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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

A tout les nostalgiques d'une vie idéale, propre, parfaite...

30 Septembre 2014, 08:52am

Publié par Fr Greg.

A tout les nostalgiques d'une vie idéale, propre, parfaite...

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L’Eglise est-elle une douane de la grâce ou une maison paternelle ?

30 Septembre 2014, 08:42am

Publié par Fr Greg.

L’Eglise est-elle une douane de la grâce ou une maison paternelle ?

‘Je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités.

 

Je ne veux pas une Église préoccupée d’être le centre et qui finit renfermée dans un enchevêtrement de fixations et de procédures. Si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience, c’est que tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l’amitié de Jésus-Christ, sans une communauté de foi qui les accueille, sans un horizon de sens et de vie.

 

Plus que la peur de se tromper j’espère que nous anime la peur de nous renfermer dans les structures qui nous donnent une fausse protection, dans les normes qui nous transforment en juges implacables, dans les habitudes où nous nous sentons tranquilles, alors que, dehors, il y a une multitude affamée, et Jésus qui nous répète sans arrêt : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Mc 6, 37).

 

‘Elle (la mission du prédicateur) nous rappelle que l’Eglise est mère et qu’elle prêche au peuple comme une mère parle à son enfant, sachant que l’enfant a confiance que tout ce qu’elle lui enseigne sera pour son bien parce qu’il se sent aimé. De plus, la mère sait reconnaitre tout ce que Dieu a semé chez son enfant, elle écoute ses préoccupations et apprend de lui. L’esprit d’amour qui règne dans une famille guide autant la mère que l’enfant dans leur dialogue, où l’on enseigne et apprend, où l’on se corrige et apprécie les bonnes choses’.

 

L’eucharistie, même si elle constitue la plénitude de la vie sacramentelle, n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles. Ces convictions ont aussi des conséquences pastorales que nous sommes appelés à considérer avec prudence et audace. Nous nous comportons fréquemment comme des contrôleurs de la grâce et non comme des facilitateurs. Mais l’Eglise n’est pas une douane, elle est la maison paternelle où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile.’

 

CF saint Ambroise, De sacramentis, IV, 6,28 : PL 16,464 ; SC 25,87 : ‘Je dois toujours le recevoir pour que toujours il remette mes péchés. Moi qui pèche toujours, je dois avoir toujours un remède.

 

François, Pape, La joie de l'Evangile.

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Une vie en poésie

29 Septembre 2014, 09:18am

Publié par Fr Greg.

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Les prostituées, N°1 au paradis ?! Putain si j'avais su...

27 Septembre 2014, 23:13pm

Publié par Fr Greg.

Les prostituées, N°1 au paradis ?! Putain si j'avais su...

"Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu."

 

Comment ça ils entrent devant nous...?? Mais, ils n'ont pas suivis les dix commandements, les enseignements "d'Humanae vitae", de "Familiaris consortio", ils n'allaient pas à la messe, ils n'étaient pas 'en règle', ils ne se sont jamais confessés... durex, eux ils connaissent... avorter, baiser comme des phoques, se faire des trucs salace... ils n'ont pas appliqué la loi et ils nous précèdent dans le royaume !? Pourquoi??? Jésus ferait-il l'éloge du vice, de la luxure, de l'exhaltation des joies de la chair...?? Mais, mon Dieu, tout fout le camp ! Là, le changement c'est vraiment maintenant! Jésus serait-il de gauche...?

 

Jésus nous reprend sur la tentation qui est le plus grand obstacle à son don: s'appuyer sur nos oeuvres, sur notre bonne conscience, sur nos qualités acquises, admirables et vénérables, sur ce qu'on a compris de la règle et des lois, nos désirs de justice et de hiérarchie, pour nous rappeller que d'abord nous sommes des pauvres, des fêlés et que certains n'arrivent pas à le cacher. La pente glissante du pharisien, c'est quand il oublie que si sa pauvreté n'est pas étalée aux yeux de tous, c'est déjà une miséricorde. Mais sa méga tentation, notre méga-tentation c'est -comme le rappelait JPII aux évèques de France en 1980- de vouloir se sauver par soi-même; de croire dans ce que l'on fait, dans nos qualités.

 

Parce que le salut c'est quelqu'un. Et travailler à la vigne, c'est laisser cet autre tout prendre en nous. Comme le Christ à la croix qui accepte d'être holocauste, de disparaitre entièrement parce que le Père est tout. Faire la volonté du Père, c'est laisser le Père être actuellement source de tout ce qu'on est. Et ça, ça ne s'acquiert pas dans des bouquins, à coup de manifs, dans des anathèmes, du droit canon, ou l'application de commandements, aussi nombreux soient-ils! Dire cela, ça ne supprime notre désir de vouloir aller le plus loin dans l'amour et donc d'être intelligent face à l'autre qui m'est donné, de prudement chercher ce qu'il y a de bien pour lui, de lutter face à ce qui nous tire vers le bas; et là, des conseils extérieurs, universels ou personnel nous aident; ils ne faudraient pas les négliger; mais jamais l'accomplissement rectiligne de 'la loi' n'a permis de rendre un coeur ouvert, docile, accueillant, doux, bon, à l'écoute. Jamais respecter le code de la route ne vous a fait davantage aimer. Pester, raler, ça sûrement. ça reste définitivement un moyen et c'est bon de s'en servir pour éviter les accidents; mais ce n'est pas une fin; et c'est un moyen à parfois faire sauter pour vivre vraiment et jusqu'au bout ! La désobéissance civile n'est pas toujours contre indiqué! Les bretons l'ont compris! transposez cela au droit canon, c'est analogue ! Soyez cathos bretons vous dit Jésus! Bordel, vivez, même si vous êtes un peu -ou beaucoup- cabossé!

 

Or, face à la décadence actuelle, politique, familiale, sociale, personnelle, la tentation est grande de se raidir, de se formaliser, de se ranger dans une attitude avec comme seul repère la LOI, la justice, la punition, la rigidité dans les bottes, le formalisme dogmatique, cette bête idiote, stérile et froide. Et, en plus, c'est malheureusement pas chrétien! On se doit de protéger le pauvre, la vie naissante, l'enfant, la famille, mais pas sans écouter ceux qui sont politiquement prostitués, de gauche dans leur tête, à coté de leur pompe, baiseurs invertébrés, amateurs de sofitel, qui ne servent à rien sinon à pourrir encore plus les lieux! Car, qui sera le Christ pour ces gens là? Qui se fera responsable d'eux devant Dieu? Ou bien, qui se fera juge et inquisiteur? Défenseurs d'une morale sans concessions? Raide dans ses bottes prêt à dresser des buchers?

 

Pour cela le Christ insiste aujourd'hui: "croyez vous en MON action efficace actuelle et efficace? acceptez-vous que tout en vous ou autour de vous meure maintenant? Pour que je ressuscite tout -maintenant-? Ou bien croyez-vous en vous même, en vos sacrifices, en vos vertus, en vos prières, en votre propre perfection...?? Car les prostituées et les amoureux de l'argent se sont convertis à ma parole, à l'efficacité de mon action sur eux et ils ont cru, ils ont acceptés de mourir à eux même, à leur désir intrinsèque d'un salut humain..." et pour cela ils nous précèdent -déjà maintenant- dans le royaume.

Les défigurés de la terre, les plus pauvres, les plus pourris, ceux-là qui étaient défigurés par leur fautes, ont accepté de croire en un salut invisble sur terre; ils ont accepté de ne pas pouvoir s'en sortir par eux-même; ils ont choisit d'être par un autre, qu'un autre soit leur salut; Parce que faut pas être con: quand on a tapiner 20, 30, 40 ans, on ne se range pas du jour au lendemain! Ils ont donc cru en Jésus qui venait à eux dans leur vices et leur misères: ils l'ont attendu là! C'est cela Jésus agneau: celui qui m'épouse en s'abaissant plus bas que moi, se faisant responsable de moi de A à Z. Qui mendie de venir tout prendre en moi tout de suite!

 

Croire -dans la parole actuellement efficace de Jésus sur moi- c'est renoncer définitement de croire en soi, en ce qu'on fait, en ce qu'on a compris, idéalisé, vénérer, encensé! C'est tout bruler du rêve d'un ordre naturel respecté, d'un paradis pour cathos avec chants pieux et scouts en prime- pour s'appuyer, dans la nuit sur un autre. Un autre qui ne nous dit rien. La foi, ça ne me parle pas. 

 

Le saint, c'est celui qui a arrêté de croire en lui-même, qui s'oublie jusqu'à mourir à tout ses projets ou ses schèmes, à ses névroses de perfection ou son narcissisme infantile, révant de lieux qu'il maitrise comme autrefois ses jouets, et qui justement redécouvre vraiment l'enfant qu'il n'a cessé d'être -qu'il a oublié parce qu'un jour il s'est mis à se prendre au sérieux, parce qu'il a violement angoissé de voir sa vie partir en couilles- dépendant, qui accepte de pleurer et de crier dans le besoin... 

C'est cela la miséricorde du Christ pour nous, pour chacun d'entre nous et d'abord pour les prêtres, les grands prêtres, les évèques, les pro de la soutane et autres prélats aux sourires condescendants, pieux et dévots... c'est de nous dire: "là ou tu es prostitué dans ta vie, là ou tu te régales de toi-même et jouis luxurieusement de ta manière de célebrer, de tes petites trouvailles, de tes fausses perfections qui organisent un peu plus le déséspoir ambiant, là où tu t'écoutes parler, ou tu te récupères en idolâtrant tes méthodes de survie spirituelle, et tout ces lieux ou tu es en fait désespéré, ou tu ne peux plus coopérer, c'est cela en toi qui va te permettre de laisser entrer le royaume, c'est cela la porte ouverte qui me permet d'acceder à toi, au delà de tes suffisances, de ta bonne conscience de toi-même, de ton perfectionisme et de ton arrogance débile d'homme religieux. Accepte juste de reconnaitre tes lieux de prostitutions, ton tapinage incessant, ta manière de te farder de fausse humilité alors qu'on attend un pauvre, parce que tu es toi-même la vigne que je veux féconder. Arrête donc de croire que tu es quelqu'un par ce que tu fais !"

fr Grégoire.

 

« Il y a la tendance à mettre au centre nous-mêmes et nos ambitions personnelles. C’est très humain, mais ce n’est pas chrétien »

François, Pape. Tweet du 27.09.2014

 

Pour mémoire

"Paul place au centre de son Évangile une opposition irréductible entre deux parcours alternatifs vers la justice : l'un construit sur les œuvres de la Loi, l'autre fondé sur la grâce de la foi dans le Christ. L'alternative entre la justice par les œuvres de la Loi et celle par la foi dans le Christ devient ainsi l'un des motifs dominants qui parcourt ses Lettres : « Nous, nous sommes Juifs de naissance, nous ne sommes pas de ces pécheurs que sont les païens ; cependant nous le savons bien, ce n'est pas en observant la Loi que l'homme devient juste devant Dieu, mais seulement par la foi en Jésus Christ ; c'est pourquoi nous avons cru en Jésus Christ pour devenir des justes par la foi au Christ, mais non par la pratique de la loi de Moïse, car personne ne devient juste en pratiquant la Loi » (Ga 2, 15-16). Et il répète aux chrétiens de Rome : « Tous les hommes sont pécheurs, ils sont tous privés de la gloire de Dieu, lui qui leur donne d'être des justes par sa seule grâce, en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus » (Rm 3, 23-24). Et il ajoute : « En effet, nous estimons que l'homme devient juste par la foi, indépendamment des actes prescrits par la loi de Moïse » (ibid. 28).

Paul, qui avait appris ces observances justement en tant que défense du don de Dieu, de l'héritage de la foi en un Dieu unique, a vu cette identité menacée par la liberté des chrétiens : c'est pour cette raison qu'il les persécutait. Au moment de sa rencontre avec le Ressuscité, il comprit qu'avec la résurrection du Christ la situation avait radicalement changée. Avec le Christ, le Dieu d'Israël, l'unique vrai Dieu, devenait le Dieu de tous les peuples. Le mur - comme il le dit dans la Lettre aux Éphésiens - entre Israël et les païens n'était plus nécessaire : c'est le Christ qui nous protège contre le polythéisme et toutes ses déviances ; c'est le Christ qui nous unit avec et dans l'unique Dieu ; c'est le Christ qui garantit notre identité véritable dans la diversité des cultures. Le mur n'est plus nécessaire, notre identité commune dans la diversité des cultures est le Christ, et c'est lui qui nous rend juste. Être juste veut simplement dire être avec Jésus Christ en Jésus Christ. Et cela suffit. Les autres observances ne sont plus nécessaires. C'est pourquoi l'expression « sola fide » de Luther est vraie, si l'on n'oppose pas la foi à la charité, à l'amour. La foi c'est regarder le Christ, s'en remettre au Christ, s'attacher au Christ, se conformer au Christ, à sa vie. Et la forme, la vie du Christ c'est l'amour ; donc croire c'est se conformer au Christ et entrer dans son amour."

Benoit XVI. Cathéchèse du 19 novembre 2006.

 

 

 

 

 

 

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La miséricorde? Une pitié de Dieu en fonction d'un repentir?

27 Septembre 2014, 08:11am

Publié par Fr Greg.

La miséricorde? Une pitié de Dieu en fonction d'un repentir?

La miséricorde? Il ne s’agit pas d’une simple pitié ou même d’une souffrance ressentie à la rencontre d’un homme malheureux. La miséricorde, c’est la prise de la misère de l’autre dans son cœur, c’est la misère de l’autre qui se loge en nous, qui devient nôtre, d’abord comme une brûlure profonde, mais tout de suite comme une exigence d’action. Le miséricordieux n’entasse pas en lui les misères qu’il rencontre, par une variété de «masochisme ». Non. La misère de l’autre le brûle, mais pour le mouvoir.

 

La misère de l’autre. Il s’agit de l’afflige par toute misère. Celui qui a faim, celui qui n’est pas vêtu, celui qui n’est pas logé, celui qui est infirme, celui qui est malade, celui qui est chômeur. Le pauvre d’esprit, le mal doué, l’irrésolu. L’ignorant. Le méprisé, le délaissé, le trahi. Celui qui est sans amis, sans au moins un ami. Le clochard, l’ivrogne. Le désespéré. Mais aussi bien, le riche égoïste, le savant si spécialisé qu’il oublie l’essentiel, le vaniteux plein de soi, l’orgueilleux qui cherche la gloire, le dominateur qui opprime.

 

Chaque homme, par quelque point, est un miséreux. Et c’est pour cela qu’il faut tous les loger dans son cœur, dilater toujours plus son cœur et par là ressembler chaque jour plus au Christ qui logea dans son cœur toutes les misères de tous les hommes. La miséricorde devient ainsi l’une des formes suprêmes de l’épanouissement. L’homme broyé par la misère des autres, et progressivement de tous les autres, est un homme qui élargit toujours plus sa puissance d’aimer.

 

 

 

La prière du miséricordieux est immense comme l’immensité de la misère. Et déjà, par la prière, l’homme brûlé par la misère de l’autre, des autres, est en mouvement dans la lutte contre les misères. Cependant, pour la plupart des hommes, la justification par la prière ne suffirait pas. Elle serait une tricherie pour ne pas s’engager, ne pas agir. Nous ne pouvons rien ajouter à Dieu. Dieu se suffit et sa miséricorde est de nous avoir appelés à être, à être à son image, dotés d’intelligence et de liberté. La miséricorde de Dieu nous a donné le monde. La miséricorde de Dieu nous a envoyé le Verbe, Fils unique, Homme-Dieu, pour nous sauver. La miséricorde de Dieu nous a, dans le Christ, glorifiés et rendus capables d’aimer jusqu’au don complet de nous-mêmes.

 

Louis-Joseph Lebret, L’évangile de la miséricorde, Collectif Cerf 1965 p.165-166

 

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La tentation du fidéïsme

26 Septembre 2014, 07:38am

Publié par Fr Greg.

La tentation du fidéïsme

« Le plus grand dérèglement de l’esprit c’est de voir les choses, telles qu’on voudrait qu’elles soient, et non pas telles qu’elles sont en réalité. » 

 Bossuet, Traité de l’amour de Dieu et de soi-même . 

 

"Quel est le point fixe des nouveaux fidéïstes ? Manifestement c’est Rome ! La foi de l’Eglise était romaine, elle l’est toujours. C’est ce que j’appelle le nouveau fidéisme. On ne veut plus exercer son intelligence, on « croit ». Le fidéisme de naguère c’était de croire en Dieu, à Jésus-Christ, aux vérités révélées, sans souci des motifs de crédibilité, ou en les tenant pour dérisoires, voire inexistants. Le nouveau fidéisme, c’est de croire à Rome, au Pape, au Saint-Siège, sans autre souci quant à ce qui en émane que d’en justifier la forme et le fond. Le « fondamentalisme » passe des textes de l’Ecriture Sainte à ceux du Vatican. »

 

Quels sont les actes du Saint Siège qui relèvent de l’Infaillibilité pontificale?C’est rarissime. Dans les deux derniers siècles si nous énumérons l’Immaculée Conception, l’Infaillibilité pontificale et l’Assomption, nous en avons peut-être fait le tour. Ensuite nous entrons dans la hiérarchie extrêmement subtile et délicate des actes du Magistère. Il ne s’agit pas le moins du monde d’en contester la valeur, ni l’obéissance qu’ils requièrent normalement. Mais nous sommes dans le domaine de la Loi, où la conscience et l’intelligence ont une liberté d’exercice qui, pour être elles-mêmes soumises à des règles, n’en est pas moins réelle sous peine de tomber dans le fidéisme. En dehors de l’objet de foi défini par l’Eglise, il n’y a pas de critère absolu pour détecter la vérité et obliger à l’obéissance. 

Vouloir absolutiser tel ou tel critère, c’est de l’idolâtrie. Le nouveau fidéisme incline à cet intégrisme idolâtrique. » 

 

Louis Salleron.

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Ophélie

25 Septembre 2014, 09:43am

Publié par Fr Greg.

Ophélie
 
Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.
 
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir.
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.
 
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.
 
Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.
 
II
 
Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
- C'est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ; 
 
C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;
 
C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !
 
Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu !
 
III
 
- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
 
Rimbaud

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Et vous, vous tenez combien de temps?

24 Septembre 2014, 08:12am

Publié par Fr Greg.

Et vous, vous tenez combien de temps?

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L'absolu de la miséricorde.

23 Septembre 2014, 08:55am

Publié par Fr Greg.

L'absolu de la miséricorde.

Qu'est ce que la miséricorde? Est-ce simplement une pitié faite à l'homme? Un pardon sous condition? Peut-on abuser de la miséricorde de Dieu? La miséricorde est-elle relative à la justice, à une loi, à un respect de règles, de principes...? Est-elle en fonction de notre 'conversion'? Le Père nous pardonne-t-il seulement si nous demandons pardon ou bien son pardon devance-t-il notre retour? L'incarnation du Christ, son offrande à la croix était le fruit de notre supplication ou une initiative gratuite, qui se donne malgré notre indifférence et nos duretés? Jésus nous révèle-t-il que Dieu est juge, attentif aux principes et au respect des règles ou bien un Père qui nous 'punit' en se donnant "de trop" ?  Pourquoi JPII allait jusqu'a dire que la misèricorde c'est "quelqu'un"? fr Grégoire.

 

 

« La seule manière d'éviter toute peur, toute crainte, toute angoisse humaine, c'est justement de ne s'appuyer que sur la miséricorde de Dieu. C'est répondre à sa miséricorde prévenante par un geste d'abandon plénier. Jamais nous ne serons assez prudents, assez juste. Si nous restons uniquement dans un état de retour sur nous-mêmes, il y aura toujours place pour l'angoisse, la peur qui paralyse et empêche d'aller de l'avant. Ce qui manque alors, c'est la réponse divine dans l'abandon. » 

 

« Cela, nous le savons spéculativement; mais pratiquement, vivons-nous comme si seule la miséricorde du Père comptait pour nous? Est-ce que nous comptons pas encore sur la force de nos poignets, de nos vertus? Sur une certaine grandeur d'âme? Sur une certaine noblesse?  Si nous y comptons encore, demandons à Marie de nous donner la force de tuer 'l’Égyptien' et de l'enfouir dans le sable, pour pouvoir, avec elle vivre de cette attitude que nous demande Jésus dans l’Évangile  vivre uniquement comme des petites fleurs des champs dans un abandon foncier, entier, total, sans aucune récrimination de justice, sans aucun appel vis-à-vis des grandeurs humaines, sans aucun désirs d’apparaître, de se montrer, d'être compris.» 

 

Marie-Dominique Philippe. Trois mystères de miséricorde. P62-64

L'absolu de la miséricorde.

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Guerre sainte.

22 Septembre 2014, 09:24am

Publié par Fr Greg.

Guerre sainte.

Ma main droite vole le long de la bibliothèque comme une hirondelle remontant le long d’un mur. Prendre un livre entre ses mains est un des gestes les plus tendres de cette vie, presque aussi tendre que serrer la main abandonnée, devenue nuage au bord de se déchirer, d’une très vieille personne, ou soulever quelques tissus au marché, frôler un peu de soie ou de coton puis ne se décidant sur aucune prise, battre l’air pur. Les livres sont des fidèles gardes du corps, des alliés sûrs dans la guerre à mener chaque jour. Je me suis battu avec un poète à coup de fleurs. Je lui avais envoyé un livre où il était question de pivoines. Il m’a répondu que si les fleurs parlaient du ciel, cela ne les empêchait pas de pourrir. Je me suis fâché et lui ai fait parvenir un bouquet d’anémones. Un mot d’accompagnement, rédigé par les fleurs elles-mêmes, clamait leur désaccord et que leur joie jamais ne pourrit. La couleur des fleurs se détache de leur mort, de même que le sourire de ceux qu’on aime ou ces gestes qui faisaient leur âme. Pour revoir cette jeune femme morte il y a seize ans, il me suffit de penser au mouvement qu’elle donnait à sa main pour souligner une parole : une soudaine façon de casser le poignet en bec de cygne avant de le retourner et laisser les doigts s’envoler. Seize ans après, la lumière de cette image me gagne. La joie donnée survit à ce qui la cause. Très peu ressuscite tout. J’écris pour rendre à ce très peu sa force atomique. Je soulève quelques tissus de langage, de la main la plus légère possible. La désertion, même momentanée, d’un poète est insupportable : qui alors pour défendre la vie souffrante ? Un ami rend chaque mois visite à une vieille femme affaiblie par la maladie de l’oubli. Elle vit à l’étouffée dans une maison de retraite. Un jour il fait si beau que mon ami persuade cette femme de sortir dans la cour rajeunie de soleil. Assis à côté d’elle, il dit à voix haute le début du poème écrit par Verlaine dans sa prison de Mons : « Le ciel est par-dessus le toit, si bleu, si calme. » Et voici que le poème fleurit au fond des yeux de la malade, qu’elle en récite à lèvres tremblées toute la suite sans oublier un mot : Verlaine sorti de la forêt du temps venait au secours d’une vivante, prenait sa main. La poésie est une condensation explosive du langage – une parole pure, précise, qui fait revenir en nous la grande respiration, un air qui ne doit plus rien au monde. Quelqu’un m’a demandé un jour ce que c’était que « croire ». Je lui ai répondu que je ne voyais aucune différence entre croire et respirer. Je ne sais si ma réponse l’a satisfait. Nos questions et nos réponses ne se promènent jamais sur le même chemin. Après avoir reçu les anémones, le poète incrédule m’a envoyé une lettre où quelque chose enfin vibrait – l’intuition que vivre n’était pas qu’une histoire à la chute triste. Nous nous étions battus à coups de fleurs comme les enfants se battent à coups de polochons. À présent un duvet de phrases calmes descendait sur la terre. Les anémones avaient gagné la guerre.

Christian Bobin.

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Soyez pourris de miséricorde !

21 Septembre 2014, 14:12pm

Publié par Fr Greg.

Soyez pourris de miséricorde !

« Soyez des signes de la bonté, de la miséricorde de Dieu, dans un monde traversé par la souffrance, la pauvreté et la solitude : de combien de solitudes et de pauvretés sommes-nous les témoins ? Combien de personnes, perdues dans les périphéries existentielles de notre temps, voyons-nous désemparées et abattues ? Comment faire pour les rejoindre ?

Les exigences sont telles que nous courons le risque de nous effrayer, de nous replier derrière la tentation du cléricalisme, de la suffisance. Pire encore, de vouloir codifier la Foi en un ensemble de règles et de prescriptions, comme les Pharisiens, au temps de Jésus. Nous aurons alors tout clarifié, mais le peuple de Dieu continuera à avoir faim et soif de Dieu.

Une pastorale sans prière et sans contemplation ne pourra jamais rejoindre le cœur des personnes ».

François, Pape. 21.09.2014. 

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Dieu est libre : il donne gratuitement !

20 Septembre 2014, 13:21pm

Publié par Fr Greg.

Dieu est libre : il donne gratuitement !

"‘Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers’. Ceux qui n'avaient commencé qu'à cinq heures s'avancèrent et reçurent chacun une pièce d'argent. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d'argent. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine: ‘Ces derniers venus n'ont fait qu'une heure, et tu les traites comme nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur !" Mais le maître répondit à l'un d'entre eux: ‘Mon ami, je ne te fais aucun tort. N'as-tu pas été d'accord avec moi pour une pièce d'argent? Prends ce qui te revient, et va-t'en. Je veux donner à ce dernier autant qu'à toi: n'ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien? Vas-tu regarder avec un oeil mauvais parce que moi, je suis bon?’. Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers».

 

Pour recevoir cet Evangile, il peut-être bon de faire un petit rappel non pas de ce qu'est le Salut et le Royaume, la vie chrétienne, mais de redécouvrir l'ordre de la sagesse de Dieu et de se remettre devant le mystère qui nous dépasse et nous échappe... 

1/ Le 'Salut' c'est quelqu'un; Jésus, Dieu incarné, qui est donné gratuitement à chacun. Le Salut c'est Dieu donné en héritage à tout homme. Point. Et ça s'impose. On n'a pas le choix! (cf Vat II §22: par son incarnation, le Fils de Dieu s'est en quelque sorte uni à tout homme). Ce n'est pas une question d'aller à la messe ou d'être musulman ou athée. C'est Dieu qui donne silencieusement, gratuitement, actuellement. Bien sûr on peut s'acharner pour se 'défaire' de ce don. Mais en tout état de cause: ça s'impose ! et ça ne me dit rien: ni odeur, ni couleur, ni saveur! Aucune évidence! Aucune! La foi c'est la nuit! 

2/ Le Salut dépasse toute perfection ou épanouissement humain et résultat: c'est la dignité, la vie et la fécondité même de Dieu qui est donné et qui fait qu'on le veuille ou non Dieu se sert de tout chez pour s'imposer à nous, et plus spécialement de nos pauvretés et de nos fautes. "Ô bienheureuse faute ! Ce n'est donc pas d'abord une question de rachat des fautes, de souffrir beaucoup, d'être 'arraché' aux flammes éternelles ou tout ces imaginaires monstrueux du 19e puritain. Je ne nie pas qu'on puisse refuser ce don, mais d'abord le salut c'est un don qui nous fait aller plus loin que ce qu'attend notre nature humaine ! C'est la vie même de Dieu donné à vivre tout de suite, au delà de la conscience que l'on en a.

3/ La vie chrétienne: baptême, eucharistie, vie de prière, charité fratenelle est une libre et gratuite réponse de l'homme qui veut vivre le don qui lui est fait, et qui veut que ce don prenne tout en lui; Les sacrements c'est donc pour pouvoir 'répondre' à la hauteur du don qui nous est fait. Par exemple le baptème c'est de permettre à un tout petit bébé de faire déjà des actions humano-divines comme malgré lui. Mais il faut surtout dire que Dieu n'a pas besoin de notre réponse: notre réponse fait partie de son don et est une nouvelle gratuité! Parce que c'est une vie qui nous dépasse, qui n'est pas à notre taille, à notre mesure et selon notre compréhension: ce n'est donc jamais nos réponses, nos pratiques, les rites, nos puretés morale ou nos vertues etc... qui font notre mérite ou qui fait qu'on est croyante ou non! La vie chrétienne est toujours un don gratuit, venu d'en haut, à la taille de Dieu ! Notre coopération: on ne sait pas ce qu'elle est: entre ce que je vis à la messe et ce que ça représente pour Dieu, il y a un abîme divin. Je vais à la messe parce que je crois -sans aucune évidence- que c'est non seulement une réponse qui plait à Dieu, mais le lieu ou j'apprend à me laisser faire par lui: en l'écoutant et en le laissant nous dire son don et nous assimiler à lui dans la communion (mais c'est donc un lieu ou je suis immolé dans mon intelligence: ça ne me parle pas; mieux ça me crucifie! Et si à certains ça 'parle' parce que c'est Grégorien ou Charismatique, hmmm peut-etre que c'est un peu trop à leur sauce et leur mesure...) Bref, ceux qui font de la conscience qu'ils ont de leur pratique la mesure de leur vie chrétienne prennent immédiatement la place de Dieu! C'est l'orgueil de lucifer! La conscience de ce que l'on vit ou de ce que l'on fait -au niveau de la foi- ne mesure ni ne définit ce qu'on est au yeux de Dieu ! Laissons donc Dieu est seul juge et mesure de chacun. Car rien dans notre vie ne nous permet de 'gagner' son don! ça s'impose et c'est gratuit!

Malheur donc à ceux qui, en bon pharisien (et oui, un pharisien est toujours bon: il pratique bien, lui, et selon le bon rite: bref, un satisfait de lui-même...), se jugent et jugent leur coopération, croient connaitre leur fautes et leur misères ou leur qualités, et du coup jugent les autres, ouvriers de la 11e heure, ou qui jugent ceux posent des questions qui semblent déranger: c'est du positivime, du matérialisme, de la dialectique marxise que de se vouloir faire mesure ! De tout ramener à ce qu'ils font, à leur pratique...

4/ Le fondement -on pourrait dire la seule pratique- de toute vie chrétienne est donc la pauvreté spirituelle, seule gardienne de la gratuité du don de Dieu: l'obligation absolue de suspendre mon jugement, mes idées, mes opinions, ce que je crois avoir compris, et sans compter mes critiques sur le chemin des autres vers la lumière. Si la personne humaine est celle qui cherche la vérité (cf Aristote, Augustin, Thomas d'Aquin, JPPII, Camus, Michel Onfray etc...) le chrétien est celui qui ne cesse de la mendier et qui se défie de tout jugement. Ne prenons pas la place de Dieu...

 

fr Grégoire.

 

PS: Prolifère sur le net de nombreux sites dit 'cathos', des bien-pensants, des nouveaux inquisiteurs qui  jugent à tour de bras, et qui engendrent par là les nouvelles idéologies du XXIe siècles! On a peur du relativisme 'dit-on'. Et pour cela, on relativise l'absolu qu'est toute personne humaine et son cheminement... Et on récrimine, on juge, on compare, on se fait mesure! On nie la personne au nom des 'prinicipes et idées' religieuses apprisent au cathé... oui, oui, mais alors demain il ne faudra pas s'étonner que nos enfants soient devenus de nouveaux Staline, Pol Pot, H... ceux qui déciment des populations aux noms de leurs idées, de ce en quoi ils croient...

Soyons intelligents et distinguons ce qui relève d'une lutte humaine, de bon sens, qui respecte le réel observable par tous, qui cherche la justice et protège les petits... et ce qui relève de la vie chrétienne, où la lutte est de s'éduquer à la gratuité d'un don qui nous aveugle tous...

"Pas de race plus inhumaine sous le soleil que ceux qui se croient du coté du bien..." Lyddie Dattas. La chaste vie de Jean Genet.

 

 

 

 

 

 

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Fed up ! Etes-vous drogués au sucre blanc? Vous êtes sûr?

19 Septembre 2014, 12:34pm

Publié par Fr Greg.

Fed up !  Etes-vous drogués au sucre blanc? Vous êtes sûr?

Le documentaire américain Fed Up!,sorti le 9 mai aux Etats Unis, désigne un seul coupable de l’obésité en Amérique : le sucre. Le sujet a un sérieux air de déjà-vu, mais le raisonnement est nouveau:   Fed Up! pose une question simple : pourquoi les Américains continuent-ils à grossir alors qu’ils n’ont jamais consommé autant de produits allégés ni fait autant de sport ? La réponse tient en cinq lettres : le sucre. Présent dans 85% des produits alimentaires manufacturés, il agirait comme une drogue sur le cerveau, qui deviendrait rapidement dépendant, explique le documentaire. Fed Up! raconte le mécanisme d’un système agroalimentaire américain qui ajouterait du sucre dans ses aliments afin de pousser à la consommation. L'industrie alimentaire qui entretient la dépendance au sucre est la principale responsable du fléau de l'obésité qui ronge les Etats-Unis, dénonce le documentaire "Fed Up" sorti ce week-end dans les salles nord-américaines.Le film de 90 minutes se penche sur cette réalité paradoxale : les Américains n'ont jamais fait autant de sport et n'ont jamais cherché à consommer autant de produits basses-calories et pourtant ils sont deux sur trois à être en surpoids et des générations entières de petits Américains vivront moins longtemps que leurs parents. 

La raison? si toutes les politiques de santé publiques menées dans le pays pour lutter contre l'obésité ont toutes été des échecs, c'est parce que les autorités se sont trompées de cible, dit le film. Le responsable de l'obésité n'est pas le manque d'exercice physique mais le sucre."L'obésité est un problème depuis 30 ans et nous sommes en train d'atteindre le point de rupture", a expliqué à l'AFP la réalisatrice Stephanie Soechtig lors d'un entretien avant la sortie du film."En fin de compte, c'est l'argent qui est au coeur du problème. Il y a beaucoup d'argent en jeu pour l'industrie alimentaire et malheureusement, cela influence les hommes politiques".

 

Le documentaire, présenté au dernier festival de Sundance, démontre que 80% des produits alimentaires transformés vendus aux Etats-Unis contiennent du sucre ajouté qui agit sur le consommateur comme une drogue, le transformant en véritable toxicomane.Le problème n'est pas propre aux Etats-Unis. L'organisation mondiale de la Santé tire la sonnette d'alarme au Mexique, en Afrique du Sud, en Arabie Saoudite, au Venezuela ou encore en Jordanie. Dans tous ces pays, 30% de la population est en surpoids ou obèse.A l'écran, on suit l'existence de trois enfants qui, malgré des régimes et du sport, ne parviennent pas à maigrir car ils sont submergés par de la nourriture riche en sucre ajouté. A l'école par exemple, on sert de la pizza, des nachos et des hot dogs au déjeuner. Selon le documentaire, la moitié des établissements scolaires en 2012 servaient de la nourriture de fast-food alors qu'en 2006, 80% d'entre elles se fournissaient en produits frais.La première dame Michelle Obama a fait avancer le débat avec sa campagne "Let's move" et des hommes politiques ont tenté d'obliger l'industrie agroalimentaire à réduire les taux de sucre, concède la réalisatrice. Mais des marques comme Coca-Cola, Pepsi ou encore Pizza Hut n'ont pas disparu des cantines et des couloirs des écoles.

"Ils sont nombreux au gouvernement à essayer de faire quelque chose", dit Stephanie Soechtig, "mais il y a des intérêts financiers en jeu et on s'aperçoit en fin de compte que le gouvernement aujourd'hui préfère faire de l'argent plutôt que de s'occuper des gens", dénonce-t-elle.La réalisatrice compte sur l'impact du film.

"Le message entendu, les gens seront poussés à s'impliquer, à faire des changements dans leur vie et à l'échelle de la société", dit-elle en insistant sur le rôle-clé des parents. "Nous pouvons changer l'industrie alimentaire en refusant d'acheter leurs produits, en votant pour des hommes politiques qui veulent améliorer la vie", poursuit Mme Soechtig."Plus encore que de l'argent, les élus ont besoin de nos voix. C'est le genre de combat que les parents et les enfants doivent mener ensemble. Les enfants sont de futurs électeurs. Tout le monde doit être responsabilisé", dit-elle.

La malbouffe, habituée des docus

Fed Up! devrait faire sensation, comme cela a été le cas pour les trois documentaires précédents parus sur le sujet. On se souvient de Supersize Me (2004), où l’Américain Morgan Spurlock faisait le pari de prendre tous ses repas au McDo durant un mois (et dont le bilan de santé était ensuite catastrophique).
 
Food Inc. (2009), produit par Elise Pearlstein, qui produit aussi Fed Up! et Une vérité qui dérange, le film pro-environnemental d’Al Gore, décortique les coulisses de la production industrielle alimentaire américaine et révèle ce qui se cache derrière l’appellation “produit fermier”.

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Rites

18 Septembre 2014, 21:07pm

Publié par Fr Greg.

Rites

Ils ne se regardaient pas.  Dans la pénombre partagée ils étaient sérieux et silencieux.

Il lui avait pris la main gauche et lui enlevait et remettait la bague d’ivoire et la bague d’argent. 

Ensuite il lui prit la main droite et lui enleva et lui remit les deux bagues d’argent et la bague en or avec des pierres dures.

Elle tendait successivement les mains.

Cela dura longtemps. Ils entrelacèrent à mesure les doigts et joignirent les paumes.

Ils agissaient avec délicatesse, comme s’ils craignaient de se tromper.

Ils ne savaient pas que ce jeu était nécessaire pour qu’une certaine chose ait lieu, dans l’avenir, dans une certaine région.

Jose Luis Borges, « Poèmes d’amour »

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J'aime cet Onfray là !

17 Septembre 2014, 14:37pm

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Débat: "Les divorcés 'remariés', peuvent-ils communier?"

16 Septembre 2014, 12:22pm

Publié par Fr Greg.

Débat: "Les divorcés 'remariés', peuvent-ils communier?"

Alors que le synode sur la famille doit commencer à Rome, nous voudrions à titre personnel amener quelques questions qui interrogent l’ordre canonique établi à propos de l’accès aux sacrements des divorcés qui vivent en couple. Il ne s’agit ni d’être tradi ou progressiste, ni libéral ou rigide, mais de regarder des personnes vivants d’un don qui les dépasse. C’est ainsi que le Christ regarde et agit pour chacun : en s’adaptant au chemin personnel entrepris. Quels sont donc les moyens pour que chacun grandisse dans une amitié personnelle avec Lui ? Tel est la question fondamentale. Et non, ‘quels sont les règles applicables à tous et que personne ne peut remettre en question’.

Encore une fois, il s’agit là d’une recherche qui attend des réponses argumentées, travaillées. 

 

 

1/ Le Concile Vat II rappelle l’importance de la conscience humaine comme sanctuaire inviolable de l’homme. Ne serait-ce pas le lieu où l’Eglise devrait faire confiance aux personnes en les renvoyant à celle-ci ? N’est-ce pas ainsi que Dieu agit, en nous laissant face à notre capacité de choix, et sans supprimer les excès ?

 

 « Au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir. La conscience est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre. C’est d’une manière admirable que se découvre à la conscience cette loi qui s’accomplit dans l’amour de Dieu et du prochain. Par fidélité à la conscience, les chrétiens, unis aux autres hommes, doivent chercher ensemble la vérité et la solution juste de tant de problèmes moraux que soulèvent aussi bien la vie privée que la vie sociale. … ». Cf Concile Vatican II - GE n°16

Aucune autorité humaine n'a le droit d'intervenir dans la conscience de quiconque! La conscience est le témoin de la transcendance de la personne, même en face de la société, et, comme telle, elle est inviolable. (…) Cela suppose à son tour que tous doivent respecter la conscience de chacun et ne pas essayer d'imposer à quiconque sa propre " vérité ", restant sauf le droit de la professer sans pour autant mépriser celui qui pense autrement. La vérité ne s'impose que par elle-même. Nier à une personne la pleine liberté de conscience, et notamment la liberté de chercher la vérité, ou tenter de lui imposer une façon particulière de comprendre la vérité, cela va contre son droit le plus intime.          JPII, message pour la paix, 1991.                                                              

 

2/ Pourquoi exige-t-on une espèce d’infaillibilité pour tout ce qui a trait à la sexualité, à l’engagement humain, alors que la personne humaine est en devenir, qu’elle n’a qu’un pouvoir politique sur ses instincts, et qu’aimer un autre –si c’est source des plus grandes joies, c’est aussi peut-être ce qui est le plus difficile au monde et source des plus grandes épreuves ? Ensuite, la vérité de ma personne n’est pas dans l’accomplissement parfait de la loi, mais d’abord dans le chemin parcouru : ce n’est pas la même chose quelqu’un qui a la foi, un converti, et quelqu’un qui n’a pratiquement eu aucune éducation religieuse; Vouloir appliquer une espèce de loi universelle à tout un chacun est un non-sens humain, contraire à l’ordre de la nature, et d’autant plus à l’évangile.

 

3/ Pourquoi n’interdit-on pas l’accès aux sacrements à tous ceux qui sont orgueilleux, jaloux, vaniteux etc -c’est-à-dire nous tous- ? Puisque ces dernières sont les fautes les plus graves, source de toutes les autres fautes ? Et combien ont dit de paroles inutiles, perdus leur temps sur internet, à des ragots, à se critiquer, à vivre d'une espérance toute humaine etc... Si l'Eucharistie est un don gratuit, qui divinise, qui nous travaille au-delà de notre coopération, au nom de quoi en exclure certains?

Et si l'eucharistie est le corps du Christ, lui-même se laissait toucher par n'importe qui, et spécialement par les pauvres, sans leur demander si ils étaient en règle! Alors, pourquoi refuserait-on aujourd'hui qu'il se laisse encore toucher, prendre, manger ? 

 

4/ Dans un regard historique, n’est-ce pas un état d’esprit puritain, janséniste, de pureté et de perfection moralisante et donc des coutumes communautaires, une manière de vivre qui s’est rigidifié qui a fait que l’on juge aussi durement ces échecs de couples et qu’on en fait un absolu indépassable pour la communion sacramentelle? De même que l’on a interprété ‘hors de l’Eglise point de salut’ d’une manière dure, en comprenant l’Eglise comme ceux qui étaient baptisé, confirmés, papiers en règle, jusqu’au moment où on a réalisé que l’Eglise c’était bien plus : c’était l’Eglise visible et tous ceux mus par l’Esprit St, toutes les personnes de bonnes volontés. N’est-on pas aussi avec les sacrements dans une vision encore trop restrictive ?

 

5/ L’invitation liturgique pendant l’eucharistie  dont la portée est universelle est contredit par la pratique canonique:

« Heureux les invités aux festins des noces de l’Agneau » : et bien ceux en situation ‘irrégulière’ ne sont pas invités !! Ne sont invités que les gens « en règles » !

« Prenez et mangez ceci est mon corps livrés pour vous» : non ! Le corps de Jésus n’est pas livré pour tous ! Seulement pour ceux qui sont bien propre publiquement…

 

6/ Si, de fait, PERSONNE n’est digne de communier, puisque la réalité donné dans l'eucharistie est le Verbe de Dieu incarné s’offrant au Père éternel, c’est donc un don qui est de trop, qui nous dépasse tous et dont personne n'est digne, jamais; alors au nom de quoi exclure certains de ce don ? Pourquoi eux seraient-ils moins dignes ? 

 

7/ Et puisqu’on leur dit qu’ils peuvent communier autrement –mystice, dans leur coeur- et que c’est une vraie communion, alors pourquoi ne peuvent-ils pas communier directement au corps du Christ dans le sacrement de l’eucharistie.. ??!! puisqu’ils peuvent communier mystiquement et que c’est la même chose.. ??

 

8/ L’Eucharistie est source et sommet de tous les autres sacrements : pourquoi n’est-il pas utilisé comme le sacrement qui soigne, qui guérit, qui purifie, qui réconcilie, et donc le sacrement spécialement pour ceux qui sont bancals, de travers, donc nous tous ?

Au niveau du témoignage qui doit manifester l’Amour et la miséricorde efficace des sacrements, qui purifient par eux-mêmes, d’une manière visible et extérieure, on n’est pas très crédible !

 

9/ Le sacrement du mariage est donné par les époux, pourquoi n’en est-il pas de même pour la nullité !? Quelle raison donne-t-on pour que ce soit un tribunal ecclésiastique qui juge des nullités... ??

 

Pourquoi cherche-t-on des justifications pour une nullité, n’a-t-on pas juste le droit de se tromper, de faire une erreur ?

 

Reconnaitre facilement la nullité du mariage semble nier ce qui a été vrai dans l’amour des conjoints : on annule le mariage, or l’amour qui a existé demeure et est éternel. La nullité semble passer cela aux oubliettes ! Comme si le lien du mariage n’était que canonique. Il y a semble-t-il quelque chose du réel d’une amitié que le droit canon n’arrive pas à formaliser et c’est là que le bât blesse.

 

10/ A creuser : Pour l’Eglise catholique, le mariage de l’homme et de la femme sont le signe de l’Amour fidèle du Christ et de l’Eglise. Mais n’est-ce pas qu’un signe ? Si la réalité, elle, existe et demeure (le Christ unit à chacun), pourquoi vouloir faire que ce signe du mariage corresponde déjà à cette réalité qui elle est éternelle et divine et qui sera manifesté dans l’autre vie ? N’est-ce pas au niveau du mariage vouloir voir la sainteté du ciel ? N’est-ce pas une espèce de messianisme temporel ?

 

Fr Grégoire.

 

 

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Si l'on chante un dieu

15 Septembre 2014, 20:25pm

Publié par Fr Greg.

Si l'on chante un dieu

Si l'on chante un dieu, 
ce dieu vous rend son silence. 
Nul de nous ne s'avance 
que vers un dieu silencieux. 

Cet imperceptible échange 
qui nous fait frémir, 
devient l'héritage d'un ange 
sans nous appartenir. 


Rainer Maria Rilke
Vergers

 

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Témoignage

15 Septembre 2014, 17:19pm

Publié par Fr Greg.

Témoignage

Témoignage à propos du blog « Que cherchez-vous »

 

Voici ce m’écrit une psychologue d’Avignon, rencontré après avoir donné le texte de Christian Bobin:

« A la lecture du dernier article qui m’a beaucoup plus, j’ai fait des recherches sur l’auteur –Christiane  Singer- et je pense acheter son livre. Je dois dire que souvent tes articles, surtout les derniers confinent à de la télépathie, en mettant en parallèle mes ressentis du moment. Tu ne pourras jamais savoir combien ton blog m’a apporté, et pourtant c’est bien difficile de ne pas l’avouer.

De plus, grâce à toi j’ai renoué avec la religion, au point d’avoir fait une demande  d’entrée : chez les augustines de Malestroit. J’aimerais m’occuper des personnes en fin de vie. C’est dans le corps de l’agonisant que la foi prend le plus son sens. C’est vrai que c’est à ce moment-là que se transpose le corps du Christ sur la croix avec le corps décharné de l’être en fin de vie. »

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La croix, glorieuse...?

14 Septembre 2014, 17:08pm

Publié par Fr Greg.

La croix, glorieuse...?

Les chrétiens fêtent ce jour la "croix glorieuse"! Mais, en quoi la croix, la souffrance, l'épreuve, des échecs, des trahisons, des injustices, et toutes nos morts peuvent-elles être 'glorieuse', l'occasion d'une fête?? Est-ce un truc de bourgeois en manque de truc un peu sadique? Qui oserait aller fêter dans un hôpital, dans un asile, dans un pays communiste, les épreuves, les souffrances de ceux qui sont enfermés? C’est pour cela que la croix est un mystère de foi, une lumière qui nous aveugle tellement elle nous dépasse, tellement elle est violente, scandaleuse, insupportable humainement parlant ! Ce devrait être l’occasion pour le chrétien de réapprendre que sa foi IL NE LA POSSEDE PAS ! Il ne sait même pas ce que sait ; et ce qu’il en touche n’est rien à côté de ce qui lui est donné et qui est caché. La croix ‘glorieuse’ c’est une lumière qui vient d’en haut, et qui ne peut être reçu que dans un don actuel, dans un lien personnel avec celui qui la vit entièrement : Jésus. La croix 'glorieuse', c'est Jésus-Agneau présent dans toutes nos souffrances, présentes dans toutes les victimes innocentes, les victimes d'injustices, de trahisons, dans tout ceux qui soufrent, volontairement ou non, dans toutes espèces de mal. C'est la certitude caché d'une fécondité dans tout cela, que rien n'est vain, que nous ne mesurons pas notre vie, et tout ses évènements. 

Fr Grégoire

La croix, glorieuse...?

Le sommet, c’est la Croix du Christ : on ne peut pas aller plus loin. Tout le mystère de l’Incarnation est pour cela, pour que la nature humaine présente dans le Christ soit l’Agneau. A partir de la Croix du Christ, notre humanité est agneau, et c’est cela notre vocation. Il n’y a que dans l’Evangile de Jean que l’Esprit Saint, par Jean-Baptiste, a dit : « Voici l’Agneau de Dieu » (Jn 1, 29 et 36).

 

L’Esprit Saint le dit donc pour chacun d’entre vous et vous devez le redire tous les matins : « Voici l’Agneau de Dieu ». Cela nous aide prodigieusement à accepter toutes les difficultés, toutes les incompréhensions – car il y en a forcément, il ne peut pas en être autrement. Jésus a été parmi les hommes, l’incompris par excellence : il était trop grand… et il était trop petit. Les hommes aiment in medio stat virtus – la vertu est un juste milieu entre deux extrêmes- et là on est à l’aise ! C’est ce que Descartes a compris et c’est ce que, à sa suite, nous comprenons : « pas trop à droite, pas trop à gauche, au milieu stat virtus ».

 

Oui, la vertu s’installe là, au milieu, entre les deux extrêmes. Et notre vie chrétienne, c’est les deux extrêmes ; notre vocation chrétienne, c’est la vocation de l’Agneau, et l’Agneau, c’est l’offrande de tout nous-mêmes pour devenir la nourriture de nos frères. Jésus est l’Agneau, la nourriture des frères ; il est le véritable Agneau pascal pour nourrir ses frères, pour les rassembler, pour leur apprendre à s’aimer. Ils s’aiment dans le Christ et par lui.

 

fr Marie-Dominique Philippe.

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Beau papillon près du sol

13 Septembre 2014, 20:37pm

Publié par Fr Greg.

Beau papillon près du sol

Beau papillon près du sol,

à l’attentive nature

montrant les enluminures

de son livre de vol.

 

Un autre se ferme au bord

de la fleur qu’on respire :

ce n’est pas le moment de lire.

Et tant d’autres encore,

 

de menus bleus s’éparpillent,

flottants et voletants,

comme de bleues brindilles

d’une lettre d’amour au vent,

 

d’une lettre déchirée

qu’on était en train de faire

pendant que le destinataire

hésitait à l’entrée.

 

Rainer Maria Rilke.

 

 

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Je ne haïrai point !

13 Septembre 2014, 08:12am

Publié par Fr Greg.

Je ne haïrai point !

Boulversant témoignage d'un médecin palestinien -musulman- de Gaza.

 

Le petit Izzeldin Abuelaish n'avait rien pour lui. Il est né à Gaza, une étroite bande de terre longue de quarante kilomètres, et large de six à quatorze kilomètres à son plus fort, où sont entassés 1,5 million de Palestiniens, soit la plus grande densité de population au monde. 70 % d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté. Pourtant, le territoire compte plus de diplômés supérieurs qu'ailleurs dans le monde. Mais l'université achevée, les nouveaux venus sur le marché du travail se heurtent à une cruelle réalité : ils ne sont pour la plupart pas autorisés à quitter la bande de terre, et gonflent les chiffres du chômage, déjà endémique dans le territoire (44 %).

 

 

"Nous sommes pratiquement emprisonnés", déplore Izzeldin Abuelaish. "Israël contrôle tout : l'air, l'eau, la terre, la mer." Cela n'a pourtant pas toujours été le cas. Le père d'Izzeldin, Moustafa Abuelaish, était le chef du village de Houg, hameau aujourd'hui délaissé en Israël. Membre de l'une des plus éminentes familles du sud de la Palestine, il menait une vie prospère de fermier. Mais la création de l'État d'Israël en 1948 a changé la donne. Pour s'éviter l'affront d'être chassé de sa terre, le grand-père Abuelaish préfère partir - provisoirement, dit-il. Les Abuelaish n'y ont plus jamais posé un pied. La famille palestinienne n'a eu d'autre choix que de s'exiler dans un des huit camps de la bande de Gaza, comme 170 000 autres Palestiniens.

 

 

"À onze dans une pièce de 9 m2"

Izzeldin Abuelaish est né en 1955 dans le camp de Jabalia, dans la partie nord du territoire, alors contrôlé par l'Égypte. Plus de deux cent mille personnes y vivent aujourd'hui. "Comme la plupart des petits Palestiniens, je n'ai pas vraiment eu d'enfance", raconte-t-il. "Ma famille, qui a compté jusqu'à onze membres, vivait dans une pièce de trois mètres sur trois. Il n'y avait ni électricité, ni eau courante, ni toilettes dans la maison. C'était sale, nous n'avions aucune intimité. Nous mangions dans un plat unique que nous partagions."

Minuscule, le logis ne possédait en guise d'appareil électroménager qu'une grande bassine multitâche. "Ma mère l'utilisait pour faire la vaisselle, laver les enfants avec une éponge, et nettoyer la maison", se souvient Izzeldin Abuelaish. "Quand on était prêts à se coucher, elle nettoyait la bassine et la transformait en berceau pour que le bébé puisse y dormir." Une nuit, son petit frère Nasser, agité, saute dans la bassine pour échapper aux réprimandes de sa mère. Horreur, sa petite soeur Noor, qui n'avait que quelques semaines, dormait à l'intérieur. Elle ne survivra pas.

"L'éducation, la plus grande arme des Palestiniens"

Très vite, le petit Gazaoui (habitant de Gaza) comprend que seules les études le sortiront de ce pétrin. "L'éducation est la plus grande arme des Palestiniens", aime-t-il rappeler. Izzeldin adore l'école, même si ses vêtements rapiécés attirent les moqueries de ses camarades non réfugiés. Ce n'est pas le cas de ses professeurs qui louent au contraire ses excellents résultats. "Ce sont eux qui m'ont ouvert des portes et m'ont fait comprendre qu'un avenir existait hors de la terrible pauvreté dans laquelle nous vivions", insiste-t-il.

Mais de retour dans son taudis, le garçon ne peut rien face aux gouttes de pluie qui fuient du toit. Sans prévenir, elles tombent comme une punition sur sa copie, diluant les belles lettres qu'il a écrites avec soin. Qu'importe, le petit Izzeldin doit se faire une raison, et recommencer. En tant que fils aîné de la famille Abuelaish, le garçon multiplie en parallèle les petits boulots - vendre des caisses d'oranges ou du lait - pour gagner des sommes dérisoires. Si cette tâche lui fait parfois manquer les cours, le Gazaoui doit s'y plier, s'il veut éviter à ses proches - et à lui-même - de ne rien trouver le soir dans la gamelle familiale.

"Membres d'une même famille"

À 15 ans, Izzeldin a la chance d'être employé dans une ferme israélienne, près de la ville d'Ashkelon. "Qu'une famille israélienne m'embauche, me traite de façon équitable et avec tant de gentillesse, était totalement inattendu", avoue-t-il. "Preuve m'avait été donnée qu'Israéliens et Palestiniens pouvaient s'entendre et vivre ensemble comme les membres d'une même famille." Entre-temps a éclaté la guerre des Six Jours, opposant Israël à l'Égypte, la Jordanie, la Syrie et l'Irak. L'État hébreu en sort vainqueur : les Israéliens remplacent les Égyptiens dans le contrôle de la bande de Gaza. 

Son baccalauréat en poche, Izzeldin décroche la chance de sa vie. Grâce à ses excellentes notes, il parvient à sortir de Gaza en étant admis à l'université du Caire pour y suivre des études de médecine. Devenu docteur en 1983, le Gazaoui rentre auprès de sa famille. Il officie tout d'abord au service d'obstétrique et de gynécologie de l'hôpital Nasser de Khan Younès. Au fil des années, il est appelé à travailler à Djedda (Arabie saoudite), pour le compte du ministère saoudien de la Santé, puis à Londres, où il parfait ses études. Il décrochera enfin un master en santé publique à Harvard. Son étonnant parcours retentit alors jusqu'en Israël. En 1997, il est encouragé par des collègues israéliens à se spécialiser à l'hôpital de Soroka, dans la ville de Beersheba (sud).

Humiliations quotidiennes

"Izzeldin est une personne singulière, qui a une vision équilibrée du conflit israélo-palestinien", affirme à l'époque le docteur Shlomo Usef, directeur de l'établissement, qui va assurer sa formation. "Il le considère comme un conflit opposant deux adversaires, et lui-même comme un homme pouvant les rapprocher." Sa spécialisation en poche, le pacifiste devient le premier médecin palestinien de l'histoire à exercer dans un hôpital israélien. Il y travaille quatre jours par semaine, avant de rentrer à Gaza, où il retrouve sa femme et ses huit enfants.

Mais son statut privilégié ne le dispense pas des humiliations infligées au point de passage d'Erez, seule voie de communication entre Israël et Gaza. Chaque fois, il doit attendre des heures, à travers de longs couloirs barbelés pour espérer atteindre sa destination. "Pour des gens civilisés, il est dur de concevoir ce qui se passe à ce point de passage : l'humiliation, la peur, les difficultés physiques, l'angoisse de savoir que, sans raison, vous pouvez être renvoyé chez vous, que vous risquez de manquer un rendez-vous important, que vous pouvez être arrêté et détenu, comme des milliers d'autres personnes", raconte-t-il. Des désagréments qui peuvent coûter à un Palestinien son billet d'avion, sa bourse d'études à l'étranger ou, pire, lui faire manquer les derniers instants de vie de sa femme et l'empêcher d'assister aux funérailles de ses filles. Izzeldin Abuelaish en a fait l'amère expérience.

Foi musulmane

Parfois, un simple soldat, à peine plus âgé que ses enfants, lui refuse l'entrée en Israël, alors que les plus hautes instances l'ont assuré la veille du contraire. "Raisons de sécurité", lui lance-t-on à chaque fois en guise de réponse. Toujours, Izzeldin Abuelaish frappe par son calme. "Cela me fâche énormément à l'intérieur de moi-même", avoue-t-il. "Mais ma foi musulmane, mon éducation et ma profession m'intiment l'ordre de rester calme, et de prendre mes responsabilités. C'est cela qui fera la différence à la fin." 

En Israël, le docteur Abuelaish soigne aussi bien des Israéliens que des Palestiniens, arrivés en urgence depuis Erez. "Les soins médicaux sont le meilleur moyen d'instaurer la paix entre nos deux peuples", assure-t-il. "J'adore mon métier, car l'humanisme prime dans un hôpital, les gens y sont traités sans distinction de race, de façon égalitaire." Pour mieux soigner ses patients, il apprend même l'hébreu, qu'il parle aujourd'hui couramment. Profitant de sa notoriété grandissante, il agit en négociateur officieux en réunissant, un week-end par mois, des groupes d'Israéliens dans le camp de réfugiés de Jabalia, pour y observer les conditions, et rendre plus humain un ennemi qui l'a toujours terrorisé. "Le gouvernement manipule son peuple afin de créer en lui une peur", regrette-t-il. Pourtant, fort de cette collaboration inédite, le médecin va construire avec des collègues israéliens plusieurs cliniques privées à Gaza.

"Nos deux peuples se ressemblent"

"C'est surprenant de voir combien nos deux peuples se ressemblent, que ce soit dans la manière d'élever nos enfants, dans l'importance accordée à la famille proche et aux parents plus éloignés, dans notre façon animée de raconter des histoires", insiste-t-il. "Nous sommes des gens volubiles, expressifs, émotifs. Nous partageons des religions et des langues sémites. Nous avons plus de similitudes que de différences et, pourtant, depuis soixante ans, nous avons été incapables de combler le fossé qui nous sépare."

Mais ce fossé va inexorablement se creuser lors de la victoire du parti islamiste Hamas aux législatives de 2006. Considérant le parti vainqueur comme terroriste, Israël va soumettre la bande de Gaza à un sévère blocus économique, notamment après la capture du soldat franco-israélien Gilad Shalit en juin 2006. Une sanction renforcée un an plus tard après la prise de contrôle par la force de la bande de Gaza par le Hamas. "Ces élections, qui avaient été poussées par Israël et les États-Unis, ont été les plus libres et démocratiques qui soient", rappelle le médecin palestinien. "Lorsque les Palestiniens de Gaza ont choisi ce parti, le monde s'est dressé contre eux. De quelle justice parlons-nous ?" s'insurge-t-il maintenant.

Le rôle du Hamas

Depuis 2001, le Hamas a au moins tiré huit mille roquettes en direction du sud d'Israël. Pour sa part, Izzeldin Abuelaish ne blâme pas outre mesure les militants islamistes. "Ces roquettes sont l'instrument du désespoir. Elles poussent l'armée israélienne à une riposte disproportionnée. Et c'est le peuple, notamment les enfants, qui en subit les conséquences." Toutefois, Izzeldin Abuelaish répète qu'il "condamne la violence de toutes [ses] forces". "Mais ne pensez-vous pas que les Palestiniens ont autre chose à faire de leur vie ? Ne voyez-vous pas que les Palestiniens combattent pour la liberté ? Toute population occupée a le droit de combattre l'occupation, de quelque manière que ce soit. Lorsqu'un enfant jette des pierres, il ne faut pas le condamner, mais se demander quelle est la source de cette violence", estime-t-il.

La riposte tant redoutée aura lieu fin décembre 2008. Pour mettre définitivement fin aux tirs de missiles palestiniens, l'armée israélienne lance une opération d'envergure baptisée "plomb durci". Vingt-trois jours durant, la bande de Gaza est bombardée par les F-16 israéliens, puis par les chars de Tsahal. Emprisonnées dans leur bande de terre, les populations ne peuvent s'enfuir. 1 385 Palestiniens, dont 762 civils, périssent. Côté israélien, 3 civils et 10 soldats sont tués. 

 

"Ils ont tué mes filles !"

Durant le conflit, très peu de journalistes occidentaux sont autorisés à pénétrer dans la zone. Réfugié à son domicile en compagnie de sept de ses enfants, de son frère et de sa nièce, Izzeldin Abuelaish se retrouve malgré lui reporter de guerre. Bloqués à Ashkelon, les médias israéliens qui connaissent le médecin décident de l'appeler sur son portable afin qu'il rapporte la réalité du terrain. Les militaires israéliens le savent. Pourtant, le 16 janvier, la maison est bombardée par deux obus israéliens. "Meubles, livres de classe, poupées, chaussures de jogging et bouts de bois étaient amassés avec les morceaux des corps de mes filles et de ma nièce", se rappelle avec horreur le docteur.

L'aînée de ses filles, Bessan, 21 ans, Mayar, 15 ans, Aya 14 ans, et leur cousine Noor sont tuées sur le coup. Au coeur de l'horreur, Izzeldin profite d'un rare moment de lucidité pour appeler à l'aide son ami israélien Shlomi Eldar, le présentateur de la chaîne Channel 10 : "Ils ont bombardé ma maison ! Ils ont tué mes filles ! Qu'avons-nous fait ?" sanglote le médecin. L'appel, diffusé en direct, suscite une réelle émotion auprès des foyers israéliens : il fait rapidement le tour du Web. Il permettra de sauver les autres enfants blessés, qui seront accueillis en Israël pour y être soignés. 

 

Mensonges

Il permettra aussi de mettre un visage sur les souffrances quotidiennes subies par la population de Gaza. Loin de s'excuser, Tsahal (l'armée israélienne) affirmera tout d'abord que le domicile a été visé car des snipers palestiniens se trouvaient embusqués sur le toit de l'immeuble. Devant le peu de crédibilité de cette version (les victimes se trouvaient au deuxième étage), l'armée israélienne annoncera ensuite que des militants palestiniens se trouvaient à l'étage. L'information est rapidement reprise dans de grands médias israéliens. "Alors, pourquoi est-ce des filles innocentes, seulement armées d'amour, qui ont été retrouvées mortes ?" s'indigne le médecin. "En continuant à répandre de tels mensonges, ils les ont poignardées après leur mort." 

Il faudra attendre un mois pour que l'armée israélienne admette finalement avoir commis une erreur en bombardant la maison du docteur Abuelaish. Et ce n'est que près de trois ans plus tard, en décembre 2011, après une lutte acharnée, que le médecin palestinien recevra une lettre d'excuse du conseiller des forces armées israéliennes. Du moins, le croyait-il. Laconique, le message se contentera d'évoquer "des dommages collatéraux". 

Docteur Izzeldin Abuelaish 

Je ne haïrai point : un médecin de Gaza sur les chemins de la paix. Éditions J'ai Lu.

 

www.lepoint.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dans quel réel sommes-nous?

12 Septembre 2014, 09:37am

Publié par Fr Greg.

Dans quel réel sommes-nous?

 

Le monde dans lequel nous vivons est une entreprise colossale de détournement. Une incroyable machine est en marche pour nous divertir en permanence. Je pense au « divertissement » qui navrait Pascal ! Comme il était modeste, comparé à toute cette industrie de l’aliénation installée aujourd’hui. Deepak Chopra a forgé la forte notion d’ « hypnose socialement programmée » pour décrire notre état de conscience collectif. Ce que nous prenons pour la réalité est une construction parfaitement artificielle, une cage aux barreaux invisibles. La réalité réelle, la vraie vie, avec ses saveurs, ses odeurs, ses fulgurances, respire derrière cette structure.

 

Un épisode récent m’a remis en mémoire l’époque de l’enfance où cette réalité construite n’obscurcit pas encore le Réel. Je visitais avec une amie l’abbaye d’Altenburg qui recèle la plus belle bibliothèque baroque de toute la région du Danube.

Alors que nous pénétrions dans l’imposante salle, le petit garçon de mon amie pousse un cri déchirant. Je crois d’abord que cet enfant possède un sens aigu de l’art ; il se précipite vers une colonne où, sur le relief d’une corniche…est posée une petite sauterelle verte. Parmi toute cette splendeur déployée qui nous entourait, il était allé tout droit vers la vie, vers ce que nous n’avions pas même remarqué.

Autre situation récente : une mère détourne de force la tête de son enfant qui, plein d’interrogation vibrante, fixe un jeune étudiant africain assis en face de lui. Au lieu de dire : « Monsieur, vous voyez l’intérêt  que vous porte mon enfant. Pourriez- vous nous dire de quel pays vous venez ? En rentrant, nous le chercherions sur un atlas, et un nouveau lieu du monde nous deviendrait proche. » Non l’intérêt que porte cet enfant au monde est pénalisé, et le voilà arraché à la vraie vie pleine et curieuse ; initié à la programmation mortifère qui consiste à ne regarder ni à droite ni à gauche.

Christiane Singer, N’oublie pas les chevaux écumants du passé.

 

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Une éducation catholique...

11 Septembre 2014, 10:16am

Publié par Fr Greg.

Une éducation catholique...

 

Catherine Cusset a vraiment l’art de nous conter des histoires de famille, sans concession, sans retenue ni tabou. J’avais déjà apprécié sa plume et son côté sulfureux dans « La haine de la famille » qui s’intéresse aux rapports mère-fille à travers 3 générations, mais j’ai adoré ce dernier roman (autofiction?) qui nous plonge dans l’enfance et les apprentissages d’une jeune fille tiraillée entre un père catholique pratiquant et une mère juive athée.


La narration à la première personne évoque d’abord les croyances religieuses d’une pré-ado précoce qui frise la crise de mysticisme à l’occasion de sa retraite de communion.
Elle est pratiquante par éducation et par habitude d’abord, mais croire en Dieu est aussi un moyen de se rapprocher du père.

« Il y a deux choses que, toute mon enfance, je fais avec papa: prendre l’air et aller à la messe. Pour maman, ce sont deux occasions de se débarrasser de nous ».

Et comme elle préfère l’écriture ou les balades virtuelles dans les livres aux longues promenades en plein air, la messe lui semble plus supportable. Cette lucidité ne l’empêche pas de se sentir élue, ce qu’elle rapporte avec une auto-dérision particulièrement plaisante:

« Pour ma communion solennelle, je rédige un message qui m’a terriblement coûté. Je promets à Dieu que, dorénavant, je ne haïrai plus ma soeur. Quand je l’ai lu devant l’assemblée, j’ai tremblé. Par rapport aux professions des autres enfants, la mienne me paraît la seule vraie. Je n’y déclare rien d’immense. Juste la promesse d’un effort dont je suis particulièrement fière à cause de la difficulté à le réaliser. Je me sens comme une sainte. Pour une telle honnêteté, une lutte si pure et courageuse contre mes pires instincts, Dieu ne peut que me choisir. Il y a cela aussi, en moi: l’esprit de compétition. Le désir d’être la meilleure, même en sainteté. »

« je me sens du côté des saints, de ceux qui endurent toutes les souffrances pour leur religion, qui se font crucifier, déchiqueter, écorcher, attacher sur une roue et arracher les membres, sans qu’une plainte s’échappe de leurs lèvres. »

Marie n’est pourtant pas toujours une sainte! Son attitude dans les supermarchés peut-être douteuse, et la vanité et la démesure, une certaine hybris, ne lui font pas peur. Elle est plus souvent dans l’ethos que le pathos si bien que sa vie est une véritable comédie.


Au delà de cette éducation catholique, Catherine Cusset nous entretient avec beaucoup d’humour et de profondeur, de la foi, au sens large, et de ses dommages collatéraux. Notre gosse à la langue déliée, qui a toujours un avis sur tout, constate combien la foi en Dieu peut rimer avec une certaine confiance en soi, qui la quitte lorsqu’elle abjure sa religion, au grand dam de son père.

« J’ai compris ce jour-là, que le croyant avait besoin de la protection d’un dieu parce qu’il était fragile. » Renégate, elle doit donc trouver une autre voie, un autre Verbe, pour croire un minimum en elle-même et finir de grandir. En quoi peut-on donc avoir foi? En l’amour? En l’amitié? En soi? En des valeurs universelles? En l’avenir ou en la mort? Quel que soit le choix, il court le risque de se confondre avec la passion, un motif que décline merveilleusement Catherine Cusset dans ce qui relève du récit d’apprentissage.


L’écriture jubilatoire est empreinte d’une grande sincérité. Les analyses, souvent très incisives, échappent à la pudeur et posent les vraies questions, celles qui interrogent en profondeur tout autant les personnages que les lecteurs. 

http://sabariscon.wordpress.com/

 

Derrière ce récit, c'est une analyse des représentations de Dieu que l'on peut se faire et qui tombent les unes après les autres. On y parle d'éducation religieuse, de croyances, d'imaginaire animiste, de fausses croyances et d'expériences humaines. D'évidences et de doutes. Jamais de la foi. On ne peut douter de la foi puisqu'elle n'est pas évidente... Quand on dit que l'on doute c'est qu'on l'a confondu avec une connaissance humaine. Comme quand on dit qu'on n'a plus la foi, ou qu'on l'a. La conscience de croire n'est pas la foi. Du coup, ce serait quoi d'éduquer à quelque chose que l'on ne possède pas? C'est quoi une 'éducation catholique'?

fr Grégoire.

Attention certains passages risquent de choquer les catho-bobos.

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l’amour ne regarde pas si l’autre a une bonne tête ou pas : il aime !

10 Septembre 2014, 13:59pm

Publié par Fr Greg.

 l’amour ne regarde pas si l’autre a une bonne tête ou pas : il aime !

 

Jésus « choisit tout le monde », y compris « les pécheurs », car « l’amour ne regarde pas si l’autre a une bonne tête ou pas : il aime ! »

 

Le pape a médité sur trois aspects de la vie de Jésus, à commencer par la prière : Jésus passe « toute la nuit à prier Dieu... Cela semble un peu étrange que lui qui est venu donner le salut, qui a le pouvoir, prie le Père ».

En réalité, il est « le grand intercesseur » : « Il est devant le Père en ce moment, il prie pour [l'homme] ». Pour le pape, cette perspective doit « donner du courage » : « dans les moments de difficulté ou de besoin, se dire "Jésus prie le Père pour moi", c'est une force ».

Le chrétien peut ainsi dire au Père : « Si toi, notre Père, tu ne nous regardes pas, regarde ton Fils qui prie pour nous ! ».

Après sa prière, Jésus choisit les douze apôtres : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi. C’est moi qui vous ai choisis ». Chacun est « choisi par le Seigneur », tel qu'il est, car « l’amour ne regarde pas si l’autre a une bonne tête ou pas : il aime ! ».

Dans cette logique, Jésus « appelle tout le monde, Jésus choisit tout le monde », y compris Judas Iscariote, « qui est devenu le traître… le plus grand pécheur » : « Sur la liste de Jésus, personne n’est 'important' selon les critères du monde : ce sont des gens ordinaires, qui sont tous pécheurs. Jésus choisit les pécheurs. »

Le troisième moment, c'est sa proximité avec les gens : « une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon, qui étaient venus l'entendre et se faire guérir de leurs maladies... Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous. »

« Jésus n’est pas un professeur, un maître, un mystique qui s’éloigne des gens et parle de sa chaire, là-bas. Non ! Il est au milieu des gens, il se laisse toucher, il laisse les gens l’interroger. Jésus est comme cela : proche des gens. »

« Le Seigneur est quelqu’un qui prie, quelqu’un qui choisit les gens et quelqu’un qui n’a pas honte d’être proche des gens. Cette proximité vient du choix de Dieu pour son peuple : la proximité de Dieu avec son peuple est la proximité de Jésus avec les gens »

François, Pape.

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L'enfant a besoin de «faire lentement l'expérience de la vie»

8 Septembre 2014, 11:18am

Publié par Fr Greg.

L'enfant a besoin de «faire lentement l'expérience de la vie»

Dans son dernier ouvrage, la psychologue Geneviève Djénati explique l'importance de la notion de temps et d'ennui pour l'enfant.

 

«Pour l'immaturité, il n'y a qu'un traitement. L'écoulement du temps », avertissait le pédiatre et psychanalyste Donald Winnicott. Mais alors, dans une société de l'urgence d'où la durée semble avoir disparu, comment nos enfants peuvent-ils grandir ? Les rythmes fous qu'on leur impose ne cessent d'interpeller les spécialistes de cet âge tendre, où l'on doit «faire lentement l'expérience de la vie », écrit la psychologue Geneviève Djénati dans Attends… Dépêche-toi . À force de remplir le «temps des horloges » (temps social, intelligible et partageable par tous), avons-nous tué le «temps subjectif », celui que l'on emploie à vagabonder au pays des rêves ?

 

Passé, présent, futur. Le premier, où se remémorer ce que l'on a été, le second pour être attentif à ce qui se déroule, le dernier, qui suscite attente et désirs. Pour se construire, «accéder à la continuité et au sentiment sécurisant que la vie a un sens », nous explique l'auteur, l'enfant doit combiner les trois.

 

Mais en réduisant la temporalité à «un présent omniprésent », la société oblige les parents, «la tête encore au travail et le corps sur le canapé», à gérer la vie familiale comme une entreprise, avecla même exigence de vitesse et d'efficacité pour tous. On se presse, nous explique la psychothérapeute, avec pour objectif paradoxal de ne jamais arriver au point final… la mort.

 

Éduquer, c'est «prendre le temps de donner du sens à nos actes pour choisir la direction à prendre ». Mais «le contrôle a eu le dessus sur l'éducation », regrette Geneviève Djénati. Alors surtout, pas de frustration. On gâte l'enfant, on lui donne tout, mais ce faisant on le prive d'une chose : l'attente. Fondamentale pourtant, car «l'enfant qui n'attend pas ne s'attend à rien. Il n'a pas d'avenir ».

 

Apprendre à penser

 

Surtout pas d'ennui non plus. Mais sans ennui, l'enfant est «seul dans un monde sans durée », son temps ne s'écoule plus  ; comme la musique, nous dit Geneviève Djénati, la vie appelle pourtant des tempos différents, certes fiables et réguliers, mais sans oublier les variations, les surprises et les vides. Il ne faut donc pas voler à nos enfants le «temps subjectif » qu'emplissent nos rêves et nos affects : indispensable à leur imaginaire, il leur permettra d'apprendre à relier le passé au futur.

Grandir, nous dit la psychologue, c'est «se former à remettre en question ce qui est établi. Pour cela, il faut que quelque chose soit établi ». Le fil du langage doit donc aider à tisser l'histoire familiale et culturelle sur laquelle l'enfant brodera ses propres motifs. Avec du temps et son histoire, l'adulte doit «dessiner un lieu » où l'enfant pourra «protéger ses rêves ».

Pour devenir lui-même, d'abord, mais aussi… apprendre à penser. Si l'on tait son passé, si l'on vole son présent, si l'on nie son futur, l'enfant n'aura pas envie de grandir et ne se soumettra pas au temps social faute de savoir qu'on peut aussi s'en extraire. Alors, selon l'auteur, les troubles de l'humeur et du comportement guettent. Obsession, hyperactivité et dépression sont, dit-elle, des pathologies liées au temps où l'on fait «en sorte que rien ne bouge ».

 

Tristes sont alors ces enfants dont les parents souffrent de «la maladie de prédire » l'avenir et se prémunissent contre tous ses risques : ils n'ont pas encore grandi que déjà, de leur vie, «le rêve et le désir sont bannis ».

Attends… dépêche-toi,  Le temps des parents, le temps des enfants,Geneviève Djénati, Éd. L'Archipel

Soline Roy, Le Figaro.

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