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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Pensez-vous librement ou êtes-vous formatés par le système?

31 Mars 2014, 06:25am

Publié par Fr Greg.

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Penser sous le régime de Brejnev signifie se libérer de toutes les déformations  apprises, maintenir à distance son double livré à l’Etat, acquérir en cachette et avec les moyens du bord une formation autodidacte. Penser signifie également franchir le butoir de la langue, conquérir contre la langue de bois les outils pour dire les choses. L’incrédulité face à l’idéologie officielle n’exclut pas un effet d’abrutissement, elle n’empêche pas les slogans de s’inscrire plus ou moins  dans le cerveau. « La formule, expliquait M Simecka, surgit toute seule : luttons pour la paix, nous luttions pour la paix, la lutte pour la paix, dans la lutte pour la paix…Et je me dis alors que la fonction destructrice de tels slogans n’est pas un vain mot. Ils composent des symboles semblables aux idéogrammes chinois. Ils interdisent à la plupart des gens de prononcer ces mots autrement que sous la forme sous laquelle ils leur ont été inculqués. » L’incrédulité n’empêche pas davantage la langue de bois d’exercer un effet paralysant : « On dirait que la langue se rebiffe. Ses formules toutes faites, vous imposent un raisonnement que vous ne désirez pas suivre. C’est une impression extrêmement désagréable : votre langue se met d’elle-même à produire des enchainements pétrifiés. Elle résiste à toute pensée originale. Elle refuse d’obéir et se révolte. Il faut lui opposer un immense effort pour la faire céder ». Il fallait de la force intérieure, de la vaillance pour réfléchir par soi-même dans l’univers  du socialisme réel.

Il fallait d’autant plus de force intérieure que, comme nous l’avons vu, le non-sens du régime soviétique disait en définitive que les mots n’ont pas de sens, qu’il n’y a pas de vérité mais seulement un pouvoir. Le philosophe tchèque qui écrivait sous le pseudonyme de Petr Fidelius, observait ceci : le piège se referme sur l’intellectuel, en dépit de son incrédulité, parce que, s’il refuse de prendre le mensonge au sérieux, c’est qu’il a renoncé à prendre la vérité au sérieux. (…) Sur les décombres du vrai, il ne reste plus que le pouvoir. Chez ceux-là qui semblent imperméables à la propagande, le subjectivisme totalitaire réussit à abolir le sens de la vérité.

 

Le faux totalitaire faisait ainsi peser une formidable pression sur les hommes. Cette pression explique pourquoi certains détenus ont ressenti un sentiment de libération dans l’univers des camps. « Si l’on est bien en prison pour penser, écrit Soljenitsyne, au camp on n’est pas trop mal non plus. Avant tout parce  qu’il n’y a pas de réunions. Pendant dix ans, tu es dispensé de toute réunion ! N’est-ce pas l’air des sommets ? L’administration du camp prétend ouvertement  à ton travail et à ton corps jusqu’à ce qu’épuisement, voire mort s’ensuivent, mais ne porte nullement atteinte au monde de tes pensées. Elle ne tente pas de visser et d’immobiliser ta cervelle. Cela créé un sentiment de liberté plus grande que la liberté de courir là où les jambes vous portent. » (l’Archipel du Goulag). Derrière les barbelés, les zeks ont perdu toute liberté extérieure mais ils ont gagné la liberté intérieure. (…)

 

Quels ont été en définitive les effets de cette condition sur le psychisme de l’homo sovieticus ? Ce sont semble-t-il, l’engourdissement intellectuel, la corruption morale et le cynisme. Astreint au faux semblant, privé de toute nourriture intellectuelle, morale et spirituelle, l’homme soviétique est appauvri, desséché, « vidé », et il ne croit généralement en rien ni en personne. Le « il faut bien vivre » justifie les compromissions, l’abdication et la désertion vers les petites satisfactions qu’offre le système.

Introduction à la politique, Philippe Bénéton, chapitre IX : la mécanique totalitaire.

 

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"Vous dites ‘nous voyons’...?" alors votre péché demeure !

30 Mars 2014, 07:53am

Publié par Fr Greg.

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« C’est pour un discernement que Je suis venu en ce monde : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. … Si vous dites ‘nous voyons’, alors votre péché demeure… » Jean 9, 39-41

 

 

 L’évangile de ce 4ème Dimanche de Carême jette une très grande lumière sur la Croix du Christ. Une lumière que Jésus révèle lui-même : « Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde » (Jn 9, 5).

 

La rencontre de Jésus et de l’aveugle-né était pour les disciples du Christ l’occasion de dépasser ce qui restait pour eux un scandale, une fatalité ou une impasse : le problème du mal. Pourquoi le mal existe-t-il ? Question humaine lancinante. Question religieuse aussi. Question à laquelle la Croix du Christ n’apporte pas une solution logique ou seulement intellectuelle, mais devant laquelle elle se révèle comme une lumière de vie.

 

Pour les disciples, le mal de fait (celui qui nous affecte, que nous subissons et qui nous blesse) ne pouvait exister que comme la punition d’une faute cachée, plus ou moins lointaine. Une faute qu’il serait nécessaire d’expier, dont nous devrions être punis par un Dieu juste ou, à tout le moins, qui devrait être compensée par une peine subie, dans une sorte d’équilibre des forces à rétablir : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » (Jn 9, 2) Vision simpliste d’une justice immanente et fataliste, et vision moralisante d’un Dieu qui serait chargé de faire la police du comportement des hommes.


En réalité, c’est l’interrogation  des  disciples, caractéristique de la recherche indéfinie des hommes, qui est sans solution. Leur interrogation porte sur l’origine : « D’où vient le mal ? » La question demeure souvent la même : « D’où vient le mal, cette privation d’un bien qui nous est normalement dû ? » Nous le subissons et il nous blesse. Mais d’où vient-il ? D’où vient la souffrance, d’où viennent les blessures ? Nous nous débattons avec cette question, elle nous taraude, nous cherchons indéfiniment une solution. Et nous croyons pouvoir la trouver en remontant à l’origine : nous cherchons indéfiniment à remonter au premier moment où ce mal nous a affectés, où il nous a blessés. Nous reconstruisons alors l’itinéraire dans une sorte d’herméneutique et nous cherchons, de ce point hypothétique (est-ce le premier ?), à reconstruire ce qui s’est développé d’une façon déviée en raison, croyons-nous, de ce premier désordre.

 

La question est au cœur de toutes les recherches philosophiques… Le sage Aristote, se confrontant au même problème, butant sur le scandale du mal qui affecte l’homme jusque dans son agir, y répondait avec humilité : « Le mal a des causes infinies en puissance » ; il n’a donc pas de cause propre, il est un désordre dont nous ne pouvons avoir une intelligibilité parfaite. Platon, pour sa part, aurait voulu que la matière soit la réponse à cette question… Mais si la matière est d’une immense fragilité dans sa potentialité radicale, indéfiniment capable d’être changée, elle est pourtant bonne dans son être ; elle n’est pas la cause du mal et le monde matériel n’est pas mauvais.

 

A cette question, Jésus répond en donnant une tout autre lumière : « Ni lui n’a péché, ni ses parents, mais c’est afin que soient manifestées en lui les œuvres de Dieu » (Jn 9, 3). Au lieu de l’origine (d’où cela vient-il ?), Jésus répond par la finalité (afin que telle chose se réalise). Non pas, évidemment, que le mal soit nécessaire dans un ordre commandé par la finalité… Nous connaissons ces théodicées effroyables qui justifient le mal comme un moment nécessaire dans l’ordre des choses vers leur fin ! Jésus veut nous dire, d’abord, de changer de regard, de nous poser une nouvelle question. Ne veut-il pas nous faire comprendre que nous ne trouverons pas de « solution » tant que nous nous interrogerons sur l’origine du mal? Cela ne signifie pas que nous ne devons pas le combattre et chercher à soulager l’homme qui en est affecté, notamment par l’art médical. Mais un autre regard est possible : le « pourquoi ? » se situe dans une autre lumière, celle de la fin.

 

C’est cette ouverture, cette petite lumière au bout du tunnel, qui nous donne la possibilité d’accueillir la présence salvatrice et miséricordieuse du Christ. Il est venu pour les pauvres, les blessés, les souffrants. Il est venu pour être avec eux, pour les aimer et les porter. Et c’est Lui qui est la lumière : « Tant qu’il fait jour, il nous faut accomplir l’œuvre de celui qui m’a envoyé… Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde » (Jn 9, 4-5).

 

Par-là, Jésus ne justifie pas le mal qui nous blesse et il n’exalte en rien la souffrance – il le supprime d’ailleurs chez cet homme aveugle en le guérissant. Mais il montre à l’homme qui supporte ce mal et cette souffrance qu’il lui est possible de voir une autre lumière, de s’ouvrir à une autre présence : la sienne. Jésus est la lumière du monde, celle qui éclaire le monde non seulement en nous pardonnant et en nous relevant de nos fautes, mais celle qui permet de tout offrir dans l’amour et de marcher vers la lumière qui donne son sens plénier à toute notre vie : le mystère du Père riche en miséricorde et en tendresse qui nous attire à lui, dans sa lumière.

 

C’est bien cela aussi qu’est la sagesse de la Croix : cette porte ouverte sur la lumière du Père.

Marie-Dominique Goutierre

© www.les-trois-sagesses.org

 

 

 

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Qu'est-ce que vous appelez 'Dieu'?

29 Mars 2014, 08:33am

Publié par Fr Greg.

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Le premier venu est plus proche de Dieu que moi : voilà toute ma croyance. Elle me vient des rencontres plus que des livres. Au début de cette année j’ai connu la joie de donner la moitié de ma bibliothèque. Je me suis délivré des livres  qu’une seule lecture éteint. Des romans, des essais. Dans la banquise fondue de la bibliothèque sont apparues les fleurs résistantes, presque toutes de deux genres, poésie, théologie, je les abandonnerai sans doute un autre jour. Ils ne sont pas vraiment indispensables et, sur l’amour, ne m’apprennent rien de plus que le premier venu. Le premier venu peut être un homme, une femme, un enfant, une lettre, une fougère, un moineau, une heure de la journée, les tulipes qui sont revenues habiter  ma maison, le silence de l’immeuble à une heure du matin. De cette « révélation » du premier venu, découlent pour moi deux certitudes : pas d’accès direct à Dieu et à ses joueurs de flûtes.  Je suis obligé pour avoir des nouvelles du Christ de porter attention à ce qui vient, à ce qui est là, à ce qui se passe aujourd’hui, maintenant. La deuxième certitude, c’est que je ne suis que rarement  à la hauteur de ce que j’écris là. Je manque d’attention et d’amour, je manque à peu près de tout. Ce manque n’est pas désolant. Il me fait plutôt jubiler : j’y trouve à chaque fois l’occasion de reprendre ma vie à ses débuts. Je ne cherche pas la perfection .Cela me semblerait aussi intelligent que de rechercher la mort. Je cherche la justesse- un équilibre précaire entre ma vie toujours trop vieille et la vie naissante première venue. Mourir, renaître, mourir, renaître : voilà tout ce que je sais faire, un jeu et un travail, un passe temps.

 

(...) Ce qu'en cette fin de jour j'appelle" Dieu" est ce qui en chacun de nous est le plus préservé, une simplicité dormante, commune à tous, bien en deçà de nos bavardages du genre : "J'y crois, j'y crois pas."

Christian Bobin, « Autoportrait au radiateur »

 

 

 

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Primat de la gratuité de Dieu sur toute prudence 'morale'...

28 Mars 2014, 08:12am

Publié par Fr Greg.

 

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Toute notre vie morale doit être ordonnée à notre vie théologale. Le très grand danger est de croire que la vie morale se tient pour elle-même et par elle-même, et donc de tout ramener à une prudence acquise. C’est le danger actuel, et je crois que le développement de la psychologie entraîne énormément cela. Il est très bien d’être attentif à la psychologie et d’être prudent, mais il ne faut pas s’arrêter là quand on est à la tête d’une communauté qui n’est pas une communauté humaine. Il s’agit d’aider des jeunes qui ont reçu une vocation divine, c’est-à-dire qui sont ordonnés à la vision béatifique, qui doivent vivre de la parole de Dieu et sont appelés avant tout à vivre une vie de foi, d’espérance et de charité. Par le fait même, c’est cela qu’on doit regarder en premier lieu : sont-ils capables de mener une vie surnaturelle, capables de s’y engouffrer complètement, de s’en remettre radicalement à Dieu ?

 La plupart du temps, c’est parce qu’on perd un peu pied qu’on veut se rattraper par des moyens très humains. Alors Dieu nous laisse un peu patauger, pour montrer que nous devons vivre sous sa conduite d’amour, surtout quand c’est plus difficile.

+  MD Philippe.

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Chère maman...

27 Mars 2014, 08:35am

Publié par Fr Greg.

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1984, nous y sommes enfin...!

26 Mars 2014, 08:58am

Publié par Fr Greg.

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1984, le célèbre livre de George Orwell est le plus souvent cité pour deux de ses terrifiantes anticipations.

D'abord, la société de surveillance généralisée dont on peut dire qu'elle est aujourd'hui advenue: écoutes téléphoniques hors de contrôle, profilage numérique, déclenchement de webcams à distance, télésurveillance, transparence à outrance. «Ce fut la fin de la vie privée»: nous y sommes.

Ensuite la novlangue, dont le but assumé, via la dénaturation et la destruction fanatique du vocabulaire, est de rendre impossible le crime par la pensée car « il n'y aura plus de mot pour le dire ». Supprimer le mot, la chose disparaîtra.

Ensuite la novlangue, dont le but assumé, via la dénaturation et la destruction fanatique du vocabulaire, est de rendre impossible le crime par la pensée car «il n'y aura plus de mot pour le dire». Orwell précise: grâce au novlangue, «une idée hérétique, c'est-à-dire s'écartant des principes de l'AngSoc [Socialisme Anglais], serait littéralement impensable, du moins dans la mesure où la pensée dépendit des mots.». Par exemple, une fois le mot libre expurgé, «les libertés politique et intellectuelle n'existeront plus, même sous forme de concept. Elles n'auront donc plus de nom». Supprimer le mot, la chose disparaîtra. On s'aperçoit qu'aujourd'hui, le novlangue a bien progressé.

Novlangue et surveillance généralisée ne sont pourtant que deux des moyens d'oppression imaginés par Orwell, tandis que d'autres, ainsi que l'idéologie qui sous-tend 1984, sont bizarrement souvent ignorés. Donc relire 1984, c'est maintenant!

Le personnage principal de 1984, Winston Smith, vit en Océania, un ensemble de pays dominé par une idéologie, l'AngSoc. La finalité de l'AngSoc, déguisé comme dans toutes les utopies en Bien commun et religion du Progrès, est d'une simplicité brutale: le pouvoir pour le pouvoir. Y rester à tout prix, quitte à tout liquider, même la personne humaine mais seulement après avoir nettoyé son esprit, l'avoir reformatée conformément aux principes de l'AngSoc:

«Nous ne détruisons pas seulement nos ennemis, nous les changeons. (…) Il est intolérable qu'une pensée erronée puisse exister quelque part dans le monde. (…) Nous ne pouvons nous permettre aucun écart, même à celui qui est sur le point de mourir. (…) Vous serez creux. Nous allons vous presser jusqu'à ce que vous soyez vide puis nous vous emplirons de nous-mêmes. Puis nous vous fusillerons.»

C'est le pourquoi que comprendra Smith avant de disparaître. Le socialisme n'est plus qu'un concept creux. Ceux qui connaissent la nature du Parti le définissent comme un collectivisme oligarchique avec d'un côté une population devenue également miséreuse, uniformisée et terrorisée et de l'autre «une nouvelle aristocratie constituée de bureaucrates, de savants, d'organisateurs de syndicats, d'experts en publicité, de sociologues, de journalistes et politiciens professionnels». D'ailleurs, «le Parti (…) prêche envers la classe ouvrière un mépris dont, depuis des siècles, il n'y a pas d'exemple.»

Les principes de l'AngSoc sont: négation de la réalité objective, double-pensée et mutabilité du passé.

Premier principe et le plus fondamental: la négation de la réalité. On se contentera une fois encore d'extraits du livre tant ils sont parlants «la condition mentale dominante doit être la folie dirigée», «le Parti finirait par annoncer que 2 et 2 font 5 et il faudrait le croire. (…) Ce n'était pas seulement la validité de l'expérience mais l'existence même d'une réalité extérieure qui était tacitement niée. (…) L'hérésie des hérésies était le sens commun. (…) Le Parti disait de rejeter le témoignage des yeux et des oreilles.» et enfin, «tout pouvait être vrai. Ce qu'on appelait les lois de la nature n'était qu'absurdités».

On retrouve ici poussée à l'extrême l'hybris, la volonté de toute-puissance de l'Homme: rien n'existe en-dehors de sa perception et toute-puissance de la loi humaine. Il suffit (je ne cite plus 1984 ici…) de «volontarisme», de «rejeter les schémas archaïques», de «défier la nature», de remettre en cause les invariants de l'espèce pour que tout puisse être soit nié soit transformé. De l'individu pourra donc être extrait, en niant la réalité, en sacrifiant le langage et en l'opprimant, de tous les déterminismes qui s'opposent aux buts du Parti.

« L'hérésie des hérésies était le sens commun. (…) Le Parti disait de rejeter le témoignage des yeux et des oreilles. » « tout pouvait être vrai. Ce qu'on appelait les lois de la nature n'était qu'absurdités ».»

Georges Orwell 1984

Ce qui implique que soient éliminées toutes les institutions s'opposant au Parti: la famille évidemment et prioritairement («Nous avons coupé les liens entre l'enfant et les parents, entre l'homme et la femme (…). Les enfants seront à leur naissance enlevés aux mères comme on enlève les œufs aux poules (…) tous les enfants devraient procréés par insémination artificielle et élevés dans des institutions publiques»), l'instinct sexuel (le fameux sexcrime, «l'instinct sexuel sera extirpé», «fréquenter les prostituées était naturellement défendu», «La procréation sera une formalité annuelle, comme le renouvellement de la carte d'alimentation»), les lois de la nature enfin: sur son lit de torture ressemblant étrangement à celui de Procuste (raccourcir les grands, écarteler les petits pour obtenir une taille unique…) , Winston entend de la bouche d'un membre du Parti chargé de sa rééducation: «Il faut vous débarrasser l'esprit de vos idées du 19è siècle sur les lois de la nature. Nous faisons les lois de la nature»).

 

«Nous avons coupé les liens entre l'enfant et les parents, entre l'homme et la femme (…).» « fréquenter les prostituées était naturellement défendu »

Georges Orwell 1984

 

En découle inévitablement, dès lors qu'est rompu le lien avec le réel, la relativité de la vérité: «Ce que le Parti tient pour vrai est la vérité.»

 

Deuxième principe: la double pensée définie comme le pouvoir de garder à l'esprit simultanément deux croyances contradictoires et de les accepter toutes deux. «Un intellectuel du Parti sait qu'il joue avec la réalité mais par l'exercice de la double pensée, il se persuade que la réalité n'est pas violée.». La double pensée en pratique? «Dire des mensonges délibérés tout en y croyant sincèrement, oublier tous les faits devenus gênants puis lorsque c'est nécessaire les tirer de l'oubli pour le laps de temps utile.». On aboutit ainsi à un processus dans lequel le mensonge est toujours en avance d'un bond sur la vérité. Dans quel but? Nier la réalité et éteindre une fois pour toutes la possibilité d'une pensée indépendante.

Troisième principe: la mutabilité du passé. L'image qui est resté est précisément celle de photos de journaux (le communisme soviétique étant pionnier dans l'affaire comme dans bien d'autres) dont les figurants devenus gênants étaient effacés. Cet exemple est encore poussé très loin par Orwell. Pas si loin qu'on ne puisse aujourd'hui l'imaginer hélas. Avec le principe de mutabilité, l'Histoire n'est en effet pas étudiée ni même revisitée par des historiens comme il est bénéfique qu'elle le soit pour assurer une diversité critique de points de vue. Dans 1984, l'Histoire est réécrite en fonction des intérêts du Parti dans une volonté de perfection et de cohérence absolue avec son idéologie car, comme l'assène le slogan de l'AngSoc, celui qui contrôle le passé contrôle le futur. Winston prend ainsi conscience qu'«aujourd'hui, la folie était de penser que le passé était immuable». Allergie envers le passé rejeté, abjuré, rupture voulue avec la tradition, avec l'ancienne civilisation: «Tout ce qui était ancien, tout ce qui était beau était devenu vaguement suspect.»

Réécrits donc les journaux et les livres dans 1984, repeints les tableaux, changé le nom des rues, mais on imagine facilement aussi l'endoctrinement via les manuels scolaires et une fixation définitive de l'interprétation historique par la loi. Qui sait?... Pour Winston pourtant, «les gens de deux générations auparavant n'essayaient pas de changer l'Histoire. Ils étaient dirigés par leur fidélité à des règles personnelles qu'ils ne remettaient pas en question.».

Winston luttera de toutes ses forces contre le déni de réalité en affirmant que l'évidence, le sens commun, la vérité devraient être défendus. Que le monde matériel existe, que ses lois ne changent pas. Aussi surprenant que cela puisse paraître la liberté de dire que 2 et 2 font 4, de rappeler la réalité, la vérité, de ne pas succomber aux falsifications de l'Histoire, est devenu en 1984 une tâche surhumaine. Winston le paiera de sa vie.

Mais pour toutes celles et tous ceux qui aujourd'hui, en (re)lisant 1984, peuvent se montrer inquiets, rappelons les dernières phrases d'Espérance de Winston avant son effacement. Ce sont ceux d'Orwell, qui s'est toujours présenté comme un socialiste très particulier, anti-totalitaire:

«D'une façon ou d'une autre, vous échouerez. Tôt ou tard, ils verront qui vous êtes et vous déchireront. La vie vous vaincra. Il y a quelque chose dans l'univers, je ne sais quoi, un esprit, un principe que vous n'abattrez jamais.»

 le Figaro.fr

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Magnificat !

25 Mars 2014, 08:26am

Publié par Fr Greg.

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Jean a compris ce qu’était le Magnificat. L’Evangile de Luc, qui nous rapporte l’Annonciation et la Visitation, n’est-il pas comme le premier Evangile de Jean ? On peut le dire, car d’où Luc a-t-il tenu tous ces renseignements si ce n’est de Marie, de Jean ? Nous pouvons donc demander à saint Jean de nous aider à comprendre le Magnificat  : Mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur. C’est la joie qui prend tout, qui dilate tout, qui épanouit tout. Notre âme grandit quand elle remercie Dieu et quand elle regarde celui qui est notre Sauveur ; sans lui nous ne serions rien, et c’est lui qui est là, tout proche, et qui met en nous cette joie. Qu’aujourd’hui cette joie divine remplisse vos cœurs, mais d’une façon débordante : qu’il n’y ait plus que cette joie en vous. Cette joie vous permettra de porter vos souffrances, elle vous permettra de porter les petites brisures de chaque jour. Cette joie vient de Dieu, de sa présence : par la grâce Dieu est plus présent à nous que nous ne sommes présents à nous-mêmes, et il faut se rappeler cette divine présence. Le Magnificat jaillit de cette présence au moment où se rencontrent deux mères, deux mamans qui portent leur petit enfant. C’est merveilleux, la rencontre de cette mère, Elisabeth, qui porte Jean-Baptiste, avec Marie, la Mère de Dieu, qui porte son Jésus. L’une et l’autre ne vivent que pour leur enfant. Toutes les deux sont dans la joie de voir cette vie qui pousse et qui grandit... Elles sont joyeuses l’une et l’autre, et le petit Jean-Baptiste, sous le souffle de l’Esprit Saint, tressaille, dans le sein de sa mère ; cette danse du petit Jean-Baptiste est le premier charisme, c’est la présence de Jésus en Marie auprès d’Elisabeth et de Jean, présence qui transforme Elisabeth et qui transforme Marie.

Parce qu’il a jeté les yeux sur son humble servante. Oui, désormais toutes les générations me diront bienheureuse. Nous faisons partie de ces générations et, d’une façon très spéciale aujourd’hui, nous sommes là pour la glorifier et, par elle et avec elle, glorifier Jésus, glorifier notre Père. Avec Marie nous avons toutes les audaces, avec Marie nous pouvons tout. Nous le savons bien, il y a beaucoup de choses qu’on n’oserait pas faire si on se regardait — on ne le ferait jamais. Mais quand on a tout confié à la Très Sainte Vierge et qu’on n’a plus rien, rien du tout, alors tout vient de Dieu, on peut avoir des audaces folles, et on est dans une joie plénière.

Parce qu’il a jeté les yeux sur son humble servante. — Oui, nous voulons être les petits serviteurs de Dieu. Désormais toutes les générations me diront bienheureuse, car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses, saint est son nom. C’est vrai, pour chacun d’entre nous il a fait de grandes choses ! Vous êtes tous des enfants de Dieu, des fils de Dieu. Tous vous êtes faits pour vivre éternellement du patrimoine du Père. Il est Père parce qu’il nous donne son bonheur, parce que son bonheur est à nous, parce que son Fils est mort pour nous et que pour nous il a « gagné » le Ciel. C’est lui qui a fait cela, ce n’est pas nous. Ayons donc cette conviction que tout ce qui est bon en nous vient directement de lui. Recevons-le, et aujourd’hui remercions-le d’avoir fait en nous ces choses si grandes, si merveilleuses.

+ MD Philippe.

 

Lc 1, 46-55.

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Un linge frais de soleil...

24 Mars 2014, 08:48am

Publié par Fr Greg.

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Des mots passeraient sous tes yeux, dans le matin de tes yeux. Un mot comme celui-là : « âme ». L’âme. Un linge frais de soleil, amoureusement plié. Un drap d’or pour la couche des amants liseré de noir, brodé avec les initiales conjointes de l’orage et de l’aurore. Tu lirais encore, plus loin. Vers d’autres mots. Tu lirais les mots précieux, les mots ruisselants, les mots princiers, ceux du désespoir, ceux, les mêmes, de l’espoir. Tu comprendrais alors. Tu comprendrais que dans chacun de ces mots, sur chacune de ces pages, il n’aurait été question que de toi, que de cette merveilleuse coïncidence entre toi et l’amour que j’ai de toi. Entre toi et ces mots qui sont les miens pour te dire. Entre toi et ces mots conçus dans la nuit, engendrés par ce désordre qui suit ton entrée en mon âme et qui la pacifie. Tu comprendrais que tu ne m’as jamais empêché d’écrire. Tu comprendrais que je n’ai jamais écrit que pour toi, même avant de te connaître, même dans le temps, dans l’immensité sombre du temps précédant notre rencontre.

Christian Bobin L’homme-Joie.

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La gratuité...

23 Mars 2014, 07:32am

Publié par Fr Greg.

 

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La gratuité pour nous, c’est Marie. Elle est la plus belle fleur de tout le Royaume de Dieu, et aujourd’hui il faut que nous lui demandions, à elle qui est notre Mère, d’être pour nous l’action de grâces. C’est vraiment elle qui sait ce qu’est la gratuité ; toute sa vie a été gratuité. Je rêve toujours (il faut avoir des rêves pour rester jeune, n’est-ce pas ?) à un livre sur Marie et la gratuité. C’est tellement cela ! Elle est la fleur de la grande attente du peuple juif, immaculée, et Dieu nous la donne. L’Immaculée est pour nous. Cela, on ne pouvait pas le dire autrefois avec autant de force, mais depuis 1950 cela nous est donné.

 

Marie est l’Immaculée, et toute sa vie elle a répondu à cela. Il nous faut donc aujourd’hui prendre son cantique d’action de grâces, car c’est elle qui nous apprend l’action de grâces, c’est elle qui, par son Magnificat, nous apprend à comprendre vraiment ce qu’est l’action de grâces et à en vivre. C’est dans l’intimité qu’elle a dit ce Magnificat, c’est le cantique de la Mère qui remercie Dieu d’avoir été tellement bon pour elle. Marie est d’une telle humilité, d’une telle pauvreté, qu’elle ne comprend pas qu’on s’intéresse à elle, parce qu’elle-même ne regarde que Dieu. Elle sait que tout est gratuit dans sa vie, que tout lui a été donné au-delà de ses efforts, au-delà de ses mérites ; et la gratuité ouvre le cœur de Marie. C’est le cœur le plus généreux, le plus merveilleusement généreux, qui remercie tout le temps. Il faudrait qu’aujourd’hui le Magnificat de Marie habite nos cœurs ; et je le lui demande instamment, et je demande à saint Jean de vous donner Marie comme il l’a reçue lui-même dans la gratuité.

+ MD Philippe.

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Petite aide au discernement avant d'aller voter...

22 Mars 2014, 08:12am

Publié par Fr Greg.

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Demain journée d’élection : pour vous aider à aller voter voici de petits paragraphes qui résument assez bien l’orientation de chaque parti, sa vision et son programme…nous n'avons pas mis l'origine des phrases copiées tellement vous allez vite reconnaitre de quel partis elles proviennent...


" Je le vois bien dans ma ville : à l’heure de la mondialisation, on voit bien une tension évidente entre l’enjeu de la sécurité et celui du pouvoir d’achat. Les Français réclament des actions concrètes. C’est la raison pour laquelle il est grand temps de reconstruire les termes du vivre-ensemble sur ces questions cruciales."


" Je le vois bien dans ma circonscription : au regard de la montée du chômage, on voit bien une complémentarité évidente entre l’enjeu de l’immigration et celui du pouvoir d’achat. Les Français attendent une grande réforme. Par conséquent, nous devons rebâtir les termes du vivre-ensemble sur ces questions cruciales."


" Je le vois bien dans mon département : pour nous adapter à la montée du chômage, on voit bien le besoin d’une meilleure articulation entre l’enjeu de la sécurité et celui de l’écologie. Les Français réclament un vrai changement. Je m’engage donc à refonder les termes du vivre-ensemble sur ces questions cruciales."


" Je le vois bien dans mon ministère : pour nous adapter à la transformation profonde de notre société, on voit bien le besoin d’une meilleure articulation entre l’enjeu de la sécurité et celui du service public. Les Français demandent un vrai changement. C’est la raison pour laquelle il est grand temps de repenser le rôle de l’État sur ces questions cruciales."

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(vous avez droits à plusieurs en cas de doute...)


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Les premières gouttes de pluie de l'éternel

21 Mars 2014, 08:46am

Publié par Fr Greg.

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Nous recevons la nouvelle de la disparition d’un être aimé comme l’enfoncement d’un poing de marbre dans notre poitrine. Pendant quelques mois nous avons le souffle coupé. Le choc nous a fait reculer d’un pas. Nous ne sommes plus dans le monde. Nous le regardons. Comme il est étrange. Le moins absurde, ce sont les fleurs. Elles sont des cris de toutes les couleurs. La moindre pâquerette cherche désespérément à se faire entendre de nous. Sa parole c’est sa couleur. Quand tu es morte, je suis devenu un drogué des fleurs. J’en mettais partout dans ma maison. Le monde, dont ta mort m’avait détaché, tournait lentement comme une boule noire dans le noir mais il y avait cette insolence colorée des fleurs, ce démenti jaune, blanc, rouge, bleu, rose au néant monocorde. Les religieuses dans les monastères savent l’importance explosive d’un bouquet de roses dans un pot de grés. Le poing de marbre s’est retiré de ma poitrine. Je suis revenu au monde comme l’enfant presse son visage contre la vitre. Le monde n’aime pas la mort. Il n’aime pas non plus la vie. Le monde n’aime que le monde. Il a donc repris toute sa place. Presque : je n’oublie pas ce que m’ont dit les fleurs en ton absence. Car j’ai fini par les entendre. La vie est à peu près cent milliards de fois plus belle que nous l’imaginons – ou que nous la vivons. Je vois la vigne vierge à la fenêtre. Des souffles colorés traversent le pré. Les fleurs sont les premières gouttes de pluie de l’éternel.

Yeux murés par l’éternel, j’avale les fééries de l’air. Et j’écris. C’est ma réponse au sans réponse, mon contrechant, un bruit d’ailes dans le feuillage du temps. Je ne peux pas te parler du mimosa puisque tu n’es plus là. Mais le mimosa, lui, me parle très bien de toi : tout ce qui est délicat a traversé le pays des morts avant de nous atteindre.

Christian Bobin L’homme-Joie.

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L'action de grâce

20 Mars 2014, 08:15am

Publié par Fr Greg.

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Si l’action de grâces maintient en nous la joie et la fait grandir, elle avive aussi en nous un désir, une soif d’aller toujours plus loin. Et tous les jours nous avons à remercier. Sachons reconnaître que Dieu a mis auprès de nous des frères qui ne sont pas des tyrans, des frères qui exercent leur autorité à la manière de saint Joseph. C’est grand, cet exercice de l’autorité dans la pauvreté et la simplicité ! On ne remercie pas assez de cela. Et puis… il y a tout ce que Dieu fait pour nous ! Tous les jours il nous donne la nourriture, et voilà qu’on se met à critiquer parce qu’on trouve que ce n’est pas assez bon, ou je ne sais quoi… tout cela parce qu’on n’est pas un vrai pauvre. Le vrai pauvre reçoit tout gratuitement ; il sait que tout lui est donné gratuitement, et il remercie. C’est extraordinaire, de voir comment les vrais pauvres remercient pour un bout de pain. Si nous avions faim, nous comprendrions ce que c’est que le don du pain, le don qui nous est fait chaque jour.

L’âme qui maintient en elle l’action de grâces dissipe tous les murmures et toutes les critiques. C’est pour cela que Jésus réclame de nous cette action de grâces. Comprenons bien : Jésus n’a pas besoin de notre action de grâces ; c’est pour nous qu’il dit cela. C’est nous qui en avons besoin, parce que nous ne sommes dans la vérité, au niveau humain religieux et au niveau surnaturel, chrétien, que quand nous remercions. Parce qu’alors nous reconnaissons notre état de pauvreté, nous reconnaissons que tout nous a été donné gratuitement, et que cela nous a été donné généreusement, et que cela ne vient pas de nous. C’est quand on manque de pauvreté qu’on manque de joie. Et l’action de grâces maintient en nous cet esprit de pauvreté.

 

Saint Martin, avait le sens de la gratuité et de l’action de grâces ; lui qui a été saisi par le Christ pour devenir moine, et un moine évangélique au sens très fort, il avait le souci des pauvres parce qu’il était lui-même très pauvre. Car on ne peut avoir le souci des pauvres que si on est pauvre soi-même ; et c’est par l’action de grâces qu’on maintiendra ce souci des pauvres. Il doit nous être intolérable de laisser mourir des gens à côté de nous, que ce soit au niveau spirituel ou au niveau matériel. Moine évangélisateur, moine missionnaire, moine qui a conduit à Jésus, saint Martin est aussi celui qui a construit la première abbaye de France, pour qu’il y ait un lieu de prière. Parce que plus on est missionnaire, plus on a besoin d’un lieu de prière. Plus on est missionnaire, plus on a besoin d’être moine, c’est-à-dire de s’enfoncer dans le cœur de Jésus et dans le cœur de Marie. Demandons à saint Martin de nous donner la pauvreté qu’il a comprise auprès de Jésus, son souci des pauvres, son amour des pauvres, de toute espèce de pauvreté mais surtout de la pauvreté spirituelle. Ayons cet amour des pauvres de notre monde d’aujourd’hui, pour les prendre dans notre cœur et les porter vers Jésus. Et avant tout, demandons à saint Martin de nous donner sa fidélité à Jésus et le sens de l’action de grâces, pour remercier Jésus de tout ce que nous avons reçu et recevons incessamment de lui.

+ MD Philippe. Homélie pour la St Martin.

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Vous jeûnez? Faites dîner votre chien...

19 Mars 2014, 23:21pm

Publié par Fr Greg.

 

 

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Isabelle

19 Mars 2014, 07:36am

Publié par Fr Greg.

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Elle revient vers le lit, enfile ses vêtements. Ils sont encore humides. Arrive la voix intérieure, celle qui n'existait pas encore hier, celle qui commente, la voix de Bruges dans Isabelle, la voix de couvent vide et froid : tu as dormi sous les pierres. Maintenant tu t'habilles avec des larmes.

Isabelle est en miettes dans son sommeil. Elle est éparpillée en dizaine d'Isabelle qui marchent dans le noir, le long des rues de Bruges, ce qui fait qu'au réveil elle n'ouvre pas tout de suite les yeux : elle essaie d'abord de réunir ces filles qui lui ressemblent. Voyons. Il y a celle qui amène Anne au cinéma, et celle qui assiste à la baignade d'Adrien. Celle qui chante au fond du bus, le premier jour de l'école. (...) Il y a encore celle qui tremble de frayeur devant son premier dessin animé (...) Et celle qui gagne un lapin nain à la fête, qu'elle emporte, triomphante, à la mère alitée depuis trois jours. Celle-là, c'est l'Isabelle préférée d'Isabelle, celle qui fait venir un sourire aux lèvres de la mère, un vrai sourire, un sourire sans douleur par dessous, une joie simple devant le lapin affolé, sous les draps, la lumière éternelle d'une mère enfin comme toutes les autres. Et d'autres Isabelle, de tous âges, de toutes robes. Il en manque une pour bien ouvrir les yeux.
Le bruit de la pluie au dehors la ramène : il manquait celle qui court sur l'autoroute, les yeux humides et l'âme sèche, désespérément sèche.

C'est curieux comme on est avec les morts : d'abord on jette dessus plein de bruits, de prières et de cris, ensuite on les recouvre sous des pelletées de silence.

Christian Bobin. Isabelle Bruges

 

 

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La chronique mensuelle de Michel Onfray | N° 106...

18 Mars 2014, 11:03am

Publié par Moore G

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Présence dans la maladie...

18 Mars 2014, 08:05am

Publié par Fr Greg.

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l’Onction des malades, qui nous permet de toucher du doigt la compassion de Dieu pour l’homme. Autrefois on l’appelait « extrême onction », car il était perçu comme un réconfort spirituel au moment de la mort. Or parler d’ « Onction des malades » nous aide à voir plus loin, à inscrire l’expérience de la maladie et de la souffrance sur l’horizon de la miséricorde de Dieu.

1. Il y a une icône biblique qui exprime dans toute sa profondeur le mystère qui transparaît dans l’Onction des malades : c’est la parabole du « Bon Samaritain » dans l’Evangile de Luc (10,30-35). A chaque fois que nous célébrons ce sacrement, le Seigneur Jésus, dans la personne du prêtre, se fait proche de celui qui souffre, est gravement malade ou âgé. La parole dut que le Bon Samaritain prend soin de l’homme souffrant en versant sur ses blessures de l’huile et du vin. L’huile nous fait penser à ce qui est béni par l’évêque chaque année, à la Messe chrismale du Jeudi Saint, en vue précisément de l’Onction des malades. Le vin, lui, est signe de l’amour et de la grâce du Christ qui jaillissent du don de sa vie pour nous et s’expriment dans toute leur richesse dans la vie sacramentelle de l’Eglise. Enfin, la personne souffrante est confiée à un aubergiste, afin qu’il puisse continuer à prendre soin d’elle, quoi qu’il lui en coûte. Maintenant, qui est cet aubergiste? C’est l’Eglise, la communauté chrétienne, c’est nous, à qui chaque jour le Seigneur Jésus confie ceux qui sont affligés, dans leur corps ou leur esprit, pour que nous continuions à reverser sur lui, sans compter, toute sa miséricorde et son salut.

2. Cette mission est réaffirmée de manière explicite et précise dans la lettre de Jacques, dans laquelle celui-ci recommande: « L’un de vous est malade ? Qu’il appelle les Anciens en fonction dans l’Église : ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur. Cette prière inspirée par la foi sauvera le malade : le Seigneur le relèvera et, s’il a commis des péchés, il recevra le pardon. » (5,14-15). C’est donc une pratique qui existait déjà au temps des apôtres. Jésus a en effet enseigné à ses disciples à avoir la même prédilection pour les malades et pour les souffrants et il leur a transmis la capacité et le devoir de continuer à étendre, en son nom et selon son cœur, ce réconfort et cette paix, à travers la grâce spéciale d’un tel sacrement. Mais ceci ne saurait nous faire tomber dans la recherche obsessionnelle du miracle ou dans la présomption de pouvoir obtenir toujours et de toute façon la guérison. Ce sacrement est une garantie que Jésus est proche du malade mais aussi de la personne âgée, car chaque personne âgée, chaque personne de plus de 65 ans, peut recevoir ce sacrement, grâce auquel Jésus lui-même s’approche de nous.

3. Quand quelqu’un est malade, on se dit parfois : « appelons le prêtre pour qu’il vienne ». « Non, cela va porter malheur, ne l’appelons pas », ou alors : « le malade va prendre peur ». Pourquoi pensons-nous cela? Parce qu’il y a un peu cette idée qu’après le prêtre les pompes funèbres arrivent. Et cela n’est pas vrai. Le prêtre vient pour aider le malade ou la personne âgée, c’est pourquoi la visite des prêtres aux malades est si importante. Il faut appeler le prêtre, le faire venir près du malade et lui dire: « venez, donnez-lui l’onction, bénissez-le ». C’est Jésus en personne qui arrive pour soulager le malade, pour lui donner des forces, pour lui donner l’espérance, pour l’aider; et pour lui pardonner aussi ses péchés. Et c’est très beau! Et il ne faut pas penser que c’est un tabou, car il est toujours beau de savoir qu’au moment de la douleur et de la maladie nous ne sommes pas seuls: le prêtre et ceux qui sont présents lors de l’Onction des malades représentent en effet toute la communauté chrétienne qui, comme un seul corps, se rassemble autour de celui qui souffre et autour de ses proches, alimentant en eux la foi et l’espérance, et les soutenant par la prière et la chaleur fraternelle. Mais le réconfort le plus grand vient du fait que c’est le Seigneur Jésus lui-même qui se rend visible dans le sacrement, qui nous prend par la main, nous caresse comme il le faisait avec les malades et nous rappelle que désormais nous lui appartenons et que rien – ni même le mal et la mort – ne pourra jamais nous séparer de Lui. Avons-nous cette habitude d’appeler le prêtre, de le faire venir pour qu’il donne à nos malades – je ne dis pas aux malades qui ont la grippe, pendant trois ou quatre jours, mais quand il y a une maladie sérieuse – mais aussi à nos personnes âgées, ce sacrement, ce réconfort cette force de Jésus pour continuer à avancer ? Faisons-le !

 

 François, Pape.

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Gout du théâtre !

17 Mars 2014, 08:07am

Publié par Fr Greg.

 

 

 

 

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Le carême: 40 jours pour crier: "rends-moi la joie de ton salut!" Ps 50.

16 Mars 2014, 09:31am

Publié par Fr Greg.

 

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Le Carême : un temps unique pour être entièrement renouvelé, libéré de nos esclavages et guéris de nos blessures ! C’est revenir auprès de Jésus pour renaitre à cet amour inconditionnel qui ne peut être repris !

 

 Et pour cela Jésus nous demande d’aller au désert : Dieu veut creuser en nous l’espace qui accueillera son don et nous demande d’offrir quelque chose de substantiel, qui nous coute.

 

Pourquoi jeûner? Parce que Jésus nous veut mendiant dans notre corps, de choisir de se faire vulnérable, d’être dans un état de fragilité et de faiblesse physique. Pas mendier en pensant notre demande, ou en analysant notre attente.

 

Nous, nous sommes tellement des propriétaires acharnés de notre autonomie, nous jouissons tellement de notre liberté, nous sommes tellement dans nos pensées que nous voudrions penser notre désir, le caresser intellectuellement, mais pas que ça nous prenne au ventre ! Nous n’aimons pas sentir un manque substantiel dans notre corps : on ne veut pas être éduqué par notre corps !

 

On veut gérer intellectuellement notre relation à Dieu, notre relation à nous-même et aux autres. On veut tout penser, raisonner mais pas que ça nous engage corporellement !

 

Et c’est notre grand problème : on est incapable d’attendre notre salut jusqu’au bout parce qu’on veut tout résoudre rationnellement! On ne veut pas que notre corps soit le lieu du salut!

 

Or, si le carême n’est pas d’abord une accumulation d’efforts à la conquête d’une perfection morale, Dieu veut pourtant ces petites offrandes substantielles, pour que nos carapaces et nos défenses tombent, et qu’on accepte d’être rejoint partout où l’on s’est blindé ! Connaitre un état de fragilité pour ne plus avoir la force de se défendre et être –enfin- rejoint par Jésus!

 

Le salut que Jésus nous apporte, c’est Lui. Le salut c’est choisir d’être aimé, ce qui réclame de choisir d’être tout attente, dans tout ce qu’on est et d’abord dans notre corps ! Et le carême c’est choisir ces états de fragilité qui nous rendent mendiant, où l’on a plus de béquilles, de fausses réponses pour devenir un cri vers Jésus !

                                                                                               

                 Fr Grégoire.

 

 

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"Un mot, un sourire, une fleur suffisent à...

15 Mars 2014, 11:48am

Publié par Moore G

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Est-ce que l'Eucharistie m’aide à reconnaître Jésus dans les pauvres ?

15 Mars 2014, 08:23am

Publié par Fr Greg.

 

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l’Eucharistie nous introduit dans la communion réelle avec Jésus et son mystère. Maintenant, nous pouvons nous poser quelques questions sur le rapport entre l’Eucharistie que nous célébrons et notre vie, en tant qu’Église et personnellement, en tant que chrétiens. Demandons-nous : comment vivons-nous l’Eucharistie ? Lorsque nous allons à la messe le dimanche, comment la vivons-nous ? Est-ce seulement un moment de fête, est-ce une tradition bien établie, est-ce une occasion de nous retrouver ou de nous sentir en règle, ou bien est-ce davantage ?

Il y a des signaux très concrets qui nous permettent de comprendre comment nous vivons cela, comment nous vivons l’Eucharistie ; des signaux qui nous disent si nous vivons bien l’Eucharistie, ou si nous ne la vivons pas très bien.

Le premier indice est notre façon de regarder et de considérer les autres. Dans l’Eucharistie, le Christ réalise, d’une manière toujours nouvelle, le don qu’il a fait de lui-même sur la Croix. Toute sa vie est un acte de partage total de lui-même par amour ; c’est pour cela qu’il aimait être avec ses disciples et avec les personnes qu’il avait la possibilité de connaître. Cela signifiait pour lui partager leurs désirs, leurs problèmes, ce qui agitait leur âme et leur vie. Et nous, lorsque nous participons à la messe, nous nous retrouvons avec des hommes et des femmes de toutes sortes : des jeunes, des personnes âgées, des enfants, des pauvres et des personnes aisées, des gens du coin ou des étrangers, en famille ou seuls… Mais l’Eucharistie que je célèbre me porte-t-elle à les voir tous vraiment comme des frères et sœurs ? Est-ce qu’elle fait grandir en moi la capacité de me réjouir avec celui qui est dans la joie et de pleurer avec celui qui pleure ? Est-ce qu’elle me pousse à aller vers les pauvres, les malades, les personnes marginales ? Est-ce qu’elle m’aide à reconnaître en eux le visage de Jésus ?

Nous allons tous à la messe parce que nous aimons Jésus et que nous voulons partager, dans l’Eucharistie, sa passion et sa résurrection. Mais est-ce que nous aimons, comme le veut Jésus, ces frères et ces sœurs plus démunis ? Par exemple, à Rome, ces derniers jours, nous avons vu beaucoup de malaises sociaux, à cause de la pluie, qui a provoqué beaucoup de dégâts dans des quartiers entiers, ou en raison du manque de travail qui est la conséquence de la crise économique dans le monde entier. Je me pose la question, et chacun de nous peut se la poser : moi, qui vais à la messe, comment est-ce que je vis tout cela ? Est-ce que je me préoccupe d’aider ceux qui sont touchés par ces problèmes, de m’approcher d’eux, de prier pour eux ? Ou bien est-ce que je suis un peu indifférent ? Ou alors, peut-être que je préfère les cancans : tu as vu comment elle est habillée, celle-là, ou tu as vu celui-là, comment il est habillé ? C’est parfois ce qui se passe après la messe, et il ne devrait pas en être ainsi ! Nous devons nous préoccuper de nos frères et sœurs qui sont dans le besoin à cause de la maladie ou d’un problème. Cela nous fera du bien, aujourd’hui, de penser à nos frères et sœurs qui ont ces problèmes, ici, à Rome : à cause de la tragédie provoquée par la pluie, ou des problèmes sociaux et de travail. Demandons à Jésus, que nous recevons dans l’Eucharistie, de nous aider à les aider.

Un second indice, très important, est la grâce de se sentir pardonné et prêt à pardonner. Parfois, on entend cette question : « Pourquoi faudrait-il aller à l’église, puisque ceux qui participent habituellement à la messe sont pécheurs comme les autres ? » Combien de fois avons-nous entendu cela ! En réalité, celui qui célèbre l’Eucharistie ne le fait pas parce qu’il se considère ou qu’il veut apparaître meilleur que les autres, mais précisément parce qu’il reconnaît qu’il a toujours besoin d’être accueilli et régénéré par la miséricorde de Dieu faite chair en Jésus-Christ. Si l’un de nous ne sent pas qu’il a besoin de la miséricorde de Dieu, ne sent pas qu’il est pécheur, il vaut mieux qu’il n’aille pas à la messe ! Nous allons à la messe parce que nous sommes pécheurs et que nous voulons recevoir le pardon de Dieu, prendre part à la rédemption de Jésus, à son pardon.

Ce « je confesse » que nous disons au début n’est pas « pour la forme », c’est un véritable acte de pénitence ! Je suis pécheur et je le confesse, c’est ainsi que commence la messe ! Nous ne devons jamais oublier que le Dernier repas de Jésus a eu lieu « la nuit où il était livré » (1 Co 11,23). Dans ce pain et ce vin que nous offrons et autour desquels nous sommes rassemblés, se renouvelle chaque fois le don du corps et du sang du Christ pour la rémission de nos péchés. Nous devons aller à la messe humblement, comme des pécheurs, et le Seigneur nous réconcilie. Cela exprime au mieux le sens le plus profond du sacrifice du Seigneur Jésus, et élargit à son tour notre cœur au pardon des frères et à la réconciliation.

Un dernier et précieux indice nous est offert par la relation qui existe entre la célébration eucharistique et la vie de nos communautés chrétiennes. Il faut toujours garder présent à l’esprit que l’Eucharistie n’est pas quelque chose que nous faisons nous-mêmes ; nous ne faisons pas une commémoration de ce que Jésus a dit et fait. C’est véritablement une action du Christ ! C’est le Christ qui agit ici, qui est sur l’autel. C’est un don du Christ, qui se rend présent et nous réunit autour de lui, pour nous nourrir de sa Parole et de sa vie même. Cela signifie que la mission et l’identité même de l’Église jaillissent de là, de l’Eucharistie, et c’est là qu’elles prennent forme. Une célébration peut être impeccable du point de vue extérieur, très belle, mais si elle ne nous conduit pas à la rencontre avec Jésus, elle risque de n’apporter aucune nourriture à notre cœur et à notre vie. À travers l’Eucharistie, au contraire, le Christ veut entrer dans notre existence et l’imprégner de sa grâce de sorte que, dans toute communauté chrétienne, il y ait une cohérence entre la liturgie et la vie.

Notre cœur est plein de confiance et d’espérance en pensant aux paroles de Jésus qui nous sont rapportées dans l’Évangile : « Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour » (6,54). Vivons l’Eucharistie dans un esprit de foi et de prière, de pardon, de pénitence, de joie communautaire, de préoccupation à l’égard des personnes démunies et des besoins de tous nos frères et sœurs, avec la certitude que le Seigneur accomplira ce qu’il nous a promis : la vie éternelle. Ainsi soit-il !

 

François, Pape.

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Le ventre, 2e cerveau !

14 Mars 2014, 08:27am

Publié par Fr Greg.

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Il y a quelques années, les scientifiques ont découvert en nous l’existence d’un deuxième cerveau. Notre ventre contient en effet deux cents millions de neurones qui veillent à notre digestion et échangent des informations avec notre "tête". Les chercheurs commencent à peine à décrypter cette conversation secrète. Ils se sont aperçus par exemple que notre cerveau entérique, celui du ventre, produisait 95 % de la sérotonine, un neurotransmetteur qui participe à la gestion de nos émotions. On savait que ce que l'on ressentait pouvait agir sur notre système digestif. On découvre que l'inverse est vrai aussi : notre deuxième cerveau joue avec nos émotions.

 

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Portrait de Christian Bobin

13 Mars 2014, 08:18am

Publié par Fr Greg.

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Que signifie la souffrance des innocents ?

12 Mars 2014, 08:15am

Publié par Fr Greg.

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« Que signifie cette souffrance des innocents ? Ne témoigne-t-elle pas d’un monde sans Dieu, d’une terre où l’homme seul mesure le Bien et le Mal ?

La réaction la plus simple, la plus commune consisterait à conclure à l’athéisme.

Réaction la plus saine aussi pour tous ceux à qui jusqu’alors un Dieu, un peu primaire, distribuait des prix, infligeait des sanctions ou pardonnait des fautes et, dans sa bonté, traitait les hommes en éternels enfants. Mais de quel démon borné, de quel magicien étrange avez-vous donc peuplé votre ciel, vous qui, aujourd’hui le déclarez désert ? Et pourquoi sous un ciel vide cherchez-vous encore un monde sensé et bon ?

[…] Un Dieu d’adulte se manifeste précisément par le vide du ciel enfantin. Moment où Dieu se retire du monde et se voile la face. 

Emmanuel Lévinas.

 

 

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La mante religieuse

11 Mars 2014, 10:13am

Publié par Fr Greg.

 

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Jézabel, jeune femme séductrice, libre et rebelle a soif de tout vivre à l'extrême, jusqu'à toucher le fond. Elle refuse de croire en l’homme et surtout en elle-même.

Véritable Marie-Madeleine des temps modernes, elle cache sa fragilité et sa peur d’aimer en repoussant  toujours plus loin les limites de la transgression. Jusqu’au jour où son chemin va croiser celui de David, un jeune prêtre ...

 

Sortie : 23 avril 2014.

 

 

 

 

Interview de Natalie Saracco, convertie après une expérience de mort imminente.

 

 

 

 

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"Le pape François est la revanche de Benoît XVI"

11 Mars 2014, 09:53am

Publié par Grégoire Plus

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