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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Nous avons reconnu et nous avons cru que l'amour de Dieu est parmi nous

7 Mars 2013, 01:15am

Publié par Fr Greg.

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Chers frères et sœurs,

La célébration du Carême, dans le contexte de l'Année de la foi, nous offre une occasion précieuse pour méditer sur le rapport entre foi et charité: entre le fait de croire en Dieu, dans le Dieu de Jésus Christ, et l'amour qui est le fruit de l'action de l'Esprit Saint et qui nous guide sur un chemin de consécration à Dieu et aux autres.

1. La foi comme réponse à l'amour de Dieu.

Dans ma première encyclique, j’ai déjà offert certains éléments pour saisir le lien étroit entre ces deux vertus théologales, la foi et la charité. En partant de l'affirmation fondamentale de l'apôtre Jean: « Nous avons reconnu et nous avons cru que l'amour de Dieu est parmi nous » (1 Jn 4, 16), je rappelais qu'« à l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive... Comme Dieu nous a aimés le premier (cf. 1 Jn 4, 10), l’amour n’est plus seulement « un commandement », mais il est la réponse au don de l'amour par lequel Dieu vient à notre rencontre » (Deus caritas est, n. 1). La foi constitue l'adhésion personnelle – qui inclut toutes nos facultés – à la révélation de l'amour gratuit et « passionné » que Dieu a pour nous et qui se manifeste pleinement en Jésus Christ ; la rencontre avec Dieu Amour qui interpelle non seulement le cœur, mais également l'esprit: « La reconnaissance du Dieu vivant est une route vers l’amour, et le oui de notre volonté à la sienne unit intelligence, volonté et sentiment dans l’acte totalisant de l’amour. Ce processus demeure cependant constamment en mouvement: l’amour n’est jamais "achevé" ni complet » (ibid., n. 17). De là découle pour tous les chrétiens, et en particulier, pour les « personnes engagées dans les services de charité », la nécessité de la foi, de la « rencontre avec Dieu dans le Christ, qui suscite en eux l’amour et qui ouvre leur esprit à l’autre, en sorte que leur amour du prochain ne soit plus imposé pour ainsi dire de l’extérieur, mais qu’il soit une conséquence découlant de leur foi qui devient agissante dans l’amour » (ibid. n. 31a). Le chrétien est une personne conquise par l'amour du Christ et donc, mû par cette amour – « caritas Christi urget nos » (2 Co 5, 14) –, il est ouvert de façon concrète et profonde à l'amour pour le prochain (cf. ibid., n. 33). Cette attitude naît avant tout de la conscience d'être aimés, pardonnés, et même servis par le Seigneur, qui se penche pour laver les pieds des Apôtres et s'offre lui-même sur la croix pour attirer l'humanité dans l'amour de Dieu.

« La foi nous montre le Dieu qui a donné son Fils pour nous et suscite ainsi en nous la certitude victorieuse qu’est bien vraie l’affirmation: Dieu est Amour... La foi, qui prend conscience de l’amour de Dieu qui s’est révélé dans le cœur transpercé de Jésus sur la croix, suscite à son tour l’amour. Il est la lumière – en réalité l’unique – qui illumine sans cesse à nouveau un monde dans l’obscurité et qui nous donne le courage de vivre et d’agir » (ibid., n. 39). Tout cela nous fait comprendre que l'attitude principale qui distingue les chrétiens est précisément « l’amour fondé sur la foi et modelé par elle » (ibid., n. 7).

2. La charité comme vie dans la foi

Toute la vie chrétienne est une réponse à l’amour de Dieu. La première réponse est précisément la foi comme accueil, plein d’émerveillement et de gratitude, d’une initiative divine inouïe qui nous précède et nous interpelle. Et le « oui » de la foi marque le début d’une histoire lumineuse d’amitié avec le Seigneur, qui remplit et donne son sens plénier à toute notre existence. Mais Dieu ne se contente pas que nous accueillions son amour gratuit. Il ne se limite pas à nous aimer, mais il veut nous attirer à lui, nous transformer de manière profonde au point que nous puissions dire avec saint Paul: ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi (cf. Ga 2, 20).

Quand nous laissons place à l’amour de Dieu, nous devenons semblables à lui, nous participons de sa charité même. Nous ouvrir à son amour signifie le laisser vivre en nous, et nous conduire à aimer avec lui, en lui et comme lui; ce n’est qu’alors que notre foi devient vraiment opérante par la charité (cf. Ga 5, 6) et qu’il prend demeure en nous (cf. 1 Jn 4, 12).

La foi, c’est connaître la vérité et y adhérer (cf. 1 Tm 2, 4); la charité, c’est « cheminer » dans la vérité (cf. Ep 4, 15). Avec la foi, on entre dans l’amitié avec le Seigneur; avec la charité, on vit et on cultive cette amitié (cf. Jn 15, 14s). La foi nous fait accueillir le commandement du Seigneur et Maître; la charité nous donne la béatitude de le mettre en pratique (cf. Jn 13, 13-17). Dans la foi, nous sommes engendrés comme fils de Dieu (cf. Jn 1, 12s); la charité nous fait persévérer concrètement dans la filiation divine en apportant le fruit de l’Esprit Saint (cf. Ga 5, 22). La foi nous fait reconnaître les dons que le Dieu bon et généreux nous confie; la charité les fait fructifier (cf. Mt 25, 14-30).

3. Le lien indissoluble entre foi et charité

A la lumière de ce qui a été dit, il apparaît clairement que nous ne pouvons jamais séparer, voire opposer, foi et charité. Ces deux vertus théologales sont intimement liées et il est erroné de voir entre celles-ci une opposition ou une « dialectique ». En effet, d’un côté, l’attitude de celui qui place d’une manière aussi forte l’accent sur la priorité et le caractère décisif de la foi au point d’en sous-évaluer et de presque en mépriser les œuvres concrètes de la charité et de la réduire à un acte humanitaire générique, est limitante. Mais, de l’autre, il est tout aussi limitant de soutenir une suprématie exagérée de la charité et de son activité, en pensant que les œuvres remplacent la foi. Pour une vie spirituelle saine, il est nécessaire de fuir aussi bien le fidéisme que l’activisme moraliste.

Benoit XVI

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Discours impertinent sur la recherche de la vérité

6 Mars 2013, 01:13am

Publié par Fr Greg.

 

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Comme il est des choses trop graves pour en parler sérieusement, nous choisirons d’en parler ici par mode de plaisanterie, espérant qu’ainsi nous pourrons aller au bout de pensées qui, prises en l’espace du sérieux, ne pourraient que tourner court. C’est pourquoi nous n’hésiterons pas à prendre le ton et l’allure d’un célèbre Discours qui fut en quelque sorte à l’origine des temps modernes.

    La mort est la chose du monde la mieux partagée, car il est sans exemple qu’un homme ait pu y échapper. Mais il n’en est pas des humains comme des bêtes ; car la mort pour eux n’est pas simplement la fin brutale de la vie, elle est ce qui peut hanter la vie même et la transformer en horreur et terreur.

  C’est-à-dire que la question précédant toute question, et toute ambition même de la pensée, est cette menace qui pèse sur l’homme de le détruire en son humanité. Le meurtre paraît régner sur l’histoire ; et, là encore, pas celui du tigre ou du lion qui ont faim, mais celui de l’être humain acharné à détruire en l’autre humain son humanité, à se faire meurtrier de la parole où se manifestait sa présence.

Se séparer de cette mort-là est l’œuvre première, qui instaure l’humanité, c’est-à-dire le primitif pouvoir être de ceux qui s’appellent humains ; hors de quoi aucune autre œuvre n’est possible, aucune demeure habitable, aucun chemin ouvert.

C’est à cette urgence par-delà toute urgence qu’ont répondu, ou cru répondre, les mythes et les sagesses, les religions et les philosophies. Au point où nous sommes venus, il y a doute sur la capacité de ces immenses constructions de l’esprit à assumer la tâche primordiale. Non qu’elles soient méprisables ; peut-être même portent-elles - du moins certaines d’entre elles - ce qu’il nous faut absolument préserver ou retrouver ; mais ce ne sera qu’à surmonter ce soupçon où nous sommes, quant à leur état présent.

D’où viennent doute ou soupçon ? D’un constat, déjà, du côté de ce qu’on nomme culture, celle des gens cultivés. Le XXe siècle, là-dessus, nous a enseigné cette vérité terrible : on peut être un scientifique remarquable, un excellent artiste et pactiser avec l’atroce, voire le servir. On peut enseigner la philosophie, être un homme pieux et ne pas voir l’ignominie et s’en accommoder. A vrai dire, on pouvait s’en apercevoir depuis longtemps ; mais le XXe siècle a donné à ce constat une force inédite. La capacité de faire taire la voix humaine, de réduire des êtres humains, non à l’état de bêtes, mais de choses sans nom, y a pris des proportions inouïes. Nous savons désormais que cette dérive monstrueuse est possible, comme nous savons que nos propres techniques peuvent passer sous le pouvoir de la destruction.


    C’est au point que la recherche même de la vérité se trouve compromise, puisque celle qui réussit si admirablement en mathématiques et en physique peut se trouver incompétente et impuissante devant les assauts de la Mort. Cela suggère qu’il faudrait remonter aux sources, oser rouvrir cet espace que le succès de nos sciences rend vain et dérisoire.

    
    C’est pourquoi l’on se tourne à nouveau vers les sagesses et les croyances que nous récusions tout à l’heure, en protestant qu’elles peuvent se délier de cette culture, celle d’Occident, qui ne nous garantit plus contre la chute. On se tourne vers l’archaïque et l’exotique, la tradition perdue ou la voie étrangère, comme vers ce qui donne à nouveau souffle et assurance.

Ce mouvement, toutefois, dépend encore de la situation présente. Devant, ou plutôt dans la formidable explosion du monde, de l’homme, de tout, qui est le fait et le fruit de la modernité, il fait figure d’un recours vers un ailleurs, qui nous dispense d’affronter ce que nous sommes réellement devenus. La violence de la critique, l’interrogation sans réserve, la mise à la question de toute certitude, le passage à l’universel d’une mondialisation qui brasse toutes les différences et relativise tout, la puissance technique qui délie des contraintes de la nécessité, la défaite des ordres anciens qui libère le désir et l’envie, voilà le monde que nous habitons et qui renvoie les chemins de foi ou de sagesse, sinon à l’insignifiance, du moins à des possibilités inscrites dans ce monde-là. Rien à faire : on ne remonte pas l’histoire et on ne sort pas de soi-même. Ce n’est même plus le doute qui vient là : c’est une absence irréparable à ce qui n’est plus de notre lieu ; on peut y trouver goût, refuge, secours et progrès spirituel. Mais si l’on accepte d’être conscient, c’est avec la conscience d’une sorte d’artifice, qui transforme ce qui était la vérité d’un monde en ce qui est une marge du nôtre.

Reste précisément à habiter ce monde-ci, dans l’oubli résolu des questions vaines puisque insolubles. C’est la fin de cet homme du questionnement et de la recherche, constructeur de systèmes et critique de ceux des autres, ambitieux sans mesure, croyant au sens de l’histoire et à l’avenir de l’humanité, raison et révolution réussies : bref, c’est la fin de l’homme moderne. En cet âge nouveau, qui n’a pas encore de nom (post-moderne est vague et équivoque), les êtres humains sont comme submergés dans un processus qui se confond pour eux avec le réel et qui seul leur donne consistance et existence. Il n’est point le fait du divin ou de la nature, mais des hommes eux-mêmes ; pourtant il semble avoir sa logique propre, qui défie toute prétention à la diriger, comme si l’alliance de l’économie et de la technique soutenue par la science offrait un monde de possibilités infinies, une explosion d’explosions, dont il suffirait aux humains de jouir, pour que toute question extérieure soit abolie et toute l’existence comblée, dans une limite définitivement acceptée.

    Par rapport à l’urgence évoquée au début, ce déferlement prodigieux de productions, images, paroles couvre un silence lui aussi prodigieux.

Maurice Bellet.

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Dieu est comme une mère...

5 Mars 2013, 01:13am

Publié par Fr Greg.

 

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Prenons un homme de quarante ans ayant encore sa mère qu’il respecte et vénère, et qu’il va exactement visiter chaque jour durant une demi-heure malgré des occupations absorbantes, parlant filialement avec elle de choses et d’autres, puis, régulièrement, la demi-heure passée, la quittant jusqu’au lendemain. On ne peut vraiment demander plus et, du point de vue des mères, il serait à souhaiter que tous les hommes agissent ainsi.

Cette image nous montre le début de la vie d’oraison, l’âme faisant chaque jour sa méditation, ce qui est nécessaire pour commencer, et suivant fidèlement sa petite méthode point par point. C’est déjà quelque chose, mais ce n’est qu’un commencement, bien que certaines âmes croient faire merveille par leurs beaux discours et raisonnements.

 

Supposons que l’âme soit fidèle et que Dieu la fasse avancer. Oh ! comme elle est rajeunie par ce seul fait ! Ce n’est plus l’homme de quarante ans donnant une demi-heure chaque jour à sa mère. C’est le fils de vingt ans, s’éloignant de sa mère, sans doute, pour se donner à ses occupations, mais lui restant tendrement uni. Pour un jeune homme bien né, les rapports avec une mère sont encore très intimes à vingt ans.

 

Voyons ensuite l’âme monter d’un nouveau degré : c’est alors le fils de quinze ans. À quinze ans on demeure encore chez sa mère. On possède encore toutes les chères et saintes illusions de l’enfant au sujet de ses parents, de la maison paternelle, qui est tout pour l’enfant.


Ainsi fait notre petite âme dans la maison de son Père céleste. Il lui a fait cette grâce, demandée par le psalmiste, « d’habiter la maison du Seigneur chaque jour de sa vie » (Ps 26, 4). Cette maison, c’est la maison de l’oraison. L’âme ne la quitte pas. Sans doute elle ne parle pas sans cesse de Dieu ou à Dieu, mais elle ne le quitte pas du regard, ne fait rien, pour ainsi dire, sans être mue par Dieu ; elle est enveloppée de Dieu, n’a plus d’autres idées que celles de Dieu. Quel immense progrès : ne plus pouvoir sortir de l’atmosphère de Dieu !

 

L’âme avance toujours. Elle arrive à dix ans, âge où l’enfant ne sait pas encore tenir de conversations comme les grandes personnes ; mais ses petits entretiens n’en plaisent que davantage à sa mère. Quel progrès quand l’âme commence à ne plus même pouvoir parler, comme au temps de sa toute petite enfance ! En cet état elle n’a plus d’autres vues que celles de Dieu, tout comme l’enfant qui ne voit que sa mère.

 

Avançons encore et voyons l’enfant à l’âge de quatre ans, âge si aimé des mères, car à cet âge la mère et l’enfant se suffisent pleinement. Le langage de l’enfant est un bégaiement, mais combien délicieux pour le cœur de la mère ! Elle-même se « rapetisse », si l’on peut dire, pour babiller, pour bégayer avec son enfant : ils n’ont pas besoin d’autre chose.


Quelle image frappante et sublime de ce qu’est Dieu avec ses saints ! Si quelque phonographe inconnu pouvait enregistrer et nous répéter l’oraison des saints, nous serions étonnés, éblouis par leur simplicité, leur enfantillage, leur bégaiement d’amour. Cette simplicité leur est nécessaire pour ne vouloir que Dieu, pour n’avoir besoin que de Dieu au milieu de tous leurs travaux, de leurs épreuves. Dieu leur suffit et – chose exquise – les saints suffisent pleinement à Dieu. Dieu n’a pas besoin d’autre chose. Il oublie tout pour ainsi dire, pour s’amuser à écouter le bégaiement de ses saints, pour s’y perdre avec délices. Qu’importe à la mère ce qui l’entoure quand elle parle avec son enfant ? Comparaison frappante. Dieu oublie tous les blasphèmes, toutes les iniquités qui mériteraient l’écrasement de la terre. On se demande parfois pourquoi Dieu ne châtie pas… Ah ! C’est que Dieu est avec ses saints, et près d’eux. Il oublie, il ne voit pas, il n’entend pas autre chose, et c’est ce bégaiement des saints qui nous obtient miséricorde.

 

 

Ce babil enfantin du tout-petit avec sa mère, est-ce le terme de la vie d’oraison ? Continuons la comparaison commencée. Il est un âge où l’enfant ne parle pas, ne marche pas, âge où, par conséquent, l’enfant vit de sa mère et repose continuellement dans ses bras, sur son cœur. Cet âge-là est l’image des grands saints. Abîmés en Dieu, ils ne peuvent plus parler : silence sacré bien au-dessus du bégaiement. Ils sont alors endormis sur le sein de Dieu, s’alimentant de sa substance, ne pouvant se nourrir d’autre aliment, comme les tout-petits qui ne peuvent vivre que de la substance de leur mère. De même, les saints ne peuvent quitter Dieu.

 

 

Est-ce là le dernier mot, le dernier progrès ? L’union la plus grande qui puisse connaître l’enfant avec sa mère est celle de l’époque sacrée où il ne fait qu’un avec elle. On ne le voit même pas : il vit en elle.

 

Ici, ce sont les très grands saints qu’on ne peut même plus voir, tant ils sont perdus, fondus en Dieu, n’ayant plus qu’une seule vie avec lui ; ils sont tellement invisibles qu’ils paraissent morts, et cependant ils vivent d’une vie intime, d’une vie mystérieuse avec Dieu. C’est de cette vie que saint Paul disait : « Nous sommes morts et notre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3,3). Nous sommes morts, on ne peut plus nous voir…

 

fr Thomas Dehau, OP

 

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Nos blessures, ouverture à l'Autre...

4 Mars 2013, 01:00am

Publié par Fr Greg.

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Il y a une folle illusion à se vouloir à l'abri de tout, illusion soigneusement entretenue par la société moderne. De qui, de quoi peut-on se garder? de la malice du monde, de la trahison et des peines amoureuses? de la charge des ans, de la mort ignominieuse? Qui se pense assez puissant ou assez riche pour écarter le malheur? Le monde contemporain, qui ne parle que de bien-être, de bonheur, de santé et de sécurité, se trouve accablé d'une terrible maladie, la maladie de l'infantilisme. 


Aussi n'invoque-t-il que ce mot magique qui trahit son effroi devant la fragilité et le trépas: "guérir". 


Grâce à la recherche scientifique, grâce à telle plante, telle gymnastique, tel régime alimentaire, en recourant au besoin à la méditation, à la récitation de mantras et autres recettes zen ou chamaniques, la créature humaine peut se protéger de tout, et surtout oublier qu'elle est mortelle. 


L'obsession de guérir anesthésie la conscience et étouffe le questionnement métaphysique. 

Or, il n'est que deux façon d'être indestructible: soit à la façon d'une machine imperturbable que l'on entretient en changeant les pièces, en veillant sur le mécanisme; soit en découvrant son essence immortelle. La seconde voie est celle qu'indiquent et que nourrissent la philosophie véritable, les spiritualités de diverses traditions ainsi que les mythes qui sont des éveilleurs de conscience et des passeurs de sagesse. 



Jacqueline Kelen - Divine blessure

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Être vulnérable, ou sans réserve... (II)

3 Mars 2013, 02:40am

Publié par Fr Greg.

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L'autre chose qu'ils avaient en commun était ceci. Ils adoptaient complètement la vulnérabilité. Ils pensaient que ce qui les rendait vulnérable les rendait également beaux. Ils ne prétendaient pas que la vulnérabilité était confortable, ni qu'elle était atroce --comme je l'avais entendu auparavant dans les entretiens sur la honte. Ils disaient juste qu'elle était nécessaire. Ils parlaient de la volonté de dire "Je t'aime" le premier, la volonté de faire quelque chose quand il n'y a aucune garantie de réussite, la volonté de ne pas retenir son souffle en attendant le coup de fil du médecin après une mammographie. Ils étaient prêts à s'investir dans une relation qui pourrait marcher, ou pas. Ils pensaient que c'était essentiel.

Pour ma part, je l'ai ressenti comme une trahison. Je ne pouvais pas croire que j'avais prêté serment d'allégeance à la recherche -- le principe même de la recherche est de contrôler et de prévoir, d'étudier un phénomène dans le but explicite de le contrôler et de le prévoir. Et là, ma mission de contrôler et de prévoir aboutissait au résultat que la meilleure façon de vivre est d'accepter sa vulnérabilité, et d'arrêter de contrôler et de prévoir. Ça (Rires) -- qui en fait ressemblait plutôt à ça. (Rires) Vraiment ! J'ai appelé ça une dépression, ma psychothérapeute appelle ça un éveil spirituel. Un éveil spirituel, ça sonne mieux qu'une dépression, mais je vous assure que c'était bien une dépression. Et j'ai dû ranger mes données et chercher un psychothérapeute. Laissez-moi vous dire quelque chose : vous découvrez vraiment qui vous êtes quand vous appelez vos amis pour leur dire :" Je crois que j'ai besoin de voir un psy. Tu aurais quelqu'un à me recommander ? " Parce que à peu près cinq de mes amis ont fait : " Wow. Je n'aimerais pas être ton psychothérapeute." (Rires) Et moi : " Comment ça ? " Et eux : " Moi ce que j'en dis, tu sais. N'apporte pas ta règle." Et moi : "Ok..."

J'ai donc trouvé une psychothérapeute. Mon premier rendez-vous avec elle, Diana -- j'ai apporté ma liste sur la façon dont les "sans réserve" vivent, et je me suis assise. Et elle m'a dit : " Comment allez-vous ?" Et j'ai dit :" Je suis en pleine forme. Ça va bien." Elle a dit : " Qu'est-ce qui se passe ? " C'était une psychothérapeute qui consultait elle-même des psychothérapeutes ; on devrait aller chez ce genre là de psychothérapeute, parce que leur détecteur de conneries est très au point. (Rires) Alors j'ai dit : " Voilà, j'ai un problème." Et elle a dit : " Quel est le problème ? " Et j'ai dit : " Et bien, j'ai un problème de vulnérabilité. Et je sais que la vulnérabilité est au cœur de la honte et de la peur et de notre problème d'estime de soi, mais il semble que ce soit aussi la source de la joie, de la créativité, du sentiment d'appartenance, de l'amour. Et je pense que j'ai un problème, et j'ai besoin d'aide." Et j'ai dit : " Mais voilà, pas d'histoires de famille, pas de ces conneries sur l'enfance. " J'ai seulement besoin d'une stratégie." Merci. Alors elle a fait comme ça.  Et moi j'ai dit : " C'est mauvais, n'est-ce pas ? " Et elle a dit : " Ce n'est ni mauvais ni bon. " "C'est juste ce que c'est. " Et je me suis dit : " Oh mon Dieu, on va se faire chier."

Et ça a été le cas, et en même temps non. Et ça m'a pris près d'un an. Vous savez comment certaines personnes, quand elles réalisent que la vulnérabilité et la tendresse sont importantes, lâchent prise et y vont à fond. Premièrement, ça n'est pas mon style, et deuxièmement, je ne fréquente même pas ce genre de personnes. (Rires) Pour moi, ça a été une lutte d'une année. Ça a été une tuerie. La vulnérabilité gagnait du terrain, je le regagnais à nouveau. J'ai perdu la bataille, mais j'y ai sans doute récupéré ma vie.

Et je suis donc retourné à mes recherches et j'ai passé les deux années suivantes à essayer de vraiment comprendre ce que eux, les sans réserve, faisaient comme choix, et ce que nous, nous faisons de la vulnérabilité. Pourquoi est-ce un tel problème ? Est-ce que je suis la seule pour qui c'est un problème ? Non. Voici donc ce que j'ai appris. Nous anesthésions la vulnérabilité -- quand nous attendons le coup de fil. C'est drôle, j'ai envoyé quelque chose sur Twitter et Facebook qui demandait : "Comment définiriez-vous la vulnérabilité ? Qu'est-ce qui vous rend vulnérable ? " Et en une heure et demie, j'avais 150 réponses. Parce que je voulais savoir ce qui se cache derrière tout ça. Devoir demander de l'aide à mon mari, parce que je suis malade, et on vient juste de se marier ;prendre l'initiative sur le plan sexuel avec mon mari ; prendre l'initiative avec ma femme ;être rejetée ; inviter quelqu'un à sortir ; attendre que le docteur rappelle ; être virée ; virer des gens -- voici le monde dans lequel nous vivons. Nous vivons dans un monde vulnérable. Et l'une des façons dont nous traitons ce problème, c'est d'anesthésier la vulnérabilité.

Et je pense qu'il y a des preuves de cela -- ça n'en est pas la seule raison, mais je pense que c'en est une grande -- nous sommes la plus endettée, obèse, accro aux drogues et aux médicaments, de toutes les assemblées d'adultes de l'histoire des États-Unis. Le problème -- et c'est ce que j'ai appris de mes recherches -- c'est qu'on ne peut pas anesthésier ses émotions de façon sélective. On ne peut pas dire : " Là, c'est ce qui est mauvais. Voilà la vulnérabilité, voilà le chagrin, voilà la honte, voilà la peur, voilà la déception, je ne veux pas ressentir ces émotions. Je vais plutôt prendre quelques bières et un muffin à la banane. (Rires) Je ne veux pas ressentir ces émotions. Et je sais que ça, c'est un rire entendu. Je gagne ma vie en infiltrant les vôtres. Seigneur. (Rires) Vous ne pouvez pas anesthésier ces sentiments pénibles sans anesthésier en même temps les affects, nos émotions. Vous ne pouvez pas anesthésier de façon sélective. Alors quand nous les anesthésions, nous anesthésions aussi la joie, nous anesthésions la gratitude, nous anesthésions le bonheur. Et nous nous retrouvons malheureux, et nous cherchons un but et un sens à nos vies, et nous nous sentons vulnérables, alors nous prenons quelques bières et un muffin à la banane. Et ça devient un cercle vicieux.

Une des choses auxquelles je pense que nous devrions réfléchir, est le pourquoi et le comment de cette anesthésie. Ça ne peut pas être que de l'accoutumance. L'autre chose que nous faisons est de rendre certain tout ce qui est incertain. La religion est passée d'une croyance en la foi et les mystères, à une certitude. J'ai raison, tu as tort. Ferme-la. Point final. C'est certain. Plus nous sommes effrayés, plus nous sommes vulnérables, et plus nous sommes effrayés encore. Voilà à quoi ressemble la politique de nos jours. Il n'y a plus de discours désormais. Il n'y a plus de débat. Il n'y a que la recherche d'un coupable à blâmer. Vous savez comment je décris cela dans mes recherches ? Une façon de se décharger de la douleur et de l'inconfort. Nous perfectionnons tout. Si il y a quelqu'un qui voudrait que sa vie soit parfaite, c'est bien moi, mais ça ne marche pas. Parce que ce que nous faisons, c'est de prendre la graisse de nos derrières et de la mettre dans nos joues. (Rires) Ce qui, je l'espère, dans une centaine d'années, fera dire aux gens qui nous étudierons : "Wow..."

Et le plus dangereux, c'est que nous perfectionnons nos enfants. Laissez-moi vous expliquer comment nous pensons de nos enfants. Ils sont conçus dès le départ pour avoir des problèmes. Et quand vous tenez ces petits êtres parfaits dans vos mains, votre devoir n'est pas de dire : "Regardez-le, il est parfait. Ma tâche est de le garder parfait --m'assurer qu'il intègre l'équipe de tennis dès le CM2, et l'Université de Yale avant la 5ème. " Ça n'est pas ça, notre devoir. Notre devoir, c'est de le regarder, et de lui dire : " Tu sais quoi ? Tu n'es pas parfait, et tu es conçu pour avoir des problèmes, mais tu mérites de recevoir de l'amour et d'être parmi nous. Ça, c'est notre devoir. Donnez-moi une génération de gosses élevés comme ça, et on réglera les problèmes que nous connaissons aujourd'hui, je pense. Nous aimons croire que nos actions n'ont pas de conséquences sur les autres. Nous faisons cela dans nos vies personnelles. Nous faisons cela dans les entreprises -- que ce soit lors d'un renflouement, une fuite de pétrole, une convocation -- nous nous comportons comme si nos actions n'avaient pas un énorme impact sur les autres. J'ai envie de dire aux entreprises : " Nous ne sommes pas nés de la dernière pluie, les gars. On a seulement besoin que vous soyez authentiques et vrais, et que vous nous disiez : ' Nous sommes désolés. On va régler ça.' "


Mais il y a une autre voie, et je vais finir là-dessus. Voici ce que j'ai découvert : c'est d'accepter de se montrer, de se montrer vraiment, de se montrer vulnérable ; d'aimer de tout notre cœur, même si il n'y a aucune certitude -- et ça, c'est vraiment dur, et je peux vous le dire en tant que parent, c'est atrocement difficile -- de s'exercer à la gratitude et à la joie dans ces moments de terreur, où nous nous demandons : " Suis-je capable de t'aimer à ce point ? Suis-je capable de croire en cela avec autant de passion ? Suis-je capable d'être aussi fervent ? " Juste pouvoir s'arrêter et, au lieu de s'imaginer les catastrophes qui risquent d'arriver, de dire : " Je suis simplement reconnaissant, parce que me sentir si vulnérable signifie que je suis vivant. " Et pour finir, ce qui je pense est le plus important, c'est de croire que nous sommes bien comme nous sommes. Parce je pense que quand on écoute la petite voix qui nous dit : " Je suis bien comme je suis ", alors nous arrêtons de hurler, et nous commençons à écouter, nous devenons plus gentils et plus doux avec notre entourage, et nous sommes plus gentils et plus doux avec nous-mêmes.

Brene Brown.

 

 

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Être vulnérable, ou sans réserve...

2 Mars 2013, 02:36am

Publié par Fr Greg.

 

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Et voilà où mon histoire commence. Quand j'étais une jeune chercheuse, une étudiante en doctorat, pendant ma première année j'ai eu un directeur de recherche qui nous a dit :" Voilà le topo : ce qu'on ne peut pas mesurer n'existe pas." Et j'ai pensé qu'il essayait de m'embobiner. Et j'ai fait : " Vraiment ?", et lui : "Absolument." Il faut que vous sachiez que j'ai une licence d'assistance sociale, un master d'assistance sociale, et que je préparais une thèse d'assistance sociale, alors j'avais passé toute ma carrière universitaire entourée de gens qui croyaient en quelque sorte que la vie c'est le désordre, et qu'il faut l'aimer ainsi. Alors que moi ça serait plutôt : la vie c'est le désordre, il faut la nettoyer, l'organiser, et bien la ranger dans des petites cases. (Rires) Alors quand je pense que j'ai trouvé ma voie, que j'ai engagé ma carrière sur un chemin qui m'amène -- vraiment, dans l'aide sociale, on dit beaucoup qu'il faut plonger dans l'inconfort du travail. Et moi je suis plutôt : évacuer l'inconfort une bonne fois pour toutes, le dégager et n'obtenir que des 20 sur 20. C'était ma devise. C'est pourquoi j'étais très enthousiasmée par cette idée. Et que je me suis dit, tu sais quoi, c'est la carrière qu'il te faut, parce que je m'intéresse à des sujets compliqués, mais je veux pouvoir les rendre moins compliqués. Je veux les comprendre. Je veux m'infiltrer dans ces questions, que je sais importantes et les décoder pour tout le monde.


J'ai donc commencé avec les relations humaines. Parce que, quand vous avez travaillé dans le social pendant 10 ans, vous réalisez que les relations humaines sont la raison de notre présence sur terre. C'est ce qui donne un but et du sens à nos vies. Tout tourne autour de cela. Peu importe que vous en discutiez avec des gens qui travaillent dans le secteur de la justice sociale, ou bien de la santé mentale, ou de la maltraitance, ou de la négligence parentale, ils vous diront tous que les relations, la capacité d'entrer en relation, c'est -- sur le plan neurobiologique, nous sommes conçus ainsi -- c'est la raison de notre présence sur terre. J'ai donc pensé: je vais commencer par les relations humaines. Vous connaissez cette situation où vous avez un entretien d'évaluation avec votre patron, et elle vous parle de 37 choses que vous faites incroyablement bien, et puis d'une chose -- " Une occasion de vous améliorer." (Rires) Et tout ce que vous retenez, c'est cette "occasion de vous améliorer", pas vrai ? Eh bien, à première vue, c'est également la direction que mon travail a prise, parce que, quand j'ai interrogé les gens sur l'amour, ils m'ont parlé de chagrin. Quand j'ai interrogé les gens sur le sentiment d'appartenance, ils m'ont raconté leurs plus atroces expériences où ils étaient exclus. Et quand j'ai interrogé les gens sur les relations humaines, les histoires qu'ils m'ont racontées parlaient d'isolement.

Aussi très rapidement -- en fait après seulement six semaines de recherches -- j'ai buté sur cette chose sans nom qui détruisait totalement les relations d'une façon que je ne comprenais pas, et que je n'avais jamais vu. J'ai donc pris un peu de recul sur ma recherche et je me suis dit, il faut que je comprenne ce dont il s'agit. Et j'ai découvert qu'il s'agissait de la honte. On peut vraiment comprendre la honte facilement si on la considère comme la peur de l'isolement. Il y a-t-il quelque chose chez moi qui ferait que, si d'autres le savaient ou le voyaient, je ne mériterais pas d'être en relation avec eux ? Il y a une chose que je peux vous en dire : c'est universel ; on a tous ça. Les seules personnes qui n'éprouvent pas la honte sont celles qui sont incapables d'empathie ou de relations humaines. Personne ne veut en parler, et moins on en parle, plus on la ressent. Ce qui est à la base de cette honte, ce "Je ne suis pas assez bien ", -- qui est un sentiment que nous connaissons tous : " Je ne suis pas assez neutre. Je ne suis pas assez mince, pas assez riche, pas assez beau, pas assez malin, pas assez reconnu dans mon travail." Ce qui est à la base de tout ça, c'est une atroce vulnérabilité, cette idée que, pour pouvoir entrer en relation avec les autres, nous devons nous montrer tels que nous sommes, vraiment tels que nous sommes.


Et vous savez ce que je pense de la vulnérabilité. Je hais la vulnérabilité. J'ai donc pensé, voilà l'occasion que j'attendais de la faire battre en retraite avec ma règle. Je vais m'y plonger, je vais démêler toute cette histoire, je vais y consacrer une année, je vais complètement déboulonner la honte, je vais comprendre comment fonctionne la vulnérabilité, et je vais être la plus forte. J'étais donc prête, et j'étais vraiment enthousiaste. Comme vous vous en doutez, ça ne s'est pas bien passé. (Rires) Vous vous en doutez. Alors, je pourrais vous en dire long sur la honte, mais il me faudrait prendre le temps de parole de tous les autres. Mais voilà ce que je peux vous dire, ce à quoi ça se résume -- et c'est peut-être la chose la plus importante que j'ai jamais apprise pendant les dix années passées sur cette recherche. Mon année s'est transformée en six années, des milliers de récits, des centaines de longs entretiens, de groupes de discussion. À un moment, les gens m'envoyaient des pages de journaux, ils m'envoyaient leurs histoires -- des milliers d'éléments d'information en six ans. Et j'ai commencé à comprendre.


J'ai commencé à comprendre : voilà ce qu'est la honte, voilà comment ça marche. J'ai écrit un livre, j'ai publié une théorie, mais quelque chose n'allait pas -- et ce que c'était, c'est que, si je prenais les gens que j'avais interviewés, et que je les divisais grossièrement en deux catégories: ceux qui croyaient vraiment en leur propre valeur --c'est à cela que ça se résume, croire en sa propre valeur -- ils ont un fort sentiment d'amour et d'appartenance -- et ceux qui ont du mal avec ça, ceux qui se demandent tout le temps si ils sont assez bien. Il n'y avait qu'une variable qui différenciait ceux qui ont un fort sentiment d'amour et d'appartenance de ceux qui ont vraiment du mal avec ça. Et c'était que ceux qui ont un fort sentiment d'amour et d'appartenance pensent qu'ils méritent l'amour et l'appartenance. C'est tout. Ils pensent qu'ils le méritent. Et pour moi la chose qui nous prive de relations humaines est notre peur de ne pas mériter ces relations, c'était quelque chose que, sur le plan personnel comme professionnel, j'ai eu l'impression que j'avais besoin de mieux comprendre. Alors ce que j'ai fait, c'est que j'ai pris tous les interviews dans lesquels je pouvais voir des gens qui croyaient mériter, qui vivaient ainsi, et je les ai simplement examinés attentivement.

 

Qu'ont en commun tous ces gens ? Je suis un peu accro aux fournitures de bureau, mais c'est une autre histoire. J'avais une chemise cartonnée, et j'avais un marqueur, et j'ai fait, comment vais-je intituler cette recherche ? Et les premiers mots qui me sont venus à l'esprit ont été "sans réserve". Ce sont des gens sans réserves, qui vivent avec ce sentiment profond de leur valeur. Alors je l'ai inscrit sur la couverture de la chemise, et j'ai commencé à examiner les données. En réalité, j'ai commencé par le faire pendant quatre jours par une analyse des données extrêmement intensive, où je suis revenue en arrière, j'ai ressorti ces interviews, ressorti les récits, ressorti les incidents. Quel est le thème ? Quel est le motif ? Mon mari a quitté la ville avec les enfants parce que je rentre à chaque fois dans ce délire à la Jackson Pollock, où je ne fais qu'écrire, et où je suis en mode chercheuse. Et voici ce que j'ai trouvé. Ce qu'ils avaient en commun, c'était un sens du courage. Là je veux prendre une minute pour vous expliquer la distinction entre le courage et la bravoure. Le courage, la définition originelle du courage, lorsque ce mot est apparu dans la langue anglaise -- il vient du latin "cor", qui signifie "cœur" -- et sa définition originelle était : raconter qui nous sommes de tout notre cœur. Ainsi, ces gens avaient, très simplement, le courage d'être imparfaits. Ils avaient la compassion nécessaire pour être gentils, tout d'abord avec eux-mêmes, puis avec les autres, car, à ce qu'il semble, nous ne pouvons faire preuve de compassion envers les autres si nous sommes incapables d'être gentils envers nous-même. Et pour finir, ils étaient en relation avec les autres, et -- c'était ça le noyau dur -- de par leur authenticité, ils étaient disposés à abandonner l'idée qu'ils se faisaient de ce qu'ils auraient dû être, de façon à être qui ils étaient, ce qui est un impératif absolu pour entrer en relation avec les autres.

 

Brene Brown.

 

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Grandir en réalisme pour perdre son hypersensibilité...

1 Mars 2013, 03:47am

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