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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Cet amour qui nous éprouve

27 Février 2021, 23:42pm

Publié par Grégoire.

Cet amour qui nous éprouve

Le carême, ce temps de dépouillement, c'est pour redécouvrir cette proximité de Jésus, son amour actuel, personnel, pour chacun. Est-ce que votre amour s’est un peu renouvelé ? Dieu s’est fait chair pour être proche de nous. Il a pris notre place pour nous donner la sienne, payant toutes nos dettes. On vient à la messe, pour être brulé par son amour, pour que son don s’inscrive en nous.

Mais, pourquoi cet amour de Jésus passe par la Croix ? Est-ce que nos péchés réclament ce sacrifice sanglant ? Est-ce parce que la souffrance est la seule manière d’accéder à Dieu ? A quoi sert la Croix, nos croix, nos souffrances ?

En s’incarnant, Jésus nous révèle que seul Dieu peut nous combler. On est fait pour aimer et Dieu est l’amour. Notre travail, ce qu’on fait, ceux que l’on aime, toutes nos connaissances ne peuvent pas nous combler. Chacun, inconsciemment, nous attendons Dieu: c’est à dire être aimé infiniment. Rien sur terre ne peut combler notre soif d’amour.

Mais alors, pourquoi la Croix ?

Dieu est amour, mais cet amour est trop fort, trop intense: sa présence nous aveugle. Son amour n’est pas un gros câlin sucré. Son amour, c’est Lui ! Et c’est à la Croix qu’il nous prend à Lui. Cet amour est trop brûlant pour nous ! Car la Croix c’est un don qui est tel qu’il nous dépouille de nous-même, de nos belles idées, de nos satisfactions; Quand Dieu nous étreint, son don nous agrandit tellement qu’on est fragilisé, appauvrit, blessé ! 

La transfiguration, c’est Jésus qui manifeste autrement ce qu’il va vivre -et nous faire vivre- à la Croix. Chaque moment de la vie de Jésus nous dit ce don réalisé à la Croix, d’une façon qui nous est plus adaptée : Cana montre que la Croix ce sont des noces, et les six cent litres de vin disent combien ce don est excessif; La purification du temple, le «détruisez ce temple» de Jésus dit que son corps -donc notre corps- est le lieu de la rencontre avec Dieu. Et que Dieu est un feu qui consume tout ! La passion de Jésus, c’est Jésus brulé par l’amour du Père.

C’est ça l’épreuve d’Abraham. Lorsque Dieu demande à Abraham de lui offrir Isaac, ce n’est pas un test ! C’est Dieu qui donne à Abraham sa propre paternité. Or ce don, parce qu’il est de trop, apparait comme négatif : pour Abraham cela apparait comme la mise à mort de son fils. Le Père donne sa paternité à Abraham, pour qu’il soit Père des croyants. Ce don est tellement plus grand que notre propre existence qu’il est vécu par Abraham comme le sacrifice de son enfant !

C’était déjà cela l’épreuve de la Genèse, lorsque Dieu confie à Adam ce commandement apparement négatif: «tu ne mangeras pas du fruit de l’arbre». Ce commandement qui semble négatif est le signe d’un don de Dieu qui excède l’intelligence et le coeur d’Adam. Parce que ce qui est bon pour nous, notre bonheur, n’est pas dans ce qui nous est accessible. Notre bonheur c’est Dieu lui-même. Mais Dieu, notre fin, nous est inaccessible, et ça c’est insupportable pour notre intelligence ! ça semble même une erreur: on ne peut pas l’atteindre par nous-même, mettre la main dessus ? Là, seul l’amour peut nous faire accepter de ne pas comprendre et accepter d'être mendiant.

Dieu, qui est de trop pour nous, ne peut être que reçu. Vouloir mettre la main sur Lui, c’est le réduire à notre taille, le diminuer. Et pour nous, c’est s’amputer, se mutiler, se diminuer. Réduire ce qu’on est à ce qu’on fait, à ce qu’on est capable d’atteindre ou de comprendre, c’est cela la plus grande corruption, le mal.

De fait on est heureux que quand on est agrandit, quand on est tiré hors de soi, quand on accepte d’être débordé par ce qui n’est pas nous. Rester à ce dont on est capable est un esclavage terrible : on ne se quitte pas. C’est plus tranquille, mais c’est petit, à notre taille, à notre mesure.

Ce qu’on fait ou connait ne peut nous combler. Dieu seul ! Mais être agrandit à sa taille ça nous éprouve. Déjà aimer, nous fait sortir de nous-même, nous agrandit et nous rend vulnérable: ça touche ce qu’il y a de plus nous-même, on est donc toujours un peu blessé car on vit au rythme d’un autre.

La Transfiguration: c’est pour pouvoir vivre de l’intérieur, ce don que Jésus me fait de lui à la Croix et dans mes croix. Comment accepter d’être agrandit, adapté à Dieu? comment ne pas vivre nos souffrances comme un drame ou une tragédie?

« Celui-ci est mon fils bien aimé, écoutez le ». Le « Ecoutez-le » remplace la profession de foi que les juifs récitent chaque jour « Shema Israël, Ecoute Israël ». Quand, dans nos Croix, on écoute Jésus, on découvre que la Croix, en nous fragilisant, nous fait être avec Lui, Le « Bien-Aimé » : celui qui reçoit tout.

Sur une haute montagne : la Croix a le mérite de nous séparer du monde et nous mettre seul, en attente du Père. 

La blancheur des vêtements est un signe extérieur, comme une aube : c’est pour manifester quelque chose de caché; à la Croix Jésus révèle ce qu’il a de plus intime, son cœur, sa vulnérabilité, ce qui le blesse et cela nous purifie. Être purifié, c’est être agrandit, rendu vulnérable comme lui.

Elie et Moïse. Elie, le prophète, reconnait la présence de Dieu au Mont Horeb, dans le murmure d’un doux silence. Jésus nous donne Marie, nouveau prophète, elle est le murmure d’un doux silence qui permet d’être debout à la Croix. Elle est la tendresse de Dieu qui se donne dans nos souffrances.

Moïse, le libérateur, celui qui donne la Loi; Jésus est le vrai libérateur, il est la Terre promise et donne la nouvelle loi : l’eucharistie. L’eucharistie, nous donne Jésus-crucifié, donné  gratuitement, sans mesure, répandu, livré en pure perte. 

Pour ne pas être révolté ou écrasé par la croix, mais la vivre de l’intérieur, accepter d’être agrandit, voilà les moyens de Jésus: 

Marie, seul moyen pour devenir un enfant de Jésus. Pour cela, il faut choisir ne pas pouvoir se passer d’elle. C’est la place de la femme; seule la femme dispose à l’amour et renouvelle l’amour. Seule Marie, la femme, nous fait accepter d’être fragilisé, appauvrit, de ne pas pouvoir avancer seul, de ne pas nous révolter face à ce qui nous éprouve.

L’Eucharistie : se nourrir de de Jésus, qui se fait mon pain et en faire notre règle de vie; dire à Jésus dans nos croix « Ceci est mon corps, ceci est ma vie livré pour toi ! Je veux que tu puisses te nourrir de moi. Je te rends grâce de cette fragilité que je connais, de me rendre vulnérable, petit comme toi. »

Grégoire +

 

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Lavez-vous les pieds, les uns les autres !

26 Février 2021, 17:11pm

Publié par Grégoire.

Lavez-vous les pieds, les uns les autres !

« Si votre justice ne surpasse pas celle des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux ! »

Jésus est intransigeant sur l’amour du prochain : il est venu pour cela, pour chercher ceux qui étaient perdus, se faire responsable de chacun de nous devant le Père et pardonner de manière excessive ! 

L’amour du prochain, c’est LA Loi nouvelle : « il vous a été dit » ça c’est Moïse, « et bien moi je vous dis... aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous persécutent ! ». Jésus peut exiger cela parce qu’il se fait Agneau pour nous : « Si moi le maître et Seigneur je vous ai lavé les pieds, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres »

Il se fait notre avocat, notre défenseur. À notre jugement, Jésus se présentera avec chacun de nous, et à qui nous accusera, Jésus répondra « j’ai payé pour Lui, j’ai pris sa place et je lui ai donné la mienne ! Il a ma sainteté ! » 

La justice des pharisiens, c’est réclamer son droit, vouloir faire payer l’autre, se faire mesure : « œil pour œil, dent pour dent ». Or le pardon de Jésus est tel, que je n’ai plus aucun droit, car tout ce que je peux pardonner n’est rien à coté du pardon de Jésus qui excède une simple remise des fautes ! 

C’est ce qu’il répond à la question de Pierre : « combien de fois dois-je pardonner à mon frère ? 7 fois? » « Pas sept fois, mais soixante dix-sept fois sept fois ! c'est à dire Sans limite ! » C’est pour cela qu’on a besoin de ré-entendre constamment: « je te pardonne ». Evidemment que Jésus nous a tout pardonné et nous pardonne. Mais on a besoin de l’entendre et le réentendre ! C’est ça aussi la confession !

La confession et l’eucharistie c’est pour que notre coeur devienne amour et pardon sans limite ! Car par nous même c’est juste impossible; Notre cœur humain est trop petit pour pardonner indéfiniment.

C’est pour cela qu’il faut être son enfant : « Si vous ne redevenez pas comme des enfants vous n’entrerez pas dans le royaume » Il faut être enfant de Jésus, pour pouvoir avec lui pardonner sans limite jusqu'à se faire responsable de chacun de ses frères devant le Père. 

Le pardon chrétien implique de s’emparer des fautes, des misères de ses frères et sœurs et de se faire responsable d’eux devant le Père ! Par-donner : donner encore et encore par-dessus la faute et les injustices ! 

Si on n’en a pas le désir, on ne saisira jamais de l’intérieur ce que signifie que Jésus s’est fait responsable de moi devant le Père, Agneau pour moi. On répètera à la messe une formule, mais aucune larme ne coulera de nos yeux devant tant d’amour, devant la folie de Jésus pour nous. C’est Jésus qui s’abaisse devant la femme adultère qu’on veut lapider. C’est Jésus qui dit a Judas, avant sa trahison: « ce que tu fais, fais le vite » Comme pour lui dire: « je sais ce que tu vas faire, je le porte parce que c’est toi » 

Ce pardon, c’est d’abord un désir de pardonner, le désir intérieur de porter les misères de nos frères et sœurs comme si c’était les nôtres. C’est cela le cœur de Jésus, le cour du Père. C'est cela qu'il veut pour nous : Agneau de nos frères.

Grégoire +

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« J'ai tellement désiré, ardemment désiré cette Pâque » Luc 22, 15

25 Février 2021, 17:04pm

Publié par Grégoire.

 « J'ai tellement désiré, ardemment désiré cette Pâque » Luc 22, 15

« Demandez, on vous donnera, cherchez vous trouverez, frappez, on vous ouvrira » 

Si Jésus nous crie de demander, c’est parce qu’il a des désirs incroyables sur nous. Et son désir sur nous réclame de s’emparer de toutes nos attentes; il nous dit : « Donnez-moi vos désirs, même ceux encore très humains, très mélangés, je vais m'en servir, mais demandez, cherchez, frappez »

Et cela c’est l’espérance : découvrir ce que signifient nos désirs pour Jésus ! Laisser Jésus s’emparer de tous nos désirs pour qu’il les mette à sa taille ! Jésus lui ne refuse aucun de nos désirs, aucun !

Très souvent nous faisons le tri dans nos désirs, avec cette prétention de savoir ce qui est bien ou mal ! Jésus ne veut pas qu’on fasse le discernement par nous-même, car nous sommes souvent de vrais tyrans vis à vis de nous-mêmes, des petits dictateurs moralisants, provoquant des refoulements et ensuite des volcans intérieurs.

Or Jésus veut qu’on lui donne tout, et qu’on le laisse répondre ! Ce n’est pas à nous de faire le tri: faire le ménage et passer la serpillère sur nos désirs, c'est pour les petits épiciers en manque de perfection et attaché à leur image propre !

Où lorsque l’on découvre les dons de Dieu chez les autres : on admire et puis on dit, "non, ce n’est pas pour moi" ! Ce qui est très faux. Si Dieu donne à voir de ce qu’il réalise chez les autres, c’est parce qu’il veut que ce soit immédiatement pour nous, mais autrement !

Jésus nous regarde toujours selon ce qu'il veut nous donner; jamais en fonction de la pureté ou non de ce qu'on porte en nous; Cela ne signifie pas que Jésus réponde selon notre attente ! Jésus répond toujours, mais sa réponse est selon son don, sa réponse est à la taille de Dieu : Jésus vient élargir notre coeur et nous mettre à sa taille !  Nécessairement cela nous éprouve, cela nous appauvrit : il  creuse en nous comme un abime.

Et, nous, on donne nos désirs en choisissant de nous laisser conduire : ça s’appelle l’abandon. L’abandon réclame à la fois d’avoir des désirs immenses et choisir de ne pas y répondre par soi-même, de demeurer en attente, avec ses désirs !

C’est ce que Marie a compris à Cana : elle se sert du manque de vin et, faisant sien ce manque, elle mendie à Jésus ! Et elle hâte l’heure de Jésus ! 

Quand Nicodème vient le voir de nuit, Jésus ne lui rend pas sa politesse : il lui communique tout de suite son désir : naitre d’en haut, être conduit par l’esprit, comme le vent, ne sachant d’où on vient ni où on va !

Nous, on reçoit selon notre capacité, selon notre compréhension, et si on ne s’appuie que sur soi-même pour entendre la Parole de Dieu, pour le recevoir dans l’eucharistie, nécessairement je le réduis à mon attente. Lui seul, en se servant de mes désirs, me donne de le recevoir sans le diminuer. 

L’espérance, c’est laisser Jésus agrandir nos désirs, en lui laissant les clés et la conduite de notre vie ! Parce que seul Jésus peut me faire désirer ce qu’il veut me donner et me faire le recevoir.

Grégoire +

 

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Enfouis au sépulcre pour devenir "action de grâce"

24 Février 2021, 14:36pm

Publié par Grégoire.

Enfouis au sépulcre pour devenir "action de grâce"

« Cette génération demande un signe, mais de signe il ne lui sera donné que celui de Jonas ! » Luc 11, 29.

Le signe de Jonas qui nous est donné c’est Jésus descendant dans le ventre de la terre, le sépulcre ! Jonas dans le ventre de la baleine annonçait ce temps où Jésus disparaitrait de la surface de la terre. Pourquoi cette conduite ? Qu’est-ce que cela signifie pour nous ?

Jésus a été condamné comme un blasphémateur, rejeté par les grands prêtres : il se dit « Fils de Dieu » ! Jésus est condamné, parce qu'il est de trop pour les hommes ! C’est un amour trop fort, trop exigeant. C’est insupportable : un homme, ami des pécheurs, mangeant avec les publicains et les prostituées, n'est-ce pas relativiser la loi ?! !

Et ça demeure. Le petit pharisien en nous, notre capacité à nous faire mesure, nos petits jugements condamnent Jésus. On se fait juge de la conduite de Dieu ! Sinon, « mais qu’il nous donne un signe » dit-on ! Car on ne veut pas être traité comme des enfants ! C’est insupportable pour notre orgueil ! On a droit à des explications !

Jésus se tait. Il ne donne pas d’explications. Et il prend la dernière place pour montrer que seul la conduite du Père compte à ses yeux. C’est pour ça la Croix : c’est parce que la bonté du Père, son attraction se révèle dans cette offrande silencieuse de Jésus ! Seul l’abandon peut révéler la bonté du Père. Mais un abandon crucifiant : j’accepte de ne pas savoir, de taire mes incompréhensions.

Et Jésus à la croix, pardonne à ceux qui l’ont trahis, Jésus pardonne en se faisant l'agneau qu'on mène à l'abattoir, en acceptant de disparaitre. Son cadavre est remis à la terre. Il n’y a plus de présence, plus de souffrance visible pour compatir. Il n’y a plus rien. Le sépulcre,  c’est l’absence, le vide.

Séparée du cadavre de Jésus, Marie vit le sépulcre. Elle vit cette mise au tombeau, cet état cadavérique, ce silence de mort. Il n’y a plus que l’abandon : c’est la violence de la mort, l’absence de signe qui plongent ceux qui restent dans une solitude totale : être là, comme inutile, dans un pâtir à l’état pur.

Le Sépulcre : c’est Le signe que le Messie n’est pas triomphant, ce n’est pas un salut humain. Le salut c’est l’agneau qui s’offre en silence. C’est la réponse à l’orgueil de l’homme et de la femme ! L’orgueilleux veut toujours tout comprendre, il est toujours en colère ou triste ou désespéré parce que la réalité n’est jamais selon ses projets !

C’est le dragon rouge feu de l’Apocalypse : le démon est toujours en colère ! Et distille partout sa tristesse et son désespoir. Car il nous fait croire que le bonheur c’est de tout maitriser, de tout diriger. Et Il réclame ses droits ! 

Or la seule manière d’accepter de ne pas comprendre, de vivre la Croix, le sépulcre, d’être mis au tombeau, c’est l’action de grâce ! Pourquoi ? Car l’action de grâce c’est la certitude que le Père conduit tout, tout est dans sa main! Un coeur qui remercie n’est plus jamais triste, ni en colère ! Et l’action de grâce est toujours possible, même à travers les larmes, car ce que fait Dieu nous dépasse tous et est toujours plus grand que tout nos rêves, nos projets et nos petites certitudes !

On dépasse toutes nos colères, nos incompréhensions, nos blessures, en étant offert au Père, c’est à dire en étant « Eucharistie » ou action de grâce. L’eucharistie c’est pour devenir abandonné au Père qui cache son don, puisque c’est un secret d’amour. L’eucharistie c’est pour devenir action de grâce, caché et remis au Père, totalement livré, abandonné comme Jésus au sépulcre.  

Grégoire +

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Le silence du Père

23 Février 2021, 14:46pm

Publié par Grégoire.

Le silence du Père

« Quand vous priez, ne rabâchez pas comme les païens qui par un excès de paroles pensent être exaucés… Vous donc, priez ainsi : Père de nous »

Quand Jésus nous enseigne à prier, il ne nous donne pas seulement une prière, des mots pour nous adresser au Père. Jésus nous donne beaucoup plus : il nous donne de vivre immédiatement sa relation au Père.

C’est là où il nous faut un regard contemplatif : qui dépasse les apparences, ne plus s’inquiéter de notre manière de prier, de ne pas passer son temps à se rectifier ou à lutter contre ce qui nous plait pas en nous-même. Avoir un regard contemplatif c’est être certain d’être sur les épaules de Jésus, que Jésus donne à notre prière , à nos balbutiements, à nos désirs, la signification, la taille, la largeur, la hauteur, la profondeur de son lien au Père. Pas moins ! Ce regard c’est comme dit le livre de l’apocalypse « c’est ici la Sagesse, le discernement : que Celui doué d’intelligence discerne ce qui est de l’homme …. » Apoc 13, 18.

Même si mon vécu, mon ressenti de la prière est pauvre, avec plein d’imaginaire, de distractions, de désirs de toutes sortes, de paresses, de découragements, je dois être certain que quand je prie, il m’est donné de vivre la relation de Jésus au Père ! Jésus donne une taille divine à ma prière ! Je prie, j’aime le Père avec la taille, la profondeur, l’intimité, l’amour même de Jésus. Cela m’est donné. Au-delà de ce que je perçois ou de ce dont j’ai conscience : j’adhère au Père, j’en vis comme Jésus en vis, mais dans l’obscurité, sans aucune conscience, sans pouvoir en jouir !

C’est cela la conversion du carême, croire qu’on vit à la taille de Dieu : Jésus donne à mes actes le poids, la taille de son don au Père; je dois donc tout vivre comme étant déjà arrivé, comme étant déjà dans le sein du Père, parce que c’est là que l’on est ! 

C’est étonnant que La réponse à nos problèmes, c’est Dieu qui nous révèle sa fécondité : Dieu est Père ! Et il nous le révèle en nous mettant dedans même sa fécondité, on est Fils dans Le Fils, enfants du Père comme Jésus ! Il nous ouvre son intimité en nous y introduisant. C’est cela la première différence avec la justice originelle : une nouvelle intimité, une nouvelle proximité avec Dieu, connu comme Père !

C’est pour cela que Notre Père est un secret, une connaissance amoureuse, un secret du coeur. Non pas une formule que l’on récite; Dire Père c’est immédiatement toucher, recevoir Le Père. Comme Jésus vit de Lui. Regarder le Père, lui dire qu’on est là pour Lui, désirer vivre de sa paternité, non pas dans un excès de paroles où on se raconterait, mais précisément dans une économie de parole : l’amour est un secret qui n’aime pas de se dire, mais qui se vit. C’est toucher le coeur de l’autre, être marqué par la vulnérabilité de l’autre à notre présence, être rendu liquide parce qu’il est là pour moi. 

On devrait dire le « Notre Père » en rougissant puisque on devant l’amour de notre vie, celui qui nous attend, Celui qui est attraction d’amour et pour qui je suis unique. Cela doit nous conduire au silence, puisque seul le silence dit pleinement l’amour : Quand on aime pleinement quelqu’un on ne veut pas faire obstacle à sa présence, on veut être pleinement réceptif à ce qu’il est !

C’est pour cela que le Père se tait devant nous, qu’il reste silencieux : il est tellement relatif à nous, tellement attiré par nous, par notre fragilité, notre désir de lui faire plaisir. Son silence dit son attraction d’amour, un don plénier qui appelle notre attente, qui attend que l'on se repose en Lui.

Grégoire +

 

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Le cri de joie de Jésus

22 Février 2021, 17:18pm

Publié par Grégoire.

Le cri de joie de Jésus

« Bienheureux es-tu Simon Bariona, parce que ce n’est ni la chair ni le sang qui t’ont révélé cela, mais le Père de moi, celui dans les cieux » Matt 16, 17.

Ce cri de joie de Jésus « Bienheureux » manifeste son désir de se faire connaitre, de cette connaissance intime, personnelle. C’est le but et le terme de notre vie : voir Dieu, le connaitre tel qu’il est, tel qu’il se connait ! Et l’incarnation, notre vie chrétienne, c’est pour anticiper la vision béatifique ! 

On dit vision, mais de fait la vision reste extérieure, on devrait dire un toucher intérieur, comme lorsqu’on connait un ami, un intime depuis des années.

L’évangile c’est une révélation, ce n’est pas dans le prolongement de notre expérience humaine. Ce n’est pas humain, ce n’est pas selon « la chair et le sang ». C’est autre ! C’est au-delà ! L’évangile c’est Jésus, c’est Dieu qui se donne à vivre, à connaitre et à aimer ! Parce que tel est son désir ! Il veut une amitié, une connaissance personnelle entre lui et moi ! C’est donc se laisser conduire par le Père pour vivre dès maintenant quelque chose de sa vie ! Le connaitre de l’intérieur !

Notre grande lutte, notre grand combat, c’est de s’approprier personnellement cette révélation. Que rien de l’évangile, de l’eucharistie ou de mes liens de charité ne demeurent extérieurs. Que je ne sois en rien spectateur. Que rien ne soit un rite, un culte, des prières à réciter. Il n’y a rien qui ne blesse plus Jésus.

Toute ma vie doit être cette conquête du coeur de Jésus, tout vivre avec Lui, comme un ami avec son ami, un enfant avec son Père, un époux avec son épouse. 

Apprendre à avoir cette confiance infinie en Lui, lui remettre tout ce que je porte tout le temps, entrer dans cette simplicité, être toujours à nu devant lui, sans aucune honte : il connait nos fragilités, nos pauvretés, nos erreurs et il veut qu’on s’en serve pour entrer et vivre dans abandon, une confiance sans limite, et être absolument certain de son amour pour nous, un amour inconditionnel. Devenir le familier de Jésus.

C’est pour ça que la grande école c’est la charité fraternelle : la charité fraternelle ce sont des amitiés qui sont à la taille de Dieu : recevoir son frère, sa soeur comme une présence de Jésus, et confier à l’autre tout ce qu’on est : nos joies, nos luttes, nos douleurs : tout mettre en commun comme faisait les premiers chrétiens; au-début ce sont nos biens matériels, mais ensuite nos secrets les plus intimes : notre connaissance de Jésus. Si on est capable de le faire avec ses frères, c’est le signe de notre simplicité avec Jésus. Si on n’est pas capable avec ceux qui sont nos prochains, c’est le signe que notre coeur n’est pas encore complètement pauvre, complètement livré à Jésus, en attente de Lui. 

Il ne s’agit pas d’être des héros, des gens parfaits ou Mère Teresa, il s’agit juste d’être Le bien-aimé de Jésus. Toucher qui je suis pour Lui. Et ça, ça ne peut pas venir de nous. Ça ne vient pas de nos efforts. Je ne le touche seulement si je me laisse dépouiller de moi-même, de mes idées, de mes projets, de mes rêves sur moi-même. Il faut être très pauvre, en esprit, pour accepter d’être aimé inconditionnellement, d'être son « Bienheureux ».

Grégoire +

 

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« Et je vis : un cheval blanc, Celui qui le monte s'appelle Fidèle et vrai » Apoc 19, 11.

21 Février 2021, 08:36am

Publié par Grégoire.

« Et je vis : un cheval blanc, Celui qui le monte s'appelle Fidèle et vrai » Apoc 19, 11.

« Les temps sont accomplis, le règne de Dieu s'est rapproché. Convertissez-vous et croyez à la Bonne nouvelle. » Mc, 1, 14-20.

On entend souvent « convertissez-vous » comme une espèce de reproche, un rappel à l'ordre. On entend : « ça ne va pas, ce n’est pas bien, changez, faites des efforts... » Alors, si Jésus vient pour nous faire la leçon, ce n’est pas tellement une bonne nouvelle ! Or Jésus ne dit pas ça. Si on prend ces paroles comme un reproche, c’est la conséquence de la faute originelle : depuis on se sent coupable, on se juge et on a peur de Dieu. Pourquoi ? Parce qu’on ne connaît plus notre Père. Ah oui, «on récite » le notre Père, mais on ne le connait pas ! 

Quand vous vous levez le matin, est-ce que vous appelez Le Père ? Ou bien vous dites « café »? C’est bien notre grande misère : on vit comme si on était seul, avec un sentiment d’abandon et de devoir prouver que l’on est digne d’être aimé. 

Et on imagine Dieu comme un professeur d’école ou un gendarme, quelqu’un qui surveille, juge et punit ou qui récompense si nos résultats sont bons. Si Dieu est celui qui surveille si on applique bien la loi, c’est insupportable; alors on rejette sa présence et on le tient éloigné. Du coup on entend la parole de Jésus comme un ordre extérieur, une exigence a accomplir pour être en règle. C’est très faux comme regard, mais c’est notre psychologie malade.

Qu’est-ce que la conversion? en Grec métanoia, «dépasser ce qu’on perçoit», en latin con-verto «changer avec». Dans l’évangile Jésus opère plusieurs conversions : il convertit de l’eau en vin. Il convertit la tempête d’un lac en eaux calmes. Il convertit un mort, Lazare, en un vivant.

La conversion c’est être converti, dépasser les apparences et découvrir qui je suis pour Jésus, ce que Jésus a déjà accompli en moi ! C’est Jésus qui me crie : «ouvre les yeux, tu n’es pas ce que tu fais, tu es ce que j’ai fait de toi».

C’est cela la conversion du carême, c’est ouvrir les yeux sur ce que Jésus a fait pour moi :

«le règne de Dieu s’est rapproché de vous» Dieu s’est tellement rapproché, qu’il est devenu l’un de nous. Il est mon frère. Il se lie à moi définitivement et c’est gratuit, sans condition. Je n’ai rien à prouver. Je dois donc brûler ces fausses images de Dieu et ces faux regards sur moi-même. 

La conversion c’est entendre Jésus qui me demande «est-ce que tu me laisses tout vivre avec toi, le bien comme le mal? Est-ce que tu acceptes que toutes tes fautes ne t’appartiennent plus? Acceptes-tu que j’en sois seul responsable? Comme toutes tes souffrances? Acceptes-tu de ne plus te juger? De ne plus que me regarder? De chercher mon regard, mon amour, mes désirs sur toi? Parce que je t’aime? Parce que ce qui est à moi est à toi !» 

On a 40 jours pour entendre qu'il est descendu dedans toute notre vie et s’en fait responsable. C’est fait. Nous sommes plongé en Jésus, revêtu de Lui. Ce n’est pas visible, il n’y a pas de résultats, mais c’est réel: c’est un secret donc c’est caché: c'est cela la sainteté de Jésus, une connaissance dans l'amour, un amour tel qu'il me fait être Lui, pour Lui, sans aucune paillette extérieure ! La conversion, c’est se laisser conduire à vivre de don qui n’est pas visible parce que c'est un amour ! Et parce que je n’en ai aucune évidence, laisser Jésus me le dire et me faire en vivre !

Jésus ne s’est pas rapproché pour nous donner des conseils ou des méthodes pour être des gens biens. Il s’est rapproché pour nous épouser. Il est descendu en nous, spécialement là où tout était perdu, là où c’était pourri, moisi, mort ! Jésus s’est fait responsable de nous ! Définitivement ! 

«Convertissez-vous et croyez en cette Bonne Nouvelle » La conversion c’est: «est-ce que j’accepte de laisser Jésus me conduire à vivre autre chose qu’une petite recherche de perfection humaine?!» Il a fait de chacun des créatures nouvelles: nous sommes fils du Père, c’est certain, mais on n’en a aucune évidence ! 

Se convertir, c’est donc passer de la recherche d’une petite perfection humaine, de notre volonté de changer les apparences, à vivre en Fils du Père, avec Lui. C’est la foi: je suis certain d’être recréé, mais je n’en ai aucune évidence. Ce qui est évident, ce sont les conséquences du péché qui sont très visibles ! Se convertir, c’est entendre Jésus nous dire qu’il est déjà victorieux de tout le mal que je porte ou que je fais et accepter que cette victoire reste cachée !

La conversion n’est pas d’abord de lutter contre nos défauts, mais lutter pour croire à ce don actuel de Jésus, qui nous a fait autre alors que nous n’étions pas prêts ! Et aucun de nous n’est prêt ou digne ou juste ! Jésus s’en fiche ! Son don qui nous rend prêt ! 

Jésus nous crie : «Les temps sont accompli ! C’est accompli !» C’est ce que Jésus dit à la Croix : « c’est achevé, l’oeuvre est terminé » Et la grande tentation, celle du démon, c’est de nous faire nous regarder, d’en rester à un jugement humain, à une lutte humaine, de rechercher une perfection humaine, alors que nous devons vivre immédiatement une amitié avec Jésus, sous le regard du Père.

La grande tentation, c’est de se juger en fonction de nos résultats humains, se lamenter devant nos fautes ou ceux de nos frères, or ça, c’est insulter Jésus qui a déjà tout payé ! La seule chose qui importe c’est : qui je suis pour Lui. Ma vie n'est pas ce que j’en fais, mais ce que Lui en fait ! Cela réclame de s’abandonner à sa conduite ! Choisir de Lui laisser conduire ma vie ! Car par moi-même, je ne peux pas vivre en fils du Père. C’est impossible ! C’est de trop ! 

Jésus veut nous faire vivre quelque chose qui n’est pas selon nos compétences ! Et ça, c’est difficile ! Nous, on veut payer, lutter pour notre transformation, car quand on paye, quand on lutte pour quelque chose, ça nous appartient ! Alors que quand c’est reçu gratuitement, on ne peut pas s’en glorifier, on est revêtu du travail d’un autre. Et puis on veut des résultats visible, on voudrait voir notre sainteté, nos efforts. 

Or, sur terre on vit d’un don qui reste caché : parce que c’est amour divin qui nous transforme sans qu’on puisse mettre la main dessus. C’est un secret personnel entre Jésus et moi et le seul résultat à attendre c’est Lui: tout attendre de Lui !

Pour être possédé par son don actuel qui nous recréé, je vous propose 3 choses : 

-chaque matin, en vous levant, mettez vous à genoux, dites à Jésus que vous voulez tout recevoir de Lui : «Viens me dire ton don, viens me dire qui je suis pour toi»

-Gardez une parole de Jésus, chaque jour. En lisant l’évangile, entendez et recevez Jésus qui maintenant vous parle !

-Et enfin, mettez Marie partout: dans vos joies, dans vos luttes, dans vos chutes, appelez-la, avec force, criez comme les Philippins : « Maman, Marie » Ça c’est très efficace ! C’est juste prendre le moyen que le Père a choisit !

C’est très simple apparemment, mais cela réclame d'absolument plus se regarder, de ne plus chercher les résultats, de ne plus chercher que Jésus.

Grégoire +

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Voici les noces de l'Agneau

19 Février 2021, 15:10pm

Publié par Grégoire.

Voici les noces de l'Agneau

« Un jour viendra où l’époux leur sera enlevé, ce jour-là ils jeuneront »

C’est surprenant : Dieu s’incarne pour nous épouser. Ces épousailles ont eut lieu et, on doit jeûner, être en deuil ?! Pourquoi? Curieuse manière d’épouser, de dire son amour ?! 

On est tellement habitué qu’on ne se pose plus de questions. Et puis, bon, on est paresseux et on se dit « bah oui, c’est ainsi, il faut bien se purifier… » C’est terrible notre désintérêt à creuser ce que Jésus veut vraiment ! Parce que c’est faire injure à la croix de Jésus que de ramener notre vie chrétienne à une purification morale ou religieuse ! 

Nos épousailles c’est à la Croix qu’elles se passent ! C’est là que se réalise notre divinisation. Jésus se sert de nos fautes, de nos péchés, de nos violences pour se donner à nous jusque dans son corps. Il s’est fait responsable de tout ce que nous sommes, et tout ce qu’il est, est mien. Comme dit la prière eucharistique, on ne fait qu’une seule chair avec Lui. Jésus vit en nous et nous en Lui !

Ce sont les vraies épousailles. Le mariage humain est un signe, mais l’intention première de Dieu quand « l’homme quitte son père et sa mère pour ne faire qu’une seule chair avec sa femme », annonce l’union de Jésus avec chacun de nous !

Le jeûne dont parle Jésus c’est le retard entre son don qui est effectivement réalisé et la jouissance de ce don : je ne possède rien de cet amour. La charité, l’amour de Jésus pour nous, c’est toute sa personne pour moi, tout de suite ! Cet amour est réel, il est là, j’en suis certain, mais je ne peux en profiter !

Comme la foi, c’est la lumière même de Jésus sur le Père, sur chacun de nous, et bien cette lumière est certaine, mais elle est telle qu’elle m’aveugle, elle n’a rien d’évident. Mon frère est une présence de Jésus, j’en suis certain, mais ce n’est pas évident. L’eucharistie c’est Jésus, j’en suis certain, mais cela n’a rien d’évident. Je suis définitivement pardonné et j’ai besoin de constamment le réentendre, parce que si j’en suis certain, ce n’est pas évident. Je dois jeûner de toutes ces évidences !

Et l’espérance, ce désir efficace de Jésus qui fait de nous des enfants du Père, qui nous rends saints en Lui : nous sommes déjà ressuscités avec Jésus, c’est absolument certain, mais je n’en vois pas le résultat efficace ! Nous sommes lumière du monde avec Jésus, c’est ce que nous sommes, mais je ne sais pas comment. 

Voilà le jeûne chrétien : vivre d’un amour qui est Jésus lui-même, qui me divinise : la charité, vivre d’une lumière qui est celle de Dieu lui-même : la foi, et de son désir efficace sur moi qui me met au terme : l’espérance, mais de cet amour je n’en ai aucune jouissance, de cette lumière aucune évidence, et de son désir efficace aucun résultat apparent !

Vivre d’un don divin, plus réel que tout ce que je vois, mais dont on a aucune jouissance, aucune évidence, ni résultats apparents, ce n’est pas du jeûne, c’est un martyr ! C’est tellement un martyr qu’on préfère se réfugier dans de petits efforts humains, sans voir qu’on diminue alors le don Jésus …

C’est pour cela que si on ne regarde pas Marie, on se plante complètement sur ce qu’on a à vivre ! Marie n’a pas eu à se purifier ! Non, elle est immaculée, et sa grâce c’est la nôtre, sinon on n’est pas chrétien !

Les conséquences du péché originel ne sont pas notre première lutte ! Notre première lutte c’est de vivre ces épousailles, ces noces actuelles, alors qu’il n’y a absolument rien d’apparent ! Tout vivre en victorieux car la victoire est déjà acquise, malgré des apparences humaines franchement pauvres et misérables ! Voilà le jeûne chrétien ! 

Grégoire +

 

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Le sourire de Jésus pour nous

18 Février 2021, 15:38pm

Publié par Grégoire.

Le sourire de Jésus pour nous

« Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ! »

Jésus vient mendier qu’on le prenne, qu’on vive de lui dans nos croix. Parce que chacune de nos croix, de nos souffrances nous donne Jésus. Il n’y a aucune croix où Jésus n’est pas. La Croix, c’est Jésus, donné, livré à moi, c’est le lieu de la grande révélation de Dieu, c’est le saint des saints, c’est Jésus qui épouse toutes souffrances, toutes violences pour nous dire intimement Le Père dans sa bonté ! Parce que celui qui m’est donné à la Croix -donc dans mes croix, c’est le Père : « qui me voit, voit le Père »

La grande conversion, c’est, plutôt que de fermer les yeux en attendant que nos souffrances passent, les ouvrir en grand pour y voir Jésus, toucher sa douceur partout où je suis crucifié, partout où je souffre, que ce soit de ma faute ou non.

Jésus ne regarde jamais notre culpabilité. Il sait que la souffrance nous meurtrie, nous écartèle et Jésus souffre que nous souffrions. Parce que la souffrance a toujours quelque chose d'inutile, d'insensé. 

Et on « renonce à soi-même » : quand on renonce à vivre comme des héros, comme des insensibles, quand on renonce à vouloir y arriver par soi-même, quand on accepte de mendier l'aide de ses frères ! 

Jésus a pleuré et Jésus pleure avec nous. Et quand il dit : « prend ta Croix et suis moi » cela signifie « ne porte pas tes souffrances comme un drame à vivre seul, mais reçois moi là,  j’en ai fait un lieu de révélation, un lieu de lumière et d’amour, un lieu d’épousailles, pour conquérir le coeur de nos frères humains, en leur pardonnant, en portant leur orgueil, leur volonté d’efficacité, leur fausse perfection. »

La souffrance à l’avantage de nous rendre petit, de nous fragiliser, de nous ouvrir à ce qui n’est pas nous. Si on la vit avec Lui, sinon on se durcit et c’est pire que tout. Le Père permet la croix pour nous rendre comme Lui, c’est à dire qu’elle nous rend accessible, mendiant, non-autonome, vulnérable, faible, fragile, sensible, désirant, en attente d’un secours. 

On ne connait plus le Père, parce qu’on s’est rendu inaccessible, insensible, distant, fier, suffisant. On a une image terrible de Dieu, comme si Dieu était un super-héros assis sur un trône avec des super pouvoirs.

La toute-puissance de Dieu, c’est un amour tellement pauvre, une pure attraction, tellement vulnérable qu'il peut descendre auprès des plus pauvres. On aurait envie de dire qu'il ne peut descendre que là ! Aussi, une vie d’échecs complets, des actes stériles, des dégradations définitives, cet amour en fait des lieux de fécondités, de renaissance, de vie jaillissante !

La Croix, c’est Jésus qui vient nous faire être Lui : pain de nos frères humains, leur vin, leur repos, être Agneau pour eux : être des petits Jésus, source de lumière et d’amour divin.

Et si nous célébrons aujourd’hui Bernadette, c’est pour ne pas vivre ce temps sans Marie. Devenir avec elle compatissant, porter avec ceux qui pâtissent leurs souffrances, et ainsi devenir pour eux une présence du Père, une présence de Jésus qui nous sourit à la Croix. Car Jésus sourit à la Croix; il n’est pas dans un drame tragique, un mauvais moment à passer, même si la souffrance est là. Il sourit, et il nous sourit, car il y a une présence inouïe du Père, de Marie, de Jean; et la présence de nos amis dans la violence de la souffrance, leur amour qui communie à nos souffrances, nous donne une joie unique. 

C’est cela prendre sa Croix, c’est prendre Jésus, pour tout vivre en victorieux, parce que l’amour divin est victorieux : en descendant dedans nos souffrances, dedans nos luttes, dedans nos blessures, Jésus fait de ces lieux de morts, d’échecs définitifs, des lieux de fécondité, de lumière, d’amour. 

C'est Marie qui nous fait ne jamais rester seul dans nos luttes, de donner nos croix aux Jésus qui sont avec nous, nos frères, nos soeurs, pour découvrir un nouvel amour dedans ces blessures, dedans ces lieux de désespoirs. 

Grégoire +

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Ton Père est là dans le secret

17 Février 2021, 16:31pm

Publié par Grégoire.

Ton Père est là dans le secret

Ce temps du carême est un temps de grâce, parce qu’il y a une nouvelle initiative du Père pour nous. Notre vie divine, c’est d’abord le Père qui est à l’oeuvre ! Ce ne sont pas d’abord nos efforts qui sont le plus important, mais ce que le Père fait pour nous.

Vous êtes vous déjà demandé « qu’est-ce que le Père est en train de faire de moi ? » Parce que c’est ça « le jour du Salut, le moment favorable » (Co 6,2) c’est le Père qui vient au devant de nous.

On manifeste notre désir de le recevoir, en nous allégeant, en nous dépouillant : de nos avoirs par l’aumône, de notre temps par la prière, et de notre autosatisfaction par le jeûne. Mais la finalité c’est l’amour : aimer le prochain par l’aumône, aimer le Père dans le secret de notre prière, et s’aimer soi-même comme le Père nous aime, libre de tout esclavages ! 

Ces offrandes, ce n’est pas d’abord pour reconnaitre nos fautes ! C’est d’abord pour que son don s’inscrive dans notre vie et s’en empare. 

A chaque fois que Dieu se donne d’une manière nouvelle, il n’attend pas de nous de grandes idées, mais que se creuse en nous une attente, en nous dépouillant. Toutes les offrandes que le Père nous demande, c’est pour Le recevoir davantage ! 

C’est donc pour que l’amour jaloux du Père s’inscrive en nous ! Vous savez ce que c’est que la jalousie ? Et bien, le Père nous aime jalousement ! Et il veut que l’on ait pour notre prochain, pour Lui et pour nous, ce même amour jaloux, un amour qui ne supporte pas qu’on se diminue, qu’on se rabaisse !

Le carême c’est pour inscrire et s’approprier de manière nouvelle que le Père a fait de moi son enfant ! Nous sommes enfants du Père, frères et soeurs de Jésus ! Nous sommes de race divine ! Jamais un ange ne connaitra cela ! Redécouvrir notre noblesse divine, ne pas passer à coté !

Nous sommes aimés d’un amour incroyable, unique, mais que seul les pauvres et ceux qui ont soif d’être aimés peuvent recevoir ! Pauvre : parce que ce n’est pas d’abord notre oeuvre ! On est gardien d’un secret qu’on doit découvrir toujours plus !

Et c’est ce que dit Jésus : ton aumône, ta prière, ton jeûne, c’est pour être mobilisé et dévoiler celui qui t’est toujours présent : ton Père qui est là dans le secret

Connaitre le Père, à travers l’aumône pour son prochain, dans le temps brulé gratuitement dans la prière, sans pouvoir récupérer ce temps, ou à travers des petites offrandes, pour montrer au Père qu’on l’aime.

Et la réponse du Père, c’est de nous faire entrer dans son repos ! Trouver son repos auprès de Lui : je me repose quand je connais que je suis aimé ! Il est là, il m’attend pour cela. Pour que se noue entre Lui et moi ce secret personnel.

Jésus veut nous apprendre à dire : « Abba, Papa, Père » jusque dans ces endroits où nous sommes morts, perdus, et vivre de cette présence secrète de Celui qui est ma source, qui ne me quitte jamais, qui porte toute notre vie, qui jamais ne nous accuse ! 

Le Carême c’est donc pour apprendre à se reposer auprès du Père, entrer dans le repos du Père, dans sa joie !

Grégoire +

 

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Quoi ? Vous ne comprenez pas encore ?

16 Février 2021, 17:10pm

Publié par Grégoire.

Quoi ? Vous ne comprenez pas encore ?

« Vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? » Mc 8, 17-21 

Notre psychologie malade nous fait facilement entendre cette parole comme une impatience ou un agacement de Jésus. Comme si les miracles réalisés devait prouver quelque chose ! 

Or Jésus dit cela d’une manière maternelle, comme lorsqu’il explique les écritures aux disciples d’Emmaüs. Parce que toute l’oeuvre de Jésus c’est, non seulement de nous faire entrer dans quelque chose qui nous dépasse, qui n’est pas à notre taille, mais de montrer où est la lumière pour en vivre.

À Cana, la demande de Marie « ils n’ont plus de vin » précipite Jésus dedans ce qu’il est venu réaliser : « mon heure n’est pas encore venue ». Nos désirs et nos manques obligent Jésus à hâter son heure, à nous donner la lumière et l’amour même du Père.

C’est pour cela qu’il dit : «méfiez-vous du levain des pharisiens » parce que ceux-ci croient avoir connaissance des desseins du Père et de la manière dont il nous conduit : comme si il allait se donner au terme d’une longue perfection acquise. 

Et surtout, les pharisiens croient parce que quelque chose d’extraordinaire s’impose à eux; c’est une croyance apologétique : ils sont obligés, convaincus. Leur foi n’est pas le fruit d’une rencontre et d’un amour personnel.

Or, là où Jésus nous conduit à vivre de Lui, c'est immédiatement et dans les moyens qu’il utilise : le pain qu’il a multiplié, le vin qu’il a donné en surabondance à Cana.

En effet, si les signes accomplies conduisent à accepter d’être conduit par Lui; surtout, ce sont des signes qui nous disent et nous donnent Jésus

Dans l’ancienne Alliance, les signes, comme les instruments sont ce dont Dieu se sert comme un moyen, un pont, un chemin pour nous conduire à autre chose; ce sont des passages vers autre chose. 

Dans la nouvelle Alliance, parce que c’est une alliance d’amour, dans le moyen utilisé, dans le signe, je vis immédiatement de Celui qui utilise ce signe pour se dire. La médiation, l’instrument me donne et me révèle celui qui m’aime. Cela ne fait pas nombre, ça ne se rajoute pas de l’extérieur ! 

Au contraire, cela me donne d’être plus proche. Il n’y a plus de distance entre Jésus et les moyens qu’il utilise, les personnes qu’il me donne à connaitre. Parce que c’est un amour Divin, Dieu est présent dedans tout ses instruments. Les instruments ne sont pas des obstacles, ou ne mettent pas de distance, au contraire, ils rendent son amour plus tangible, plus proche, plus concret.

C’est dans la matière même du vin donné en surabondance à Cana ou du pain multiplié que Jésus se donne à vivre, à connaitre et à aimer ! De même qu’aux disciples d’Emmaüs, Jésus leur montre comment c’est dedans la croix, la souffrance, la violence, les blessures, qu’il y a une révélation, une nouvelle lumière, un don d’amour unique. 

La souffrance ou la croix ne sont pas d’abord un passage, un moyen pour autre chose, mais là où je dois ouvrir les yeux pour entrer dans une nouvelle lumière, un nouvel amour qui m’est donné,

C'est donc aussi y trouver un repos, parce que si il y a là un don personnel, alors cette lumière et ce don sont victorieux de ce qui leur est normalement contraire. est la victoire dont Jésus veut qu'on vive : ce qui est inhumain, contraire à l'amour, est utilisé par Jésus pour se dire et se donner ! Parce que l’amour divin est capable de se servir de tout pour se donner, pour s’adapter à nous ou nous adapter à Lui.

Mais pour entrer dans cette voie, seul un coeur marqué par une connaissance personnelle, seul un coeur vulnérable à l'amour, désireux d'aimer, peut se laisser conduire à recevoir, là, une nouvelle lumière; seul une intelligence qui est mendiante du coeur d'un autre, peut se laisser conduire dans cette manière dont l’amour se dit et se donne.

« Et alors, vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? »

 

Grégoire +

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« Entraîne-moi à ta suite, courons ! »  Ct 1, 4.

14 Février 2021, 15:04pm

Publié par Grégoire.

« Entraîne-moi à ta suite, courons ! »  Ct 1, 4.

« Un lépreux vient à Jésus … Jésus fut saisi de compassion ». On peut traduire aussi par : « Jésus fut ému aux entrailles, rempli de pitié » 

Voilà comment Jésus nous est présent ! C’est cela son regard actuel sur nous ! Jésus est plus vulnérable à nous qu’une mère envers son tout-petit ! Sa compassion est telle qu’il porte toutes nos misères, nos luttes, nos lèpres comme si c’était les siennes ! 

Il faut mendier de toucher, de sentir son regard sur nous ! Dans la foi, il n'y a pas de distance entre Jésus et nous, il faut donc lui demander de sentir combien on n’est pas seul. Jésus porte, dans ses entrailles, nos souffrances, nos désespoirs, nos lèpres et toutes nos horreurs, surtout les moins glorieuses ! Rien n’est indifférent à Jésus.

Jeudi nous fêtions l’apparition de Marie à Lourdes; Pourquoi Marie apparait à Bernadette seulement ? Parce que c’est une vraie pauvre, quelqu’un qui ne s'appuie pas sur elle-même ! Dans son couvent on appellera Bernadette « la bonne à rien ! » Comme ce lépreux : un type complètement fichu, inutilisable, à jeter ! Tant qu’on croit en ses propres forces, on ne peut pas toucher la compassion, la vulnérabilité extrême de Jésus, qui pâtit avec nous, qui veut que je me repose sur lui !

« Jésus étend la main et le touche ! » Alors qu’il avait été décrété que la lèpre était contagieuse et que les grands prêtres avaient ordonnés de se tenir éloignés des lépreux, Jésus, qui est Dieu, mais aussi pleinement homme, le touche ! Sans masque ! Aucun respect des gestes sanitaires, des gestes barrières, du quand dira-t-on ! C’est un geste complètement imprudent, même désobéissant et absolument pas nécessaire, même pour le guérir !

Alors, pourquoi ce geste ? Parce que Jésus veut se servir de la lèpre et de sa guérison pour se donner, se livrer entièrement, donner à ce lépreux l’amour actuel du Père ! 

Et cet amour ne peut-être donné que dans un geste : le Verbe, L’Esprit Divin est devenu chair, pour nous dire que la recréation est une oeuvre d’amour, elle se fait donc dans notre chair ! 

L’incarnation c’est pour devenir « une seule chair avec Dieu ». L’amour réclame l’unité avec celui qu’on aime, de le voir, de le toucher, de l’embrasser. Dieu veut habiter toute notre personne, notre sensibilité, nos passions !

L’incarnation c’est Dieu qui vient nous dire son amour en nous touchant. C’est pour cela que communier n’est pas une option ! Toucher est la plus grande connaissance que je puisse avoir d’un autre. Et le toucher devient une communion quand il y a ce don réciproque. La communion est un don réciproque, personnel, intime entre Jésus et chacun de nous !

Mais juste après, il est écrit, en grec, « Etant irrité contre lui, Jésus le renvoya aussitôt » ou encore « Jésus le jeta dehors avec sévérité » Pourquoi ce changement soudain d’attitude de Jésus ? 

Jésus s’irrite parce que l’amour qu’il donne, c’est à dire tout lui-même, n’est pas reçu; Jésus se livre entièrement, mais le lépreux ne reçoit pas son amour; Jésus est vraiment vulnérable à notre réponse, notre écoute et nos initiatives vis à vis de lui.

Ce lépreux est guéri physiquement, mais, comme il est resté sans contact avec ses proches, comme il a obéit bêtement, il n’arrive pas être présent à Jésus ! L’amour qui lui est donné est de trop, alors le lépreux continue de se regarder ! On est capable de refuser Jésus parce qu’on n’est plus habitué à aimer, c’est à dire à être attiré hors de soi

Jésus n’est pas dérangé par nos fautes, nos misères, nos lèpres, pas du tout. Mais si on continue à se regarder alors qu’il est là pour nous, là c’est insupportable ! C’est le problème des scrupuleux, d’une éducation janséniste, rigide, et de cette société moderne qui passe son temps à se regarder, à se prendre le pouls et à s’inquiéter ! On vit en permanence avec un rétroviseur ! Et du coup, d’abord on ne vit plus, mais surtout, on se rend incapable de sortir de soi, d’être pris par le regard de compassion de Jésus envers nous ! C’est trop difficile que quelqu’un nous soit radicalement présent !

C’est la grande préparation à la vie éternelle ! La vie éternelle c’est une pure attraction d’amour, un amour tellement intense, tellement de trop, qu’il nous met à nu, qu’il nous rend fragile et nous met dans une vulnérabilité telle qu’on risque fort de demander à Dieu d’attendre un peu. C’est ça le purgatoire : Dieu nous attirera, mais nous, on dira : « stop, pas maintenant, c’est de trop » Pourquoi ? Parce qu’on aura tellement été habitué à n’être que dans le « faire », à gérer, à organiser, à maitriser, à raisonner, qu’on n’acceptera pas d’être perdu, de ne plus se regarder et de tout recevoir. Or, l’amour réclame que l’on se quitte et de ne plus se regarder !

On est facilement devant Jésus comme ce lépreux; c’est tellement plus facile de se réfugier dans nos petits drames, de s’identifier à nos maladies, à notre rôle social, même à nos péchés, parce que là, on a quelque chose à faire !

Et c’est pour cela que Jésus le renvoi aux prêtres : parce qu’ils ont enfermés cet homme dans sa maladie, ils sont responsables de ce qu’il s’est identifié à son mal.

Ce mal s’appelle : ne plus aimer ! Parce qu’on s’est identifié à son travail, à ce qu’on a fait dans le passé ou à ses problèmes actuels, alors on ne se souvient plus que de soi : moi, moi, moi !  Et, on reste dans une obéissance formelle à la loi, dans un rôle à jouer, dans notre générosité ou un mal à guérir ! 

C’est plus facile de s’occuper de nos petits drames que d’accepter d’être un pauvre qui se laisse aimer gratuitement sans plus se regarder ! être seul face à Jésus où à notre prochain, qui attend notre regard ou nos petites initiatives d’amour, qui attend une réponse personnelle : la nôtre. 

C’est cela qui fait que Jésus est ému, rempli de pitié : il sait que depuis la Genèse, on a besoin d’être cherché, partout, tout le temps. « Où es-tu ? » nous crie-t-il chaque jour en silence. Il veut nos faire quitter nos peurs, péter nos rétroviseurs; c’est pour cela que Jésus nous appauvrit de nous-mêmes : il n’y a pas de repos en nous-même. C’est même l’enfer que de ne jamais se quitter !

Jésus est celui qui, toujours, m’attend. Il veux que je touche qu’il m’aime pour moi, peu importe mes lèpres !

Grégoire +

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L'amour aime à se taire

12 Février 2021, 19:47pm

Publié par Grégoire.

L'amour aime à se taire

« Jésus lui dit « Effata ! » C’est à dire « Ouvre-toi ! » ses oreilles s’ouvrirent et il parlait correctement.»

Jésus fait entendre les sourds et leur donne de parler : c’est extraordinaire quand on connait comment cet handicap isole dans le silence ceux qui en sont affectés !

Pourtant, Jésus semble incapable de se faire obéir lorsqu’il demande le silence ?! « Jésus leur ordonna de n’en rien dire à personne, mais plus il leur donnait cet ordre, plus ceux-ci le proclamaient. » 

Si Jésus peut guérir nos capacités physiques, il respecte l’usage que nous en faisons ! Or, mal parler ou simplement parler de quelqu’un en son absence est ce qui souvent nous corrompt le plus, avant de nous tuer spirituellement ! Et ceci, au-delà des dommages collatéraux produits par nos ragots ! 

C’est en effet précisément par la parole que le père du mensonge nous séduit, nous ment et nous corrompt : « Alors, Dieu a vraiment dit : vous ne mangerez pas de … ? » D’abord il insiste sur la négation, se faisant ainsi l’interprète d’une parole qui alors qu’elle était confié comme un secret amical, une alliance personnelle devient un interdit, et enfin, il fait oublier Celui qui a parlé : « Dieu ».

Le mensonge est toujours un mélange pervers de lumière et d’une interprétation tronqué qui trouble cette lumière, par volonté de s’affirmer comme seul juge du réel. Et pour cela, il faut travestir ce que l’autre a dit ou fait, le réinterpréter, le déformer et enfin répandre cette fausse lumière. 

Combien de ces relectures du réel a-t-on proféré parce qu’on a été blessé dans notre orgueil et notre petite image de nous-même ? On parle alors en déformant le réel, on le recrée, on juge, on critique, on accuse et on détruit des vies ! 

On détruit des personnes, on salit des réputations et on installe un climat pourri par ces relectures du passé, qui sont juste de faux-témoignages et de grossiers mensonges ! 

C’est l’oeuvre de Jésus que de vouloir supprimer en nous ce mal premier qui veut s’insinuer en nous comme de l’humidité sous une porte, pour la pourrir doucement : « Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? – C’est que vous n’êtes pas capables d’entendre ma parole. Vous, vous êtes du diable, c’est lui votre père, et vous cherchez à réaliser les désirs de votre père. Dès le commencement, il est homicide -meurtrier de l’homme. Il n’est pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas en lui de vérité. Quand il profère le mensonge, il le tire de lui-même, parce qu’il est menteur et père du mensonge. »

Si Jésus en parle ainsi, c'est qu'il n'y a rien de plus pervers, que de corrompre la lumière, et d'y faire entrer d'autres. Réagir avec passion est une chose, mais entretenir volontairement un mensonge à propos de quelqu'un n'est pas autre chose que d'aider à instaurer l'enfer: « Votre père, c'est le diable.»

Qu’est-ce qui nous garde dans la vérité ? On est vrai, on est ouvert à ce qui nous dépasse -et l’autre nous dépasse toujours, si l’amour de l’autre demeure toujours premier. L’autre est toujours plus que ce que j’en connais, et nous sommes toujours plus que nos actes. Nous mentons quand nous regardons en premier, en l’autre ou en nous-mêmes, nos défauts, nos fautes, nos limites.

C’est l’amour qui nous fait nous taire face à ce que nous ne comprenons pas ou qui nous blesse. Quand il n’y a plus l’amour de ce qui nous dépasse, quand notre coeur n’est pas noué par un secret personnel, alors il n’y a plus de possibilité de silence et, tôt ou tard, on se répand en fleuve de paroles meurtrières : « Le Serpent vomit de sa gueule comme un fleuve derrière la Femme… » Apoc 12, 15.

 

Grégoire +

 

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Bonne à rien, comme sa Mère !

11 Février 2021, 17:28pm

Publié par Grégoire.

Bernadette Soubirous

Bernadette Soubirous

Le grand miracle de Lourdes, ce n’est pas l’apparition de la Vierge Marie, puisque personne ne l’a vu, mais c’est que tous ont cru en Bernadette, une petite fille pauvre, analphabète et, comme on disait d’elle dans son couvent : « Bonne à rien ! » Voilà celle que Marie choisie : une « Bonne à rien » ! Et à cette bonne à rien du tout, Marie lui révèle :  « Je suis l’Immaculée conception ! » 

Pourquoi Marie dit ça ? Parce que notre maladie moderne, c’est l’orgueil de croire en ce qu’on réalise, qui nous fait nous regarder, qui nous oblige à être efficace, utile, sans défauts ! Nous sommes des tyrans envers nous-mêmes, sans cesse inquiets de nous-mêmes, à nous regarder ! Mais que c’est épuisant de se croire « Bon à quelque chose » !

Or, l’Immaculée, est donnée à une « Bonne à rien », une inutile,  une incapable ! Et là, Bernadette est une image de la petite Vierge Marie ! Parce que Marie c’est la pure gratuité de Dieu : avant toute coopération, et avant même son premier soupir, Marie est revêtue de Jésus, de sa sainteté ! Elle a sa sainteté ! Elle est faite gratuitement fille du Père et de toute l’offrande de Jésus. Or, il faut être absolument pauvre, sans aucune possibilité de réalisation, ni recherche de gloire humaine pour être apte à tout recevoir gratuitement du Père !

C’est cela Lourdes : c’est la gratuité de Dieu pour les pauvres, les handicapées, les nuls, les bons à riens et les pécheurs ! Et les autres ? Mais les autres : dehors ! Les parfaits, les vertueux et ceux qui veulent y arriver : dehors ! 

N’est-ce pas une grande lumière pour regarder tout autrement notre lien à Jésus et ce temps qui nous reste sur la terre ? Marie est notre mère. Ce qui lui est donné est à nous. Marie a vécu chaque instant comme un moment inutilisable, seulement pour Jésus, parce que c’est Lui. De Noël à la Croix, tout est gratuité, surabondance, surcroît de lumières et d’amour de Dieu ! Pure gratuité parce que son don est disproportionné ! La seule raison au don de Dieu, c’est que l’amour divin veut se donner, se déverser en nous en pure perte.

C’est la grande réponse à la tentation modernes qui voudraient une juste mesure, un cadre, des choses réglées et en ordre et svp selon la loi ! Mais l’amour de Dieu est un dépassement de la loi, de la justice ! Dieu se donne à des bons à riens

La nouvelle Alliance n’est pas le rétablissement de la Justice originelle, non, ce sont des noces, des épousailles ! Le Père a répondu à la faute originel par un nouveau don : en nous épousant, en mêlant son sang au nôtre !

C’est Cana : un repas de noces et le nouveau vin, c’est le sang de Jésus ! On ne fait plus qu’une seule chair : c’est son corps ! Et le sang c’est l’amour divin dans nos liens de charité ! Il n’y a pas d’épousailles avec Jésus, si il n’y a pas d’amour excessif les uns envers les autres !

Et Marie, à Lourdes, nous dit : « je suis l’Immaculée, je suis revêtue de Jésus et c’est complètement gratuit ! Ceux qui veulent en être revêtue, gratuitement, venez boire ici ! Mais ce n’est que pour les petits, les pauvres, les aveugles, les handicapées ! Ceux qui ont un truc à défendre, qui attendent d’être reconnu ou une sainteté visible, passez votre chemin ! Il faut coller son visage dans la boue, dans la terre : être caché à ses propres yeux pour recevoir cette surabondance incroyable ! »

Telle est la maladie dont Marie nous guérie à Lourdes : notre suffisance, notre satisfaction de nous-même, notre prétention à être quelqu’un, à faire du bien ! Parce que vivre de la gratuité du Père, de Jésus, c’est choisir d’être rien, mendiant, nu, pauvre… pour tout attendre de Lui !

Ce que dira notre plus grande « Bonne à rien » des temps modernes : « Plus nous sommes faibles, sans vertus, ni désirs, plus nous sommes disposés aux opérations de cet esprit consumant et transformant, mais il faut consentir à rester faible et sans forces, et voilà le difficile, car le véritable pauvre d’esprit, où le trouver ? » Ste Thérèse de l’enfant Jésus

Grégoire +

 

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La meilleure part

10 Février 2021, 21:21pm

Publié par Grégoire.

La meilleure part

« Marie a choisie la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

On entend souvent à propos de ce passage qu’il faut un équilibre entre action et contemplation, que quand même le service c’est important etc … Et bien non ! Écouter Jésus qui me parle c’est le plus grand travail, le plus grand service que je puisse rendre au monde ! 

La Vierge Marie parce qu’elle s’est fait attente pure, parce qu’elle s’est fait silence, désir de Dieu, elle a comme attiré le Père et le Père lui a donné son secret éternel ! « Marie a en premier conçu dans son coeur avant de concevoir dans sa chair » prêchait St Augustin ! Elle a reçu jusqu’au bout la Parole du Père, son secret intime ! Et ça, c’est pour chacun d’entre nous, aujourd’hui !

« Celui qui entend ma parole et qui la garde celui là est pour moi un frère, une soeur, une mère » C’est pour cela que Jésus répète constamment : « faites attention à la manière dont vous écoutez ! » Parce que la manière dont j'écoute fait de moi un spectateur, ou un frère, une soeur, une mère pour Lui !

Parce que la parole de Dieu, c’est Dieu qui me parle, à moi, maintenant : ce qu’il me dit est actuel et en me parlant, il me transfuse sa vie : sa parole c’est Lui ! Sa parole me transforme en Lui ! Il n’y a donc rien qui ne me sanctifie plus que d’entendre, d’écouter le Père me parlant !

Sauf que nous, comme nous avons un esprit qui calcule, qui raisonne et qui surtout se regarde, se tâte et cherche son pouls, on n'attend que ce qui nous rejoint psychologiquement, ce qui nous fait du bien, nous caresse dans le sens du poil. Mais rarement on cherche à rejoindre Celui qui me parle ! Et, comme nous sommes très très pollué par un regard matérialiste, nous entendons une histoire passée, une morale, un message ! Que dis-je, comble de l'horreur : des valeurs !! Quelqu'un qui se donne entièrement à vivre dans sa parole : des "valeurs" ?? 

« La foi vient de ce qu’on entend » dit St Paul. La foi est, en nous, Dieu-Lumière se disant. Dieu m'éclairant sur lui-même et tout ce qui existe, en me parlant, produit en nous la foi. Croire, c'est en nous, l’effet de sa parole, ce que produit en nous le Père qui me parle ! Quand j’entend la parole de Dieu, j’ai un contact immédiat, personnel avec le Père qui me parle ! Parce que Jésus a dit chacune de ses paroles en pensant à moi personnellement ! Si donc je manque de foi, c'est que je laisse pas beaucoup me parler !

C’est pour cela que ceux qui lisent à la messe, doivent faire un effort énorme, puisqu’ils parlent au nom de Dieu. Ils prêtent leur voix à Dieu !

Et entendre vraiment le Père qui me parle, réclame un effort d’écoute complètement fou : puisque chaque parole contient Dieu en quelque sorte ! Chacune parole me fait entrer dans ce qu’est Dieu, me le fait goûter, me le fait toucher ! C’est juste énorme. Cela réclame un coeur amoureux, un coeur qui soit pauvre, sans projet, sans regard narcissique, sans rancune, un coeur naïf, un coeur d’enfant : si notre coeur est comme une mer en pleine tempête, ça ne va pas, mais si notre coeur est comme un lac de montagne limpide, là oui, le Père peut se déverser en nous !

C’est pour cela que consacrer sa vie à écouter sa parole, c’est  un travail à temps plein ! C’est pour pouvoir devenir, nous-même, parole du Père, son visage, son sourire -sans masque- et il n’y a pas de plus grand service à rendre au monde : être le visage de Dieu, possédé par Lui ! La meilleure part !

Grégoire +

 

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« À vous qui m'écoutez, moi je vous dis : "Aimez ! » Math 5, 44.

9 Février 2021, 20:02pm

Publié par Grégoire.

« À vous qui m'écoutez, moi je vous dis : "Aimez ! » Math 5, 44.

« Hypocrites, Isaïe a bien prophétisé à votre sujet : Ce peuple m’honore des lèvres mais son coeur est loin de moi … »

L’hypocrisie dont Jésus parle est, dans notre relation à Dieu, de faire semblant d’y arriver. Donner l’apparence d’être proche de Dieu, alors qu’on est dans une fidélité formelle, une obéissance à des traditions très humaines : on répète, on suit pour se sécuriser, parce qu’on a toujours fait ça, et que si aujourd’hui « rien ne va plus » c’est qu’on ne fait plus « comme avant ». 

L’hypocrisie est un manque de vérité, un mensonge, parce qu’on a peur d’avouer que de fait on n’y arrive pas et du coup on fait semblant ! On fait croire, d’abord à soi-même, puis aux autres, que cela va alors qu’on est simplement dans des moyens certainement pieux, très religieux, et en fait très humains ! 

Et ensuite on se pose en mesure des autres suivant s’ils suivent ou non ces moyens ! On fait comme tout le monde et on exige que tous fassent comme nous ! C’est très mondain et c’est même être comme un cadavre : on suit les opinions, on répète, on descend le fleuve !

On absolutise des moyens et on oublie qu’ils sont au service d’une rencontre, d’une amitié avec Dieu. Ou même, on se sert de la liturgie, de nos exercices pieux pour cacher notre peu d’intimité avec Dieu. On s’exclame « oh, c’était beau » oui,  très bien, mais in fine, est-ce que cela t’a rendu plus proche de Jésus ou de ton frère ? 

Ou bien, on se sert même de Dieu pour éviter d’être complètement donné au prochain, on prétexte « l’heure de la prière, de l’office, du rosaire » pour éviter d’avoir à perdre du temps pour l’autre qui nous le mendie, parce que l’autre nous dérange, et que ce n’est pas humain d’être totalement donné à l’autre tel qu’il est ! 

Non, ce n’est pas humain, ni normal, ni même raisonnable !c’est divin que de choisir de mourir pour son prochain, de tout lui donner ! Mais c’est de trop pour nous !

Le jour où on entre en communauté ou quand on prononce ses voeux, le prieur nous demande d’abord publiquement : « frère bien-aimé, que demandez-vous ? » et on répond : « la miséricorde de Dieu, l’aide de mes frères… » 

La première promesse que l’on fait c’est mendier l’aide de Dieu et de ses frères. On ne promet pas de cocher toutes les cases et d’atteindre un certain but ! Pourquoi ? Parce qu’on a accepté que, par le baptême, notre vie est perdue en Dieu. Elle est perdue. Comme le grain de blé tombé en terre, nous sommes enfouis en Dieu ! Je choisis de ne pas utiliser ma vie à quelque chose, mais je la lui remets pour que Lui en fasse ce qu’il veut. C’est Dieu qui utilise tout ce que je suis ! C’est lui qui en tire une efficacité divine.

Mais tant que je n’ai pas choisi que ma vie est perdue, qu’elle doit être répandue en pure perte, inutilement, alors je reste avec l’espoir d’un résultat humain, de faire quelque chose de ma relation à Dieu ! Du coup, je me récupère sur des moyens à ma portée !

Et alors, on est ni libre, ni vrai, et même très souvent, esclaves de moyens religieux qu’on absolutise, et menteur, car alors, on essaie de montrer qu’on y arrive, qu’on s’en sort !

Or, la seule question c’est: où en suis-je dans mon amitié avec Jésus ? Ais-je le désir d’aimer mon prochain comme Jésus l’aime ?  Ça c’est la seule loi, la seule règle ! Et là, sans Lui, on ne peut rien faire !

 

Grégoire +

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Cette bonté qui voudrait nous alléger ...

8 Février 2021, 20:47pm

Publié par Grégoire.

Cette bonté qui voudrait nous alléger ...

C’est étonnant « tous cherchaient Jésus », « tous étaient attirés par lui, et voulaient le toucher pour être sauver ». Cela devrait nous interroger … Pourquoi les gens ne sont-ils pas plus attirés par notre vie, par notre présence, alors que nous nous voulons chrétiens ? 

Ce doit être un véritable examen de conscience, non pas moral, non pas pour se culpabiliser, mais souvent remettre en cause notre manière de vivre de Jésus, pour essayer de voir tout ce qui peut faire que Jésus ne peut pas se donner à travers nous. 

St Dominique, lorsqu’il a fondé les Dominicains, a mis comme première règle : la dispense ! C’est à dire que la règle de vie des frères ne devait pas être un poids supplémentaire ! 

Jésus nous a sauvé, nous sommes donc enfants du Père, du coup tout ce qui s’ajoute, c’est de la gratuité, de la surabondance ! Et on doit regarder si ce qu’on s’est rajouté dans notre vie chrétienne n’est pas parfois un pesant fardeau  qui nous empêche d’être légers, vivants, joyeux !

Bien sûr nous avons tous des souffrances, des choses qui sont lourdes, mais en premier on vit d’une personne qui nous aime;  or, cet amour que Jésus a pour nous, devrait rayonner ?!

Ne doit-on mas s’interroger sur pourquoi n’avons nous pas une plus grande fécondité ? Pourquoi l’amour fraternel entre nous n’est pas plus grand, plus fort ? Les premiers chrétiens quand on les voyait, on disait d’eux : « voyez comme ils s’aiment ! »

Ste Joséphine Bakhita cette soudanaise, esclave et devenue chrétienne, religieuse, attirée par des chrétiens qui rayonnaient, est elle-même devenue une lumière incroyable malgré les souffrances qu’elle avait subie.. C’est donc possible !

Or, est-ce qu’on ne se met pas parfois des règles sur le dos, des traditions à tenir qui nous empêchent de vivre pleinement de Jésus. Comme une naissance qui serait actuelle ! Qu’est-ce qui est de trop et qu’on doit remettre en cause pour être envahis par Jésus ? St François d’Assise avait compris qu’il fallait d’abord se dépouiller pour rayonner sa joie, sa présence, sa bonté.  

Il est bon de se demander sur ce qui nous aiderait pour vivre davantage de l’amour de Jésus? Que nous manque-t-il ? Ou alors, qu’avons-nous à lâcher ? À perdre ? À laisser tomber ?

Comment s’aider à voir, ce qui, en nous, nous empêche d’être une plus grande présence de Jésus..? Il ne s’agit pas d’être parfait ou sans péchés, ça c’est juste impossible, il s’agit plutôt de s’alléger d’impératif catégoriques qui sont des boulets aux pieds … 

Qu’est-ce qu’il faut faire par exemple pour que la messe soit un lieu de vraie rencontre avec Jésus et que cela attire ? Comment faire pour que cet amour avec lui et entre nous soit toujours plus vivant et palpable ?

Comment réaliser une véritable communauté fraternelle, un foyer d’amour fraternel, que chacun soit une vraie présence de Jésus ?! Qu’est-ce qui fait que « tous le cherchaient…? »

 

Grégoire +

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Où es-tu ?

7 Février 2021, 14:18pm

Publié par Grégoire.

Où es-tu ?

« Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est une corvée… A peine couchée je me dis, quand pourrais-je me lever? Le soir n’en finit pas … » 

Job, c'est le livre de l’Ancien Testament sur la Providence, la conduite de Dieu devant la souffrance humaine. Pourquoi le mal ? Qu’est-ce que fait Dieu ? Fait-il quelque chose ? Ou bien, est-on livré au hasard ? 

Face au mal, on tombe vite dans la fatalité : « c’est comme ça » « tant pis, un mauvais moment à passer... » la fatalité, le destin, c’est vivre comme si le mal était une force absolue. Croire qu’il tombe aveuglément, qu’il s’abat sur les personnes et surtout qu’il n’a aucun sens ! 

Cette fausse croyance tue notre vitalité car elle engendre le désespoir : si le mal s’impose et que cela n’a aucun sens, on n’a plus d’attente, plus d’espoir, plus d’espérance !

Ou alors, nous sommes comme les amis de Job qui lui font la morale; Job a tout perdu et ses amis disent : « son malheur, c’est parce qu’il a péché, il est puni ! » Raisonnements très faux, très païens, mais très courant !

Pour Jésus c’est la même chose, lui, le juste, l’innocent, le Père semble l’avoir abandonné. Et quand il est crucifié, il n’y a plus personne, plus aucun ami ! Qu’est-ce que cette conduite de Dieu ? Pourquoi Dieu permet-il le mal ? La souffrance ? À quoi cela sert-il ? 

La première source du mal, vient de la jalousie de nos frères ainées, qui trouvent insupportable que Dieu ait pu associer l’esprit à la matière ! Les anges sont des esprits purs ! Pour eux, nous sommes des bâtards ! Or, Dieu a continué sa création malgré la lutte, toujours actuelle et ultra violente de ces anges devenus démons ! 

Dans le livre de Job, Dieu laisse, apparement, le diable détruire la vie de Job : ses troupeaux, sa famille, sa santé. Le démon veut montrer à Dieu que si Job souffre, alors Job s’éloignera de Dieu. Et Dieu laisse faire. Car Dieu se sert même du mal ! Il se sert aussi du démon à son insu ! Et même de nos fautes ! Aucun mal, aucun échec n’est absolu ou définitif !

La deuxième source du mal dans nos vies, c’est de ne pas savoir pourquoi ce mal arrive ? Alors on désespère et on vit dans la peur ! On a peur quand on avance tout seul. Avancer avec des moyens humains, c’est avancer tout seul ! Avoir pour guide la télévision ou les infos, c’est  encore avancer seul ! C’est désespérant !

Mère Térésa disait qu’une des plus grande souffrances aujourd’hui, c’est la solitude. 

Parce que parfois, même dans notre famille, dans notre couple, dans nos communautés, on est seul parce qu’on ne peut pas dire totalement ce que l’on porte au fond de soi. On ne peut pas dire ses luttes, ses misères ! Alors on porte cela seul, on est dans une impasse et on désespère, et il y a des choses qu’on porte et qui gangrène, qui moisisse en nous.

Ce que l'on peut dire, sans faire le tour de la question, c'est que Dieu permet qu’on soit blessé, que l’on souffre -et c’est une permission- c'est pour que : 

- Nous nous battions pour ne plus être seul. On est vivant quand on est capable de conquérir un autre et de lui transmettre ce qu’on a de plus personnel, nos joies les plus intimes et aussi nos misères les plus secrètes.

- Que nous dépassions le point de vue moral et du résultat ! Très souvent il y a dans la morale et la recherche de résultats un orgueil caché : on ne veut pas accepter qu’on est capable de se tromper, et on veut absolument montrer que, seul, on se suffit et on arrive à quelque chose ! C’est un mensonge !

- Et que nous n’attendions pas un salut temporel ou politique ! Il n’y a pas de salut communautaire ! La politique, c’est comme la météo ou la santé, ça change tout le temps, il n’y a pas de stabilité là-dedans !

La souffrance, le mal -et même nos fautes- ont l’avantage de nous affaiblir, de nous rendre petits. Là on comprend, dans notre chair, que par nous-mêmes on n’est pas grand chose ! On ne peut se réaliser par nous-même. On a besoin d’un autre ! Et surtout du Tout-Autre, du Père, de Jésus ! On vit seul quand on n’a pas découvert que Jésus, c’est Celui qui veut me rendre pleinement moi-même.

Notre vrai mal c’est d'abord que l’on porte tout, tout seul. Que l’on ait des désirs tordus, des envies de meurtres, de jouissance, ce n’est pas grave en soi : il faut les donner à Dieu, à Jésus. Il les connait et Lui seul peut combler tout nos manques, toutes nos attentes, même les plus tordus ! Ce qui est grave, c’est de tout porter seul. Parce que si tout ce qu'on porte explose de ne pas avoir été donné, là ça fait très mal ! 

Jésus n’est pas venu montrer un modèle de vie ou de société idéale; sa venue n’a pas supprimée la souffrance ou le mal. Il est venu pour épouser toute notre vie, lui donner une dimension divine ! Mais nous, on est très occupé par ce qu’on fait; 

Souvent, ce n’est que quand on est appauvrit, petit, souffrant, qu’il peut nous rejoindre; Nos blessures sont le grand lieu où il peut nous rencontrer et se faire connaitre, parce qu’alors on est accessible : nos souffrances nous mettent en attente d’un autre !

C’est pour ça que le texte de Job est une prière : sa souffrance est un cri, une attente de Dieu ! Il mendie son repos à Dieu. Et Job est instruit par Dieu dans la prière, et Job dit « à la fin, je me tiendrai debout avec mon corps et de mes yeux de chairs je verrais Dieu » Il a la certitude que ce qu’il vit n’est pas vain !

Et quand Jésus prie le matin, il se repose dans la présence du Père. Prier c’est dire «Abba, Papa» et laisser le Père, mon Père, notre Père nous dire, de l’intérieur, qu’il porte tout, que tout a un sens. On peut dire aussi : « Jésus » tout doucement. Cela suffit.

Quand on entre au couvent, normalement, c’est pour ne plus jamais être seul, normalement… De même que l’on peut être très très seul dans un couple… Or, la prière, ce dialogue, ou même cette respiration avec Celui qui ne nous quitte jamais,  c’est pour ne plus rien vivre seul qu’on y entre. Cette mendicité intérieure de la lumière, de l’amour, de la présence de Celui qui est toujours en attente de tout me donner. Jésus nous attend. Il veut nous consoler ! Nous donner la certitude que rien n’est vain ! Et comprendre que Dieu utilise nos souffrances, nos blessures, nos luttes pour nous mettre à sa taille. 

C’est normalement l’oeuvre de la lumière et de l’amour de nous adapter à l’autre; mais pour nous, grâce ou à cause de notre corps, notre esprit reçoit une nouvelle lumière, un nouvel amour dans l’obscurité que sont nos blessures et de ce non-amour qu’est le mal. Cela on ne peut le vivre ou le porter seul; c’est toujours de trop pour nous !

C'est pour cela qu'Il est sorti, qu'il nous cherche et qu'il nous crie en silence : « où es-tu ? »

Grégoire +

 

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La femme, gardienne des secrets du Père

5 Février 2021, 15:32pm

Publié par Grégoire.

La femme, gardienne des secrets du Père

Jean Baptiste lui disait : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère ». Hérodiade en voulait à Jean et cherchait à le faire mourir.

Comprenons bien cette parole de Jean-Baptiste qui n’est pas là d’abord pour faire la morale à Hérode et Hérodiade. Si Jean-Baptiste s’adresse à Hérode c’est qu'il est un homme faible, manipulable, comme beaucoup d’hommes ! C’est la petite médiocrité de l’homme que de facilement manquer de force au niveau affectif. L’homme reste facilement toute sa vie un petit enfant qui cherche sa maman ! Sous des aspects apparemment virils, c’est très souvent un grand enfant !

Et Jean-Baptiste veut aider cet homme Hérode, à retrouver sa noblesse, sa vocation, à être gardien d'une lumière qui le dépasse; à Adam avait été donné de nommer les choses et d’être gardien des intentions de Dieu; L’homme est donc gardien d’une sagesse qui le dépasse, et pour cela il doit constamment chercher la lumière, interroger, sous peine de se fragiliser ! 

Jean Baptiste veut réveiller son intelligence, son sens de la Sagesse, c’est à dire de ce qui le dépasse. C’est bien plus que de pointer une faute morale ! 

Hérode est manipulé par Hérodiade et par la danse de sa fille. Il est séduit par elles et l'ayant séduit elles peuvent lui demander ce qu'il n’aurait jamais fait de lui-même !

La séduction est une lumière qui nous éblouit momentanément. Ce n’est pas mauvais d’être séduit, c'est une lumière qui nous oblige normalement à aller plus loin que ce que l'on connaît déjà. Mais quand on ne cherche pas la lumière, la Sagesse, la séduction risque de s'imposer et tout prendre.

Et Hérodiade, c’est la femme qui a perdu sa 'vocation' : son inclination, sa disposition intérieure à éveiller et nourrir l’amour, d’être celle qui renouvelle et affine l’amour. N'est-ce pas l'une des raisons pour lesquelles le monde est particulièrement froid aujourd’hui ? Outre la médiocrité masculine, Hérodiade est bien la caricature de la propension de certaines femmes à vouloir occuper absolument des places de pouvoirs, des places visibles de premiers plans, pour lesquelles elles n'hésiteront pas à manipuler et séduire1.

Hérodiade et sa fille ont oublié ce qui leur a été donné, qui les met toute proche de Dieu : être source d’amour, source de vie spirituelle. La vie biologique chez la femme n'est-elle pas le signe de quelque chose de bien plus grand et bien plus profond pour la recherche de la sagesse ?!

Le cri de Jean Baptiste, c’est celui du Père qui veut réveiller en elles ce secret. C’est par la femme que le Père reprend tout. C’est pour ça que les trois derniers docteurs de l’Eglise sont des femmes; La porte de la nouvelle Alliance, c’est Marie ! Marie c’est, d'une certaine manière, plus que les sacrements, c’est celle que le Père choisie pour tout reprendre. C’est comme cela que le Père regarde toutes femmes : celles à travers lesquelles il veut tout renouveler.

 

Grégoire +

 

1/  Non pas que la femme n'ait aucun rôle à jouer dans la vie publique, politique, etc... bien au contraire ! Mais son mode propre, sa manière d'être réclame de ne surtout pas entrer dans une imitation du modèle proprement masculin ! L'homme et la femme sont des personnes humaines égales, aucunement réductible à leur nature biologique; aucune des deux n'a donc de primauté ou d'autorité sur l'autre. Par contre, leur manière d'exister comme êtres spirituels, leur manière de connaître et d'aimer diffère radicalement.

C'est ce que l'on a de plus nous-même réclame une recherche personnelle pour découvrir comment vivre, exercer et manifester ce qu'on a en propre; et cela est vital pour ne pas tomber dans des schémas dialectiques et des stéréotypes médiatiques ! Et, là, rien, en tout cas aucune méthode, ni règle, ne peut remplacer cette recherche pour se révéler à soi-même ce qu'on a de plus personnel; 

Si certaines traditions véhiculent de grandes orientations, c'est parce qu'elles s'appuyaient chez les anciens surtout, sur un maitre, un sage, un témoin de vie ... 

 

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Le Verbe, Lumière et Consolateur

2 Février 2021, 19:35pm

Publié par Grégoire.

Le Verbe, Lumière et Consolateur

La présentation de Jésus au temple est une nouvelle annonciation ! Donc une nouvelle révélation ! La première annonciation se déroule dans l’intimité de Nazareth. C’est le Père qui, par un ange, vient demander à Marie si elle veut bien accepter de porter son secret éternel. Que le Fils du Père devienne son fils !

Au temple, c’est à travers l’offrande liturgique du premier né, le service des prêtres -Syméon, et l’attente des prophètes -Anne, que le Père demande à Marie, de recevoir, d'entrer dans quelque chose de nouveau de sa paternité.

« Mes yeux ont vu ton Salut : Lumière pour éclairer les nations ! » Syméon manifeste le passage de la Loi, des prêtres et des prophètes, à la Lumière ! 

Israël était consacré au Seigneur par la Loi, (et était ainsi  premier donc Roi de tout les peuples), la médiation des prêtres et par les prophètes. Le chrétien est consacré, il « devient sacré avec.. », non pas l’application de la Loi, non pas la liturgie ou un ordre hiérarchique, mais par la lumière qu’il reçoit, qu’il cherche et qu’il devient : « vous êtes la lumière du monde » Matt 5, 14.

On est consacré non pour appliquer une liturgie à la lettre, être des gendarmes de la Loi ou vivre selon un ordre hiérarchique ! Mais pour être Lumière avec et comme Jésus ! C’est la lumière qui nous consacre : « Consacre les dans la vérité ! Ta parole est vérité ! » Jean 17, 17.

Pourquoi La lumière ? Parce que Dieu est Lumière et Amour ! Et qu’il n’y a pas d’amour sans lumière ! Parce qu’en Jésus, toute sa personne est lumière : il éclaire, il conduit, il fait comprendre et donne à toute choses une signification divine. Vivre de l’Esprit du Fils Bien-aimé, c’est chercher à connaitre qui il est : « Pour vous qui suis-je ? » et cela seul nous consacre à Lui, nous donne un esprit pur, virginal ! L’obéissance à la Loi ne rend pas pur ! Ni ne consacre à Dieu ! Et puis, la personne humaine est capacité de devenir toutes choses en les connaissant : ce que je connais je le porte en moi, et plus je connais quelqu’un -plus signifie atteindre l’autre dans ce qui est le plus lui-même, plus j’atteins l’autre de l’intérieur, plus je suis capable de l’aimer.

Jésus lumière est ce que Syméon attendait « la consolation d’Israël » Luc 2, 25. Consolation, en grec, c’est le même terme que l’Esprit St donné à la Croix : le Paraclet ! Jésus est le premier paraclet, le premier consolateur, car il est lumière paternelle : « Qui me voit voit le Père » Jn 14, 9.

Il est aussi « action de Grâce » comme le dit la prophétesse Anne voyant Jésus : « Et à cette heure ayant été là, elle rendait grâce » Luc 2, 38. « Action de Grâce et eucharistie » c’est exactement la même signification. Jésus est action de grâce, offrande totalement gratuite de tout Lui-même.

Voilà donc le passage du « prêtres, prophètes et rois » de l’Ancienne Alliance -que l’on attribue paresseusement au nouveau Testament, à « Lumière, Consolation et Action de Grâce » ! Jésus est le Salut comme « Lumière, Consolation et Action de Grâce »

Et comment est-il révélé ainsi ? « En provoquant la chute et le relèvement de beaucoup en Israël » Jésus est lumière en nous dépouillant, en nous appauvrissant de nos acquis, de nos avoirs spirituels. 

Pourquoi ? Lorsque la lumière est trop forte, on est comme aveuglé, de même lorsque l’amour est trop intense, il nous éprouve ! C’est pour cela que Jésus est un « Signe de contradiction ». Parce qu’il est de trop pour nous, que son don se fait comme dans un échec apparent, un rejet, un désastre. Et c’est là qu’il est « Lumière, consolation et action de grâce ». 

Marie, tous ceux qui veulent vivre de l’esprit de Marie, donc de la vie consacrée, le Père veut les associer à cette œuvre de lumière : « un glaive te transpercera le cœur afin que soient révélées les pensées d’un grand nombre ». Luc 2, 35.

De même qu’Abraham qui a reçu Isaac de Dieu lui-même, Marie a reçu Jésus; et, Abraham est entré dans une nouvelle paternité, qui pour lui a pris la forme d’une offrande de son fils Isaac : l’amour de Dieu est tellement de trop qu’il nous éprouve ! De même Marie à la Croix entre dans une  nouvelle maternité à l’égard du genre humain, mais ce don prend l’apparence de quelque chose de négatif tellement il est de trop : l’offrande de sa maternité envers Jésus. Cette offrande est réellement, en premier, un nouveau don du Père pour elle, donc une consolation, donc un motif d’action de grâce ! 

C’est cela le Glaive : c’est le don d’une lumière qui est telle qu’elle nous blesse, parce que c’est une lumière qui est plus substantielle que notre propre personne.

C’est cela la signification propre de la vie consacrée : cherchant à vivre de Celui qui est La Lumière, la vie consacrée est lumière, car elle vit et manifeste déjà ce que secrètement tous attendons ! Nos attentes les plus profondes, la vie consacrée les révèle. Comme sur un film photographique, c’est le négatif qui révèle ce qui est sur la photo. Ainsi ces blessures que l’on porte, révèlent et manifestent les désirs, les attentes que le monde veut vivre, mais dont il n’a pas conscience !

La Croix est bien cet évènement apparemment négatif, signe contradictoire qui révèle les désirs les plus profonds que chacun attend; Il faut saisir que dans les luttes que nous vivons, il y a une lumière qui est donnée, qui donne sens à ces luttes et qui permet de les porter; sans cette lumière, on fait le dos rond, on attend que ça passe et on pleure … on désespère. 

Or, la lumière nous apporte une vraie consolation, celle d’être certain d’être aimé jusqu’au dans nos blessures, cette lumière c’est connaître cet amour pur et total dont notre cœur a soif ! Et là alors, on peut demeurer dans l’Action de grâce ! 

La vie consacrée implique : l’annonciation à Nazareth, ce secret intime d’amour entre le Père et nous, vivre du désir gratuit du Père sur nous, c'est un désir : on n’est pas fait naturellement pour être consacré, c’est une réponse gratuite à un amour gratuit; On anticipe la vie éternelle, on gagne du temps !

Et, l’annonciation au temple, pour faire œuvre commune avec Jésus, en choisissant de le suivre, d’être à son rythme, d’être possédé par ses paroles et ses gestes, pour être Lumière dans toute notre personne; en acceptant d’être un signe de contradiction, d’être un échec apparent, d’être même comme compromis avec le péché : on a dit de Jésus qu’il « séduisait la foule, qu’il détournait de Dieu ! », et donc de provoquer apparemment la chute des malades de la Loi... 

Lorsqu’on fait de Lui seul notre Lumière -ce qui implique d’être des mendiants acharnés de sa Lumière, on devient Lumière, on est fait Lumière ! Seul chemin pour être Consolateur et Action de grâce, offrande silencieuse d'amour pour Lui !

 

Grégoire +

 

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De nos petits cochons ...

1 Février 2021, 12:26pm

Publié par Grégoire.

De nos petits cochons ...

Les esprits impurs supplièrent Jésus : « Envoie-nous vers ces porcs, et nous entrerons en eux. » Il le leur permit. Ils sortirent alors de l’homme et entrèrent dans les porcs. Du haut de la falaise, le troupeau se précipita dans la mer : il y avait environ deux mille porcs, et ils se noyaient dans la mer. Ceux qui les gardaient prirent la fuite, ils annoncèrent la nouvelle dans la ville et dans la campagne, et les gens vinrent voir ce qui s’était passé. Ils arrivent auprès de Jésus, ils voient le possédé assis, habillé, et revenu à la raison, lui qui avait eu la légion de démons, et ils furent saisis de crainte. Ceux qui avaient vu tout cela leur racontèrent l’histoire du possédé et ce qui était arrivé aux porcs. Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire. Mc, 5, 1-20.

 

Que Jésus ait libéré un possédé, c’est une chose, mais qu’il fasse perdre tout un troupeau de porc, c’est insupportable ! Préférer ses petits cochons à la présence de Jésus, voilà un peu la vie humaine ! 

On a beau avoir des signes de la présence de Jésus sous les yeux, voir certaines attentes de Jésus sur nous, on ne veut pas que ça nous dérange; on ne veut pas remettre en cause notre petite vie, notre petit équilibre, notre gestion du quotidien …

Jésus doit faire partie des meubles ! Je le range dans un coin, entre le frigidaire et le salon, au-dessus de la télévision, bien encadré …   et je le sors le dimanche matin, avec son petit manteau, ou en semaine, et là alors, c’est déjà beaucoup ! Mais il est hors de question de devoir tout remettre en cause pour lui… ! Ça non… ce n’est pas possible. Si c’est comme ça, il vaut mieux qu'il parte ! 

C’est le problème avec Jésus : quand il débarque dans notre vie, on ne peut plus vivre par soi-même; on ne peut plus avoir son autonomie, sa propre lumière, son petit équilibre. On ne peut plus vivre sans qu’il défasse tout ce qu’on avait fait ! 

Deux milles cochons, vous vous rendez compte le nombre de saucissons qui se sont perdus dans la mer ?! Nan, Jésus n’est pas raisonnable ! Précisément, c’est un dérangeant ! Il vient nous guérir du cancer d’une vie qui auto-satisfaite, qui se suffit à elle-même, avec ses petits troupeaux … 

Parce que nous, et ça ce n’est pas un mystère, c’est même très très visible, chacun d’entre nous, moi le premier, on aime nos petits cochons, nos saucissons… On a tous des petits cochons, parfois très spirituels, qu’on garde très très précieusement ! Les pharisiens adorent, non pas Dieu, mais leurs cultes, leurs traditions, leurs idées pieuses; ils ne sont pas dans une attente absolue de Dieu ! Ils ne sont pas prêt à se passer de leur temple, de tout ce qu’ils ont si bien organisés, et entrer dans quelque chose de tout nouveau… si vous regardez bien, on a chacun des petits cochons que l’on garde précieusement. 

Cela met en lumière quelque chose de très important : aucun d’entre-nous n’est capable de recevoir Jésus par lui-même ! Il est toujours de trop pour nous ! C’est bien la question : est-ce qu’on demande à Jésus de nous rendre capable de le recevoir ? Ou bien est-ce qu’on croit qu’on peut l’attendre par nous-même ? 

C'est Jésus seul qui peut nous faire accepter intérieurement d’être détaché de nos petits cochons, d'en être libéré… 

« Seigneur je ne suis pas capable de te recevoir ! Mais dis une seule parole, et je serais guéris de mon amour pour mes petits cochons, pour mes saucissons et mes petites habitudes… »

Grégoire +

 

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