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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Au-delà du souffrant: l'autre...

30 Juin 2015, 05:26am

Publié par Grégoire.

Au-delà du souffrant: l'autre...

"Je n'ai pas de lumières sur la souffrance humaine... comme l'amour elle ferme les yeux.

J'ai peur d'entrer dans certaines chambres. j'ai peur de la souffrance sans nom, de cette douleur qui ne s'organise dans aucun langage, qui ne se ménage plus la complicité d'un regard ou d'un pauvre sourire. J'ai peur de la souffrance brute. Je n'ai pas peur pour l'autre. Je crains d'être emporté dans un tourbillon. Et pourtant, presque toujours, je franchis le seuil."

Jean-Yves Quellec

 

Dans le moulin de ma solitude, vous entriez comme l'aurore,
vous avanciez comme le feu.
Vous alliez dans mon âme comme un fleuve en crue.
Et vos rives inondaient toutes mes terres.
Quand je rentrais en moi, je n'y retrouverais rien :
là où tout était sombre, un grand soleil tournait.
Là où tout était mort, une petite source dansait.
Une femme si menue qui prenait tant de place: je n'en revenais pas.
Il n'y a pas de connaissance en-dehors de l'Amour.
Il n'y a dans l'amour que de l'inconnaissable.

Christian Bobin, une petite robe de fête.

 

 

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Ce que l'Amour a de plus doux, ce sont ses violences

29 Juin 2015, 05:06am

Publié par Grégoire.

Ce que l'Amour a de plus doux, ce sont ses violences

 

"Ce que l'Amour a de plus doux, ce sont ses violences ;

son abîme insondable est sa forme la plus belle ;

se perdre en lui, c'est atteindre le but ;

être affamé de lui, c'est se nourrir et se délecter ;

l'inquiétude d'amour est un état sûr ;

sa blessure la plus grave est un baume souverain ;

languir de lui est notre vigueur ;

c'est en s'éclipsant qu'il se fait découvrir ;

s'il fait souffrir, il donne pure santé ;

s'il se cache, il nous dévoile ses secrets ;

c'est en se refusant qu'il se livre ;

il est sans rime ni raison, et c'est sa poésie ;

en nous captivant il nous libère ;

ses coups les plus durs sont ses plus douces consolations ;

s'il nous prend tout, quel bénéfice !

c'est lorsqu'il s'en va qu'il nous est le plus proche ;

son silence le plus profond est son chant le plus haut ;

sa pire colère est sa plus gracieuse récompense ;

sa menace rassure

et sa tristesse console de tous les chagrins ;

ne rien avoir, c'est la richesse inépuisable (…)

Voilà le témoignage que moi-même et bien d'autres

nous pouvons porter à toute heure,

à qui l'amour a souvent montré

des merveilles, dont nous reçûmes dérision,

ayant cru tenir ce qu'il gardait pour lui.

Depuis qu'il m'a joué ces tours

et que j'ai appris à connaître ses façons,

je me comporte tout autrement avec lui :

ses menaces, ses promesses,

tout cela ne me trompe plus :

je le veux tel qu'il est, peu importe

qu'il soit doux ou cruel, ce m'est tout un."

 

Hadewich d’Anvers

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Nous ne sommes pas là pour séduire mais pour faire peur !

28 Juin 2015, 23:34pm

Publié par Grégoire.

Enorme de Funès... film prémonitoire de notre société.

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Voir cela s’apprend, ou la 'vertu' d'effacement...

28 Juin 2015, 04:59am

Publié par Grégoire.

Voir cela s’apprend, ou la 'vertu' d'effacement...

 

Il est possible que la plus grande partie de cette vie soit invisible et que nous ayons à en devenir des transmetteurs, mais la plupart du temps nous y faisons obstacle. Tournés vers nous-même nous devenons opaques, nous offrons une résistance à quelque chose qui demande juste à passer à travers nous pour aller plus loin et cette vertu d’effacement, avant de la trouver un peu plus tard chez ce que l’on appelle aussi improprement les « saints », je l’ai trouvé chez certains artistes, peintres, écrivains ou musiciens.

La vie en société se fait d’autant plus facilement qu’on y est comme absent, c’est une vie de somnambule. On fait d’autant mieux les choses sociales que l’on ne les pense pas, elles se pensent et agissent à notre place et en notre nom. On ne peut naître que de l’effacement et du retrait au monde. Pour cela il suffit parfois  d’entendre parler d’autre chose que de ce que l’on vous montre comme nécessaire, inévitable et fatal.   Au fond, un tableau, une musique ou un livre est tout à coup devant nous comme une porte battante que l’on vient de pousser : on a le temps d’entrevoir des bribes furtives avant que cela se referme, pas plus c’est comme une fève de lumière dans un gâteau d’ombre, nous racontent autre chose que celles qui ont cours, marchandes et obligées.

On n’est pas certain de ce que l’on a vu, on aurait du mal à en rendre compte, mais on ne peut pas en douter, car cela a fait venir un courant d’air, un rafraîchissement soudain dans la pièce, et l’on constate qu’il y a infiniment plus de lumière que tout ce que l’on nous a raconté. Nous venons de l’entrevoir par la porte d’un tableau, par le silence entre deux notes de musique ou par la fenêtre grande ouverte d’un livre ou d’une seule phrase, comme celle d’André d’Hôtel que j’aime beaucoup : « J’entendis soudain une porte claquer au fond du ciel » .

Le paradis, c’est le présent, ce qui nous fait face. Voir cela s’apprend. C’est la vie qui vous taille et vous découpe les yeux avec son petit marteau de sculpteur et ce sont les épreuves qui vous apprennent à voir. Il faut payer pour voir. J’aime beaucoup « La petite châtelaine » de Camille Claudel, il se passe beaucoup de choses dans ses yeux, on peut penser en la voyant qu’elle est l’image parfaite de ce à quoi nous pouvons aspirer. Et si nous laissons la vie faire son travail elle nous donnera ce visage-là, à la fois espérant, presque méfiant, crédule et malgré tout, ouvert. C’est la vie qui est le sculpteur, et nous qui sommes la matière brute

Je pense que chacun fait ce qu’il peut et que le substrat premier c’est la crainte le sentiment d’abandon le sentiment enfantin de devoir traverser un couloir la nuit est partagé par tout le monde dans tous les pays depuis toujours Et ce que l’on appelle l’art c’est juste une réponse une manière de siffler dans le noir pour que le cœur ne se décroche pas dans la poitrine pour que la peur ne vous envahisse pas trop…

C’est cela que j’entends dans Jean-Sébastien Bach, mais c’est aussi cela que je peux ressentir devant la surnaturelle joie des papiers découpés de Matisse. Cette œuvre s’arrache à quelque chose de ténébreux. Parfois la lutte est gagnée. Matisse est un des rares soldats de cette guerre-là que chacun mène avec sa propre mélancolie, avec son propre sentiment d’abandon et de détresse, un des rares qui a gagné la bataille que chacun mène avec sa vie…

 

Christian Bobin, interview.

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Elephant Song

27 Juin 2015, 05:52am

Publié par Grégoire.

Excellente performance de Xavier Dolan.

Excellente performance de Xavier Dolan.

Elephant Song, premier film anglophone de Charles Binamé, est d’un académisme, mais son trio d’acteur principaux vaut le détour.

Binamé est un grand directeur d’acteur. Chacun de ses longs métrages est indissociable d’une remarquable performance d’acteur  Bruce Greenwood, toujours excellent, Catherine Keener et la surprise du film, Xavier Dolan  qui se révèle être un formidable comédien.

Le film est adapté de la pièce de Nicolas Billon par l’auteur lui-même, Binamé réussit mal à faire oublier l’origine théâtrale de son matériel de base.  Nous suivons le Dr Toby Green (Bruce Greenwood) qui cherche à élucider le mystère entourant la disparition de son collègue, le Dr Lawrence. Son principal témoin est Michael (Xavier Dolan), un patient de l’hôpital psychiatrique où il travaille. Michael est un enfant «dérangé» qui vécut avec sa mère suicidaire et son père chasseur d’éléphant. Les troubles de Michael ont pour point d’origine le safari à lequel son père l’a convié enfant, voir son père tuer un éléphant fut un événement traumatisant pour le jeune Michael, depuis la ligne entre le bien et le mal et la vie et la mort est plus que flou, lorsqu’il voit sa mère se suicider, il la regarde mourir froidement.

Michael amène le Dr Green sur différentes pistes: parfois fausses, parfois vraies. Pour lui, tout cela ne semble qu’un jeu. Dolan réussit à nous exposer le coté maladif de personnage, toujours en finesse et sans jamais tomber dans l’excès. Face à lui, Greenwood est en tout point formidable, à la fois empathique et contrarié; cet habitué des secondes places trouve ici l’un de ces plus beau premier rôle. Gravite autour d’eux l’infirmière en charge de Michael et ex-femme de Dr Green, interprétée par la talentueuse Catherine Keener.

http://www.cinemaniak.net/elephant-song/​

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Occupation des failles et du rien...

26 Juin 2015, 05:27am

Publié par Grégoire.

Occupation des failles et du rien...

« …Au cœur de ma révolte dormait un consentement » A.Camus

 

« Nous ne connaitrons jamais d’autre perfection que celle du manque » Ch.Bobin

 

Sans forcément les comprendre dans un premier temps, ces phrases me parlent. Est-ce parce qu’elles portent en elles une contradiction, une portée poétique, une confidence personnelle, une affirmation simple et posée, une clé enfin possible du trousseau ?

 

L’idée de l’absurdité si présente chez Camus ne peut être supportée et vécue sans une forme d’acceptation transformée, celle du temps que prend Sisyphe lorsqu’il redescend de la montagne cherchant son rocher dans la vallée, celle de cet espace de liberté que les Dieux ne peuvent lui contester, celle de la graine de « choisir » plantée dans la tourbe du subir. Les efforts, la souffrance, l’inimaginable peine à perpétuité, l’absurdité, ne peuvent être consentis, je ne dirai pas compris ou acceptés, que par cet espace-temps qu’il parcourt du pas léger de sa descente. Lorsque le poids des jours se fait trop lourd, j’imagine sa course éolienne. Cet assentiment né de la situation d’absurdité comme le blues nait de l’esclavage peut alors faire le lit d’un consentement permis, nourrissant paradoxalement la révolte. « Il faut imaginer Sisyphe heureux » semble la seule solution, malgré tout fataliste, à laquelle se range Camus, pour accepter de vivre, le seul miroir qu’il nous tend.

 

Introduire une acceptation, voire du bonheur dans l’absurde, comme le fragile s’introduit dans la vie, jusqu’à devenir invincible, c’est d’une certaine façon ce que Bobin répète aussi : « Il est possible que les épreuves soient une chance accordée ». Chercher jusque dans une malédiction divine une forme de bonheur caché, même infime, mais fissurant alors l’absurdité nous ramène à Sisyphe. Seule la fêlure de l’absurdité permet qu’elle soit envisageable. L’absurdité infaillible n’est pas supportable et pousse au suicide. Le travail de la Création même est d’avoir créé des failles dans le néant absurde puis d’avoir ouvert des mers pour lui échapper, mis en place des guides pour en trouver la sortie, d’avoir fissuré celui-ci de béatitudes, d’avoir glissé l’espoir dans la faille, comme un coin dans la densité invivable de l’absurde…

 

Considérer la sensation de manque comme la perfection absolue, c’est aller encore plus loin. Je rajouterai « volontairement » à la notion de manque car il faut que la démarche soit choisie et non imposée. Dans un monde où pour certains, tout semble possible et où pour d’autres tout semble absurde et révoltant, choisir l’ascétisme ou la voie de manquer plutôt que de posséder est une constance minoritaire de toutes cultures. Le vide du renoncement est plénitude, puisque de nous dépendant et non périssable. La quête durien est la seule qui ne peut nous être volée. Ce dégagement de notre espace le plus souvent encombré crée un vide qui attire. Il permet d’occuper cet espace en nous que le monde ou les Dieux ont oublié, comme ce temps durant lequel le rocher dévale la pente, et de se débarrasser de ce dont nous avons pu nous libérer, sans regrets ni mémoire. Même les murs n’ont alors plus lieu d’être. N’est ce pas la définition de la liberté ? La perfection du manque est alors là, finie et totale ; contrairement à la recherche de possession jamais assouvie. Consentir au rien, faille lumineuse… Déménager avec pour seul fourgon deux poches vides me semble proche de cette perfection. Certains l’osent vivants, tous le feront morts.

 

Jean-François Debargue (Procédures et modes d’emplois)

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Avignon : le Off a cinquante ans !

25 Juin 2015, 23:13pm

Publié par Grégoire.

Avignon : le Off a cinquante ans !

 

Une conférence de presse du Off, c'est toujours une avalanche de chiffres écrasants! Comment est-ce possible? se demande-t-on chaque année. Et chaque année ça recommence, et ça marche! Greg Germain, président de l'association qui fédère, depuis dix ans, compagnies et salles, Avignon Festival & Compagnies, avait convié la presse hier, dans la salle Réjane du Théâtre de Paris. Les journalistes étaient rares mais au fil du temps, la presse nationale, qui, jusqu'alors, à l'exception deLa Croix, de L'Humanité, du Figaro, ne faisaient guère de place aux créations du Off, s'y est aventurée depuis quelques étés...

Rompu à l'exercice, celui qui est aussi un comédien et metteur en scène très estimé et qui dirige le très actif théâtre d'Avignon qui présente les œuvres de la France d'Outremer à la Chapelle du Verbe Incarné, a pris la parole brièvement, avant de commenter, projections à l'appui, des «camemberts» comme il les nomme, reprenant les statistiques astronomiques de cette manifestation.

Le festival off d'Avignon, est-il, comme le proclament les affiches visibles partout en France, grâce au mécénat de Jean-Claude Decaux, «le plus grand théâtre du monde»? D'autres festivals peuvent revendiquer des chiffres aussi lourds, Edimbourg, notamment.

Mais la particularité du Off d'Avignon est d'avoir grandi en marge du festival créé par Jean Vilar en 1947 et de bénéficier ainsi de la venue de journalistes du monde entier, qui viennent tout de même d'abord pour le «in» et la grandiose beauté de la cour d'Honneur.

C'est un poète, doux et bourru à la fois, qui fut à l'origine du Off. Comme l'a dit en substance Greg Germain: «En créant, le 17 juillet 1966 son texte Statues, André Benedetto ne savait pas qu'il inventait le Off.»

Depuis le Off n'a cessé de gonfler jusqu'à risquer l'explosion. Pour ce jubilé 2015 sont d'ores et déjà prévus: 1071 compagnies, 8000 artistes et techniciens, qui joueront 1336 spectacles. Parmi ces compagnies, 126 viennent de 27 pays étrangers. Les dates sont celles du «in»: 4 au 26 juillet, avec le 3 la fameuse parade d'ouverture. Alors que 192 festivals ont disparu, cette année, en France, le Off demeure un recours essentiel pour les compagnies ou les jeunes isolés qui cassent tous leurs tirelires.

Ils viennent chercher, selon les études menées par Avignon Festival & Compagnies, quatre choses:

- vendre leurs spectacles

- rencontrer le public

- obtenir des articles

- jouer dans la durée

Trois semaines, cela compte et en particulier pour conserver ou acquérir le fameux statut d'intermittent du spectacle. Mais Greg Germain est fin diplomate et il passe vite sur ce dernier point.

À l'heure de l'électronique, des Tweets et des réseaux sociaux en général, Avignon Off demeure une énorme machine papivore. Cette année encore on promet des gestes écologiques, et, la députée-maire PS de la ville, voudrait bien instaurer une certaine harmonie dans l'affichage. Plus d'affiches en plastique et des emplacements dédiés...

On est loin de la joyeuse époque des affichages à la bonne franquette. Flairant le filon, des sociétés sont nées qui organisent ces affichages et tondent un peu plus les jeunes compagnies, obsédées par la communication.

Greg Germain annonce une nouvelle publication tirée à 200.000 exemplaires: Venez quand vous voulez! Elle sera distribuée partout en France, par les mairies et les offices de tourisme.

Et puis, bien sûr, il y a le fameux Programme du Off. Un véritable bottin. Pour y figurer, il faut adhérer à l'association. Une bible pour le festivalier qui y trouve horaires, durée des spectacles, classements par genre, index nombreux, plans, etc. Ce programme: c'est 130 tonnes de papier recyclé! Souvent, jusqu'à présent, ils sont hélas jetés n'importe comment ou brûlés...On va essayer de les recycler encore!

Le Off est essentiel dans l'économie globale de la ville et engendre 1000 emplois. On peut prendre des cartes d'abonnement et bénéficier de prix plus économiques. Ils étaient 52.000 en 2013, 50.000 en 2014 (le conflit des intermittents, les grèves ont refroidi les ardeurs l'été dernier). 694.705 places ont été vendues pourtant.

Bref! Des tonnes de papiers, des milliers de spectateurs. Et beaucoup de rendez-vous spéciaux cette année. 

 

http://pdf Programme du festival OFF d'Avignon 2015

http://www.avignonleoff.com/telechargements/

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Silence

25 Juin 2015, 05:00am

Publié par Grégoire.

Silence

Un vide envahit notre monde : celui du silence de la déception et de l’échec. Nous restons sidérés devant notre impuissance à rendre l’humanité heureuse, à faire de notre planète un sweet home. Un froid glacial – comme celui d’un hiver nucléaire – gagne nos regards, nos espérances et même nos désirs. C’est le silence qui suit la dévastation, celui qui fait irruption au milieu de la certitude clinquante de notre liberté, de la prétendue maîtrise de nos existences et de notre destinée.

Muets

Ce silence de mort est celui de la sécheresse du cœur, qui s’étend inexorablement comme le sable d’un désert plombé par le soleil caniculaire de notre ego collectif. Nous pensions bâtir une Babylone Nouvelle et nous sommes devenus muets, étrangers les uns aux autres ; bientôt la parole va nous manquer. Le bavardage, l’auto-affirmation idéologique ou libertaire, l’insulte et le cri de guerre couvrent le silence dans lequel nous engloutissent nos peurs et nos terreurs.

Mais il faut savoir traverser le silence de la nuit pour découvrir celui de l’amour.

Absence

C’est que nous avons peur du silence de Dieu qui nous semble impuissant ou absent de nos combats et de nos épreuves. Le silence de l’extase, de la beauté ou de ce qui est présent là tout simplement, sans bavardage ni commentaire, nous paraît alors pâle, insignifiant, inconsistant même, face au silence assourdissant du désespoir et de l’anéantissement, que notre siècle masque vainement en s’enivrant de divertissements.

Pure présence

Et si le silence de Dieu était là, présent à l’intérieur de l’échec et du bruit, de l’impuissance humaine et de l’inexprimable de la souffrance ? S’il était patience qui écoute et soin sans mots qui ne se donne que dans une tendresse trop profonde pour être perçu par nos âme endolories ?

C’est dans la part essentielle et souvent inaccessible de nos vies chaotiques et fissurées que le cœur silencieux de Dieu vient à nous en nous invitant à laisser nos blessures être visitées, ointes, baignées par le Souffle silencieux de sa miséricorde.

Car au fond du bruit et des gémissements de notre monde bat le cœur du Crucifié. En perfusion de sa Vie, trop grande pour que nous puissions la contenir, la recréation souterraine des nôtres a déjà commencé.

Samuel R. http://culture-foi.blogs.la-croix.com/silence/2015/04/02/

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Qu’était-ce que Dieu...?

24 Juin 2015, 05:09am

Publié par Grégoire.

Qu’était-ce que Dieu...?

Je me rappelai alors comment notre pasteur parlait de Dieu, dont la petite chambre était un défi à la beauté, une défense dérisoire contre la pression du vrai monde : comme un sous-ordre eût parlé d’un patron exceptionnellement vertueux et capable, disposant sur ces ouvriers des pleins pouvoirs comme il eût parlé de lui devant des ouvriers assez peu soucieux qu’existât ou non ce lointain personnage, plutôt gênés simplement par sa venue éventuelle, irrités d’avance à l’idée qu’il pourrait leur faire une remarque désagréable sur leur tenue, ou même sur leur conduite en dehors des heures. De ces propos, de l’ennui dont ils étaient imprégnés et qu’ils dispensaient, je ne pouvais me souvenir sans dégoût.

S’il fallait parler de Dieu, que ce fût comme en avaient parlé les prophètes, enveloppés, emportés par sa puissance : si le moindre vent du sud pouvait nous retourner le cœur, qu’était-ce que Dieu, sinon un vent capable d’absorber ce vent par sa seule approche ? Et, dès lors, comment était-il permis d’en parler sur le ton d’un maître d’école évoquant un grand capitaine entre un bâillement et un coup de férule ? Ou que ce fût comme en parlaient les saints : perdant le souffle, comprenant, ou plutôt éprouvant dans le fond de leur être qu’ils ne pouvaient en parler, qu’ils pouvaient seulement chercher des mots qui fussent comme des flèches lancées vers le lieu même qu’ils étaient sûrs de ne jamais pouvoir atteindre.

Il me semblait, peut-être à tort, que n’importe quelle insouciance de Dieu était préférable à ce glacial et placide usage de son nom, entre quatre murs qu’il ne pouvait habiter, pas plus que le feu ne brûle dans un réceptacle clos. Que n’ouvrait-il donc un passage, cet homme qui s’était voué au service de l’Absolu, dans ces cloisons aux trop suaves tapisseries ! C’était cela qu’il devait faire, et déchirer, meurtrir, détruire ; précipiter ces âmes trop paisibles, trop sérieuses aussi, dans un passage où s’engouffrerait, avec d’autant plus d’impétuosité que celui-ci serait plus étroit, le souffle de l’Esprit.

Comment ces hommes, s’ils ont l’assurance de Dieu, ne sont-ils pas pleins à craquer de bonheur, comment se fait-il, s’ils savent d’expérience profonde, indubitable, qu’ils n’accomplissent ici qu’un exercice d’éternité, comment se peut-il qu’ils aient cet air timidement contristé de croque-morts ? Ou alors, s’efforçant de regagner les masses, et particulièrement les êtres jeunes, pleins de force, qu’ils prennent ces airs de chef scout, de représentant en bonne humeur ? Comme si leur sérieux et leur jovialité étaient également forcés, comme si ces défenseurs assermentés de la vie intérieure avaient fini par se réduire à un uniforme.

 

Philippe Jaccottet, Eléments d’un songe (L’encre serait de l’ombre, notes, proses et poèmes choisis par l’auteur)

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LES PETITES HEURES

23 Juin 2015, 05:02am

Publié par Grégoire.

LES PETITES HEURES

L’écoute du monde intérieur

nous ferait parvenir 

à cette simplicité sans limites

de pouvoir rêver grand

dans les petites heures du temps ordinaire

 

avec la faiblesse de croire

que dans le plus dénué

il resterait encore

cette part de ciel et d’amour

qui qualifie la vie

 

Gilles Baudry, le bruissement des arbres dans les pages

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L'art, gardien de la dignité humaine...

22 Juin 2015, 16:40pm

Publié par Grégoire.

L'art, gardien de la dignité humaine...

 

Je pressens un avenir très sombre, si l’homme ne se rend pas compte qu’il est en train de se tromper. Mais je sais que tôt ou tard il prendra conscience. Il ne peut pas mourir comme un hémophile qui se serait vidé de son sang pendant son sommeil parce qu’il se serait égratigné avant de s’endormir. L’art doit être là pour rappeler à l’homme qu’il est un être spirituel, qu’il fait partie d’un esprit infiniment grand, auquel en fin de compte il retourne. S’il s’intéresse à ces questions, s’il se les pose, il est déjà spirituellement sauvé. La réponse n’a aucune importance. Je sais qu’à partir de ce moment-là, il ne pourra plus vivre comme avant....

 

L’art est surtout d’esprit aristocratique. L’art musical ne peut être qu’aristocratique, parce qu’au moment de sa création il exprime le niveau spirituel des masses, ce vers quoi elles tendent inconsciemment. Si tout le monde était capable de la comprendre, alors le chef œuvre serait aussi ordinaire que l’herbe qui pousse dans les champs. Il n’y aurait pas cette différence de potentiel qui engendre le mouvement...

 

A. Tarkovski. Derniers témoignages.

L'art, gardien de la dignité humaine...

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Ce qui distingue une journée de toutes les autres : une parole, un visage

22 Juin 2015, 05:00am

Publié par Grégoire.

Ce qui distingue une journée de toutes les autres : une parole, un visage

Chaque jour de ma vie était comme une pièce dans laquelle j'entrais pour y découvrir, bien en évidence sur une table, une chose et une seule qui, en la résumant, distinguerait cette journée de toutes les autres : une parole, un visage, un goutte de sang, une étoile ou une feuille de vigne.

Surgie de nulle part, mon enfance, grimpée sur mes épaules, serrait ma tête entre ses petites mains et la faisait tourner, reprenant la formule même par laquelle Louise Amour m'avait montré son lit. "Là", me disait-elle d'une voix claire. Je regardais : une mésange venait de se poser sur la croix d'une tombe adossée à un muret. Ma présence ne l'effarouchait pas.

J'aurais depuis toujours voulu être le gardien d'un brin d'herbe. J'aurais aimé être payé pour veiller sur lui.... Les vivants demandent aux vivants l'amour et la gloire. Les morts ne demandent rien aux vivant car tout cela, ils l’ont. Ce qui advient dans le visible n'est qu'un effet - parfois très retardé - de ce qui s'est auparavant passé dans l'invisible.

Tout visage est une porte et la même porte, selon l'instant où on la pousse, peut donner sur le paradis ou sur l’enfer. Sur la porte du paradis, il est écrit : "bon sens".

La violence des saints me semblait comparable à celle des tout-petits qui s'agrippent aux jupes de leur mère, greffant leurs mains au tissu, se laissant traîner, sans qu'on puisse les en décrocher avant qu'ils aient obtenu ce qu'ils voulaient.

Christian Bobin, Louise Amour.

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"Je suis l'autre" Festival d'Avignon 2015

21 Juin 2015, 05:07am

Publié par Grégoire.

"Je suis l'autre" Festival d'Avignon 2015

Le directeur du Festival In d'Avignon répond aux questions de la rédaction du Cross Média sur l'évolution du Festival et du monde de l'art ainsi que de la relation de l'Eglise avec les artistes.

http://www.festival-avignon.com/fr/

 

Quelques élements d'histoire...

1947 - 1963

Pendant 17 ans, le Festival reste l'affaire d'un seul homme, d'une seule équipe, d'un seul lieu, et donc d'une seule âme. La volonté de Jean Vilar est de toucher un public jeune, attentif, nouveau, avec un théâtre différent de celui qui se pratiquait à l'époque à Paris : "Redonner au théâtre, à l'art collectif, un lieu autre que le huis clos (...) ; faire respirer un art qui s'étiole dans des antichambres, dans des caves, dans des salons ; réconcilier enfin, architecture et poésie dramatique".

Jean Vilar s'attache une troupe d'acteurs qui viendra chaque mois de juillet réunir un public de plus en plus nombreux et de plus en plus fidèle. Ces jeunes talents, ce sont Jean Negroni, Germaine Montero, Alain Cuny, Michel Bouquet, Jean-Pierre Jorris, Silvia Montfort, Jeanne Moreau, Daniel Sorano, Maria Casarès. Gérard Philipe, déjà célèbre à l'écran, les a rejoints en 1951 ; il en est resté le symbole, avec ses rôles fameux du Cid (Corneille) et du Prince de Hombourg (Kleist). (...)

L'administration et la troupe qui s'organisent à Paris présentent en Avignon des spectacles qui feront date : Lorenzaccio, Dom Juan, Le Mariage de Figaro, Meurtre dans la cathédrale, Les Caprices de Marianne, Mère Courage, La guerre de Troie n'aura pas lieu...

Et chaque été, au Palais des papes, c'est une liturgie, un rituel, une "communion" qui se déroule.

 

1964 - 1979

Jean Vilar est lui-même le premier conscient que ce rituel risque aussi de se changer en routine. D'autres personnalités du théâtre s'affirment également en France. Enfin, le directeur du TNP est las de cumuler des fonctions écrasantes ; il quitte le palais de Chaillot, en 1963, pour se consacrer au Festival d'Avignon, qu'il soumet à une interrogation incessante. (...)

Dès lors, le Festival est plus difficile à maîtriser. De nouvelles générations en témoignent. Ainsi en 1968, Jean Vilar est-il dans la tourmente. La vague de la révolte étudiante de mai 1968 atteint le Festival et conteste son père fondateur. La confusion des esprits est à son comble et Jean Vilar, pourtant si ouvert au dialogue avec la jeunesse, en souffrira irrémédiablement. Il est emporté par une crise cardiaque en 1971.

C'est Paul Puaux, témoin et acteur de l'aventure, qui poursuit l'entreprise Vilar.

Parallèlement au Festival, s'est créé un hors festival : le "off", regroupement épars de compagnies d'abord locales (André Benedetto, Gerard Gélas) puis de jeunes équipes venues des quatre coins de France (Gildas Bourdet, Bernard Sobel...) désireuses de toucher le public du Festival. Sans pour autant avoir été sélectionnées et invitées par la direction du Festival, elles veulent participer à ce qui devient la grande fête estivale du théâtre, rendez-vous incontournable des professionnels et du public amateur de théâtre.

http://www.festival-avignon.com/fr/histoire

 

 

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L'homme le plus dangereux de la planète....

20 Juin 2015, 20:18pm

Publié par Grégoire.

Laudato Si, l'encyclique sur l'environnement, a rendu quelques personnes outre-Atlantique d'humeur saumâtre

Laudato Si, l'encyclique sur l'environnement, a rendu quelques personnes outre-Atlantique d'humeur saumâtre

Le pape François a publié, jeudi, son encyclique sur l'environnement Laudato Si qui a rendu quelques personnes outre-Atlantique d'humeur saumâtre. En remettant l'homme face à ses responsabilités concernant le réchauffement climatique, pointant notamment du doigt «la soumission de la politique à la technologie et aux finances qui se révèle dans l'échec des Sommets mondiaux sur l'environnement», le Saint-Père s'est attiré les foudres des conservateurs américains. Qui estiment qu'ils n'ont aucun conseil à recevoir de sa part et qu'il devrait rester, de préférence, en dehors de la sphère politique.

Point de mesure par contre concernant l'expert de la chaîne ultra-conservatrice Fox News, Greg Gutfeld, qui a qualifié le pape d'«homme le plus dangereux de la planète», rapporte le Huffington Post aux États-Unis. Pour justifier ses propos, le spécialiste prétend que le souverain pontife chercherait à plaire à «ses adversaires», parmi lesquels les libéraux. C'est ce rapprochement qui confèrerait au pape sa «dangerosité.»

Greg Gutfeld va plus loin, regrettant que le pape François n'aspire pas «à devenir le pape de nos grands-parents.» Et d'ajouter caustique: «Il veut être un pape moderne (...), il ne lui manque plus que des dreadlocks et un chien avec un bandana et il pourra aller manifester à Wall Street».

Cette prise de position extrême n'est cependant pas partagée par toute la rédaction de Fox News,parmi lesquels Juan Williams qui estime que la mission du pape serait aussi de protéger la planète.

http://tvmag.lefigaro.fr/le-scan-tele/actu-tele/2015/06/20/28001-20150620ARTFIG00135-pour-fox-news-le-pape-francois-est-l-homme-le-plus-dangereux-de-la-planete.php

 

l'encyclique a été accueillie avec réticence par les climatosceptiques, nombreux aux Etats-Unis. En tête de file : Jeb Bush, le candidat récemment déclaré à la Maison Blanche. En campagne dans l'Iowa (centre) pour la primaire républicaine, il s'est expliqué : «Je respecte le pape, c'est un dirigeant formidable, mais ce problème doit être résolu dans le domaine politique... Je ne vais pas à la messe pour entendre parler économie ou politique». Et d'enfoncer le clou : «Bon, le climat est en train de changer. Je crois qu'il y a des solutions technologiques pour tout, et je suis sûr qu'il y en a aussi une pour ça».

http://www.leparisien.fr/

 

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« Ces mots que je rugis »

20 Juin 2015, 05:13am

Publié par Grégoire.

Programmation de Présence Chrétienne au Festival d'Avignon

Programmation de Présence Chrétienne au Festival d'Avignon

« Ces mots que je rugis »

Les paroles, les discours, les mots devenus innombrables et anarchiques, noyés par les images auxquelles ils sont associés peuvent sembler vains. Y a-t-il encore quelque chose à dire ou quelque chose d’audible ? Comment permettre aux mots de se faire de nouveau entendre dans leur saveur première ? Faut-il les crier, les hurler, les rugir ou les murmurer ?

Cette année nos rencontres avec les comédiens nous feront écouter ce que les mots, les gestes, l’acteur jeté au milieu de nos regards nous disent et nous taisent. Nous serons là pour accueillir les questions, les doutes, les joies qu’ils viendront nous confier.

Le Christ sur la Croix dit sa détresse avec ces mots « Mon Dieu, pourquoi m’as tu abandonné… » qui sont les premiers d’un psaume qui crie la détresse et la confiance tout à la fois. « Loin de me sauver, les mots que je rugis » : le poète et le Christ crient l’attente et la douloureuse distance que ces mots traversent. Nos paroles savent-elles rugir cette attente de l’aurore qui monte de la rumeur du monde ?

fr Samuel

 

Cliquez ici pour télécharger le programme complet :

 Programmation Présence Chrétienne – Festival 2015

 

Présence Chrétienne

Depuis la fondation du Festival d’Avignon par Jean Vilar en 1947, la communauté chrétienne est engagée dans ce qui est devenu la plus grande manifestation du spectacle vivant en France. Les rencontres Foi et culture, inaugurées par le Père Robert Chave, sont l’occasion pour la 49ème année d’écouter, d’interroger des metteurs en scène, des comédiens, des auteurs pour découvrir la quête, la souffrance, l’espérance qui traversent leurs œuvres. Plusieurs chapelles sont dédiées aux spectacles professionnels : théâtre, musique, chant, danse.

L’artiste n’est-il pas là pour rappeler à l’homme qu’il est fait pour autre chose que pour dominer le monde par l’efficacité des techniques et la puissance de l’économie ? L’artiste n’a-t-il pas le sens de l’appel inscrit dans le cœur de l’homme à un dépassement de lui-même ? L’artiste n’est-il pas un peu prophète ? «S’il règne parfois à force de comprendre» comme disait A. Camus, n’est-ce pas parce qu’il a saisi et su exprimer quelque chose qui habite le cœur de tout homme ?

http://www.diocese-avignon.fr/spip/-Presence-Chretienne-au-Festival-124-

 

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L'inattendu est la signature authentique du Divin...

19 Juin 2015, 05:46am

Publié par Grégoire.

L'inattendu est la signature authentique du Divin...

"Le clochard fumait un cigare.

C'est toujours merveilleux de voir quelqu'un ne pas répondre à l'imaginaire qu'on avait de lui. 

L'inattendu est la signature authentique du divin."


Christian Bobin, Les ruines du ciel.

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Se retirer pour tout recevoir à fleur de peau...

18 Juin 2015, 05:10am

Publié par Grégoire.

Se retirer pour tout recevoir à fleur de peau...

L’écriture a par essence une tendance autistique. Le poète est un autiste qui parle. L’autiste, c’est un homme nu dans une pièce vide. Il n’éclaire rien parce qu’il retient sa lumière, mais en écrivant il retourne sa peau, et l’envers de cette peau est chamarré de couleurs splendides. L’autisme est un soleil inversé : ses rayons sont dirigés vers l’intérieur. La surface externe est lisse, sans ressenti ni attraits, mais l’intérieur est d’une magnificence inouïe. Tant que la personne est enclose en elle-même, rien n’irradie, ou à peine, mais quand elle arrive à s’exprimer, c’est inimaginable la splendeur qui est à l’intérieur. Comme l’autiste en se taisant, le poète s’ensevelit en écrivant : il vit une gloire interne et il est mort pour le monde.

Christian Bobin, La lumière du monde

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Magicien de l’insécurité

17 Juin 2015, 05:02am

Publié par Grégoire.

Magicien de l’insécurité

 

A partir de l’incertitude avancer tout de même. Rien d’acquis, car tout acquis ne serait-il pas paralysie ? L’incertitude est le moteur, l’ombre est la source. Je marche faute de lieu, je parle faute de savoir, preuve que je ne suis pas encore mort. Bégayant, je ne suis pas encore terrassé. Ce que j’ai fait ne me sert à rien, même si ce fut approuvé, tenu pour une étape accomplie. Magicien de l’insécurité le poète…, juste parole de Char. Si je respire, c’est que je ne sais toujours rien. Terre mouvante, horrible, exquise, dit encore Char. Ne rien expliquer, mais prononcer juste. 

Comment recommencer pourtant ? Tout est là. Par quel chemin détourné, indirect ? Par quelle absence de chemins ? A partir du dénuement, de la faiblesse, du doute. Avec l’aide de l’oubli de ce qui fut fait, du mépris de ce qui est fait et applaudi, conseillé ou intimé aux écrivains d’aujourd’hui.

En particulier par défi à l’aplatissement des âmes. Non point les défroques des princes, des chevaliers, mais leur fierté, leur réserve. Il n’est pas de poésie sans hauteur. De cela au moins je suis sûr, et fort de cette assurance à défaut d’une autre force. Mais pas de châteaux : les rues, les chambres, les chemins, notre vie.

 

Philippe Jaccottet, Notes de carnets.

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L’indifférence du sable

16 Juin 2015, 05:50am

Publié par Grégoire.

L’indifférence du sable

 

Devant des cercueils emplis de sable, un homme exhorte à « résister face à l’indifférence ».

En mal de reconnaissance et de postérité, ce n’est pas la première fois, ni la dernière que des hommes d’Etat prennent en otages et s’identifient par procuration à ces hommes et ces femmes héroïques s’étant dressés contre l’ordre établi et les majorités silencieuses, principaux leviers de gouvernance de ces mêmes hommes d’Etat.

Reconnaitre implicitement un courage qui leur fait défaut, est ce un aveu d’impuissance ou le salvateur sursaut d’un vouloir mieux faire ?

Honorer ceux qui ont témoigné et se sont engagés en résistance, pour la liberté au risque de leur sécurité, et à contre courant pour les « oubliés, les exploités, les déportés », est ce associer leur histoire à l’Histoire d’une république digne qui en retiendrait et en appliquerait les leçons ? Ou est ce la « javellisation » d’une poursuite de collaboration pragmatique avec des dictatures traditionnelles ou plus modernes comme celles des multinationales ou de la finance ?

Le sable devant lequel un homme s’incline, c’est aujourd’hui celui des plages ou des fonds marins que rejoindront des exilés tous autant entassés sur des bateaux de fortune que ceux qui l’étaient dans des wagons plombés. Le sable devant lequel un homme s’incline, c’est aujourd’hui celui des bas-côtés où s’enlisent les laissés pour compte de toutes les sociétés. Le sable devant lequel cet homme s’incline, c’est celui de ce sablier géant Saharien où survivent depuis 40 ans les réfugiés Sahraouis auxquels, entre autres, le pays de cet homme refuse l’accès à la décolonisation. Ce sable, c’est celui des fosses communes des portés disparus, des cimetières à ciel ouvert de déserts traversés dans l’espoir d’accéder à ce pays où l’on porte en les honorant au Panthéon des cercueils qu’il contribue à remplir. Comment le sable des réfugiés, des naufragés, des exclus, finit il de lester cette tombe de notre histoire collective ? Je veux croire que l’exemple héroïque et la mémoire de ces hommes et de ces femmes de l’ombre supplantera demain le retour lâche et amnésique de la raison d’Etat. Comme je veux croire que des milliers d’hommes et de femmes de l’ombre ne continueront pas de disparaitre dans l’indifférence des sables.

Jean-François Debargue

28 mai 2015

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Ne lisez plus les journaux !

15 Juin 2015, 05:20am

Publié par Grégoire.

Ne lisez plus les journaux !

« L’on s’étonne dans les 

quotidiens 

et il y a cent mille quotidiens

qui ne molvent que des 

balivernes 

et qui donnent [chaque] jour

à la conscience 

humaine 

sa prolifique platée 

de sottises, de cancans, 

de fausses nouvelles, 

on s’étonne que la vie 

aille aussi mal 

et qu’est-ce que c’est que la vie 

qu’est-ce que c’est que le mal 

dans la vie 

qu’est-ce que c’est que le 

mal de vivre, 

le mal de vivre dans la vie, 

et comment vivez-vous 

tous dans votre vie 

et qu’est-ce que vous y faites dans la vie 

et à quoi vous sert-elle la vie 

à quoi vous sert-il de vivre, 

et pourquoi vit-on ? »

 

Antonin Artaud - Cahiers d'Ivry, février 1947-mars 1948

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Le progrès, point final?

14 Juin 2015, 12:12pm

Publié par Grégoire.

Le progrès, point final?

Dans son nouvel ouvrage, le philosophe Robert Redeker analyse la mort de la «religion du progrès» dans nos sociétés occidentales. Il en explique les causes et les conséquences dans un entretien fleuve accordé au Figarovox.

Professeur agrégé de philosophie, Robert Redeker est écrivain. Son dernier livre «Le progrès, point final?» vient de paraître aux éditions Ovadia.

 

FIGAROVOX. - L'idée de progrès, expliquez-vous, n'est plus le moteur des sociétés occidentales. Partagez-vous le constat de Jacques Julliard qui explique que le progrès qui devait aider au bonheur des peuples est devenu une menace pour les plus humbles?

Robert REDEKER. - Le progrès a changé de sens. De promesse de bonheur et d'émancipation collectifs, il est devenu menace de déstabilisation, d'irrémédiable déclassement pour beaucoup. Désormais, on met sur son compte tout le négatif subi par l'humanité tout en supposant que nous ne sommes qu'au début des dégâts (humains, économiques, écologiques) qu'il occasionne. Le progrès a été, après le christianisme, le second Occident, sa seconde universalisation. L'Occident s'est planétarisé au moyen du progrès, qui a été sa foi comme le fut auparavant le christianisme. Il fut l'autre nom de l'Occident.

 

Aujourd'hui plus personne ne croit dans le progrès. Plus personne ne croit que du seul fait des années qui passent demain sera forcément meilleur qu'aujourd'hui. Le marxisme était l'idéal-type de cette croyance en la fusion de l'histoire et du progrès. Mais le libéralisme la partageait souvent aussi. Bien entendu, les avancées techniques et scientifiques continuent et continueront. Mais ces conquêtes ne seront plus jamais tenues pour des progrès en soi.

 

Cette rupture ne remonte-t-elle pas à la seconde guerre mondiale et de la découverte des possibilités meurtrières de la technique (Auschwitz, Hiroshima)?

Ce n'est qu'une partie de la vérité. L'échec des régimes politiques explicitement centrés sur l'idéologie du progrès, autrement dit les communismes, en est une autre. L'idée de progrès amalgame trois dimensions qui entrent en fusion: technique, anthropologique, politique. Le progrès technique a montré à travers ses possibilités meurtrières sa face sombre. Mais le progrès politique -ce qui était tenu pour tel- a montré à travers l'histoire des communismes sa face absolument catastrophique. Dans le discrédit général de l'idée de progrès l'échec des communismes, leur propension nécessaire à se muer en totalitarismes, a été l'élément moteur. L'idée de progrès était depuis Kant une idée politique. L'élément politique fédérait et fondait les deux autres, l'anthropologique (les progrès humains) et le technique.

 

Les géants d'Internet Google, Facebook, promettent des lendemains heureux, une médecine performante et quasiment l'immortalité, n'est-ce pas ça la nouvelle idée du progrès.

Il s'agit du programme de l'utopie immortaliste. Dans le chef d'œuvre de saint Augustin, La Cité de Dieu, un paradis qui ne connaît ni la mort ni les infirmités est pensé comme transcendant à l'espace et au temps, postérieur à la fin du monde. Si ces promesses venaient à se réaliser, elles signeraient la fin de l'humanité. Rien n'est plus déshumanisant que la médecine parfaite et que l'immortalité qui la couronne. Pas seulement parce que l'homme est, comme le dit Heidegger, «l'être-pour-la-mort», mais aussi pour deux autres raisons.

D'une part, parce qu'un tel être n'aurait besoin de personne, serait autosuffisant. D'autre part parce que si la mort n'existe plus, il devient impossible d'avoir des enfants. C'est une promesse diabolique. Loin de dessiner les contours d'un paradis heureux, cette utopie portée par les géants de l'internet trace la carte d'un enfer signant la disparition de l'humanité en l'homme. Cet infernal paradis surgirait non pas après la fin du monde, comme chez saint Augustin, mais après la fin de l'homme. Une fois de plus, comme dans le cas du communisme, l'utopie progressiste garante d'un paradis déboucherait sur l’enfer.

 

La fin du progrès risque-t-elle de réveiller les vieilles religions ou d'en créer de nouvelles?

Le temps historique des religions comme forces de structuration générale de la société est passé. Cette caducité est ce que Nietzsche appelle la mort de Dieu. La foi dans le progrès -qui voyait dans le progrès l'alpha et l'oméga de l'existence humaine- a été quelques décennies durant une religion de substitution accompagnant le déclin politique et social du christianisme. Du christianisme, elle ne gardait que les valeurs et la promesse d'un bonheur collectif qu'elle rapatriait du ciel sur la terre. Bref, elle a été une sorte de christianisme affaibli et affadi, vidé de toute substance, le mime athée du christianisme. Les conditions actuelles -triomphe de l'individualisme libéral, règne des considérations économiques, course à la consommation, mondialisation technomarchande-, qui sont celles d'un temps où l'économie joue le rôle directeur que jouaient en d'autres temps la théologie ou bien la politique, sont plutôt favorables à la naissance et au développement non de religions mais de fétichismes et de fanatismes de toutes sortes. L'avenir n'est pas aux grandes religions dogmatiquement et institutionnellement centralisées mais au morcellement, à l'émiettement, au tribalisme du sentiment religieux, source de fanatismes et de violences.

 

Peut-on dire que vous exprimez en philosophie ce que Houellebecq montre dans Soumission: la fin des Lumières?

Il doit y avoir du vrai dans ce rapprochement puisque ce n'est pas la première fois qu' l'on me compare à Houellebecq, le talent en moins je le concède. Ceci dit dans ma réflexion sur le progrès je m'appuie surtout sur les travaux décisifs de Pierre-André Taguieff auquel je rends hommage. Ce dernier a décrit le déclin du progrès comme «l'effacement de l'avenir». Peu à peu les Lumières nous apparaissent comme des astres morts, dont le rayonnement s'épuise. Rien n'indique qu'il s'agisse d'une bonne nouvelle. Cependant, cet achèvement n'est non plus la revanche des idées et de l'univers vaincus par les Lumières. Elle n'annonce pas le retour des émigrés! Cette fin des Lumières n'est pas la revanche de Joseph de Maistre sur Voltaire!

 

Le conservatisme, vu comme «soin du monde» va-t-il remplacer le progressisme?

Les intellectuels ont le devoir d'éviter de se prendre pour Madame Soleil en décrivant l'avenir. Cette tentation trouvait son origine dans une vision nécessitariste de l'histoire (présente chez Hegel et Marx) que justement l'épuisement des Lumières renvoie à son inconsistance. Pourtant nous pouvons dresser un constat. Ce conservatisme est une double réponse: au capitalisme déchaîné, cet univers de la déstabilisante innovation destructrice décrite par Luc Ferry (L'Innovation destructrice, Plon, 2014), et à l'illusion progressiste. Paradoxalement, il s'agit d'un conservatisme tourné vers l'avenir, appuyé sur une autre manière d'envisager l'avenir: le défunt progressisme voulait construire l'avenir en faisant table rase du passé quand le conservatisme que vous évoquez pense préserver l'avenir en ayant soin du passé. La question de l'enseignement de l'histoire est à la croisée de ces deux tendances: progressiste, l'enseignement de l'histoire promu par la réforme du collège est un enseignement qui déracine, qui détruit le passé, qui en fait table rase, qui le noie sous la moraline sécrétée par la repentance, alors que l'on peut envisager un enseignement de l'histoire qui assurerait le «soin de l'avenir» en étant animé par le «soin du passé».

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Bébé Tigre.

14 Juin 2015, 05:25am

Publié par Grégoire.

Ce premier long-métrage aux accents de polar porte un regard dénué de manichéisme sur les filières d'immigration clandestine

Ce premier long-métrage aux accents de polar porte un regard dénué de manichéisme sur les filières d'immigration clandestine

 

Réfugié en France, Many est un jeune indien de 17 ans, brillant et qui voudrait devenir ingénieur. Ses notes sont bonnes et ses professeurs croient beaucoup en lui. Sur la voie d'une intégration exemplaire, il peut être fier de lui, sauf qu'il ne respecte pas la tradition, celle d'envoyer de l'argent à ses parents restés au pays. Or, en France, les enfants sont protégés et ne doivent pas travailler. La pression familiale est trop forte et il doit absolument trouver un emploi. On lui en offre un , à la limite de la légalité. Ses professeurs et l'assistante sociale découvrent ses activités et le menacent d'expulsion lorsqu'il aura 18 ans...

Comment un sujet de société méconnu et complexe devient-il un film de fiction fluide et captivant ? Dans Bébé Tigre, premier long métrage de Cyprien Vial, cela passe par un visage. Celui, souvent en gros plan, de Many, adolescent de 17 ans tiraillé entre deux pays (la France et l'Inde, où il est né), entre un monde légal (le collège, la famille d'accueil) et un autre, illicite : le travail au noir. Many est un « mineur isolé étranger ». Ou encore, comme chacun ne le sait pas, un enfant arrivé en France grâce à un passeur, sans ses parents. Lesquels, depuis l'Inde, attendent de lui, impatiemment et régulièrement, de l'argent.

Ce visage d'ado intrigue et fascine tant il exprime de fierté et de maîtrise, dans des situations inconfortables, ou bien pires. Pour satisfaire les exigences financières des siens, Many doit supplier son passeur de lui confier du travail sur des chantiers ou d'autres basses oeuvres encore moins de son âge. Par ailleurs, il réussit sa scolarité. Entretient une relation amoureuse. Fréquente, en région parisienne, la communauté sikhe de ses origines, qui inculque un courage martial aux garçons. Au prix de mensonges incessants, notamment à son éducateur et à sa famille d'accueil, il mène ses vies de front, avec détermination.

 

La sérénité apparente du garçon, la douceur du regard posé sur lui, sur sa copine et leurs camarades de classe par le réalisateur contrastent avec le sordide des faits relatés — le film s'appuie sur un long travail de documentation, commencé dans le collège de Pantin que l'on voit à l'écran. Quand le visage de Many va-t-il enfin refléter l'enfer qu'on lui fait vivre ? Un suspense se noue autour de sa relation avec son passeur, personnage ambivalent, voire séduisant, à la fois violent et protecteur, en même temps grand frère et substitut de père. Bébé Tigre devient alors un récit initiatique et, finalement, une réflexion morale et politique, montrant, en écho à son titre-avertissement, une violente sortie d'enfance. — Louis Guichard

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Les larmes de ton corps

13 Juin 2015, 05:42am

Publié par Grégoire.

Les larmes de ton corps

Les larmes de ton corps

Sur le corps de ton Maître

Sacrement de l’accord

En lui de tout ton être

 

Tombant comme des perles

De ton collier cassé

Tes pleurs d’amour déferlent 

Noyant ton cœur passé

 

Sans désir sans détour

Voyant en toi la femme

Le seul qui sût l’amour

T’as retiré des flammes

 

Laisse tes beaux cheveux

Sur le corps d’agonie

De ce Dieu qui te veut

De tendresse infinie.

 

Evocation de Marie-Madeleine   

Charles Dumont, moine de l'abbaye de Scourmont-Chimay

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Salsa Dog...! Inépuisable...!

12 Juin 2015, 11:04am

Publié par Grégoire.

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Noir-Clair

12 Juin 2015, 05:25am

Publié par Grégoire.

suite à la sortie "carnets du soleil"
suite à la sortie "carnets du soleil"

suite à la sortie "carnets du soleil"

 

"Noir-Clair" prochain livre de Christian Bobin en hommage à Ghislaine...

 

" Il faut que le noir s'accentue pour que la première étoile apparaisse."

 

"je sais très bien que je ne te reverrai plus sur cette terre, que c’en est fini de ton rire sur la terre, du bruit de tes pas sur la terre, je me contente pour l’heure de ce savoir, la douceur qui me venait de toi me vient encore, elle est aujourd’hui portée à son extrême, elle sort de ton caveau ouvert où j’ai vu, longtemps vu et contemplé ton cercueil de bois clair et les deux autres cercueils pourris, comme des dents noires dans une bouche malade, juste au-dessus du tien, cette vision m’est précieuse, je la garde près de moi, je cherche une lumière qui peut tenir à côté, je cherche cette lumière en t’écrivant, c’est comme un travail que tu me laisses et ce travail est encore un don, le plus pur peut-être, je te rends grâce, Ghislaine, j’ai tout perdu en te perdant et je rends grâce pour cette perte, je t’aime comme un fou, je cherche douceur, lumière, amour dans cette folie, et quant au Christ, on verra bien.(...)

 

Je réfléchis, je réfléchis énormément, je suis devant ta mort comme devant une énigme, une pensée dont je ne sais trop ce qu ‘elle contient de tendre et de terrible, je devine que je n’ai pas le choix et que, pour mettre la main sur le tendre, il me faudra accueillir aussi le terrible, tu ne m’as jamais rien donné que de noble et de pur, je cherche ce qui dans ta mort est caché de noble et de pur , j’écris comme tu m’as appris à le faire : je cherche matière de louange partout, même dans le pire."

sortie prévu en septembre... 


Avant-goût en Juillet avec "L'inépuisable est à notre porte..."

https://www.facebook.com/linepuisableestanotreporte?hc_location=ufi

Noir-Clair

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