Difficile libération

Mais comment s’affranchir de ces miroirs inconscients et de ces chimères d’existence ? C’est la question originelle de la philosophie et de la recherche spirituelle, quand elles vont au-delà du confort des explications idéologiques ou religieuses. Paradoxalement, notre monde qui se veut libéré de tout asservissement à des représentations politiques, morales ou religieuses a inventé l’aliénation suprême : l’enfermement dans celles que l’on se fabrique individuellement, mazouté par le raz de marée de la pensée commune. Nul n’est plus totalitaire que le relativisme puisqu’il néantise la possibilité d’une vérité au-delà de l’opinion, de l’image ou de l’idée.

 

Espérances

L’information qui dénonce le discours approximatif de la rumeur ou de l’opinion publique, l’école comme lieu d’apprentissage de l’émerveillement sur le mystère de l’existence et de ce que sont les êtres au-delà de leurs apparences immédiates, le lycée et l’enseignement supérieur comme terrain d’entraînement à l’ascèse d’une réflexion critique positive et d’une exigence d’incessant questionnement : tels devraient être nos lieux de formation à la liberté. Mais le voulons-nous vraiment ce face à face, cet ajustement permanent à ce qui est au-delà de nos ressentis, de nos projets de maîtrise et d’utilisation égocentrée de toute chose ?

 

La foi comme accueil –sans autre effort que l’humilité confiante – d’une réalité et d’une vérité autres, trop proches parce que transcendantes, n’est-elle pas un raccourci étonnant proposé aux modernes que nous sommes pour renaître à l’étonnement d’être ?

 

fr SAMUEL R

http://culture-foi.blogs.la-croix.com/etre-libre/2015/06/16/