’espérance aveugle en sa miséricorde ».

« Dieu est amour » il ne peut se révéler autrement que comme miséricorde infinie (JPII). La conversion consiste toujours dans la découverte de sa miséricorde, c'est-à-dire de croire à son amour pour nous. « Heureux ceux qui croient sans avoir vu … mais en quoi ? Mais, en son amour pour moi ! » Et son amour se donne à toucher dans nous qui sommes ses blessures sanctifiés, divinisées.

Heureux ceux qui pourront toucher Jésus en nous, en continuant réellement, tangiblement son don, sa présence personnelle. Dans des gestes, un don réel, tangible, sensible. C'est la béatitude de la charité fraternelle que Jésus proclame ! Les apôtres ont voulu témoigner par la parole. « si, si on l'a vu » Mais on ne témoigne du Ressuscité qu'en se donnant corporellement. Avec notre corps surtout. 

Quand quelqu'un que l'on aime meurt, on sait qu'il est là, qu'il vit, qu'il nous voit. Mais c'est sa présence physique qui nous manque, son sourire, son regard, ce qui fait que c'est lui. C'est là que doit être témoigner l'amour personnel de Jésus pour chacun, dans cette charité fraternelle vécue, sensible, simple, signe et présence réelle de l'amour actuel de Jésus.

Nos vies, notre monde sera plus humain seulement si, nous désirons aimer toujours plus. Et si donc le pardon est premier, absolu, sans limites. Peu importe la réponse de ceux à qui on pardonne. Jésus répond toujours à nos actes d’amours. Le pardon rend Dieu présent dans le monde (JPII).

Dieu qui est riche en miséricorde veut que nous soyons extrêmement riche en miséricorde, en pardon, en amour (JPII). C’est ça ce que Jésus nous dit : « comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » Nous avons la place de Jésus sur la terre. Chacun. N’ayons pas peur d’aimer ! Aimons totalement, excessivement ! Au ciel il sera trop tard ! 

«Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement, excessivement » Aimez ! Cela seul manifeste et rend présent Jésus, Jésus victorieux.

Grégoire +

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Les enfants ...

9 Avril 2021, 16:29pm

Publié par Grégoire.

Les enfants ...

« Les enfants vous auriez du poisson ? » Jn 21, 5.

C’est tellement difficile d’entrer par nous-même dans cette présence de Jésus qui est La Résurrection, qu’il y a cette pente naturelle de revenir à ce qui nous est connaturel : notre travail, nos occupations, ce qu'on sait faire : « Pierre dit : je m’en vais à la pêche, et les apôtres : nous allons avec toi ». 

Et Jésus, comme pour Marie Madeleine, les disciples d’Emmaüs, vient les faire entrer dans quelque chose qui ne vient pas d’eux. Il vient nous agrandir à ce qui n’est pas nous.  Et Jésus commence par les appauvrir : « ils travaillèrent toute la nuit sans rien prendre » et au petit matin Jésus les convertit à son désir à Lui : « Les enfants » Jésus commence par nous mettre relatif à Lui. Pour nous fait entrer dans son œuvre.

Car c’est son oeuvre, et pour la réaliser, il n’a absolument pas besoin de nous. Si il veut notre coopération, d’où sa demande « auriez-vous du poisson ? » c’est par pure miséricorde, parce qu’il nous traite en amis, et il veut qu’on coopère non pas parce qu'il faudrait qu'on coopère pour obtenir quelque chose, mais simplement parce qu'il nous aime.

Coopérer avec Jésus, c'est comme une mère qui laisse à son tout petit d'achever son repas, le gâteau qu'elle a préparé; autant dire que ce sera un désastre, mais elle préfère que son tout petit participe, lui faisant croire qu'il réalise tout, plutôt que d'achever quelque chose de parfait toute seule. Et Jésus nous laisse non seulement la place, mais Sa place, nous donnant d'agir dans le monde, dans l'Eglise comme si c’était nous qui avions tout fait. « Alors jetez le filet à droite. Ils le jetèrent et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer tellement il avait de poisson. » 

Jésus ne nous corrige pas en niant nos initiatives, mais en les assumant. Alors qu’il avait du poisson, Jésus veut celui des disciples. Jésus vient nous prendre là où on s'est engagé, et là, il nous fait entrer dans son désir sur nous, dans sa présence personnelle, qui est à la fois ce qu'Il nous donne et ce qu'Il veut nous faire vivre, selon son efficacité à Lui. C’est cela l’espérance : vivre et se rendre dépendant du désir actuel de Jésus, qui veut plus pour nous que tout ce que nous pouvons désirer.

Et il y alors la présence de Jean, le cœur contemplatif, celui qui a maintenu un vrai désir dans son cœur, c’est lui qui discerne pour les autres la présence de Jésus : « C’est le Seigneur ». C’est parce que Jean a pris Marie auprès de lui à la Croix « il la pris chez lui » Dans ce qu’il a de plus intime, de plus personnel. Jean n’a pas pris Marie comme une dévotion, à lui réciter des prières. Jean a reçu le cœur de Marie, l’amour qu’elle avait pour Jésus. Le reste ça n’intéresse pas beaucoup Marie : les moulins à prière, ce n’est pas Marie du tout. 

Le propre d’une mère, c’est d’éveiller l’amour, le sens de la présence de l’autre, d’accepter d’être débordé, agrandit par un autre. Une mère conduit a rendre notre coeur vulnérable, sensible à un autre, émerveillé, admiratif.

Si on n’est pas attiré par l’autre, mais c’est terrible, on reste en nous-même, avec ce qu’on sait faire, avec notre travail et nos raisonnements. Et on n’atteint jamais ce pour quoi on est fait : l’autre. Si notre coeur n’est pas éveillé à l’amour on ne peut découvrir que Dieu est amour, qu’Il est pour moi, et donc que Jésus Ressuscité me porte actuellement, assume toute ma vie, et m’attire à Lui pour être avec Lui vers le Père.

Le « C’est le Seigneur » n’est pas un fait observable, rationnel que Jean a proclamé, mais l’attraction de son cœur; il reconnait la présence de Jésus pour Lui. Il est attiré, parce qu’il est attente de Jésus, et son cœur est éveillé à aimer, à recevoir un autre.

Grégoire +

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Je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle...

8 Avril 2021, 15:59pm

Publié par Grégoire.

Je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle...

« Paix à vous » Luc, 24, 36

Les apparitions de Jésus sont là pour nous ouvrir à Jésus qui est La Résurrection. C’est toute son humanité corporelle, chair, sang, sensibilité… qui est divinisé. Les apparitions ne sont pas La Résurrection, mais une aide, comme déjà sa vie apostolique, pour entrer dans cette assomption de l’homme par Dieu.

C’est pour cela qu’on a besoin d’une opération -non pas à cœur ouvert, mais à intelligence ouverte : « il ouvrit leur intelligence à la compréhension des écritures » pour ouvrir les yeux à cette toute nouvelle réalité, dans laquelle nous sommes déjà. « il ouvrit leur esprit à l’intelligence des écritures » car La Résurrection est la raison ultime de toute la Révélation.

Pourquoi Dieu nous parle ? Pourquoi la Révélation ? Pour nous dire ce que Dieu fait dans la Résurrection. La révélation est l’éclairage divin sur cette œuvre de Dieu devenant présent dans chaque cellule de notre chair, assumant en Lui toute notre matière corporelle. 

C’est pour cela que Jésus apparait : il est présent à tout l’univers, à tout ce qui est matériel et corporel, ou plutôt tout est dedans Lui. Personne ne lui échappe. On est dedans Lui et Lui est dedans nous. Et pas seulement spirituellement. Il est présent dans chaque cellule de notre corps. C’est pour cela qu’il peut manger quelque chose : il est de la matière, mais divinisé.

Tout ce que Jésus a vécu dans son humanité est en Dieu. Jésus est « le ciel nouveau, la terre nouvelle, la Jérusalem nouvelle » que Jean voit dans l’Apocalypse. Ap 21, 1. Ce n'est pas un lieu, un nouvel espace, mais quelqu'un, Jésus La Résurrection.

Et en cela Il est notre Paix. Il ne nous donne pas la Paix, comme un état intérieur qui nous pacifie et nous calme. Non, Il est Lui-même La Paix, car Il porte tout ce qu’on vit, passé, présent, futur.

C’est pour cela, que le grand effort pour nous, c’est de tout vivre avec Lui, nos joies comme nos peines, nous victoires, comme nos échecs et nos fautes. Et ce qui s’oppose à sa présence, c’est de croire qu’il y a des choses qu’il ne peut porter, c’est de croire que c’est notre vie religieuse, spirituelle qui nous donne accès à Lui. Non, c’est Lui qui nous est présent,  « qui est avec nous tout les jours, jusqu’à la fin des temps »

La Résurrection, c’est donc tout réapprendre auprès de Lui, c’est à dire dépasser l’état religieux, l’état de Celui qui tend vers Dieu, pour devenir Chrétien, c’est à dire lié à Lui, vivre comme ceux qui sont immergés en Jésus, qui ne peuvent plus rien faire sans Lui; C’est bien ce qu’est le Baptême : immersion en Jésus. Tout moi est dedans Jésus. L’acte sacramentel ne fait que manifester et nous faire nous approprier ce que Jésus a déjà réalisé !

L’intelligence de la Résurrection ne peut venir que de ce trop grand amour du Père pour nous, qui nous aime avant et indépendamment de notre réponse. Nous restons libre d’en vivre, libre d’y répondre personnellement, comme nous le voulons, mais cet amour s’impose à nous, à tout homme.

Chacun sommes marqués du désir insatiable qu’exerce la présence actuelle de Jésus en nous. Nous sommes brûlés intérieurement dans toute notre personne par ce rapt de Dieu, venu s’emparer de tout les recoins de notre univers et de nos personnes. 

« Que l'homme assoiffé s'approche, que l'homme de désir reçoive l'eau de la vie, gratuitement. Que celui qui entend dise "Viens" ! » Apoc 22, 17

Grégoire +

 

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Alors leurs yeux s'ouvrirent

7 Avril 2021, 14:57pm

Publié par Grégoire.

Alors leurs yeux s'ouvrirent

« Quels évènements ? » Luc, 24, 19

Les hommes aiment rester dans les évènements. Ça leur évite de s’engager personnellement. Les médias relatent des évènements qui ne sont que des faits matériels, la surface des choses pour critiquer, juger, culpabiliser ou dramatiser le réel.

Or malheureusement pour eux, Dieu n’est jamais dans des évènements. Il est au-delà du temps et du devenir. Il EST. Et notre humanité, par Jésus, est au-delà des évènements. Par l’incarnation, le temps est entré dans l’éternité, l’espace dans l’omniprésence de Dieu… En cela, les médias, les journaux font un mal terrible à notre soif de connaitre la plus profonde. C’est un mal terrible que de maintenir les personnes à une vision évènementielle, à maintenir les personnes à la surface des choses, dans leur vécus et leurs petits drames. Et ça tue !

« Esprit sans intelligence, cœurs lents à adhérer au mystère » Lorsque l’on en reste à la succession de faits qui défilent, nous sommes comme des animaux qu’on mène de l’étable au pré et du pré à l'étable, comme dit le psaume 48 : « l’homme dans son luxe ne comprend pas, il ressemble au bétail qu’on abat ». La connaissance possédée, plus grand luxe humain, nous pousse à vouloir nous emparer du réel, et ne nous fait rester qu’au seuil du réel. Alors, le réel s’abat sur nous comme sur du bétail : « ils étaient tout tristes » des esprit sans intelligence.

L’intelligence réaliste, la foi, la contemplation adhère à ce qui est au-delà de ce que nous en possédons. Être intelligent c’est connaitre ce qui est au-delà de nous, ce que nous ne pouvons que toucher, de manière actuelle, sans rien en posséder. Pour ça l’intelligence doit être porté par l’amour : pour être attiré, pour sortir de soi et connaitre ce qui nous dépasse : l’autre et Dieu. 

C’est bien pour cela, que c’est le don de Jésus dans l’eucharistie qui nous conduit le mieux à cette sortie de nous-même; si on est pris par le don de Jésus, si on a un cœur  désirant, aimant, qui fait qu’on s’oublie soi-même, alors on accepte de vivre de ce don sans rien en posséder, sans regarder les résultats ou notre vécu -nos petits évènements à nous- on est mis comme hors de soi. 

C’est là, la plus grande préparation à la vie éternelle -avec la charité fraternelle, à cette présence actuelle de Jésus ressuscité qui nous porte, avec qui nous sommes comme une seule personne, cette « subsistance mystique » dont parle certains théologiens du moyen-âge.

C’est lorsqu’on a un cœur tout brulant, pauvre de tout regard réflexif, que Jésus peut nous introduire dans ce qu’il a réalisé, qui est là, sous nos yeux, mais qui est trop lumineux pour nos yeux, trop silencieux pour nos oreilles remplies de bruits.

Jésus, qui est La Résurrection, est présent à tout l’univers, personne n’y échappe, alors que Lui échappe à tout les petits concierges et autres pseudo-commentateurs qui ne dépassent pas la surface des choses.

Jésus La Résurrection, c’est notre humanité, notre chair présente de La présence de Dieu; C’est l’assomption de la chair humaine en Dieu, qui est alors une matière subtile, unique, échappant à l’attraction terrestre; elle est donc notre lieu, notre temps, La réalité, donc le seul évènement réel qui nous imprègne et nous affecte plus que tout le reste.

Grégoire +

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Je suis La Résurrection

6 Avril 2021, 16:02pm

Publié par Grégoire.

Je suis La Résurrection

« Femme pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Jn 20, 15

C’est seulement Jésus qui peut nous faire entrer dans son mystère personnel de Celui qui est La Résurrection.

Marie-Madeleine pleure près du tombeau. Elle pleure, parce «qu’on a enlevé son Seigneur et elle ne sait pas où il a été mis». Elle veut retrouver le cadavre de Jésus. Elle est encore dans son passé et elle voudrait que la réalité présente corresponde à ses souvenirs. Elle voudrait continuer son histoire. 

Jésus n’est jamais dans nos souvenirs, ni dans le passé. Le passé n’est plus. Et vivre de Celui qui est La résurrection, c’est accepter d’être conduit dans complètement autre chose, chaque jour. Et c’est Jésus qui vient la réveiller, la faire sortir de son vécu intérieur, en la faisant entrer dans un nouveau lien avec Lui : « Marie ». C’est très concret, parce que c’est complètement personnel. La Résurrection c’est une nouvelle présence de Jésus, puisque c’est Jésus qui nous porte de l’intérieur. Il n’y a plus aucune extériorité avec Lui. Il n’y a plus d’intérieur, ni d’extérieur, ni temps, ni souvenirs avec Celui qui est La Résurrection.

« Ne me retiens pas » Vouloir s’accrocher et tenir Jésus c’est refuser d’entrer dans quelque chose où on ne peut rien tenir, où on ne peut rien posséder. Vivre de Jésus qui est La Résurrection, c’est déjà vivre de la vie éternelle sur terre, cet instant qui demeure éternellement. C’est laisser la victoire de Jésus s’emparer de tout ce qu’on vit, naitre à ce qui n’est pas nous, qui n’est pas dans notre prolongement, et qui n’a absolument rien à voir avec tout ce qu’on peut connaitre, faire, mesurer, calculer.

Jésus la Résurrection, c’est Celui qui nous met, avec Lui, face au Père : « va trouver mes frères et dis leur, je vais vers le Père et votre Père »

C’est ça le salut : je suis dedans Celui qui ne me quitte plus. Et tout dans ma vie, je le vis avec Lui, même mes chutes, surtout mes chutes, pour en faire un lieu spécial où je suis mis face au Père, pris par l’attraction de Celui qui est ma source actuelle.

Et c’est en étant apôtre des apôtres « va dire à mes frères » que Marie Madeleine entre dans ce retour du Fils vers le Père, où elle est prise par cet amour-premier qu’est le Père.

Or, dans un monde où on passe son temps à caresser nos souvenirs, à multiplier nos assurances et protections en tout genre, et où il n‘y a plus aucun secret, où tout doit être montré, dit, affiché, diffusé, c’est comme si tout était fait pour qu’on ne vive pas de Celui est la Vie éternelle, La Résurrection.

C’est bien un mystère de présence pure, donc actuelle, la présence de Celui qui porte le tout de ma personne. C’est un amour tel qu'il réclame de bruler tout le passé, qui ne peut-être vécu que dans l’instant présent, sans aucun regret ni jugement sur le passé. Parce qu’étant La Résurrection, Il est l’instant présent, Il est le temps éternel, Il est le lieu dans lequel je suis, Il est la signification de tout ce que je vis.

Seul les pauvres de cœur -sans assurance, sans même la possibilité d'un regard réflexif tellement ils sont rien, et ceux qui sont assoiffés d’amour -en attente d’une présence absolu, secrète, personnelle, qui peuvent s’y laisser introduire. 

Grégoire +

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Demeurez en moi comme je demeure en vous ...

5 Avril 2021, 13:37pm

Publié par Grégoire.

Demeurez en moi comme je demeure en vous ...

« Jésus vint à leur rencontre et leur dit : Je vous salue » Matth. 28, 9

La résurrection, c’est une nouvelle présence de Jésus pour nous. Mais nouvelle de façon telle que rien de notre univers n’est extérieur à sa présence !

Toute la vie apostolique de Jésus était une préparation vers ce réel commencement qu’est la résurrection. Qu’est-ce que ça veut dire ? La résurrection ce n’est pas quelque chose qui est arrivé à Jésus, un évènement dans son itinéraire, un truc nouveau pour Lui dont on vivrait un peu de loin. 

Non ! La résurrection c’est Jésus Lui-même : « Je suis La Résurrection » C’est Jésus qui, par son incarnation, à pris toute notre humanité, et qui assume, qui absorbe -le mot est impropre- et s’empare de tout notre univers : notre monde, chacun de nous est dedans Jésus, et Lui est présent à tout ce que nous sommes : nous sommes comme une seule personne avec Lui. Rien n’est extérieurement changé, mais en fait, tout, absolument tout, est changé !

Jésus a comme vécu toute sa vie pour nous préparer, nous faire entrer dans cette assomption qu’il réalise de toute notre personne. Il a comme retardé l’effectivité de notre assomption pour qu’on ne soit pas trop aveuglé, qu’on puisse accueillir comme des amis, pauvres, sans aucun droits, son don qui dépasse tout ce qu’on aurait pu imaginer. Mais dans sons intention, c’était réalisé dès le premier moment. Et l’intention de Dieu n’est pas virtuelle comme la notre, elle est substantielle, divine. Son intention, son désir c’est Lui. 

Pourtant, on reste avec toute ces fausses croyances qu’il faut absolument observer telle ou telle règle pour être possédé par Lui. Or, nous sommes en Lui. Aujourd’hui ! 

Cela ne signifie pas que nous ne pouvons pas refuser son don. Bien sûr. Chaque fois que nos opinions prennent le dessus, qu’on ne croit pas à cet amour qui est de trop, qu’on pense qu’il se trompe, on peut alors refuser de vivre de son don. Son don est effectif, mais on eut continuer à vivre comme si de rien n’était, comme des gens prudents, pieux, religieux même, mais pas chrétien, c’est à dire comme si ce n’était pas pour nous !

C’est pour cela que Jésus parle à ses femmes : même ses apôtres sont encore incapables d’entrer dans cette re-création, leur peur des grands prêtres les aveugle et le passé les transforme en statue de sel ! 

Et Jésus passe par celles qui sont toutes attentes, toutes réceptivités, pour qui il n’y a que l’amour qui compte. Il en fait ses anges, ses envoyées : les saintes femmes, apôtres du Ressuscité, apôtres des apôtres !

Si la création avait commencé par l’homme, la recréation est bien à partir de la femme, de Marie et des saintes femmes derrière elle, manifestant là le coeur du Père, ce qu’il y a de plus intime en Lui et dans quoi il nous introduit : cette gratuité l’amour qui désire plus que tout nous rendre extrêmement vulnérables. 

Grégoire +

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La Résurrection, c'est Jésus présent à tout l'univers

4 Avril 2021, 07:59am

Publié par Grégoire.

La Résurrection, c'est Jésus présent à tout l'univers

La résurrection, avant la joie liturgique et le feu pascal, c’est d’abord l’expérience de l’absence. Absence de signes et de traces visibles. La résurrection c’est d’abord le vide du tombeau, sans témoin, ni feu d’artifice « Vous cherchez Jésus ? Il n’est pas ici » 

La Résurrection n’est pas une victoire temporelle, il n’y a eu aucune coopération humaine, c’est la pure œuvre de Dieu. Dieu n’a pas besoin de nous, c’est Lui qui a repris ce que les hommes avaient détruit, saccagés, violentés. Tout est repris, assumé, divinisé. 

Ce n’est donc pas du tout un retour à notre vie humaine. C’est pour cela qu’il n’y a pas de témoin du moment; Pourquoi ? Parce que Jésus ressuscité n’est plus selon ce monde ! Il n’est plus dans la continuité de notre condition humaine. Il n’est pas localisable dans le monde physique, il est comme absorbé en Dieu. Du coup tout le monde s’agite, s’affole et court au matin de Pâques : les saintes femmes, puis Marie Madeleine, puis Pierre et Jean et les disciples d’Emmaüs. 

Et Jésus Ressuscité nous devance, vient nous chercher dans nos tristesses, nos projets et nos raisonnements trop humain. Il nous échappe, il n’est plus présent localement : parce qu’Il est plus présent que tout ce qu’on voit, il est partout présent parce qu’IL est LA RÉALITÉ, Celui qui s’impose à tout ce qui existe et qui en même temps nous échappe.

La résurrection, c’est quelqu’un, c’est Jésus, dont l’humanité, la sensibilité, tout ce qu’il a vécu, tout ce qu’il a porté est divinisé : il prend possession de tout l’univers et de tout nous-même ! Il est ressuscité pour nous, pour être dedans tout ce que nous vivons, de l’intérieur. Et cela c’est tout de suite ! C’est la joie qu’on doit lui demander : tout en nous est habité par sa présence !

Dans la foi, nous avons un contact immédiat avec lui, sans aucune distance. C’est pour ça que sa résurrection, c’est la mienne : LA REVELATION N’EST PAS UNE VITRINE : LA RESURRECTION C’EST JESUS présent à moi, à tout, plus présent que tout le visible qui m'entoure : on ne respire plus que du Jésus. Et ça s’impose à tout le monde.                         

Aussi, on ne peut plus se regarder de la même manière ; On doit tout réapprendre auprès de Lui. Nous sommes déjà habitants du ciel : tout en étant sur la terre, Jésus habite tout ce que nous sommes.

C’est cela que les femmes qui ont courus au tombeau doivent annoncer. Comment ? Pas par des mots, des raisonnements ou des chocolats. On ne prouve pas La Résurrection. Même Jésus n'a pas cherché à prouver. Il aurait pu apparaitre à Hérode, à Pilate ou aux grands-prêtres au matin de Pâques: imaginez ces grands prêtres, dormant avec leurs phylactères, avec leur vie réglée selon la Loi et réveillés par une apparition de Jésus ressuscité : catastrophe ! Jésus ne s'impose pas de l’extérieur. 

La résurrection, c’est une toute nouvelle présence, victorieuse parce qu’elle habite tout, mais c’est cachée. Cachée parce que c’est un amour, c’est le Père qui a pris toute notre humanité dans ce qu’Il a de plus intime.

C'est une victoire à inscrire dans toute notre vie, qui doit brûler toutes tristesses, toutes peurs, tout désespoirs : Jésus est déjà victorieux de tout mon passé, de mon présent et de mon futur. On est témoin en se réveillant, de plus en plus, à chaque instant, à Lui, Jésus, complètement présent à moi comme mon secret, mon ami, mon intime, victorieux de tout en moi.

Grégoire +

 

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Être là, comme inutile, dans un pâtir à l'état pur..

2 Avril 2021, 12:08pm

Publié par Grégoire.

Être là, comme inutile, dans un pâtir à l'état pur..

Jésus a accepté de se taire et de prendre la dernière place pour montrer, dévoiler la présence silencieuse du Père. Jésus accepte d'être présumé coupable, de passer pour un tordu, un pervers et d'être crucifié pour révéler -en creux- Celui dont il se reçoit et en qui il trouve son repos : le Père, pure bonté, Celui qui est LA Réalité. Sa mort apparement inutile révèle la présence du Père, et pour la toucher, on doit comme vivre le même état intérieurement, choisir d’être offert en pure perte, sans raison.

Le pardon, la miséricorde ne sont qu'un moyen pour dire Celui qui est Amour. On ne peut s'arrêter à la miséricorde. L'amour est ce pour quoi s'exerce le pardon !

Jésus choisit de disparaitre. Il se sert du jugement des grands prêtres et de la trahison de ses apôtres pour donner à la mort, à toutes violences, une nouvelle dimension.

Mort, le cadavre de Jésus est alors remis à la terre. Il n’y a plus de corps visible, plus de souffrance pour compatir. Il n’y a plus rien. C’est l’absence, le vide. Séparée du cadavre de son Fils, Marie vit cette absence, cette négation mortelle, cette échec total. Elle vit cet état cadavérique, ce silence de mort.

Il n’y a plus que l’abandon, il n’y a plus que la brutalité des faits : c’est la violence de la mort, de la mise au tombeau, qui plongent ceux qui restent dans une solitude totale : être là, comme inutile, dans un pâtir à l’état pur. Chacun vit ce moment du sépulcre : c’est l'ultime étape. Cette étape, on peut dire que le monde l’a toujours vécu, comme il a toujours vécu l’Agonie et la Croix. Mais il y aura un moment -et nous y sommes peut-être - où l’Église, chacun- devra vivre, d’une manière toute particulière, ce moment du Sépulcre.

Et dans le cadavre divin qui repose c'est, mystérieusement,  qu'est réalisé le salut et que s'opère la recréation : car alors, dans le cadavre, le cadavre subsiste directement dans le Verbe. c'est à la mort, à la séparation de l'âme et du corps, que le Verbe est devenu CHAIR ! 

La chair de Jésus est Dieu. Cette matière inerte qu'est le cadavre de Jésus par la mort devient Dieu. La passivité du cadavre de Jésus dit alors immédiatement le Fils face au Père ! La cadavre de Jésus, c’est « La terre qui vint au secours de la Femme » Apoc 12.  Vivre cet état de la chair morte tue tout orgueil, toute volonté d’être des satisfaits, de dominer.

Nous sommes faits Terre Sainte, Terre promise, Temple nouveau, Arche d'alliance.. dans notre personne, dans notre chair avec tout ce qu'elle comporte de lourdeur et d’obscurité, nous le sommes fais à ce moment là ! Ce n'est pas manifeste, mais cela est ! 

Pour vivre de cette victoire cachée, non encore manifestée il faut épouser ce chemin qu’est l’état de Jésus au Sépulcre, accepter cette absence apparente, cette solitude, le nuit du tombeau : être là, comme inutile, dans un pâtir à l’état pur, pour être pris, par l’action du père. Devenir comme du bois sec, incapable, inerte, inutile, pour être totale réceptivité, totale attente de Dieu, et pouvoir être ressuscité : engendré à nouveau !

Grégoire +

 

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Ce silence d’amour de Dieu pour nous

1 Avril 2021, 13:59pm

Publié par Grégoire.

Ce silence d’amour de Dieu pour nous

Dieu, qui est pur Esprit, qui contient tout et est présent à tout, s’est tellement abaissé, s’est tellement incarné, qu’il se fait notre nourriture. pain et vin. Solide et liquide. 

Jésus se sert de sa toute-puissance pour s’abaisser le plus qu’il le peut, Il épouse et devient la passivité de la matière pour être relatif à chacun, se donnant à manger, à boire, à nous qui ne sommes pas prêt. Et nous ne serons jamais prêt face à un tel don. Parce que c’est son don qui nous rend prêt. 

Et pour ne pas qu’on reste spectateur, Jésus se met à genoux et lave les pieds de ses apôtres. Voilà la Pâque : passage à une nouvelle relation avec Lui: Dieu se met à nos pieds, se fait notre esclave !

Et la réaction de Pierre dit bien combien ce n’est pas normal ce bouleversement liturgique, que le respect dû à Dieu exige une autre attitude: « Toi me laver les pieds? Jamais ! » Or, refuser cette proximité, cette simplicité avec Lui, c’est refuser sa volonté, son amour. Il n’y a plus de « juste place », de « respect légitime », de « distance appropriée ». Il s’agit de se laisser aimer et de se donner sans plus se regarder. Parce que si on est tordu, abimé et inadéquat à son don, Dieu est au-dessus de tout et il fait ce qu’il veut ! Qui suis-je pour mettre une distance ? Il s’agit de voir Jésus qui se met à mes pieds aujourd’hui, comme un esclave pour une nouvelle proximité avec Lui.

Le lavement des pieds conduit à l’Eucharistie, ou Jésus nous donne son Corps comme Pain. L’aliment le plus simple, qui est là pour celui qui s’en sert. Ce n’est plus du pain, c’est la chair et le sang de Dieu: « Ceci est mon Corps, ceci est mon sang parce que je veux être un avec vous ». On ne peut aller plus loin dans l’amour. L’eucharistie c’est de l’amour pur : un geste de pure gratuité et totalement pauvre: rien d’éclatant, ni de séduisant. Sans résultat apparent. 

Et c’est un geste, car l’amour réclame un don réel, corporel, total. L’eucharistie nous donne, d’une façon délicate, non sanglante, l’offrande de Jésus à la croix, son don au Père et à chacun de nous. C’est le même amour. Jésus m’aime comme il aime le Père. Chacun peut donc dire, l’eucharistie c’est Jésus pour moi. Jésus aime chacun de manière unique et absolu. C’est le privilège de Dieu. Tout Jésus est pour moi d’une façon unique.

Le fruit de ce don, c’est Jean qui touche que ce qui est premier, c’est d’être Celui que Jésus aime. C’est le fruit de l’eucharistie : se reposer sur la poitrine de Jésus, peut importe notre état. Jésus désire que nous entrions dans une intimité extrêmement simple avec Lui, que nous répondions en venant nous reposer auprès de Lui, nous nourrir de sa présence.

Le terme de l'Eucharistie, c'est non seulement de nous unir à Lui : on est un avec Jésus et un avec tout ceux qui communient. C’est pour cela que l’eucharistie est la seule règle de la vie chrétienne. C’est la nouvelle loi, chacun doit dire à Jésus et à son prochain: « ceci est mon corps, ma vie, livré pour toi » être donné, offert comme le pain et en même temps passif, liquide, livré comme le vin. 

Tel est le sens aussi du : « Faites cela en mémoire de moi » qui n’est pas seulement le commandement de célébrer la messe, mais pour chacun de se donner corps et sang, à son frère, à sa soeur, à celui qui n’est pas capable de nous recevoir et pour qui ce serait du gâchis !

Pour entrer et vivre pleinement de ce secret personnel, il nous faut Marie. Marie est celle qui a reçu chaque initiative de Dieu comme un amour personnel. Elle veut nous faire recevoir  Jésus avec son intimité à elle, encore plus simplement qu’à Noël. Elle veut qu’on ait un amour maternel envers l’eucharistie, le recevoir comme un secret qui nous cache, qui nous conduit à devenir eucharistie : pur don d’amour, silencieux, dépouillé. Être là pour lui sans aucun autre but que Lui ! Et ceci dans une très grande pauvreté, qui nous garde d’avoir un droit sur ce don, pour toujours le recevoir gratuitement et demeurer dans l’action de grâce.

L’Eucharistie, silence d’amour de Dieu pour nous, parce que seul le silence peut dire l'amour.

Grégoire +

 

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