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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

A une fleur

30 Juillet 2013, 19:57pm

Publié par Fr Greg.

 

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Que me veux-tu, chère fleurette,
Aimable et charmant souvenir ?
Demi-morte et demi-coquette,
Jusqu'à moi qui te fait venir ?

Sous ce cachet enveloppée,
Tu viens de faire un long chemin.
Qu'as-tu vu ? que t'a dit la main
Qui sur le buisson t'a coupée ?

N'es-tu qu'une herbe desséchée
Qui vient achever de mourir ?
Ou ton sein, prêt à refleurir,
Renferme-t-il une pensée ?

Ta fleur, hélas ! a la blancheur
De la désolante innocence ;
Mais de la craintive espérance
Ta feuille porte la couleur.

As-tu pour moi quelque message ?
Tu peux parler, je suis discret.
Ta verdure est-elle un secret ?
Ton parfum est-il un langage ?

S'il en est ainsi, parle bas,
Mystérieuse messagère ;
S'il n'en est rien, ne réponds pas ;
Dors sur mon coeur, fraîche et légère.

Je connais trop bien cette main,
Pleine de grâce et de caprice,
Qui d'un brin de fil souple et fin
A noué ton pâle calice.

Cette main-là, petite fleur,
Ni Phidias ni Praxitèle
N'en auraient pu trouver la soeur
Qu'en prenant Vénus pour modèle.

Elle est blanche, elle est douce et belle,
Franche, dit-on, et plus encor ;
A qui saurait s'emparer d'elle
Elle peut ouvrir un trésor.

Mais elle est sage, elle est sévère ;
Quelque mal pourrait m'arriver.
Fleurette, craignons sa colère.
Ne dis rien, laisse-moi rêver.

 

A Musset.

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La lenteur qui fleurit

29 Juillet 2013, 11:00am

Publié par Fr Greg.

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Cher monsieur qui, un jour dans une librairie où je signais mes livres, m’avez dit qu’il était impossible de vivre dans le monde et d’écrire des poèmes, j’aimerais ici vous répondre. Votre visage était précieux. Il sortait d’un bain d’enfance. Votre question était vivante - un lézard sur le muret du langage, que j’essaie aujourd’hui d’attraper pour le sentir battre dans ma paume de papier blanc. Voyez-vous, c’est précisément parce que le monde se glace qu’il nous faut pousser la porte en feu de certains livres. Vous étiez debout, un peu voûté par votre gentillesse, et moi j’étais arrimé à ma table de bois brun comme un élève à son bureau. Je n’ai pas su tout de suite vous répondre, et puis les gens attendaient. Alors sans façon j’ai tout pris - votre visage, votre question, l’escalier d’opéra qui coupait la librairie en deux - et j’ai tout ramené chez moi. Figurez-vous: moi aussi, je suis parfois découragé. Les meurtriers, je les vois et même, par mon inattention, je leur donne un coup de main. Il ny a pas d’innocents. Il n’y a pas non plus vraiment de coupables. Vous m’aviez dit: imaginons quun homme sérieux arrive et vous entende. Il sexclamerait: mais la poésie, la lenteur qui fleurit, ce nest rien de solide! Et il aurait raison: la grâce qui ne supporte aucune tache sur sa robe, la poésie qui dans l’os creux du langage perce quelques trous pour faire une flûte - ce n’est rien de solide. C’est même pour cette fragilité que ça nous parle de l’éternel. Et non seulement les paupières des nouveau-nés, la fleur de sel des poèmes ou la dérive des nuages nous chuchotent quelque chose de l’éternel, mais elles sont cet éternel. Les hommes dont l’âme est cimentée au corps et dont le corps est cimenté au monde qui ne sait où il va ont une lourdeur funèbre. Au fond, les poètes sont les seuls gens vraiment sérieux. Vivre, c’est une poussière d’or au bout des doigts, une chanson bleue aux lèvres d’une nourrice, le livre du clavier tempéré de Bach qui s’ouvre à l’envers et toutes les notes qui roulent comme des billes dans la chambre. Vivre, c’est aller faire ses courses et croiser un ange qui ne sait pas son nom, ouvrir un livre et se trouver soudain dans une forêt au pied de vitraux vert émeraude, regarder par la fenêtre et voir passer les disparus, les trop sensibles. Vivre est un trapèze. Les dogmes et les savoirs sont des filets qui amortissent la chute. La grâce est plus grande sans eux. La vraie question sous votre question était celle-ci: quest-ce qui est réel? La réponse ne peut être que simple. Je la trouve chez Corneille, dans les personnages de Suréna que j’entends cette nuit. La langue de Corneille est celle des forces souterraines qui travaillent nos vies. Une actrice va chercher le feu dans ses entrailles. Son cri doré à la feuille d’or est le hurlement d’une gisante du XVIIe siècle soudain réveillée et retrouvant la douleur de vivre. Toujours aimer, toujours souffrir, toujours mourir: ce cri m’épouvante et me comble. La paix arrive par ce hurlement. Il est tard, je mendors par instants dans les tirades de Corneille, puis je me réveille et me rendors trente secondes. Ma conscience va et vient dans ma fatigue comme l’aiguille dans une étoffe. Je somnole dans un feu primitif, un cercle de silence aux pierres brûlantes. La vie tendue à se rompre, est-ce la seule vie? Vers une heure du matin, les actrices meurent et je meurs avec elles. Toujours aimer, toujours souffrir, toujours mourir: le monde ignore la vérité de ce cri. Il ny a de réel que l’écriture aveugle de nos âmes. Cest cela que je voulais vous répondre: nous sommes les éléments dun poème sans auteur. Les nouveau-nés, les saints et les tigres en sont les parts les plus réussies.

Christian Bobin

 

http://www.lemondedesreligions.fr/chroniques/regions/la-lenteur-qui-fleurit-01-09-2011-1784_164.php

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Un moine peut-il proclamer un texte d'amour à une femme?

26 Juillet 2013, 12:43pm

Publié par Fr Greg.

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Journal La Provence 24 Juillet 2013

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Pourquoi les cathos ont beaucoup à gagner à écouter ceux qui ont perdu la foi

25 Juillet 2013, 22:07pm

Publié par Fr Greg.

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Des membres de la Fixed Point Foundation, dont la mission est de promouvoir la foi chrétienne aux Etats-Unis, ont mené des entretiens avec des étudiants se déclarant athées pour connaître les raisons pour lesquelles ces derniers ont rompu avec leur religion. Principal reproche : le message religieux serait trop vague et ne répondrait pas assez aux problèmes personnels. Est-ce une faiblesse que l’on retrouve aussi en France, et qui expliquerait au moins en partie la baisse du nombre de croyants ?

Bernard Lecomte : Trop vague, le message de la religion chrétienne ? Je crois, au contraire, que ses deux mille ans d’histoire ont donné au christianisme un trop-plein de références théologiques, de figures saintes, de rituels sophistiqués, de prières liturgiques ! Comment un jeune ayant laissé tomber la foi de son enfance ne serait-il pas découragé devant une religion finalement aussi complexe, précise, exigeante ? Vouloir en savoir plus sur Jésus, sur Marie ou sur les Évangiles, cela demande de lire la Bible, de fréquenter les pères de l’Eglise, de comprendre les sacrements, de lire les grands théologiens, de suivre les encycliques papales, que sais-je encore ! C’est justement pour cette raison que les « évangéliques » gagnent du terrain sur les catholiques, notamment en Amérique latine et en Afrique. Cela dit, que tout cet ensemble ne corresponde pas forcément au monde moderne, qu’il paraisse inadapté aux problèmes personnels des jeunes d’aujourd’hui, c’est une autre affaire… De la même manière que les entreprises mènent des audits, l’Eglise catholique aurait-elle intérêt à se livrer à ce même type d’investigation dans les pays, comme la France, très largement concernés par l’athéisme ? Des investigations de type sociologique sur la déchristianisation des jeunes Français, il y en a des kilomètres : allez donc vous promener dans une librairie religieuse comme La Procure, à Paris, et vous en trouverez plein les rayonnages ! Dès le milieu du XXème siècle, des prêtres français comme l’abbé Godin ou le chanoine Boulard ont publié des études passionnantes sur le recul de la foi dans la société moderne. Toutes ces enquêtes ne sont pas parfaites, certes, mais elles éclairent utilement le mouvement de « sécularisation » qui caractérise le christianisme en Europe depuis cette époque. Cependant, une chose est de comprendre cette évolution, une autre est de l’enrayer ! Il a beaucoup été question de dialogue inter-religieux sous le pontificat de Jean-Paul II, en revanche on parle peu de dialogue religion-athéisme. S'agirait-il d'un échange du même ordre ? Ces deux mondes s'ignorent-ils totalement ? C’est à la fin du concile Vatican II que la question s’est posée : le dialogue avec les « non chrétiens » est-il le même quand ces « non chrétiens » sont des croyants d’autres religions ou des athées ? La tendance de ce dernier demi-siècle est de considérer les juifs ou les musulmans d’abord comme des croyants : Jean-Paul II a même dit que les juifs étaient les « frères aînés » des chrétiens ! Le dialogue avec les athées a donc pris une tournure spécifique. Le cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI, s’en était fait une spécialité – rappelez-vous son célèbre échange avec le philosophe Habermas. C’est ce qui a conduit, sous son pontificat, en 2011, à lancer cette démarche dite du « parvis des gentils » consistant à engager un dialogue direct avec les athées qui le souhaitent, dans le cadre plus général d’une « nouvelle évangélisation » devenue une priorité pour l’Eglise.

 Staline a été séminariste, un certain nombre de rockers se sont insurgés contre leur éducation religieuse, pourquoi la religion produit-elle ses plus fervents opposants ? L’anticléricalisme ou l’athéisme actif peuvent trouver leur origine dans une enfance religieuse mal vécue, mais je ne suis pas sûr qu’il faille en tirer des généralités. Un dictateur russe ou africain aura probablement été baptisé, mais certainement pas un dictateur chinois ou arabe ! Quant aux rockers ou aux rappeurs qui s’en prennent au christianisme, il y en a, nombreux, notamment dans les banlieues difficiles, qui viennent de milieux déchristianisés, indifférents, athées ou… musulmans : leur révolte vise la société plus que la religion ! Seuls quelques tendances, genre « sataniste » ou « gothique », restent obsédées par la religion, mais elles restent très marginales, et rien ne dit qu’elles proviennent d’une éducation religieuse défaillante !

Propos recueillis par Gilles Boutin

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi-catholiques-ont-beaucoup-gagner-ecouter-aussi-ceux-qui-ont-perdu-foi-bernard-lecomte-791941.html#AAlRl3vYHWKUZpJ2.99

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Dire le verbe. Le faire vivre. Vivre par-delà le verbe...Et vibrer!

23 Juillet 2013, 09:40am

Publié par Fr Greg.

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LE PITCH

Grégoire Plus, professeur de philosophie, lit  " La Plus Que Vive " de Christian Bobin. Ce dernier a perdu brutalement en 1995, une amie, une amante très chère, Ghyslaine. Un an après, il publie ce livre qui lui permet de faire revivre celle qui n'est plus. " Ecrire pour réparer l'irréparable! ". Il est question de la vie, de la mort, de l'amour selon Bobin à travers les souvenirs vécus avec cet être cher.

L'AVIS DU FESTIVALIER

Dans le panorama exhaustif de tous les genres de spectacles vivants présents au festival Off, il en est un à ne point occulter: la Lecture! Grégoire Plus, qui se dit non comédien, semble habité par le texte. Il aime le travail de Bobin et ça se voit. Et ça s'entend! Profondément! Au cours de la lecture, il est dit que " les yeux et la voix sont les plus proches de l'âme"...Ce n'est pas un personnage que joue là Grégoire Plus, c'est une âme! L'âme d'un grand homme, Bobin. L'âme d'une grande femme, la disparue. L'âme d'une oeuvre, le livre. Pas de larme à l'oeil, pas de snif-snif pleurnichard, on regarde ici la mort en face, droit dans les yeux! La scénographie, réduite à sa plus simple expression, a tout de même un impact de taille: un éclairage intelligent plonge le visage de l'acteur-lecteur dans le clair-obscur...Il irradie! Quand il se lève, son ombre se projette sur le pilier nord de la chapelle Saint Louis et appuie encore la portée du propos. Les mots de Bobin sont d'une justesse, d'une beauté, poétique et cinglante, transcendés par la philosophie du lieu, une église et du thème, la disparition. L'acteur-lecteur n'est pas un comédien et c'est sa première année au festival. Cette expérience concluante le rend prêt à se lancer dans une nouvelle aventure de lecture. Mais seulement pour un texte qu'il aime intensément. Il se " livre" mais il n'est pas à vendre!

Chapelle Saint Louis, 18 rue du Portail Boquier. Jusqu'au 31 juillet à 16h30. Durée: 1h00. Tarifs: 12 euros / carte OFF : 08 euros. Résas: 0786556762.

 

par Jean-Christophe Gauthier le 22/07/2013 à 13:14

 http://www.citylocalnews.com/avignon/2013/07/22/la-plus-que-vive

 

 

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L'Homme violoncelle, Pablo Casals ou la musique sauvera le monde

20 Juillet 2013, 09:13am

Publié par Fr Greg.

 

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Juliana Laska et Michel Sigalla ressuscitent la figure du grand violoncelliste Pablo Casals, dans toute son humanité, sa générosité. Quand l'expression musicale rencontre le plaisir de la parole vécus dans un même élan, transmettre et recevoir se révèlent être un grand bonheur.

Immense violoncelliste qui reçut l'hommage de ses contemporains tels que Jean Sibelius, Mstislav Rostropovitch ou Thomas Mann, Pablo Casals fut avant tout un humaniste qui rêvait d'un monde de fraternité, à l'image du concert, où artistes et public communient dans le même amour de la beauté. À l'initiative de la violoncelliste Juliana Laska qui partage dans un geste semblable le désir de servir la musique, et en étroite communion avec le comédien Michel Sigalla en qui, à la scène, transparaissent quelques traits du modèle, L'Homme violoncelle offre un pur moment de bonheur où musique et théâtre ne font qu'un.

Foisonnant d'extraits musicaux, le spectacle donne un florilège du répertoire pour violoncelle. Les Suites de Jean-Sébastien Bach, son maître spirituel dont l'œuvre l'accompagna toute sa vie durant, puis Mozart, Beethoven, Brahms, l'Élégie de Fauré ou la Pavane de Ravel, Bartók... Les principes d'une certaine musique contemporaine, caricaturés dans leur inexpressivité, donnent prises, sinon à un moment de franc éclat de rire, à une réflexion sur la confusion artistique qui règne à notre époque. 

Plaisir des yeux et des oreilles, L'Homme violoncelle a le mérite de ne pas s'empêcher de parler musique comme entre connaisseurs, animé par un élan de transmission passionnante. On pénètre au cœur des problématiques de la maîtrise de l'instrument comme de l'interprétation. De manière didactique et ludique sont abordés l'aspect technique, les différents modes de jeu et la recherche de souplesse au service d'une liberté dans le geste musical. De même que le philosophe Bergson qu'il a rencontré parle de l'intuition, Casals cherche le naturel en musique. Le son parle, vibre, exprime, suit la courbe d'un phrasé dont tout l'art réside dans le rubato. Se fait ressentir ce que l'instrument incombe de sacrifices et de souffrances dans la vie de l'interprète, serviteur et esclave du violoncelle. De même l'angoisse, perpétuelle, et toute la magie du concert.

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Catalan né en 1876 et mort en 1973, Pablo Casals fut le témoin de l'histoire tragique du XXème siècle : son engagement au service de l'association ouvrière des concerts de Barcelone, son exil à Prades en 1939, sa fuite et sa protestation face au régime franquiste. L'évocation de la Seconde Guerre mondiale, illustrée par des extraits radicalement différents du Concerto n° 1 de Chostakovitch et de la bande originale de La Liste de Schindler, suscite l'émotion aux larmes... 


D'une grande richesse, L'Homme violoncelle met surtout en présence deux interprètes dont le dialogue, verbe et son s'écoulant dans un même élan, rythmés par un même souffle (à l'évidence fruit d'un sérieux travail !), est naturel et vivant. C'est une humble générosité qui se dégage de ce moment, et que seuls rendent possible la vie intérieure et le don de soi lors d'un chant expressif et émerveillé.


http://www.ruedutheatre.eu/article/2153/l-homme-violoncelle-pablo-casals-ou-la-musique-sauvera-le-monde/

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Nous avons dans l'Eglise de talentueux artistes !

18 Juillet 2013, 22:35pm

Publié par Fr Greg.

Annuntio vobis gaudium magnum...

publié le 17/07/2013 à 16:57

Nous avons dans l'Eglise de talentueux artistes !

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Au Festival, 17 spectacles fédérés sous l'appellation "Présence chrétienne" occupent trois lieux magnifiques dans Avignon : chapelle de l'Oratoire, chapelle Saint-Louis et chapelle Notre-Dame de la Conversion.

 

Dans la chapelle Saint-Louis, le frère Grégoire Plus, de la communauté saint Jean, interprète "La plus que vive" de Christian Bobin. Un texte très émouvant dans lequel Bobin évoque la mémoire de Ghislaine sa compagne morte subitement à 44 ans. Un texte où il s'adresse à celle qui continue mystérieusement de l'aider à vivre et à aimer la vie. Nous avons interrogé le frère Grégoire Plus au sujet de cette pièce.

 

Comment es-tu arrivé au Festival avec cette création?

En fait, c'est plus Bobin et le Festival qui m'ont choisi plutôt que l'inverse. Les circonstances ont beaucoup joué. Il y a 15 ans, j'avais fait une première expérience de théâtre mais la question ensuite était restée au niveau philosophique puisque c'est ma spécialité universitaire. Puis trois événements ont provoqué le déclic : mon arrivée en septembre à Avignon chez les frères, la lecture de ce livre de Bobin en Pologne en février dernier qui m'a porté pendant plusieurs semaines et mes amis qui m'ont propulsé de la simple lecture à la véritable création théâtrale.

Quelles sont tes premières impressions après deux semaines de jeu?

Je ressens une vraie fragilité et une vraie vulnérabilité en me donnant sur scène. Un vrai exercice d'humilité. Et une vraie joie en voyant comment le texte est reçu à travers mon interprétation. Ce texte m'a apporté notamment des réponses sur le manque et la déchirure que provoque la mort.

As-tu fait des rencontres marquantes au Festival?

En tractant dans les rues, j'ai rencontré providentiellement une amie de Ghislaine, la femme évoquée dans la pièce, ainsi qu'une amie de Clémence, la fille de Bobin. Or il est question de Clémence dans une scène très émouvante où elle entre longuement dans une cabine téléphonique pour parler à sa mère défunte. Et cela constituera un tournant pour Bobin dans son deuil.

 

Autre chapelle et encore de brillants talents.

Coup de cœur et de projecteur pour "Je serai avec vous jusqu'à la fin des temps" où Lorenzo Bassotto, accompagné en musique par Francesco Agnello, incarne le texte de l'évangile selon Saint Matthieu avec un talent extraordinaire, dans la lignée de la comedia dell'arte : plein d'humour, d'évocations poétiques et d'intensité dramatique.

Excellente innovation cette année : ils jouent avec la porte de la chapelle de l'Oratoire ouverte en permanence sur la rue.

Dès lors, dans la fournaise d'Avignon, la fraîcheur de l'évangile se révèle. Des personnes entrent timidement, puis s'installent charmés, interrogés, bouleversés par la Parole. Francesco nous témoigne ainsi que "nous vivons avec le public une rencontre providentielle : cette parole se déploie alors non comme un patrimoine, une texte ancien mais comme une réalité vivante et inattendue pour tous ceux qui franchissent le seuil de la chapelle. Aussi inattendue qu'une rencontre avec Jésus sur les chemins de Palestine."

 

Quand on voit tant de talents, on se dit que Dieu finalement ne choisit pas que des incapables!

Et nous, nous prions très fort pour qu'Il nous rende capables d'un truc, un jour...

Frères Thierry et Nicolas

 

La plus que vive

Gregoire Plus

Chapelle Saint Louis à 16h30. Durée 1h

 

 http://www.lavie.fr/sso/blogs/blog.php?id=13348

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ODE À LA VIE PLUS FORTE QUE LA MORT

17 Juillet 2013, 22:22pm

Publié par Fr Greg.

 

 

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Frère Grégoire, le moine acteur

Membre de la communauté de Saint-Jean, il est, chaque après-midi, l’interprète du livre de Christian Bobin.

La plus que vive,de Christian Bobin

La dernière fois que l’on a parlé de Frère Grégoire dans la presse, c’était bien malgré lui. Le 13 mai, il a été victime d’une agression à Avignon, au centre paroissial Saint-Ruf : quatre jeunes lui ont volé son téléphone portable, puis l’ont roué de coups, le laissant inanimé, visage tuméfié, nez cassé. L’affaire a fait grand bruit, d’autant que ce membre de la communauté de Saint-Jean était en habit religieux et ses agresseurs des Maghrébins. 

De nombreuses voix lui ont alors apporté leur soutien. Le conseil régional du culte musulman de la région Paca a exprimé « son incompréhension et son indignation face à cette agression qui a visé un homme de paix devant un lieu de prière et de recueillement ».

Frère Grégoire ne s’attarde guère sur cet épisode. Il précise seulement son désir de « tisser des liens avec la communauté musulmane ». S’il avoue, cependant, s’habiller désormais plus souvent en « civil », en ce mois de juillet, la raison est particulière : il a rejoint la cohorte des acteurs du off pour interpréter, seul sur scène, La plus que vive, de Christian Bobin.

ODE À LA VIE PLUS FORTE QUE LA MORT

Face au public dans le chœur de la chapelle Saint-Louis, il fait entendre le très beau texte écrit par l’écrivain à la suite du décès brutal de son épouse, à 44 ans. « Ta mort a tout bouleversé en moi. Tout. Sauf mon cœur… »Les mots s’élèvent, graves, pudiques, refusant de conjuguer « je t’aime »au passé. Ce qui n’aurait pu n’être que plainte se fait ode à la vie plus forte que la mort.

Né en 1971 dans un milieu « artiste », il se destinait aux relations internationales lorsque, à 23 ans, taraudé par « la question de Dieu », il a rejoint la communauté de Saint-Jean. Formé à la philosophie, il est envoyé en mission en Europe, en Asie, aux États-Unis. Il vit à Avignon depuis un an. Il a beaucoup lu, s’est interrogé sur l’art et l’artiste, qui « parlent directement au cœur de l’homme ». De cette réflexion est né son désir,« longtemps rentré », de « se mettre humblement au service d’une parole, d’une pensée ». La découverte de Christian Bobin et de La plus que vivesera le déclic.

Deux amis (Mélanie Dumas et le metteur en scène Michel Sigalla) lui ont offert leurs services. La communauté de Saint-Jean l’a soutenu. « Présence chrétienne » l’a accueilli dans la chapelle Saint-Louis. Il n’a pu payer des affiches. Un imprimeur lui a fourni gratuitement 100 000 tracts…« Je commence à ressentir cette joie à me lâcher devant le public »,reconnaît-il. Frère Grégoire espère reprendre La plus que vive. Mais « cela ne m’empêchera pas d’assumer mon apostolat auprès de mes frères ».

Didier Méreuze, Chapelle Saint-Louis, à Avignon

 

http://www.la-croix.com/Culture/Actualite/Frere-Gregoire-le-moine-acteur-2013-07-17-987449

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Le trac du tractage

17 Juillet 2013, 09:40am

Publié par Fr Greg.

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A priori, on pourrait se dire que pour un acteur, tracter est comme un jeu d’enfant. Ni plus ni moins qu’une nouvelle façon de se mettre en scène. De faire le clown. L’acteur quoi. Tracter  dans la rue ne serait finalement que le prolongement du travail sur un plateau. La même chose. Mais dans la rue, les yeux dans les yeux avec votre public. Bref, le bonheur.

Et bien, permettez-moi de vous dire que vous avez tout faux. Pour ne parler que de ma petite personne, tracter est bien plus difficile que de jouer la comédie. Et pour être franc, j’ai plus peur d’aborder une table de dix personnes au restaurant pour parler de Comme d’habitude que de jouer devant une salle comble. Vendre en général, et se vendre en particulier est une affaire bien plus délicate que de faire l’acteur. Sur un plateau, protégé par les lumières des projecteurs, vous êtes dans une bulle. Protectrice, régressive, où (presque) tout est possible et toléré. Malgré tous ces yeux braqués sur vous, vous êtes étrangement à l’abri. Du dehors. De la vraie vie.

Devant dix personnes en train de d’attaquer leur pizza ou leur entrecôte, c’est une autre affaire. Mais attention, je connais des comédiens qui ont le talent pour leur faire poser les fourchettes, et de boire vos paroles en guise de rosé. Matthieu (l’autre comédien de Comme d’habitude) est de ceux-là. Ce sont des races à part. Des comédiens show man. Des acteurs à bagout. Qui peuvent vous emballer tout et n’importe quoi. Et surtout les jolies filles. Et puis il y a les autres, les comme moi. Qui ne savent pas très bien quoi faire avec le regard des autres.

Si j’étais directeur commercial d’une entreprise d’aspirateurs, de photocopieurs ou de boulons en inox, j’exigerais que tous mes vendeurs se mettent à la disposition des compagnies de théâtre pour faire la promotion de leur spectacle pendant la durée du festival. Je ferai coup double: une excellente séance de formation pour mes équipes de commerciaux, et une petite contribution à la grande histoire du théâtre. Ce serait chic.

Mais je ne suis que journaliste et comédien le temps du festival. Alors je tracte. Et  je dois ravaler un peu de mon amour propre. Notamment devant ces faces de citron qui  me regardent débiter mon argumentaire commercial comme s'ils avaient en face d’eux un chimpanzé d’une espèce menacée d’Amazonie. Il y a les malotrus qui ne lèvent pas le nez de leur assiette. Les menteurs: «Désolé, mais je pars ce soir». Les faux-culs qui ponctuent chacune de mes phrases d’un «d’accord, d’accord, d’accord…» et qui concluent par un «merci» qui sent à plein à nez le «bon débarras». Les agacés qui soupirent avant même que vous commenciez à parler. Ou encore les péteux: «Désolé, que je ne vois que les spectacles du in». Heureusement, il y a tous les autres (et c’est la majorité) pour qui le tractage est l’occasion d’échanger sur le théâtre et le festival.

 

Bon allez, c’est pas tout ça, mais il faut allez au turbin. Ce soir, on n’a que 15 réservations. Alors, au tractage. A demain.

http://avignonoff.blogs.liberation.fr

 

 

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"Nous, les vivants, sommes devant la mort de bien mauvais élèves..."

15 Juillet 2013, 10:21am

Publié par Fr Greg.

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Une chaise, une table, la chapelle Saint-Louis, le décor est sobre. Cet homme, assis devant l’autel, va faire partager au public l’hommage de l’auteur Christian Bobin à son amie Ghislaine décédée il y a 18 ans d’une rupture d’anévrisme, à travers le livre “La plus que vive” publié en 1996 un an après sa tragique disparition.

 

“Grégoire Plus”, le lecteur, pour sa première participation au festival donne à ce texte magnifique, profondeur, humanité. Prêtre dans la communauté des Frères de Saint-Jean à Saint-Ruf, il donne vie à un homme meurtri.

 

http://www.ledauphine.com/vaucluse/2013/07/14/gregoire-plus

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de la dureté de nos coeurs...

12 Juillet 2013, 22:12pm

Publié par Fr Greg.

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"Seigneur, donne-nous la grâce de pleurer sur notre indifférence, sur la cruauté qu’il y a dans le monde et en nous."

François, Pape.

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Dieu protège les roses...

12 Juillet 2013, 08:04am

Publié par Fr Greg.

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Quand j’ai pensé à vous écrire cette lettre, je ne savais pas si vous étiez vivant ou mort. Et puis j’ai appris votre mort. Elle était prévisible, annoncée par la délicatesse de votre dernier livre, et surtout de son titre : Dernier dernier nuage. Vous aviez le génie des titres. Un autre ici m’éclaire : Dieu protège les roses ! Les deux livres sont dans un coffre-fort qu’il y a dans la banque des nuages. Je vous ai lu dix fois, ça ne s’éclairait pas, et puis tout d’un coup le soleil a explosé en silence sous mes yeux. J’ai tout compris. Est-ce que « comprendre » est le mot ? Je n’en suis pas sûr. Disons que tout d’un coup je suis rentré dans votre cœur. L’étrangeté des images n’était plus meurtrière. Après tout, les roses ont des épines. Je vous ai vu vivre dans le fil de vos livres et j’ai vu l’eau de la vie passer entre vos mains creusées pour la boire. Ce qu’on arrive à retenir près de nous, ce sont des restes, des rebuts – même s’ils sont en or. Le plus lumineux c’est cette chose qui nous serre à la gorge quand du beau temps arrive. Battant le tambour bleu de l’air, les armées de ce que nous avons aimé et qui n’est plus passent sous nos fenêtres, sans lever la tête vers nous. Rien de plus snob qu’un mort. Alors, voyez-vous, il faut lutter contre la mélancolie, renverser l’adversaire en le saisissant par sa ceinture de roses trémières et de ronces, et le plaquer à terre, sur la terre de la page. Aimer ce qui nous quitte, ce qui nous quittait déjà à l’instant de la rencontre, dont les bras tendus nous traversaient comme si nous étions de l’air, comme si notre vie n’avait aucune épaisseur. Nous réjouir d’avoir un court instant longé le mur qui encercle le paradis. La joie ouvre des brèches dans ce mur. Le cœur, quand il devient ce qu’il est, c’est-à-dire un enfant, arrive ensuite à s’y glisser. Je parle là, vous l’avez compris, de la poésie. Vous avez été un de ses bons ouvriers. La mort, c’est juste une histoire de poser ses outils au fond du jardin et d’aller voir ailleurs. C’est votre existence qui m’arrive à travers vos poèmes. C’est la faiblesse et les miracles d’un homme. Car nous sommes porteurs du miracle de vivre, source de prodiges infinis tels que : serrer la main d’un assassin, essuyer la larme d’une rose, faire sonner dans l’air blanc une parole pure. En même temps qu’on m’apprenait votre mort, on m’apprenait votre vie et combien elle avait été inexperte, dure, tentée par les renoncements. Vous avez veillé pendant une éternité votre mère souffrante. Puis sur le tard vous vous êtes marié et votre femme est vite tombée gravement malade et vous êtes passé sans transition d’une veille à une autre. C’est ce qu’on m’a dit. Je ne crois pas que vous soyez mort. Vous savez pourquoi ? Je ne crois pas que, même mort, vous soyez mort, parce que vos doigts ont frôlé une lumière sur la table d’écriture. Ce qu’un homme touche de beau, ce qu’il en invente fait de lui un fils du soleil. Les titres de vos livres voleront toujours dans l’air printanier. Il y a encore celui-ci : Le Christ est du matin. Par bonheur je relis celui qui à lui seul est un poème : Dieu protège les roses ! Vous vous appeliez Jean-Michel Frank. Vous n’êtes pas mort car, pour avoir nourri le Dieu errant sur terre, votre nom a été consigné dans le grand livre du présent absolu qu’il y a sur une table dans le ciel, là-bas, pas loin, au fond du jardin abandonné aux anges et aux chats pauvres.

Christian Bobin

 

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Chronique du Festival d'Avignon...

10 Juillet 2013, 09:09am

Publié par Fr Greg.

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Il faut voir Frère Samuel dans sa longue robe grise, discuter, l'œil vif, de la révocation de toute vocation chez saint Paul dans l'Epître aux Romain avec le comédien Nicolas Bouchot, qui vient d'interpréter Projet Luciole. Pointu, intéressé, enthousiaste. "Une intelligence", comme disaient les anciens. Avignon connaît bien sa silhouette qui parcourt la ville, à pied, à vélo, avec, à 51 ans, la même énergie communicative, portant cette "surhumanité de Dieu" qui l'éblouit.

Paroisse Saint-Ruf, à Champfleury, un quartier populaire au-delà des remparts. L'air est paisible. Ils sont six "petits gris", comme on les surnomme, membres de la communauté de Saint-Jean, apparentés aux dominicains, à vivre là dans les cellules d'un prieuré dont l'architecture rappelle plus un centre de Sécurité sociale qu'un monastère. Il y a six ans, l'évêque leur a proposé de venir en Avignon, une communauté de profils haut de gamme, un peu anar, un peu consultants. L'un coordonne les aumôneries des hôpitaux, l'autre s'occupe de la radio... Lui-même, fils d'un grand commis de l'Etat (son père, Philippe Rouvillois, sortit major de l'ENA, promo Vauban, avec Chirac et Rocard, fut notamment à la tête de la SNCF), s'occupe de la culture. Par un tour du destin, là où les artistes vous confient souvent qu'ils visaient la prêtrise ou traversaient une crise mystique, Frère Samuel, lui, avait pour vocation d'être metteur en scène de cinéma. Un an de philosophie auprès d'un dominicain aristotélicien en décida autrement. Il entra dans les ordres.

MOTS PROSAÏQUES

Les hommes de robe ont une place importante dans l'histoire du Festival. A commencer par le Père Chave, qui à 88 ans, est l'un des derniers monuments vivants de l'épopée vilarienne. Fils de cheminot, le vicaire diocésain fut là dès les débuts, organisant des rencontres et des passerelles entre l'Eglise et ce monde qui veut sans cesse réinventer le théâtre, à moins que ce ne soit le contraire.

En 2011, ce sont eux, les religieux qui s'opposèrent aux ultras du catholicisme jetant l'anathème sur la pièce de Roméo Castellucci, Sur le concept du visage du fils de Dieu"Il faut n'avoir rien compris. Au contraire, on ressort avec cette image du Christ de 15 mètres de haut qui vous reste. Cette force, c'est ce que l'Eglise n'arrive plus à faire. La question de Castellucci c'est celle-là : pourquoi le visage du Christ a disparu au détriment de tous ces crucifix ?"

Frère Samuel utilise des mots prosaïques et une pensée directe. De Par les villages qu'il a vu dans la Cour d'honneur, il dit : "J'aime bien, mais il est un peu chiant le Peter Handke, il nous fait une homélie du dimanche qui dure trois quarts d'heure, et Stanislas Nordey ne nous fait grâce de rien. Mais c'est intéressant devoir comme l'auteur se cherche, se tient à distance du sujet, y revient. Car cette pièce n'est que ça : l'Evangile."

Frère Grégoire, qui joue dans le "off" La plus que vive, tiré d'un texte de Christian Bobin, est parti à l'entracte, quand, lui, parle sans tarir de ses émerveillements : Anne Teresa De Keersmaeker, Arthur Nauziciel, Simon McBurney... "C'était l'an passé, Le Maître et Marguerite ! Quelle trouvaille esthétique, quelle puissance, dans cette scène où l'homme est là avec ses roseaux qui forment comme une croix, montrant ainsi mieux que tout comment ce n'est pas le poids de la Croix qui fait ployer le Christ mais sa propre fragilité."

Ouvrant son agenda, il voit le programme dantesque qui l'attend. "Ah ! Faust, huit heures, à la FabricA. Formidable..." On le surprend alors, au propre comme au figuré, à s'en lécher les babines. Péché d'intelligence du monde.

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1258 spectacles à Avignon 2013! 1 seul donné par un moine ! :)

5 Juillet 2013, 12:58pm

Publié par Fr Greg.

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Greg Germain, président d'Avignon Festival et Compagnies, l'association qui organise le festival Off, a présenté lundi 27 mai l'édition 2013: 1066 compagnies et 1258 spectacles à l'affiche. Affolant !

Une image vient à l'esprit lorsque l'on tente de saisir le sens de la prolifération des spectacles dans le cadre du festival Off d'Avignon. Non pas celle du désordre des cellules saisies par la maladie, mais celle de l'arbre fruitier qui, sentant sa mort prochaine, donne plus de fruits qu'il n'en a jamais donnés… C'est le cher Alain Baraton, maître des jardins de Versailles qui, souvent, rappelle cet étrange phénomène.

Avec ses 8.000 artistes et techniciens réunis, ses 1.066 compagnies (soit 100 de plus qu'en 2012), ses vingt pays représentés, ses 1.258 spectacles, ses 48 «événements», le tout sur 24 jours du 8 au 31 juillet, quel sens a le festival Off? Depuis quelques années, la manifestation a choisi comme slogan: «Le plus grand théâtre du monde». D'accord, même Édimbourg et son joyeux mélange est battu!

Mais pour quoi faire?

Devant un parterre attentif, Greg Germain, comédien, metteur en scène, chef de troupe, directeur de théâtre, producteur, s'est montré résolument optimiste. Il a fait le calcul: 30.000 représentations en un peu plus de trois semaines! Cela ne semble pas l'inquiéter.

Il faut dire qu'avec une volonté sans faille, lui et ses équipes, ont mis en place, dans le droit fil de ce qu'avaient initié Alain Léonard et sa femme, la regrettée Monique Léonard, des structures efficaces apportant une assise professionnelle à la manifestation.

Nul ne saurait se plaindre du désir des jeunes de défendre des textes et de choisir le théâtre. Nul ne saurait se plaindre que l'on puisse estimer à plus de 2,3 millions les «fauteuils occupés» (très exactement 2.313.430), intéressante catégorie qui évite d'ailleurs de parler de «places vendues». En 1966, il n'y avait qu'une compagnie ; en 1983, 50 compagnies ; en 2012, 975 compagnies. C'est tout de même une montée en puissance du nombre, qui paraît étonnante.

Après avoir salué la mémoire de Monique Léonard et d'Antoine Bourseiller, qui fit débuter le jeune acteur qu'il était au théâtre et fut son mentor, Greg Germain analyse Avignon Off comme le lieu où les compagnies peuvent jouer dans la durée (plus de trois semaines) quand la moyenne en France est de… sept fois!

Avec l'effet pervers que l'on sait et qui a été souligné il y a dix ans lors du conflit des intermittents: ici, on fait des heures. Et on est prêt à payer pour cela. Greg Germain se garde bien de dire de telles horreurs, évidemment. Il souligne que le Off est également le lieu du marché du théâtre: 20 % de toutes les cessions du spectacle vivant se font à Avignon dans le off. Encore un chiffre faramineux: 3.700 professionnels étaient accrédités en 2012: 17 % de journalistes, 39 % de programmateurs, 36 % de «prescripteurs», une catégorie assez floue, mais elle existe dans le off! Tous ces chiffres donnent le tournis.

Un commerce lucratif

Ne parlons pas des salles: Greg Germain a beau dire que l'on ne peut rien ouvrir sans autorisation de la préfecture, des pompiers… les Thénardier des Papes n'ont pas disparu. Témoignons. Il y a deux étés, on a vu des jeunes pleurer parce qu'ils arrivaient dans une salle qu'ils avaient louée sur plans, par Internet, des mois auparavant. À une époque où la tenancière du lieu n'avait pas encore acquis l'espace ni obtenu d'autorisation de transformer un garage en salle de spectacles, pas plus qu'elle n'avait obtenu celle de la copropriété. Une dame bien connue puisqu'elle a déjà sévi dans deux autres lieux du Off.

Pourquoi se priverait-elle de ce lucratif commerce? Les jeunes n'ont eu qu'à se passer de décors! Les jeunes n'ont eu qu'à payer et à travailler dans des conditions détestables. Ceux dont nous parlons avaient d'ailleurs craqué avant la fin du festival. Et la dame en question a eu des ennuis? Bien sûr que non. Elle ira parader le 7 juillet, comme tout le monde.

Et cela coûte combien de louer une heure trente à deux heures (car il y a le montage et le démontage du décor) dans un «théâtre» avignonnais? Plusieurs milliers d'euros. Exemple: une salle de 100 à 110 places, créneau horaire de début d'après-midi, pas le plus cher, se louait en 2012, 9.000 euros. Hors taxes. Les jeunes compagnies qui, le plus souvent, ne sont pas assujetties à la TVA, se retrouvent avec des notes de 11.000 euros. Une salle de 200 places, c'est souvent 16.000 euros, hors taxes. Ajoutez qu'il faut payer le régisseur, le caissier et la communication: dossiers de presse, les dépliants… Il faut loger les comédiens: au prix le plus souvent prohibitif des locations avignonnaises, les administrateurs et administratrices de compagnies estiment que le logement d'un acteur revient à environ 700 euros et plutôt même 900 euros.

Et il faut toujours payer, à Avignon: pour faire partie de l'association et figurer dans le guide, 300 euros. Multiplié par les 1.066 compagnies, cela fait une jolie base de travail!

Nous sommes trop nombreux

Mais tout le monde n'est pas logé à la même enseigne à Avignon. Quelques théâtres (mais ils sont par ailleurs subventionnés) demandent une participation à la communication, une co-réalisation, un partage des recettes. D'autres sont loués par les régions qui accueillent «leurs» compagnies dans des conditions beaucoup plus confortables que les jeunes compagnies seules.

Être une compagnie indépendante qui débute dans la fournaise des Papes, c'est l'enfer, il faut le savoir! Et pourtant ils y vont. «C'est une foire commerciale. On pourrait être à la Porte-de-Versailles, ce serait la même chose, dit une jeune artiste très lucide. Et il faut revenir au moins deux fois, sinon trois pour que les résultats soient convaincants. Mais ils peuvent l'être. Les programmateurs voient nos spectacles. On peut vendre des représentations, durant la saison qui suit, en France, dans des circuits de petites salles.»

Mais ce que note cette jeune femme chef de troupe et très bonne administratrice qui fréquente Avignon depuis plusieurs étés: «Les relations entre les compagnies se tendent. Nous sommes trop nombreux. C'est de la folie d'accepter que de nouvelles salles ouvrent sans cesse et que tant de spectacles soient en concurrence! Si pourtant nous venons, c'est que nous y trouvons, pour certains, notre compte… Mais je pense que l'on a atteint le sommet de la crête et que tout retombera un jour. D'ailleurs, cette année pour la première fois, nous avons pu négocier le loyer de notre logement…»

Tous les renseignements sur le site: www.avignonleoff.com

http://www.lefigaro.fr


La rédaction vous recommande :)))

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 Merci de diffuser !!

 

sinon, vous avez ça: http://www.rfi.fr/france/20130704-images-15-pieces-decouvrir-festival-avignon-2013

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Rencontrer Dieu !

4 Juillet 2013, 20:17pm

Publié par Fr Greg.

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La principale voie pour rencontrer Dieu ce n'est pas la « méditation », ni la « pénitence », c’est « d'embrasser les plaies de Jésus » dans les hommes qui souffrent : il suffit donc "de sortir dans la rue".

François, Pape.

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Le mystère de la patience de Dieu

3 Juillet 2013, 20:54pm

Publié par Fr Greg.

 

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Il n’existe pas « un protocole de l’action de Dieu sur notre vie », mais nous pouvons être certains qu’un jour ou l’autre il intervient « à sa manière ». Pour cela nous ne devons pas nous laisser gagner par l’impatience ou par le scepticisme, également parce que quand nous nous décourageons et que « si nous décidons de descendre de la croix, nous le faisons toujours cinq minutes avant la révélation ».

Dieu marche toujours avec nous « et cela est certain ». « Du premier moment de la création le Seigneur est impliqué avec nous. Il n’a pas créé le monde, l’homme, la femme et il les a laissés. Il nous a créés à son image et ressemblance ». Donc dès le commencement des temps on trouve « cette implication du Seigneur dans notre vie, dans la vie de son peuple », parce que « le Seigneur est proche de son peuple, très proche. Il le dit lui-même : quel peuple sur la terre comme vous a un Dieu aussi proche ?

« Cette proximité du Seigneur est un signe de son amour : il nous aime tant qu’il a voulu cheminer avec nous. La vie est un chemin qu’il a voulu faire avec nous. Et le Seigneur entre toujours dans notre vie et nous aide à aller de l’avant ». Mais, « quand le Seigneur vient, il ne le fait pas toujours de la même manière. Il n’existe pas un protocole de l’action de Dieu sur notre vie. Un jour il le fait d’une manière, un autre jour il le fait d’une autre. Mais il le fait toujours. Toujours il y a cette rencontre entre nous et le Seigneur ».


« Le Seigneur prend son temps mais lui aussi dans ce rapport avec nous, a une grande patience. Nous ne sommes pas les seuls à devoir être patients. Lui a la patience, lui nous attend. Et il nous attend jusqu’à la fin de la vie, avec le bon larron qui juste à la fin a reconnu Dieu. Le Seigneur marche avec nous, mais très souvent il ne se fait pas voir, comme dans le cas des disciples d’Emmaüs».

C’est cela le chemin avec le Seigneur et lui intervient, mais nous  devons attendre : attendre le moment en marchant toujours en sa présence et en essayant d’être irrépréhensibles »

 

 François, Pape.

 

 

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La musique: un bruit volontaire...??

2 Juillet 2013, 20:28pm

Publié par Fr Greg.

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Michel Onfray, philosophe, grand penseur de l’hédonisme, théoricien de l’athéisme et anarchiste à ses heures, nous propose cette fois un essai sur la musique. Plus exactement un livre d’entretiens avec son ami Jean-Yves Clément, responsable du séminaire de musique classique à l’Université populaire de Caen.

La raison des sortilèges (c’est son titre) tourne autour d’une question essentielle (ou pas) : que dit la musique, et dit-elle réellement quelque chose ? Sont convoqués pour y répondre tous les grands noms du Panthéon de la philosophie et ceux de la musique, de Bach à Debussy en passant par Berlioz, Wagner ou Varèse. Tous ces discours passés au tamis, il en ressort cette quintessence : la musique « ne se dit pas, elle ne dit rien, elle est l’une des modalités du monde ».

Moins connu que les illustres personnages convoqués dans cet ouvrage, monsieur Danhauser, dans sa Théorie de la musique qui nourrit autrefois des générations d’enfants au solfège, en donnait une définition basique : « La musique est l’art d’arranger les sons d’une manière agréable à l’oreille. » C’était cucul et concon, mais pas plus, au fond, que ce qui résulte des deux cervelles essorées de nos protagonistes. En effet, après avoir disserté dans cette langue absconse qu’il affectionne, Michel Onfray tente enfin, à mi-ouvrage, « une définition possible de la musique ». C’est, dit-il, « une modalité voulue du réel sonore, car une modalité non voulue du réel sonore définirait le bruit. La musique est un bruit volontaire… »Tant de pages indigestes pour en arriver là !

Mais poursuivons la lecture.

Au chapitre intitulé « Pour un hédonisme musical », Jean-Yves Clément pose à Michel Onfray la question de ses propres goûts. Qui aime-t-il, quels compositeurs, quelles œuvres ? « Autodidacte radical », dit Onfray, il est entré dans l’univers de la musique « de façon monumentale : toutes les symphonies, tous les requiem, tous les trios, tous les quatuors… J’y suis également allé par musicien : tout Mozart, tout Schubert, tout Mahler, etc. » Et tous les opéras, et la musique contemporaine itou. L’horreur en somme. Vu sous l’angle de la sociologie de bazar, on peut certes comprendre : l’enfant pauvre issu du quart monde veut avaler d’un coup les trois quarts qui lui manquent. Boulimie de savoir qui le conduira à être ce qu’il est aujourd’hui : LE philosophe, excellent pourvoyeur de savoir dans son Université populaire de Caen.

 

Néanmoins, on se demande si, semblable aux compétiteurs des concours de bouffe (le Canadien champion du manger de hamburgers en a avalé quinze en dix minutes), Onfray n’est pas en train de régurgiter son trop-plein. On voudra bien nous pardonner ce raccourci lapidaire, mais franchement on s’interroge : est-ce qu’un tel excès de savoir ne rendrait pas finalement con ? Explosion du chou farci « La musique n’exprime pas, elle est. Il faut se défaire de cette idée que nous pourrions penser l’être du monde en termes de signification, de sens, d’expression. La raison a débordé ce qu’elle pouvait. Il nous faut admettre l’existence de limites à la raison et d’un monde au-delà de ses prétentions et de sa suffisance », écrit Michel Onfray. On lui apportera une précision, celle de la chose vécue (la « pratique musicale », comme on dit) : la musique ne rend que ce qu’on lui donne. Elle ne se révèle que dans l’échange, celui entre l’interprète et le compositeur, entre le chef et ses musiciens, entre l’orchestre et le public. Elle est dans ces moments d’humanité, à l’exact opposé de l’intellectualisation asséchante et mortellement ennuyeuse qu’on nous propose ici.

Marie Delarue

 

http://www.bvoltaire.fr

 

 

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Vous êtes branchés..et perdez le sens des choses..?

1 Juillet 2013, 20:37pm

Publié par Fr Greg.

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En 1933, André Malraux narrait dans La Condition humaine l’histoire de ses héros plongés dans le tourbillon de la révolution chinoise. Les protagonistes tentaient tous d’échapper à la solitude. L’homme ne peut se dérober à sa condition, tel était le constat délivré par l’auteur.

 

 

Avec La Condition numérique, Jean-François Fogel et Bruno Patino entreprennent de raconter la révolution opérée par l’informatique. Impossible d’y échapper. Elle concerne tout le monde. Elle bouleverse nos univers. L’être se trouve plongé dans une globalisation radicale où il importe de prendre conscience de la réalité au risque de perdre pied et de s’anéantir dans une totale aliénation.

Nos deux auteurs se sont fait remarquer par Une presse sans Gutenberg où ils analysaient ce véritable séisme qui ébranle dans ses plus profonds fondements toutes nos sociétés. Que cela plaise ou non, on n’échappe pas à la réalité. Internet fait exploser toutes les frontières traditionnelles, qu’elles soient mentales, sociales, économiques, politiques, scientifiques, qui bornaient le monde de tout un chacun.

 

Le mot révolution a été bien souvent galvaudé, mais ce n’est pas une raison pour ne pas l’accepter dans son véritable sens. Elle est là, omniprésente. Elle court. Ce qui est remarquable, avec les révolutions, est le fait que l’on sait toujours quand elles commencent mais on se trouve incapable d’en estimer et la fin et les conséquences. Le pire peut-être est que l’être n’a même pas la possibilité de prétendre pouvoir y échapper. L’anachorète saint Antoine fuyant dans le désert afin de se soustraire aux tentations de ce bas monde est désormais interdit de séjour. Il faut être branché, connecté, sur le réseau. Les smartphones, les tablettes, tous les portables plus sophistiqués chaque année, les bases de données, les moteurs de recherche, les réseaux sociaux font exploser un univers mental et sociologique.

Jean-François Fogel et Bruno Patino connaissent depuis bien longtemps le monde du numérique. Ils sont donc tout à fait à l’aise pour ouvrir les yeux de leurs lecteurs. Ils les conduisent à travers tous les méandres de cette révolution qui va transformer leur condition. Ils dépassent la vulgarisation et se montrent des analystes subtils de ce monde où le virtuel danse avec le réel. Ici tout se transforme mais on n’est pas dans un univers magique, bien au contraire. Prométhée est parmi nous. Il faut apprendre avec lucidité à vivre avec. Voici une invitation à laquelle il ne faut pas résister. À lire d’urgence afin de rester lucide. Un véritable essai d’une lecture aisée et agréable.

Jean Claude Lauret

 http://www.bvoltaire.fr

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