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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

les gens fatigués..

8 Juillet 2019, 11:09am

Publié par Grégoire.

les gens fatigués..

À quoi reconnaît-on les gens fatigués. À ce qu'ils font des choses sans arrêt. À ce qu'ils rendent impossible l'entrée en eux d'un repos, d'un silence, d'un amour. Les gens fatigués font des affaires, bâtissent des maisons, suivent une carrière. C'est pour fuir la fatigue qu'ils font toutes ces choses, et c'est en la fuyant qu'ils s'y soumettent. Le temps manque à leur temps. Ce qu'ils font de plus en plus, il le font de moins en moins. La vie manque à leur vie.

À quoi reconnaît-on ce que l'on aime. À cet accès soudain de calme, à ce coup porté au coeur et à l'hémorragie qui s'ensuit - une hémorragie de silence dans la parole. Ce que l'on aime n'a pas de nom. Cela s'approche de nous et pose sa main sur notre épaule avant que nous ayons trouvé un mot pour l'arrêter, pour le nommer, pour l'arrêter en le nommant.

Christian Bobin, Une petite robe de fête.

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Quitte ton pays, ta parenté, la maison de ton père, vers le pays que je te montrerai...

7 Juillet 2019, 00:50am

Publié par Grégoire.

Quitte ton pays, ta parenté, la maison de ton père, vers le pays que je te montrerai...

Le sanctuaire vers lequel il se dirige doit devenir par excellence "la tente de la rencontre", comme la Bible appelle le tabernacle de l’alliance. (…)

Vécu comme une célébration de sa foi, le pèlerinage est pour le chrétien une manifestation cultuelle à accomplir en fidélité à la tradition, avec un sentiment religieux intense et comme accomplissement de son existence pascale. La dynamique propre au pèlerinage révèle avec clarté certaines étapes que le pèlerinage rejoint, et qui deviennent un paradigme de toute sa vie de foi : le départ rend évidente sa décision d’aller jusqu’au but et de rejoindre les objectifs spirituels de sa vocation baptismale ; le chemin le conduit à la solidarité avec ses frères et à la préparation nécessaire pour la rencontre avec son Seigneur ; la visite au Sanctuaire l’invite à l’écoute de la Parole de Dieu et à la célébration sacramentelle ; le retour, enfin, lui rappelle sa mission dans le monde, comme témoin du salut et constructeur de paix. (…)

Le but vers lequel tend l’itinéraire parcourut par le pèlerin est tout d’abord la tente de la rencontre avec Dieu. (…) Dans le pèlerinage, l’homme reconnaît que "par sa naissance il est appelé au dialogue avec Dieu", et à travers celui-ci il est donc aidé à redécouvrir que, pour "rester dans l’intimité de Dieu", le chemin qui lui est offert est le Christ, le Verbe fait chair. L’itinéraire du pèlerin chrétien doit révéler ce "point essentiel qui différencie le christianisme des autres religions". Dans son ensemble, le pèlerinage doit manifester "que pour l’homme le Créateur n’est pas une puissance anonyme et éloignée : il est le Père", et nous sommes tous ses fils, frères dans le Christ Seigneur. (…)

Le pèlerinage conduit à la tente de la rencontre avec la Parole de Dieu. Les moments du pèlerinage, en raison des circonstances qui les suscitent, des buts qu’ils poursuivent, de leur proximité des nécessités et des joies quotidiennes, sont déjà un terrain favorable à l’accueil de la Parole de Dieu dans les cœurs ; ainsi la Parole devient force de la foi, aliment spirituel, source pure et éternelle de vie spirituelle. (…)

Le pèlerinage conduit ensuite à la tente de la rencontre avec l’Eglise, "assemblée de ceux que la Parole de Dieu convoque pour former le Peuple de Dieu et qui, nourris du Corps du Christ, deviennent eux-mêmes Corps du Christ"(…) Lorsqu’il est entrepris par une communauté paroissiale, par un groupe ecclésial, par une assemblée diocésaine ou par des regroupements plus vastes, le pèlerinage devient un signe de la vie ecclésiale. (…)

Le sanctuaire est également la tente de la rencontre dans la réconciliation. En effet, c’est là que la conscience du pèlerin est ébranlée ; c’est là qu’il confesse ses péchés, c’est là qu’il est pardonné et qu’il pardonne, c’est là qu’il devient une créature nouvelle à travers le sacrement de la réconciliation, c’est là qu’il éprouve la grâce et la miséricorde divines.(…)

Le but du pèlerinage doit être la tente de la rencontre eucharistique avec le Christ. Si la Bible est par excellence le livre du pèlerin, l’Eucharistie en est le pain qui le soutient sur son chemin, comme ce fut le cas pour Elie qui marchait vers l’Horeb. ). La réconciliation avec Dieu et avec les frères débouche sur la célébration eucharistique.

On comprend alors également pourquoi le pèlerinage est aussi la tente de la rencontre avec la charité. Une charité qui est tout d’abord celle de Dieu, qui nous a aimés le premier en envoyant son Fils dans le monde. Cet amour ne se manifeste pas seulement à travers le don du Christ comme victime expiatoire de nos péchés (163), mais également à travers les signes miraculeux qui rétablissent et qui consolent, comme le Christ le fit au cours de son pèlerinage terrestre et comme cela se renouvelle dans l’histoire des sanctuaires.
(…)

Enfin, le pèlerinage est très souvent la voie pour entrer dans la tente de la rencontre avec Marie, la Mère du Seigneur. Marie, en qui se retrouvent le pèlerinage du Verbe vers l’humanité et le pèlerinage de foi de l’humanité, est "celle qui avance dans le pèlerinage de la foi" (181), devenant l’"Etoile de l’évangélisation" sur le chemin de toute l’Eglise.

In. Le pèlerinage dans le grand Jubilé de l’An 2000, Jean Paul II, Cité du Vatican, 25 avril 1998

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Seigneur mon Dieu, ne sachant pas où je vais, je Te ferai donc confiance, toujours

4 Juillet 2019, 05:29am

Publié par Grégoire.

Seigneur mon Dieu, ne sachant pas où je vais, je Te ferai donc confiance, toujours

« Comme Dieu est proche de nous, lorsque, reconnaissant et acceptant notre petitesse, nous jetons en Lui tous nos soucis ! Contre toute attente humaine, Il nous soutient lorsque nous en avons besoin et nous aide à faire ce qui semblait impossible. Nous apprenons alors à connaître Sa présence, non telle qu'on la trouve dans des considérations abstraites, déguisées sous nos propres oripeaux, mais telle qu'on la trouve dans le vide d'une espérance qui peut toucher au désespoir. Car on atteint l'espérance parfaite au bord du désespoir lorsque, au lieu de tomber dans l'abîme, on se retrouve marchant dans les airs. L'espérance est perpétuellement sur le point de se changer en désespoir, mais au moment de la crise suprême la force de Dieu est tout à coup rendue parfaite par notre infirmité. Ainsi apprenons-nous à attendre Sa miséricorde d'autant plus calmement qu'il y a plus de danger, à Le chercher paisiblement dans les périls, certains qu'Il ne peut nous manquer, même si nous sommes réprimandés par les justes et rejetés par ceux qui prétendent posséder manifestement Son amour. Ainsi soit-il. » 

 

Thomas Merton (1915-1968)

 

 Dans le silence profond s'élève le chant infini, joyeux, inexprimable, le chant secret que la sagesse murmure à l'âme solitaire. C'est le chant du Seigneur et la sienne: le chant unique et irremplaçable que chaque âme murmure seule avec l'Esprit inconnu, assis sur le seuil de son être, là où son existence s'ouvre sur l'abîme de la liberté de Dieu, qui n'a ni nom, ni limites. C'est le chant que chacun de nous doit chanter, le chant de grâce que Dieu a composé Lui-même afin de le chanter avec nous. C'est le chant de Sa miséricorde à notre égard, qui ne sera jamais chanté si nous ne l'écoutons pas. Car si nous ne nous unissons pas à Dieu pour chanter ce chant, nous ne serons jamais pleinement réels, car c'est le chant de notre propre vie, jaillissant comme un torrent, du cœur même de l'amour créateur et rédempteur de Dieu. Or le chant que chaque homme chante en secret avec l'Esprit de Dieu se mêle aussi, en secret, aux notes inaudibles de tous les autres chants. Les voix de tous ceux qui aiment Dieu, les vivants et les morts, ceux qui sont sur terre, ceux qui souffrent dans un lieu d'épreuve, ceux qui ont atteint le lieu de la victoire et du repos: toutes ces voix forment un chœur immense dont la musique ne s'entend que dans le plus profond silence, parce qu'il est plus silencieux que le silence même. Ainsi soit-il.

Thomas Merton (1915-1968)

 

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