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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Les forçats de l’absolu : Marina Tsvetaeva

31 Octobre 2015, 06:32am

Publié par Grégoire.

Marina Tsvetaeva, Vivre dans le feu, recueil de textes choisis par Todorov, Robert Laffont, p. 403

Marina Tsvetaeva, Vivre dans le feu, recueil de textes choisis par Todorov, Robert Laffont, p. 403

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La différence entre les hommes et les femmes, une affaire de sexe?

29 Octobre 2015, 06:22am

Publié par Grégoire.

La différence entre les hommes et les femmes, une affaire de sexe?

 

La différence entre les hommes et les femmes n’est pas une affaire des sexes mais des places. L’homme est celui qui se tient à sa place d’homme, qui s’y tient avec lourdeur, avec sérieux, bien au chaud dans sa peur. La femme c’est celle qui ne tient dans aucune place, pas même la sienne, toujours disparue dans l’amour qu’elle appelle, qu’elle appelle, qu’elle appelle.

Cette différence serait désespérante si elle ne pouvait être franchie à tout instant. L’homme qui ne sait des femmes que la crainte qu’elles lui inspirent et qui donc n’en sait  rien, l’homme a cependant un début de lumière, un fragment de ce qu’est Dieu, dans sa mélancolie du rire des femmes, dans sa nostalgie invincible d’un visage éclairé d’insouciance. Il est toujours possible pour un homme de rejoindre le camp des femmes, le rire de Dieu. Il suffit d’un mouvement,   un seul mouvement pareil à ceux qu’en ont les enfants quand ils se jettent en avant de toutes leurs forces, sans crainte de tomber ou mourir, oubliant le poids du monde. Un homme qui ainsi sort de lui-même, de sa peur, négligeant cette pesanteur du sérieux qui est pesanteur du passé, un tel homme devient comme celui qui ne tient plus en place, qui ne croit plus aux fatalités dictées par le sexe, aux hiérarchies imposées par la loi ou la coutume : un enfant ou un saint, dans la proximité  riante de Dieu- et des femmes. Et  sur ce point  l’Eglise de Rome se sépare de toutes les autres : nul plus que le Christ n’a tourné son visage vers les femmes, comme on tourne ses regards vers un feuillage, comme on se penche sur une eau de rivière pour y puiser force et goût de poursuivre le chemin.

Les femmes sont dans la Bible presque aussi nombreuses que les oiseaux. Elles sont là au début et elles sont là à la fin. Elles mettent le Dieu au jour, elles le regardent grandir, jouer et mourir, puis elles le ressuscitent avec les gestes simples de l’amour fou, les mêmes gestes depuis le début du monde, dans les cavernes de la préhistoire comme dans les chambres surchauffées des maternités.

 

                        Christian Bobin  « Le Très-Bas »

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Dieu ne peut-être connu que dans une connaissance amoureuse...

28 Octobre 2015, 06:00am

Publié par Grégoire.

Dieu ne peut-être connu que dans une connaissance amoureuse...

 

 « Si l’intelligence est quelque chose de divin en l’homme, la vie selon l’intelligence est également divine comparée à la vie humaine. Il ne faut donc pas écouter ceux qui conseillent à l’homme, parce qu’il est homme, de borner sa pensée aux choses humaines, et, mortel, aux choses mortelles, mais l’homme doit, dans la mesure du possible, s’immortaliser, et tout faire pour vivre selon la partie la plus noble qui est en lui ; car même si cette partie est petite par sa masse, par sa puissance et sa valeur elle dépasse de beaucoup tout le reste. On peut même penser que chaque homme s’identifie avec cette partie même, puisqu’elle est la partie fondamentale de son être, et la meilleure. Il serait alors étrange que l’homme accordât la préférence non pas à la vie qui lui est propre, mais à la vie de quelque chose autre que lui.... »  

Aristote. Ethique à Nicomaque Livre X, chap 7.

« L’homme qui exerce son intelligence et la cultive semble être à la fois dans la plus parfaite disposition et le plus cher aux dieux. Si, en effet, les dieux prennent quelque souci des affaires humaines, ainsi qu’on l’admet d’ordinaire, il sera également raisonnable de penser, d’une part qu’ils mettent leur complaisance dans la partie de l’homme qui est la plus parfaite et qui présente le plus d’affinité avec eux (ce ne saurait être que l’intelligence), et, d’autre part, qu’ils récompensent généreusement les hommes qui chérissent et honorent le mieux cette partie, voyant que ces hommes ont le souci des choses qui leur sont chères à eux-mêmes, et se conduisent avec droiture et noblesse. Or que tous ces caractères soient au plus haut degré l’apanage du sage, cela n’est pas douteux. Il est donc l’homme le plus chéri des dieux. Et ce même homme est vraisemblablement aussi le plus heureux de tous. Par conséquent, de cette façon encore, le sage sera heureux au plus haut point. »

Aristote. Ethique à Nicomaque Livre X, 9.

 

« La quête de la vérité, est difficile sous un point de vue, facile sous un autre. Ce qui en témoigne, c'est qu'il est impossible que quelqu’un atteigne complètement la vérité, et qu’on la manque complètement. Chacun en explique un quelque chose. Ce que chacun en particulier ajoute à la connaissance de la vérité n'est rien sans doute ou n'est que peu de chose ; mais la réunion de toutes les connaissances présente d'importants résultats. De sorte qu'il en est ici, comme de ce que nous disons dans le proverbe : Qui manquerait une porte ? Considérée ainsi, la quête de la vérité est facile. Mais l'impossibilité d'une possession complète de la vérité dans son ensemble et dans ses parties, montre tout ce qu'il y a de difficile dans la recherche dont il s'agit. Cette difficulté est double. Toutefois, elle a peut-être sa cause non pas dans les choses, mais dans nous-mêmes. En effet, de même que les yeux de l’oiseau de nuit sont aveuglés par la lumière du jour, de même notre intelligence est aveuglée par ce qui est le plus réel. »                      

Aristote. Métaphysique. Livre a.

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Aromathérapeute...

26 Octobre 2015, 11:20am

Publié par Grégoire.

" Que cherchez-vous" soutient le lancement d'une Aromathérapeute !

L’aromathérapie est une branche à part entière de la phytothérapie, elle se définit comme l’usage des huiles essentielles(HE) des plantes médicinales aromatiques dans un but thérapeutique.
 
Depuis des milliers d’années, de nombreuses civilisations de part le monde ont montré un intérêt manifeste pour les plantes aromatiques en médecine, en cuisine et parfumerie.
 
En France, au XXeme siècle des médecins, des chercheurs, des pharmaciens ont permis à l’aromathérapie scientifique de sortir de l’oubli : Gattefossé, Valnet, Lapraz, Franchomme, Baudoux. La réputation, l’efficacité et l’extraordinaire richesse des huiles essentielles n’ont plus à être démontrées pour ceux ou celles qui les utilisent.
 
L’aromathérapie scientifique française est une science médicale naturelle qui n’a rien des médecines douces, car dans des mains inexpérimentées, elle peut être toxique, même si cette notion de toxicité va de pair avec celle de l’efficacité,seule la dose déterminera la nature de l’action .Pour cette raison,il est essentiel que cette étonnante thérapeutique soit enseignée par des professionnels de santé ou par des scientifiques universitaires et pratiquée par des thérapeutes compétents.
 
 
sur rendez-vous les lundi, mardi, jeudi et vendredi à Ivry sur Seine,
au 2 rue du Professeur Calmette, villa 1
consultations à domicile, au cabinet et par téléphone/skype
 
Accès : métro ligne 7, Mairie d Ivry

15 min de Place d Italie; parking assu


Tel :  06 89 45 82 23
mail : aromarthe@gmail.com
 
 
Diplômée et certifiée en aromathérapie scientifique (le soin et la santé avec les huiles essentielles) à la FLMNE (Faculté Libre de Médecine Naturelle et Ethnomédecine ), 
Élève de Pierre Franchomme, aromatologue et pharmacologue, Directeur du Centre de Recherche et Formation en phyto-aromatologie.
Formée en nutrition à la FLMNE. Se soigner grâce à la nourriture, avec la chrono nutrition et les compléments alimentaires.
Aromathérapeute
Conseillère en Phytothérapie
Conseillère en Nutrition
 
 
Donne conférences a Paris et aux alentours sur demande, sur des thèmes tels que : "Les HE de l'hiver / soigner les dermatoses / stress, dépression et médecine naturelle / les HE pour les enfants / rhumatologie ....."

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Bonsoir Père...

25 Octobre 2015, 08:34am

Publié par Grégoire.

Bonsoir Père...

 

Du plus noir de l’abîme où mes sens sont noyés

Je viens ayant jeté le sommeil à mes pieds (…)

 Conduis-moi lentement seul à travers les choses

Le long des heures tour à tour brunes et roses,

Seul avec Toi, du ciel aspirant tout l’espoir,

De la paix du matin jusqu’à la paix du soir.

 

 Rien n’est vrai que d’aimer, mon âme, et d’être dupe (…)

 O prêteuse sans fin de biens jamais rendus,

Laisse abuser chacun de ta folle abondance (…)

 Rien n’est vrai que d’aimer, ô mon âme, mon âme,

Qui te reposerait du poids de ton soleil ?

Ni l’ombre de la nuit, ni l’ombre du sommeil,

Ni le temps qui s’enfuit léger comme une femme.

Rien n’est vrai que d’aimer et que d’aimer toujours !

 

 

 Bonsoir Père ! J’ai mis mes deux mains dans ta main.

Le sommeil – ou la mort – traverse la nuit brève (…)

 Et je ne sais pourquoi tu m’aimes… Les chemins

Me mènent tous à Toi, sans lutte, sans secousse ;

Le sommeil – ou la mort — glisse dans la nuit douce…

Bonsoir Père, reçois mon âme entre tes mains.

 

Marie-Noël.

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Noireclaire : éloge du manque...

24 Octobre 2015, 05:26am

Publié par Grégoire.

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Que cherchez-vous à 5 ans aujourd'hui !

22 Octobre 2015, 19:26pm

Publié par Grégoire.

Que cherchez-vous à 5 ans aujourd'hui !

5 ans aujourd'hui !

 

"Que cherchez-vous"

c'est  1800 articles publiés, 

                 190145 visiteurs uniques,

        318105 pages vues...

 

C'est aussi des miettes d'éspérances et d'humanités pour celui qui cherche la lumière, qui se veut à l'école du réel, de la lenteur qui fleurit, qui croit que l'ennui c'est de l'amour qui s'apprête, que le manque est la lumière donnée à tous, pour celui qui cherche Celui qui est, et pour celui qui n'attend plus, pour qui voudrait croire et celui qui croit croire... redécouvrir ce regard premier, naïf, étonné, emerveillé sur le réel, sur l'autre... redécouvrir un regard simple, contemplatif sur soi-même, et attendre la lumière qui attend de jaillir de nos morts et nos motifs de déséspoirs... 

car le déséspoir et le volontarisme qui en découle, le moralisme et ses jugements définitifs, l'exhaltation de la force, de l'efficacité, de la vitesse ou de la possession matérielle, bref, le mode étriqué de ce qui en nous ne voudraient mettre sa confiance que dans nos résultats, dans l'application de ce qu'on mesure ou comprend sont des fausses croyances, des peurs face à ce creux qui est en nous et qui demande d'éclore, et qui pour cela réclame de faire tomber nos murs et nos fausses sécurités...

Grégoire P. 

 

« A notre époque, il y a un nombre incroyable de préjugés, et l’on croit qu’il n’y en a pas. C’est peut-être aujourd’hui qu’il y en a le plus. Il n’y a aucune éducation d’art, et tous les temps ont été plus artistes que le nôtre.

La science a pris toute la sève, avec ses admirables découvertes. L’homme devient, de plus en plus, l’un des rouages de la machine qu’il dirige, plus ou moins à la vérité ; mais il ne peut faire donner à la machine que ce qu’elle peut rendre.

L’homme pense moins aujourd’hui, pour conduire une machine, qu’autrefois un cordonnier pour faire un soulier avec un simple morceau de cuir. » 

A. Rodin

 

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Je rêve d'une Eglise qui au moindre pet de travers de la société n'irait pas le sentir ni le faire sentir !

22 Octobre 2015, 04:34am

Publié par Grégoire.

à lire de toute urgence !

à lire de toute urgence !

« Je rêve d'une Eglise où la fantaisie et l'originalité feraient bloc pour dénouer les fesses serrées ;

Je rêve d'une église qui ne se prendrait pas pour le nombril du monde mais pour le coeur du monde;

Je rêve d'une Élise ultra patiente avec les égarements de chacun. 

Je rêve d'une Eglise maternelle et c'est tout dire !

Je rêve d'une Eglise qui redirait souvent à elle-même la parole de Marie-Noël: 'N'écoutez pas les clercs ils compliquent tout'!

Je rêve d'une Eglise qui en contemplant les liens des personnes de quelques nature soient-ils, se rediraient à elle-même et dans le secret la parole de son Seigneur: "celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu et Dieu en lui.

Je rêve d'une Eglise qui considéreraient la sainte Hostie comme un remède et non comme une récompense.

Je rêve d'une Eglise qui ne réserverais pas la communion aux apparents plus digne.

Je rêve d'une Eglise qui n'aurait aucun droit si ce n'est de donner le Christ qui ne lui appartient pas.

Je rêve d'une Eglise qui n'entrerait pas dans le lit des hommes pour vérifier la validité de leurs actes.

Je rêve d'une Eglise qui se mêlerait de ce qui la regarde, c'est-à-dire la foi.»

 

Alors que le pape François rénove le fonctionnement de l'Église et réfléchit tout haut aux éventuelles réformes qui permettraient à la sagesse miséricordieuse de l'Évangile de faire irruption dans le coeur humain, Michel-Marie Zanotti-Sorkine ajoute sa note.

De sa plume alerte, sans concession ni langue de bois, il fonce dans le tas de misères, mais non sans poésie, et souvent avec humour, rêvant d'une Église dégagée de tout esprit de système et harnachée à la bonté la plus infinie.

À tous les déçus de l'Église, à ceux qui s'estiment rejetés par elle, mais aussi à ceux qui espèrent que l'arbre deux fois millénaire du Christ fleurisse encore et réjouisse les multitudes, cette lettre est adressée.

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L'amour ne trompe jamais...

21 Octobre 2015, 05:34am

Publié par Grégoire.

L'amour ne trompe jamais...

«… mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.»

Alfred de Musset, on ne badine pas avec l’amour.

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Paroles d'espérances pour pays en dépression !

19 Octobre 2015, 05:11am

Publié par Grégoire.

Paroles d'espérances pour pays en dépression !

 

LE FIGARO. - Votre livre est un triomphe public qui rappelle un peu celui du Suicide français d'Eric Zemmour. Comment l'expliquez-vous? Ces succès d'édition cachent-ils un phénomène de société?

Philippe DE VILLIERS. - Cette lame de fond s'explique par l'immense désarroi des Français lucides, désemparés, submergés par un sentiment de dépossession d'eux-mêmes et qui craignent le pire. Mais le désarroi n'est pas une explication suffisante, il y a aussi une soif de connaître, depuis la coulisse, les cheminements et officines qui nous ont conduits au désastre. Beaucoup de gens veulent savoir comment ont été descellées les pierres d'angle, comment la machine à décerveler les pensées justes a procédé pour vitrifier les esprits libres, comment se sont imposées la terreur et la haine de soi jusqu'à faire perdre à la France son âme et à la mettre en danger de mort.

Mon livre est un témoignage qui propose plusieurs clés de compréhension. Ma conscience civique s'est éveillée en mai 1968. J'ai vu derrière le grand chambardement, se profiler le boboïsme, l'idéologie en fusion du bourgeois-bohème, libéral-libertaire. J'ai connu de l'intérieur le creuset de l'ENA, cette couveuse à crânes d'œuf qui fabrique en série les «ingénieurs sociaux». J'ai regardé comment le système produisait des poulets de batterie hors sol à la Juppé-Fabius, choisissant au hasard leur emballage de sortie, leur étiquette. J'ai vu comment la grande broyeuse à apparatchiks confisquait les talents et les passait au micro-ondes pour qu'ils soient, comme la viande attendrie, aseptisés et nourris à la pensée chloroforme.

Les hasards de la vie m'ont amené à côtoyer dans leur intimité les grands fauves, Giscard, Mitterrand, Chirac, puis les lapins-tambours Duracell et ludions électroniques du Sarkhollande, qui clignotent comme des néons. J'ai vu comment ils pirouettent et toupillent non plus au service de la France, mais «de leur parcours», en pratiquant l'hédonisme politicien. Tous ces gens propres sur eux plaisaient à M. Bertin de Ingres et à la bourgeoisie française qui se voulait «anationale» comme le disait de Gaulle. Ils promenaient leurs accents de gravité, ils savaient poser la main sur le cœur, ils portaient le costume trois-pièces du VIIème arrondissement des assureurs qui rassurent. En fait ils ont coulé la France, c'étaient des naufrageurs en cravate.

Ce succès ne vous donne-t-il pas envie de remonter sur le ring politique?

Je n'en ai pas envie et cela me paraît, dans les circonstances actuelles, inutile. En effet, nous ne sommes plus dans un système démocratique, nous avons basculé dans un système oligarchique protégé par une médiacaste mondialiste: la potestas est partie à Bruxelles et à Washington et l'auctoritas chez Ruquier. Impossible de survivre plus de cinq minutes quand on joue au rodéo de la vérité dans cette cabine de maquillage: on vous déstabilise, on vous déséquilibre, on vous peinturlure en paria, on vous rend grotesque, et vous terminez dans la sciure sous les sifflets playback. Seule la parole agréée est filtrée par le tamis idéologique de la pensée conforme.

Aujourd'hui, pour faire de la politique, il faut avoir beaucoup d'argent pour acheter les sondages, car ils sont prescripteurs et structurent l'offre. Et il faut accepter de participer au simulacre, au risque d'y perdre son honneur.

Les hommes politiques ont encore aujourd'hui le culot d'expliquer aux Français ce qu'ils feront demain, alors qu'ils savent parfaitement qu'ils n'ont plus le pouvoir. Or quand le pouvoir n'a plus le pouvoir, la parole n'est plus que gesticulatoire ; c'est une clownerie. Hollande, c'est René Coty avec son pot de fleurs dans les bras qui se produit au Plus Grand Cabaret du monde de Patrick Sébastien. Du pot de fleurs sort un bouquet d'étoiles, les étoiles du drapeau américain.

Ma parole d'homme politique était suspecte quand j'avais des mandats. Maintenant que je ne quémande plus de picotin de popularité, elle est écoutée et enfin reçue comme authentique.

Si vous êtes un homme politique et que vous voulez avoir de l'influence, quittez donc la scène politique, remontez sur l'Aventin et alors, vous serez entendu. C'est dire à quel point le système politique est en voie de décomposition puisque toute parole publique sur fond de mandat est discréditée. Les hommes politiques pratiquent tous ensemble et en même temps le «mentir vrai» d'Aragon: «Moins il y aura de frontières, plus il y aura de sécurité. Plus il y aura de mosquées, moins il y aura d'islamistes. Plus il y aura de migrants, moins il y aura de chômeurs. Plus on aidera al-Qaida en Syrie et les «salafistes modérés» - Laurent Fabius disait il y a encore un an d'al-Nosra qu' «elle faisait du bon boulot» - plus vite se réglera le conflit syrien. Etc.». A force de proférer ce genre de paradoxes ludiques, les hommes politiques ont changé de catégorie, dans l'esprit public. Ils sont passés à la rubrique «comédie-spectacle» où s'affichent Brutus et Yago.

Vous-même n'avez-vous pas participé à ce système? Pourquoi avez-vous rejoint Nicolas Sarkozy en 2009?

Non, je ne l'ai pas rejoint. J'ai commencé ma vie politique dans la partitocratique classique. Où j'ai fait très vite entendre ma différence. Marie-France Garaud m'avait prévenu très tôt: «Méfiez-vous, car ce système est une sorte de manège avec des forces centripètes et des forces centrifuges. Quand on s'éloigne du centre, on est irrémédiablement aspiré à l'extérieur, dans les marges.» J'en suis sorti au bout de deux ans seulement à la suite de mon combat contre la corruption et le traité de Maastricht. J'ai alors guerroyé de l'extérieur pendant des années. En 1995, je me suis présenté à l'élection présidentielle contre Jacques Chirac et Edouard Balladur. En 1999, avec Charles Pasqua, nous avons affronté le RPR aux Européennes. En 2007, je me suis porté candidat contre Nicolas Sarkozy. A un moment donné, je me suis dit qu'en concluant une paix des braves avec lui, je serais peut-être plus efficace. Mais quand j'ai vu de près durant quelques mois ce qu'était le cloaque Sarkozy-Fillon, j'ai pris les jambes à mon cou et me suis éloigné de la piscine sanguinolente où les caïmans se mangent entre eux.

Peu d'hommes politiques quittent la scène. Je suis parti car, à force de croiser le mensonge, on finit par se sentir contaminé, on a l'âme blessée, et on devient, à son corps défendant, une sorte de mensonge ambulant par omission. Dans la tradition française, immémoriale, le pouvoir est un service, pas une consommation. Du premier au dernier jour, la politique ne peut être que sacrificielle. Quand on sert son pays, à quelque époque que ce soit, on fait le sacrifice de sa vie. Ma famille a payé l'impôt du sang depuis 1066. C'est avec cette idée que je suis entré en politique et que j'en suis sorti. Aujourd'hui, la parole politique n'a plus de crédit, à l'inverse de la parole métapolitique, guettée, sollicitée.

Face à ce discrédit de la politique, certains imaginent des scénarios improbables comme la candidature d'Éric Zemmour à la présidentielle soulevée par Geoffroy Lejeune dans son livre, Une élection ordinaire. Croyez-vous à ce type d'hypothèse?

Tout est possible aujourd'hui. En additionnant vingt Fabius, trente Juppé et cinquante Fillon, on ne ferait pas un seul Zemmour, c'est-à-dire un homme cultivé et courageux! Avec cent poulets de batterie, on ne fera jamais un coq gaulois. Eric Zemmour est un ami. Et en tant qu'ami, je lui souhaite de rejoindre le statut de Raymond Aron plutôt que monter dans le train des petits Deschanel qui s'en vont errer dans les rues de Bruxelles, à la quête de leurs consignes.

Votre livre ausculte quarante ans de décomposition du système politique. Comment en est-on arrivé-là?

Je me souviens de cet apologue d'un vieux paysan qui était mon voisin et qui me conseilla un jour: «Philippe, quand on est dans l'obscurité, au bord de l'abîme, dans une maison qui s'effondre, la sagesse consiste à chercher les murs porteurs.» Les murs porteurs de la maison France ont été abattus les uns après les autres: le caractère sacré de la vie, la filiation comme repère, la nation comme héritage, la frontière comme ancrage et le rêve français comme fenêtre sur le monde.

La France est en train de mourir parce qu'elle est en même temps submergée de l'extérieur et effondrée de l'intérieur. Cela me rappelle une conversation en 2000 avec Soljenitsyne qui me confia ceci: «Derrière le rideau de fer, les peuples souffraient mais ils ont sauvé leur âme. Ils ont connu l'ablation de la souveraineté, celle que Brejnev qualifiait de «limitée», mais ils n'ont jamais perdu leur identité».

La Pologne est demeurée elle-même et la Hongrie aussi. Elles sont restées, malgré le goulag, des terres chrétiennes. Les résistants, les refuzniks ont jalousement veillé sur cette petite demeure invisible qui se trouve au cœur de chaque peuple, qu'on appelle l'âme d'un peuple. Quand le mur de Berlin est tombé, ces pays ont recouvré leur souveraineté ; ils ont pu se refaire parce qu'ils avaient préservé leur identité. Or ajoute Soljenitsyne, «vous, les Européens, vous vous trouvez dans un gouffre profond, vous vivez une éclipse de l'intelligence. Vos hommes politiques sont en train d'abattre et de transférer la souveraineté de la France en même temps qu'ils sont en train d'en dissoudre l'identité.»

Vous expliquez que les Français n'accordent plus de crédit à la parole politique car ils ont le sentiment que le pouvoir a été transféré à Bruxelles. Quelle a été l'influence de l'Europe dans cette évolution?

Elle a été la matrice de la déconstruction des patries charnelles. Du traité de Maastricht est sortie la grande fracture entre le souverainisme et le mondialisme. Cette ablation de souveraineté au profit de Bruxelles, Francfort et Washington a généré une nouvelle espèce d'animal à sang froid, le manchot cul-de-jatte. Les politiciens qui nous gouvernent n'ont plus ni bras ni jambes et nous disent que la France va encore courir le 100mètres. A grand renfort d'intellectuels de la trempe de BHL, la France est devenue le seul pays au monde que nous n'avons pas le droit d'aimer.

La France qui, selon lui, ne devrait plus exister car elle charrie des vomissures barbares ; il faut qu'elle batte sa coulpe car elle est une tache ignominieuse sur la carte métaphysique des points précieux de la planète. Cette idéologie relayée par l'école, devenue un «lieu de vie», a privé les petits Français de leur France. Nous n'avons plus le droit de parler des Gaulois, de commémorer la mort de Saint Louis, de parler de Jeanne d'Arc, ni d'évoquer Napoléon autrement qu'à travers Trafalgar. Le seul droit qui nous reste est celui de faire passer les Français pour des collabos de la Deuxième guerre mondiale, des terroristes en Indochine et des tortionnaires en Algérie. Voilà l'image de la France que véhiculent l'école et les médias. Un pays qui perd sa souveraineté et son identité est voué à la disparition. Mais tout peut se rétablir. En effet, le mur de Maastricht, ce mur du mensonge, va tomber.

Le rêve européen des élites post-nationales, le rêve d'une fusion des nations européennes s'est évanoui dans le cœur des peuples. Il s'est désintégré parce qu'il était tramé dans un tissu de mensonges: la prospérité, la sécurité, la puissance, la protection. Aujourd'hui, les Français constatent qu'on leur a menti en leur promettant un super-État, une super-puissance. Derrière cette architecture apolitique, il s'agissait bien de détruire les vieilles nations d'Europe mais il n'y avait aucunement l'idée d'en faire naître une nouvelle. Le projet véritable était d'abolir les nations pour installer en leur lieu et place un marché planétaire de masse qui viendrait un jour faire la jonction avec le marché américain: c'était l'idée de Jean Monnet.

L'histoire de cette utopie politique est celle de la rencontre de Monnet et des démocrates-chrétiens de l'Europe de l'après-guerre. Monnet, salarié de la banque Lazard, un Américain dans l'âme, était le factotum de l'Amérique. Les Américains lui ont demandé de créer ce «machin» pour affaiblir définitivement les Européens et profiter de la culpabilité européenne après la guerre. Monnet a eu l'intelligence diabolique de s'allier avec les démocrates-chrétiens, Gasperi, Schuman et Adenauer, pour concocter son projet. L'homme qui était à l'initiative de la Commission trilatérale née en 1973 - commission qui avait pour objet de réunir les deux libéralismes, le libéralisme économique et le libéralisme sociétal - , a proposé aux idiots utiles social-sacristains, en contrepartie, un symbole, le drapeau. «J'aurai le contenu, et vous le symbole», leur a-t-il dit. Les trois grandes consciences, ces trois grands naïfs, sont revenus dans une nappe d'encens vers leurs cléricatures en mettant en avant la conquête du drapeau, la couronne mariale. De ce troc est né un grand malentendu: toute la bourgeoisie anationale fait la génuflexion oblique du dévôt pressé devant les gnomes de Bruxelles parce que la couronne mariale est sur le drapeau. Cette Europe qui finance les LGBT et la Gay Pride, qui célèbre Conchita Wurst la femme à barbe, est censée incarner le progrès parce qu'elle affiche les étoiles à la Madone. Elle demeure la ligne de mire de la bourgeoisie française cosmopolite, qui folâtre dans le «cercle de la raison» circonscrit par MM. Minc et Attali.

L'Europe dont rêvaient les démocrates-chrétiens est-elle vraiment celle de Maastricht et Schengen?

Bien sûr que non. Beaucoup de chrétiens ont pensé que les portes de Maastricht ouvraient sur la terre de promission. Ceux-là identifient l'universalisme chrétien au dépassement des nations qui seraient un obstacle à la fraternité cosmique. Dans les grands textes bibliques, il y a une harmonie qu'on retrouve chez Aristote et Saint Thomas, entre l'accueil de l'autre et l'enracinement. Le droit d'aimer ses paysages n'est pas un égoïsme mais une oblation, on a le droit de construire là où on a vécu et de transmettre à ses enfants ce que l'on a aimé. Nous sommes comme les plantes, nous avons besoin d'humus et de lumière. C'est le droit naturel.

En mariant les deux impératifs, la charité individuelle se concilie avec la nécessité de garder ses racines. Quand on entend aujourd'hui des autorités morales et spirituelles qui sont prêtes à vider l'Orient de toute sa population, à déporter les chrétiens d'Orient qui sont chez eux depuis 2000 ans, bien avant l'islam et les nouvelles nations que sont le Liban et la Syrie, on est pris de vertige. Tous ces chrétiens qui expliquent que la société multiculturelle va nous permettre d'organiser une coexistence harmonieuse avec des religions qui ne sont pas les nôtre sont irréfléchis. Ils ont perdu le fil de l'unité du vivant. Existe-t-il à travers l'histoire un seul exemple d'une société dans laquelle l'islam a fait irruption sans être conquérant? Quand j'étais à Sciences-Po, les professeurs nous serinaient que le Liban était un modèle de coexistence harmonieuse, un «paradis terrestre». Depuis 1975, on a vu ce qu'il est advenu de cette société multiculturelle. Existe-t-il des sociétés multiculturelles qui ne soient pas multi-conflictuelles? Aucune.

Cette Europe qui est confrontée à la double crise des migrants et de l'euro est-elle condamnée?

Regardons ce qui s'est passé en Russie: pendant la période du goulag, tout le monde là-bas était désespéré, persuadé que l'âme russe était perdue à tout jamais. Quand le rideau de fer est tombé, on a vu réapparaître les «forces morales», retrouvé les valeurs civiques, spirituelles, patriotiques comme si le soviétisme n'avait été qu'une parenthèse de l'Histoire. Nous retrouverons cela chez nous quand le mur de Maastricht tombera. Ce jour est imminent.

Un pays qui a perdu ses contours perd en même temps ses conteurs. Mais quand il retrouve ses contours, le rêve revient. Les pierres se remettent à parler. Les âmes expirantes se remettent à chanter.

Aujourd'hui, les voies d'eau se multiplient sur le Titanic des eurocrates. A chaque fois, on voit Juncker, en grand calfateur, essayer de poser des éponges goudronnées, entouré de ses commissaires au charisme de serpillière. Les trous dans la coque se multiplient pendant que les politiciens continuent leur partie de bridge sur le pont du Titanic.

L'euro est mort à Athènes, il est comme un canard dans une basse-cour auquel on aurait coupé la tête et qui, parce qu'il court encore, donne l'impression d'être toujours vivant. Schengen est mort à Berlin: Merkel a donné le coup de grâce puisqu'en rétablissant ses frontières, elle a violé l'article 26 du règlement de 2006 du traité de Schengen, ce qu'on nous cache. Quant à la convergence culturelle de l'Europe qui devait naître de la construction européenne, elle est morte à Budapest. Aujourd'hui on a deux Europe ; celle qui se définit comme chrétienne à l'Est, et la multiculturelle à l'Ouest qui a renié ses racines chrétiennes, qui ferme la porte à Dieu pour mieux l'ouvrir à Allah. L'Angleterre enfin, dont André Siegfried disait «C'est une île. J'ai terminé» en commençant son cours à Sciences-Po», retrouve ses vieux réflexes: le Brexit n'est pas une probabilité, mais une certitude.

Dans votre livre, face à cette Europe «hors-sol», vous proposez de restaurer nos «attachements vitaux». De quoi s'agit-il exactement?

De ce qui nous rattache à nos lignées obscures, à nos souvenirs, à nos paysages intimes. Le temps de l'homme désinstitué va finir. On a fabriqué un homme hors-sol, nomade en ses demeures et en ses sentiments. Dans les écoles de commerce, on adjure les étudiants de préparer leur mobilité, qui consiste à quitter son patron au bout de deux ans pour en trouver un autre. C'est la dissociation de la carrière et de la vie, c'est-à-dire de la fidélité. La mobilité porte en elle la volatilité. Il y a un lien entre la mobilité du travailleur et la financiarisation de l'économie, devenue purement spéculative et qui met les nouveaux prolétaires sous la férule d'un capitalisme sans entrailles.

Poutine m'a confié un jour qu'un des éléments qui divisaient le monde aujourd'hui était la conception de l'économie. D'un côté l'économie spéculative à l'américaine, détachée du réel, de l'autre l'économie réelle, fondée sur les biens matériels et la production effective. Cette économie spéculative met l'homme dans une bulle. Mais c'est une bulle de savon.

Vous ne semblez néanmoins plus croire dans la politique classique. Comment peut-on faire de la politique autrement?

En créant des isolats de résistance, des petites sociétés parallèles. Si on veut demain stopper la décomposition, et faire repartir la France, il faudra rebâtir les murs porteurs. Je raconte dans mon livre les dernières confidences de Soljenitsyne. Il pensait qu'un jour, de la grande catacombe sortiraient de petites lucioles, portées par des dissidents: «Chez nous, les dissidents étaient des jeunes gens qui portaient sous leur pèlerine des samizdats - des analyses critiques du système soviétique. Aujourd'hui les dissidents sont à l'Est, ils vont passer à l'Ouest.» Ils auront deux qualités originales qui les sortiront du lot: le courage et la lucidité. Le courage car ils franchiront le périmètre sanitaire des mots autorisés, ils se moqueront de la judiciarisation des pensées et des arrière-pensées, et accepteront d'aller en prison. Ce seront des objecteurs de conscience. Ils refuseront de payer l'impôt pour des choses qui paraissent contraires à leur ressort vital. Au début, les prisons seront pleines, mais au bout d'un moment, les murs des prisons s'écrouleront, comme s'écroulera le mur de Maastricht. Ce seront des franchisseurs de lignes rouges. Ils oseront dire: «un enfant est le fruit d'un amour entre un homme et une femme», phrase extrêmement dangereuse à prononcer en ce moment. Les laïcards ont inventé un modèle de disparition à l'échéance de deux ou trois générations puisqu'ils organisent leur propre stérilisation. La gestation pour autrui dans les cliniques indiennes et américaines ne suffira pas à produire des enfants pour cette société hermaphrodite. Dire cela aujourd'hui, c'est prendre un risque. Dans quelques années, des centaines de milliers de personnes le diront aussi, par la nécessité de survie de la société. Il y aura partout des isolats de la transmission.

Les mouvements issus de la société civile - Manif pour tous, mais aussi les Bonnets rouges ou plus récemment la colère des paysans ou des policiers - peuvent-ils se traduire politiquement. Comment?

Je me souviens de Georges Pompidou qui était venu, rue Saint-Guillaume, à l'occasion du centenaire de Sciences Po en 1972. Bouffi de cortisone, se sachant condamné, il parlait de la nécessaire indépendance de la France. Les étudiants auraient voulu qu'il leur parlât de Jean-Jacques Servan-Schreiber et du Défi américain, le livre en vogue à l'époque. C'est à ce moment-là que le professeur Raphaël Hadas-Lebel a inventé l'expression de «classe politique», un concept qui n'existait pas auparavant. Les Français toutes catégories confondues, surtout les plus humbles, après avoir espéré, se sont aperçus qu'il y avait donc une «classe politique» répondant aux consignes d'une super-classe invisible, mondialisée, qui profite du système pour écraser les gens, spécialement les plus modestes. C'est cette classe politique qui organise, sur notre territoire, le grand Kosovo. C'est elle qui prépare l'invasion migratoire. C'est elle qui travaille à la désintégration de la France, elle qui installe la mixité sociale, les HLM de l'immigration dans les petites communes pour remplacer le peuple français par un autre. Les paysans, les artisans, les policiers, les petites gens, la France des bistrots se révolteront. J'appelle à cette révolte. Bientôt il faudra cesser de payer l'impôt car il ne faut plus être les idiots utiles de ce système mortifère.

C'est le but de mon livre: le moment est venu pour les Français de se rebeller contre cette classe politique qui vit entre elle de façon endogamique - avec les journalistes français. Ils pensent les mêmes choses, travaillent ensemble, rêvent ensemble, et vivent ensemble.

Au moment du 11 janvier, certains observateurs ont parlé de sursaut. Qu'en pensez-vous?

Le 11 janvier a été détourné de son libellé populaire. Dès le 12, toutes nos élites mondialisées islamophiles ont expliqué que les premières victimes des attentats étaient les musulmans. Les salauds à éradiquer étaient les «islamophobes». A partir de ce moment-là, on a installé la dhimmitude de l'esprit ; il s'agissait d'une inversion logique. Quand l'islamisme frappe, nos élites prennent des mesures pour lutter contre l'islamophobie. Ils sont pétris d'un droit-de-l'hommisme abstrait, et suivent à la lettre les instructions des Plenel de service qui veulent faire disparaître la France des clochers. Ils savourent avec un plaisir de gourmets l'idée exotique selon laquelle la France pourrait devenir la fille aînée de l'islam. Nos élites sont en voie de houellebecquisation. La France de demain verra monter le face-à-face terrible des dissidents qui vont émerger et se battre à mains nues et les dhimmis qui sont des collabos. Les dissidents n'acceptent ni l'ablation de nos pouvoirs, ni le changement de peuple, car ils veulent protéger ce qui reste de gaulois au sens du roman national des hussards noirs de la République. Les dhimmis sont doublement soumis, d'une part à l'américanisation du monde - ils préparent en douce le Traité transatlantique, et d'autre part à l'islamisation de l'Europe. Nos élites mondialisées retrouvent de l'excitation à l'idée de recevoir le fouet de Big Other, un peu rude mais décapant et qui les sort de l'asthénie sexuelle ambiante. Ils sont dans le même état d'esprit que les clercs de Constantinople, le 28 mai 1453 - veille de sa chute - qui se rendront compte le 30 qu'il est trop tard. Ainsi l'hédonisme consumériste va finir sa trajectoire en venant, par une sorte de ruse hypnotique, se fondre dans son exact contraire.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/10/16/31001-20151016ARTFIG00371-philippe-de-villiers-le-pouvoir-n-a-plus-de-pouvoir-c-est-une-clownerie.php

 

 

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Noireclaire : ce qui nous a ébloui ne meurt pas...

18 Octobre 2015, 05:55am

Publié par Grégoire.

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Racine... la magie de la langue.

17 Octobre 2015, 05:18am

Publié par Grégoire.

Racine... la magie de la langue.

 

Prière d’Esther

 

Ô mon souverain Roi !

Me voici donc tremblante et seule devant toi.

Mon père mille fois m’a dit dans mon enfance

qu’avec nous tu juras une sainte alliance,

quand pour te faire un peuple agréable à tes yeux,

il plut à ton amour de choisir nos aïeux.

Même tu leur promis de ta bouche sacrée,

une postérité d’éternelle durée.

Hélas ! ce peuple ingrat a méprisé ta loi.

La nation chérie a violé sa foi.

Elle a répudié son époux, et son père,

pour rendre à d’autres dieux un honneur adultère.

Maintenant elle sert sous un maître étranger.

Mais c’est peu d’être esclave, on la veut égorger.

Nos superbes vainqueurs insultant à nos larmes,

imputent à leur dieux le bonheur de leurs armes,

et veulent aujourd’hui qu’un même coup mortel

abolisse ton nom, ton peuple, et ton autel.

Ainsi donc un perfide, après tant de miracles,

pourrait anéantir la foi de tes oracles?

Ravirait aux mortels le plus cher de tes dons,

le saint que tu promets et que nous attendons?

Non, non, ne souffre pas que ces peuples farouches,

ivres de notre sang, ferment les seules bouches

qui dans tout l’univers célèbrent tes bienfaits, 

et confonds tous ces dieux qui ne furent jamais.

Pour moi, que tu retiens parmi ces infidèles,

tu sais combien je hais leurs fêtes criminelles,

et que je mets au rang des profanations

leur table, leurs festins, et leurs libations;

que même cette pompe où je suis condamnée,

ce bandeau dont il faut que je paraisse ornée

dans ces jours solennels à l’orgueil dédiés,

seule, et dans le secret je le foule à mes pieds;

qu’à ces vains ornements je préfère la cendre,

et n’ai de goût qu’aux pleurs que tu me vois répandre.

J’attendais le moment marqué dans ton arrêt,

pour oser de ton peuple embrasser l’intérêt.

Ce moment est venu. Ma prompte obéissance

va d’un roi redoutable affronter la présence.

C’est pour toi que je marche.

Accompagne mes pas

devant ce fier lion, qui ne te connaît pas.

Commande en me voyant que son courroux s’apaise,

et prête à mes discours un charme qui lui plaise.

Les orages, les vents, les cieux te sont soumis.

Tourne enfin sa fureur contre nos ennemis.

 

Racine, Esther. (tiré Bible Monsieur de Chassy.)

 

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Tu m'as donné le plus précieux de tout : le manque...

15 Octobre 2015, 05:12am

Publié par Grégoire.

Tu m'as donné le plus précieux de tout : le manque...

 

"On peut donner bien des choses à ceux que l'on aime. Des paroles, un repos, du plaisir.
Tu m'as donné le plus précieux de tout : le manque.

Il m'était impossible de me passer de toi, même quand je te voyais, tu me manquais encore.
Ma maison mentale, ma maison de cœur était fermée à double tour.

Tu as cassé les vitres et depuis, l'air s'y engouffre, le glacé, le brûlant et toutes sortes de clartés.
Tu étais celle-là, tu l'es encore aujourd'hui, celle par qui le manque, la faille, la déchirure entrent en moi pour ma plus grande joie.

C'est le trésor que tu me laisses : manque, faille, déchirure, joie.

Un tel trésor est inépuisable.

Il devrait me suffire pour aller de "maintenant" en "maintenant" jusqu'à l'heure de ma mort. (…)

« La douceur n'est rien de gentil ni d'accommodant. La vie est violente. L'amour est violent. La douceur est violente. Si nous sommes tant surpris par la rudesse de la mort, c'est peut-être que nous avons mis nos vies dans des zones trop tempérées, tièdes, presque fausses.

Christian Bobin, la plus que vive.

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Un sens à nos jours...?

13 Octobre 2015, 05:22am

Publié par Grégoire.

Un sens à nos jours...?

"je ne comprends pas très bien votre question. Pourquoi faudrait-il un sens à nos jours? Pour les sauver? Mais ils n'ont pas besoin de l'être. Il n'y a pas de perte dans nos vies, puisque nos vies sont perdues d'avance, puisqu'elles passent un peu plus, à chaque seconde. Un mot me gêne dans votre lettre. Ce mot de sens. Permettez-moi de l'effacer. Voyez ce que devient votre question, comme elle a belle allure, à présent. Aérienne, filante: "qu'est-ce qui vous donne votre vie?" la réponse cette fois-ci est aisée: tout. Tout ce qui n'est pas moi et m'éclaire. Tout ce que j'ignore et que j'attends. L'attente est une fleur simple. Elle pousse au bord du temps. C'est une fleur pauvre qui guérit tout les maux. Le temps d'attendre est un temps de délivrance. Cette délivrance opère en nous à notre insu. Elle ne nous demande rien que de laisser faire, le temps qu'il faut, les nuits qu'elle doit. Sans doute l'avez-vous remarqué: notre attente -d'un amour, d'un printemps, d'un repos- est toujours comblée par surprise. Comme si ce que nous espérions était toujours inespéré.  Comme si la vraie formule d'attendre était celle-ci: ne rien prévoir sinon l'imprévisible. Ne rien attendre sinon l'inattendu. Ce savoir là me vient de loin. Ce savoir qui n'est pas un savoir, mais une confiance, un murmure, une chanson...."

Eloge du rien.

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Les hommes... et les femmes.

11 Octobre 2015, 05:17am

Publié par Grégoire.

Les hommes... et les femmes.

 

Les hommes sont des petits garçons obéissants. Ils vivent comme on leur a appris à vivre. Quand le temps est venu de quitter leur mère, ils disent: d’accord mais il me faut une femme, j’ai droit à une certaine quantité de femme rien qu’à moi, il me faut une femme dans mon lit, à ma table, une mère pour mes enfants et pour moi qui resterai inguérissable de mon enfance. Et parce qu’il leur semble que le meilleur moyen de tenir une femme, c’est encore de l’épouser, alors ils épousent et prennent le mariage comme un fléau de plus, une corvée inévitable comme celle du travail salarié ou des courses à faire le samedi.

 

Quand ils ont leur femme, ils n’y pensent plus.

Ils jouent avec un ordinateur, réparent une étagère, passent la tondeuse dans le fond du jardin.

C’est leur manière de se reposer d’une vie vécue comme une intempérie.

C’est leur manière de partir sans partir. Avec le mariage quelque chose finit pour les hommes.

 

Pour les femmes, c’est l’inverse : quelque chose commence.

Dès l’adolescence les femmes vont droit à leur solitude.

Elles y vont si droit qu’elles l’épousent. La solitude peut-être un abandon et elle peut-être une force.

Dans le mariage les femmes découvrent les deux. Le mariage est une histoire très souvent voulue par les femmes et par elles seules, rêvée en profondeur par elles seules, portée par elles seules, ce qui fait que parfois elles se lassent et désertent : quitte à être seules, autant l’être pleinement.

….

Christian Bobin, La plus que vive.

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Si on se mets tous à sourire, on va tous devenir Américain...

9 Octobre 2015, 05:13am

Publié par Grégoire.

Si on se mets tous à sourire, on va tous devenir Américain...

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Le sourire est la seule preuve de notre passage sur terre.

8 Octobre 2015, 17:22pm

Publié par Grégoire.

Le sourire est la seule preuve de notre passage sur terre.

 

"C'est si beau ta façon de revenir du passé, d'enlever une brique au mur du temps et de montrer par l'ouverture un sourire léger."

Habité par l'amour actuel d'une femme morte il y a vingt ans, Christian Bobin revient déposer sur sa tombe "un petit bouquet mortuaire".

Pour le commun des mortels, la mort érige une barrière infranchissable avec ceux qui restent. Pas pour Christian Bobin. Avec son écriture qui avance comme un chat entre les hautes herbes et qui met le feu à la forêt de vivre, il nous permet de rejoindre celle dont il est toujours aimé. Qu’il convoque celle qui semble absente ou qu’elle s’invite dans une tasse ébréchée ou un souvenir, elle lui « donne des nouvelles du Ciel ». Chaque phrase de ce texte court en apparence, long par sa densité, ouvre par son extrême simplicité -un travail de bucheron- les chemins du ciel que notre innatention maintiennent fermés. Et la nature silencieusement contemplative éclaire l’amitié, la compagnie des livres et des hommes. Un bijou précieux, qui éclaire le jour comme la nuit, pour conjurer un monde trop rapide et trop obscurcit de nos projets.

Qu'il évoque en passant le visage de son père, la mort de Kafka, un poète chinois du IVe siècle, c'est toujours de l'amour actuel de celle qui a comme disparu qu'il parle, et chacune de ses phrases a l'intensité d'une rose rouge, la délicatesse d'une goutte de pluie, la force d'un poème. Ce bouquet de lumière que Chrisitan Bobin nous offre est ample et profond comme l'écho ou le ciel à la renverse dans l'oeil de l'épervier.

Noireclaire: c'est le regard étonné du nouveau-né par la lumière de l'invisible comme une renaissance constamment vécu à l'amour que la mort n'arrête pas.

Grégoire P.

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La comédie de la normalité

7 Octobre 2015, 05:29am

Publié par Grégoire.

Il dit en badinant être ‘né le même jour que Britney Spears’… intrigant. Pourquoi nous dit-il cela ? Josef Schovenec est un peu ‘ailleurs’, alors il aime à nous parler de ce qui nous est familier. Il souffre d’un « trouble envahissant du développement », entendez « autisme Asperger ».

Aller à la rencontre de Josef Schovenec, c’est entrer en contact avec un monde aux contours abscons pour nous autres, animaux sociaux. Bien qu’auréolé de prestigieux diplômes, voici quelqu’un dont le plus grand combat est d’interagir avec les autres. « Pour éviter le rejet, il faut mettre en place tout un tas de petites stratégies d’intégration sociale ». Mêlant des tonnes d’humour à quelques grammes de tristesse, il se  qualifie d’« intermittent du spectacle », tant son personnage ‘visible’ est construit et conditionné.

Il milite pour que le trouble dont il souffre soit mieux connu en France, notamment au travers de son livre « Je suis à l’Est ! ». On devine derrière son témoignage, une vie mâtinée d’incompréhensions et du haut de laquelle il nous parle aujourd’hui avec sincérité et générosité. 

bibliographie : Je suis à l'est ! Editions Plon, 2012.

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Les chats sont des poèmes qui ne tiennent pas en place...

5 Octobre 2015, 05:03am

Publié par Grégoire.

Les chats sont des poèmes qui ne tiennent pas en place...

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Port-Royal ou "Les ruines du ciel..."

4 Octobre 2015, 05:47am

Publié par Grégoire.

interview à propos "des ruines du Ciel", comment Port-Royal détruit par le pouvoir absolu du Roi et des jésuites, est une figure du Christ crucifié, Agneau, blessé...

à lire aussi: 

 

Le Jansénisme - Entre hérésie imaginaire et résistance catholique (XVII-XIXe siècle) de Jean-Pierre Chantin

Port-Royal, une hérésie, ou une simple disposition d'esprit rigoriste ? Cette synthèse restitue les multiples facettes du courant qui a marqué la vie religieuse européenne, depuis la querelle théologique de l'Augustines (16411653) jusqu'à ses prolongements au XIXe siècle, en passant par le « jansénisme politique » de Port-Royal et les convulsionnaires du XVIIIe siècle.

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La vie, très simplement

3 Octobre 2015, 11:34am

Publié par Grégoire.

C’est vivante que la poésie de Bobin apparaît sous les traits et sur les lèvres de Grégoire Plus. Il l’adresse simplement au public derrière une table, sur une chaise ou debout. © Isabelle Demangeat

C’est vivante que la poésie de Bobin apparaît sous les traits et sur les lèvres de Grégoire Plus. Il l’adresse simplement au public derrière une table, sur une chaise ou debout. © Isabelle Demangeat

Après avoir foulé les planches du off d’Avignon cet été, Grégoire Plus joue, les 3 et 4 octobre à l’Espace Bernanos (9e), L’Inépuisable est à notre porte. Une ode à la vie, mordante et juste, inspirée de l’œuvre poétique de Christian Bobin.

 

Noir. Grégoire Plus entre sur scène. Et laisse danser les parties de son corps en rythme avec la musique de Joe Bonamassa. Enfin, plus ou moins : le pied se pose, mal assuré, au mauvais endroit ; la jambe manque parfois de souplesse ; la tête bouge, souvent, à contre-temps… Le résultat peut paraître maladroit. Il l’est, certainement. Mais cette maladresse, que l’on retrouve parfois dans le jeu du comédien-réalisateur frère de la communauté Saint-Jean, ne met que mieux en valeur, par l’humanité qu’elle laisse transparaître, les propos et textes mis en scène et récités. Car il n’est pas question de perfection dans L’Inépuisable est à notre porte, joué les 3 et 4 octobre, à l’Espace Bernanos. Bien au contraire. Il est plutôt question de la vie, telle qu’on n’a plus vraiment l’habitude de la voir : une vie simple. Une vie sans fioritures où un moineau qui rend son souffle encore chaud fait ressentir à celui qui le saisit la profonde injustice de la mort ; une vie où un regard merveilleux de douleur et de beauté efface le visage sale, ridé et édenté qui l’encadre ; une vie qui passe et qu’on regarde passer ; une vie à la Christian Bobin en quelque sorte.

La poésie comme seule arme oratoire

En choisissant de réciter et d’interpréter certains des textes et interviews donnés par le poète-philosophe, Grégoire Plus continue, après avoir touché par son interprétation de La Plus que vive, en 2013, de réussir le pari de faire vivre la poésie au théâtre. Il nous la présente aujourd’hui comme étant « la vertu des enfants » ou « la résurrection possible dès maintenant ». Il la récite et l’adresse à chacun, simplement, derrière une table, sur une chaise ou debout, comme il pourrait la distiller dans une simple conversation. Il la danse pour lui donner davantage de légèreté et laisser à ceux qui l’écoutent le temps de la faire descendre en eux. Il l’habite à un point qu’on ne sait parfois si elle vient de Christian Bobin ou de lui-même. Et lui fait parler des sujets comme la politique, le travail, l’amour, la mort ou la spiritualité. Le jardinier est admiré, le banquier, plaint ; l’amour est loin d’être idéalisé ; la mort et la souffrance sont acceptées et Dieu est présenté « invincible comme un courant d’air ».

Coïncidence ou réel choix, Grégoire Plus s’attarde sur la question religieuse et annonce Dieu comme présent dans chaque être humain et peut-être parfois absent des lieux « où ça fait joli d’en parler ». Une parole qui fait écho à ce qu’a écrit Christian Bobin lui-même, vendredi 25 septembre, à propos de la visite du pape aux États-Unis, dans le quotidien Le Un : « Le lieu, la fonction et le nom qu’il [le pape] habite sont les plus conventionnels du monde », martèle-t-il. Mais « chaque fois qu’il parle ou même qu’il sourit, il pulvérise cette convention mortifère ». Depuis ses débuts, « il n’arrête pas d’être ordinaire et profond – un homme très simplement, à lui seul une espèce en voie de disparition ». Et c’est cette espèce en voie de disparition que Grégoire Plus semble nous inviter à rejoindre. Pour devenir à notre tour, des hommes. Très simplement.

 Isabelle Demangeat

http://www.paris.catholique.fr/la-vie-tres-simplement.html

PRATIQUE

-  Après avoir été donné, jeudi 24 et dimanche 27 septembre, L’Inépuisable est à notre porte sera joué samedi 3 octobre, à 20h30 et dimanche 4 octobre, à 17h, à l’Espace Bernanos au sein de la paroisse St-Louis d’Antin (9e). 
-  Réservation possible au secrétariat et par mail : 
bernanos@gmail.com Tarifs : 15€ ; 10€ (réduit). 
-  Contacts : Espace Bernanos : 4 rue du Havre (9e) ; 01 45 26 65 22 ; page Facebook : L’Inépuisable est à notre porte ; blog de Grégoire Plus : 
www.quecherchezvous.fr

 

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Vivre c’est ne pas encore avoir décidé du sens de la vie

2 Octobre 2015, 04:47am

Publié par Grégoire.

Vivre c’est ne pas encore avoir décidé du sens de la vie

C’est bien parce que certaines paroles nous tuent que d’autres paroles peuvent nous ressusciter. C’est ainsi pour cela que je ne m’éprouve pas comme écrivain : je  crois trop à la puissance ressuscitante  de l’écriture pour m’attarder un seul instant devant son esthétique.

Je ne cherche jamais l’écriture. C’est elle qui me vient. C’est quelque chose qui sort du monde et qui me blesse. Ecrire c’est se découvrir hémophile, saigner de l’encre à la première écorchure, perdre ce qu’on est au profit de ce qu’on voit.

Ecrire c’est refuser les aliments proposés par le monde et rechercher, dans la maigreur affolante d’une phrase ou dans son développement boulimique, la vraie nourriture, celle qui fera grandir, et cette recherche par elle-même est déjà nourricière.

Oui les enfants ont raison : vivre c’est ne pas encore avoir décidé du sens de la vie, pas plus que de la forme achevée d’une phrase, essayer, risquer, recommencer,  raturer, aller ici en même temps que là-bas .

Les enfants meurent d’amour à la vitesse de la lumière. La douleur les  inonde, les étouffe, les brûle, et une seconde après ils ressuscitent, oublieux des larmes anciennes. Les enfants dorment, vivent et meurent à même la terre battue de Dieu. On ne demande pas à un enfant de deux ans s’il croit en Dieu. Il n’a pas à y croire : il y est, il est à même l’esprit de la vie nue.

La mort en nous c’est le maître, celui qui sait. Le vif en nous c’est l’enfant, celui qui aime, qui joue à aimer.

 

Extraits de L’épuisement, Christian Bobin

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