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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

« Venez, crions ... » ps 94

31 Janvier 2021, 15:53pm

Publié par Grégoire.

«  Venez, crions ... » ps 94

« Silence ! Tais-toi ! Sors de cet homme ! »  Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu'est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. »

« Silence ! Tais-toi ! Sors ! »  C’est une parole qu’il faut entendre et se redire souvent ! Dans toutes nos luttes, Jésus nous demande de nous appuyer sur sa parole ! Sa parole est toujours actuelle et efficace : elle a toute l’autorité de Dieu ! 

Aussi, il faut se la dire, sans hésitation et avec la certitude d’avoir la puissance de Dieu avec soi ! C’est pour cela que pour prier on répète des paroles de l’Evangile; et, dans ces paroles, celles de Jésus sont les plus efficaces !

Car nous sommes dans une lutte qui nous dépasse, qui est trop forte pour nous. Alors si on croit qu’on peut se battre avec nos petits muscles, nos petites vertus, notre force, c’est idiot, débile et grotesque ! On est battu d’avance ! Car non seulement cette lutte nous dépasse, mais en plus nous sommes handicapés, boiteux, avec des portes ouvertes à l’ennemi : tous ici, notre coeur est blessé !

Et Jésus nous montre comment lutter : avec lui, en usant de ses paroles et de son autorité ! Point !

Par le baptême, nous avons la puissance de Jésus en nous. Même, nous avons un pouvoir d’exorcisme; l’Eglise demande que seulement certains prêtres l’exercent : il faut une profonde vie de prière pour ne pas être ébranlé par les séductions du démon. Mais pour nos luttes quotidiennes, nous devons user de la puissance de Jésus ! Et nous devons l’utiliser, avec la même autorité ! Jésus nous donne son pouvoir de commander sur tous les démons ! « Je suis fils du Père, vade retro, retire toi ! » « Je t’ordonne de partir, je t’ordonne de me quitter ! »

Comme lorsque je consacre, je dis les paroles de Jésus, et Jésus m’obéit et transforme le pain en son corps, le vin en son sang. Et bien pour nous, nous avons le pouvoir de pardonner, de faire taire nos pensées noires et faire partir ces esprits impurs ! Pas par volonté, mais en s’appuyant sur Jésus !

Les esprits impurs, ce n’est pas d’abord moral. C’est en premier des esprits de tristesses, de désespoirs, de critique, de peur, de haine de nous-même. 

L’impureté la plus grande est de croire que ce que je sais suffit à tout, je me pose en mesure du réel, de ce que je suis : l’orgueil; et, me juger moi ou les autres, ça s’appelle la jalousie. Ça c’est la lutte suprême. Le reste ce ne sont que des conséquences. Cette lutte est intérieure : elle n’est pas sur les résultats, mais sur l’Esprit qui m’anime !

Le démon nous accuse en nous faisant regarder les résultats ! Il ricane à la croix, parce que  le résultat apparent est terrible ! Or, c’est toujours notre désir que Jésus regarde, pas les résultats !

Pourquoi Jésus fait-il taire ces esprits qui, eux, savent qui il est ? « Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu! » « Silence ! Tais-toi ! Sors de cet homme. » parce qu’on ne peut connaître Jésus « objectivement ». Il n’y a pas de connaissance claire, catéchétique ou extérieure de Jésus !

Jésus c'est un secret intime ! C’est le secret du Père, son amour. C’est pour cela qu’il est donné à Marie comme son enfant ! C’est comme cela qu’on doit le rencontrer : comme mon secret personnel ! Celui qui plus présent à moi-même que moi-même !

On ne peut donc connaître et dire Jésus qu’en l’aimant; et d’abord en sachant que je suis aimé de Lui. La vie chrétienne, c’est vivre de Jésus qui m’aime définitivement, inconditionnellement, gratuitement, éternellement ! Le démon veut nous faire douter de cela, en nous faisant croire que Jésus nous aime à certaines conditions ! C’est un mensonge ! Il faut mendier à Jésus qu’il vienne nous dire son amour !

Si il n’y a pas cet amour actuel pour Jésus, alors il faut se taire car on ne dit que des âneries ! Pire, on éloigne de Jésus ! Si on ne désire pas Jésus, mais alors taisons nous ! (L’amour est d’abord un désir, pas nécessairement une grande expérience !)  La plus petite erreur à propos de Dieu, est ce qu’il y a de pire, de plus monstrueux que l’on puisse infliger à l’esprit humain !

Les démons, qui n’aiment pas Jésus ne le connaissent pas ! D’ailleurs, quand on aime pas quelqu’un, on ne le connaît pas !

« Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande aux esprits mauvais et ils lui obéissent »

Voilà pourquoi Jésus enseigne avec autorité : il nous parle comme celui qui nous aime, et parce que son amour est actuellement victorieux de tout ce qui, en nous, est en retard, petit, mesquin ! Je suis victorieux quand je vis de SA victoire ! Il le dit à la Croix : « tout est achevé, tout est accompli, ça y est, c’est fait ! » Ce sera manifeste, visible au ciel, mais je dois en vivre aujourd’hui ! Peu importe les résultats !

C’est une rupture face aux scribes et aux pharisiens qui ne regardent que les résultats : ce qui est immédiat et apparent; Eux s’appuient sur leurs qualités, sur leurs petites perfections, et leur connaissance humaine; Satisfaits d’eux-mêmes, cela les empêche d’être mendiant; 

or s’appuyer sur soi-même, pour chercher une espèce de perfection visible, c’est l’esprit immonde. 

Notre esprit est pur lorsque nous nous appuyons sur Jésus,  comme un enfant, même si les résultats sont décevants. 

Il faut user de l’autorité de Jésus ! Lui demander d’être absolument certain de sa victoire en nous; Lorsqu’on lui demande, on est déjà victorieux ! C’est déjà avoir son Esprit St en nous ! Jésus veut qu’on utilise son autorité et ne jamais lutter seul ! 

La seule vraie psychothérapie, la seule véritable hypnose  valable, l’addiction dont on peut toujours abuser davantage, le seul véritable narcissisme, c’est de se redire à soi-même avec autorité : « Silence ! Je suis fils du Père, ami de Jésus ! »

 

Grégoire +

 

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Heureux celui qui dort ...

29 Janvier 2021, 17:18pm

Publié par Grégoire.

Heureux celui qui dort ...

La grâce, la vie que Jésus nous donne, qui est, sa propre vie. C’est donc déjà le début de la vie éternelle qui vient s’emparer de tout nous même; Cette grâce -cette vie gratuitement donnée- « est comme une semence jetée en terre » : elle a donc sa vie propre ! Cela ne sert à rien de tirer dessus pour qu’elle pousse plus vite ! 

Bien sûr on la nourrit en écoutant le Père qui me parle, en cherchant ce qu’il désire pour moi; (on ne vit plus d’une loi, mais du désir du Père sur nous, ce qu’on appelle la volonté du Père) et on se repose en son amour, dans l’eucharistie et la charité fraternelle.

Cette grâce est encore « comme une graine de moutarde » elle est en nous comme apparemment ce qu’il y a de plus petit, de plus fragile; et même elle peut apparement mourir, à nos propres yeux. Pourtant, cette petite graine est le grain de blé en terre qui même s’il meurt porte du fruit.

Une foi basée sur une vision artistique, c’est à dire où le résultat de notre vie divine dépendrait du travail que l’on fournit, nous ferait croire que tout est incertain, aléatoire, suspendu entre le succès et l’échec ; Or, ce qui est donné c’est la vie divine, donc tout est garanti par Jésus.


La première manière concrète de coopérer, c’est premièrement l’abandon. S’abandonner comme un enfant. 

Et aussi semer. Semer à pleines mains. Le semeur de la parabole qui sort semer ne se préoccupe pas qu’une part de la semence finisse sur la route et une autre part dans les ronces ! Or, le semeur, c’est Jésus lui-même! Car, on ne peut pas savoir à l’avance quel terrain se révélera être bon, ou bien dur comme du béton et étouffant comme un buisson.


Donc semer, et ensuite … aller dormir! Autrement dit semer et ne pas rester là tout le temps à regarder, quand cela pousse, où cela pousse, de combien de centimètres cela pousse chaque jour. L’enracinement et la croissance ne sont pas notre affaire, mais l’affaire de Dieu et de celui qui écoute.

 

Charles Péguy dans la petite espérance fait parler Dieu ainsi : 
 

« On me dit qu’il y a des hommes 

Qui travaillent bien et qui dorment mal. 

Qui ne dorment pas. Quel manque de confiance en moi ! 

C’est presque plus grave 

Que s’ils ne travaillaient pas mais dormaient, car la paresse 

N’est pas un plus grand péché que l’inquiétude … 

Je ne parle pas, dit Dieu, de ces hommes 

Qui ne travaillent pas et qui ne dorment pas.

Ceux-là sont des pécheurs, c’est entendu... 

Je parle de ceux qui travaillent et qui ne dorment pas…

Je les plains. Je leur en veux. Un peu. Ils ne me font pas confiance,

Mais ils ne veulent pas m’en confier le

gouvernement pendant la nuit … 

Celui qui ne dort pas est infidèle à l’Espérance … »

 

Grégoire +

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Qui est Dieu ?

28 Janvier 2021, 16:58pm

Publié par Grégoire.

Qui est Dieu ?

Thomas d’Aquin.

S’il est impressionnant par son œuvre, Tommaso d'Aquino est d’abord un ami et un frère pour tous ceux qui cherchent Dieu. On dit qu’à 5 ans, il demandait déjà : « Qui est Dieu ? »

Et là où il est génial, c’est qu’il a saisi que pour vivre de Jésus, de son don, il faut « chercher à le voir » c’est à dire le contempler. On pourrait dire de Thomas d'Aquin qu’il est le contemplatif de la personne. Il est celui qui nous forme à la rencontre la plus vraie qu’on puisse avoir avec quelqu’un, qui est une rencontre contemplative.

La contemplation n’a pas bonne presse et c’est un mot un peu usagé, parce que souvent on a de la contemplation le même regard que Platon, une vision idéaliste, romantique : l’activité de ceux qui n’ont rien à faire, qui ont le temps de rêver. Ou on en fait quelque chose de lointain, d'inaccessible, qui requerrait haute élévation et profonde ascèse. 

Pour Platon en effet, contempler la nature, la beauté d’une réalité, c’est admirer quelque chose qui, parce qu'il nous impressionne, nous échappe et nous renvoie à Dieu beauté suprême, idéale et parfaite ! Contempler pour lui, c’est donc comme être spectateur d’un ordre idéal, céleste, admirer une harmonie extérieure à nous, inaccessible et que l’on atteint seulement en s’élevant au-dessus de notre condition humaine.

Platon séduit par la beauté de la nature ou des êtres, cherche ce qui fait l’harmonie et l’unité de la nature ou des qualités sensibles, admirées. C’est un regard d’artiste, de celui qui est séduit par la composition harmonieuse des choses et qui veut en trouver l’origine. Pour lui, Dieu est la cause directe de cette harmonie admirée !

Cette conception semble très belle mais elle est très fausse. Dieu n’est pas la cause immédiate de la beauté de la nature ! Dire cela c’est faire de nous des spectateurs de Celui qui serait totalement au-dessus, inaccessible, lointain, parce qu’il serait alors l’unité idéale, l’harmonie parfaite !

 

(Je n’ai pas le temps ici de développer, mais en rester à un regard à partir de la beauté harmonieuse des choses amène des confusions terribles ! Non que la beauté soit négative ou à rejeter ! Au contraire, elle est une disposition à interroger ou à dévoiler la bonté de quelqu'un. Mais en rester à elle, revient à tout ramener à un ordre formel. Au niveau politique on voit ce que cela donne, une tyrannie : tous selon le même ordre formel, le même moule. C'est ainsi que Platon est le premier à préconiser par exemple un communisme des femmes et des enfants dans la cité idéale qu'il décrit dans la République.)

 

Le réalisme de St Thomas d'Aquin, c’est de montrer que je contemple toujours une personne. La beauté de quelqu’un me conduit à sa personne; et sa personne, c’est, ce qui, en elle, demeure et qui fait que c’est cette personne ! Ce quelque chose en nous qui ne change pas et qui fait que je peux dire « coucou, c’est moi ! »

Ainsi, contempler, c’est connaître et atteindre en quelqu’un ce qu'il est en premier, qui ne passe pas : « Qu’est-ce qui fait que c’est toi ? ». Cette connaissance est comme un toucher, toujours à renouveler : je ne peux jamais mettre la main sur ce qui est premier en l'autre ! Je dois toujours le redécouvrir. Ce que j'en garde, en mémoire, en image n'est pas adéquat à ce qu'est l'autre.  C'est même une recomposition, une reconstruction. Notre connaissance d'un autre, n'est donc vraie que quand elle est actuelle.

Et, ce qui ne change pas, je l’atteins, je le rejoins dans une rencontre actuelle de tout moi-même avec l’autre. Contempler c’est donc une connaissance qui est dans une rencontre, et qui est un repos, car j’atteins alors l'autre dans ce qui en lui, est au-delà du changement. Et, quand il n’y a plus de mouvement, il y a un repos !

Et pour atteindre ou toucher ce qui est absolument premier en chaque personne, en Jésus, dans le Père, St Thomas montre que : « les réalités supérieures à nous, il faut les aimer pour les connaître. Ce n’est même qu’en les aimant qu’on les connaît » 

Pourquoi ? En aimant, je reçois d’un autre ce qui fait que c’est lui. L’amour d’un autre me donne de le lire de l’intérieur. L’amour est donc source de la plus grande connaissance.

Et c’est cela contempler : c’est, en aimant, donc, en étant totalement vers celui que j’aime, atteindre dans l’aimé, ce qui fait que c’est lui : « Je t’aime parce que c’est toi ! » 

Dans la foi, il n’y a pas de distance avec Dieu. Je rencontre Dieu comme mon Dieumon Jésus. Il est toujours là, puisqu'il est la Réalité; mais il est là comme Celui qui n’est que pour moi.

Quand je touche sa bonté pour moi, je le connais Lui. D’une connaissance intérieure, aimante. Et je peux dire : « c'est toi... et me voici, moi, là, pour toi... »

Il n’est donc plus question de s’élever, de se séparer du sensible, mais au contraire d’avoir une plus grande finesse d’expérience, comme un toucher plus fin, plus réceptif, pour le laisser se révéler, Celui qui est mon Père, qui me porte de l'intérieur -sans faire nombre avec moi, dans ce qui fait que je suis moi et dans mes limites.

Grégoire +

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Pose-moi comme un sceau sur ton coeur

27 Janvier 2021, 19:00pm

Publié par Grégoire.

Pose-moi comme un sceau sur ton coeur

« Écoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait (...)  Que celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »

Cette parabole du semeur nous semble tellement connue ! Et précisément on l’entend comme si l’efficacité de la Parole de Dieu dépendait de notre écoute, de notre bonne terre ! 

Or, lorsque Jésus parle, sa parole, étant substantielle, est efficace par elle-même. Ce qu’elle dit, cela se réalise !

Nous, quand nous parlons, nous exprimons ce que nous portons, ce que nous pensons, connaissons, et très souvent nous répétons des opinions, nous faisons du bruit, du vent, pour combler le vide… Et nous oublions que la parole est sacrée, elle dit notre personne, ce que nous sommes, nos secrets personnels !  

Quand Jésus parle, il dit ce qu’il est, il nous dit le Père. Il ne dit pas d’abord des trucs à faire ou à accomplir. Or, on entend trop souvent l’évangile comme si c’était une recette de cuisine à appliquer. Comme si Jésus avait besoin de nous pour que ce qu’il dit soit réalisé ! Mais non ! Sa parole est créatrice ! Lorsqu'il dit « Que la lumière soit » la lumière est ! Si il dit "Pains" les petits pains arrivent !

Et cela, c’est parce qu’on l’écoute comme on écouterait n’importe qui; en effet la parole humaine ne crée rien. La sienne est substantielle : elle fait partie de Lui. La parole de Dieu c’est Dieu .. pour nous ! 

C’est en cela que tout ce que dit Jésus, cela se réalise ! Et quand, à la messe, j’utilise les paroles de Jésus, ces paroles pardonnent, ces paroles nous rendent bons, nous rendent saints, et font que ce n’est plus du pain, mais Lui, dans son corps. Jésus obéit à sa parole lorsque je la dis !

Aussi, puisque sa parole est efficace sur nous, sur chacun, nous sommes donc déjà son corps, sa présence ! Puisque les paroles de la consécration transforment le pain, mais tous ceux qui sont autour aussi en une présence de grâce ! Évidemment ! Mais nous, nous n’y croyons pas ! On ne veut pas l’entendre ! C’est de trop pour nous ! 

On n’entend pas que c’est Jésus, parce qu’on n’a plus un cœur d’enfant ! A force d’écouter tous les bruits du monde, de les répéter, cela nous alourdit, on est devenu sourd et on appelle ça « être adulte ».

« Ceux qui sont la bonne terre : ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent, et ils portent du fruit : trente, soixante, cent, pour un » sont ceux qui ne se dispersent pas en ragots, en futilité, qui ne parle pas pour faire le gendarme, mais réservent leurs paroles pour ne dire que leur cœur, le secret de leur âme !

On est un cœur pur, une « bonne terre », quand on mendie à Jésus, quand on le harcèle de nous dire jusqu’au bout, ce qu’il a déjà fait de nous ! C’est la seule raison pour laquelle on peut répéter certaines paroles, comme celle de l’annonciation, du magnificat : c’est pour entendre qui nous sommes pour Lui ! Ce n’est pas pour répéter à Dieu des choses qu’il sait mieux que nous !

C’est pour cela qu’il nous dit : « Je ne vous appelle plus ‘serviteurs’, mais ‘amis’, parce que TOUT ce que j’ai entendu du Père je vous l’ai fait connaître » 

La bonne terre, c’est celui qui sait que par lui-même il ne sait pas bien écouter, alors il mendie à Jésus de la lui faire entendre, de nous la « graver comme un sceau sur notre cœur » Ct 8, 6.

Grégoire +

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Son désir sur nous

26 Janvier 2021, 19:17pm

Publié par Grégoire.

Son désir sur nous

« Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson »

On peut entendre cette parole comme dans les traditions païennes, où les prières étaient offertes aux Dieux, pour que les Dieux fassent quelque chose ! Comme si la prière était un prix à payer pour obtenir les faveurs divines ! 

Jésus n’a pas besoin de notre prière pour agir ! En tout cas, il n’agit pas en fonction de notre prière ! 

Alors que signifie cette parole « Priez le maître de la moisson » ? Il signifie que la prière c’est de nous ouvrir au désir actuel de Jésus sur nous, pour l’entendre nous dire ce qu’il fait de nous. Être formé à la taille de ce que Lui a fait de nous; et ne pas se réduire à notre ressenti, à ce que l'on croit être, ou ce que d'autres pensent de nous !

Par son incarnation Jésus nous communique sa vie, c’est un don actuel. Et par sa parole il nous dit ce qu’il a fait de nous : quelque chose de sa présence. Prier c’est écouter pour entendre jusqu’au bout qui je suis pour Jésus pour le Père, au-delà des apparences et au-delà de ce que je ressens. 

Jésus trouve beaucoup de personnes généreuses, données, pieuses. Mais combien croient, c’est à dire entendent de Lui, jusqu’au bout, qu’ils sont vraiment sa présence ? Que c’est comme cela qu’ils doivent se regarder ? Et ainsi chercher ce que chacun me donne de la présence personnelle de Jésus. « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie »

C’est ainsi que l’on est envoyé « comme des agneaux au milieu des loups » : pour demeurer dans le monde l’Agneau du Père, demeurer  dans cette naïveté divine, sans aucun calcul, ni critique des luttes actuelles, il faut demeurer dans la main du Père, comme Celui que le Père a choisi ! C’est cela qui donne la Paix : « dans toutes maisons où vous entrerez, dites : La Paix soit avec vous » cela est possible parce qu’on est sa présence. Seul sa présence ordonne tout et ainsi met dans la Paix. 

Et, on est sa présence en demeurant auprès de Lui. C’est ce que Jean manifeste en premier : l’Agneau c’est celui qui demeure dans le sein du Père, il est là pour Lui dans le silence de l’amour; 

On est sa présence en étant Témoin du Père : on reçoit actuellement tout de Lui et ainsi on dit le Père; 

En étant Serviteur : Jésus se fait notre esclave, service absolu qu’il manifeste dans le lavement des pieds ou en se faisant notre pain;

En acceptant les états de pauvretés dans lesquels il me met pour manifester l’absolue gratuité de son don, et demeurer dans l’action de grâce : Jésus est l’amen du Père; 

Et en cherchant la lumière, en maintenant en nous ce désir de « voir le ciel ouvert », qui est Jésus à la Croix, blessé et dans l'extrême petitesse du mourant; et qui est ce que Jésus réalise à chaque page de l’évangile et nos histoires saintes.

« Prier », c’est être tout attente pour ne rien diminuer de ce que Jésus nous fait vivre chaque jour. Peu importe notre vécu, peu importe les résultats visibles. Pourvu que nous ne regardions que son désir, car son désir sur nous est efficace par lui-même ! Cela réclame d’entendre ce que nous sommes pour Lui, et donc pour notre monde : l’Agneau du Père, son enfant bien-aimé. 

 

Grégoire +

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J'ai soif d'être ton enfant

25 Janvier 2021, 16:40pm

Publié par Grégoire.

J'ai soif d'être ton enfant

« Proclamez l’évangile, celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ! »

Proclamez l’évangile, c’est proclamer qu’en s’incarnant, Jésus nous sauve. C’est à dire qu’il se sert de nos pauvretés, de nos blessures pour nous diviniser, faire de nous des fils du Père, ses frères ! En cela, croire en son don, en ce que lui fait, nous rend saints, c’est à dire que nous sommes remplis de Jésus ! Nous sommes pleins de Jésus ! « Croire à l’évangile » c’est choisir de ne plus s’appuyer sur soi-même, sur ses petits muscles !

« Proclamez l’évangile », c’est en premier, proclamer à soi-même, inscrire dans sa vie, que le salut est un don gratuit, une nouvelle naissance, qui descend d’en haut et s’impose à nous ! Le baptême nous fait être comme une seule personne avec Jésus; « Proclamez l’évangile » c’est désirer vivre comme Jésus : en enfant du Père ! Tout l'évangile c'est Jésus qui nous montre comment désirer vivre en enfant du Père : en criant tous les jours au Père notre désir : « j'ai soif d'être ton enfant » ! Car le Père regarde nos désirs et jamais les résultats !

Ne pas croire, c’est simplement continuer de s’appuyer sur soi-même, sur ce qu’on comprend, sa prudence, sa propre sagesse, ses propres forces, donner trop d'importance à ses inquiétudes, à son passé... C’est chercher des résultats visibles, chercher une espèce de perfection humaine, et juger, décider de ce qui est bien ou mal ! Ça, ce sont les pharisiens qui n’attendent plus de sauveur, qui sont satisfaits d’eux-mêmes, de leur prières, de leurs tentatives de conformités aux règlements et à la Loi !

C’est pour cela que le signe que Jésus donne, c’est que celui qui croit en lui-même, qui s’appuie sur lui-même, il a peur ! Celui qui ne s’appuie QUE sur Jésus n’a plus aucune peur, plus aucune angoisse, plus aucune culpabilité ! Il n’a qu’une seule « peur », celle de blesser Jésus. Ce n’est pas une peur, mais une crainte amoureuse !

Et, celle qui manifeste bien cela, après Paul de Tarse -sur qui Jésus est tombé gratuitement, c’est Thérèse de l’enfant-Jésus, : elle veut arriver au ciel les mains vides ! Pourquoi ? Parce que toutes nos œuvres, tout ce qu’on fait, toutes nos réponses sont pleines de nous-même. Et pour ne rien diminuer du don de Jésus, il faut accepter les états de pauvretés dans lesquels on est mis ! C’est la coopération la plus difficile : pour inscrire cette gratuité dans toute notre vie, il ne faut plus avoir aucun projet sur nous-mêmes ! Être aveugle sur nous-mêmes ! Ne plus se regarder ! Plus de rétroviseur !

Or, c’est ce qu’il y a de plus fécond : Thérèse est Patronne des missions, plus que St Paul ! Alors qu’elle n’est jamais sortie de son Carmel ! « Dans le cœur de l’Eglise, je serais l’amour, ainsi je serais tout ! »

C’est cela que Jésus veut pour nous ! Et c’est possible, pour lui ! Il suffit de le laisser faire !

Grégoire +

 

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Il s'est rapproché de toi

24 Janvier 2021, 14:42pm

Publié par Grégoire.

Il s'est rapproché de toi

« Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Evangile. » Mc, 1, 14-20.

Quand on écoute rapidement cet évangile, on entend « convertissez-vous » comme quelque chose d'un peu négatif ! Souvent « convertissez-vous » cela veut un peu dire « c’est pas bien, changez ! »

La conséquence de la faute originelle, fait que l’on a peur. On se sent coupable de quelque chose. Comme on ne connaît plus Dieu notre Père, on l’imagine comme quelqu’un qui juge et qui punit ! Donc, on ne supporte plus sa présence et on le tient éloigné ! C’est le très pur, le Saint, donc il est loin de nous, car nous, nous sommes coupables et impurs !

C’est très faux comme regard, mais c’est notre psychologie malade. Et tout l’Ancien testament montre nos projections déformées sur Dieu.

C’est le sens de la 1ère lecture. Le livre de Jonas est très court : quatre pages qui racontent une fable écrite après l’exil à Babylone ! Dieu dit à Jonas : « ça ne suffit pas que de convertir mon peuple dans ton pays minuscule. Je t’envoie en mission à Ninive » (aujourd’hui, Mossul au nord de l’Irak). Or Ninive à l’époque était l’ennemi juré d’Israël, une ville très puissante, d’un empire païen. Y aller pour Jonas, c’était la mort, c’est certain ! Mission impossible! Et puis, Ninive était une immense ville ! Il fallait trois jours pour la traverser. Jonas n’obéit pas et embarque sur la Méditerranée ; il y a une tempête et on jette le prophète à la mer. Une baleine avale Jonas qui est confiné dans son ventre et, il est recraché trois jours plus tard. Du coup, finalement Jonas part pour Ninive. Et le miracle se produit : Jonas la traverse en un jour et tous les Ninivites sont convertis !

Mais Jonas n’était pas du tout content. Lui, voulait que Dieu exerce sa colère contre ces païens, ces pécheurs. Et Jonas, écœuré, va s’installer à l’écart de la ville. Mais on est en plein été, il étouffe au soleil. Alors Dieu, fait pousser un arbuste pour le protéger. Mais le lendemain, l’arbuste meurt. Alors Jonas est vraiment en colère... Et Dieu lui dit : « Quelle histoire pour un arbre qui meurt à peine poussé ! Mais ces Ninivites… Ils sont mes enfants tout de même ! »

Bref, il y a ainsi trois conversions dans le livre de Jonas :

-Jonas est petit prophète juif, peureux, pas très conquérant (ce n’est pas IsaIe ou Jérémie ou Samuel qui sont de grandes personnalités) Dieu s’approche de nous, vient à nous, à travers des gens apparemment simple, pas très fort humainement. Ce ne sont pas nos qualités ou ce qu’on a acquis, nos connaissances qui intéressent Dieu, mais notre capacité à être mendiant, pauvre, ouvert à plus grand que nous.

-Ce n’est pas Jonas qui convertit Ninive, mais c’est la parole de Dieu que Jonas prononce ! Dieu n’attend pas d’abord des efforts ou un changement moral, mais qu’on entende ce qu’il nous dit. Et qu’on proclame sa parole, même si ça semble ridicule ou que ça me mette en danger !

-Dieu convertit le désir de justice et de vengeance que Jonas avait, en un amour pour tous les Ninivites ! En me faisant l'annoncer pour ceux qui sont dignes de la guillotine, Dieu convertit mon cœur et mes regards auto-culpabilisants ! Je connais Dieu comme mon Père, quand son amour pour tous les hommes devient mon amour !

Dans l’Evangile, Jésus nous réalise autrement ces 3 bonnes nouvelles :

 les temps sont accomplis, le règne de Dieu s’est rapproché de vous » Dieu se fait proche. Il vient casser cette fausse image qui fait qu’on le tient éloigné. Dieu s’est tellement rapproché, qu’il est devenu l’un de nous !

Parce que Le Règne de Dieu ce ne sont pas des conseils, des trucs pour nous aider, des méthodes pour nous guider ! Le Règne qui s’est rapproché, c’est quelqu’un -Jésus- qui descend en nous là où tout est perdu, là où en nous c’est mort !

Jonas dans le ventre de la baleine, est une préfiguration de Jésus qui veut descendre dedans nous, pour nous donner une nouvelle vie de l’intérieur !

- « Convertissez-vous et croyez que cette Nouvelle est bonne ! » La conversion est une bonne nouvelle, car il ne s’agit pas de se regarder, mais de le regarder Lui ! Se convertir c’est ouvrir les yeux sur Lui qui est là, pour moi ! Dieu est pour moi ! La conversion n’est pas de lutter contre nos défauts, mais entendre la joie de Jésus qui se donne à nous qui ne sommes pas prêts ! Car aucun de nous n’est prêt ou digne ou juste ! Comme les Ninivites ! Jésus s’en fiche ! Sa joie c’est de nous rendre prêt !

Jésus se fait connaître en nous demandant de nous rendre proches de chacun; ceux que l’on voudrait voir punis, châtiés, Jésus nous demande de nous en faire proche. Je connais Jésus, quand j’annonce à chacun : « Jésus s’est rapproché de toi ! »

-et Jésus nous dit « Suis-moi ». Il nous choisit pour coopérer avec lui gratuitement.

Jésus nous fait coopérer à quelque chose qui n’est pas selon nos compétences ! Et ça, c’est difficile ! Nous on veut être reconnu pour ce qui vient de nous, notre travail, ce qu’on a fait ! Nous on voudrait tellement être loué pour nos initiatives, notre générosité, pour qu’enfin le monde reconnaisse qu’on n’est pas si mal !

Et nous on veut payer pour notre conversion, car quand on paye ça nous appartient ! Alors que quand c’est reçu gratuitement, on ne peut pas en tirer de gloire, on est juste alors revêtu de Dieu.

Aujourd’hui, Jésus nous dit « Suis-moi » ! Se convertir c’est laisser être possédé par son choix actuel sur nous ! C’est un choix personnel, définitif, sans condition ! Dieu me choisit ! « Je te choisis parce que c’est toi ! »

Dans son « suis-moi », il faut comprendre qu’on est important pour lui ! Et là on doit être intransigeant sur cette bonne nouvelle : « je suis celui que Jésus choisit! Tu es celui que Jésus aime »

Et évangéliser c’est cela ; c’est être témoin qu’on est aimé d’un amour qui nous fait être quelqu'un pour lui !

Grégoire +

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Toucher le Verbe de Dieu

21 Janvier 2021, 19:40pm

Publié par Grégoire.

Toucher le Verbe de Dieu

« Tout ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui pour le toucher ! »

Pourquoi ces souffrants, leur faut-il toucher Jésus pour être guéris ? Pourquoi leur foi ne suffit-elle pas ? Que rajoute le toucher à la parole ?

Toute l’écriture est traversée par la question du toucher. A propos de l’arbre du milieu du jardin, Dieu dit « du fruit de l’arbre, tu n’en mangeras pas et n’en toucheras pas » ou encore « tu ne mettras pas la main sur lui » 

Pour transmettre la bénédiction, héritée de Dieu, Isaac doit toucher Jacob, qu’il croit être Ésaü. Et le toucher est plus important que ce qu'il croit puisque Jacob est béni à la place d'Ésaü

La montagne du Sinaï qui est toute fumante du passage de Dieu, ne peut être touchée, comme l’arche d’alliance et l’accès au Saint des saints, marquant ainsi que la rupture avec Dieu a été telle que l'homme est devenu incapable de supporter la présence de Dieu. Il faut à l'homme déléguer son rapport avec Dieu à une tribu, celle d'Aaron, qui devient ainsi la caste des prêtres, médiateurs entre Dieu et l'homme.

Il y a dans cette lumière, tous ces passages à propos des prophètes, Jérémie, Isaïe, Ézéchiel et Daniel, capables eux de Sa présence. Et Dieu vient toucher leurs lèvres pour les rendre capables de l'annoncer; Ce toucher est alors comme un baiser, une manifestation du choix de prédilection de Dieu. Ce toucher renvoie à la création d’Adam : cette haleine de vie que Dieu lui insuffle après l’avoir modelé est comme un baiser. Marque de cet amour premier de Dieu à l’égard de sa créature, aimée gratuitement, que l’on retrouve dans le Cantique des cantiques comme un appel à retrouver ce souffle premier, cette marque première de Dieu : « qu’il me baise des baisers de sa bouche ».

Dans l’évangile, toute les guérisons se font par un toucher. Il y a aussi ces gestes qui sont des initiatives gratuites, personnelles, sans autre raison que de manifester l'amour : celui de Marie Madeleine qui verse du parfum sur les pieds de Jésus, de Jésus qui, à genoux, lave les pieds de ses disciples, de Marie-Madeleine à qui Jésus refuse qu’elle ne le touche au matin de la résurrection, alors que pour Thomas, Jésus lui ordonne de toucher ses plaies.

La crucifixion est aussi une multiplication de violents touchers du corps de Jésus, depuis le baiser de Judas, en passant par la flagellation, et qui s’achève par un coup de lance; geste irréfléchi  d’un soldat qui devait seulement vérifier la mort des crucifiés et sinon leur briser les jambes. Or le soldat lui transperce le côté duquel jailli le sang et l’eau. Blessure que rapporte Jean comme le sommet ultime de révélation.

La liturgie continue ces gestes puisqu’on embrasse l’autel, l’évangile, la croix le vendredi saint, on se donne un baiser de paix; les sacrements, continuation des gestes de Jésus pour nous, culminent dans l’eucharistie où nous mangeons la chair et buvons le sang de Jésus, pour devenir jusque dans notre corps une seule personne avec Lui.

Aristote dans la métaphysique, dit que « connaître c’est voir » pour montrer la gratuité de la connaissance : on connaît pour la joie seule de connaître. Mais la vue si elle permet de distinguer, de saisir les différences, elle nous fait rester comme à l'extérieur de la réalité. 

Plus loin, à propos de la recherche du pourquoi, du ce en vue de quoi, il dit « connaître c’est toucher ». Et là, toucher permet de connaître en goûtant la réalité de l'intérieur. Par exemple, par le geste amical nous recevons la présence d'un autre en qui nous trouvons un certain repos, une joie. La présence d'un ami, manifestée dans un geste, nous donne de connaître quelqu'un de l'intérieur, quelqu'un qui est là pour nous. « Connaître c’est toucher » c'est à dire, pour connaître quelqu'un, il faut l'aimer, le recevoir dans sa bonté, à travers ce qu'il donne de lui, dans un geste qui est le sien. Avant cela, on ne connaît l'autre que de l'extérieur. Du coup, on reste toujours un peu spectateur. Par le toucher, on atteint et on franchit cette frontière entre l’extérieur et l’intérieur, entre ce qu’on manifeste, ce qu'on dit de nous-même et ce qui nous est personnel, intime, secret. 

Sens le plus fondamental, le toucher est premier (un nouveau-né qui n’est pas touché meurt) et dernier : quand on ne touche plus c’est que l’on est mort. Le toucher est aussi le sens le plus étendu, qui marque la séparation de ce qui n'est pas nous avec notre monde intérieur. Et c’est par excellence le sens du pâtir, de la réceptivité, donc de l’amour. Nous sommes affectés, marqué extérieurement et intérieurement par un toucher humain; parce qu'un contact sensible avec un autre, est la rencontre par la matière corporelle, de deux intériorités spirituelles qui véhiculent notre passé, notre vécu, nos passions...

Toucher quelqu’un c’est donc accéder, avoir part à son intimité; et lorsque ce toucher est réciproque, non seulement on donne à l’autre d’accéder à ce qu’on vit intérieurement, mais il y a une communion de deux intimités. A la fois on est autre, et en même temps il y a une unité dans l'amour, puisqu'on donne à l’autre d’accéder à ce qui nous est le plus intérieur : notre coeur, notre vulnérabilité, ce qui nous est le plus secret.

« Ce que nos mains ont touché du Verbe de vie » écrit St Jean dans sa première Épître; La liturgie souligne que l’apôtre Jean a puisé « la source de ses révélations, les secrets du Verbe devenu chair lors de la dernière Cène » alors qu’il reposait sur la poitrine de Jésus. 

En s'incarnant, Dieu est devenu chair pour se dire dans la matière corporelle, se donner à aimer dans un toucher sensible. C’est là le lieu ultime de l’alliance avec Lui. N’est-ce pas parce que l’amour réclame que l’on se livre à l’autre dans tout ce qu’on est ? La parole ne suffit pas à dire notre amour, à faire entrer l’autre dans notre intimité.

Dieu est devenu chair pour « devenir une seule chair avec nous » pour nous prendre dedans lui. Et cela, n’est connu que dans un toucher.

« Au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve, il y avait un arbre de vie, produisant douze fois des fruits, rendant son fruit chaque mois, et dont les feuilles servaient à la guérison des gentils. » Apoc 22, 2.

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Il est venu chez les siens

20 Janvier 2021, 19:47pm

Publié par Grégoire.

Il est venu chez les siens

« Promenant sur eux un regard de colère, affligé de l’endurcissement de leur coeur… » (Mc 3, 1-6)

C’est assez rare de voir Jésus en colère, Jésus blessé du jugement imperturbable de ceux qui ont érigé la loi comme un absolu, au-delà des personnes ! 

« Et ceux-là, ils épiaient Jésus » Il n’y a pas de repos chez eux ! C’est le propre du démon : toujours dans l’agitation, toujours inquiet ! Parce qu’il n’a pas trouvé son repos !

Or, Jésus est-il venu chercher des personnes ou sauver une institution ? La loi est, en effet, un tuteur, un appui. Et même, plus que cela, elle est ce qui nous donne conscience de nos pauvretés et donc de la nécessité d’un sauveur ! La loi a été donné pour nous montrer que par soi-même on ne peut définitivement pas s’en sortir ! L’état de l’être humain est celui d’un rescapé de guerre, définitivement invalide ! Bien sûr, on reste capable de planter des choux, construire des maisons ou des avions, et surtout on est très très capable de prétendre à soi-même que l’on va très bien et que l’on a besoin de personne.

Mais malheureusement, on a perdu notre lien premier avec notre source : on ne sait plus d’où on vient, ni où on va ! Donc on ne sait plus qui on est tant qu’on a pas redécouvert personnellement Celui qui actuellement nous porte dans notre existence et nous attire à Lui ! De là viennent nos peurs, nos angoisses, parce qu’alors on ne se définit que par ce que l’on fait ou par ce que l’on connait ! Et nous ne sommes plus alors que des handicapés de la relation : on cherche désespérément à être reconnus, lorsqu’on n’a pas trouvé le repos en Celui qui, dans son être, est amour.

Dieu, parce qu’il est amour, ne nous aime pas du fait de nos qualités ou de nos actes, mais c’est Lui qui, en nous aimant, nous rend bon !

Mais déjà Aristote s’en étonnait : alors que nous sommes fait pour contempler et aimer, comment se fait-il que la plus part d’entre nous demeurons dans l’imaginaire, dans l’efficacité ou dans le tout communautaire ? Pourquoi sommes-nous si peu libre intérieurement et ne vivons dans le monde que comme dans un troupeau ? Parce qu’on est soi-même que lorsqu’on a découvert Celui qui m’attend !

Et ainsi, parmi ceux qui ont la foi, combien ont vraiment reçu Jésus comme leur Jésus ? Dieu, c’est mon Dieu, celui qui m’attire, qui m’attend et est radicalement pour moi ! Lorsque l’on a trouvé notre repos en Lui, alors on ne se compare plus, on ne se jalouse plus, on ne se juge plus. 

Lorsque j'ai découvert que je suis important pour Lui, alors j'ai un respect absolu de chacun et de son chemin puisqu’il est conduit par Dieu de manière unique ! Il y a autant de chemins que de personnes humaine disait Benoit XVI !

Dieu n’est pas un sommet à atteindre ! La vie éternelle n’est pas une récompense que j’obtiens si je me conduit bien ! 

L’obstacle le plus grand au don de Jésus, de Dieu pour moi, c’est de croire en nos qualités, de faire de sa vie un résultat à atteindre ! Et cela nous rend dur et idiot !

Dans cet évangile, cet homme handicapé se retrouve être le plus proche de Jésus. Nos pauvretés font que Dieu se rapproche de nous !

Grégoire +

 

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Vierge de tout avoir

20 Janvier 2021, 10:59am

Publié par Grégoire.

Vierge de tout avoir

« Selon la loi, ce n’est pas permis » C’est étonnant que le plus grand obstacle pour entrer dans la nouvelle alliance, c’est  un certain esprit religieux, celui qui croit avoir acquis quelque chose à propos de Dieu. 

Pourquoi ? Parce que tout en nous est en attente de Dieu. Inconsciemment ou non, on est en attente de voir et d’aimer notre source. Rien ne peut nous procurer de vrai repos, de vraie joie, sinon Lui. Cette attente de Dieu touche donc en nous ce qui est le plus nous-même.

Mais de Dieu, on ne peut rien posséder; il n’y a pas d’avoir, d’acquis à propos de Dieu. Donc tout les petits moyens qui ont pu nous aider, ou toutes les petites connaissances à son sujet -et qui peuvent venir de Dieu : une communauté, un saint, une règle de vie, une spiritualité, tout ces moyens, si on en fait des absolus, ils deviennent immédiatement des obstacles à Dieu lui-même !

Une loi, une règle, une liturgie, une hiérarchie sont des moyens; mais dès qu’on en fait des absolus, ils deviennent le pire des obstacles ! Alors qu’ils ne sont pourtant pas à jeter à la poubelle : je m’en sers, mais comme des moyens ! Mais je ne dois jamais être relatif à une règle ou à une loi, jamais ! Quand la règle devient première, cela tue toutes fécondités ! Et je ferme la porte à Dieu ! Parce que le moyen alors devient la fin !

Le sabbat, le dimanche, les sacrements ont été faits pour l’homme et non l’homme pour la loi ou les sacrements !

C’est pour cela que pour être conduit dans cette reprise radicale, la grande voie, c’est la pauvreté en Esprit ! C’est  bien Abraham : « quitte ton pays, quitte tout ce qui t’es connaturel, pour aller là où moi je te montrerais »; et puis Isaac, Isaac c’est la gratuité pure : et ça vient d’en haut !

Et c’est pour ça que Jésus prend des pauvres pour disciples, pas des grands-prêtres ou des scribes ! Et celle qui est la plus pauvre, c’est Marie. Et la qualité première de Marie, c’est de  toujours maintenir une attente de Dieu; elle aurait pu dire elle, après trente ans avec Jésus à Nazareth, « ça y est, j’ai compris ! » Non, elle ne dit jamais cela !

Elle est celle qui brûle constamment toutes ses idées, toutes ses connaissances et conclusions; Et cela est la vraie pureté : Marie est vierge de toutes idées ! Tel est l’esprit de virginité : accepter de bruler toutes nos connaissances sur Dieu, tout nos petits moyens,  tout nos acquis, tout nos avoirs, pour être pure attente et se laisser enseigner par Lui; et surtout se laisser aimer par lui !

Jésus nous conduit toujours en nous dépouillant de toutes nos grandes idées, nos désirs de perfections … Il est l’Agneau qui enlève notre orgueil de croire qu’on a les idées et les moyens par nous-même de rejoindre le Père, de l’atteindre !

 

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Viens, je te montre la Fiancée, l'Epouse de l'Agneau

18 Janvier 2021, 17:36pm

Publié par Grégoire.

Viens, je te montre la Fiancée, l'Epouse de l'Agneau

Pourquoi tes disciples ne jeunent-ils pas, comme ceux de Jean-Baptiste ? demandent les pharisiens à Jésus. Pourquoi cette rupture apparente avec la loi religieuse, avec les traditions des anciens et l’Alliance de Dieu avec Moïse ?

« Tant que l’Epoux est avec eux, les invités à la noce ne peuvent jeûner ! »

L’Incarnation réalise quelque chose de complètement nouveau qui n’est pas dans la continuité de l’Ancienne Alliance !  C’est un vêtement nouveau qu’on l’on doit revêtir, un vin nouveau qu’on doit boire ! (Mc 2, 18-22)

C’est une initiative de Dieu telle que le chrétien ne vit pas d'abord une vie « religieuse », c’est à dire orienté vers Dieu, à le chercher ! Le chrétien n’appartient pas à une religion ! La vie chrétienne ce sont des noces, les épousailles de Dieu avec chacun. On est devenu comme une seule personne avec Jésus ! C’est cela que réalise l’incarnation : l’union de l’homme et de Dieu est telle que rien ne peut-être plus uni ! 

On comprend là, le scandale pour le sens religieux des pharisiens, pour qui l’obéissance à la loi et les traditions des anciens sont l’absolu ! Et on retrouve cela chez ceux qui sont religieux : les stoïciens, les Hindous, les musulmans … l’obéissance à une loi, des exercices religieux et un respect du Tout-Autre qui manifestent la quête de l’homme vers Dieu !

Mais Jésus a réalisé quelque chose de radicalement nouveau ! Et c’est pour cela qu’il faut garder vivant ce premier lien de l’Enfant-Dieu et de Marie : c’est comme cela que doit être notre lien avec Jésus ! Jésus et donc le Père et l’Esprit-Saint veulent, réclament, attendent avec nous la même relation, la même simplicité, la même proximité qu’entre l’Enfant-Jésus et Marie ! En deçà ce n’est plus chrétien, mais religieux, donc à taille humaine. Et cela blesse Jésus.

Aussi, la seule règle, la loi auquel nous sommes obligés c’est de chercher à recevoir l’amour que Jésus à pour nous; amour dont celui qui se rapproche le plus dans notre expérience est celui d’un époux pour son épouse (disons le soir des noces, parce qu’après, souvent, cet amour a un peu de mal à garder toute sa fraicheur.)

« Et un jour, l’Epoux leur sera enlevé et ce jour là, ils jeûneront. »

Le jeûne dont Jésus parle, c’est celui de l’Eucharistie. Par l’Eucharistie et l’oraison, Jésus m’est donné absolument, immédiatement, sans conditions, peu importe l’état dans lequel je suis. Mais on vit de cet amour sans aucune jouissance; on en vit dans l’obscurité de la foi; C’est cela le nouveau jeûne dont Jésus parle : on vit d’un amour sans en avoir la jouissance, on vit d’une victoire sans en voir les fruits et l’efficacité !

Mais on doit être lucide que c’est de trop pour nous, et naturellement on veut revenir à un lien religieux avec Dieu, avec une distance, une vénération de Celui qui est sacré, une loi, des interdits etc. Cela, c’est religieux, et c’est mettre le vin nouveau dans de vielles outres qui alors explosent. 

On comprend là, la colère de ceux qui attendent qu’on leur annonce l’oeuvre de Père, l’incarnation, et qui ne trouvent qu’un discours religieux ! Le monde est déjà marqué par la grâce, et il attend que les chrétiens vivent jusqu’au bout des exigences de cette union divine !

Grégoire +

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L'Agneau, douceur du Père

17 Janvier 2021, 19:20pm

Publié par Grégoire.

L'Agneau, douceur du Père

Aujourd’hui St Antoine du désert, surnommé parfois le « marteau des hérétiques ! » Hérétique ? αρεσις / haíresis, c’est celui qui a une préférence pour une pensée, une idée ! S’arrêter à une idée !

Coïncidence, l’évangile aujourd’hui, nous donne le point de départ de la vie chrétienne, sa naissance, ce qu’elle est en premier : vivre d’une personne. Non pas avoir des idées, un message, mais vivre avec quelqu’un ! 

Les disciples sont au désert, à l’écoute de Jean-Baptiste. Comme déjà le prophète Samuel, qui entre en contact avec Dieu par l’écoute. C'est Elie qui conseille a Samuel de répéter cette simple prière : « Parle Seigneur ton serviteur écoute ! » C’est magnifique, très simple, et bizarrement, pour nous, c’est plutôt : « Ecoute Seigneur, ton serviteur te parle ». Là commence le petit hérétique. On croit qu’on a des choses importantes à dire à Dieu. Comme si Dieu n’était pas déjà au courant. Curieux. Et Dieu qui est poli, se tait. Or, qui doit écouter qui ?

Et lorsque Jean Baptiste clame «Voici l'Agneau de Dieu», deux disciples entendent et suivent Jésus. 

Jésus est l’Agneau de Dieu. Qu’est-ce que ça signifie ? Avez-vous déjà vu un petit Agneau ? L'agneau qui vient de naitre est un animal d'une innocence incroyable, frêle et doux. Très doux ! Extrêmement doux !

Notre coeur, dans ce qu'il a de plus secret, notre vulnérabilité, ne se dit pas; pour l’exprimer on est poète, on prend des images. Mais dans la révélation, les métaphores ne sont pas que des métaphores. Elles disent cette vie cachée qui est précisément est venue se révéler. 

L’Agneau, nous dit la vie intime du coeur du Père; Jésus est l'Agneau du Père, tourné vers lui, offert pour lui, dans une douceur abyssale. Jésus ne vit que de l'attraction actuelle du Père sur Lui.  Et l’Agneau de Dieu nous est donné, pour être guéris par la douceur quasi substantielle du Père ! 

Jésus vit qu'ils le suivaient. Se retournant leur dit : « Que cherchez-vous ? »

Dans l’Ancien Testament, on ne pouvait voir le visage de Dieu sans mourir. On ne pouvait 'voir' Dieu que de dos. Le Nouveau Testament c’est Dieu qui se retourne et me montre son visage. 

Et cette première parole de Jésus pour nous : ce n'est pas un commandement, un ordre, ou un reproche; non, c’est une interrogation ! C’est vital de saisir que Jésus ne vient pas en premier nous faire le catéchisme ou la morale ! Il vient en premier réveiller notre intelligence, ce qui en nous est le plus proche de Lui ! 

Dieu ne veut pas qu’on soit des moutons ou des ânes ! Il veut des amis et pour aimer, il nous faut être intelligent ! Et être intelligent, ce n’est pas d’abord avoir des diplômes, ou accumuler des connaissances ! Être intelligent, c’est, pour nous, interroger notre expérience ! 

Socrate interrogeait ses concitoyens pour éveiller et faire accoucher les esprits ! Chaque fois que nous interrogeons nous naissons dans notre intelligence car alors, devenant mendiant du réel, on se laisse enseigner par la réalité telle qu’elle est; Face au réel, à un autre, si on est un peu sensible, un peu réceptif, on discerne vite que l’on ne connait pas tout et alors on interroge : Qu’est-ce c’est, qui es-tu vraiment ? Pourquoi ? 

De même que le désir est le moment premier, la naissance de l’amour en nous, l’appétit du bien, l’interrogation est l’appétit de ce qui est ! L’amour se renouvelle lorsque je laisse la bonté d’un autre s’imposer à moi et faire naitre un désir ! Aimer c’est laisser s’imposer la bonté d’un autre, comme connaitre c’est être pousser à interroger lorsqu’on laisse le réel s’imposer à nous ! 

Ainsi, plus nos interrogations sont vivantes, plus notre esprit rajeuni !

Jésus vient réveiller, faire naitre, ouvrir notre intelligence au réel. Ainsi, toute personne qui cherche, qui interroge est aimée de Dieu. Quelqu’un qui ne cherche plus est mort ! « On peut définir la personne humaine comme celle qui cherche la vérité » JP II. C’est précisément le propre de l’hérétique que d’être bloqué sur nos idées idolâtrées, encensées, canonisées, de croire qu'on possède la vérité ! Or le réel est toujours plus que toutes nos petites idées, aussi spirituelles soient-elles !

« Et les disciples lui répondirent : « où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là. »

Demeurer. Être auprès de Celui qui est la lumière, l’amour, la douceur. Celui qui se charge de tout nos problèmes ! Demeurer c’est trouver le repos ! Et cela s’achève dans un silence. On est silencieux quand on aime. On fuit, on surfe sur son portable, on cherche désespérément une solution politique quand on a pas trouvé -dans le réel existant- le repos de notre coeur !

La vocation chrétienne, c’est donc d’abord écouter, sans avoir de grandes idées ou de belles pensées. Juste écouter, et ce d’abord auprès d’un ami. C'est ainsi qu'on est conduit à l’Agneau, l’innocent, le très doux ! C’est toujours dans un lien fraternel qu’on découvre Jésus. 

Et puis, le suivre, pour cette rencontre personnelle ou je découvre qu’il est Agneau pour moi. Et là, l’entendre me dire : « Que cherches-tu ? Quel est ton premier désir ? » et faire sien cette interrogation. 

Quand on est dur, c'est que l'on a nos idées, un projets sur nous-même, sur les autres. Quand on est dur, c'est qu’il y a un petit tyran en nous, un petit dictateur. Il faut un très grand abandon, une très grande ouverture d'esprit pour être doux. La douceur manifeste une grande largesse d'esprit. C'est cela le travail premier de l'Agneau sur nous : nous débarrasser de toutes nos idées préconçues, enlever de notre esprit nos valeurs, nos idées du bien, nous appauvrir spirituellement pour faire de nous la douceur du Père. 

Il n'y a pas de plus grande souillure, de plus grande fornication, de plus grand esprit adultère qu'adorer ses idées, idolâtrer ses pensées ! C'est la pollution la plus grave de l'humanité que de faire de ses pensées la mesure du réel. L'Agneau vient pour nous en délivrer. 

Seul celui qui est radicalement pauvre de lui-même peut connaitre l'attraction de l'Agneau, entendre son cri :« Que cherches-tu ? »  On demeure auprès de l'Agneau, Celui qui est vers le Père, offert au Père parce que c'est le Père, pour devenir avec Lui Agneau du Père, douceur du Père sur la terre.

 

Grégoire +

 

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" Mon enfant ..." cri silencieux du Père

16 Janvier 2021, 17:14pm

Publié par Grégoire.

" Mon enfant ..." cri silencieux du Père

Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. » Pourquoi Jésus dit-il cela face à quelqu’un qui est incapable de se mouvoir physiquement ? Est-ce pour insister sur le péché et montrer ainsi que le péché est, pour lui, ce qu’il y a de plus grave ? 

Bien sûr que non ! Ce qu’il y a de plus important pour Jésus c’est nous libérer du poids de nos culpabilités. Nous libérer de ce cancer qu’est la culpabilisation lié aux poids de nos erreurs et aux jugements des autres ! 

On a conscience naturellement de nos erreurs, mais une éducation religieuse, et celle d’Israël en particulier, a comme augmenté le poids des fautes et leur culpabilisations ! Et Jésus vient nous libérer de cela ! La culpabilité est un cancer spirituel du démon qui tue l’âme. La culpabilisation est un orgueil caché. C’est la déception inavouée de ne pas être parfait par soi-même ! C’est donc un orgueil !

Le pardon n’est pas un acte exceptionnel de Dieu face à nos fautes; c’est sa manière propre de nous libérer du poids de nos fautes, de notre culpabilisation et de ces jugements qui nous paralysent !

Pardonner, c’est en redonner sa confiance, son amour, par dessus tout ce qui a été fait, se donner soi-même. C'est pour cela que pardonner est, on le voit avec ce paralysé : une initiative gratuite qui vient d’en haut ! Jésus ne nous pardonne pas parce que l'on demande pardon ! Il nous pardonne -il nous donne lui-même par dessus tout ce qu'on a pu faire, avant même qu’on lui présente nos fautes ! Et on lui présente nos fautes, pour entendre jusqu’au bout combien il ne nous regarde jamais à travers nos pauvretés. Et que nos fautes sont comme une goutte d’eau dans un brasier ardent, le brasier de son amour pour nous ! 

« Comment cet homme peut-il pardonner les péchés ? » Les 'valides', les bien-portants, les satisfaits ont un mal énorme à entrer dans cette miséricorde excessive de Jésus; ça les étrangle ! Certains ont du faire un infarctus tellement leur volonté d’accomplir parfaitement la loi était devenu leur seul but ! 

Ils ont oublié le prophète Osée : « c’est la miséricorde que je désire ... la connaissance de Dieu .. » ! Dieu a permis nos pauvretés, nos erreurs, pour que l’on connaisse un amour plus grand de sa part; un amour qui va plus loin que celui connu en justice originelle !

« Heureuse ruine qui fut rebâtie plus solide Ma faute est devenue pour moi le prix de la rédemption … Plus profitable me fut la faute que l’innocence. » St Ambroise

 

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Celui qui de toute éternité, m'attend

15 Janvier 2021, 16:50pm

Publié par Grégoire.

Celui qui de toute éternité, m'attend

« Un lépreux vient à Jésus… Jésus en fut émus aux entrailles, rempli de pitié » tel est le regard actuel de Jésus sur nous ! Sa compassion envers toutes nos misères, nos luttes ! La prière n'est pas autre chose que de mendier, de toucher, de sentir ce regard sur nous ! Dans la foi, il n'y a pas de distance entre Jésus et moi, il faut donc lui demander de sentir combien il porte dans ses entrailles nos souffrances, toutes ! Surtout les moins glorieuses !

Puis, Jésus étend la main et le touche ! Alors que la lèpre est contagieuse, et que les grands prêtres ordonnent de tenir éloignés les lépreux, Jésus, qui est Dieu, mais aussi pleinement homme, le touche ! C’est un geste complètement imprudent, plutôt désobéissant et absolument pas nécessaire, même pour le guérir !

Alors, pourquoi ce geste ? Parce que Jésus veut se servir de la lèpre et de sa guérison pour se donner, se livrer entièrement, donner à ce lépreux l’amour actuel du Père ! Et cet amour ne peut-être donné que dans un geste : c’est quand il est le plus chair que Jésus, le Verbe du Père peut se dire à nous !

Mais juste après, il est écrit, en grec, « Etant irrité contre lui, Jésus le renvoya aussitôt » ou encore « Jésus le jeta dehors avec sévérité » 

Comment comprendre ce changement soudain d’attitude de Jésus ?  Jésus s’irrite parce que l’amour qu’il donne, c’est à dire tout lui-même, n’atteint pas son terme; Jésus se livre entièrement, mais il ne trouve pas dans le lépreux de réponse personnelle; Or, Jésus est complètement vulnérable, sensible à notre réceptivité et à nos initiatives dans l’amour.

Et, pour nous, nous sommes éprouvés lorsque la lumière ou l’amour que l'on nous porte est de trop, et nous rend vulnérable, nous met à nu ! Alors on préfère se réfugier dans nos petites histoires, revenir à ce que l’on a fait de nous : un lépreux, un pécheur… 

Et c’est pour cela que Jésus le renvoi aux prêtres : ils ont ramenés cet homme à sa maladie, de manière telle que maintenant il s’identifie à elle et à sa guérison. C'est alors une miséricorde de leur demander qu'ils constatent que sa maladie, comme toutes misères ou fautes sont accidentelles; Sa guérison doit donc être un témoignage pour eux : personne n'est identifiable à sa maladie ou à ses misères ! Il doit se montrer aux prêtres pour qu'ils le libèrent de ce regard destructeur dans lequel ils l'ont enfermés !

C’est terrible, et c’est un mal qui profondément nous détruit, que ce regard positiviste, matérialiste sur nous-même -ou sur les autres, que de se regarder en fonction de nos failles, de nos erreurs et de nos échecs. Cela empêche de se livrer tel qu'on est, de manifester notre vulnérabilité, spécialement face à Celui qui nous aime sans condition;

S'identifier à ce que l'on a fait nous condamne définitivement à vivre dans une obéissance formelle à la loi, dans un rôle généreux ou un truc à guérir, pour éviter d’être seul face à Jésus. Comme si on devait mériter d'être aimé !

Alors que toute l'oeuvre de Jésus sur nous est pour cette attente de nos initiatives gratuites, personnelles dans l’amour. Moi face à lui; Et, il attend notre réponse, la nôtre, celle de notre coeur. 

C’est cela le désir premier du coeur de Jésus sur nous : c’est le désir de celui qui n’est qu’amour et qui donc toujours m’attend ; Jésus est Celui qui de toute éternité, m'attend ! Parce que Jésus est, comme un désir substantiel, une attraction secrète d’amour; Il nous attire dans le silence sans aucune autre raison que lui pour moi. Pourquoi ? Parce que c’est ce qu’il est !

Dieu est amour.

Grégoire +

 

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Comme le Père me dit, ainsi je fais

14 Janvier 2021, 18:52pm

Publié par Grégoire.

Comme le Père me dit, ainsi je fais

« Jésus s'approcha, la saisit par la main, et la fit lever.»  Tous les actes de la vie de Jésus sont des exemples, et surtout une porte d’entrée qui nous dévoile comment Jésus agit sur nous.

La croissance de cette amitié divine, de notre intimité avec Jésus réclame de chercher à entrer dans son intention, la sienne, pour  faire œuvre commune avec lui, comme un ami avec son ami ! Comment m'est-il présent ? En vue de quoi agit-il sur moi ? Vers quoi m'attire-t-il ?

C'est en St Jean que Jésus nous révèle le plus son intention profonde : « Il faut que le monde sache que j’aime le Père et que, comme le Père me dit, tel qu'il me le dit, ainsi je fais. »

C'est cela que le monde attend ! Être face à Jésus, comme un fils face à son père. Jésus est source de notre vie divine; Il est pour nous, visage du Père, présence du Père. 

Alors, face aux maux de notre monde, comment être une présence de Jésus ? Comment exercer une vraie miséricorde ? 

Or, la peur qui règne dans le monde vient de ce qu’on agit comme si on était seul, sans Dieu, sans Jésus. On raisonne alors vite selon les apparences visibles : « Je ne le vois pas, donc il n’est pas là ! » Comme si Jésus ne nous était pas présent, comme si il n'était vulnérable à ce qui nous arrive ! Et en effet, nous agissons pratiquement comme de petits athées, dès qu’on réfléchit et agit en fonction de nos forces et de nos capacités ! 

Là est une des signatures du démon, prince de ce monde. Voulant imiter Dieu, il veut être père. Il veut des fils qui lui ressemble. Et pour ça, il nous pousse à vivre comme lui, en ne nous appuyant que sur nos propres forces ! Et cela engendre alors nécessairement la peur !

La seule manière d'éviter toute peur, toute angoisse humaine, c'est de s'appuyer pratiquement sur la présence agissante de Jésus. C’est cela la miséricorde : c’est Jésus qui maintenant agit sur moi ! Et, on s’ouvre à cette action de Jésus, à ce qu’il fait maintenant sur moi, par un abandon plénier. 

L’abandon c’est ce choix de nous appuyer sur un autre, qui n’a ni notre mode, ni notre rythme, ni la même perspective. Et là, en l’occurence, Jésus ne cherche ni l’efficacité, ni notre épanouissement extérieur, ni à nous qualifier aux yeux du monde. 

Jésus nous conduit à vivre de Celui qui est La réalité, mais sur lequel je ne pourrais jamais mettre la main. Il est tellement tout-autre, présent à tout ce qui est, comme sa source actuelle et ce vers quoi il tend. 

Si ce sont l’efficacité, la prudence ou la justice humaine qui guident notre vie, alors nous resterons toujours dans un état de retour sur nous-mêmes; et il y aura toujours une place pour l'angoisse, pour la peur, qui paralyse et empêche d’être pris par ce qui n’est pas nous

Ce qui nous manque alors, c’est d’inscrire pratiquement cette présence de Jésus qui actuellement agit dans notre vie. Et pour s’y ouvrir, la seule porte c’est l'abandon. 

Grégoire +

 

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Le Verbe, secret silencieux du coeur du Père

13 Janvier 2021, 20:33pm

Publié par Grégoire.

Le Verbe, secret silencieux du coeur du Père

Pourquoi Jésus fait-il taire ces esprits qui, eux, savent qui il est ? « Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu! »

Jésus les fait taire: « Silence ! Tait-toi ! Sors de cet homme. » parce qu’on ne peut connaitre Jésus « objectivement ». Il n’y a pas de connaissance claire, rationnelle, logique ou objective de Jésus!

Jésus c'est le Père nous donnant son coeur, son secret le plus intime, la fécondité actuelle de son amour; il est « l’Amen » du Père, sa fleur, son amour secret, comme pour une mère son enfant, comme pour un amoureux celui qu’il aime secrètement … 

On ne peut donc connaitre et dire Jésus que dans un langage amoureux, et qu’en l’aimant actuellement ! Comment voulez-vous dire l’amour autrement ? Et c’est une connaissance qui doit s’achever dans le silence, dans une rencontre actuelle avec Jésus, en se reposant en Lui.

Sinon, il faut se taire car alors on ne dit que des âneries ! Pire, on éloigne de Jésus ! Si notre coeur n’est pas un peu pris par Jésus, attiré par lui, mais alors taisons nous ! D’autant que la plus petite erreur à propos de Dieu, est ce qu’il y a de pire, de plus monstrueux que l’on puisse infliger à l’esprit humain !

Ceux qui n’aiment pas Jésus ne le connaissent pas ! Comme pour toutes réalités qui nous dépassent, qu’il s’agissent de Dieu ou d’un être humain, il fait les aimer pour les connaître ! La connaissance logique, rationnelle, historique, ou dite 'objective' reste à l’extérieur de celui qu’on veut connaitre !

« Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande aux esprits mauvais et ils lui obéissent »

Voilà pourquoi Jésus enseigne avec autorité : il nous parle comme celui qui nous aime, en nous donnant tout; il est donc actuellement victorieux de tout ce qui, en nous, est en retard dans l’amour ! 

C’est une rupture face aux scribes et aux pharisiens qui discutaillent sans se donner; Ceux-là qui se prétendent ‘spécialistes’ parce qu’ils ont étudiés, sont en fait loin de Dieu; leur savoir les empêches d’être mendiant, d’interroger: « ils savent ! » C’est bien le grand reproche que leur faisait Jean Baptiste : « au milieu de vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas ! » 

Il y a donc une certaine connaissance de Dieu, celle des démons, qui pollue et rend l’esprit impur; cette connaissance qui calcule et raisonne, qui recherche une logique claire et mathématique, un résultat efficace et propre… 

L’autorité même de Jésus nous est donnée lorsqu'en nous l’amour est premier et prend tout ! Lorsque notre premier soucis est d’aimer l’autre tel qu'il est, parce que c'est lui, et ce avant tout jugement ! Mais c’est alors irrationnel, illogique, sans calcul et à perte ! Cela ne peut-être que lorsque la soif, le cri de Jésus s’impose à nous, nous attire dans le silence, mord notre coeur et nous brûle ! 

Grégoire +

 

 

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Le Père, dans le Verbe, se fait lumière pour nous

12 Janvier 2021, 20:07pm

Publié par Grégoire.

Le Père, dans le Verbe, se fait lumière pour nous

Le temps ordinaire, n'est pas du tout un temps ordinaire ou banal, mais un temps ordonné selon la sagesse de  Dieu

Pour les anciens, le propre du Sage c’est d’ordonner. Ordonner ne signifie pas ranger en bon ordre sa cuisine ou son garage, mais toujours revenir à ce qui est absolument premier et tout regarder dans la lumière de ce premier. 

Quel est donc ce qui est donc absolument premier dans la révélation ? Pour quoi Dieu s’incarne-t-il et se donne-t-il à voir, à connaitre ? 

« Dieu, personne ne l’a jamais vu. Un Dieu, Fils unique, qui demeure dans le sein du Père, celui-là l’a fait connaitre ». 

Celui qu’on appelle Dieu, se révèle à nous comme un être qui dans tout ce qu'il est, est amour, fécondité intime, source d’une lumière d'amour qu'il sécrète en lui-même; et ce secret demeure en son sein.

Et il nous le révèle en nous engendrant comme son secret ! Le don du Fils bien aimé, de ce fils qui ne quitte pas le sein du Père, qui demeure dans sa source, ce Fils, le Père nous le « donne » en nous conjoignant à Lui ! 

Celui qui nous est donné, c’est cela que je suis devenu pour le Père ! Le Père me fait vivre tout de suite Celui qu’il me donne ! Il me donne son Fils en me faisant être fils !

L'incarnation, la révélation, c'est donc en premier, connaître le Père de l’intérieur, être aimé comme un Fils, vivre en Fils, être libéré de tout ce qui n'est pas lui.. entendre le Père qui, chaque jour, me dis : "Tu es mon Fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré ! » Ou bien encore : « Moi, je suis pour toi un père, et tu es pour moi un fils. » Et l’appel des disciples, l'Église est au service de cette filiation, de cette rencontre personnelle, cette vie d'enfant du Père. c’est là, la seule conversion. 

La conversion chrétienne n'est pas d’abord morale, ou celle d’efforts quand à notre caractère, mais bien d’entendre chaque jour que nous sommes fils, nous sommes actuellement engendrés, et cette recréation nous faits enfants du Père. 

Et cela c'est concret, c'est pratique ! Pratique veut dire que tout ce que je vis, le Père soit le permet, ou alors le veux, pour que je goûte sa présence, que je m'établisse dans son repos. Le Père à la fois nous dépouille de nos sécurités, de nos satisfactions de nous-mêmes, pour nous faire nous appuyer que sur lui; et puis aussi nous donne des joies très humaines -spirituelles et sensibles- pour que, dans notre corps, s’inscrive qu'il est là pour nous. Devenir vulnérable à quelqu'un, sensible à un autre, est souvent, derrière cette vulnérabilité, Jésus, qui vient nous faire toucher combien il nous est présent et vulnérable ! 

C'est vital de comprendre que Dieu utilise tout dans notre vie pour conquérir notre coeur; Me parlant, il crée en moi cette attente obscure et non-maitrisable.. ce désir, cette attente, c’est la foi. Ce désir, inchoatif en nous, donne à chacun un contact immédiat avec Jésus, avec le Père, Celui qui est comme dans un très fin et très sûr sourire tourné vers nous…

 

Grégoire +

 

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En toi, je trouve ma joie

10 Janvier 2021, 20:04pm

Publié par Grégoire.

En toi, je trouve ma joie

Dans l’Ancien testament, le baptême était un des rites religieux de purification; un passage nécéssaire pour pouvoir observer la loi et faire des offrandes envers Dieu.

Au désert, Jean-Batiste prêchait, lui, un baptême de conversion : en étant plongé dans l’eau du Jourdain, non seulement on reconnaissait son état de désordre intérieur, mais aussi et surtout son incapacité à s’en sortir par-soi-même. 

Baptiser ou « être lavé », « être plongé dans » manifestait le désir d’être régénéré, renouvelé par un autre.

Lorsque Jean le Baptiste voit Jésus venir vers lui pour être baptisé, il ne comprend pas ! Et on comprend ! Jésus : le Fils du Père, Dieu fait homme, le Messie ! Il est nécessairement pur de tout péché ! Alors pourquoi faire un geste de purification ? Pourquoi demande-t-il à être lavé, plongé, purifié ?

L’incarnation, qui dans son intention est toujours actuel, est l'initiative de Jésus de venir à nous. Et il vient à nous à travers des gestes qui réalisent quelque chose que l’on ne comprend pas immédiatement ! 

Dans l’évangile de Matthieu, Jean Baptiste dit ainsi à Jésus : « tu viens pour être baptisé, mais c’est moi qui ai besoin d’être lavé par toi, c’est toi qui doit me baptiser » Et Jésus lui répond « Laisse faire, c’est ainsi qu’il convient d’accomplir ce qui est juste ». Qu’est-ce à dire ?

Jésus descend dans les eaux du Jourdain, non pour être purifié, mais pour descendre là où sont toutes nos pauvretés ! Sa justice c’est de descendre dedans nos pauvretés pour s’en emparer. C’est cela le nouveau baptême : laisser Jésus venir, s’abaisser et descendre dedans nos misères. Il vient s’unir à nous d’une manière telle, qu’il se fait responsable de chacun de nos actes devant le Père.

Être baptisé, c’est choisir de laisser Jésus venir s’emparer de ce qui est mort en nous, de le laisser prendre possession de toutes nos misères. Jésus s’en fait responsable ! 

Et Jésus, c’est là qu’il veut descendre, parce que c’est là où l’on va pouvoir voir son visage ; notre misère devient le lieu de rencontre ! Parce que notre grande misère, c’est qu’on ne connait plus notre Père; on ne sait plus quel est notre source, d’où on vient et où on va ! Alors on dépense son temps et son argent pour des choses inutiles comme dit le prophète Isaïe.

 

C’est pour ça que le baptême chrétien, a commencé pour chacun d’entre nous dès la promesse du Père d’envoyer un sauveur, promesse manifestée ensuite à Noël, et que l’on a inscrite en nous le jour de notre baptême; et cette promesse réclame de se continuer chaque jour : chaque jour rechoisir d’être plongé en Jésus, Lui descend en moi et moi en lui !

Et, en laissant Dieu descendre dedans nos blessures insolubles, on permet au ciel de se déchirer, d’être immergé dans l’Esprit Saint et de connaitre le Père de l’intérieur, d’une connaissance intime, aimante, amoureuse. Dès que nous laissons Jésus prendre ce qui est mort en nous, nous entrons dans une nouvelle présence de Dieu.

Tout ces lieux blessés qui nous rendent extrêmement vulnérables, trop sensibles, désirs vains et désespoirs entretenus, tout ces lieux Jésus veut y descendre. Ils sont l’occasion de toucher la vulnérabilité du Père pour nous, sa douceur, ou comme les battements de son coeur. Connaitre le Père comme vulnérable à notre présence est le repos attendu, la joie d’une présence qui n’est qu’attraction aimante. Dans tout son être, il est ce silence aimant qui ne cesse de me regarder.

 

C’est pour cela le baptême. C’est d’abord choisir d’être le pauvre de Dieu, puisque être immergé dedans l’Esprit Saint, exige de n’avoir plus que Jésus comme seul appui, comme seul recours; mais c’est pour entendre Le Père nous dire : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi je trouve ma joie ». Et cela il nous le murmure en touchant tout nos lieux d’hypervulnérabilités.

La conversion dans l’Ancienne alliance, c’était de se purifier, obéir à la loi et être pardonné par les prêtres ! Ça c’est l’Ancien Testament ! Et certains préfèrent rester dans l’Ancien Testament, car là au moins il y a un ordre encore humain, rassurant : tu as fait ça ? tu payes tant ! 

La nouvelle Alliance, c’est un renouveau d’en haut ! C’est une recréation qui n’est pas dans la continuité de notre justice ! C’est la folie du Père, qui par son secret éternel, Jésus, descend en moi, dedans nos misères et fait toutes choses nouvelles ! 

La vie chrétienne est une naissance ! Nous sommes faits enfants du Père ! Et donc frères et soeurs ! Il s’agit donc d’ouvrir les yeux sur le débarquement permanent que Jésus fait en moi, là, tout de suite, et qu’il veut faire de plus en plus. 

Et Jésus nous fait être Fils et Fille bien-aimés; sans rien régler de tout nos problèmes ! Sans remettre les choses en ordre ! 

La conversion, c'est entendre le Père nous dire qu’il trouve sa joie en nous. Et donc tout vivre avec lui, sous son regard ! Tout lui remettre ! Le Père veut tout vivre avec nous ! On ne peut donc pas ne pas l’appeler constamment : « Père.. Abba.. Papa » faire silence et mendier d’être vulnérable à sa présence ! Lui ouvrir notre coeur, nos luttes, nos problèmes, pour entrer dans sa paix, son repos, la joie de sa présence ! 

Grégoire +

 

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Comme une mère

1 Janvier 2021, 15:16pm

Publié par Grégoire.

Comme une mère

Une femme, une créature, Mère de Dieu? L’année commence fort, très fort !

Le Père nous aime tellement qu’il a voulu avoir une mère, Marie. Dieu a voulu connaitre cette proximité, cette intimité d’une mère avec son enfant !

Et, pour faire simple, il veut cela avec chacun de nous ! Entendre Dieu qui nous parle, nous fait l’engendrer en nous : « Qui est ma mère, ma soeur, mon frère ? Celui qui garde ma parole… » 

C’est cela Marie. Elle n’a pas reçue des "mots" ou « La parole de Dieu » mais Celui qui les prononçait. On peut s’arrêter à la signification des mots, ou bien ne regarder que Celui qui nous parle ! Parce qu’en nous parlant, le Père se livre : Il ne nous raconte pas des choses à faire ou sur lesquelles réfléchir; il nous aime, et quand on aime, il n’y a pas de bavardage ! Entendre Jésus comme celui qui nous dit son amour, c’est immédiatement le laisser prendre chair en nous !

Marie, mère de Dieu, nous dévoile le coeur de Dieu : Dieu est comme une mère ! Le Père est comme une mère !

Et la vie chrétienne, c'est pour être avec Dieu comme Marie avec Jésus à la crèche. Il faudrait garder nos crèches toute l’année, pour ne pas oublier que plus on avance avec Dieu, plus on rajeunie !

Au début de notre vie chrétienne, on est comme quelqu’un de quarante-cinquante ans, ayant encore sa mère, qu’on va visiter tout les dimanches pendant une heure.

Quand Dieu nous fait avancer, on rajeunie ! On est alors comme   quelqu’un de vingt ans qui vient chaque jour une demi-heure parler  avec sa mère, puis on la quitte jusqu’au lendemain. C’est déjà quelque chose, mais ce n’est qu’un début; et là on croit que ce qu’on dit est important.

Quand on laisse encore Dieu se rapprocher, alors on ressemble à un enfant de dix - douze ans. À cet âge on demeure encore chez sa mère. La maison est importante pour l’enfant. Cela c’est entrer dans l’intimité du Père. Le Père nous fait alors cette grâce «d’habiter sa maison chaque jour de notre vie» (Ps 26, 4). Cette maison, c’est l’oraison. Il ne s’agit pas de parler sans cesse de Dieu ou à Dieu, mais on ne le quitte pas du regard, on ne fait rien sans Lui ; on est enveloppée de Dieu !

En se laissant prendre davantage, on arrive à six-sept ans, âge où l’enfant n’a pas de conversations comme les grandes personnes ; mais ses initiatives plaisent à sa mère. 

Le réel progrès est quand on ne commence à ne plus pouvoir parler, comme au temps de notre toute petite enfance ! On est seulement présent à Dieu, sans aucune utilité, comme l’enfant qui n’a pas d’autonomie et qui attend tout de sa mère.

L’enfant émet des bégaiements, et la mère se mets au niveau de son enfant, pour babiller, pour bégayer avec lui.

Ça c’est Dieu avec ses saints ! Le saint est celui qui est dans une totale simplicité avec Dieu; il n’y a plus que des enfantillages, des bégaiements d’amour. Cette simplicité suffit pleinement à Dieu. Dieu n’a pas besoin d’autre chose. 

Et alors ? Alors Dieu oublie tout le reste, pour s’amuser à écouter nos bégaiements. Qu’importe à la mère ce qui l’entoure quand elle parle avec son enfant ? On se demande parfois pourquoi Dieu ne fait rien dans le monde… C’est que Dieu est avec ses petits et près d’eux. Alors Il oublie, il ne voit pas et n’entend pas autre chose. Dieu est comme une mère ! 

Et la grande « perfection » c’est d’être avec Dieu comme à l’âge où on ne parle pas, on ne marche pas, âge où l’enfant vit de sa mère et repose continuellement dans ses bras, sur son cœur. Plus besoin de parler : le silence d’amour va plus loin que le bégaiement. Endormis sur le sein de Dieu, on se nourrit de sa présence.

L’union la plus grande que puisse connaître l’enfant avec sa mère est celle du moment où il ne fait qu’un avec elle. On ne le voit même pas : il vit en elle.

C’est ça ce que Dieu veut pour nous : être perdus, fondus en Lui, n’ayant plus qu’une seule vie avec lui au point qu’on devient invisible au monde. C’est être comme un enfant avec sa mère, cachée en Lui. Car Dieu est comme une mère ! 

 

Grégoire +

 

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