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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Que votre cœur ne se trouble pas

30 Avril 2021, 15:29pm

Publié par Grégoire.

Que votre cœur ne se trouble pas

« Que votre cœur ne se trouble pas ! Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. » Jn 14, 1.

En nous parlant, Jésus nous dit ce que Lui vient nous faire vivre. Il ne cesse de nous dire « Que votre cœur ne se trouble pas ! Croyez en moi. » C’est entendre sa parole jusqu’au bout qui fera qu’aucun trouble, qu’aucune angoisse, que rien ne nous ébranlera. Car Jésus ne nous dit pas des choses à faire, mais ce que Lui vient faire en nous ! Sa parole, c’est Lui se donnant de manière divine, c’est à dire bien plus profondément que n’importe quel efficience humaine.

« Que votre cœur ne se trouble pas » Cette parole est tellement importante, qu'elle est devenu la prière quotidienne de Thérèse d’Avila « Que RIEN ne te trouble, que rien ne t’épouvante, tout passe, Dieu ne change pas, la patience obtient tout, celui qui possède Dieu ne manque de rien. Dieu seul suffit ! ». 

Et le grand moyen de ne plus être troublé, c’est de croire en lui, c’est-à-dire revenir et demeurer dans ce contact actuel, immédiat avec lui : car il n’y a jamais aucune distance entre Lui et nous.

Et dans ce contact, mendier qu'il nous donne de recevoir jusqu'au bout ce qu'il nous dit là : « Je te prépare une place… et de nouveau je viens pour te prendre près de moi ». Il nous faut lui mendier de ne pas réduire ses paroles. Car le premier drame humain c'est de se faire mesure, et d'écouter selon nos attentes, et donc de réduire la parole de Jésus à des choses à faire. 

Entendre « Je vais te préparer une place… » c’est cela qui nous permet de ne pas être troublé, délivré de toutes angoisses : Jésus se sert de tout ce qui nous arrive : rien de notre vie ne lui échappe ; et il se sert de tout pour nous faire entrer dans son repos, nous faire monter à la première place, à cette place de choix que Lui veut pour moi : La sienne !

Jésus n'a pas d'autres ambitions que de nous donner à vivre ce que Lui vit, sa place ! On dépasse toutes inquiétudes, angoisses, repliements sur soi en cherchant à vivre de cette place unique que Jésus nous a acquis. Cette place c'est « là où moi je suis » c'est à dire : sa place !

Jésus nous aime bien plus que nous-même : Il nous aime à sa mesure, selon son don. Il nous regarde, chacun, comme celui à qui il donne tout, puisqu’il est totalement pour moi ! Et c'est pour cela que Le Père est notre Père : « Qui me voit, voit le Père ! » Celui qui est TOUT, Celui qui est LA REALITE est à nous, personnellement, immédiatement ! Et le chemin qui nous fait déjà vivre de ce terme, c’est Jésus !

Le trouble vient toujours de ce qu’on est relatif à notre efficacité, aux résultats, à nous-même. 

L’amour qui, nous rend accueil, attente, relatif, nous fait, là, être radicalement dépendant. Le chemin c'est d’être obstinément relatif à Jésus, de le laisser nous redire ce qu’il fait pour nous, de ne pas lâcher sa main. Et Jésus nous donne des frères, des liens personnels, pour nous apprendre concrètement à vivre de lui, par ceux qu’il met auprès de nous.

Grégoire +

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Doux Agneau de Catherine

29 Avril 2021, 16:33pm

Publié par Grégoire.

Doux Agneau de Catherine

« Ils contempleront celui qu’ils ont transpercés » Jean 19, 37.

Catherine de Sienne a beaucoup contemplé, c’est à dire qu’elle s’est  beaucoup nourrie de cette révélation de Jésus à la Croix, donnée en St Jean. Spécialement le cri de soif et la blessure du cœur. Non comme quelque chose de tragique, mais comme la révélation ultime de Dieu. Et spécialement ce geste du coup de lance. Pourquoi ce geste alors que Jésus était déjà mort ? À quoi sert-il ?

Dans ses dialogues qu’elle a avec Jésus, Catherine de Sienne pose à Jésus cette question : « Doux Agneau immaculé, tu étais mort quand ton côté fut ouvert ; pourquoi as-tu voulu être frappé et avoir le cœur brisé ? » A quoi Jésus répond : « Parce que mon désir envers l’humaine génération était infini, et l’œuvre de la Croix était limitée ; or, par cette offrande limitée je ne pouvais montrer tout l'amour dont je vous aimais, parce que mon amour est infini. C'est pourquoi j'ai voulu que vous voyez le secret de mon cœur, en vous le montrant ouvert afin que vous voyiez que je vous aime plus que ne pouvait le montrer par la souffrance limitée de la Croix. En faisant sortir de l'eau et du je vous ai montré le baptême que vous recevez. »

La blessure du cœur de Jésus est le geste ultime. Cette blessure, ce coup de lance gratuit, inutile, que le soldat réalise alors que personne ne lui a rien demandé, fait sans aucun respect du cadavre du Christ qui pends sur la Croix, ce geste atteint le cœur qui laisse couler les dernières gouttes d'eau et de sang. Et bien ce geste fait comme par hasard, Dieu s’en sert, le Verbe s’en sert, puisqu’il nous dit l’au-delà de la Croix.

La Croix est limitée, dans le temps, même dans la souffrance qu’elle réalise. Or l’amour de Jésus est plus que tout ce qui est manifesté, cet amour est Lui, il est substantiel, et en cela, cette blessure est un geste dont l’amour divin se sert pour se dire à nous: le sang et l’eau qui coule, c’est Dieu qui coule : le Verbe est devenu chair. La chair, le sang versé, c’est Dieu qui est devenu la passivité de la matière et s’est ainsi emparé de tout notre univers. Nous disant alors qu’il est un abime d’amour. 

C’est à dire, comme le cri de soif de Jésus exprime le désir intense de son cœur, son amour brûlant, la blessure du cœur dit l'amour divin qui est substantiel, un abime infini, l'amour qui, en Dieu, est tout. Ce geste nous fait entrer dans l'abîme d'amour que Jésus a pour le Père et pour nous.

C'est à cause de ce geste qui clôt toute la révélation que Catherine de Sienne dit que ce qu'il y a de plus grand sur la terre, ce ne sont pas nos réalisations, ce qu’on fait, mais notre soif, notre désir. Et la soif, le désir, c'est notre intention, le désir de notre vie dans ce qu'il a de plus fort. C'est cela que le Père regarde en premier lieu.

C'est lui qui reçoit ce cri de soif, cet appel, parce que Jésus est comme un appel éternel vers le Père, il est « l’amen du Père » comme dit l’apocalypse. Dieu regarde plus nos intentions que nos réalisations. Et nos réalisations, sont là pour faire grandir notre soif, notre attente d’être attiré, d’être pris par Lui.

Grégoire +

 

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Père ..

28 Avril 2021, 16:18pm

Publié par Grégoire.

Père ..

« Ce que je dis, je le dis comme le Père me le dit » Jn 12, 50

Le Fils aime le Père avec l’amour même que Lui donne le Père. Le Fils c’est l’amour du Père se donnant, fécond en lui-même. Jésus dit donc le Père dans tout ce qu’il est. Et nous aussi, on est quelque chose de son amour. On aime donc le Père avec l’amour qu’il nous donne, qu’il met en nous.

En nous donnant à Jésus, le Père nous donne de l’aimer avec l’amour même de Jésus. L’offrande, le sacrifice de Jésus c’est à nous. C’est notre héritage. La messe qui rend présente l’offrande d’amour actuelle de Jésus au Père, offrande vécue dans notre chair, fait que toutes nos offrandes, toutes nos luttes, toutes nos vies ont le poids, la taille, la signification même de l’offrande de Jésus. L’amour de Jésus pour le Père est la vie de notre vie, sa face cachée mais réelle.

Mais on ne peut s’appuyer sur cette offrande de Jésus, son amour devient notre vie que si on est radicalement pauvre. 

C’est pour ça que la première manière dont Le Père se donne à connaitre, c’est Marie. Elle est celle qui a tout reçu gratuitement, qui est immaculée par pure gratuité, qui est mère de Dieu par hyper-gratuité. C’est bien ce qu’a touché St Louis Marie Grignon de Monfort que nous fêtons aujourd’hui : « le Père a réalisé en Marie en grande lettres, ce qu’il veut faire pour chacun de nous » 

Le Père a donné à Marie de vivre tout son mystère, tout ce qu’il est. Et ça c’est pour nous, aujourd’hui. C’est ce que nous vivons. Pas moins. Marie est source du fils, en recevant tout de Lui, en vivant de son amour. Elle est à Noël le premier visage du Père. 

À Noël, Marie et Jésus sont un. Et à la croix, ils sont encore plus un, dans la même offrande, dans un amour où ensemble ils communiquent à Jean leur amour commun. « Voici ta mère ». Et cela dans la plus grande pauvreté : il n’y a pas de place pour Jésus à Noël, et à la croix ce sont tout ses frères qui le rejettent : ils n’en veulent pas.

L’amour de Jésus est de trop, il est insupportable. C’est trop de gratuité. Et derrière, c’est le rejet du Père ! C’est la haine du démon envers le Père, la haine du fils ainé, de celui qui a des droits. 

Et la grande réponse, c’est la pauvreté extrême de Marie, sa pauvreté radicale : elle est celle qui reçoit tout, qui accepte de ne pas comprendre, qui accepte de n’avoir aucun droit, qui suit l’agneau partout où il va. 

Et ce cœur de Marie, de la femme, de celle qui est fragile, manifeste le coeur du Père, sa vulnérabilité, sa délicatesse, sa magnanimité. Le Père a un cœur plus que maternel, plus vulnérable et plus silencieux qu’un tout-petit. L’enfant de Marie et le coeur de Marie disent ensemble qui est le Père. 

C’est là la vraie lutte de notre vie : toucher le cœur de notre Père. Supprimer de notre vie toutes nos imaginations religieuses, abstraites, infantile sur le Père. Et entrer dans ce lien personnel, familier, intime avec Jésus, avec Marie qui nous disent le Père, et qui nous mettent dans un contact immédiat avec Lui. Pour se reposer auprès de Lui et dire en silence, avec Marie, avec Jésus : « Père ».

Grégoire +

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Vous êtes dans la main du Père

27 Avril 2021, 15:32pm

Publié par Grégoire.

Vous êtes dans la main du Père

« Vous ne croyez pas parce que vous n’êtes pas de mes brebis » Jean 10, 26

C’est un cri de Jésus que cette parole, une blessure profonde de son cœur vis à vis de ses frères, qui ne sont pas de ses brebis, parce qu’ils ne veulent pas être des enfants du Père. « Personne ne peut venir à moi, si cela ne lui est pas donné par le Père »

Seul celui qui accepte d'être un enfant du Père, seul celui qui n’est plus qu’un cri vers le Père, qui attend tout du Père, qui ne s’appuie plus sur ce qu’il connait, ses propres forces ou sa propre fidélité, est vraiment un enfant du Père, son tout petit.

C’est pour cela que la première des béatitude est celle des pauvres « bienheureux les pauvres » car on ne peut être devant le Père, devant La Source de tout ce qui est, de notre existence, que comme un pauvre, qu’en acceptant d’être rien par nous-même.

Et reconnaitre qu’on est des pauvres, c’est proclamer la gratuité du Père, la gratuité de son amour, de ce qu’il est pour nous. Une totale gratuité, une gratuité radicale : il est une pure source ! C’est pour cela qu’on ne peut-être vers le Père que dans un cri : le cri de l’enfant d’Agar dans le désert, le cri de Jésus à la croix : « Abba, Père, Papa » parce que le cri manifeste l’attente d’un amour totalement gratuit, l’attente d’un amour qui n’est plus qu’amour. Et cet amour, c’est le Père.

C’est cela la grande raison de nos luttes, de nos épreuves, de nos souffrances, de la Croix : nous dépouiller de nous-mêmes, faire de nous des tout-petits, des pur-recevants, être tout-attentes pour que l’amour soit pleinement lui-même, qu’il ne soit qu’amour, pur don, gratuité absolue. C’est cela le Père. 

Et c’est pour cela que Jésus, qui est la parole du Père, est surtout la voix du Père « mes brebis écoutent ma voix ». Sa manière de nous parler nous fait toucher de l’intérieur la présence du Père, et sa voix, parce qu’elle celle de celui qui nous aime, nous entraine dans son silence. Quand on aime il n’y a plus de paroles qui tiennent, il n’y a plus que l’autre qui par sa présence prend tout, par l’attraction de sa bonté.

La première présence du Père pour nous, c’est lorsqu’il crée notre âme. Cela se réalise dans un silence qui échappe à tout le monde, même aux scientifiques ! Le Père est d’abord là en silence, sans témoin. Le Père m’est ensuite présent en me donnant à Jésus, pour que j’ai en moi l’amour de Jésus. Je suis donné à Jésus pour qu’avec Lui, je sois vers le Père. Je suis en Jésus, en acceptant d’être son tout-petit, sa petite brebis : « personne ne vous arrache de ma main ». C’est au-delà de ma conscience, de mon vécu, au-delà des résultats.

C’est très difficile pour nous d’accepter d’être rien, d’être une brebis. Ça semble ridicule, presque méprisant. Mais c’est pour aimer avec l’amour de Jésus, se laisser aimer comme le fils éternel est aimé. Et cela, c’est ce que Jésus nous donne de vivre aujourd’hui, à chacun. Aimer avec Jésus, par Lui, c’est accepter de ne pas posséder ni notre amour, ni notre manière d’aimer, d’être radicalement pauvres.

Ma vie n’est pas ce que je vis, mais elle est ce qu’elle signifie pour Jésus, ce que Lui en fait.

Grégoire +

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Il nous appelle un à un ..

26 Avril 2021, 16:32pm

Publié par Grégoire.

Il nous appelle un à un ..

« Il les appelle chacune par son nom, elles le suivent car elles connaissent sa voix » Jean 10, 3-4

Jésus est le bon pasteur, la voix et la porte : qu’est-ce que cela veut dire ? 

Jésus bon pasteur, c’est celui qui nous connait par cœur ! Il nous connait même mieux que nous-même, parce qu’il a un regard d’éternité sur nous, et il est là depuis notre conception. Et il nous conduit très concrètement, d’abord en nous appauvrissant, en nous dépouillant; ensuite en nous envoyant des témoins, des amis. C’est cela la voix, c’est par exemple Jean-Baptiste qui est « la voix qui crie dans le désert » Jésus nous conduit toujours un désert, pour pouvoir parler à notre cœur profond. Il nous faut être appauvrit de nos forces, dépouillé de nous-même, pour pouvoir entendre sa voix personnellement, que ce ne soit plus anonyme.

Mais nous, on ne sait pas ce qu’est le Bon Pasteur parce qu’on fait passer Jésus après tout le reste, où quand on a le temps, une fois qu’on croit avoir résolu nos problèmes. Du coup, on s’empêche de toucher qu’il nous conduit vraiment. Mais Jésus est patient, il a le temps. 

Et il est la porte, ce moyen pauvre, dont on se sert pour entrer dans autre chose. C’est comme l’eucharistie, cela ne s’adresse pas d’abord à notre intelligence ou à notre esprit. L’eucharistie il s’agit de manger Jésus. Il faut être affecté par ce don pour être porté par cet amour qui est Lui pour moi.

La porte c’est ce qui nous permet d’entrer dans l’intimité d’un lieu, d’une demeure. On franchit le seuil. On passe de l’extérieur à l’intérieur. Jésus qui est la porte et la voix, c’est Jésus qui présent à chaque instant au milieu de nous, c’est à dire dans tout les détails de notre existence, et qui se sert de tout pour nous faire franchir le seuil, nous faire quitter cette vie que nous vivons par-même, à entrer dans son intimité, et entendre sa voix à Lui au milieu de tout les bêlements des brebis et des chèvres.

Il est la porte : il s’efface devant nous, il veut qu’on soit certain qu’il est là pour nous, et que Lui nous rattrape toujours. Et si il s’efface, c’est qu’il veut qu’on entre dans cet esprit d’enfance, de petitesse radicale, comme des brebis qui ne comptent pas sur elle-même pour trouver leur pâturage.

Il est le Bon pasteur : lui seul nous conduit, de l’intérieur. C’est à lui qu’on obéit dans le secret de notre cœur, comme à un ami et un époux. C’est cela l’obéissance chrétienne, découvrir comment Lui me conduit, me fait passer actuellement sur l’autre rive, moi personnellement. C’est là où s’arrête l’analogie : c’est que Jésus nous conduit chacun personnellement, pas en troupeau. Le troupeau c’est pour nous cacher aux yeux du monde, mais nous sommes uniques pour Lui. 

Tant que je n’ai pas découvert que je suis unique pour lui, que chaque détail de ma vie est important pour Lui, je ne l’ai pas découvert, je ne suis pas entrer dans ce repos, je n’ai pas franchis le seuil. 

Il est la voix : la manière dont il nous parle est presque plus importante que ce qu'il nous dit. Car que dit-il sinon lui-même ? Il se dit et il m’appelle, par mon nom, à chaque instant.

Grégoire +

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J'ai soif de toi

24 Avril 2021, 21:44pm

Publié par Grégoire.

J'ai soif de toi

« Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, et je donne ma vie pour mes brebis » Jn 10, 11.

Jésus est bon pasteur parce qu'Il nous connait de l'intérieur, il nous connait mieux que nous-mêmes et il veut nous conduire  chacun d'une manière unique, lui sait ce qui est bon pour nous. Il me connait, parce que je suis sa brebis ! C’est le Père qui nous a donné à Jésus. Jésus nous regarde donc comme ceux dont il est totalement responsable et à qui il donne tout. Tout  ce qui appartient à Dieu nous est donné ! 

Et le grand mal que l’on se fait, le grand péché, celui que Jésus vient retirer de notre cœur, c’est de croire qu’on doit mériter l’amour de Jésus, c’est de mettre des conditions à son don, croire que Jésus nous aime seulement si on est bon et sans fautes. C’est faux ! Jésus nous aime plus qu’une mère aime son enfant, son amour, c’est à dire lui-même est sans condition et  d’une gratuité folle !

Jésus désire qu’on touche son amour, il veut qu’on sache qui on est pour lui, qu'il nous aime sans conditions : 

« Bien aimés, voyez quel grand amour le Père a pour nous : dès maintenant nous sommes enfants de Dieu »

Jésus aime qu'on cherche à connaitre et à se reposer dans cet amour qu’il a pour nous. Jésus veut qu’on sache comment il nous regarde, comment il nous porte, comment il est vers nous. Et là nous entrons alors dans un certain repos, ces eaux tranquilles, parce que notre repos c’est de se savoir aimé sans fin, gratuitement, sans condition. Savoir qu’on est celui à qui il donne tout, celui pour qui il a tout acquis.

Et c’est cela la vocation : vouloir vivre de cet amour qui est Jésus. La vocation, avant d’être religieux, prêtre, de vivre en communauté avec une règle de vie, la vocation, c’est en premier, tout brûler pour ne plus vivre que de Dieu. Lui qui est amour. Tout donner à Jésus, pour tout recevoir de Lui. « Va, vends ce que tu as, puis viens et suis moi »

La vocation, c’est tout ceux qui veulent devenir l’intime de Jésus, son ami, son époux. Ceux qui veulent annoncer la vie éternelle en la vivant déjà.

La vocation ce n’est pas autre chose que de vouloir vivre pour Jésus, par son amour, dans son amour. C’est ce que dit Ste Thérèse de l’enfant Jésus, la plus grande sainte des temps modernes, patronne des missions, docteur de l’Eglise : « dans le cœur de l’Eglise, je serais l’amour, ainsi je serais tout » 

Vous voulez changer le monde ? Laissez vous aimer par Jésus ! Pour devenir son amour, sa présence. 

Je voudrais laissez la place à l’un des plus beaux textes sur la vocation. C’est le testament spirituel de Mère Teresa. C’est un texte à entendre plus qu’à lire… Entendez, c’est Jésus qui vous parle : 

« Voici que je me tiens à la porte et que je frappe » C'est vrai, je me tiens à la porte de ton cœur, jour et nuit. Même quand tu ne m'écoutes pas, même quand tu doutes que ce puisse être moi, c'est moi qui suis là. Je veux que tu saches que chaque fois que tu m'inviteras, je vais réellement venir. Je serai toujours là, sans faute. Silencieux, invisible, je viens, mais avec l'infini pouvoir de mon amour. Je viens avec ma grâce pour toucher ton cœur et transformer ta vie. Je viens avec ma paix, qui va apporter le calme et la sérénité à ton âme. Je te connais de part en part. Je connais tout de toi. Tout de ta vie est important à mes yeux. Je t'ai suivi à travers toutes ces années et je t'ai toujours aimé.

je t'aime, non pas pour ce que tu as fait, non pas pour ce que tu n'as pas fait. Je t'aime pour toi-même, pour la beauté et la dignité que mon Père te donne.

Je connais tout spécialement ton besoin d'être aimé. Je connais combien tu as soif d'être aimé et d'être chéri et combien tu as cherché en vain d'assouvir cette soif. Est-ce que tu as soif ? Venez à moi, vous tous qui avez soif, je vais vous combler. Est-ce que tu as soif d'être aimé ? Je t'aimerai plus que tout ce que tu peux t'imaginer. Je t'ai aimé jusqu'à ce point de mourir sur la croix pour toi.

J'ai soif de toi. Moi aussi, j'ai soif de toi. C'est la seule manière avec laquelle je pourrai décrire mon amour pour toi. J'ai soif de toi. J'ai soif de ton amour. J'ai soif d'être aimé par toi. Cela te dit combien tu es précieux à mes yeux. J'ai soif de toi. Viens à moi. Je vais remplir ton cœur. 

Je vais soigner tes blessures. Je vais faire de toi une nouvelle créature. Je vais te donner la paix, au cœur même de toutes tes épreuves. Mais j'ai soif de toi. Ne doute jamais de ma miséricorde, du fait que je t'accepte sans cesse, de mon désir de te pardonner, de ma soif ardente de te bénir, de vivre en toi ma propre vie. J'ai soif de toi ! Si tu te crois sans importance aux yeux du monde, cela ne m'importe pas du tout. Pour moi, il n'y a qu'une chose qui importe : il n'y a rien de plus important dans le monde entier que toi. J'ai soif de toi ! Ouvre-toi à moi. Viens à moi et aie soif de moi. Donne-moi ta vie et je vais te prouver combien tu es important à mon Cœur. J'ai soif de toi !

Peu importent tes errements. Peu importe combien tu m'as oublié. Peu importe toutes les croix que tu as dû porter toute ta vie. II n'y a qu'une seule chose dont je veux que tu te souviennes tout le temps, une seule chose qui ne changera jamais : J'ai soif de toi, tel que tu es. Tu n'as pas besoin de changer pour croire en mon amour, parce que c'est de croire en mon amour qui va te changer. Tu m'as oublié, et maintenant je te cherche à chaque instant de ta vie, me tenant debout, à la porte de ton cœur et frappant.

Tu penses que c'est dur à croire ? Alors, regarde vers la Croix, regarde vers mon Cœur transpercé pour toi. Regarde vers mon Eucharistie. Écoute encore une fois ce que j'ai dit sur la Croix : J'ai soif ! Oui, j'ai soif de toi. J'ai soif de toi. J'ai cherché quelqu'un pour combler mon amour et je n'ai trouvé personne. Sois celui-ci. J'ai soif de toi -de ton amour. »

Qui veux répondre à l'attente de Jésus ? 

Qui donnera à boire à Jésus ? 

Qui veut être aimé ?

Grégoire +

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Comment cela peut-il se faire ?

23 Avril 2021, 16:16pm

Publié par Grégoire.

Comment cela peut-il se faire ?

« Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jean 6, 52

De même que Marie face à l’ange qui lui annonce qu’elle va engendrer un fils, Marie répond : « comment cela peut-il se faire? » De même Zacharie : « comment alors que je suis déjà vieux? » ou Nicomède : « Comment un homme peut-il naitre de nouveau ? » Et là encore : « comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » 

Et Jésus les remets face à son don, et sept fois il répète : « si vous ne mangez pas la chair du fils de l’homme… celui qui mange ma chair…» Face à un don qui est premier, absolu, qui n’a pas d’autres explications que la bonté du Père et qui repose sur l’efficacité divine, il n‘y a plus aucun raisonnements qui tiennent, ni explications.  

Il n’y a que le don qui puisse par lui-même éclairer, rendre raison de ce qu’il est. C'est en vivant de son don, sans vouloir mettre la main dessus de quelque manière que ce soit, que ce don se révèle à nous de l'intérieur. De même que c'est en aimant qu'on laisse l'autre se dire à nous jusqu'au bout.

Quand on est face à quelque chose de second, on peut éclairer une chose par une autre. Mais vis à vis de tout ce qui est premier, on ne peut que recevoir une lumière qui toujours nous dépassera. « L’Esprit St viendra sur toi »

C’est là où on voit quelqu’un d’intelligent. Nous sommes intelligent ou lumineux par notre manière d’interroger. Ce ne sont pas nos raisonnements, nos conclusions ou les connaissances que l’on possède qui font qu’on est intelligent.  Socrate disait déjà qu’il accouchait les esprits en les faisant s’interroger. 

Interroger, c’est voir que dans ce qui nous est dit ou devant la réalité, on n’en connait quelque chose mais pas tout, et on veut la connaitre dans ce qu’elle a de premier. C’est notre capacité à distinguer ce qui est premier de ce qui est second, notre capacité à lire de l’intérieur la réalité, à la laisser nous dire qui elle est.

St Jean est intelligent, car il sait par exemple reconnaitre la présence de Jésus sur la plage de Galilée : « C’est le Seigneur ».

Quelqu’un qui n’interroge plus est mort dans son esprit. Il sait ! Les petits savants sont comme ça. Ils vivent relatifs à leurs idées. Des petits intellectuels. Quelle horreur ! Où alors, quand on interroge parce que c’est contradictoire avec ce qu’on sait, mais sans laisser de place au réel, à l’autre à nous introduire dans quelque chose qui nous agrandit : on est enfermé  « comment peut-il nous donner sa chair à manger ? »

C’est pour cela que quelqu’un de très intelligent, sera intérieurement toujours comme un enfant face au réel : l’émerveillement, l’admiration nous permettent de recevoir de plus en plus ce que la réalité telle qu’elle est, sans apriori, sans jugement, sans critique.

C’est vital de maintenir toujours de grandes interrogations (qui ne sont pas des doutes) c’est à dire, se laisser réveiller, bousculer par la réalité, pour que se renouvelle notre désir d’aller toujours plus loin face à l’intention du Père, de ne pas diminuer ce qu’il veut.

L’amour ne se renouvelle que par une soif renouvelée de toucher la réalité telle qu’elle est, et notre connaissance reste humble, mendiante face au réel, si elle est portée par l’amour.

Grégoire +

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Je suis le pain du Père

22 Avril 2021, 16:30pm

Publié par Grégoire.

Je suis le pain du Père

« Moi, je suis le pain du Père, le pain du ciel » Jean 6, 48.

C’est complètement normal que les juifs ne comprennent absolument rien à ce que Jésus dit : Jésus leur parle un langage d’amour et d’amour divin. Il est Celui dont le Père se nourrit. Et seul celui qui est attiré par le Père dans sa bonté, dans sa lumière, peut venir à Jésus pour se nourrir de Lui. 

Le don de Jésus nous rend immédiatement participant de la vie divine, et Jésus nous dévoile là ce qu’elle est. Il nous dit « voilà ce que je fais de vous : comme moi-même je suis le Pain du Père, je vous fais devenir son pain. Son lieu de repos, sa joie. Et de même, vous, en vous nourrissant de moi, vous devenez comme le Père… »

Être attiré par le Père, c’est toucher dans la foi que le Père se donne à nous, on en est absolument certain, et qu’il se donne tellement qu’il veut qu’on ait sa place: le Père est en effet Celui qui se nourrit de son Fils, et pour se nourrir en vérité de Jésus, il faut être dans le Père, avec le Père, être pris par Lui. 

Seul les pauvres, radicalement peuvent entrer dans cet amour : celui qui compte encore sur lui-même, sur ce qu’il comprend, Celui qui fait carrière, qui a un rôle ou une place à tenir, des projets… celui là n’est pas radicalement attente. Il ne connait donc pas le Père qui nous met au désert, nous taille, met en lumière nos pauvretés, pour qu’on ne regarde plus que Lui, qu’on attende tout de Lui. 

Le Père n’est Père pour nous que lorsqu’on attend tout de Lui. C’est bien pour cela que Jésus fait référence à l’épisode du désert : « vos Pères au désert on mangé » pour nous dire : « votre monde est un désert pire que celui de vos pères, puisque c’est un monde d’ou est absent la bonté du Père, sa tendresse. Votre monde est sec, violent, rempli de bruit… et je viens, envoyé par le Père, être la bonté du Père pour vous. »

Nous sommes actuellement tous au désert, comme coupé de notre source de vie : notre Père. La Croix a manifesté, a dévoilé dans quel état est la personne humaine sur la terre : « ecce homo : voici l’état de l’homme sans artifice, voilà dans quel état vous êtes sans vos masques et vos protections »

Et le Père qui nous demande  d’accepter d’être au désert, de n’être plus que comme la chair qui pâtit, sans eau, d’accepter de vivre la passivité de la matière pour être fait pain du Père. 

L’eucharistie creuse en nous cette soif, nous met au désert, nous fait devenir le désert du Père, nous plonge dans son silence, nous fait devenir don, attente, et nous blesse car elle nous fait vivre d’un don sans le repos qu’annonce ce don.

Notre vie divine est l’oeuvre du Père et du Fils. Pas la nôtre. Et la grandeur de la foi, c’est d’accepter d’être conduit sans comprendre, d’être absolument certain de la conduite du Père qui vient me dire : « tu es mon Pain, mon repos, ma joie », que chacun puissions dire « je suis fait Pain de vie, Pain du Père » 

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Ceux que me donne le Père

21 Avril 2021, 16:21pm

Publié par Grégoire.

Ceux que me donne le Père

« Tout ceux que me donne le Père viendront à moi, et celui qui vient à moi, je ne le remettrais pas » Jean 6, 37.

C’est très fort : on peut voir Jésus, être en sa présence, mais ne pas le recevoir, ne pas aller à Lui. Pourquoi ? Parce que seul le Père peut nous donner à Jésus, nous faire aller à Lui, nous faire croire en Lui, nous nourrir de Lui. 

Et quand le Père nous a donné à Jésus, le Père veut que Jésus ne perde rien de ceux qu’il Lui a donné.

Pour être conduit par le Père à Jésus, c’est entrer dans cette nouvelle filiation, être à nouveau engendré, naitre à nouveau comme dit Jésus à Nicodème, ou comme Jésus dit à la samaritaine : « adorer en Esprit et en vérité » c’est à dire se recevoir à nouveau du Père. 

Adorer c’est le geste propre de la créature envers Dieu, qui reçoit de Lui actuellement son existence, sa vie, sa croissance, son être; C’est dire : « Par toi, je suis; parce que tu me veux maintenant, j’existe; de toi je me reçois dans mon existence » et c’est vivre ce don de notre existence qui est actuel en Dieu. C’est se recevoir de Lui, comme quelque chose de Lui, même si nous ne sommes pas Lui : nous, nous avons commencé a exister, alors que Lui, depuis toujours IL EST.

Et, l’adoration en Esprit et Vérité, c’est se recevoir à nouveau du Père, en acceptant ce chemin qu’il a voulu pour nous, que par nos pauvretés, par nos péchés et nos misères, il s’en serve pour nous faire connaitre et vivre sa vie personnelle. C’est vivre en nouveau-né du Père, puisque nous sommes immergés en Lui, notre vie est une participation à sa vie : on est greffé sur Lui, on est par Lui, avec Lui, en Lui. C’est accepter d’être conduit dans toute notre vie.

On pourrait dire un peu grossièrement que naturellement on dépendait de Dieu dans notre être mais qu’on était autonome dans notre vie. Dans la nouvelle alliance, on accepte d’être conduit comme des enfants, à travers un chemin qu’on ne comprend pas, parce qu’on est actuellement engendré fils du Père. 

Être conduit à Jésus, c’est renaitre dans le fils; être fils dans le fils : c’est donc entrer dans une dépendance radicale, choisir de ne plus rien faire sans Lui; comme Jésus le dit : « sans moi vous ne pouvez rien faire » bien sûr on peut faire à manger, construire des maisons, des avions, mais cela, c’est vivre selon la nature si c’est par-nous-même ! Et le désir de faire de Jésus leur roi politique est un exemple parfait de l’attente d’un salut humain, d’une reprise de notre nature. 

Etre fils, c’est accepter que notre nature est morte, elle tombe en poussière, et donc ne pas d’abord chercher à la sauver, ne pas chercher une perfection humaine, mais entrer dans cette docilité filiale, celle d’un tout petit, d’un nouveau-né qui n’a plus d’autonomie, qui presque, ne sais plus rien faire par lui-même. Pour être donné par le Père à Jésus, comme enfants de Jésus et du Père.

C’est la petite voie de Thérèse, qui voyant sa faiblesse, ne pouvant monter une marche, attend que Jésus lui-même vienne la chercher, la prenne elle la brebis perdue, blessé, elle qui l’attend les mains vides.

Grégoire +

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Joie secrète du Père

20 Avril 2021, 16:23pm

Publié par Grégoire.

Joie secrète du Père

« C’est mon Père qui vous le donne le vrai pain venu du ciel. » Jean 6, 33.

Toute la nouvelle alliance est la révélation du Père. C’est le Père qui se donne à vivre, à connaitre en nous donnant ce qui le fait vivre, son repos, sa joie, son secret : Jésus. Jésus, secret intime du Père, veut être notre secret et il veut nous faire être la joie du Père, son repos. C’est ça la multiplication des pains.

Pourtant c’est Marie qui a commencé a révéler la joie la plus secrète du Père, en mendiant le vin des noces à Cana. La multiplication des pains est un signe quantitatif : Jésus multiplie en quantité des pains et des poissons, qui sont le signe de son don, donné gratuitement à chacun. À Cana c’est la substance et la qualité qui sont transformés : ce n’est plus de l’eau, c’est un vin exceptionnel. 

La multiplication des pains a donné lieu a un échange avec le peuple alors que Cana est comme resté caché, cela reste un secret. C’est parce que le vin c’est la joie gratuite que l'on peut dire que c’est à Cana que le coeur du Père est comme plus révélé qu'au moment de la multiplication des pains. Le pain est la nourriture nécessaire, substantielle, qui nourrit fondamentalement. Le vin c’est la surabondance, la gratuité, la joie.

Jésus est le Pain du Père, il est l’amour nécessaire, éternel du Père, alors que Marie -et donc chacun d’entre nous si nous le voulons, on est là pour devenir comme le vin du Père, sa joie d’autant plus secrète qu’elle n’est pas nécessaire. Marie comme chacun de nous ne sommes pas nécéssaire au Père. C’est un amour qui est pure gratuité, et qui justement dit le  plus le cœur du Père. Cana dit l’attente la plus profonde du Père : nous transformer en sa joie, en son vin, en une source d’amour complètement gratuite !

On peut vivre notre vie chrétienne au niveau de la loi, au niveau des règles, au niveau moral… Ce n’est pas à proprement parler une vie chrétienne, mais le Père s’en contente. Il accepte dans sa magnanimité qu’on reste enfermé dans des formes qui sont à notre taille, relatifs à une prudence religieuse, un ordre établi.

Ou alors, on peut vivre notre vie chrétienne selon son désir le plus profond, qui est un secret, qui réclame d'être touché de l'intérieur et qui est donc très personnel. Parce que Dieu est amour, parce qu’il est don personnel d'amour en trois personnes, il est La Réalité et même temps complètement caché, sans extériorité, ni paraitre, ni artifice, présence silencieuse... son grand désir c’est de nous faire vivre immédiatement de Lui-même. 

Cela réclame une confiance absolue que d'accepter de devenir pour le Père, sa joie secrète; C'est se laisser attirer par Celui qui nous aime tellement plus que n’importe quelle mère, et qui se sert de toutes nos luttes pour qu’on ait plus aucun appui en nous-même et nous mettre à sa taille, nous faire vivre en Fils, pour qu’on devienne sa joie, sa nourriture. 

Par exemple, quand on prie, est-on tournée vers Jésus comme Celui qui peut, si il le veut, nous faire telle grâce, ce qui signifie qu’il reste un peu lointain, ou bien est-on avec Lui comme absolument certain qu’il nous donnera tout, parce qu’on est sa joie, son secret, et qu’il est vers nous comme une mère avec son enfant, se nourrissant de sa présence ?

C’est cela que le Père veut que nous soyons pour Lui: sa nourriture, son vin, sa joie, et prier c’est être là pour Lui, sans autre raison que parce que cela le réjouit.

Grégoire +

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Le regard paternel de Dieu

19 Avril 2021, 16:13pm

Publié par Grégoire.

Le regard paternel de Dieu

« L’oeuvre du Père c’est que vous croyez en Celui qu’il a envoyé ». Jean 6, 29

C'est Le travail du Père que de nous conduire à croire en Jésus. Jésus le dit « Nul ne peut venir à moi si le Père qui m'a envoyé ne l’attire. Il est écrit: Ils seront tous enseignés par Dieu. Quiconque entend le Père et reçoit sa parole vient à moi »

La vision moderne de la foi, c’est d’en avoir fait un acte libre d’adhésion, qui vient de moi « c’est moi qui croit ». Comme si ça venait de nous, comme si on était capable de Dieu ! Jésus nous dit que croire c’est un fruit, l’effet en nous du Père qui nous attire, nous parlant nous conduit à Jésus. C’est cela la volonté du Père: nous faire entrer et demeurer dans un contact immédiat, actuel, personnel, intime avec Jésus. 

Mais nous on voudrait que ça vienne de nous « JE crois ». Or, si notre relation à Jésus, notre vie chrétienne c’est le fruit de ce qu’on fait, c’est un athéisme pratique. Et il n’y a rien de plus désespérant. Comme de croire qu’une vie droite, prudente, réglée me donne « droit » à communier ou à la vie éternelle ! C’est faux ! Seul le Père peut me donner Jésus et m’en faire vivre. Pour nous c’est impossible.

C’est pour cela qu’on mendie au Père avant de communier, de nous dire une parole  « Seigneur, je ne suis pas capable de te recevoir, mais dis une seul Parole et je serais capable » car le Père me parlant, me donne de pouvoir recevoir Jésus. Sinon, on ne le reçoit pas. On le reçoit matériellement mais il n’y a rien de personnel.

C’est capital, car le grand désespoir qui existe dans notre vieille Europe, vient de ce qu’on a fait croire que pour vivre de Dieu, de Jésus, il fallait faire beaucoup d’efforts, croire, espérer, aimer par nous-même ! C’est du marxisme : puisque pour un athée nous ne sommes que ce que nous faisons !

Et il n’y a rien qui engendre plus le désespoir, la violence autour de soi que de croire en ce que l’on fait. Ça a un effet immédiat sur le reste du monde. On est peut-être cause de suicide et de meurtre par nos manières pieuses de compter sur nous-mêmes.

La foi c’est avoir le regard même du Père sur toutes choses, son sourire. C’est quelque chose du regard même du Père. Comme l’espérance, c’est laissez le Père me faire vivre de ses désirs, de son efficacité à Lui, de sa manière de réaliser les choses. Croire, c’est donc mendier son regard, son sourire.

Et la résurrection, c’est l’amour dans son premier jaillissement. Et pour le recevoir, il faut être des pauvres, ne plus se regarder, ni se juger. Ne plus compter sur soi, ne plus s’appuyer sur soi, ne plus croire en soi. 

L’Evangile, c’est apprendre qu’on est aimé du Père, tout attendre de Lui comme Jésus se reçoit du Père. On est plus ce qu’on reçoit que ce qu’on fait. L’oeuvre du Père c’est donc de creuser en nous une capacité à le recevoir, à l’écouter. À vivre de son don gratuit. Et c’est pour cela qu’il nous commande d’aimer ! Il ne nous commande pas d’être efficace, de bien prier, mais d’aimer.

Parce que c’est la bonté d’un autre qui nous transforme, comme c’est la bonté du Père qui nous sanctifie, nous rend aimant, intelligent. Rien n’est plus efficace que la bonté d’un autre pour nous. L’amour c’est, en moi, l’effet de la bonté personnelle d’un autre, de Jésus. Et la foi, c’est cette connaissance amoureuse, ce regard actuel du Père sur chacun, dont il veut nous faire participer. Il n’y a donc rien de plus personnel et rien qui n’est plus reçu qu’un regard de foi.

L’évangile, c’est le Père qui vient nous dire qu’on est son amour. La foi est donc un secret personnel que je ne peux que recevoir. Nous sommes gardien d’un secret personnel : je suis le secret du Père. Je suis son amour. Mes frères sont ceux que le Père aime. Et il faut les aider à découvrir, à toucher qu’ils sont bien-aimés.

Grégoire +

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Cet amour qui nous sauve, c’est quelqu’un

17 Avril 2021, 21:00pm

Publié par Grégoire.

Cet amour qui nous sauve, c’est quelqu’un

« Paix à vous » Luc, 24, 36

Les apparitions sont là pour nous ouvrir à cette nouvelle présence de Jésus Ressuscité, de Jésus qui est La Résurrection. Mais c’est quoi cette nouvelle présence ? qu’est-ce que croire en Jésus La Résurrection ?

D’abord, seul Jésus peut nous faire entrer dans sa nouvelle présence. Pour nous, comme pour les apôtres, c’est impossible. Pourquoi ? Parce que, pour nous, ce qui éclaire et dirige notre expérience présente c’est le passé, nos souvenirs, ce qu’on a vécu ! Et donc on a peur, on est triste, parce que le passé a souvent été difficile, la vie nous a laissé des souvenirs rudes, lourds à porter.

Or, Jésus n’est pas la continuation du passé. Jésus qui est La Résurrection, c’est complètement autre chose et c’est nouveau chaque jour. Et pour ça, il vient nous faire sortir de la mémoire du passé, de nos souvenirs et du poids que ça a mis dans notre coeur.

Jésus La Résurrection, c’est une présence personnelle, un secret pour chacun. L’Eglise est un milieu qui permet d’y entrer, mais c’est à chacun de recevoir Jésus. C’est plus intime que le don de Jésus à Noël, qui déjà est très personnel : Jésus pour Marie. Plus personnel que la vie apostolique, où Jésus établit des liens unique d’amitié avec chacun de ses apôtres, avec Nicodème, la samaritaine, Zachée, le bon larron… 

Notre monde est complètement étranger à ça : on passe son temps à vivre de nos souvenirs, à se rassurer avec des assurances et protections en tout genre. Aujourd’hui tout est fait pour qu’il n‘y ait plus aucun secret : tout doit être montré, dit, affiché, diffusé (cf. Instagram, Facebook, internet, les médias) c’est comme si tout était fait pour qu’on ne puisse pas recevoir Celui qui veut être la vie de ma vie, mon secret personnel.

Jésus La Résurrection c’est Jésus qui porte toute ma personne. C’est un amour tel qu'il réclame de brûler tout le passé, qui ne peut-être vécu que dans l’instant présent. 

C’est cela notre grande lutte : cultiver un secret, entrer dans un lien qui nous cache, vivre d’une présence dont ne peut rien posséder. Parce que c’est ça le salut : je suis justifié, porté, aimé par Celui qui est Dieu et qui ne peut être reçu que comme un secret personnel d’amour. Le reste c’est du vent !

Seul les pauvres de cœur et ceux qui sont assoiffés d’amour, en attente d’une présence absolu, secrète, personnelle peuvent s’y laisser introduire.

Jésus « ouvre notre intelligence à la compréhension des écritures » car être La Résurrection, ce n’est pas être un évènement qui succède aux autres évènements, La Résurrection, c’est Dieu qui introduit chacun de nous, avec notre humanité, nos soucis, nos pauvretés, dans ce qu’il a de plus intime, de plus personnel. C’est son œuvre il vient se lier à chacun personnellement, de manière telle qu’il ne peut y avoir de plus grande unité.

Le Salut, c’est Jésus pour moi et qui en aimant m’unit à Lui. C’est donc le dépassement de la loi dans un lien personnel, je suis aimé définitivement, inconditionnellement, et cet amour, qui est Jésus lui-même, fais que je suis un avec Lui. Parce que l’amour réalise l’unité de ceux qui s’aiment, et quand cet amour c’est quelqu’un, alors je suis dans Celui est cet amour.

Et cela c’est bien plus exigeant que la loi ! L’amour réclame de regarder la personne de l’autre, Lui, dans son don pour moi, sans nous inquiéter de nos pauvretés -s’inquiéter de ses fautes, c’est de l’orgueil, et cela manifeste qu’on a pas assez mendié qu’il vienne nous dire son amour. 

Être aimé de Lui, réclame de nous engager personnellement, de prendre des initiatives pour le recevoir, devenir vulnérable à Lui, sensible à son don, réceptif à ses initiatives. Mais c’est moi, seul face à Lui, sans personne pour me surveiller ou me dire ce que j’ai à faire ou à vivre. C’est personnel !

Les ténèbres, c’est éviter ce don qui nécessairement nous met à nu et nous éprouve. Les grandes ténèbres de l’humanité, c’est de rester à ce qu’on fait, à notre passé, a ce qu’on a vécu, ou à la Loi.

On s’occupe, on se distrait, parce que vivre d’un don pur c’est tellement difficile. Parce que même avec Jésus, cela nous engage dans notre personne, dans notre sensibilité, nos passions… et là, c’est carrément le foutoir, puisque notre capacité d’aimer est en vrac depuis le péché originel. Du coup, on évite d’aimer et on bosse, on se réfugie dans notre efficacité, nos raisonnements et on reste alors enfermé en soi. C’est pour ça que la générosité et la prudence sont des caricatures de l’amour. La générosité c’est faire quelque chose pour un autre. Cela nous évite d’avoir à nous donner personnellement. Or, avoir peur d’aimer, c’est avoir peur de Dieu. Refuser d’aimer, c’est refuser Dieu puisque Dieu est amour !

Qu’est-ce qui nous dispose à vivre de Jésus avec moi, pour moi, en moi ? C’est son commandement : « aimez-vous les uns les autres ! Nul n’a plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis »

Aimer son frère, sa soeur, c’est aimer celui que Jésus aime, et donc déjà recevoir Jésus. Comme Lui, se faire enfant de Marie, ami des pauvres, époux des pécheurs, nourriture des affamés, serviteurs de ses amis, offrande en pure perte, comme Lui est pour nous jusqu’au bout, définitivement, sans conditions, comme il est vers le Père, un avec Lui et vulnérable à tout ce qu’est le Père.

La lumière qui est venue en ce monde, c’est Jésus, qui est venu nous sauver de nous-même. Pourquoi ? Parce qu’on n’aime pas d’aimer. On ne veut pas être mis à nu. Il n’y a pas beaucoup de place pour l’amour en ce monde : on préfère la Loi, la télévision. Où est l’amour ? Les rencontres personnelles ? Est-on prêt à tout perdre -sa santé, remettre en cause sa vie pour son prochain ? Qu’est-ce qui est premier : les lois, notre prudence ou aimer ? Qu’est ce qui va demeurer éternellement ? Qu’est-ce qui nous rend heureux ? Aimer ou rester enfermé chez soi devant sa télévision ou son portable ?

Aimer nous appauvrit, nous rend vulnérable, sans défense, et réclame de ne plus nous regarder, offert gratuitement. Et cela seul nous fait être posséder par Jésus La Résurrection, Jésus qui est amour et qui est là, pour nous.

Grégoire +

 

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Afin que rien ne soit perdu ...

16 Avril 2021, 16:15pm

Publié par Grégoire.

Afin que rien ne soit perdu ...

« Rassemblez les morceaux restants afin que rien ne soit perdu » Jean 6, 12

Ce signe de la multiplication des pains, pique-nique champêtre au bord du lac, nous dit le don de Jésus pour nous : un don complètement gratuit, excessif, surabondant : il reste douze corbeilles de trop. Curieusement Jean ne dit pas combien de bouteilles il restait à Cana… 

C’est cela à quoi serve les miracles, et c’est pourquoi Jean appelle cela des signes : ils désignent quelque chose de réel mais caché. Et c’est bien le problème : Jésus est venu se donner divinement, pas nous sauver humainement. Or, les gens nourris, content d’avoir des petits pains frais, et du poisson à volonté, veulent faire de Jésus leur roi. 

« Jésus se retira dans la montagne, lui, seul. » Seul. Cela manifeste que les disciples se ont été contaminés par ce désir d’un messianisme temporel. Ils attendent encore un messie humain, temporel. 

C’est encore la question des disciples au moment de l’ascension : « quand vas-tu restaurer la royauté en Israël ? » Ils voudraient tellement que Jésus règle enfin tout les problèmes de cette terre. Et on peut passer sa vie à attendre de Jésus un salut humain, des résultats temporels, visibles, un salut politique, une sainteté qui soit à notre taille... 

Or Jésus est mort et Ressuscité, non pour nous convaincre de quelque chose ou nous sauver humainement, mais pour nous mettre avec Lui face au Père. Pour nous faire vivre du Père. Et on y est. C’est ce qu’est notre vie. Bien que ce ne soit pas visible. Et, ne pas croire, c’est en rester aux apparences visibles, juger des choses matériellement, selon les résultats. C’est cela les ténèbres du monde. Juger selon les apparences. Et sur ceux-là, « la colère de Dieu demeure » comme dit Jean Baptiste. Colère, pour dire que rien ne blesse plus le cœur du Père que ceux qui ont reçu la révélation, ne goûte pas son amour, et en restent à mesurer les choses selon leur prudence et la matérialité des faits.

Nous sommes ensemble face au Père, et Jésus exige de nous cette charité fraternelle qui dépasse tout amour humain normal. C’est cela le signe du pain : aimer jusqu’à se donner à l’autre pour être mangé par Lui. 

C’est seulement ainsi qu’on peut-être face au Père avec Jésus, parce que c’est comme cela qu’est le Père pour nous, et c’est comme cela qu’on doit désirer être les uns pour les autres. Désirer, car jamais sur terre l’amour que l’on désire vivre sera pleinement vécu dans notre corps comme il devrait l’être. Sauf si Jésus nous fait la grâce d’offrir notre vie comme martyr, comme Lui à la croix, comme Jeanne d’arc, ou comme le Vierge Marie, offerte au Père en pure perte et qui part cachée, sans gloire, sans aucun regard extérieur.

On devient le pain du Père et le pain de nos frères, quand on donne nos réserves, ce qu’on a mis de coté, quand on fait « s’asseoir nos frères », serviteur de ceux qui suivent, et surtout quand on cherche jusqu’au bout à écouter Jésus, à le laisser faire, le laisser nous donner aux autres, et enfin « ramasser ce qui reste » : c’est à dire, ne rien perdre de son don et demeurer dans l’action de grâce.

Grégoire +

 

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Le Père nous aime tellement

14 Avril 2021, 16:20pm

Publié par Grégoire.

Le Père nous aime tellement

« Le Père nous aime tellement qu’il nous donne son Fils » Jn 3, 16.

Toute la nouvelle alliance est d’entrer dans ce don personnel d’amour du Père pour nous. C’est de la gratuité pure, un don qui est de trop : le salut n’est pas de nous sauver de quelque chose, ou un ravalement général de notre nature… mais quelqu’un. Le Salut, c’est Jésus. C’est le dépassement de la loi dans un lien personnel, dans l’amour, ou je ne fais plus qu’un avec Celui qui m’est donné ! 

Et cela, c’est terriblement plus exigeant que la loi ! L’amour réclame de regarder la personne de l’autre, Lui, son don pour moi et de nous engager personnellement, de prendre des initiatives, accepter d’être vulnérable à sa personne, sensible à son don, réceptif à ses initiatives. C’est moi face à Lui. Sans personne pour me surveiller ou me dire ce que j’ai à faire ou à vivre. C’est personnel !

Les ténèbres, c’est éviter ce don qui nécessairement nous met à nu et nous éprouve. Et les grandes ténèbres de l’humanité, c’est de rester à ce qu’on fait ! Travail, travail, travail ! On reste séduit par ses découvertes, ses trouvailles, ses résultats. Et cela jusque dans notre lien au Père : on fait des petits chants, on fait nos prières, on lui balance nos litanies et nos liturgies dont on est fier et satisfait. Lui, le Père, ce qu’il en pense ? On ne cherche pas trop ! C’est encore la tentation de Pierre quelques jours après avoir vu Jésus ressuscité : « je m’en vais à la pêche ! » 

On s’occupe, on se distrait, mais vivre d’un don c’est tellement difficile. Parce que cela nous engage dans notre personne, dans notre sensibilité, nos passions… et là, c’est un peu le foutoir. Evidemment puisque c’est le lieu de la première catastrophe nucléaire : le péché originel ! Du coup, on met ça de coté et on bosse, on organise, on se réfugie dans notre efficacité, nos raisonnements, nos conclusions : on reste alors toujours relatif à soi puisqu’on est toujours à « faire quelque chose ».

Avoir peur d’aimer, c’est avoir peur de Dieu. Refuser d’aimer, c’est refuser Dieu puisque Dieu est amour !

Aimer, c’est le connaitre, le recevoir dans toute notre personne. Tout l’évangile, le don de Jesus, c’est Celui qui est amour qui est venu vivre, ce qu’il est, dans notre nature : il s’est fait enfant de Marie, ami des pauvres, époux des pécheurs, nourriture des affamés, serviteurs de ses amis, offrande en pure perte pour être à nous jusqu’au bout, totalement, définitivement, sans conditions, comme il est vers le Père, un avec Lui et vulnérable à tout ce qu’est le Père.

La grande rage du démon, Prince de ce monde, c’est le refus total et définitif de ce don absolu. Il préfère ses raisonnements, sa logique, son autonomie propre et demeurer dans ce qu’il connait.

La lumière est venue en ce monde, mais on préfère ce qu’on fait, ce qu’on connait. On n’aime pas d’aimer. On ne veut pas être mis à nu. Il n’y a pas de place pour l’amour dans ce monde. Aimer nous appauvrit, nous rend vulnérable, sans défense, et réclame de ne plus nous regarder, d’être relatif, offert en pure perte à Celui qui est, et qui est là, pour nous.

C'est de cela qu'il est venu nous sauver ... 

Grégoire +

 

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Né du souffle de l’Esprit

13 Avril 2021, 15:39pm

Publié par Grégoire.

Né du souffle de l’Esprit

« Ainsi en est de quiconque qui est né du souffle de l’Esprit » Jn 3, 8

C’est après les signes de Cana et de la purification du temple que Nicodème vient voir Jésus. C’est là que « l’Esprit souffle où il veut, comme il veut » dans l’amitié, vécue à Cana dans un mariage et dans l’adoration du Père. 

L’amitié nous donne le sens d’un autre qui est là pour moi. Cette rencontre de l’autre dans sa personne, dans une amitié, a autant de visage, de forme que de personnes humaines. Mais la rencontre amicale est l’expérience qui fait que mon existence n’est plus anonyme : lorsque la présence d’un autre nous touche, et que c’est un peu réciproque, alors notre vie prend une nouvelle couleur: on n’est plus spectateur. 

Même l’adoration devient ma rencontre avec Celui qui me porte et m’attend. Grâce à l’amitié, l’adoration n’est plus lointaine, anonyme et empreinte d’imaginaire. Elle est alors ma rencontre avec mon Père

Si l’adoration a besoin de l’amitié pour acquérir une dimension personnelle, l’amitié a besoin d’être ouverte à Dieu pour ne pas s’enfermer sur elle-même et ronronner dans le vide, puisqu’elle ne peut s’achever en elle-même: chacun de nous sommes faits pour Dieu ! Seul lui peut combler notre cœur. 

Cana et le temple sont donc les deux grands lieux où l’Esprit souffle : dans l’amitié, il nous pousse à prendre des initiatives ça nous est remis. Au temple, face au Père, il réclame une plus grande passivité, accepter d’être taillé dans notre lien au Père. Mais ces deux repos humains sont nécessaires et complémentaires pour notre vie humaine : cette capacité à aimer un autre et trouver ce repos en touchant ce premier instant où mon Père me fait être en Lui.

La résurrection, fruit de la croix, est le terme de notre recréation, où nous sommes divinisés. C’est une nouvelle création, une initiative du Père qui nous faits fils dans le Fils. 

Et cet engendrement nouveau passe par un nouveau lien personnel : celui de Marie et Jean, donnés l’un à l’autre alors qu’il sont vulnérables au plus haut point, vivant l’état du crucifié. Et cette nouvelle adoration, celle du Fils à la Croix qui se sert de l’orgueil religieux, celui des grands prêtres, des pharisiens pour vivre son offrande au Père et à chacun. 

Vivre de la Résurrection, c’est recevoir de l’Esprit cette nouvelle forme d’amour fraternel, celle voulue et établie par Jésus, et accepter ce dépouillement que réalise la Croix, qui n’est plus une pauvreté humaine, ni un sacrifice choisi, mais être fait agneau par toutes les jalousies, trahisons et mesquineries de ceux qui vénèrent leur règles, leurs principes et leur liturgie trop humaines.

C’est cela entendre la voix de l’Esprit et vivre en Fils : recevoir de Lui ces liens nouveaux qui ne sont plus notre choix. Et nous laisser dépouiller de tout ce qui était nos joies religieuses, pour être fait Agneau.

Cela n’est vivable que parce que nous sommes déjà dans le Fils et que ce qu’il nous fait vivre nous fait connaitre de l’intérieur  le coeur du Père. Dieu est cet état d’offrande absolument personnel, incommunicable autrement que dans un lien unique ou l’autre devient mon lieu, ma vie.

Grégoire +

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Tu entend la voix du vent, mais tu ne sais ni d'où il vient, ni où il va ..

12 Avril 2021, 16:10pm

Publié par Grégoire.

Tu entend la voix du vent, mais tu ne sais ni d'où il vient, ni où il va ..

« A moins de naitre d’en haut, personne ne peut entrer dans le royaume de Dieu » Jn, 3,5.

Nicodème, dignitaire religieux, Maitre en théologie vient voir Jésus de nuit : pour ne pas faire de vagues, soyons prudent ! Et, Jésus ne lui rend pas sa politesse : « Tu veux entrer dans le Royaume ? Alors nait d’en haut, accepte d’être conduit par l’Esprit, c’est à dire comme le vent, ne sachant ni d’où tu viens, ni où tu vas ! »

C’est plutôt radical. Or, c’est cela vivre de la résurrection : la vie chrétienne normale consiste à vivre en ressuscité. La résurrection ce n’est pas la vie « après » la mort, c’est aujourd’hui, c'est Le Père lui-même qui descend dans toute notre personne, et surtout dans ce qui est mort en nous, là où on ne peut plus rien faire pour nous faire naitre en Lui.

La vie chrétienne, c’est une naissance divine, donc qui reprend tout, qui n’est pas dans le prolongement de notre vie humaine ! Ce n’est pas ajouter des ingrédients nouveaux à nos petites soupes spirituelles ! C’est entrer dans autre chose, qui est toujours nouveau ! C’est cela la vie éternelle : une naissance toujours actuelle, comme Dieu lui-même est naissance actuelle, fécondité éternelle : le Fils est actuellement engendré dans le Père, il se reçoit du Père en étant tout entier vers le Père; et leur amour commun c’est l’Esprit St !

C’est ça la naissance nouvelle : entrer aujourd’hui, chaque jour un peu plus, dans la communion d’amour de Dieu lui-même, vécue pour nous sur terre dans la foi, sans vécu, ni résultat.

Et pour cette naissance, pour se convertir à cet amour radical, il s’agit non pas d’efforts ou d’un nouvel acte généreux qui viendrait encore de nous. Non, c’est beaucoup plus : il s’agit de perdre son âme, c'est-à-dire accepter d’être dans un état de total dépouillement : dépouillement de nos conclusions, de nos savoirs, de nos principes.. 

Brûler tout avoir spirituel, toutes fonctions, pour se laisser engendrer par Celui qui n’est qu’amour : « A cause de lui j’ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets. » écrit Paul aux Philippiens. 

Il faut comme tout détruire intérieurement de ce qu’on croit savoir : comme Jésus dit au temple, comme il le réalise à la Croix : tout est mort pour être ressuscité, c’est cela la Résurrection une naissance divine ! 

La Résurrection, c’est donc tout réapprendre auprès de Lui, c’est à dire dépasser l’état de Celui qui tend vers Dieu, pour devenir Chrétien, vivre comme ceux qui sont immergés en Jésus, qui ne peuvent plus rien faire sans Lui. C’est l’abandon. L'abandon est la naissance à la vie divine.

C'est l'abandon du tout-petit qui peut servir de comparaison pour saisir l'abandon divin. Le tout-petit dans les bras de sa mère. Le tout-petit n'a pas d'autre point d’appui, il se livre, parce qu'il est en sécurité, parce qu'il sait que sa mère ne peut pas l’abandonner. Il faut laisser Jésus être notre seul soutien pour connaître cet abandon divin.

C'est une passivité plénière ou on choisit d’être dans l’état de celui qui actuellement se reçoit entièrement, comme un nouveau-né. Quand nous n'aurons plus d'autre attente que ce que Jésus veut et que nous nous abandonnons avec une confiance absolue comme le tout-petit dans les bras de sa mère, on connait alors comme une grande détente -divine, une joie divine.

Grégoire +

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Ô faute bienheureuse

10 Avril 2021, 22:31pm

Publié par Grégoire.

Ô faute bienheureuse

« Ô nécessaire péché d’Adam, Ô bienheureuse faute qui nous a valu un tel sauveur ! » Exusltet Vigile Pascale.

Voilà la grande annonce de Pâques, la miséricorde que nous célébrons aujourd’hui. La faute d’Adam, ce péché originel dont nous portons tous les conséquences, qui fait de nous tous des enfants prodigues et bien cette faute et nos fautes sont sources du magnificat chrétien.

« Ô faute bienheureuse »  Pourquoi ? Parce que cette faute, nos péchés, notre orgueil, nos jalousies, nos haines, ont permis à Dieu de se révéler et de se donner encore plus à nous. Nos fautes nous permettent de connaitre de l’intérieur le coeur du Père : son amour est un abîme, sa miséricorde est sans limite !

Dieu répond à nos fautes, non pas simplement en nous pardonnant, en effaçant nos dettes, ni en nous rétablissant dans l’Alliance première. Dieu use de tout le mal pour se donner de façon telle qu’on est participant de sa divinité.

Nous avons reçu une existence humaine. On l’a saccagée et Dieu se sert de cela pour nous unir à Lui : nous recevons Dieu lui-même, gratuitement. On a massacré notre existence créé, en réponse, nous recevons l’Incréé ! Dieu se donne à nous de façon telle qu’il nous communique sa propre dignité. Par la faute d’Adam, notre nature blessée permet à Dieu de s’introduire en nous, de s’unir à nous, immédiatement. « O bienheureuse faute ! »

Avez-vous découvert cela ? Avez-vous au cœur cette joie, qui fait que, devant vos fautes, vos pauvretés, vous savez que Jésus les a portées, porte tout à votre place et s’en sert ? La miséricorde c’est vivre de la victoire actuelle de Jésus en nous !

C’est capital. On ne peut pas rester spectateurs ! Souvent, le grand obstacle, ce ne sont pas nos fautes, mais le fait de les porter seul, de croire qu’on est parfait par ce qu’on fait, ou croire que l’on doit accomplir la Loi, des règles pour vivre de Lui !

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu » Mais qui croient en quoi ? En son amour tellement victorieux qu’il a tout assumé ! Croire que Jésus est en moi sans voir de résultats apparent; croire malgré les apparences extérieures : on n’a pas l’air de saints, mais on l’est, aujourd’hui, par Lui: par ce que Lui à fait, avec Lui : c’est sa sainteté et en Lui : car nous sommes actuellement en Jésus !

La miséricorde n’est pas un petit pardon, de loin, une purification de Dieu, non. La miséricorde, c’est la personne de Jésus qui s’est unit à moi définitivement (JPII). Et l’Eucharistie, c’est pour réentendre son don, s’approprier ce qui est déjà là : Lui. Jésus est La Résurrection : il est présent à tout l’univers, partout on respire du Jésus. 

C’est La Victoire de l’amour divin, sans coopération humaine, sans nous demander notre avis, victoire sur toutes nos morts, nos fautes, nos échecs.

Jésus s’est uni à nous, Il s’est abaissé jusqu’à se faire notre esclave, notre aliment, pour que nous arrêtions de rechercher notre perfection je ne sais où. La perfection qui lui plait, c’est de choisir de dépendre totalement de lui. Il se donne totalement pour que nous arrêtions de nous inquiéter de nous-mêmes, pour que nous arrêtions de nous regarder, de nous comparer, d’écraser les autres par nos petites perfections. Et il a tellement épousé nos morts, nos échecs et nos fautes, qu’il leur donne un sens, une fécondité divine : « Mets tes doigts dans mon coté, et à la marque des clous »

L’orgueil absolu qui a été vaincu c’est l’orgueil religieux, celui du fils ainé, du pharisien, de ceux qui croient savoir, de ceux qui jugent, critiquent, de ceux qui refusent de rester des mendiants, d’être dépositaires d’un mystère qui les dépasse.  

La résurrection, cette victoire de Jésus doit nous libérer de ces maladies : la bonne conscience de nous-même, nos satisfactions d’être autonome et toutes nos suffisances. 

Comment on en vit ? Jésus exige de nous qu'on ait comme première lumière dans notre vie l'amour et la miséricorde. C’est en aimant que l’on connait de plus en plus l’amour de Jésus pour nous.

La vie chrétienne, c’est le primat de la charité, de l’amour, du pardon et de la miséricorde sur la justice. La miséricorde, c’est la fête si généreuse que le Père organise pour son fils prodigue. Le Père regarde les personnes et se sert de leur accident pour les aimer plus; parce que seul l’amour guérit, seul le pardon soigne, seule une miséricorde excessive sauve de l’orgueil !

La miséricorde c’est un amour injuste, aveugle, inégal, excessif, de trop, qui réclame de se donner, jusqu’au bout, d’être répandu en pure perte pour l’autre, de prendre sur soi les misères de l’autre comme si c’était les siennes et d’aimer, aimer, aimer !

Comme dit Ste Thérèse de l’enfant Jésus « Ce qui plait au bon Dieu dans ma petite âme, c’est de me voir aimer la petitesse et ma pauvreté, c’est l’espérance aveugle en sa miséricorde ».

« Dieu est amour » il ne peut se révéler autrement que comme miséricorde infinie (JPII). La conversion consiste toujours dans la découverte de sa miséricorde, c'est-à-dire de croire à son amour pour nous. « Heureux ceux qui croient sans avoir vu … mais en quoi ? Mais, en son amour pour moi ! » Et son amour se donne à toucher dans nous qui sommes ses blessures sanctifiés, divinisées.

Heureux ceux qui pourront toucher Jésus en nous, en continuant réellement, tangiblement son don, sa présence personnelle. Dans des gestes, un don réel, tangible, sensible. C'est la béatitude de la charité fraternelle que Jésus proclame ! Les apôtres ont voulu témoigner par la parole. « si, si on l'a vu » Mais on ne témoigne du Ressuscité qu'en se donnant corporellement. Avec notre corps surtout. 

Quand quelqu'un que l'on aime meurt, on sait qu'il est là, qu'il vit, qu'il nous voit. Mais c'est sa présence physique qui nous manque, son sourire, son regard, ce qui fait que c'est lui. C'est là que doit être témoigner l'amour personnel de Jésus pour chacun, dans cette charité fraternelle vécue, sensible, simple, signe et présence réelle de l'amour actuel de Jésus.

Nos vies, notre monde sera plus humain seulement si, nous désirons aimer toujours plus. Et si donc le pardon est premier, absolu, sans limites. Peu importe la réponse de ceux à qui on pardonne. Jésus répond toujours à nos actes d’amours. Le pardon rend Dieu présent dans le monde (JPII).

Dieu qui est riche en miséricorde veut que nous soyons extrêmement riche en miséricorde, en pardon, en amour (JPII). C’est ça ce que Jésus nous dit : « comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » Nous avons la place de Jésus sur la terre. Chacun. N’ayons pas peur d’aimer ! Aimons totalement, excessivement ! Au ciel il sera trop tard ! 

«Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement, excessivement » Aimez ! Cela seul manifeste et rend présent Jésus, Jésus victorieux.

Grégoire +

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Les enfants ...

9 Avril 2021, 16:29pm

Publié par Grégoire.

Les enfants ...

« Les enfants vous auriez du poisson ? » Jn 21, 5.

C’est tellement difficile d’entrer par nous-même dans cette présence de Jésus qui est La Résurrection, qu’il y a cette pente naturelle de revenir à ce qui nous est connaturel : notre travail, nos occupations, ce qu'on sait faire : « Pierre dit : je m’en vais à la pêche, et les apôtres : nous allons avec toi ». 

Et Jésus, comme pour Marie Madeleine, les disciples d’Emmaüs, vient les faire entrer dans quelque chose qui ne vient pas d’eux. Il vient nous agrandir à ce qui n’est pas nous.  Et Jésus commence par les appauvrir : « ils travaillèrent toute la nuit sans rien prendre » et au petit matin Jésus les convertit à son désir à Lui : « Les enfants » Jésus commence par nous mettre relatif à Lui. Pour nous fait entrer dans son œuvre.

Car c’est son oeuvre, et pour la réaliser, il n’a absolument pas besoin de nous. Si il veut notre coopération, d’où sa demande « auriez-vous du poisson ? » c’est par pure miséricorde, parce qu’il nous traite en amis, et il veut qu’on coopère non pas parce qu'il faudrait qu'on coopère pour obtenir quelque chose, mais simplement parce qu'il nous aime.

Coopérer avec Jésus, c'est comme une mère qui laisse à son tout petit d'achever son repas, le gâteau qu'elle a préparé; autant dire que ce sera un désastre, mais elle préfère que son tout petit participe, lui faisant croire qu'il réalise tout, plutôt que d'achever quelque chose de parfait toute seule. Et Jésus nous laisse non seulement la place, mais Sa place, nous donnant d'agir dans le monde, dans l'Eglise comme si c’était nous qui avions tout fait. « Alors jetez le filet à droite. Ils le jetèrent et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer tellement il avait de poisson. » 

Jésus ne nous corrige pas en niant nos initiatives, mais en les assumant. Alors qu’il avait du poisson, Jésus veut celui des disciples. Jésus vient nous prendre là où on s'est engagé, et là, il nous fait entrer dans son désir sur nous, dans sa présence personnelle, qui est à la fois ce qu'Il nous donne et ce qu'Il veut nous faire vivre, selon son efficacité à Lui. C’est cela l’espérance : vivre et se rendre dépendant du désir actuel de Jésus, qui veut plus pour nous que tout ce que nous pouvons désirer.

Et il y alors la présence de Jean, le cœur contemplatif, celui qui a maintenu un vrai désir dans son cœur, c’est lui qui discerne pour les autres la présence de Jésus : « C’est le Seigneur ». C’est parce que Jean a pris Marie auprès de lui à la Croix « il la pris chez lui » Dans ce qu’il a de plus intime, de plus personnel. Jean n’a pas pris Marie comme une dévotion, à lui réciter des prières. Jean a reçu le cœur de Marie, l’amour qu’elle avait pour Jésus. Le reste ça n’intéresse pas beaucoup Marie : les moulins à prière, ce n’est pas Marie du tout. 

Le propre d’une mère, c’est d’éveiller l’amour, le sens de la présence de l’autre, d’accepter d’être débordé, agrandit par un autre. Une mère conduit a rendre notre coeur vulnérable, sensible à un autre, émerveillé, admiratif.

Si on n’est pas attiré par l’autre, mais c’est terrible, on reste en nous-même, avec ce qu’on sait faire, avec notre travail et nos raisonnements. Et on n’atteint jamais ce pour quoi on est fait : l’autre. Si notre coeur n’est pas éveillé à l’amour on ne peut découvrir que Dieu est amour, qu’Il est pour moi, et donc que Jésus Ressuscité me porte actuellement, assume toute ma vie, et m’attire à Lui pour être avec Lui vers le Père.

Le « C’est le Seigneur » n’est pas un fait observable, rationnel que Jean a proclamé, mais l’attraction de son cœur; il reconnait la présence de Jésus pour Lui. Il est attiré, parce qu’il est attente de Jésus, et son cœur est éveillé à aimer, à recevoir un autre.

Grégoire +

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Je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle...

8 Avril 2021, 15:59pm

Publié par Grégoire.

Je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle...

« Paix à vous » Luc, 24, 36

Les apparitions de Jésus sont là pour nous ouvrir à Jésus qui est La Résurrection. C’est toute son humanité corporelle, chair, sang, sensibilité… qui est divinisé. Les apparitions ne sont pas La Résurrection, mais une aide, comme déjà sa vie apostolique, pour entrer dans cette assomption de l’homme par Dieu.

C’est pour cela qu’on a besoin d’une opération -non pas à cœur ouvert, mais à intelligence ouverte : « il ouvrit leur intelligence à la compréhension des écritures » pour ouvrir les yeux à cette toute nouvelle réalité, dans laquelle nous sommes déjà. « il ouvrit leur esprit à l’intelligence des écritures » car La Résurrection est la raison ultime de toute la Révélation.

Pourquoi Dieu nous parle ? Pourquoi la Révélation ? Pour nous dire ce que Dieu fait dans la Résurrection. La révélation est l’éclairage divin sur cette œuvre de Dieu devenant présent dans chaque cellule de notre chair, assumant en Lui toute notre matière corporelle. 

C’est pour cela que Jésus apparait : il est présent à tout l’univers, à tout ce qui est matériel et corporel, ou plutôt tout est dedans Lui. Personne ne lui échappe. On est dedans Lui et Lui est dedans nous. Et pas seulement spirituellement. Il est présent dans chaque cellule de notre corps. C’est pour cela qu’il peut manger quelque chose : il est de la matière, mais divinisé.

Tout ce que Jésus a vécu dans son humanité est en Dieu. Jésus est « le ciel nouveau, la terre nouvelle, la Jérusalem nouvelle » que Jean voit dans l’Apocalypse. Ap 21, 1. Ce n'est pas un lieu, un nouvel espace, mais quelqu'un, Jésus La Résurrection.

Et en cela Il est notre Paix. Il ne nous donne pas la Paix, comme un état intérieur qui nous pacifie et nous calme. Non, Il est Lui-même La Paix, car Il porte tout ce qu’on vit, passé, présent, futur.

C’est pour cela, que le grand effort pour nous, c’est de tout vivre avec Lui, nos joies comme nos peines, nous victoires, comme nos échecs et nos fautes. Et ce qui s’oppose à sa présence, c’est de croire qu’il y a des choses qu’il ne peut porter, c’est de croire que c’est notre vie religieuse, spirituelle qui nous donne accès à Lui. Non, c’est Lui qui nous est présent,  « qui est avec nous tout les jours, jusqu’à la fin des temps »

La Résurrection, c’est donc tout réapprendre auprès de Lui, c’est à dire dépasser l’état religieux, l’état de Celui qui tend vers Dieu, pour devenir Chrétien, c’est à dire lié à Lui, vivre comme ceux qui sont immergés en Jésus, qui ne peuvent plus rien faire sans Lui; C’est bien ce qu’est le Baptême : immersion en Jésus. Tout moi est dedans Jésus. L’acte sacramentel ne fait que manifester et nous faire nous approprier ce que Jésus a déjà réalisé !

L’intelligence de la Résurrection ne peut venir que de ce trop grand amour du Père pour nous, qui nous aime avant et indépendamment de notre réponse. Nous restons libre d’en vivre, libre d’y répondre personnellement, comme nous le voulons, mais cet amour s’impose à nous, à tout homme.

Chacun sommes marqués du désir insatiable qu’exerce la présence actuelle de Jésus en nous. Nous sommes brûlés intérieurement dans toute notre personne par ce rapt de Dieu, venu s’emparer de tout les recoins de notre univers et de nos personnes. 

« Que l'homme assoiffé s'approche, que l'homme de désir reçoive l'eau de la vie, gratuitement. Que celui qui entend dise "Viens" ! » Apoc 22, 17

Grégoire +

 

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Alors leurs yeux s'ouvrirent

7 Avril 2021, 14:57pm

Publié par Grégoire.

Alors leurs yeux s'ouvrirent

« Quels évènements ? » Luc, 24, 19

Les hommes aiment rester dans les évènements. Ça leur évite de s’engager personnellement. Les médias relatent des évènements qui ne sont que des faits matériels, la surface des choses pour critiquer, juger, culpabiliser ou dramatiser le réel.

Or malheureusement pour eux, Dieu n’est jamais dans des évènements. Il est au-delà du temps et du devenir. Il EST. Et notre humanité, par Jésus, est au-delà des évènements. Par l’incarnation, le temps est entré dans l’éternité, l’espace dans l’omniprésence de Dieu… En cela, les médias, les journaux font un mal terrible à notre soif de connaitre la plus profonde. C’est un mal terrible que de maintenir les personnes à une vision évènementielle, à maintenir les personnes à la surface des choses, dans leur vécus et leurs petits drames. Et ça tue !

« Esprit sans intelligence, cœurs lents à adhérer au mystère » Lorsque l’on en reste à la succession de faits qui défilent, nous sommes comme des animaux qu’on mène de l’étable au pré et du pré à l'étable, comme dit le psaume 48 : « l’homme dans son luxe ne comprend pas, il ressemble au bétail qu’on abat ». La connaissance possédée, plus grand luxe humain, nous pousse à vouloir nous emparer du réel, et ne nous fait rester qu’au seuil du réel. Alors, le réel s’abat sur nous comme sur du bétail : « ils étaient tout tristes » des esprit sans intelligence.

L’intelligence réaliste, la foi, la contemplation adhère à ce qui est au-delà de ce que nous en possédons. Être intelligent c’est connaitre ce qui est au-delà de nous, ce que nous ne pouvons que toucher, de manière actuelle, sans rien en posséder. Pour ça l’intelligence doit être porté par l’amour : pour être attiré, pour sortir de soi et connaitre ce qui nous dépasse : l’autre et Dieu. 

C’est bien pour cela, que c’est le don de Jésus dans l’eucharistie qui nous conduit le mieux à cette sortie de nous-même; si on est pris par le don de Jésus, si on a un cœur  désirant, aimant, qui fait qu’on s’oublie soi-même, alors on accepte de vivre de ce don sans rien en posséder, sans regarder les résultats ou notre vécu -nos petits évènements à nous- on est mis comme hors de soi. 

C’est là, la plus grande préparation à la vie éternelle -avec la charité fraternelle, à cette présence actuelle de Jésus ressuscité qui nous porte, avec qui nous sommes comme une seule personne, cette « subsistance mystique » dont parle certains théologiens du moyen-âge.

C’est lorsqu’on a un cœur tout brulant, pauvre de tout regard réflexif, que Jésus peut nous introduire dans ce qu’il a réalisé, qui est là, sous nos yeux, mais qui est trop lumineux pour nos yeux, trop silencieux pour nos oreilles remplies de bruits.

Jésus, qui est La Résurrection, est présent à tout l’univers, personne n’y échappe, alors que Lui échappe à tout les petits concierges et autres pseudo-commentateurs qui ne dépassent pas la surface des choses.

Jésus La Résurrection, c’est notre humanité, notre chair présente de La présence de Dieu; C’est l’assomption de la chair humaine en Dieu, qui est alors une matière subtile, unique, échappant à l’attraction terrestre; elle est donc notre lieu, notre temps, La réalité, donc le seul évènement réel qui nous imprègne et nous affecte plus que tout le reste.

Grégoire +

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Je suis La Résurrection

6 Avril 2021, 16:02pm

Publié par Grégoire.

Je suis La Résurrection

« Femme pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Jn 20, 15

C’est seulement Jésus qui peut nous faire entrer dans son mystère personnel de Celui qui est La Résurrection.

Marie-Madeleine pleure près du tombeau. Elle pleure, parce «qu’on a enlevé son Seigneur et elle ne sait pas où il a été mis». Elle veut retrouver le cadavre de Jésus. Elle est encore dans son passé et elle voudrait que la réalité présente corresponde à ses souvenirs. Elle voudrait continuer son histoire. 

Jésus n’est jamais dans nos souvenirs, ni dans le passé. Le passé n’est plus. Et vivre de Celui qui est La résurrection, c’est accepter d’être conduit dans complètement autre chose, chaque jour. Et c’est Jésus qui vient la réveiller, la faire sortir de son vécu intérieur, en la faisant entrer dans un nouveau lien avec Lui : « Marie ». C’est très concret, parce que c’est complètement personnel. La Résurrection c’est une nouvelle présence de Jésus, puisque c’est Jésus qui nous porte de l’intérieur. Il n’y a plus aucune extériorité avec Lui. Il n’y a plus d’intérieur, ni d’extérieur, ni temps, ni souvenirs avec Celui qui est La Résurrection.

« Ne me retiens pas » Vouloir s’accrocher et tenir Jésus c’est refuser d’entrer dans quelque chose où on ne peut rien tenir, où on ne peut rien posséder. Vivre de Jésus qui est La Résurrection, c’est déjà vivre de la vie éternelle sur terre, cet instant qui demeure éternellement. C’est laisser la victoire de Jésus s’emparer de tout ce qu’on vit, naitre à ce qui n’est pas nous, qui n’est pas dans notre prolongement, et qui n’a absolument rien à voir avec tout ce qu’on peut connaitre, faire, mesurer, calculer.

Jésus la Résurrection, c’est Celui qui nous met, avec Lui, face au Père : « va trouver mes frères et dis leur, je vais vers le Père et votre Père »

C’est ça le salut : je suis dedans Celui qui ne me quitte plus. Et tout dans ma vie, je le vis avec Lui, même mes chutes, surtout mes chutes, pour en faire un lieu spécial où je suis mis face au Père, pris par l’attraction de Celui qui est ma source actuelle.

Et c’est en étant apôtre des apôtres « va dire à mes frères » que Marie Madeleine entre dans ce retour du Fils vers le Père, où elle est prise par cet amour-premier qu’est le Père.

Or, dans un monde où on passe son temps à caresser nos souvenirs, à multiplier nos assurances et protections en tout genre, et où il n‘y a plus aucun secret, où tout doit être montré, dit, affiché, diffusé, c’est comme si tout était fait pour qu’on ne vive pas de Celui est la Vie éternelle, La Résurrection.

C’est bien un mystère de présence pure, donc actuelle, la présence de Celui qui porte le tout de ma personne. C’est un amour tel qu'il réclame de bruler tout le passé, qui ne peut-être vécu que dans l’instant présent, sans aucun regret ni jugement sur le passé. Parce qu’étant La Résurrection, Il est l’instant présent, Il est le temps éternel, Il est le lieu dans lequel je suis, Il est la signification de tout ce que je vis.

Seul les pauvres de cœur -sans assurance, sans même la possibilité d'un regard réflexif tellement ils sont rien, et ceux qui sont assoiffés d’amour -en attente d’une présence absolu, secrète, personnelle, qui peuvent s’y laisser introduire. 

Grégoire +

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Demeurez en moi comme je demeure en vous ...

5 Avril 2021, 13:37pm

Publié par Grégoire.

Demeurez en moi comme je demeure en vous ...

« Jésus vint à leur rencontre et leur dit : Je vous salue » Matth. 28, 9

La résurrection, c’est une nouvelle présence de Jésus pour nous. Mais nouvelle de façon telle que rien de notre univers n’est extérieur à sa présence !

Toute la vie apostolique de Jésus était une préparation vers ce réel commencement qu’est la résurrection. Qu’est-ce que ça veut dire ? La résurrection ce n’est pas quelque chose qui est arrivé à Jésus, un évènement dans son itinéraire, un truc nouveau pour Lui dont on vivrait un peu de loin. 

Non ! La résurrection c’est Jésus Lui-même : « Je suis La Résurrection » C’est Jésus qui, par son incarnation, à pris toute notre humanité, et qui assume, qui absorbe -le mot est impropre- et s’empare de tout notre univers : notre monde, chacun de nous est dedans Jésus, et Lui est présent à tout ce que nous sommes : nous sommes comme une seule personne avec Lui. Rien n’est extérieurement changé, mais en fait, tout, absolument tout, est changé !

Jésus a comme vécu toute sa vie pour nous préparer, nous faire entrer dans cette assomption qu’il réalise de toute notre personne. Il a comme retardé l’effectivité de notre assomption pour qu’on ne soit pas trop aveuglé, qu’on puisse accueillir comme des amis, pauvres, sans aucun droits, son don qui dépasse tout ce qu’on aurait pu imaginer. Mais dans sons intention, c’était réalisé dès le premier moment. Et l’intention de Dieu n’est pas virtuelle comme la notre, elle est substantielle, divine. Son intention, son désir c’est Lui. 

Pourtant, on reste avec toute ces fausses croyances qu’il faut absolument observer telle ou telle règle pour être possédé par Lui. Or, nous sommes en Lui. Aujourd’hui ! 

Cela ne signifie pas que nous ne pouvons pas refuser son don. Bien sûr. Chaque fois que nos opinions prennent le dessus, qu’on ne croit pas à cet amour qui est de trop, qu’on pense qu’il se trompe, on peut alors refuser de vivre de son don. Son don est effectif, mais on eut continuer à vivre comme si de rien n’était, comme des gens prudents, pieux, religieux même, mais pas chrétien, c’est à dire comme si ce n’était pas pour nous !

C’est pour cela que Jésus parle à ses femmes : même ses apôtres sont encore incapables d’entrer dans cette re-création, leur peur des grands prêtres les aveugle et le passé les transforme en statue de sel ! 

Et Jésus passe par celles qui sont toutes attentes, toutes réceptivités, pour qui il n’y a que l’amour qui compte. Il en fait ses anges, ses envoyées : les saintes femmes, apôtres du Ressuscité, apôtres des apôtres !

Si la création avait commencé par l’homme, la recréation est bien à partir de la femme, de Marie et des saintes femmes derrière elle, manifestant là le coeur du Père, ce qu’il y a de plus intime en Lui et dans quoi il nous introduit : cette gratuité l’amour qui désire plus que tout nous rendre extrêmement vulnérables. 

Grégoire +

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La Résurrection, c'est Jésus présent à tout l'univers

4 Avril 2021, 07:59am

Publié par Grégoire.

La Résurrection, c'est Jésus présent à tout l'univers

La résurrection, avant la joie liturgique et le feu pascal, c’est d’abord l’expérience de l’absence. Absence de signes et de traces visibles. La résurrection c’est d’abord le vide du tombeau, sans témoin, ni feu d’artifice « Vous cherchez Jésus ? Il n’est pas ici » 

La Résurrection n’est pas une victoire temporelle, il n’y a eu aucune coopération humaine, c’est la pure œuvre de Dieu. Dieu n’a pas besoin de nous, c’est Lui qui a repris ce que les hommes avaient détruit, saccagés, violentés. Tout est repris, assumé, divinisé. 

Ce n’est donc pas du tout un retour à notre vie humaine. C’est pour cela qu’il n’y a pas de témoin du moment; Pourquoi ? Parce que Jésus ressuscité n’est plus selon ce monde ! Il n’est plus dans la continuité de notre condition humaine. Il n’est pas localisable dans le monde physique, il est comme absorbé en Dieu. Du coup tout le monde s’agite, s’affole et court au matin de Pâques : les saintes femmes, puis Marie Madeleine, puis Pierre et Jean et les disciples d’Emmaüs. 

Et Jésus Ressuscité nous devance, vient nous chercher dans nos tristesses, nos projets et nos raisonnements trop humain. Il nous échappe, il n’est plus présent localement : parce qu’Il est plus présent que tout ce qu’on voit, il est partout présent parce qu’IL est LA RÉALITÉ, Celui qui s’impose à tout ce qui existe et qui en même temps nous échappe.

La résurrection, c’est quelqu’un, c’est Jésus, dont l’humanité, la sensibilité, tout ce qu’il a vécu, tout ce qu’il a porté est divinisé : il prend possession de tout l’univers et de tout nous-même ! Il est ressuscité pour nous, pour être dedans tout ce que nous vivons, de l’intérieur. Et cela c’est tout de suite ! C’est la joie qu’on doit lui demander : tout en nous est habité par sa présence !

Dans la foi, nous avons un contact immédiat avec lui, sans aucune distance. C’est pour ça que sa résurrection, c’est la mienne : LA REVELATION N’EST PAS UNE VITRINE : LA RESURRECTION C’EST JESUS présent à moi, à tout, plus présent que tout le visible qui m'entoure : on ne respire plus que du Jésus. Et ça s’impose à tout le monde.                         

Aussi, on ne peut plus se regarder de la même manière ; On doit tout réapprendre auprès de Lui. Nous sommes déjà habitants du ciel : tout en étant sur la terre, Jésus habite tout ce que nous sommes.

C’est cela que les femmes qui ont courus au tombeau doivent annoncer. Comment ? Pas par des mots, des raisonnements ou des chocolats. On ne prouve pas La Résurrection. Même Jésus n'a pas cherché à prouver. Il aurait pu apparaitre à Hérode, à Pilate ou aux grands-prêtres au matin de Pâques: imaginez ces grands prêtres, dormant avec leurs phylactères, avec leur vie réglée selon la Loi et réveillés par une apparition de Jésus ressuscité : catastrophe ! Jésus ne s'impose pas de l’extérieur. 

La résurrection, c’est une toute nouvelle présence, victorieuse parce qu’elle habite tout, mais c’est cachée. Cachée parce que c’est un amour, c’est le Père qui a pris toute notre humanité dans ce qu’Il a de plus intime.

C'est une victoire à inscrire dans toute notre vie, qui doit brûler toutes tristesses, toutes peurs, tout désespoirs : Jésus est déjà victorieux de tout mon passé, de mon présent et de mon futur. On est témoin en se réveillant, de plus en plus, à chaque instant, à Lui, Jésus, complètement présent à moi comme mon secret, mon ami, mon intime, victorieux de tout en moi.

Grégoire +

 

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Être là, comme inutile, dans un pâtir à l'état pur..

2 Avril 2021, 12:08pm

Publié par Grégoire.

Être là, comme inutile, dans un pâtir à l'état pur..

Jésus a accepté de se taire et de prendre la dernière place pour montrer, dévoiler la présence silencieuse du Père. Jésus accepte d'être présumé coupable, de passer pour un tordu, un pervers et d'être crucifié pour révéler -en creux- Celui dont il se reçoit et en qui il trouve son repos : le Père, pure bonté, Celui qui est LA Réalité. Sa mort apparement inutile révèle la présence du Père, et pour la toucher, on doit comme vivre le même état intérieurement, choisir d’être offert en pure perte, sans raison.

Le pardon, la miséricorde ne sont qu'un moyen pour dire Celui qui est Amour. On ne peut s'arrêter à la miséricorde. L'amour est ce pour quoi s'exerce le pardon !

Jésus choisit de disparaitre. Il se sert du jugement des grands prêtres et de la trahison de ses apôtres pour donner à la mort, à toutes violences, une nouvelle dimension.

Mort, le cadavre de Jésus est alors remis à la terre. Il n’y a plus de corps visible, plus de souffrance pour compatir. Il n’y a plus rien. C’est l’absence, le vide. Séparée du cadavre de son Fils, Marie vit cette absence, cette négation mortelle, cette échec total. Elle vit cet état cadavérique, ce silence de mort.

Il n’y a plus que l’abandon, il n’y a plus que la brutalité des faits : c’est la violence de la mort, de la mise au tombeau, qui plongent ceux qui restent dans une solitude totale : être là, comme inutile, dans un pâtir à l’état pur. Chacun vit ce moment du sépulcre : c’est l'ultime étape. Cette étape, on peut dire que le monde l’a toujours vécu, comme il a toujours vécu l’Agonie et la Croix. Mais il y aura un moment -et nous y sommes peut-être - où l’Église, chacun- devra vivre, d’une manière toute particulière, ce moment du Sépulcre.

Et dans le cadavre divin qui repose c'est, mystérieusement,  qu'est réalisé le salut et que s'opère la recréation : car alors, dans le cadavre, le cadavre subsiste directement dans le Verbe. c'est à la mort, à la séparation de l'âme et du corps, que le Verbe est devenu CHAIR ! 

La chair de Jésus est Dieu. Cette matière inerte qu'est le cadavre de Jésus par la mort devient Dieu. La passivité du cadavre de Jésus dit alors immédiatement le Fils face au Père ! La cadavre de Jésus, c’est « La terre qui vint au secours de la Femme » Apoc 12.  Vivre cet état de la chair morte tue tout orgueil, toute volonté d’être des satisfaits, de dominer.

Nous sommes faits Terre Sainte, Terre promise, Temple nouveau, Arche d'alliance.. dans notre personne, dans notre chair avec tout ce qu'elle comporte de lourdeur et d’obscurité, nous le sommes fais à ce moment là ! Ce n'est pas manifeste, mais cela est ! 

Pour vivre de cette victoire cachée, non encore manifestée il faut épouser ce chemin qu’est l’état de Jésus au Sépulcre, accepter cette absence apparente, cette solitude, le nuit du tombeau : être là, comme inutile, dans un pâtir à l’état pur, pour être pris, par l’action du père. Devenir comme du bois sec, incapable, inerte, inutile, pour être totale réceptivité, totale attente de Dieu, et pouvoir être ressuscité : engendré à nouveau !

Grégoire +

 

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Ce silence d’amour de Dieu pour nous

1 Avril 2021, 13:59pm

Publié par Grégoire.

Ce silence d’amour de Dieu pour nous

Dieu, qui est pur Esprit, qui contient tout et est présent à tout, s’est tellement abaissé, s’est tellement incarné, qu’il se fait notre nourriture. pain et vin. Solide et liquide. 

Jésus se sert de sa toute-puissance pour s’abaisser le plus qu’il le peut, Il épouse et devient la passivité de la matière pour être relatif à chacun, se donnant à manger, à boire, à nous qui ne sommes pas prêt. Et nous ne serons jamais prêt face à un tel don. Parce que c’est son don qui nous rend prêt. 

Et pour ne pas qu’on reste spectateur, Jésus se met à genoux et lave les pieds de ses apôtres. Voilà la Pâque : passage à une nouvelle relation avec Lui: Dieu se met à nos pieds, se fait notre esclave !

Et la réaction de Pierre dit bien combien ce n’est pas normal ce bouleversement liturgique, que le respect dû à Dieu exige une autre attitude: « Toi me laver les pieds? Jamais ! » Or, refuser cette proximité, cette simplicité avec Lui, c’est refuser sa volonté, son amour. Il n’y a plus de « juste place », de « respect légitime », de « distance appropriée ». Il s’agit de se laisser aimer et de se donner sans plus se regarder. Parce que si on est tordu, abimé et inadéquat à son don, Dieu est au-dessus de tout et il fait ce qu’il veut ! Qui suis-je pour mettre une distance ? Il s’agit de voir Jésus qui se met à mes pieds aujourd’hui, comme un esclave pour une nouvelle proximité avec Lui.

Le lavement des pieds conduit à l’Eucharistie, ou Jésus nous donne son Corps comme Pain. L’aliment le plus simple, qui est là pour celui qui s’en sert. Ce n’est plus du pain, c’est la chair et le sang de Dieu: « Ceci est mon Corps, ceci est mon sang parce que je veux être un avec vous ». On ne peut aller plus loin dans l’amour. L’eucharistie c’est de l’amour pur : un geste de pure gratuité et totalement pauvre: rien d’éclatant, ni de séduisant. Sans résultat apparent. 

Et c’est un geste, car l’amour réclame un don réel, corporel, total. L’eucharistie nous donne, d’une façon délicate, non sanglante, l’offrande de Jésus à la croix, son don au Père et à chacun de nous. C’est le même amour. Jésus m’aime comme il aime le Père. Chacun peut donc dire, l’eucharistie c’est Jésus pour moi. Jésus aime chacun de manière unique et absolu. C’est le privilège de Dieu. Tout Jésus est pour moi d’une façon unique.

Le fruit de ce don, c’est Jean qui touche que ce qui est premier, c’est d’être Celui que Jésus aime. C’est le fruit de l’eucharistie : se reposer sur la poitrine de Jésus, peut importe notre état. Jésus désire que nous entrions dans une intimité extrêmement simple avec Lui, que nous répondions en venant nous reposer auprès de Lui, nous nourrir de sa présence.

Le terme de l'Eucharistie, c'est non seulement de nous unir à Lui : on est un avec Jésus et un avec tout ceux qui communient. C’est pour cela que l’eucharistie est la seule règle de la vie chrétienne. C’est la nouvelle loi, chacun doit dire à Jésus et à son prochain: « ceci est mon corps, ma vie, livré pour toi » être donné, offert comme le pain et en même temps passif, liquide, livré comme le vin. 

Tel est le sens aussi du : « Faites cela en mémoire de moi » qui n’est pas seulement le commandement de célébrer la messe, mais pour chacun de se donner corps et sang, à son frère, à sa soeur, à celui qui n’est pas capable de nous recevoir et pour qui ce serait du gâchis !

Pour entrer et vivre pleinement de ce secret personnel, il nous faut Marie. Marie est celle qui a reçu chaque initiative de Dieu comme un amour personnel. Elle veut nous faire recevoir  Jésus avec son intimité à elle, encore plus simplement qu’à Noël. Elle veut qu’on ait un amour maternel envers l’eucharistie, le recevoir comme un secret qui nous cache, qui nous conduit à devenir eucharistie : pur don d’amour, silencieux, dépouillé. Être là pour lui sans aucun autre but que Lui ! Et ceci dans une très grande pauvreté, qui nous garde d’avoir un droit sur ce don, pour toujours le recevoir gratuitement et demeurer dans l’action de grâce.

L’Eucharistie, silence d’amour de Dieu pour nous, parce que seul le silence peut dire l'amour.

Grégoire +

 

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