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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Rencontre céleste...

30 Janvier 2016, 06:49am

Publié par Grégoire.

Rencontre céleste...

Il est là, assis sur ce banc,solitaire dans son exil interieur, et cependant plus digne que Madame Recamier sur sa banquette sous le pinceau de David..

Sa silhouette décharnée et habillée de misère, aux antipodes du beau académique, occupe pourtant une place monumentale dans cette petite gare..
Car soudain, un événement banal, un clochard reprisant une paire de chaussettes, devient par un simple regard, une scène de genre d'une spiritualité plus vive que tous les tableaux religieux aux cimaises de nos musees.
Il y a dans ce geste ancestral et perdu, du genie, une douceur et une paix incroyable..
Je l'observe, éblouie, et quand je croise enfin son regard vibrant de lumiere, je suis brulée, et c'est comme un retour aux questions humaines fondamentales..
"Il n'y a que toi pour perdre ton temps à acheter un billet dans une gare.."
Tout autour ces gens qui courent pour ne pas risquer de mettre en péril le sens de leur existence ‎en ratant ce train de vie..grisaille du temps ordinaire.
Magnifique, ces instants perdus dans une telle rencontre et puis qui peut m'affirmer que le Christ ne m'attendait pas la ce matin en raccomodant ses chaussettes trouées...
SRD.

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Roland Roure

29 Janvier 2016, 05:43am

Publié par Grégoire.

Roland Roure SCULPTURES

Roland Roure SCULPTURES

du Vendredi 5 février au Dimanche 22 mai

 

Entrée libre 

Vernissage le vendredi 5 février à 18h30 

Roland Roure est un poète qui se définit comme un constructeur de machines ludiques et carnavalesques. Il crée des oeuvres à bruit, à couleurs, à vent, à eau qui volent, roulent ou basculent. Des suspensions de personnages en équilibre. Un univers mobile aérien et musical inventé par ce magicien du rêve. 

 

À partir de matériaux simples comme le fil de fer, le bois peint ou les boîtes métalliques, Roland Roure construit des personnages animés par des mécanismes aussi ingénieux que simples. Il crée des jouets tractés, poussés, roulants, volants. 

Poétiques, critiques, humoristiques, innocentes ou inquiétantes, cruelles ou tendres, ses sculptures jonglent entre les souvenirs d'enfance et l'art populaire auquel l'artiste tient tant. 

Ses personnages sont des équilibristes, des héros mythologiques, des pêcheurs, des mères avec leurs enfants, des couples enlacés qui, depuis les années 70, ont voyagé dans les plus grands musées de Paris à Munich, en passant par Dallas, New York, Bruxelles... 

Pour cette exposition, nous aurons également le privilège de découvrir des créations récentes de l'artiste qui explore de nouveaux horizons. 

Crédit photo : Florian Besset

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Étincelles. Le daim et la poétesse...

28 Janvier 2016, 06:00am

Publié par Grégoire.

Étincelles. Le daim et la poétesse...

 

Comme la neige sort d'un oreiller crevé, l'éternel vient d'une déchirure du temps. Ses poèmes s'éparpillent sur la terre. Anna Akhmatova devant une prison soviétique attend, avec des dizaines d'autres femmes, que la porte s'ouvre pour rendre visite à son fils incarcéré. Une femme la reconnaît et lui demande tout bas, montrant les murs d'enceinte si hauts qu'ils font du coeur une poussière de brique rouge : « Et ça, vous sauriez l'écrire ? » La poétesse répond « oui », et cette réponse délivre la respiration de son interlocutrice. 

De nommer l'enfer au plus près, l'écriture nous ramène au paradis. J'étais debout dans la chambre, le livre d'Anna Akhmatova à la main, quand j'ai vu dans le pré le daim marcher précautionneusement sur ses pattes de haute couture. L'animal délicat et la poétesse au nez en marche d'escalier - statue ébréchée, parfaite en son défaut - incarnaient la même présence. Le daim était un poème nomade. La poétesse, un fauve divin. Leur vérité me traversait comme une électricité. Jeune daim du vingt-et-unième siècle aux yeux mouillés par la rosée du paradis, fière amoureuse du vingtième avec ton chagrin aussi brûlant qu'une vodka, je m'enlevais de ma vie pour vous voir. 

Le diamant du livre brillait au fond du langage. L'animal frissonnait comme un christ au petit matin. Je n'étais plus que ce lien entre une écriture aveuglante et la bête aux lenteurs d'or. J'étais leur éphémère point de rencontre, ici consigné dans quelques phrases peu sûres d'elles. À présent agenouillé dans l'herbe haute dont il mâchait consciencieusement une touffe, le daim prenait un bain de soleil. Son poitrail avait des dorures de pain d'épice. Rien du monde n'entrait dans ses yeux noirs. 

Le daim et la poétesse, d'exister soudain si fort, m'avaient apporté la radieuse révélation de mon néant. Je traversai toute cette journée avec une gaieté secrète - et pourquoi ne pas le dire : démente. C'est une telle joie de savoir que nous ne sommes rien. C'est un savoir-luciole, une étincelle qui ne dure pas. Trop dure à porter. Une sainteté va, un flux que cristallisent les passages des bêtes et la rivière des poèmes. De m'être trouvé un instant sous ce pylône surnaturel, j'avais été anéanti, porté hors de moi par une vision et quelques mots très simples. 

La grâce va à la rencontre de la grâce. Nous n'avons d'autre raison d'être que de favoriser cette rencontre en nous effaçant, offrant le moins de résistance possible aux apparitions qui ne dépendent pas de nous, n'en ont jamais dépendu. 

 

Christian Bobin - publié le 23/12/2015

 

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L'art, chemin vers la Sagesse (II)

27 Janvier 2016, 06:25am

Publié par Grégoire.

L'art, chemin vers la Sagesse (II)

La sagesse

Face à la domination des sciences, qui prétendent parfois régenter la vie de l'homme, et dans un monde cassé, la recherche du sens, du pourquoi de la vie humaine, de la « destinée » de l'homme, est plus urgente que jamais. C’est ce qui anime la sagesse philosophique. Celle-ci n’est pas autre chose que la recherche et la découverte par l'homme du pourquoi ultime de l'univers et de sa propre personne, de son être et de son esprit. Le caractère propre de la sagesse est bien de nous faire découvrir la vérité sur le sens ultime, la finalité de la vie et de l'existence humaine (5). C'est pourquoi la philosophie devient authentiquement sagesse quand le philosophe, dans sa propre recherche de la vérité, s'interroge sur l'existence de l'Etre premier que les traditions religieuses appellent Dieu et, le découvrant comme son Créateur, cherche à le connaître et à avoir sur l'homme un nouveau regard à partir de là. La philosophie est donc sagesse en tant qu'elle est la connaissance du pourquoi ultime des choses, de l'homme à partir de la Cause première et ultime de toutes choses.

 

Sans nier la recherche du comment, la philosophie la situe donc dans la lumière du pourquoi et de la connaissance de ce qu'est l'homme : qui est l'homme ? Pourquoi vit-il, quel est le sens profond de sa vie ? Quelle est sa destinée, en vue de quoi mène-t-il sa vie ? Quel est son bonheur ? Et dans cette lumière, que signifie le devenir à parcourir pour y parvenir, quelle est la croissance de la vie humaine au milieu des luttes, des échecs et des victoires ? La philosophie n'est donc pas une spécialité : tout homme qui s'interroge sur le sens de sa vie peut comprendre l'enjeu de la recherche philosophique, parce que tout homme a une expérience humaine et se pose des questions sur le sens de sa vie. Tout homme a connu des joies et cherche un véritable bonheur, tout homme aussi vit certaines souffrances et a connu des échecs. Le problème est posé par les traditions religieuses, mais aussi par tous les artistes, et en définitive par la philosophie.

 

L'homme se dégrade quand il ne sait pas pourquoi il est, ou quand le conditionnement est tellement lourd, la souffrance tellement grande, qu'il ne sait plus ce pour quoi il est fait : alors il devient errant. L'accumulation quantitative du conditionnement, des limites et des échecs, peut aller tellement loin, qu'il n'arrive plus à émerger. La recherche de la sagesse exige bien un certain recul (6) : quand nous sommes plongés dans le devenir et la quantité d'une façon telle que le recul manque pour réfléchir profondément sur ce qui donne son sens à notre vie, nous devenons comme fous, des hommes « à double tête », selon l'expression de Parménide 7. Il faut une certaine gratuité pour découvrir le sens de la sagesse. N'est-ce pas le premier lieu où l'art apprend quelque chose à l'homme ? L'art, qui dans sa fine pointe dépasse le devenir du travail, ne peut être perçu dans sa qualité que si nous avons un certain sens de la gratuité. Dans un monde quantitatif, l'art rappelle à l'homme qu'il doit s'arrêter pour connaître quelque chose gratuitement : il maintient en effet dans son cœur et dans son intelligence un dépassement de la quantité et de l'efficacité. L'art contribue donc à éveiller dans le cœur de l'homme le sens de la recherche de la sagesse, parce qu'il éduque le sens de la gratuité (8).

MD Goutierre, fj.

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L'Art, un chemin vers la Sagesse...

26 Janvier 2016, 06:22am

Publié par Grégoire.

L'Art, un chemin vers la Sagesse...

 

DÉCOUVRIR que la philosophie est une sagesse est particulièrement difficile aujourd'hui, dans le contexte intellectuel qui est le nôtre, marqué sagesse. Une sagesse philosophique est-elle encore possible, après la critique corrosive d'un Kant (1), l'ambition de savoir rationnel absolu de l'idéologie hégélienne ou la destruction radicale de la vérité contemplative que les idéologies contemporaines véhiculent ?

 

De plus, notre monde est marqué à la fois par l'extension et le développement des sciences et des techniques, et par le règne des sciences dites humaines, en particulier la psychologie et la sociologie. Cela est tellement fort qu'on peut se demander si la connaissance philosophique, la sagesse, a encore sa place aujourd'hui. Celle-ci, qui était bonne pour les Grecs, n'est-elle pas totalement dépassée, «périmée» ? Aujourd'hui, les sciences prétendent expliquer le monde : la philosophie, surtout lorsqu'elle prétend être une sagesse, n'est pour beaucoup qu'un vide sentiment, une approximation « poétique » bonne pour les naïfs et les rêveurs.

 

Cette attitude caractérise en particulier l'idéologie positiviste qui marque bien des mentalités contemporaines. Dans cette perspective, qui se développe à partir d'Auguste Comte, seule la connaissance des sciences modernes est digne de considération : tout ce qui n'est pas scientifique au sens moderne du terme n'est pas vrai. Seul ce que dit la science est adéquat au monde et à l'homme. Aucune autre connaissance, ni la philosophie, ni a fortiori l'art, n'est suffisamment sérieuse pour avoir droit de cité aujourd'hui. On sait que pour Auguste Comte, l'âge philosophique de l'humanité, celui de la recherche des causes, qui s'interroge sur le pourquoi des choses, est un âge infantile. L'humanité adulte, scientifique, positive, ne se pose plus que la question du comment (2) elle ne cherche plus que des lois. Et il est facile de constater que le positivisme peut s'étendre à tous les domaines, jusque dans la théologie : alors, la conclusion exégétique sérieuse prétend être mesure de la foi !

 

Qualité et gratuité

 

II y a pourtant dans l'art et dans la philosophie un épanouissement de la connaissance qui dévoile une profondeur de l'intelligence humaine autre que ce que peuvent dire les sciences exactes ou humaines. Aujourd'hui, l'art véritable et la réflexion philosophique authentique (cherchant la sagesse) prennent sans doute une importance nouvelle, car leur rôle spécifique pour l'homme apparaît avec une netteté plus grande : le développement des sciences et des techniques oblige en quelque sorte l'artiste à être plus profondément artiste et le philosophe à chercher plus radicalement la sagesse.

 

Le rôle de l'artiste n'est-il pas d’abord de rappeler à l'homme qu'il est fait pour autre chose que pour dominer le monde par l'efficacité des techniques et la puissance de l'économie ? En effet, l'artiste a le sens de la qualité et de l'appel inscrit dans le cœur de l'homme à un dépassement de lui-même. L'artiste n'est-il pas un peu prophète aujourd'hui : ne doit-il pas proclamer l'appel du cœur de l'homme à redécouvrir une source pure, vraie, capable d'abreuver son cœur et son intelligence ? Il exprime parfois merveilleusement cette dimension. Evoquons rapidement a ce sujet deux artistes bien différents :

 

La machine envahit terre et ciel, va aux profondeurs de la mer jusqu'au désert, sans crainte de troubler Pair au matin. On va de plus en plus vite, on n'a même plus le temps de soupirer à l'instant de disparaître. L'art en ce siècle mécanique ne serait-il pas parfois le miracle ? Un savant a pu dire : « II n'y a plus de mystère ». On peut être très savant et très sot en même temps. Tout est impondérable dans les régions spirituelles où s'aventure l'artiste, mais il y règne un ordre plus vrai que celui du contrôleur des poids et mesures. Le regard de Rembrandt vieux ou le masque de Beethoven aux yeux clos m'émeuvent autant qu'un siècle entier d'actions épiques. En fait, ce qui est beau reste caché et il en a toujours été ainsi. El faut être digne de le chercher et de persévérer jusqu'à la mort pour le trouver. Il y aura toujours peine et tourment pour celui qui s'engage en cette quête mais aussi joie profonde et silencieuse (3).

 

Texte qui met en lumière une distinction essentielle : celle de la quantité et de la qualité. Le domaine de la science est le mesurable, donc la quantité. L'art, quant à lui, demeure « caché », il y règne un ordre secret, plus vrai que celui du contrôleur des poids et mesures : un ordre qualitatif. La quantité ne nous dit que peu de chose de l'art. Quant à la sagesse philosophique, connaissance contemplative, elle est par excellence de l'ordre de la qualité. La sagesse est la qualité par excellence, car elle est l'habitus le plus profond que l'intelligence humaine puisse acquérir dans la recherche de la vérité.

Au delà du monde quantitatif, mesurable, efficace, des sciences et des techniques, l'art rappelle à l'homme une certaine gratuité. C'est pourquoi : pour Aragon,

jamais peut-être faire chanter les choses n'a été plus urgente et noble mission à l'homme, qu'à cette heure où il est plus profondément humilié, plus entièrement dégradé que jamais. Et nous sommes sans doute plusieurs à en avoir conscience, qui aurons le courage de maintenir, même dans le fracas de l'indignité, la véritable parole humaine, et son orchestre à faire pâlir les rossignols. A cette heure où la déraisonnable rime redevient la seule raison. Réconciliée avec le sens. Et pleine du sens comme un fruit mûr de son vin (4).

 

L'art nous donne donc un autre sens, une autre signification des choses. Aujourd'hui, où l'homme est trop souvent humilié, dégradé, blessé, souffrant, perdu, n'est-il pas nécessaire de comprendre plus profondément le sens de l'art qui implique toujours une certaine gratuité ? La qualité est liée à la gratuité. La quantité, par contre, n'est jamais gratuite, parce qu'elle est mesurable, donc économiquement appréciable.

 

MD Goutierre, fj.

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Légèreté d'une femme handicapée...

24 Janvier 2016, 18:35pm

Publié par Grégoire.

Christelle Lamadon

Christelle Lamadon

Mails reçus de Christelle Lamadon, publiés avec sa permission. Christelle est une jeune mère de Cotignac atteinte d’une maladie qui lui paralyse progressivement le corps, les membres, la bouche, vivant au 2e étage d'un immeuble insalubre… pour laquelle j’avais demandé de l’aide sur ce blog le 22 décembre 2015.

 

« …grâce aux dons j’ai pu régler les 885 euros de dettes que j’avais de retard -sauf les frais d’huissier qui à mon sens ne sont pas à moi de régler ça; mais en contrepartie.. je n’ai plus droit à la petite épicerie solidaire du mercredi, mais peu importe…

…Dieu connait mon coeur, il sait ce que traverse, avec mon logement, ma propriétaire, mon fils handicapé, mes ex, ma maladie, la lutte que je vais affronter mardi à la coopérative pour leur dire mon état, et cette peur au ventre de découvrir que mon cerveau va empirer...

un jour sur deux on vient pour m’aider à m’habiller, mettre mes chaussures, me laver les cheveux; mercredi le neurologue m’a envoyé dans la tête des ondes et du courant pendant 20 minutes; on m’a porté ensuite dans les escaliers car mon cerveau ne commandais plus mon corps, il avait été trop fatigué par la séance, je dois rester assise chez moi, ne pas trop marcher, ne pas trop bouger, ne pas trop avoir de visite, pour ne pas avoir trop d’émotions, ni stress si je veux que mon cerveau ne me lâche pas a tous moment et me retrouve complètement à la merci de n’importe qui… je ne peut aujourd’hui rien faire contre l’évolution de cette maladie; le neurologue m’a dit jeudi que je ne pouvais être que spectatrice de cette évolution. 

Des voisins -et des amis- m’ont agressés hier, me trouvant trop ‘légère’ avec ma vie, que je me laissais aller… que répondre à ces gens qui me trouvent trop  légère, que dire en réponse à ça…?  je fais tout les efforts que je peux, et là je ne peux transmettre à personne ma tristesse et mon sentiment d‘incompréhension totale, je suis trop émotive face à ce genre de réflexion j’en ai pour des heures à m’en remettre c’est infernale à gérer, j’en ai marre… quand, quand aurais je droit a un jour de légèreté comme ils disent, Rafael -mon fils- pleure chaque jours a cause de cette voisine… est-ce que je prend ça à la légère ?

Le papa de Rafael vient de me ramener mon petit garçon à la maison, il m’a vue en pleure, avec la canne, je lui ai simplement demandé de voir a changer les weekend pour que je puisse avoir les garçons ensemble et un week end pour moi, et non je ne reçois que de la haine, de la colère : « je ne peux laisser mon fils à une handicapée, qui ne sait ni parler ni marcher… »  « crois-tu que ma vie s’arrête à mes soucis de maladie, connais-tu finalement par ou je passe sur des tas de choses de ma vie, sur les épreuves que je vis depuis des années et des années, les fugues de mon fils, ses troubles du comportement, le peurs de Rafael dans ce logement …? » et on me parle de légèreté…

Je n’ai plus de téléphone, il me reste internet pour réussir à chercher un appartement, ou quelque chose… j’avais rendez vous mardi dernier à la mairie pour parler d un logement et avoir droit a un bon alimentaire de 50 euros pour faire des courses pour ma famille ah mais non désolé on m’a annulé le rdv parce que Mr le Préfet venait à cotignac, alors ma famille et moi nous nous débrouillerons pour manger une autre semaine, tu comprend je peux conduire mais très peu sinon mes jambes me font si mal, se bloquent avec les crampes et se paralysent, c’est géniale hein… je m’éclate, oui j’essaie quand je me lève de me dire que malgré tous ses emmerdement que j’ai depuis que je suis né, je garde confiance en la vie et en Dieu et je garde le sourire.. comment peuvent ils me le reprocher et que malgré tous ces emmerdement, ces douleurs dans le corps dans l’âme, dans le coeur, je veuille donner de l’amour aux gens… est-ce cela être légère????

je ne crois pas, pourtant je t’assure que j’ai envie d’arrêter tout.. de sourire et de rire bien souvent et non il me repêche sans cesse… les mots peuvent être cruel, les suppositions peuvent être cruelles, les gens ne se rendent pas compte de la fragilité de certains…

On me reproche de croire en DIEU mais vraiment d’y croire en Vérité, on me reproche de m’abandonner, on me reproche d’être malade, on me reproche de dire la vérité, on me reproche d’être spontanée, on me reproche d’être trop gentil, on me reproche de ne pas faire de dépression, on me reproche de sourire, on me reproche de prier pour les gens qui me veulent du mal, on me reproche d'être trop forte, on me reproche de m’accrocher, on me dit être folle, on a peur de tous cette amour que j ai a donner, qui me brûle à l’intérieur pour vous tous, on me reproche mon optimisme, on ne sait pas d’où je supporte tout cela depuis tant d’années, ils sont dans le jugement, dans l’incompréhension de quelque choses qui les dépasse en me voyant. Cela les rend cruels, Cela les rends inhumain envers le monde, on me reproche de vouloir vivre dans la joie malgré tous ça, on me reproche de ne pas me demander pourquoi les gens sont comme ça.....

Tout simplement, J'AI LA FOI et on me reproche cela

oui, le soir je crois encore plus en LUI et encore davantage ce soir et pour tant j’ai mal..............dans chaque fibres de mon corps et de mon âme, de mon coeur, 

j'ai ressenti tant de feu dans le coeur ce jours où tu es venu avec cette enveloppe, je me souviens que tu as lu dans mes yeux, cet amour qui a jailli pour ces inconnus qui ont eu cette générosité et cette confiance de me donner autant, cette petite victoire face à tant d’injustices et de mensonges ce jour là, cela m’a montrée que j’avais raison de persévérer et continuer à Croire, que quoi qu’il arrive un jour la Vérité apparait à l'homme.

UNE LIBERATION, l'ESPERANCE, de L’AMOUR  de la JOIE et depuis elle ne ma pas quitté et depuis je n’ai qu’une envie c’est de la partager, de la donner, de la transmettre, d’en témoigner oui à ma manière avec LEGERETE je dirais, sans aucune arrière pensée que les gens mal intentionné pourrais m’avoir tel une enfant je n’y ai pas songé je n’ai pensé qu’a donner ce que l’on m’a donné...

alors oui je vis avec LEGERETE et je remercie DIEU et toute la création, de cette grâce,

Soyez Léger, Souriez
CHRISTELLE  

AMEN

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Chercher la vérité...seule manière de rester vrai

24 Janvier 2016, 05:16am

Publié par Grégoire.

Chercher la vérité...seule manière de rester vrai

 

« Décrire la vérité, telle qu’elle m’est apparue, et de la façon exacte dont je l’ai atteinte, voilà quel a été mon effort incessant. A cet exercice mon esprit a puisé une paix ineffable ; car mon espoir bien-aimé a été que les hésitants retrouveraient ici foi en la Vérité. L'uniformité de mon expérience m'a convaincu qu'il n'est d'autre Dieu que la Vérité.

Il existe d’innombrables définitions de Dieu, parce que Ses manifestations sont innombrables. Elles me terrassent d’étonnement, de respect et de peur, et pour un moment me laissent tout muet. Mais j’adore Dieu comme Vérité seulement. Je ne L’ai pas encore trouvé, mais je Le cherche sans relâche. Je suis prêt à sacrifier ce que j’ai de plus cher à la poursuite de cette quête. Dût ce sacrifice réclamer ma vie même, j’espère être prêt à le consentir.

Ce que je voudrais mener à bien – ce que j’ai tenté laborieusement, langui de mener à bien, ces trente années — c’est d’atteindre à l’accomplissement de soi, de voir Dieu face à face, de parvenir au Moksha (délivrance). Je ne vis, je ne me meus, je n’ai d’être que dans la poursuite de cette fin. Tout ce que j’accomplis par le moyen de la parole ou de l’écrit, comme toutes mes aventures dans le domaine de la politique, tend vers cette même fin. Mais comme je n’ai pas cessé de croire, tout au long de ma route, que ce que peut faire un homme, tous le peuvent, mes expériences n’ont pas été menées dans le secret du cabinet mais aux yeux de tous, et je ne pense pas que ce fait trahisse ou diminue leur valeur spirituelle ».

M K. Ghandi,  Autobiographie ou mes expériences de vérité.

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Ô Toi qui es avec nous et caché comme le coeur

23 Janvier 2016, 05:47am

Publié par Grégoire.

Ô Toi qui es avec nous et caché comme le coeur

 

Je Te salue de fond du coeur.

Ô Toi qui es mon Pôle, où que j’aille
C’est vers Toi que je me tourne.
Où que Tu Sois, Tu es Présent
Et de loin, en nous, Tu regardes
Et le soir quand je dis Ton Nom
Toute la maison s’illumine.
Tantôt, comme un faucon familier
Sur Ton bras, je me pose
Tantôt, comme une tourterelle
Vers Ton toit, à plumes déployées je vole
Si Tu es absent
Pourquoi me blesses-Tu à chaque instant ?
Et si Tu es présent
Pourquoi mon coeur est-il ton piège battant ?
Tu es loin du corps et pourtant
Il y a une lucarne qui va de Ton coeur à mon coeur.
Comme la lune, de cette lucarne dérobée
Je Te fais signe.
Tu nous envoies ô Soleil, de loin, Ta lumière.
Ô Toi l’âme des exilés
A Toi, je soumets ma vie, mon âme.
Le miroir de mon coeur
Pour Toi, je le polirai
Et pour recueillir les douces paroles,
Mes oreilles se feront cahier.'

- Djâlal Od-Dîn Rûmî

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Le Paradis....

22 Janvier 2016, 15:34pm

Publié par Grégoire.

Le Paradis....

 

" Le Paradis c'est le réel. Le Paradis c'est tout simplement, exactement ce qui se passe au moment où ça se passe. Le Paradis c'est d'être présent chaque jour dans sa vie. Le Paradis c'est les rencontres qu'on peut faire. C’est la chose que la plupart du temps on va chercher à fuir, c'est la vie quotidienne sans prestige sans puissance. C'est simplement la douceur et l'étonnement de vivre une vie dont on ne comprend pas le sens, mais qui a un sens... et c'est jour après jour. C'est ça le Paradis… et figurez-vous ... on y est ! "

Christian Bobin, Extrait d'un interview.

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Les yeux tournés vers l'Aube...

21 Janvier 2016, 06:30am

Publié par Grégoire.

Les yeux tournés vers l'Aube...

Ce documentaire de 26 mn raconte la vie d'une petite communauté de religieuses trisomiques née voici une vingtaine d'années, et qui vient d'être reconnue par Rome. Disposant de la première règle de vie adaptée à la trisomie 21, la petite communauté a traversé les années avec sa fragilité, ses épreuves, et s'est installée récemment à proximité dun grand monastère bénédictin. Ce film est fait de silence et de contemplation. Il est entrecoupé par la parole de ces jeunes filles trisomiques. Une parole claire, simple, souvent bouleversante.

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Notre âme est une fleur sauvage...

20 Janvier 2016, 06:50am

Publié par Grégoire.

Notre âme est une fleur sauvage...

Elle m'appelait, appuyée contre un pommier dans le jardin. D'abord je ne l'ai pas vue. Je pensais à quelque chose et la pensée empêche de voir. Plus des trois quarts de nos vies se passent en somnambule. Nous serrons des mains, nous donnons nos yeux à des lueurs de toutes sortes, et en vérité nous ne voyons rien. Les soucis et les projets sont des paravents devant lesquels nous passons. Nous les longeons, distraits par leurs dessins. La vie est derrière eux. Elle frissonnait au vent frais du matin. Son visage pâle, tragique et doux. Sa robe déchirée comme si pour venir ici elle avait traversé des buissons épineux, couru longtemps jusqu'à s'arrêter là, devant ce pommier, essoufflée. Radieuse. Sa joie renversait les paravents. Pensant à un travail en cours, je m'inquiétais du lendemain. Son apparition me reconduisait à la vie éternelle dont les anges connaissent l'adresse : ici, maintenant. Ses soeurs l'entouraient. Je ne les regardais pas. Elle seule parlait à mon âme avec son âme écorchée. Je suis allé droit vers elle comme vers mon ange - ce qu'elle était sans doute à cet instant. Dans un langage plus sec, dans le langage non-voyant des paravents, on l'aurait nommée : une fleur d'églantier. Certes, c'est ce qu'elle était. Mais elle m'était apparue d'abord comme une reine perdue, la déesse du bref, la sainte de la rosée. Si présente à elle-même qu'elle en devenait presque invisible. L'or de ses étamines grésillait comme un collier de poupée. L'infini baignait de rose l'ourlet de ses pétales. La solitude de nuits sans étoiles l'avait épuisée. Des bandes de pluie s'amusaient à la gifler. Proche de sa fin, elle entrait en moi par ce qu'elle avait de blessé. Demain, après-demain, elle ne serait plus là. Rien n'est là pour nous. Nous croyons lire notre nom sur les paravents, mais ce n'est qu'une ombre, qui passe. Notre âme est une fleur sauvage appuyée à notre chair avant qu'un orage la déchire. Ce qui m'étonnait le plus était l'invraisemblable couleur de la fleur d'églantier : rose comme le souffle d'un ange, son haleine rendue visible pour peu de temps. Une promesse dont on ne pouvait douter. Une lettre comme dans les vieux romans d'amour. Ah, ce rose, ce rose ! La couleur d'une fleur est la manière qu'elle a, propre aux timides, de pousser brutalement son âme en avant d'elle, vers nous. Ce rose entrait effrontément dans ma pensée, la remplaçait même, inscrivait dans mon cerveau quelque chose d'aussi solide qu'une parole sainte - allant dans le même sens déraisonnable. Je le contemplai longtemps puis je revins aux livres, tournant leurs pages, espérant y trouver une clarté aussi convaincante que celle qui peu à peu se retirait du jardin. Les poèmes traversent les murs. Les fantômes ont les joues rosées. Il y a un paradis pour les fleurs, sûrement. 

Christian Bobin.

 

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Musique du fond des bois...

19 Janvier 2016, 06:07am

Publié par Grégoire.

Musique du fond des bois...
Musique du fond des bois...

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Connais-moi si tu peux

18 Janvier 2016, 06:47am

Publié par Grégoire.

Connais-moi si tu peux

 

Connais-moi si tu peux, ô passant, connais-moi!
Je suis ce que tu crois et suis tout le contraire :
La poussière sans nom que ton pied foule à terre 
Et l'étoile sans nom qui peut guider ta foi.

Je suis et ne suis pas telle qu'en apparence :
Calme comme un grand lac où reposent les cieux,
Si calme qu'en plongeant tout au fond de mes yeux,
Tu te verras en leur fidèle transparence...

Si calme, ô voyageur... Et si folle pourtant! 
Flamme errante, fétu, petite feuille morte 
Qui court, danse, tournoie et que la vie emporte 
Je ne sais où mêlée aux vains chemins du vent.

Sauvage, repliée en ma blancheur craintive
Comme un cygne qui sort d'une île sur les eaux,
Un jour, et lentement à travers les roseaux
S'éloigne sans jamais approcher de la rive...

-Si doucement hardie, ô voyageur, pourtant! 
Un confiant moineau qui vient se laisser prendre 
Et dont tu sens, les doigts serrés pour mieux l'entendre, 
Tout entier dans ta main le coeur chaud et battant. -

Forte comme en plein jour une armée en bataille
Qui lutte, saigne, râle et demeure debout;
Qui triomphe de tout, risque tout, souffre tout,
Silencieuse et haute ainsi qu'une muraille...

Faible comme un enfant parti pour l'inconnu
Qui s'avance à tâtons de blessure en blessure
Et qui parfois a tant besoin qu'on le rassure
Et qu'on lui donne un peu la main, le soir venu...

Ardente comme un vol d'alouette qui vibre
Dans le creux de la terre et qui monte au réveil,
Qui monte, monte, éperdument, jusqu'au soleil,
Bondissant, enflammé, téméraire, fou, libre!...

Et plus frileuse, plus, qu'un orphelin l'hiver
Qui tout autour des foyers clos s'attarde, rôde
Et désespérément cherche une place chaude
Pour s'y blottir longtemps sans bouger, sans voir clair...

Chèvre, tête indomptée, ô passant, si rétive
Que nul n'osera mettre un collier à son cou,
Que nul ne fermera sur elle son verrou,
Que nul hormis la mort ne la fera captive...

Et qui se donnera tout entière pour rien,
Pour l'amour de servir l'amour qui la dédaigne,
D'avoir un pauvre coeur qui mendie et qui craigne
Et de suivre partout son maître comme un chien...

Connais-moi! Connais-moi! Ce que j'ai dit, le suis-je?
Ce que j'ai dit est faux - Et pourtant c'était vrai! -
L'air que j'ai dans le coeur est-il triste ou bien gai ?
Connais-moi si tu peux. Le pourras-tu ?... Le puis-je ?...

Les chansons et les heures, Marie Noël

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Un soleil donné

16 Janvier 2016, 06:09am

Publié par Grégoire.

Un soleil donné

Par la pensée, je fais quelques pas dans le noir avec ton fantôme. Tu me précèdes. Tu parles, tu ris. De temps en temps tu te retournes et c'est à chaque fois le même miracle, le même soleil donné. La galette des rois de ton visage m'a ébloui pour la vie. Ta gaieté faisait toute ma théologie. J'ai sorti cette photographie d'une enveloppe : tu es devant un étang dont une lumière brune mange les roseaux. Tu tiens dans tes bras ton enfant encapuchonnée de blanc. Tu souris. C'est un jour en hiver. L'image a été prise il y a trente ans. Ce qui brillait à cette époque n'est pas plus loin de moi que la fenêtre dont, en me penchant par-dessus le bureau, je peux agrandir ou diminuer l'ouverture. Le passé est à portée de main. Il n'est que du présent timide. Ce petit étang était comme un livre ouvert avec ses pages d'eau. Nous allions souvent le lire. La promenade le long de ses rives colorait nos âmes. Le ciel mangeait dans nos mains. Les oiseaux écrivaient sur des feuilles d'or. Nos rires ricochaient sur l'eau verte. Le temps a passé. La mort t'a menée dans son cloître où il y a tant de lumière que cela brûle les yeux. Un architecte a fait mon coeur avec une salle vide à l'intérieur - une coupole ceinturée de vitres. C'est là que j'écris. En tournant mes phrases d'un degré de plus, je pourrais voir au loin l'enfant que j'étais rue du 4-Septembre, captif des roses du voisin. Des roses cramoisies, fusillées par le soleil. Par la fenêtre un merle siffle. Sa longue attente entre deux chants m'apprend cet art de vivre qui ne s'apprend pas. Une pluie fine court comme une petite fille autour de la maison. Elle ne dure pas. Les Japonais appellent « cortège nuptial de la renarde » ces averses qui traversent les beaux jours. Nos mesures du temps sont fausses. Si les saisons reviennent, c'est parce que nous ne comprenons pas ce qu'elles nous disent. Du jour où nous le comprenons, il n'y a plus de temps, plus de saison, plus rien que l'éternité modeste : la renarde et ses invités. Les oiseaux et leurs écrits mystiques. Les roses et leur coup de sang. Je ne suis plus retourné au petit étang. Le paradis n'est pas un lieu, mais une parole dont les ondes vont plus loin que toute raison connue. Tout homme, même le plus égaré, est un jour blessé par un éclat de l'éternel - saisi par la beauté d'un chant ou d'une fleur qui l'arrache à sa vie pour toujours. Ton visage a eu pour moi cette force. Je le glisse dans l'enveloppe. Je n'ai pas besoin d'image pour le voir : j'ouvre la fenêtre un peu plus. J'entends le merle dont le chant faisait briller tes yeux. 

 

Christian Bobin

 

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L’art, c’est la contemplation

15 Janvier 2016, 06:03am

Publié par Grégoire.

L’art, c’est la contemplation

L’on recherche l’utilité dans la vie moderne : l’on s’efforce d’améliorer matériellement l’existence : la science invente tous les jours de nouveaux procédés pour alimenter, vêtir ou transporter les hommes : elle fabrique économiquement de mauvais produits pour donner au plus grand nombre des jouissances frelatées : il est vrai qu’elle apporte aussi des perfectionnements réels à la satisfaction de tous nos besoins.

Mais l’esprit, mais la pensée, mais le rêve, il n’en est plus question. L’art est mort.

L’art, c’est la contemplation. C’est le plaisir de l’esprit qui pénètre la nature et qui y devine l’esprit dont elle est elle-même animée. C’est la joie de l’intelligence qui voit clair dans l’univers et qui le recrée en l’illuminant de conscience. L’art, c’est la plus sublime mission de l’homme puisque c’est l’existence de la pensée qui cherche à comprendre le monde et à le faire comprendre.

Mais aujourd’hui l’humanité croit pouvoir se passer d’art. Elle ne veut plus méditer, contempler, rêver ; elle veut jouir  physiquement. Les hautes et les profondes vérités lui sont indifférentes : il lui suffit de contenter ses appétits corporels. L’humanité présente est bestiale : elle n’a que faire des artistes.

L’art c’est encore le goût. C’est sur tous les objets que façonne un artiste, le reflet de son cœur. C’est le sourire de l’âme humaine sur la maison et sur le mobilier. C’est le charme de la pensée et du sentiment incorporé à tout ce qui sert aux hommes (…)

Le caractère, c’est la vérité intense d’un spectacle naturel quelconque, beau ou laid : et même c’est ce qu’on pourrait appeler une vérité double : car c’est celle du dedans traduite par celle du dehors ; c’est l’âme, le sentiment, l’idée, qu’expriment les traits d’un visage, les gestes et les actions d’un être humain, les tons d’un ciel, la ligne d’un horizon.

Est laid dans l’art ce qui est faux, ce qui est artificiel, ce qui cherche à être joli ou beau au lieu d’être expressif, ce qui est mièvre et précieux, ce qui sourit sans motif, ce qui se manière sans raison, ce qui se cambre et se carre sans cause, tout ce qui est sans âme et sans vérité, tout ce qui n’est que parade de beauté ou de grâce, tout ce qui ment.

Quand un artiste, dans l’intention d’embellir la nature, ajoute du vert au printemps, du rose à l’aurore, du pourpre à de jeunes lèvres, il crée de la laideur parce qu’il ment.

Quand il atténue la grimace de la douleur, l’avachissement de la vieillesse, la hideur de la perversité, quand il arrange la nature, quand il la gaze, la déguise, la tempère pour plaire au public ignorant, il crée de la laideur, parce qu’il a peur de la vérité.

Pour l’artiste digne de ce nom, tout est beau dans la nature, parce que ses yeux, acceptant intrépidement toute vérité extérieure, y lisent sans peine, comme à livre ouvert, toute vérité intérieure.

Il n’a qu’à regarder un visage humain pour déchiffrer une âme ; aucun trait ne le  trompe, l’hypocrisie est pour lui aussi transparente que la sincérité ; l’inclinaison d’un front, le moindre froncement de sourcils, la fuite d’un regard lui révèle les secrets d’un cœur.

 

Auguste Rodin, L’Art.

 

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La miséricorde: gratuité radicale d'un amour sans condition ni limites !

14 Janvier 2016, 06:14am

Publié par Grégoire.

La miséricorde: gratuité radicale d'un amour sans condition ni limites !

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Whao... le petit frère de Lech Walesa...? ;-)

13 Janvier 2016, 12:22pm

Publié par Grégoire.

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Le nom de Dieu est miséricorde !

12 Janvier 2016, 05:51am

Publié par Grégoire.

Le nom de Dieu est miséricorde !

« JE ME SUIS SENTI ACCUEILLI PAR LA MISÉRI­CORDE DE DIEU EN ME CONFESSANT À LUI »

Pages 31 à 33

Je n’ai pas de souvenirs particuliers de l’époque où j’étais enfant. Mais de mon adoles­cence, si. Je pense au P. Carlos Duarte Ibarra, le confesseur que j’ai rencontré dans ma paroisse le 21 septembre 1953, le jour où l’Église célèbre saint Matthieu apôtre et évangéliste. J’avais 17 ans. Je me suis senti accueilli par la miséricorde de Dieu en me confessant à lui. Ce prêtre était originaire de Corrientes, mais il se trouvait à Buenos Aires pour soigner sa leucémie. Il est mort l’année suivante. Je me souviens encore que, après ses funérailles et son enterrement, en rentrant chez moi, je me suis senti comme abandonné. Et j’ai beaucoup pleuré ce soir-là, beau­coup, caché dans ma chambre. Pourquoi ? Parce que j’avais perdu une personne qui me faisait sentir la miséricorde de Dieu, ce « miserando atque eligendo », une expression que je ne connaissais pas, à l’époque, et que j’ai choisie, par la suite, pour devise épiscopale.

Je l’ai retrouvée plus tard, dans les homélies du moine anglais saint Bède le Vénérable qui, parlant de la vocation de Matthieu, écrivait : « Jésus vit un publicain, et comme Il le regardait avec un sentiment d’amour, et le choisit, Il lui dit : “Suis-moi”. » C’est ainsi que, généralement, on traduit l’expression de saint Bède. Mais moi, je préfère traduire miserando par un géron­dif qui n’existe pas : « en miséricordant », en lui donnant sa miséricorde. Donc,« en le miséricor­dant et en le choisissant », pour décrire le regard de Jésus qui offre Sa miséricorde et qui choisit (…)

« J’AI UNE RELATION SPÉCIALE AVEC CEUX QUI VIVENT EN PRISON »

Pages 61 à 64

J’ai lu, dans le dossier du procès en béatification de Paul VI, le témoignage d’un de ses secrétaires auquel le pape avait confié ceci : « J’ai toujours considéré comme un grand mystère de Dieu le fait de me trouver dans la misère, et de me trouver aussi face à la miséricorde de Dieu. Moi, je ne suis rien, je suis misérable. Dieu le Père m’aime, Il veut me sauver, Il veut me tirer de cette misère où je me trouve, mais je suis incapable de faire cela par moi-même. Alors Il envoie Son Fils, un Fils qui apporte justement la miséricorde de Dieu, traduite en acte d’amour à mon égard… Mais pour cela, il faut une grâce particulière, la grâce d’une conversion. Je dois reconnaître l’action de Dieu le Père à travers Son Fils, à mon égard. Une fois que j’ai reconnu cela, Dieu agit en moi à travers Son Fils. » C’est une très belle synthèse du message chrétien.

Et que dire de l’homélie avec laquelle Albino Luciani a inauguré son épiscopat à Vittorio Veneto, en soutenant que le choix était tombé sur lui parce que certaines choses, au lieu de les écrire dans le bronze ou le marbre, le Seigneur préférait les écrire dans la poussière : de sorte que, si l’écriture restait, il aurait été clair que le mérite en revenait entièrement, et uniquement, à Dieu. Lui, l’évêque, le futur pape Jean-Paul Ier, se définissait comme « poussière ».

Je dois dire que, lorsque je parle de cela, je pense toujours à ce que Pierre a dit à Jésus le dimanche de sa résurrection, quand il l’a rencontré seul. Une rencontre à laquelle fait allusion l’évangéliste Luc (XXIV, 34). Qu’est-ce que Simon a bien pu dire au Messie qui venait de ressusciter du tombeau ? Peut-être Lui a-t-il dit qu’il se sentait un pécheur ? Peut-être a-t-il pensé au reniement, à ce qui s’était passé quelques jours auparavant quand, par trois fois, il avait feint de ne pas Le reconnaître, dans la cour de la maison du grand prêtre ? Peut-être a-t-il pensé à ses larmes amères et publiques. Si Pierre a fait cela, si les Évangiles nous décrivent son péché, son reniement et si, malgré tout cela, Jésus lui a dit : « Paissez mes agneaux » (Jn, XXI, 16), je ne crois pas que l’on doive s’étonner si ses successeurs aussi se définissent comme des « pécheurs » Ce n’est pas une nouveauté.

Le pape est un homme qui a besoin de la miséricorde de Dieu. Je l’ai dit sincèrement, y compris devant les détenus de Palmasola, en Bolivie, devant ces hommes et ces femmes qui m’ont accueilli avec chaleur. Je leur ai rappelé que saint Pierre et saint Paul aussi avaient été des prisonniers. J’ai une relation spéciale avec ceux qui vivent en prison, privés de leur liberté. J’ai toujours été très attaché à eux, justement à cause de la conscience que j’ai d’être un pécheur. Chaque fois que je franchis le seuil d’une prison, pour une célébration ou pour une visite, je me demande toujours : pourquoi eux et pas moi ? Je devrais être ici, je mériterais d’y être. Leurs chutes auraient pu être les miennes, je ne me sens pas meilleur que ceux qui sont en face de moi. Et je me retrouve donc en train de répéter et de crier : pourquoi lui et pas moi ? Cela peut scandaliser, mais je me console avec Pierre : il avait renié Jésus, et il a quand même été choisi. (…)

« LA JOIE DE LA FÊTE EST L’EXPRESSION DE LA MISÉRICORDE »

Pages 72 à 73

(…) L’Église condamne le péché parce qu’elle doit dire la vérité : ceci est un péché. Mais en même temps, elle embrasse le pécheur qui se reconnaît tel, elle est proche de lui, elle lui parle dans l’infinie miséricorde de Dieu. Jésus a pardonné même à ceux qui L’ont crucifié et méprisé.

Nous devons revenir à l’Évangile. Dans celui-ci, il n’est pas seulement question d’accueil ou de pardon, mais de « fête » pour le retour du fils. La joie de la fête est l’expression de la miséricorde, qu’exprime parfaitement l’Évangile selon saint Luc : « Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur converti que pour quatre-vingt-dix-neuf justes, qui n’ont pas besoin de conversion » (Lc, XV, 7). Il ne dit pas : s’il devait rechuter, revenir en arrière, accomplir de nouveaux péchés, qu’il se débrouille tout seul ! Jésus a dit : « soixante-dix fois sept » (Mt., XVIII, 22).

Au fils aîné du père miséricordieux, il a été permis de dire la vérité sur ce qui s’est passé, même s’il ne comprenait pas, y compris parce que, quand l’autre frère a commencé à s’auto-accuser, il n’a pas eu le temps de parler : son père l’a arrêté et embrassé. C’est parce que le péché existe, parce que notre nature humaine est blessée par le péché originel, que Dieu, qui a donné Son Fils pour nous, ne peut que se révéler à travers la miséricorde. (…)

« C’EST CE RAI DE LUMIÈRE QUI A LAISSÉ ENTRER LA FORCE DE DIEU »

Pages 101 à 103

La corruption est le péché qui, au lieu d’être reconnu en tant que tel et de nous rendre humbles, est érigé en système, devient une habitude men­tale, une manière de vivre (…). Jésus dit à Ses disciples : si ton propre frère t’offense sept fois par jour, et revient te voir sept fois par jour pour te demander par­don, pardonne-lui. Le pécheur repenti, qui tombe, puis retombe dans le péché en raison de sa propre faiblesse, trouve de nouveau le pardon s’il recon­naît son besoin de miséricorde. Le corrompu, en revanche, est celui qui pèche et ne s’en repent pas, celui qui pèche et feint d’être chrétien, et dont la vie est scandaleuse.

Le corrompu ignore l’humilité, ne considère pas qu’il a besoin d’aide et mène une double vie. En 1991, j’avais consacré à ce sujet un long article, publié sous forme de petit livre, Corrupción y pecado (1)Il ne faut pas accepter l’état de corruption comme si ce n’était qu’un péché de plus : même si l’on identifie souvent la corrup­tion au péché, il s’agit, en fait, de deux réalités distinctes, bien qu’elles soient liées. Le péché, sur­tout s’il est réitéré, peut conduire à la corruption, pas tant quantitativement – dans ce sens qu’un certain nombre de péchés font un corrompu – ­que qualitativement : on crée des habitudes qui limitent la capacité d’aimer, et qui conduisent à la suffisance. Le corrompu se lasse de demander pardon et finit par croire qu’il ne doit plus le demander. On ne se transforme pas en corrompu du jour au lendemain : il y a une longue dégradation, au cours de laquelle on finit par ne plus s’identifier à une série de péchés.

Quelqu’un peut être un grand pécheur et, néanmoins, ne pas tomber dans la corruption. (…) Je pense, par exemple, aux personnages de Zachée, de Matthieu, de la Samaritaine, de Nicodème, du bon larron : dans leur cœur de pécheur, tous avaient quelque chose qui les sauvait de la corruption. Ils étaient ouverts au pardon, leur cœur connaissait sa propre faiblesse et c’est ce rai de lumière qui a laissé entrer la force de Dieu.

En se reconnaissant tel, le pécheur, d’une certaine façon, reconnaît que ce à quoi il a adhéré, ou adhère, est erroné. Alors que le corrompu, lui, cache ce qu’il considère comme son véritable trésor, ce qui le rend esclave. (…)

(1) Guérir de la corruption, Éditions Embrasure, 2014

Extrait du livre « Le nom de Dieu est miséricorde », conversation avec Andrea Tornielli, Robert Laffont/Presses de la Renaissance, 168 p., 15 €

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Je crois en l’amour...

11 Janvier 2016, 06:30am

Publié par Grégoire.

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Malheur à celui qui juge publiquement son frère !

10 Janvier 2016, 06:01am

Publié par Grégoire.

Malheur à celui qui juge publiquement son frère !

Toute la conduite de Dieu à notre égard est paternelle, elle est pleine de miséricorde et elle réclame d'accepter, tant qu'on est sur la terre, de ne pas pouvoir toujours discerner parfaitement le bien et le mal dans nos activités et dans celles de nos frères. C'est du reste pour cela que nous n'avons pas à juger. C'est Dieu lui-même qui juge et fait le discernement. Ce nesont pas les hommes. C'est cela qui nous donne la grande espérance. Ce serait terrible, si c'était les hommes qui jugeaient.

 

C'est Dieu seul qui sonde les reins et les cœurs. Il ne juge pas selon les réalisations matérielles,  mais il juge selon les intentions  profondes  de  chacun. Les hommes s'habituent tellement à juger les autres hommes, leurs frères, selon leurs résultats : ‘qu'as- tu fais dans ta vie ?’ et quand cela commence à être négatif, c'est terrible. Il n'y a plus de place pour eux. Le dossier négatif fait son cheminement ! 

 

C'est terrible cette humanité comme aujourd'hui, parce qu'on ne voit que l'aspect négatif et on juge les personnes en fonction de cela, alors que Dieu remonte à la source et voit les intentions. En Dieu, il n'y a plus de jugement à partir des réalisations. L'homme, Dieu lui rappelle son salut jusqu'au bout. Dieu le poursuit jusqu'au bout pour qu'il redécouvre la miséricorde du Père, pour qu'il redécouvre l'amour du Père, pour qu'il redécouvre la sollicitude aimante du Père sur lui.

 

Marie-Dominique Philippe, Retraite sur l’Apocalypse.

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Le véritable amour est une quiétude enflammée...

9 Janvier 2016, 06:05am

Publié par Grégoire.

Le véritable amour est une quiétude enflammée...

J’ai un petit carnet pour les jolies choses. Les belles répliques au cinéma, les jolies choses que je vois, que je lis, que j’entends. Je griffonne sur mon carnet pour en faire l’inventaire. Eh bien hier j’ai noirci une pleine page, avec Christian Bobin. Le poète était l’invité du « matin du départ », pour nous parler des lieux, des endroits qui lui sont chers. Bobin parle de la « bienveillance des arbres » ou de « l’austérité janséniste des rochers ». Il dit aussi que les monastères « sont des centrales nucléaires de silence, des réserves de silence pour le monde ».

Il me touche, ce poète émerveillé qui se moque éperdument des procès en mièvrerie. Et je ne suis pas la seule : cet homme discret, qui vit dans une forêt, vend beaucoup de livres, il est l’un des auteurs français les plus lus.

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Le Christ, source de la théologie

8 Janvier 2016, 06:37am

Publié par Grégoire.

Le Christ, source de la théologie

 

Vient de paraître aux Editions universitaires européennes l'ouvrage Le Christ, source de la théologie. Pour une sagesse théologique.

ISBN: 978-3-8416-7973-4   Il peut être commandé en librairie.

Il peut aussi être commandé sur le site Morebooks.de Suivre ce lien:

https://www.morebooks.de/store/fr/book/le-christ,-source-de-la-théologie/isbn/978-3-8416-7973-4

 

Extrait:

C’est relativement au Christ lui-même, dans son mystère personnel et dans sa parole et ses gestes (ses grandes activités personnelles), que s’explicite la dimension pleinement sapientiale de la théologie. C’est à cause du Christ que la Révélation atteint à une plénitude de sagesse, de lumière et d’amour dans l’unité, qu’il appartient à la théologie d’expliciter : d’une part, dans sa dimension doctrinale, lumineuse, intelligente, qui acquiert une dimension scientifique, c’est-à-dire une sorte de nécessité intelligible, le Christ étant la plénitude de la vérité de Dieu communiquée et donnée aux hommes ; pour le croyant, certes, elle est imparfaitement science, demeurant subalternée par la foi à la science de Dieu et à la science infuse du Christ (cf. s. Thomas d’Aquin,ST, I, q. 1, a. 2). Mais en lui, elle est parfaite ; en lui, elle est lumière, l’intelligibilité rejoignant l’être ; en lui, elle est vérité. N’est-ce pas ce que saint Jean signifie lorsqu’il affirme, au terme du Prologue de son Évangile : « Dieu, personne ne l’a jamais vu ; un Dieu, unique engendré qui est dans le sein du Père, celui-là s’en est fait l’interprète » (Jn 1,18) ? En outre, puisque le Christ, Dieu fait homme, est « en même temps » la fin et le moyen pour nous unir à la béatitude même de Dieu, la théologie a nécessairement une dimension amoureuse, vécue, mystique, glorieuse : « Dieu est amour » (1 Jn 4,8.16). L’amour ne se dit pas, il se vit dans le silence de l’unité avec celui qui dans sa bonté en est la source. Et pourtant il se dit pour pouvoir se vivre : c’est ce qui caractérise la fin comme telle, la cause finale qui ordonne l’intention de celui qui veut aimer.

Si le Christ est la plénitude, le sommet et l’achèvement de la Révélation de Dieu aux hommes, on peut affirmer que seuls ces deux aspects de la théologie chrétienne sont pleinement sagesse et s’appellent mutuellement : la dimension doctrinale de la Révélation ne se réduit pas au dogme ! Elle est l’enseignement lumineux, pleinement sage, du Christ aux hommes, dont la théologie cherche à expliciter toute la richesse contemplative, la sapida scientia (selon l’étymologie que saint Thomas d’Aquin donne du mot sapientia… Voir par exemple ST, I, q. 43, a. 5, ad 2 ; II-II, q. 45, a. 2, ad 1.). Ce festin de la sagesse (cf. Prov 9,1-6 ; Sir 24,19-22 ; Is 25,6-12…), parce qu’il concerne le mystère de Dieu et la fin de l’homme, exige de s’achever dans l’amour. La lumière s’achève dans l’amour. Mais d’autre part, l’amour qui touche la fin, exige la lumière pour s’ordonner, pour se structurer, pour garder toute sa force et sa grandeur : la mystique chrétienne a essentiellement besoin de la dimension de vérité de la théologie. La charité s’exerce ici-bas sous le « régime » de la foi et s’épanouira dans la vision : « Bien-aimés, maintenant nous sommes enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que, s’il vient à se manifester nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons comme il est » (1 Jn 3,2). C’est en Dieu que la lumière et l’amour sont un. Et c’est dans l’humanité sainte du Christ que ces deux « chemins » s’unissent pleinement. Suivre le Christ par la foi, c’est marcher dans la lumière ; lui être uni par l’amour, c’est demeurer dans l’amour. En lui qui est « le sage et le saint », parce qu’il est Dieu et homme dans l’unité de la Personne, la théologie trouve ce qui lui donne d’être sagesse.

C’est dans ces deux grands aspects, doctrinal, lumineux, et mystique, amoureux, que la théologie trouve sa vraie dimension contemplative, donc de sagesse, puisque la sagesse est un habituscontemplatif et se caractérise par l’unité de la connaissance et de l’amour ; en effet, en Dieu, le vrai et le bien sont identiques.

 

M.-D. Goutierre, Le Christ, source de la théologie. Pour une sagesse théologique, p. 58-60

© Editions universitaires européennes

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Qu'est-ce que vivre...?

7 Janvier 2016, 05:52am

Publié par Grégoire.

Qu'est-ce que vivre...?

 

« qu’est-ce que vivre? Pourquoi tant de journées données à vivre ? Pour rien? Est-ce qu’une rose passe un seul jour où il n’y aurait « rien » ?

Vivre, c’est bonjour, bonsoir, je t’aime, et je suis là encore pour un peu de temps vivant sur la même terre que toi, Vivre, c’est la folie du rire dans les pleurs, ces bêlements d’agneau égaré, le cri du hibou dans l’opéra glacé de la nuit, Vivre c’est regarder la lumière pleuvoir sur le jardin, écouter l’applaudissement de la pluie sur les volets, être secrétaire de la neige, jardinier des nuages Vivre c’est le livre des partitions de Bach qui s’ouvre à l’envers et toutes les notes qui roulent comme des billes dans la chambre, c’est aller faire ses courses et croiser un ange qui ne sait pas son nom, construire des fenêtres pour encadrer le vide et voir passer les disparus, les trop sensibles. Vivre est un trapèze. Les dogmes et les savoirs sont de mauvais filets pour amortir la chute. Vivre, c’est traverser le temps avec la sensibilité d’une rose, de façon à ne jamais pouvoir dire, le soir venu : « rien ».

C Bobin.

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Rien de pire qu'un "spécialiste" de Dieu...

6 Janvier 2016, 12:24pm

Publié par Grégoire.

Rien de pire qu'un "spécialiste" de Dieu...

"Beaucoup de discours estampillés religieux me font penser à ces étals de fruits, des pommes bien rouges, rutilantes, pleine de chimie. 
Moi je préfère aller voler une pomme dans un jardin, ces pommes cabossées, étranges , singulières, qui ne ressemblent à rien, parce qu'elles n'ont pas subi de traitement industriel. Il y a une industrie du religieux et du spirituel qui est éprouvante et qui peut -être, peut  expliquer les intégrismes, qui explique aussi l'éloignement de très braves gens."

Christian Bobin, entretien.

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Etes-vous religieux...?

5 Janvier 2016, 06:45am

Publié par Grégoire.

Etes-vous religieux...?

 

Si l’on entend par religieux l’homme qui s’astreint à certaines pratiques, qui s’incline devant certains dogmes, évidemment je ne suis pas religieux. Qui l’est encore à notre époque ? Qui peut abdiquer son esprit critique et sa raison ?

Mais, à mon avis, la religion est autre chose que le balbutiement d’un credo. C’est le sentiment de tout ce qui est inexpliqué et sans doute inexplicable dans le monde. C’est l’adoration de la Force ignorée qui maintient les lois universelles, et qui conserve les types des êtres ; c’est le soupçon de tout ce qui dans le Nature ne tombe pas sous nos sens, de tout l’immense domaine des choses que ni les yeux de notre corps, ni même ceux de notre esprit ne sont capables de voir ; c’est encore l’élan de notre conscience vers l’infini, l’éternité, vers la science et l’amour sans limites, promesses peut-être illusoires, mais qui, dès cette vie, font palpiter notre pensée comme si elle se sentait des ailes. 

En ce sens-là, je suis religieux.

Auguste Rodin, L’Art

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