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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Il est né pour les pauvres, les opprimés, les désespérés: que tous soient frères!

31 Décembre 2012, 02:30am

Publié par Fr Greg.

Homélie du patriarche Fouad Twal, Noël 2012-2013 de la Basilique de la Nativité à Bethléem

 

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Nous célébrons la nuit de Noël qui a nous a apporté la Bonne nouvelle du salut ; la nuit qui accomplit et annonce d’autres nuits célèbres comme celle de la création, la nuit du Jeudi Saint, et celle qui a précédé la Résurrection du Seigneur. En cette nuit est annoncée l’aurore d’une ère nouvelle pour l’humanité.

 

Il ressemble aux petits de son âge, à nos propres enfants que nous aimons et que nous voyons grandir, mûrir et croître en connaissance et en sagesse. Il est né pauvre, a vécu pauvrement et a librement choisi de ne pas se donner de privilèges. Il a expérimenté la fatigue, la souffrance, le froid, la faim, la soif, la peur, la persécution, la fuite et,  plus tard, la mort et le sacrifice de lui-même : car il a voulu être un vrai « fils de l’homme », partageant avec nous nos souffrances et nos espérances, heureux d’être l’un de nous, acceptant l’attention et les gestes de tendresse maternelle de sa Mère, se contentant de ce que la Sainte Vierge et saint Joseph lui offraient comme nourriture et vêtement.

 

Ensuite, nous nous arrêtons sur les raisons de son Incarnation. Il est né pour les pauvres, les opprimés et les souffrants, ainsi que pour les gens simples, ordinaires qui n’ont pas perdu l’espérance en Dieu ; il est venu  pour les transgresseurs et les pécheurs. Il a voulu rendre à l’homme son humanité, et au pécheur sa bonté et son innocence, ainsi que l’image de Dieu, déformée par le péché. Il a voulu intérioriser les préceptes et les lois, faisant de la « religion » non une série de dictats mais l’expression de l’amour envers Dieu. Au lieu de l’amour de la Loi, il a proclamé la loi de l’Amour : « Aimez-vous les uns les autres ! »

 

Voici le rêve du petit Enfant : que tous les êtres humains soient frères parce qu’ils ont un seul Dieu et Seigneur, qui est le Père universel, qui a compassion de tous et s’occupe de tous ! Il est venu réconcilier le ciel dont il provenait avec la terre qui l’a accueilli. Il est venu réconcilier le pécheur avec son Créateur, et l’homme avec soi-même et son frère ; il est venu transformer les ennemis en amis. C’est pourquoi Isaïe a prédit des temps messianiques : « Le loup habitera avec l’agneau,  la panthère se couchera avec le chevreau. Le nourrisson jouera sur le repaire de l’aspic » (Is 11, 6-8a). Il s’agit de symboles de l’universalité de la réconciliation où la justice et la paix seront la part de tous les êtres humains. L’annonce de l’Ange aux bergers de Bethléem en constitue la réalisation : « Je vous annonce une grande joie… Aujourd’hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur… » (Lc 2, 10 – 11).

 

Nous, les fidèles des religions monothéistes, nous nous accordons sur le fait que les divisions entre les hommes sont l’œuvre du démon, alors que la réconciliation est l’œuvre de Dieu. Depuis ce lieu saint, j’invite les politiciens et les hommes de bonne volonté à travailler résolument pour un projet de paix et de réconciliation qui embrasse la Palestine et Israël, et ce Moyen-Orient meurtri. Prions avec ferveur pour nos frères, en Syrie, qui meurent sans pitié ni appel ! Prions pour le peuple égyptien qui lutte pour l’entente, la liberté et l’égalité ! Prions pour l’unité et la réconciliation au Liban, en Irak, au Soudan, dans les autres pays de la région et du reste du monde. Prions pour la prospérité et la stabilité en Jordanie.

 

Chers frères et sœurs,

La fête revient cette année alors que beaucoup d’entre vous souffrent pour une raison ou pour une autre. Des milliers de jeunes attendent impatiemment dans les prisons de retrouver leur liberté ! Des familles sont séparées et attendent un permis pour se réunir sous un seul toit ! Vous souffrez d’une occupation qui n’est pas finie. Gaza et le sud d’Israël viennent de sortir d’une guerre dont les conséquences sont encore visibles sur le terrain et dans les esprits. Notre prière embrasse toutes les familles, arabes et juives, que le conflit a atteintes ! Que le Seigneur leur donne patience, confort et consolation, et que la société leur offre assistance et appui !

 

Regardons  l’Enfant de Marie et écoutons-le : « Heureux les doux,  car ils posséderont la terre ; bienheureux sont les artisans de paix, car ils seront appelés enfants de Dieu. Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés. »  (Mt 5)

 

O Enfant de Bethléem, qui as connu, avec ta Mère et ton père adoptif, la pauvreté et l’exil en Egypte, fuyant la cruauté d’Hérode, délivre-nous de tous les tyrans de ce siècle et fais de nous un sanctuaire où tu renouvelles constamment ta naissance, afin que nous soyons les témoins de ton Amour !

 

Et toi, Marie notre Mère, qui as prodigué tes attentions maternelles à ton divin Enfant, protège tous les enfants du monde de tout mal et mets en leurs cœurs les semences de la foi, de l’espérance et de la bonté.

Chers frères et sœurs, je vous souhaite un joyeux Noël, et le don de la paix que le Seigneur a promis a toutes les « personnes de bonne volonté » (Lc 2, 14). Amen !

 

+ Patriarche Fouad Twal 

 

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"On ne naît pas femme, mais on le devient... ??"

30 Décembre 2012, 01:29am

Publié par Fr Greg.

Dans une récente 'lettre ouverte aux politiques' du 23 déc.2012 Mgr Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d’Avignon, dévelloppe et creuse le point suivant :

"L’affirmation « Je ne nais pas homme ou femme, je le deviens » est un leurre qui relève d’une idéologie ancrée dans un subjectivisme, un relativisme absolu rejetant toute réalité objective de notre être personnel sexué. (…) "Bien évidemment, cette dimension sexuelle de l’homme et de la femme se développera de manière très complexe de la petite enfance jusqu’à l’âge adulte."

http://diocese-avignon.fr/spip/Lettre-ouverte-aux-politiques

 

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 Sans faire ici aucun procès, il aurait peut-être fallu -par souci de vérité, même si aujourd’hui cette quête ne va que dans un sens- développer cette phrase –en rouge-, qui pourrait éclairer cette idéologie subjective tant matraqué depuis le « on ne naît pas femme, mais on le devient ! » de Simone de Beauvoir dans Le Deuxième Sexe.  


En effet, je nais homme ou femme, cela s’impose à moi dans mon corps, et dans toute ma manière d’exister dès le point de départ de mon existence. On n'a pas le choix! Pourtant, si on naît homme ou femme, il me semble plus juste d’affirmer aussi que d’une certaine manière ON LE DEVIENT!


Bien entendu je ne peux pas devenir autre chose, un homme ne peut "devenir" une femme, mais un petit garçon peut malheureusement rester un enfant, infantile et immature; Il y a donc une appropriation de notre corps: "deviens ce que tu es" disait St Augustin et avant lui bien des philosophes. Et malheureusement, du fait de maladie physique, psychique ou autre, certains ne grandiront jamais, et ne deviendront pas un homme ou une femme jusqu'au bout! L’expérience de certains peuples des iles par exemple est un exemple flagrant de la place de l’appropriation de notre être ; et que des manques ou des abus peuvent provoquer un réel repli sur une manière d’être qui ne correspond pas à ce qu’est la personne.


Il faudrait même préciser ceci -et je conviens que je m’aventure en terrain délicat qui pourrait prêter à de mauvaises interprétations- : mon corps s'impose à moi naturellement, de même mes parents, ma famille, mon lieu d'origine, mon éducation… Mais ceci conditionne ma manière d'exister : je ne suis pas un homme, ou un être masculin ou féminin en soi: être homme ne dit pas jusqu'au bout ce que je suis. Je suis un être unique, individuel, original et autonome, et cela c'est plus que le fait d’être homme ou femme ! Être un homme ou femme fait partie intrinsèque de mon être, mais relève du comment j’existe non de ce que je suis ultimement. C’est un ‘accident’ substantiel : cela fait partie de ma personne, de comment j’existe. Par exemple, j’aime telle personne, c.a.d quelqu’un qui existe comme un homme ou une femme ; J’aime cette personne, dans sa bonté personnelle, pas le fait qu’il soit simplement un homme ou une femme. . .  

  En effet, nous sommes, chacun, des êtres spirituels, et -comprenez bien- l’esprit comme tel n’est ni masculin ni féminin ! Être un homme ou une femme relève de la manière d'être, qui fait que la manière dont je connais, travaille et aime connais une modalité propre: féminine ou masculine. Mais ce n'est pas cette manière d'être qui détermine et définit ce qu'est connaitre aimer ou travailler. Jouer au piano, faire un gâteau ou aimer quelqu'un n’est ni masculin ni féminin comme tel; mais la manière d'aimer, de travailler ou de connaitre sera autre suivant que l'on est homme ou femme  !  ; Être homme ou femme relève donc de comment j’existe, comment j'apparais et vis en ce monde, mais ce n'est pas ce que je suis; c'est une manière d'être, quasi-substantielle certes, mais ce n'est pas mon être substantiel, autrefois appelé l’âme.


Qu’est-ce que cela précise de dire cela ? Non pas que le fait d’être un homme ou femme est second ou interchangeable, mais que ce n’est pas ultime dans notre être. C'est substantiellement enraciné, cela fait partie de ce que je suis, c'est le chemin et la manière pour moi de développer mon existence, comment vivre et faire grandir ce que je suis et que je reçois, et de le personnaliser, l’orienter. Mais je suis davantage ! Réduire la personne a son corps, à sa psychologie, à son affectivité, à sa sensibilité, à sa manière d'être est sinon réducteur, de toutes façons déséspérant!

 

C'est pour cela que la "réponse" à ceux qui veulent changer de sexe, ou croient qu'ils peuvent devenir ce qu'ils veulent, ne se situent pas dans l'affirmation que l'on est ce que la nature nous impose -homme ou femme- mais que la réponse à leur attente, se trouve dans la découverte de leur esprit, leur personne spirituelle, qui dépasse le conditionement de la nature! Connaitre et aimer une autre personne, dans ce qu'il a de premier, de radical, est le propre de l'esprit humain. Et, renaitre à ce qu'est l'autre au-delà de ce qu'on en connait, et dévoiler la présence de l'Autre, me fait dépasser ma manière d'être toujours limitée, bancale, et jamais complètement harmonieuse ! 

Autrement dit, ceux qui en reste à une vision formelle, selon la nature de l'homme et de la femme, n'ont pas découvert leur personne, leur esprit, ce pourquoi ils sont; la raison majeure est qu'ils ne se sont pas laissé dérangé par un autre: ils ne sont jamais sorti d'eux-mêmes et de leurs opinions! Et quand il s'agit de croyant, cela signifie qu'ils ont une image de Dieu et d'eux-mêmes, autrement dit une idole. C'est de là que vient tout les intégrismes ou fidélité à l'image propre que l'on s'est donné! Être relatif à un autre, nous garde de tout formalisme, car l'autre nous rend toujours pauvre: il n'est jamais ce que j'en ai compris ou atteind!


Pour revenir à notre sujet, je deviens une personne humaine à partir d'un donné premier, naturel et physique, mais ultimement, c'est à travers mes choix, mes compétences acquises, mes engagements et tout ce dont j'ai pâtis que j'actue et réalise ma personnalité; Et ma personne, cet être spirituel, que l'on connait pleinement que de l'intérieur -spécialement en aimant- dépasse en quelque sorte notre manière d’exister, ce conditionnement masculin ou féminin, qui est comme son 'milieu' naturel.

 

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On comprend que pour défendre les enfants d'un projet de loi idéologique il faille rappeller ce qui s'impose naturellement à tout un chacun au-delà de ce qu'on peut penser et vouloir; mais si l'on veut un débat qui aille jusqu'au bout, il faut vraiment creuser la question de la personne humaine. La personne est en effet un être spirituel qui grandit, vit et se réalise à partir d'un corps reçu, mais qui par son esprit et ce pour quoi il est fait, dépasse ce corps; Pour cela, un regard métaphysique est nécessaire pour sortir de la fausse dialectique qui voudrait opposer un regard objectif d'un regard subjectif; opposition que nous avons hérité du rationalisme étriqué de Descartes.

 

 

Enfin la question du relativisme est à situer là ou elle est vrai: au niveau de ce qui est matériel en nous, le corps! Oui, parce que nous avons un corps, des choses sont relatives et impliquent nécessairement du plus et du moins. Je suis plus ou moins une personne achevé, plus ou moins un homme avec toute sa taille, plus ou moins une femme avec toute sa grâce ; je suis plus ou moins artisan, époux, père, citoyen, suivant que j’ai par mes choix développé et actué toutes les virtualités que je ‘reçois’ au point de départ. Il y a donc bien quelque chose de vrai dans le regard subjectif de Simone de Beauvoir et de sa descendance. La matière implique un certain hasard: elle est en puissance à toutes choses, elle est donc plus ou moins actués, plus ou moins réalisés, et en elle reste toujours une part d'indétermination, du possible réalisable! Dons elle peut être toujours un peu plus ou moins que ce qu'elle est maintenant. C'est pour cela que l'on peut tomber malade: c'est encore comment j'existe, comment j'apparais et je suis réalisé, mais ce n'est pas ce que je suis profondément. 


 

Je ne prétends pas être là exhaustif, et mes mots sont peut-être rapides et réclameraient d’être précisé, mais je voulais soulever une question qui n’est pas si simple à résoudre ; Nous payerons toujours un prix lourd de vouloir simplifier le réel par soucis d’efficacité politique: on ne peut réduire le réel à ce qu’on en a atteint : « on peut définir la personne humaine comme celle qui cherche la vérité » (fides & ratio n°28); il est donc nécessaire de la chercher jusqu’au bout. Tel est l’intention de mon propos ici. Chercher la vérité est fécond, défendre mordicus ce qu’on a cru comprendre sans s‘interroger conduit vite au dogme de la pensée unique avec ses conséquences fâcheuses… C’est la seule manière de répondre jusqu’au bout à ce que pointe les talibans du "je fais ce que je veux, ou je veux, avec qui je veux et autant de fois que je veux..." !

Fr Grégoire.

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Celui que Jésus aime de manière préférentielle... (II)

29 Décembre 2012, 02:21am

Publié par Fr Greg.

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Jean est donc celui qui semble clamer avec un toupet incroyable  : « je suis le premier partout, avant tout le monde… ! » Qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’est-ce que cela révèle pour nous ? Car on n’a pas le droit de dire que ce n’est pas pour nous ! Car c’est bien au centre du mystère de Jésus : il est Le Fils bien-aimé du Père, le préféré, le choisi de toute éternité, ce qui n’a donc rien à voir avec une espèce de sélection avec un classement final ; c’est ce qu’il y a de plus secret en sa personne, et c’est cela qui nous est donné à vivre !


Or, pour nous, c’est difficile de vivre d’une préférence, c’est même éprouvant ! Les ouvriers de la 11e heure sont pris gratuitement avec un salaire préférentiel, et cela c'est éprouvant pour ceux qui ont trimé toute la journée ! La préférence c’est donc l’épreuve d’un amour gratuit et excessif, ou celui qui est source n’a pas à rendre compte de son choix !  


Que signifie la prédilection ? D’être choisi d’une manière préférentielle ? D’être le bien-aimé, celui que Jésus aime ? Et comment découvrir et toucher son regard sur nous ?

St Thomas dans son commentaire des chapitres 13 & 21 de l’Evangile de St Jean montre que lorsque l’on aime cela n’exclue pas les autres.

Si Jésus aime Jean, c’est pour trois raisons :

-parce qu’il est perspicace, intelligent ; mais intelligent ne signifie pas 1er de la classe, sinon ce serait désespérant au possible ! Perspicace signifie qu’il a un esprit pénétrant, receptif sans mettre ses raisonements dans ce qui est dit. Parce qu’il a un cœur pur, c’est l’esprit de virginité, qui là aussi n’a rien à voir avec une espèce de pureté de sainte nitouche ! Et enfin à cause de sa jeunesse, car dit-il on est attendri par les enfants: parce qu’ils sont démunis cela nous entraine à des gestes de familiarités tout nouveaux !


Qu’est-ce que cela veut-dire ? Car nous n’avons pas tous ces qualités ! Et de fait Dieu ne nous aime pas à cause de nos qualités !! Dieu en nous aimant nous rend bon : tout ce qui est en nous c’est Dieu qui en est la source !  Et puis n’est-ce pas humain d’avoir ce regard, comme si Jésus avait eu un faible pour Jean ? Mais Dieu n'a-t-il pas un amour ‘universel’, ce que dit bien le mot catholique ?! De fait, l’amour de Dieu est inconditionnel -ce qui ne signifie pas universellement astrait- et rien en nous ne peut éveiller l’amour de Dieu, alors qu’est-ce que signifie ce regard de Thomas d’Aquin sur Jean ?


Un amour de prédilection n’est pas exclusif. C’est un amour qui est tel, qu'il implique un e ngagement tel qu’on ne le donne pas comme cela ; L’amour de Jésus implique les secrets même du Fils comme Fils, aussi cela est donné à Jean comme prémice « ceux-là ont été achetés d’entre les hommes, en prémices pour Dieu et pour l’Agneau » Apoc 14,4. Jean est prémices : premier à vivre avant d’autres, premier pour d’autres ! Cela cache et manifeste la personne de Marie qui à été choisi d’un amour de prédilection, en prémices : elle a vécu la première, en avance et pour nous, les secrets que Jésus veut nous donner maintenant par elle.


Ensuite, ces trois qualités de Jean sont d’abord trois lieux d’attentes de Jésus ; trois lieux de vulnérabilité : la perspicacité de l’intelligence ce n’est pas d’être diplômé, mais d’être pénétrant, subtil et fin. Il y a par exemple une manière d’écouter qui fait qu’on empêche l’autre de nous communiquer ses secrets. Et Jean c’est celui qui a permis à Jésus d’aller jusqu’au bout de ce qu’il voulait donner ; celui qui a touché la vulnérabilité de Jésus qui en enseignant livre ses secrets !


La pureté du cœur n’est pas une perfection morale, mais d’être possédé par le regard de Celui qui se livre à moi. Possédé d’une manière telle qu’il n’y a plus que son regard ! On est pur, parce que le don de l’ami devient toute notre vie, alors on ne se regarde plus ! Jean est vierge parce qu’il se laisse attirer par Jésus dans un don retour : il est celui qui suis l’Agneau partout où il va. C’est un don qui n’est pas dans une générosité efficace mais qui est de se livrer sans réserve, en acceptant d’être à nu et vulnérable.


Et la jeunesse, ce n’est d’avoir tous les jours 15 ans et d’être un souriant crétin, mais cette souplesse qui fait que Jésus n’est pas gêné, sans ‘manière’  à l’accueil  qu’on peut lui faire. Dès que l’on cache nos pauvretés, derrière nos soi-disant qualités, derrière nos raideurs de gens responsables, parce que « c’est sérieux la vie », nous ne sommes plus dans l'élan premier. La jeunesse, c'est bien, au-delà des blessures de la vie, des échecs, des infidélités et des trahisons, revenir constamment à celui qui est source pour nous et qui nous aime d'un amour toujours premier. Jésus ne nous regarde jamais en fonction du passé, mais comme celui qu'il aime d'une manière première et toujours nouvelle.

 

Fr Grégoire. 27.12.2012

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La sainteté des plus pauvres...

28 Décembre 2012, 01:12am

Publié par Fr Greg.

 « Une voix dans Rama s'est fait entendre, pleur et longue plainte : c'est Rachel pleurant ses enfants ; et elle ne veut pas qu'on la console, car ils ne sont plus ». Jer.


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« Les saints innocents, tendres bourgeons arrachés avant d'être mûrs pour pouvoir s'offrir eux-mêmes. Selon une tradition, la grâce a devancé le développement naturel de ces enfants innocents et leur a donné la compréhension de ce qui leur arrivait afin de les rendre capables d'un don libre d'eux-mêmes et de leur assurer la récompense réservée aux martyrs. Mais même ainsi, ils ne ressemblent guère au confesseur de la foi parvenu à l'âge d'homme qui s'engage avec un courage héroïque pour la cause du Christ. Livrés sans défense, ils ressemblent bien plus aux « agneaux conduits à l'abattoir ».

 

C'est ainsi qu'ils sont l'image de la plus extrême pauvreté. Ils ne possèdent nul autre bien que leur vie. Et maintenant elle leur est prise aussi et cela s'accomplit sans qu'ils résistent. Ils entourent la crèche pour nous montrer de quelle nature est la myrrhe que nous devons offrir à l'Enfant divin : celui qui veut lui appartenir totalement doit se livrer à lui dans un total dessaisissement de soi-même et s'abandonner au bon vouloir divin comme ces enfants. »

 

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein)

Méditation pour le 6 janvier 1941

 

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Celui que Jésus aime d'un amour préférentiel... (I)

27 Décembre 2012, 02:02am

Publié par Fr Greg.

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      Pour s’approcher de la personne de Jean, il faut revenir et recevoir ce qu’il dit de lui-même dans son évangile.

Cela commence par un silence sur lui-même: il est ‘un disciple’ qui suit Jésus sur la parole de Jean-Baptiste. Jean est comme non-cité, et pourtant cette rencontre est capitale. Elle est celle que rapporte Jean en premier: elle est comme la lame de fond qui anime tout son évangile. « Jésus se retournant et les voyant qui le suivaient leur dit : ‘ Que cherchez-vous ?’ » Cela est capital car tout l’évangile c'est pour Jean nous dire comment il a laissé Jésus lui révéler son regard sur lui. Toute la nouvelle alliance, c'est pour chacun, Dieu qui se retourne -lui que l'on voyait de dos- et qui nous révélant comment il nous regarde, éveille notre intelligence à son désir le plus profond, au désir que Jésus lui-même à sur nous: « Que cherchez-vous ? ». 

 

Puis, au terme de son évangile, Jean se désignera par cinq fois « le disciple que Jésus aimait »! Le disciple que Jésus aimait, rien que ça!! Qu’est-ce que cela veut dire ? Pourquoi et en quel honneur dit-il cela... ? Ne serait-ce pas un manque d’humilité ? Un petit peu d’orgueil ou au moins d’amour propre ?? Incroyable.. et ce n'est pas une métaphore; lorsque Jean dit ‘Celui que Jésus aimait’, cela manifeste que l’amour de Jésus n’est pas un amour universel, abstrait ou égalitaire ! Jésus ne nous aime pas de manière égale, et ça, ça nous est insupportable ! C’est indécent, inhumain et scandaleux : notre éthique ‘citoyenne’ respectueuse du pacte républicain, de tolérance dégoulinante et d’amour universel qui cache nos individualismes larvés et nos consciences satisfaites de "faire du bien aux autres" en prend un grand coup ! 

 

Car, c’est peut-être là le cœur de la révélation : Dieu ne vient pas pour nous faire du bien, pour rassurer nos conscience en attente de valorisation et de reconnaissance sociale! Dieu nous aime point! Et il nous aime d’un amour de prédilection, d'un amour véhément, ardent, passionné, irraisonnable, avec une préférence jalouse qui si elle était sensible serait passible d'harcèlement !

 

Et  c'est cela que Jean à découvert pour lui! Un amour premier, total, radical, excessif, blessant parce qu'il est de trop pour nous! Un amour qui fait qu'on est premier pour Jésus. Et Jean a la pauvreté d'aller jusqu'au bout de ce choix de Jésus sur lui: nous sommes choisi pour être premier, pour comme dépasser tout le monde ! Pourquoi?  Que signifie cette préférence divine ? Autrement dit : comment-a-t-il pu découvrir cela ? Comment est-il entré dans le regard de Jésus sur lui ? Et qu’est-ce que cela veut dire pour nous ?

 

Pour nous, on a malheureusement du mal à toucher qu’aimer implique nécessairement une préférence, une priorité : nos scrupules culpabilisants nous font vite réduire la préférence à une source de jalousie insupportable ! Et puis la peur de réveiller nos volcans passionnels qu’on voulait bridé à coup de psychothérapie, fait qu’on se réfugie dans des trucs rationnel, ou tout doit être vécu de manière plus ou moins communautaire : « jamais seul, parfois deux, toujours trois » comme disaient certaines éducations étriqués de gens ‘bien sous tous rapport’ : de la maitrise, rien ne doit déborder ! Ou bien, on refoule toute vulnérabilité personnelle et on se réfugie dans un volontarisme stoïcien, vertueux et pharisaïque : la maladie cléricale par excellence ou des autorités qui aboient tel des roquets dès qu’on interroge leurs décisions ! Et dans les deux cas, on est face au culte d'un projet idéal communautaire ou on se gargarise de relations stérilisantes,  uniformes et de notre trop bonne image de nous-même que l’on souhaite continuer de cultiver, sans possibilité de vulnérabilité  à un autre !

 

Or, si déjà au niveau humain, l’amour réclame un choix préférentiel, la sainteté de Jean -et là c’est révélé- c’est un mystère de pure préférence ! On voit cela déjà au chapitre 13, lorsque Jésus annonce qu’il y a un traitre ; Pierre veut savoir qui c’est, mais comme il vient de se faire bâcher à propos du lavement des pieds –les revendications liturgique ne date pas d’hier – Pierre ne demande pas directement et passe par Jean. Et Jean qui repose sur la poitrine de Jésus, reçoit la révélation du traitre, mais ne le dit pas à Pierre ! Première fois que Jean passe devant Pierre !

 

A la croix, Jésus voyant le disciple qu’il aimait, le donne comme fils à sa mère. A la résurrection, chap 20, c’est lui qui court devant et qui arrive le premier au tombeau, mais surtout, il est le premier à croire après être entré ! C’est aussi le premier à dévoiler la présence de Jésus sur le rivage : « C’est le Seigneur ! » ; Et enfin, il y a le choix de prédilection sur Jean que Jésus se réserve et qu’il manifeste à Pierre en lui faisant bien comprendre que ce n’était pas son affaire : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? »

 

Jean c’est donc ce toupet incroyable qui proclame : « je suis le premier partout, avant tout le monde… ! » Jean est ainsi le premier à connaitre la blessure de la trahison de Jésus, le premier à être enfanté par Marie, le premier à croire, le premier à dévoiler la présence de Jésus ressusciter, et enfin  comme si il devait être le premier pour le retour du Christ ! 


Qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’est-ce que cela révèle pour nous ? Car on n’a pas le droit de dire que ce n’est pas pour nous ! Car c’est bien au centre du mystère de Jésus : il est Le Fils bien-aimé du Père, le préféré, le choisi de toute éternité, ce qui n’a donc rien à voir avec une espèce de sélection avec un classement final ; c’est ce qu’il y a de plus secret en sa personne, et c’est cela qui nous est donné à vivre !

 

Or, pour nous, c’est difficile de vivre d’une préférence, c’est même éprouvant ! Les ouvriers de la 11e heure sont pris gratuitement avec un salaire préférentiel, et cela est éprouvant pour ceux qui ont trimé toute la journée ! La préférence c’est donc l’épreuve d’un amour qui est de trop, ou celui qui est source n’a pas à rendre compte de son choix !  

 

Fr Grégoire. 27.12.2012

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NOËL en Syrie...

26 Décembre 2012, 01:13am

Publié par Fr Greg.

 

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ETINCELLES DE NOEL

 

SUR LES PAS DE LA SAINTE FAMILLE:

IL n'est pas rare ce jours-ci de voir des familles palestiniennes errer dans les rues de Damas…Parents portant leurs petits enfants, suivis d'autres un peu plus âgés qui se tiennent la main portant certains sacs et colis.

Des larmes aux yeux des femmes, la colère dans le regard des hommes, la tristesse aux yeux des enfants..

Ces réfugiés palestiniens n'ont pas été épargnés par le feu de la crise syrienne.. Des milliers ont quitté leurs camps où ils y vivent depuis de 1948.. Un second exode se dessine. Certains ont réussi à rejoindre les camps palestiniens du Liban.. Les autres tournent en rond cherchant un accueil, une charité auprès des familles syriennes démunies et aussi fragiles..


Une famille de sept enfants s'est présentée au voisin, concierge d'un foyer. Elle demandait un coin discret pour allaiter son bébé de dix jours, tout le monde quitte la minuscule pièce pour laisser un peu d'intimité à cette maman et son bébé....

Pour un temps la petite chambre du concierge ressemblait à la Crèche de Bethlehem..

TOUJOURS SUR LES PAS DE LA SAINTE FAMILLE SANS ABRI..

 

UN ROI MAGE:

A l'heure où tout le monde quitte la ville, le nouveau patrirache Grec Orthodoxe Sa Béatitude Youhanna X arrive à Damas le 20 décembre, fête de St Ignace d'Antioche dont il est successeur.…

Il fait au siège patriarcal une entrée si simple et modeste à cause des événements.. Les sons des cloches répondaient aux éclats des obus..

Deux langages contradictoires:

Les premiers appellent à la prière et l'amour.. Les seconds sèment la mort et la haine..

Sa Béatitude élu lundi 17 décembre 2012 au Liban, se dépêche pour être au milieu des siens qui vivent dans la tourmente depuis 22 mois confirmant leur foi, leur mission, leur identité et leur témoignage, invitant à la veille de Noêl à la réconciliation et au dialogue seuls instruments de paix dans un pays déchiré par la violence..

Un Roi Mage portant un cadeau de son Maître : LE PARDON.

 

 

LE SOURIRE DE WISSAM:

Wissam , âgé de trois ans, vit avec un cancer de sang ( leucémie).

Il vient à la messe chaque soir à 18h..Quand il n'est sous l'effet du traitement chimique, il distribue et ramasse les feuilles des chants, donne de sa petite main le geste de paix aux fidèles parsemés dans la grande cathédrale, avec un sourire innocent et séduisant…

Il jette son chapeau qui cache une tête sans cheveux, porte un cierge à la lecture de l'Evangile et pendant la communion, distribue des images à la sortie de la messe.

Wissam doit suivre un long traitement chimio.. L'hôpital craint la fermeture à cause des combats qui l'entourent, du personnel médical qui ne vient plus et quitte la Syrie, la pénurie de fuel de chauffage et le manque de médicaments…

Tous les fidèles vivent ce cauchemar avec la famille de ce petit ange…

WISSAM REGARDE A LA CRECHE L'ENFANT DIVIN QUI LUI SOURIT AUSSI....

Dans cette longue nuit syrienne, des étincelles brillent et louent le Seigneur.

 

Noêl 2012. +Samir NASSAR

Archevêque Maronite de Damas

 

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Noël: Dieu pour nous...

25 Décembre 2012, 00:01am

Publié par Fr Greg.

 

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     « Je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

 

 

On doit entendre, et mendier d’entendre jusqu’au bout cette joie de Dieu qui veut s’emparer de tout en nous ! Car Noël, c’est la joie de Dieu, la joie de Celui qui vient se lier à nous d’une manière définitive, qui se rend présent comme personne n’est présent à nous. Il est Celui qui se fait proche, qui vient tout vivre avec nous : l’Emmanuel, Dieu avec nous, Dieu pour nous. Et, il se fait notre frère : Jésus « ami des hommes » comme le rappelle la liturgie orthodoxe.


Le Sage qui cherche sa Source peut dévoiler l’existence de Celui dont il dépend actuellement, mais réalise l’abime qui existe entre cette source et lui-même. Dans l’Ancienne alliance, Dieu est venu habiter le sanctuaire du temple, se rendant accessible par la médiation de grands prêtres, mais reste le saint: le séparé, le Très-Haut, l'Eternel. Dans la Nouvelle Alliance, c’est-à-dire aujourd’hui, Dieu vient épouser notre chair, notre devenir, se rendant accessible dans la plus grande des proximités !


Voici la joie de Celui qui non seulement nous a donné d’exister, mais qui maintenant se donne personnellement à chacun ! Noël, c’est renaitre à cette initiative du Père qui fait toutes choses nouvelles ! C’est Dieu qui se fait l’un de nous pour nous rencontrer personnellement !

 

Mais ce don est tel qu’il nous éprouve ! En effet, parce que c’est un don disproportionné et excessif, on ne peut y entrer par nous-mêmes ! Dieu est de trop pour les hommes ! Il n’est pas dans le prolongement de notre nature ; C’est pour cela qu’on aurait facilement la tentation d’être spectateur, d’admirer ‘la beauté de la crèche’. Comme un conte d’antan qui fait partie de l’ambiance mais sans qu’il nous atteigne concrètement. Ou bien on se laisse prendre par notre imaginaire, nos raisonnements critique, et on met une distance entre Celui qui est là et nous : « ce n’est pas pour moi ». Ou bien, du fait de nos pathologies: ces quêtes maladives d’efficacité et d’utilisation rentable des choses, il n’y a pas de place pour Celui vient pour nous être présent gratuitement et simplement! « Dieu qui s’incarne ? A quoi ça peut servir ? » Même pour la paix dans les ménages : mieux vaut une wii, une play-station, ou autre gadget informatique dernier cri : au moins ça occupe, c’est nouveau et c’est utile !

 

Or, ce don de Jésus, c’est ‘inutile’ ! Cela ne sert pas à quelque chose ! C’est pas fait pour servir à… ! C’est quelqu'un pour moi, livré sans aucune autre raison que d’être pour moi ! La raisonde son don c’est Lui pour moi. C’est la radicalité et l’absolu du don d’une personne à une autre personne ! Et d’un don qui va jusqu’au bout : puisqu’il est divin, ce don est substantiel. Il est donné d'une manière telle que nous sommes radicalement transformé. Ce choix actuel de Jésus nous recrée radicalement : nous sommes une créature nouvelle, même si selon le monde –notre nature humaine- cela n’a rien de séduisant ou d’efficace ; c’est pourtant réel et actuel parce que c'est d'en haut: de Dieu! Et donc, cela s’impose ! Qu’on le veuille ou non ! Personne n'est libre du don de Dieu!

 

Noël, c’est réapprendre à être dépassé, à ne pas mesurer, à ne plus chercher à gérer ou raisonner pour se rassurer ! C’est redevenir un enfant, accepter qu’IL « s’occupe » de nous gratuitement et donc de ne plus s’inquiéter. Car celui qui se donne est livré à chacun d’une manière telle qu’il est à nous ! Noël, ce n’est pas une vitrine ! C’est un don substantiel ! Un don n’est vrai que si je peux en user, jouir de ce qui m’est donné. C’est cela la joie de Dieu : se donner à nous en s’abaissant le plus qu’il le peut jusqu’à assumer toute notre vie et lui donner une nouvelle dignité, un poids unique, à chacun nos actes, à chacun de nos instants. Tout en nous acquière une dimension divine !

 

Et si tout est donné, c'est d'une manière caché! Tout est gardé secret: rien d'éclatant n'est manifesté; pour autant la joie, la gratuité, les initiatives gratuites doivent surabonder ! C’est en s’enracinant dans cette gratuité excessive de Dieu, en la faisant surabonder par nos petits gestes de bonté, que Sa joie sera notre jusqu’au bout ; C’est dans des petits gestes d’amours simples mais absolus qu’on se forme au choix radical, unique et définitif de Jésus sur nous aujourd’hui !

fr Grégoire.

 Que  l'Enfant-Jésus

qui se lie à nous d'une manière définitive 

 soit votre joie!

 

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La sainteté des petits...

24 Décembre 2012, 03:24am

Publié par Fr Greg.

 

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« Vous vous attardez, paroisses vous vous attardez à produire des saintes et des saints les plus grands. Et pendant ce temps-là, sans avertir, sans prévenir personne, une petite paroisse de rien du tout avait enfanté le saint des saints. D'un seul coup, du premier coup, elle était arrivée, elle avait enfanté le saint des saints. Dans un éclair elle avait réussi, elle avait fait ce qui ne se refera jamais plus, elle avait fait, enfanté celui qui éternellement ne s'enfantera plus. Et comme vous autres, paroisses, vous avez pour patrons saint Crépin et saint Crepinien, tout de même, Bethléem, tu as pour patron saint Jésus. D'autres ont saint Marceau et saint Donatien; et Rome a saint Pierre.

Mais toi, Bethléem, petite paroisse obscure, petite paroisse perdue, toi maline tu as saint Jésus, et nul ne pourra te l'enlever éternellement jamais. Car il est ton propre patron, comme saint Ouen est le patron de Rouen. Car c'est ce saint-là que tu as mis au monde; un jour du monde que tu as mis au monde. Tu as produit ce saint-là, tu as enfanté ce saint-là. Et nous autres nous ne sommes que des petites gens.

Et il n'y aura plus que de petites gens, depuis qu'une paroisse est venue, qui a tout pris pour elle.

Avant même qu'on ait commencé. Il n'y aura plus jamais, éternellement jamais, que des petites gens. »

Charles Péguy, Le mystère de la Charité de jeanne d'Arc (1910)

 

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Secret et vie de notre coeur...

23 Décembre 2012, 03:43am

Publié par Fr Greg.

 

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"Mais ce n’est qu’un coeur, bien-aimée. Où sont ses rives, où sont ses racines? 
Tu ignores les limites de ce royaume sur lequel tu règnes. 
Si ma vie n’était qu’un instant de plaisir, elle fleurirait en un tranquille sourire que tu pourrais déchiffrer en un moment. 
Si elle n’était que douleur, elle fondrait en larmes limpides, révélant silencieusement la profondeur de son secret. 
Ma vie n’est qu’amour, bien-aimée. 
Mon plaisir et ma peine sont sans fin, ma pauvreté et ma richesse éternelles. 
Mon coeur est près de toi comme ta vie même, mais jamais tu ne pourras le connaître tout entier.»


"Vie de ma vie, toujours j’essaierai de garder mon corps pur, sachant que sur chacun de mes membres repose ton vivant toucher.
Toujours j’essaierai de garder de toute fausseté mes pensées, sachant que tu es cette vérité qui éveille la lumière de la raison dans mon esprit.
Toujours j’essaierai d’écarter toute méchanceté de mon cœur et de maintenir en fleur mon amour, sachant que tu as ta demeure dans le secret autel de mon cœur.Et ce sera mon effort de te révéler dans mes actes, sachant que c’est ton pouvoir qui me donne force pour agir."


"Je te demande en grâce, permets qu’un instant je me repose à tes côtés. Les œuvres que j’ai entreprises, je les finirai par la suite.
Privé de la vue de ta face, mon cœur ne connaît ni repos, ni répit, et mon labeur n’est plus qu’une peine infinie dans un illimité désert de peine.
Aujourd’hui l’été est venu à ma fenêtre avec ses murmures et ses soupirs et les abeilles empressées font la cour au bosquet fleuri.Voici l’heure de la quiétude et de chanter, face à face avec toi, la consécration de ma vie, dans le silence de ce surabondant loisir."


«Je ne sais de quel temps reculés, à ma rencontre tu viens à jamais plus proche. Ton soleil et tes étoiles, jamais, ne pourront te tenir caché de moi pour toujours.
Maint soir et maint matin le bruit de tes pas s’est fait entendre ; ton messager est venu dans mon cœur et m’a secrètement appelé.


Je ne sais pourquoi ma vie est aujourd’hui éperdue, et une frémissante joie circule au travers de mon cœur. C’est comme si le temps était venu pour moi d’en finir avec mon travail, et je sens faiblement dans l’air un vestige odorant de ton exquise présence."


«Si quitter ce monde est une réalité aussi forte que d'aimer, alors il doit y avoir une signification dans les rencontres et les séparations de la vie.»

Rabindranath Tagore. 

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Chasse à l'homme...

22 Décembre 2012, 03:17am

Publié par Fr Greg.

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Après un divorce difficile, Lucas, quarante ans, a trouvé une nouvelle petite amie, un nouveau travail et il s'applique à reconstruire sa relation avec Marcus, son fils adolescent. Mais quelque chose tourne mal. Presque rien. Une remarque en passant. Un mensonge fortuit. Et alors que la neige commence à tomber et que les lumières de Noël s'illuminent, le mensonge se répand comme un virus invisible. La stupeur et la méfiance se propagent et la petite communauté plonge dans l'hystérie collective, obligeant Lucas à se battre pour sauver sa vie et sa dignité.



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Une chasse en tous points magistrale qui capte avec une incroyable justesse la descente aux enfers d'un homme accusé à tort. Sous sa simplicité exemplaire, c'est un film fort, complexe, qui met le doigt sur un côté particulièrement obscur de la nature humaine. La démonstration sur les méfaits de la rumeur et la versatilité de l'opinion publique est implacable. Parfois lourde et tranchée, mais toujours troublante. Si le scénario n'évite pas quelques clichés et scènes chocs (...) Thomas Vinterberg a l'heureuse idée de ne jamais installer un quelconque suspense sur la culpabilité de son héros pour nous interroger sur notre propre conscience et la stigmatisation de tel ou tel individu.


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La Fin du monde..? Une peur bourgeoise!

21 Décembre 2012, 15:21pm

Publié par Fr Greg.

 

 

 

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Éblouissement...

20 Décembre 2012, 02:58am

Publié par Fr Greg.

 

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Puis tout à coup je rencontrai la femme qui devait aiguillonner sans cesse mes ambitieux désirs, et les combler en me jetant au coeur de la Royauté. Trop timide pour inviter une danseuse, et craignant d'ailleurs de brouiller les figures, je devins naturellement très grimaud et ne sachant que faire de ma personne. Au moment où je souffrais du malaise causé par le piétinement auquel nous oblige une foule, un officier marcha sur mes pieds gonflés autant par la compression du cuir que par la chaleur. Ce dernier ennui me dégoûta de la fête. Il était impossible de sortir, je me réfugiai dans un coin au bout d'une banquette abandonnée, où je restai les yeux fixes, immobile et boudeur. Trompée par ma chétive apparence, une femme me prit pour un enfant prêt à s'endormir en attendant le bon plaisir de sa mère, et se posa près de moi par un mouvement d'oiseau qui s'abat sur son nid. Aussitôt je sentis un parfum de femme qui brilla dans mon âme comme y brilla depuis la poésie orientale. Je regardai ma voisine, et fus plus ébloui par elle que je ne l'avais été par la fête; elle devint toute ma fête. Si vous avez bien compris ma vie antérieure, vous devinerez les sentiments qui sourdirent en mon coeur. 

 

Mes yeux furent tout à coup frappés par de blanches épaules rebondies sur lesquelles j'aurais voulu pouvoir me rouler, des épaules légèrement rosées qui semblaient rougir comme si elles se trouvaient nues pour la première fois, de pudiques épaules qui avaient une âme, et dont la peau satinée éclatait à la lumière comme un tissu de soie. Ces épaules étaient partagées par une raie, le long de laquelle coula mon regard, plus hardi que ma main. Je me haussai tout palpitant pour voir le corsage et fus complètement fasciné par une gorge chastement couverte d'une gaze, mais dont les globes azurés et d'une rondeur parfaite étaient douillettement couchés dans des flots de dentelle. Les plus légers détails de cette tête furent des amorces qui réveillèrent en moi des jouissances infinies: le brillant des cheveux lissés au-dessus d'un cou velouté comme celui d'une petite fille, les lignes blanches que le peigne y avait dessinées et où mon imagination courut comme en de frais sentiers, tout me fit perdre l'esprit.

 

Après m'être assuré que personne ne me voyait, je me plongeai dans ce dos comme un enfant qui se jette dans le sein de sa mère, et je baisai toutes ces épaules en y roulant ma tête. Cette femme poussa un cri perçant, que la musique empêcha d'entendre; elle se retourna, me vit et me dit: "Monsieur?" Ah! si elle avait dit: "Mon petit bonhomme, qu'est-ce qui vous prend donc?" je l'aurais tuée peut-être mais à ce monsieur! des larmes chaudes jaillirent de mes yeux. Je fus pétrifié par un regard animé d'une sainte colère, par une tête sublime couronnée d'un diadème de cheveux cendrés, en harmonie avec ce dos d'amour. Le pourpre de la pudeur offensée étincela sur son visage que désarmait déjà le pardon de la femme qui comprend une frénésie quand elle en est le principe, et devine des adorations infinies dans les larmes du repentir. Elle s'en alla par un mouvement de reine. Je sentis alors le ridicule de ma position; alors seulement je compris que j'étais fagoté comme le singe d'un Savoyard. J'eus honte de moi. Je restai tout hébété, savourant la pomme que je venais de voler, gardant sur mes lèvres la chaleur de ce sang que j'avais aspiré, ne me repentant de rien, et suivant du regard cette femme descendue des cieux. Saisi par le premier accès charnel de la grande fièvre du coeur, j'errai dans le bal devenu désert, sans pouvoir y retrouver mon inconnue. Je revins me coucher métamorphosé.

 

Balzac,  Le lys dans la vallée 

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21.12.2012, la fin du monde... ou la faim de Dieu...?

19 Décembre 2012, 02:48am

Publié par Fr Greg.

 

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2012, Selon les dires de plusieurs oracles comme nostradamus ou encore la sybille, la fin du monde ou l'apocalypse serait prévue pour le 21 Décembre 2012 ! L'un des plus anciens calendriers de l'histoire tire à sa fin. Le 21 Décembre de l'an 2012, selon leurs traditions, les Mayas indiquent un changement radical et global à l’échelle mondiale. Au solstice de l'hiver 2012, ils confirment sans équivoque la FIN DU MONDE tel que nous le connaissons aujourd’hui... Quel est le désir, l'attente réele qui est présent derrière ces interprétations catastrophique?

 

 

 

La vie de la terre que nous menons tant bien que mal, avec beaucoup de souffrances et aussi beaucoup de joies, avec des amis, des hommes et des femmes que nous aimons, avec des enfants, s’achève dans une vie céleste : nous sommes faits pour le Ciel. Notre vie ne se termine pas à la terre, heureusement ! elle se terminera dans la vie de l’Au-delà. Et c’est cela, notre espérance. Notre espérance nous permet d’avoir des ailes, de nous envoler sur « les ailes du grand aigle », comme dit l’Ecriture. L’espérance nous donne ces ailes merveilleuses pour que notre horizon ne se réduise pas à un horizon terrestre humain, si beau et si grand soit-il, mais que notre vie se termine en Dieu, s’achève auprès de Jésus, auprès du Père, par l’Esprit Saint, avec Marie.

MD Philippe, AFC 27.04.03

 

Si l’on veut vivre en bienheureux, il faut que chaque jour soit comme le dernier. C’est le grand secret de Marie : ne pas avoir de réserves. Dans l’ordre spirituel, il faut toujours aller jusqu’au bout, et il faut tout donner. C’est le grand secret de Marie, pour maintenir en nous l’espérance. L’espérance, c’est très exigeant : cela demande que tout soit donné. On n’a pas le droit de rester à mi-chemin. On doit aller jusqu’au bout de cet élan d’amour. Marie, dans son mystère de Dormition, est la mesure de notre espérance ; elle est la mesure de notre bonheur, de notre béatitude. Elle nous montre, elle nous indique comment il faut aller jusqu’au bout, sans rien garder, sans rien se réserver.

MD Philippe, L’Etoile du matin

 

 

 


[1][1]Ap 12, 14. Cf. Is 40, 31 : « Mais ceux qui attendent Yahvé renouvellent leur vigueur, il leur pousse des ailes comme aux aigles ; ils courent sans se fatiguer, ils marchent sans s’épuiser » ; Ex 19, 4 : « Vous avez vu vous-mêmes ce que j’ai fait aux Egyptiens, comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle et amenés près de moi » ; Deut 32, 10-12 : « Il le trouve dans un pays désert, dans un chaos hurlant et désolé ; il l’entoure, en prend soin, le garde comme la prunelle de son œil. Tel un aigle excitant sa nichée, planant au-dessus de ses petits, il déploie ses ailes et le prend, le porte sur ses plumes. Yahvé seul le guide, nul dieu étranger avec lui ».

 

 

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Peut-on connaitre Celui que les traditions religieuses appellent Dieu? (II)

18 Décembre 2012, 01:30am

Publié par Fr Greg.

 

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Quelles réponses, alors, la foi est-elle appelée à donner, avec «douceur et respect», à l’athéisme, au scepticisme, à l’indifférence envers la dimension verticale, afin que l’homme de notre temps puisse continuer à s’interroger sur l’existence de Dieu et à parcourir les chemins qui conduisent à Lui ? Je voudrais indiquer quelques chemins, qui proviennent soit de la réflexion naturelle, soit de la force de la foi. Je les résumerais de manière très concise en trois mots: le monde, l’homme, la foi.

 

 

Le premier : le monde. Saint Augustin, qui dans sa vie a longtemps cherché la Vérité et a été saisi par la Vérité, a écrit une très belle et célèbre page, où il affirme: «Interroge la beauté de la terre, de la mer, de l’air raréfié partout où il s’étend; interroge la beauté du ciel…, interroge toutes ces réalités. Toutes te répondront: regarde-nous et observe comme nous sommes belles. Leur beauté est comme leur hymne de louange. Or ces créatures si belles, mais changeantes, qui les a faites sinon celui qui est la beauté de façon immuable?» (Sermon 241, 2: PL 38, 1134). Je pense que nous devons retrouver et faire retrouver à l’homme d’aujourd’hui la capacité de contempler la création, sa beauté, sa structure. Le monde n’est pas un magma informe, mais plus nous le connaissons et plus nous en découvrons les merveilleux mécanismes, plus nous voyons un dessein, nous voyons qu’il y a une intelligence créatrice. Albert Einstein disait que dans les lois de la nature «se révèle une raison si supérieure que toute la rationalité de la pensée et des systèmes humains est en comparaison une réflexion absolument insignifiante» (Comment je vois le monde, Flammarion 1999). Un premier chemin, donc, qui conduit à la découverte de Dieu, est de contempler avec des yeux attentifs la création.

 

Le deuxième mot : l’homme. A nouveau saint Augustin a une phrase célèbre où il dit que Dieu est plus intime à moi que je ne le suis moi-même (cf. les Confessions III, 6, 11). De là il formule l’invitation: «Ne va pas hors de toi, rentre en toi-même: dans l’homme intérieur habite la vérité» (De vera religione, 39, 72). Ceci est un autre aspect que nous risquons de perdre dans le monde bruyant et dispersé où nous vivons : la capacité de nous arrêter, de regarder en profondeur en nous-mêmes et de lire cette soif d’infini que nous portons à l’intérieur, qui nous pousse à aller plus loin et renvoie à Quelqu’un qui puisse la combler. Le Catéchisme de l’Eglise catholique affirme: «Avec son ouverture à la vérité et à la beauté, son sens du bien moral, sa liberté et la voix de sa conscience, son aspiration à l’infini et au bonheur, l’homme s’interroge sur l’existence de Dieu. A travers tout cela il perçoit des signes de son âme spirituelle. "Germe d’éternité qu’il porte en lui-même, irréductible à la seule matière" (GS 18, § 1 ; cf. 14, § 2), son âme ne peut avoir son origine qu’en Dieu seul.» (n. 33).

 

Le troisième mot : la foi. Dans la réalité de notre temps surtout, nous ne devons pas oublier qu’un chemin qui conduit à la connaissance et à la rencontre avec Dieu est la vie de la foi. Celui qui croit est uni à Dieu, il est ouvert à sa grâce, à la force de la charité. Ainsi son existence devient témoignage non de lui-même, mais du Ressuscité, et sa foi ne craint pas de se montrer dans la vie quotidienne, elle est ouverte au dialogue qui exprime une profonde amitié pour le chemin de chaque homme et elle sait ouvrir des lumières d’espérance au besoin de délivrance, de bonheur, d’avenir. La foi, en effet, est rencontre avec Dieu qui parle et agit dans l’histoire et qui convertit notre vie quotidienne, transformant en nous les mentalités, jugements de valeur, choix et actions concrètes. Elle n’est pas illusion, fuite de la réalité, refuge confortable, sentimentalisme, mais elle est implication de toute la vie et annonce de l’Evangile, Bonne Nouvelle capable de libérer tout l’homme. Un chrétien, une communauté qui sont actifs et fidèles au projet de Dieu qui nous a aimés le premier, constituent une voie privilégiée pour ceux qui sont dans l’indifférence ou dans le doute quant à leur existence et leur action. Ceci demande à chacun de rendre toujours plus transparent son témoignage de foi, en purifiant sa vie pour qu’elle soit conforme au Christ. Aujourd’hui, beaucoup ont une conception limitée de la foi chrétienne, parce qu’ils l’identifient davantage avec un simple système de croyances et de valeurs qu’avec la vérité d’un Dieu qui s’est révélé dans l’histoire, désireux de communiquer avec l’homme en tête à tête, dans une relation d’amour avec lui. En réalité, au fondement de toute doctrine ou valeur, il y a l’évènement de la rencontre entre l’homme et Dieu en Christ Jésus. Le christianisme, avant d’être une morale ou une éthique, est l’évènement de l’amour, il est l’accueil de la personne de Jésus. Pour ceci, le chrétien et les communautés chrétiennes doivent avant tout regarder et faire regarder vers le Christ, vrai Chemin qui conduit à Dieu.

Benoit XVI

© Libreria Editrice Vaticana

 

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Peut-on connaitre Celui que les traditions religieuses appellent Dieu?

17 Décembre 2012, 01:31am

Publié par Fr Greg.

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Chers frères et sœurs,

Je voudrais méditer brièvement avec vous sur quelques chemins pour arriver à la connaissance de Dieu.


Je voudrais rappeler d’abord que l’initiative de Dieu précède toujours toute initiative de l’homme et que dans le chemin vers Lui, c’est d’abord Lui qui nous éclaire, nous oriente et nous guide, en respectant toujours notre liberté. Et c’est toujours Lui qui nous fait entrer dans son intimité, se révélant et nous donnant la grâce de pouvoir accueillir cette révélation dans la foi. N’oublions jamais l’expérience de saint Augustin: ce n’est pas nous qui possédons la Vérité après l’avoir cherchée, mais c’est la Vérité qui nous cherche et nous possède.

 

Cependant il existe des chemins qui peuvent ouvrir le cœur de l’homme à la connaissance de Dieu, il y a des signes qui conduisent à Dieu. Certes, souvent nous risquons d’être aveuglés par les scintillements de la mondanité, qui amenuisent notre capacité à parcourir ces chemins ou à lire ces signes. Mais Dieu ne se fatigue pas de nous chercher, il est fidèle à l’homme qu’il a créé et sauvé, il reste proche de notre vie, car il nous aime. Et cette certitude doit nous accompagner chaque jour, même si certaines mentalités diffuses rendent plus difficile à l’Eglise et au chrétien de communiquer la joie de l’Evangile à toute créature et de conduire tous à la rencontre avec Jésus, unique Sauveur du monde. Ceci est notre mission, c’est la mission de l’Eglise et chaque croyant doit la vivre dans la joie, en se l’appropriant, à travers une existence vraiment animée par la foi, marquée par la charité, par le service de Dieu et des autres, et capable de répandre l’espérance. Cette mission resplendit surtout dans la sainteté à laquelle tous sont appelés.

 

Aujourd’hui, nous le savons, les difficultés ne manquent pas, ni les épreuves, pour la foi qui est souvent peu comprise, contestée, refusée. Saint Pierre disait aux chrétiens: «Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l'espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect.» (1 Pt 3,15). Par le passé, en Occident, dans une société considérée comme chrétienne, la foi était le milieu dans lequel on se mouvait; la référence et l’adhésion à Dieu faisaient partie de la vie quotidienne, pour la majorité des gens. C’était plutôt celui qui ne croyait pas qui devait justifier son incrédulité. Dans notre monde, la situation a changé et le croyant doit toujours plus être capable de rendre raison de sa foi. Le bienheureux Jean-Paul II, dans son encyclique Fides et ratio, soulignait comment la foi était mise à l’épreuve à l’époque contemporaine, à travers des formes subtiles et vétilleuses d’athéisme théorique et pratique (cf. nn. 46-47). A partir des Lumières, la critique envers la religion s’est intensifiée; l’histoire a été marquée aussi par la présence des systèmes athées, dans lesquels Dieu était considéré comme une simple projection de l’âme humaine, une illusion et le produit d’une société déjà faussées de tant d’aliénations. Le siècle suivant a connu un fort processus de sécularisme, à l’emblème de l’autonomie absolue de l’homme, considéré comme mesure et artisan de la réalité, mais appauvri dans son être de créature «à l’image et à la ressemblance de Dieu». Dans notre temps, un phénomène particulièrement dangereux pour la foi s’est vérifié : il y a en effet une forme d’athéisme que nous qualifions justement de «pratique», dans lequel on ne nie pas les vérités de la foi ou des rites religieux, mais on les considère simplement insignifiants pour l’existence quotidienne, éloignés de la vie, inutiles. Souvent, alors, on croit en Dieu de façon superficielle, et on vit «comme si Dieu n’existait pas» (etsi Deus non daretur). Finalement, cette façon de vivre se révèle encore plus destructrice, car elle porte à l’indifférence envers la foi et la question de Dieu.

 

En réalité, l’homme, séparé de Dieu, est réduit à une seule dimension, horizontale, et ce réductionnisme est justement une des causes fondamentales des totalitarismes qui ont eu des conséquences tragiques au siècle dernier, ainsi que de la crise des valeurs que nous voyons actuellement. En obscurcissant la référence à Dieu, on a obscurci aussi l’horizon éthique, pour laisser place au relativisme et à une conception ambigüe de la liberté, qui au lieu d’être libératrice finit par lier l’homme à des idoles. Les tentations que Jésus a affrontées au désert avant sa mission publique, représentent bien ces «idoles» qui séduisent l’homme, quand il ne va pas au-delà de lui-même. Si Dieu perd la centralité, l’homme perd sa juste place, il ne trouve plus sa place dans le créé, dans les relations avec les autres. Ce que la sagesse antique évoque avec le mythe de Prométhée est toujours d’actualité: l’homme pense pouvoir devenir lui-même «dieu», patron de la vie et de la mort.

 

Face à ce tableau, l’Eglise, fidèle au mandat du Christ, ne cesse jamais d’affirmer la vérité sur l’homme et sur son destin. Le Concile Vatican II affirme comme synthèse: «L’aspect le plus sublime de la dignité humaine se trouve dans cette vocation de l’homme à communier avec Dieu. Cette invitation que Dieu adresse à l’homme de dialoguer avec Lui commence avec l’existence humaine. Car, si l’homme existe, c’est que Dieu l’a créé par amour et, par amour, ne cesse de lui donner l’être ; et l’homme ne vit pleinement selon la vérité que s’il reconnaît librement cet amour et s’abandonne à son Créateur.» (Cost. Gaudium et spes, 19). 

 

Benoit XVI

© Libreria Editrice Vaticana

 

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Soyez toujours dans la joie du Seigneur

16 Décembre 2012, 04:30am

Publié par Fr Greg.

      «  En ce jour-là, tu n'auras plus à rougir de toutes tes mauvaises actions, de ta révolte contre moi ; car à ce moment, j'aurai enlevé du milieu de toi tes vantards orgueilleux, et tu cesseras de faire l'arrogante sur ma montagne sainte. Je maintiendrai au milieu de toi un reste de gens humbles et pauvres ; ils chercheront refuge dans le Nom du SEIGNEUR…   Ne crains pas, Sion ! Ne laisse pas tes mains défaillir !  Le SEIGNEUR ton Dieu est en toi, c'est lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse,  il te renouvellera par son amour ; il dansera pour toi avec des cris de joie, comme aux jours de fête. » Sophonie 3, 11-18.

 

 

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Extraordinaire : « Dieu dansera pour toi avec des cris de joie » Il faut ne plus compter que sur celui qui vient pour vraiment entendre et crier cette audace de Dieu pour nous !  Nous sommes tellement habitués à chantonner ces mots qu’on ne les reçoit plus vraiment… Or, c'est Dieu qui parle ! Voilà notre joie: c’est celle de Dieu qui se rend présent à nous d’une manière inconditionnelle, définitive, absolue : Il danse pour nous avec des cris de joie !!  

 

Le salut que Jésus nous apporte, c’est Lui. Le salut c’est quelqu’un qui vient nous épouser, et qui, en se donnant à nous, nous recrée : comme St Augustin dit, cette recréation est sans proportition avec notre création! Parce que c'est une divinisation! Jésus en s'incarnant s'unit à nous dans la plus grande des proximités et nous fait être totalement autre: l'incarnation, c'est Dieu qui nous divinise, et cela va infiniment plus loin que le simple fait d’exister ! L’avent c’est la promesse de Dieu qui s’effectue et qui se trouve déjà réalisé. Et cette certitude est source de notre joie !

 

C’est ce que reprend Jean-Baptiste, qui, dans son parler rude, réclame ce dépouillement pour être libéré de toutes fausses réponses et être entièrement renouvelé, renaitre à cet amour inconditionnel qui ne peut être repris !

 

Mais qu’est-ce que la joie ?

La joie est un fruit ; c’est en nous l’effet de l’amour qui surabonde, parce que celui que nous aimons est effectivement présent. Parce que sa présence et sa personne est un don qui est ‘de trop’, excessif, l’amour produit en nous un épanouissement intérieure et extérieure ; parce qu’il est un don ‘anormal’, au-delà de notre mesure, de notre taille, parce qu’il est nouveau, surprenant, au-delà de ce qu’on peut attendre, l’amour nous épanouit jusqu’à être source d’une fécondité gratuite: la joie.


St Thomas dit aussi que « La joie est au désir ce que le repos est au mouvement. Or le repos est plénier quand plus rien ne reste du mouvement; de même, la joie est plénière quand il ne reste plus rien à désirer. Tant que nous sommes en ce monde, le mouvement intérieur du désir ne reste pas en repos, car il nous est toujours possible de nous rapprocher davantage de Dieu par la grâce.


Mais quand nous serons dans la béatitude, il ne restera plus rien à désirer, parce qu'on aura la pleine jouissance de Dieu, en laquelle nous obtiendrons aussi tout ce qui aura pu être l'objet de nos désirs pour les autres biens, suivant la parole du Psaume (103, 5) " Il comble de biens tous nos désirs. " Ainsi, ce ne sera pas seulement le désir que nous avons de Dieu qui trouvera son repos, mais également tous nos autres désirs. La joie des bienheureux est donc absolument plénière, et même plus que plénière, puisqu'ils obtiendront plus qu'ils n'auront pu désirer, car dit l'Apôtre (1 Co 2, 9): " Le cœur de l'homme n'a jamais conçu ce que Dieu a préparé pour ceux qu'il aime. " Et c'est ce qu'on lit en S. Luc (6 , 38): " C'est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu'on versera dans le pli de votre vêtement. "

Toutefois, puisque nulle créature n'est capable d'une joie de Dieu qui soit digne de lui, il faut dire que cette joie absolument parfaite n'est pas contenue dans l'homme, mais que c'est plutôt lui qui y pénètre. »

L’avent nous y fait pénétrer car il nous fait déjà anticiper le terme, vivre déjà par la foi de Celui qui nous attend.

« Dieu en différant de se donner à toi, dilate tes désirs, en les dilatant il élargit ton esprit, en l'élargissant il te rend plus capable de le posséder. » St Augustin.

           Fr Grégoire.

 

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De l'aveuglement de la volonté à sa perversité!

15 Décembre 2012, 02:58am

Publié par Fr Greg.

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"Madame Christiane Taubira a elle-même utilisé l’expression de « réforme de civilisation » pour désigner le projet de loi ouvrant le mariage et la filiation aux couples de personnes de même sexe. Sans vouloir trop solliciter cette expression, elle permet de mesurer la gravité du sujet qui nous réunit cet après-midi. En effet, la civilisation concerne notamment les liens que les humains tissent entre eux et la manière dont ils les pensent et les organisent. La responsabilité du législateur est de veiller à ce que ces liens soient justes. 

Dans les quelques minutes qui me sont imparties, je voudrais exposer les raisons pour lesquelles je pense que ce projet de loi est incohérent et injuste.

1. Ce projet de loi est incohérent

Notons qu’aujourd’hui, le mariage est l’objet d’un droit pour tous les individus majeurs (et non pour les couples), y compris pour les personnes ayant une orientation homosexuelle (Oscar Wilde ou André Gide ont été mariés) puisque l’orientation sexuelle ne fait pas partie des règles constitutives du mariage. Celles-ci, outre l’âge et le consentement, sont la différence des sexes des partenaires, la monogamie et l’absence de certains liens de parenté.

Le présupposé commun à ces trois clauses est que l’articulation entre conjugalité et filiation est pensée en référence à la procréation naturelle. Des exigences propres à la transmission de la vie humaine sont déduites les conditions nécessaires au mariage.

Le projet de loi consiste à supprimer une de ces conditions, au titre que le mariage serait devenu pour notre société la reconnaissance sociale et juridique d’un lien amoureux. La neutralisation de la différence des sexes dans le mariage entraine ipso facto sa neutralisation dans la filiation. Jusqu’à aujourd’hui, la représentation de la filiation avait pour ancrage l’union féconde de l’homme et de la femme dont est issu l’enfant. Soulignons que cette référence demeure opératoire pour organiser l’adoption et la procréation médicalement assistée.

L’ouverture du mariage aux couples de personnes de même sexe ne permet plus de penser la filiation selon un tel ancrage. Que va-t-on dès lors lui substituer ?

La volonté humaine. En effet, la volonté explicitement déclarée d’établir un lien de filiation avec un enfant suffira et ce même en l’absence de toute analogie avec la procréation naturelle.

Mais alors pourquoi maintenir les autres clauses qui manifestent que le projet de loi reste enfermé dans un mimétisme avec le système antérieur, celui du couple homme/femme qui procrée par l’union sexuelle ? Comme le dit Sylviane Agacinski « si l’on rompt avec le modèle naturel de la procréation, c’est-à-dire celui qui engage deux personnes sexuellement différentes, il n’y a en effet aucune raison de s’arrêter à deux parents. Si, par hypothèse, les parents peuvent avoir le même sexe, la structure du couple n’a plus de nécessité. Si ces hypothèses défient le bon sens, c’est qu’il est difficile de ne pas supposer un étayage de l’institution sur la nature. La famille a toujours privilégié le couple parental mixte, parce qu’elle s’est inspirée du couple parental naturel. » (La politique des sexes, Seuil, 1998 p. 152) Dès lors que la volonté humaine devient la référence ultime d’une décision, on se situe dans un système autoréférentiel : le critère d’évaluation de la volonté est la volonté elle-même !

Au regard de la logique du seul consentement, au nom de quoi l’Etat peut-il interdire que trois ou quatre adultes s’unissent pour la vie s’ils le veulent et élaborent ensemble un projet parental ?

Au nom même du principe qu’il valide, on peut donc affirmer que ce projet de loi est « polyphobe » ; embarqué dans une logique, il pose une limite qui ne peut apparaître qu’arbitraire. Marcela Iacub et Jacques Derrida ne sont-ils pas plus conséquents en réclamant l’abolition du mariage civil et son remplacement par un contrat de vie commune à n partenaires ?

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2. Ce projet de loi est injuste

A moins qu’une telle résistance au déploiement logique des conséquences d’un tel principe ne manifeste une sourde inquiétude, malgré tout. Celle que le droit de la famille sous l’empire de la volonté déstabilise les liens humains et ne suscite toujours plus de souffrance et d’injustice.

En effet, plus on fonde les liens sur la seule volonté, plus on crée des occasions de conflits irréductibles car manquant de critère autre que la volonté.

Pourquoi refuser ce que l’on peut nommer une dérégulation du mariage si ce n’est au nom du droit des enfants susceptibles de naître dans un tel cadre juridique?

Faisons mémoire de l’intention du législateur, les révolutionnaires de 1792, illuminés par la déclaration des droits de l’homme reconnaissant des droits inhérents à la nature même de l’homme (d’où le fameux « tous les hommes naissent libres et égaux en droits… ») : œuvre de la raison qui cherche à discerner le juste et non simplement d’une  volonté qui s’impose.

Or quel est le bien fondamental dû à l’enfant que notre société se doit de respecter ?  Vivre dans la continuité de la double origine dont il est issu. La sexuation concerne toute la personne, masculine ou féminine, père ou mère ; elle n’est pas une propriété du seul corps réduit à un simple substrat biologique, comme certaines formules condescendantes veulent le faire croire (Irène Théry parlant  de « conception bouchère de la filiation »).

Au nom de quoi peut-on justifier que certains enfants soient a priori privés soit de leur père soit de leur mère ? Tout cela n’a rien à voir avec les situations de fait actuelles, résultats d’itinéraires de vie parfois douloureux ou de détournements des procédures existantes (adoption d’un célibataire ou PMA).

Le rôle du législateur est d’être le garant des droits des plus vulnérables, de ceux auxquels on ne demande pas leur consentement. Veillons que par hantise d’un paternalisme d’Etat, sa soi-disant neutralité éthique ne débouche sur un mensonge d’Etat et une dérégulation engendrant toujours plus de précarité sociale.

L’Etat a-t-il à se mettre au service de ce que Marcel Gauchet nomme « l’individu total » (La condition historique, Stock, 2003, p.314) ? Ou bien a-t-il à assumer son rôle de Tiers ? Pour ce faire, il est illusoire de penser que l’Etat peut être par la seule efficience de sa volonté la source des institutions réglant les liens humains. La grandeur d’un Etat de droit digne de ce nom est de s’adosser aux droits naturels de la personne.


Nous venons de voir que ce texte incohérent est animé par une logique de contractualisation et de dérégulation de la vie familiale. Ainsi une telle loi va accentuer « la société liquide », expression créée par le sociologue britannique Zygmunt Bauman pour désigner une société dans laquelle les liens humains étant de plus en plus soumis à la seule volonté velléitaire, les personnes éprouvent toujours plus leur fragilité et leur précarité."

 

Thibaud Collin, philosophe.

Audition à la Commission des Lois de l'Assemblée Nationale 13.12.2012.

 

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Au diable la tiédeur !

14 Décembre 2012, 03:25am

Publié par Fr Greg.

 

 

 

 

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Le mythe de Prométhée

13 Décembre 2012, 02:31am

Publié par Fr Greg.

 

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 «   Il fut jadis un temps où les dieux existaient, mais non les espèces mortelles. Quand le temps que le destin avait assigné à leur création fut venu, les dieux les façonnèrent dans les entrailles de la terre d’un mélange de terre et de feu et des éléments qui s’allient au feu et à la terre.

 

 

  Quand le moment de les amener à la lumière approcha, ils chargèrent Prométhée et Epiméthée de les pourvoir et d’attribuer à chacun des qualités appropriées. Mais Epiméthée demanda à Prométhée de lui laisser faire seul le partage. « Quand je l’aurai fini, dit-il, tu viendras l’examiner ». Sa demande accordée il fit le partage, et, en le faisant, il attribua aux uns la force sans la vitesse, aux autres la vitesse sans la force ; il donna des armes à ceux-ci, les refusa à ceux-là, mais il imagina pour eux d’autres moyens de conservation ; car à ceux d’entre eux qu’il logeait dans un corps de petite taille, il donna des ailes pour fuir ou un refuge souterrain ; pour ceux qui avaient l’avantage d’une grande taille, leur grandeur suffit à les conserver, et il appliqua ce procédé de compensation à tous les animaux. Ces mesures de précaution étaient destinées à prévenir la disparition des races. Mais quand il leur eut fourni les moyens d’échapper à une destruction mutuelle, il voulu les aider à supporter les saisons de Zeus ; il imagina pour cela de les revêtir de poils épais et de peaux serrées, suffisantes pour les garantir du froid, capables aussi de les protéger contre la chaleur et destinées enfin à servir, pour le temps du sommeil, de couvertures naturelles, propres à chacun d’eux ; il leur donna en outre comme chaussures, soit des sabots de cornes, soit des peaux calleuses et dépourvues de sang, ensuite il leur fournit des aliments variés suivant les espèces, aux uns l’herbe du sol, aux autres les fruits des arbres, aux autres des racines ; à quelques-uns mêmes il donna d’autres animaux à manger ; mais il limita leur fécondité et multiplia celle de leur victime pour assurer le salut de la race.


     Cependant Epiméthée, qui n’était pas très réfléchi avait sans y prendre garde dépensé pour les animaux toutes les facultés dont il disposait et il lui restait la race humaine à pourvoir, et il ne savait que faire. Dans cet embarras, Prométhée vient pour examiner le partage ; il voit les animaux bien pourvus, mais l’homme nu, sans chaussures, ni couvertures ni armes, et le jour fixé approchait où il fallait l’amener du sein de la terre à la lumière. Alors Prométhée, ne sachant qu’imaginer pour donner à l’homme le moyen de se conserver, vole à Héphaïstos et à Athéna la connaissance des arts avec le feu ; car, sans le feu, la connaissance des arts était impossible et inutile ; et il en fait présent à l’homme. L’homme eut ainsi la science propre à conserver sa vie ; mais il n’avait pas la science politique ; celle-ci se trouvait chez Zeus et Prométhée n’avait plus le temps de pénétrer dans l’acropole que Zeus habite et où veillent d’ailleurs des gardes redoutables. Il se glisse donc furtivement dans l’atelier commun où Athéna et Héphaïstos cultivaient leur amour des arts, il y dérobe au dieu son art de manier le feu et à la déesse l’art qui lui est propre, et il en fait présent à l’homme, et c’est ainsi que l’homme peut se procurer des ressources pour vivre. Dans la suite, Prométhée fut, dit-on, puni du larcin qu’il avait commis par la faute d’Epiméthée.

 

  Quand l’homme fut en possession de son lot divin, d’abord à cause de son affinité avec les dieux, il crut à leur existence, privilège qu’il a seul de tous les animaux, et il se mit à leur dresser des autels et des statues ; ensuite il eut bientôt fait, grâce à la science qu’il avait d’articuler sa voix et de former les noms des choses, d’inventer les maisons, les habits, les chaussures, les lits, et de tirer les aliments du sol. Avec ces ressources, les hommes, à l’origine, vivaient isolés, et les villes n’existaient pas ; aussi périssaient-ils sous les coups des bêtes fauves toujours plus fortes qu’eux ; les arts mécaniques suffisaient à les faire vivre ; mais ils étaient d’un secours insuffisant dans la guerre contre les bêtes ; car ils ne possédaient pas encore la science politique dont l’art militaire fait partie. En conséquence ils cherchaient à se rassembler et à se mettre en sûreté en fondant des villes ; mais quand ils s’étaient rassemblés, ils se faisaient du mal les uns aux autres, parce que la science politique leur manquait, en sorte qu’ils se séparaient de nouveau et périssaient.

  Alors Zeus, craignant que notre race ne fut anéantie, envoya Hermès porter aux hommes la pudeur et la justice pour servir de règles aux cités et unir les hommes par les liens de l’amitié. Hermès alors demanda à Zeus de quelle manière il devait donner aux hommes la justice et la pudeur. « Dois-je les partager comme on a partagé les arts ? Or les arts ont été partagés de manière qu’un seul homme, expert en l’art médical, suffît pour un grand nombre de profanes, et les autres artisans de même. Dois-je répartir ainsi la justice et la pudeur parmi les hommes ou les partager entre tous » – «Entre tous répondit Zeus ; que tous y aient part, car les villes ne sauraient exister, si ces vertus étaient comme les  arts, le partage exclusif de quelques-uns ; établis en outre en mon nom cette loi que tout homme incapable de pudeur et de justice sera exterminé comme un fléau de la société ».


  Voilà comment, Socrate, et voilà pourquoi et les Athéniens et les autres, quand il s’agit d’architecture ou de tout autre art professionnel, pensent qu’il n’appartient qu’à un petit nombre de donner des conseils, et si quelque autre, en dehors de ce petit nombre se mêle de donner un avis, ils ne le tolèrent pas, comme tu dis, et ils ont raison selon moi. Mais quand on délibère sur la politique où tout repose sur la justice et la tempérance, ils ont raison d’admettre tout le monde, parce qu’il faut que tout le monde ait part à la vertu civile ; autrement il n’y a pas de cité ».

                               

PLATON. Protagoras.320.321c.

 

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Les paysans survivrons ! (II)

12 Décembre 2012, 02:35am

Publié par Fr Greg.

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Notre agriculture française survivra elle aussi, semble-t-il. Elle se maintiendra, autitre de chaque exploitation survivante, sur une superficie mise en valeur de plus en plus vaste par regroupements terriens. Les vignerons feront exception. Mais les grands fermiers "macro-entrepreneurs rustiques" rassemblent d'un seul tenant et rassembleront plus encore les domaines, certes contigus, qui continueront, eux, à dépendre de propriétaires différents. Ce devenir affectera surtout les terroirs de plaines ou de contrées relativement planes et recouvertes, si possible, de limons fertiles. Il est vrai que l'usage souvent massif des engrais et des pesticides permet déjà d'augmenter les rendements de façon considérable au détriment de l'environnement. Ce faisant, les agriculteurs, et ils le savent fort bien, prennent des risques génétiques peut-être considérables pour leur descendance.

L'agriculture bio est-elle une solution ? En principe, oui, mais le producteur travaille toujours ou presque toujours à la marge de la profitabilité : il n'envisage pas volontiers, on le comprend, pour mieux préserver l'environnement, d'éroder les maigres profits qu'il attend de son activité.

J'ai parlé de l'installation préférentielle des exploitations agricoles dans les plaines, où le sol est éventuellement plus fertile et où l'utilisation des machines, volontiers gigantesques, permet de réduire les coûts... à coups d'emprunts préalables. Mais dans cette hypothèse également, l'agriculture de plaine entre en compétition avec d'autres investissements, porteurs de profits plus considérables.

La construction de maisonnettes dans la plaine de Caen, sur un rayon de plusieurs kilomètres ou davantage aux alentours de la ville, dévore préférablement des sols limoneux et fertiles ; ils sont dorénavant perdus pour la production agricole, celle-ci indispensable néanmoins pour l'export et pour l'alimentation des milliards d'individus supplémentaires ; ceux-ci viendront s'ajouter aux chiffres de population mondiale déjà existants. Les mêmes réflexions s'imposent à propos de l'établissement de larges autoroutes et d'aéroports immenses, eux-mêmes grands amateurs de terrains plats.

L'agriculture de montagne est abandonnée, et pour cause, dans les vallées alpines et ailleurs. Les vignerons, oléiculteurs, jardiniers et même céréaliculteurs du Languedoc avaient imaginé, à flanc de coteaux des Cévennes ou des pré-Cévennes, une production agricole installée sur des terrasses artificiellement étagées sur des pentes de collines, voire de montagnes.

Ces terrasses avaient coïncidé avec la mise en valeur agricole croissante des terroirs méridionaux lors des XVIIIe, voire XIXe siècles. Il n'est évidemment pas question de recultiver ces prodigieux escaliers d'agriculture ou de viticulture, tant le travail fait uniquement à la main ou à la rigueur avec des mules y était pénible et, c'est le cas de le dire, assez peu rentable.

 

La formidable augmentation des rendements du blé, froment et autres céréales d'une quinzaine de quintaux à l'hectare (ou moins encore au XVIIe siècle) jusqu'à 100 quintaux à l'hectare, plafond presque indépassable de nos jours, est un bienfait pour nos exportations frumentaires vers les pays déficitaires en production des grains au sud de la Méditerranée et ailleurs. Mais il y a un prix à payer : dans les campagnes de l'ouest de la France, les terres schisteuses à très faible épaisseur de sol arable sont devenues porteuses de moissons assez considérables... et les coccinelles ont disparu, victimes des insecticides. Les bleuets et les coquelicots qui cernaient autrefois les vastes parcelles labourées, puis emblavées, se sont évanouis, si l'on peut dire, dans la nature.

Il ne sert évidemment à rien de gémir, puisque, à cette liste quelque peu impressionniste des divers méfaits subis par l'environnement rural, on pourraitajouter bien d'autres phénomènes du même genre. Ne parlons pas des flatulences des vaches et autres bovidés : elles contribuent, à force de méthane, au réchauffement du climat, en compétition avec le CO2. L'évocation du réchauffement mondial n'est pas inutile.

La situation, quant à ce problème, n'est pas très différente de celle que nous venons d'évoquer pour l'agriculture de plus en plus industrialisée. D'une part, le plus grand nombre des Européens, sinon des Américains, fait preuve d'une prise de conscience désormais perspicace quant aux périls "calorifiques" issus de l'accroissement d'injections atmosphériques des gaz à effet de serre. Mais d'autre part, très peu parmi les citoyens du Vieux Continent, notamment paysans, acceptent d'envisager, de façon concrète, une réduction de l'usage de l'automobileet de la motorisation en général.

Le problème est presque insoluble : les désirs de confort de nos populations, en soi légitimes, sont en contradiction flagrante avec les exigences, elles aussi fondées, du respect de l'environnement sous ses diverses formes. La pensée hégélienne elle-même, amoureuse des propositions contradictoires et de leurs solutions dialectiques, s'y casserait les dents, qu'elle avait pourtant fort longues.

Emmanuel Le Roy Ladurie, de l'Académie des sciences morales et politiques. Professeur honoraire au Collège de France, ex-administrateur général de la Bibliothèque nationale. Né en 1929, il a été un des pionniers de la micro-histoire avec "Montaillou, village occitan" (Gallimard, 1975). Il est l'auteur d'une "Histoire humaine et comparée du climat" en trois volumes (Fayard, 2004-2009) et de "La Civilisation rurale" (Allia, 62 pages, 6,20 €)

Les 15es Rendez-vous de l'histoire à Blois, consacrés aux paysans, se sont tenus du 18 au 21 octobre

Emmanuel Le Roy Ladurie

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Les paysans survivront !

11 Décembre 2012, 02:28am

Publié par Fr Greg.

 

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Un millénaire chasse l'autre. Dans un livre récent, Le Temps des laboureurs (Albin Michel, 374 p., 24 euros), consacré au second espace de mille ans, celui qui commence au XIe siècle, Mathieu Arnoux, grand ruraliste devant l'Eternel, dresse la figure pacifique et durable du laboureur, héros éponyme du beau Moyen Age et d'une croissance économique jusqu'alors sans exemple : elle ne se termine que dans la première moitié du XIVe siècle.

Le laboureur et le vilain, le gros fermier et le manouvrier (saisonnier), forment ainsi le couple auguste qui, tant bien que mal, survivra dans nos campagnes pendant plus de neuf siècles. Néanmoins, la peste noire et les guerres de Cent Ans de 1348 à 1450 détruisent à plus de 50 % ce peuplement rural de la France d'autrefois avec sa double nature, exploitante et prolétarienne.

La renaissance démographique de 1450 à 1560 rétablit l'agreste duo dans son intégrité de l'avant-peste : 20 millions d'Hexagonaux (l'Hexagone virtuel est une figure géographique commode), dont 18 millions de paysans socialement structurés comme précédemment. Cette masse humaine est stable, malgré les blessures anti-populationnistes, vite réparées, que lui infligent de temps à autre les guerres bourbonniques et louis-quatorziennes.

Le XVIIIe siècle est témoin d'un essor des peuplements agraires, équilibré, sans plus, par le développement économique du temps des Lumières. La Révolution française libère la paysannerie du "joug" seigneurial, un joug qui n'était pas toujours aussi pesant qu'on le dit puisque la seigneurie fonctionnait, comme le soulignera Fernand Braudel, en tant qu'agent éventuel du développement de l'économie sur son territoire.

La paysannerie survit comme telle, malgré les souffrances des guerres de la Révolution et de l'Empire, par rapport aux pertes d'un à deux millions de personnes que lui ont infligées ces conflits. Le XIXe siècle, jusque vers 1860, voire 1870, marque l'apogée, en volume, du bloc agraire de la nation : plus de 30 millions de ruraux. L'Hexagone, en dépit des faibles rendements agricoles, est cultivé comme un jardin. Plus spectaculaire sera la chute. Dès la fin du Second Empire et sous la IIIe République, le reflux campagnard est amorcé.

Bientôt, dès 1913, la population active non agricole est en voie de rattrapage vis-à-vis de sa consoeur paysanne. Le massacre de 1914-1918 éprouve davantage la jeunesse villageoise que ce n'est le cas pour les ouvriers : ils sont souvent affectés spéciaux dans les usines d'armement.

La dépopulation rustique continue dans l'entre-deux-guerres ; elle est ensuite freinée à l'époque de l'occupation allemande, tant le secteur agricole, donc alimentaire et vital, s'avère indispensable dans un pays privé d'importations de nourriture : pour un certain nombre d'agriculteurs, les années 1940-1944, si déplorables qu'elles fussent à leur égard, ne furent pas les pires qu'ils aient jamais connues, compte tenu des très rudes épreuves que leur avait infligées la crise mondiale lors de la quatrième décennie du XXe siècle.

M. et Mme Grenadou, cultivateurs beaucerons, avaient même prospéré sous Vichy tant leurs produits se vendaient bien. Mais bien sûr, il y eut les déportations, les bombardements, les exécutions sommaires, etc. Inutile d'insister à ce propos. L'après-guerre, les "trente glorieuses" et le tournant des XXe-XXIe siècles ont affecté les zones rurales. Nous sommes, en fait de démographie agricole, plus rabaissés qu'en 1450, la situation est pire, si l'on peut dire, puisque même en cette époque maudite, il y avait davantage de personnes employées à la terre, à l'herbage et à la forêt que ce n'est le cas de nos jours.

Sous Charles VII, il y avait, dans l'Hexagone virtuel, plus étendu que ne l'était le royaume proprement dit, plus de 9 millions de ruraux parmi lesquels 95 % de cultivateurs et cultivatrices. En 2012, on est loin du compte, les terroirs agricoles sont dépeuplés, et l'on n'imagine pas une démographie rurale équivalente à celle, si maigrichonne soit-elle, dont bénéficiait la France vingt ans après le bûcher deJeanne d'Arc (1431).

Qu'adviendra-t-il de l'agriculture française dans ces conditions ? A titre comparatif, aux Etats-Unis, lors de la Grande Dépression des années 1930, certains théoriciens, très théoriques en effet, imaginaient volontiers une économie "étasunienne" sans secteur agricole, celui-ci étant considéré comme trop peu rentable et devant disparaître en conséquence au profit de branches productives plus avantageuses, situées hors des professions traditionnelles des Farmers. Les visions futurologiques de ce genre étaient utopiques.

Ce qui s'est vraiment produit aux Etats-Unis, c'est l'abandon éventuel des terres les moins rentables, ainsi que le gigantisme accru des exploitations terriennes d'outre-Atlantique. Pour celles-ci, l'unité de base est dorénavant, dans bien des cas, le millier d'hectares, et non pas la dizaine ou la centaine d'hectares, comme c'est le cas, en revanche, en France, voire dans d'autres pays d'Europe.

 

 

Emmanuel Le Roy Ladurie

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On peut toujours se relever...

10 Décembre 2012, 01:25am

Publié par Fr Greg.

 

 

 

 

 

 

 

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La gratuité excessive de Dieu...

9 Décembre 2012, 03:46am

Publié par Fr Greg.

 

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+St Maximilien Kolbe disait qu’il fallait reprendre l'intelligence de notre vie chrétienne dans la lumière de L’Immaculée conception ! Pourquoi ? Parce que l’immaculée, c'est le mystère de la gratuité de Dieu qui s'empare de Marie, c'est le Père qui nous révèle sa miséricorde prévenante, son don excessif et gratuit, et que cela c'est vrai et actuel pour chacun d'entre nous

 

A l'Annonciation « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi » - l'ange Gabriel révèle l'identité la plus profonde de Marie, son « nom », pour ainsi dire, par lequel Dieu la connaît : « pleine de grâce ». 


St Thomas d'Aquin dit ceci dans son ctaire de la salutation angélique: "La Vierge, pleine de grâce, surpasse les Anges, par sa plénitude de grâce. C’est pourquoi elle est appelée Marie à juste titre. Ce nom signifie en effet « illuminée intérieurement ». Aussi à Marie s’appliquent parfaitement les paroles d’Isaïe (58, 11) : Dieu remplira votre âme de ses splendeurs. Le nom de Marie veut dire également « illuminatrice des autres » dans tout l’univers. C’est pourquoi Marie est à bon droit comparée au soleil et à la lune (cf. Cant 6, 9).

 

 

 

 

Marie, a été l'objet d'une prédilection singulière de la part de Dieu qui, dans son dessein éternel, l'a « pré choisie » pour être la mère de son Fils fait homme et, par conséquent, l'a préservée du péché originel. C'est pourquoi l'ange s'adresse à elle par ce nom qui signifie littéralement « comblée de l'amour de Dieu depuis toujours », de sa grâce.

 

Le mystère de l'Immaculée Conception est source d'espérance et de réconfort. Au milieu des épreuves de la vie et particulièrement des contradictions que nous expérimentons, Marie, nous dit que la Grâce est plus grande que le péché, que la miséricorde de Dieu est plus forte que le mal et sait le transformer en bien.

 

 Et cela, c’est pour nous dès maintenant ! Qu'est-ce à dire? On regarde souvent l'Immaculée conception comme un mystère de 'pureté' qu'il faudrait imiter ou que l'on admire un peu de l'extérieur... or, cette fête nous manifeste -en premier- que la Vierge Marie a reçu toute sa sainteté "d'en haut"; elle ne s'est pas faite sainte par elle-même, mais elle a tout reçu gratuitement et elle est resté rivé sur ce don purement gratuit de Dieu pour elle. Et pour chacun d'entre nous c'est analogue: notre Père veut nous voir fixé sur ce qu'Il nous donne actuellement -qui est caché et qui donc nous laisse complètement pauvre car on n'a aucune conscience de ce don. Mais, regarder Marie, c’est voir, toucher que c'est son don qui nous rend comme Lui.

 

C'est cela notre vie chrétienne: Dieu reprend tout de l'intérieur et nous donne tout, mais c’est cachée.  C'est pour cela que cette fête c'est donc célébrer la pauvreté de Marie qui reçoit tout d'en haut, rien de sa sainteté ne vient d'elle sinon d'avoir accepté d'être complètement relative et de vivre d'un don qui la dépasse, et donc d'accepter d'être conduit sans pouvoir 'gérer' sa vie divine: "quitte ton pays, ta parenté, tout ce qui t'es connaturel...".

 

Elle doit donc nous faire comprendre qu'aux yeux de Dieu nous n'avons pas moins de 'valeur' qu'elle;   Dieu veut nous donner de vivre et de continuer ce qu'il lui a donné de vivre, pas moins… !!! Mais il faut accepter de ne rien en voir, que la manière dont Dieu se donne à nous est caché et donc que le quotidien apparemment reste banal et même souvent médiocre, marqué par notre petitesse; et cela le Père le sait et Il s'en sert si on accepte qu'Il passe par là pour se donner à nous: Dieu ne mesure pas son don à notre réponse; La mesure de l'Amour de Dieu pour nous c'est Lui-même, pas moins.

 

  Marie doit nous donner d'aimer cet amour de Jésus, du Père pour nous. Il faut que l'amour de Dieu pour nous, qui seul est capable de tout transformer, soit notre repos, notre joie. Nous sommes aimés comme Marie est aimée actuellement. Et c'est aussi Marie qui d'abord répond pour nous. 

 

  On pourrait dire que c'est un peu facile... mais c'est cela l'espérance: s'appuyer sur un autre qui nous dépasse et non sur ce que l'on peut faire soi-même; et cela c'est très rude: car alors on n'a aucun résultat tangible qui puisse nous montrer notre 'sainteté', là où on en est... Le Père attend de nous toute notre coopération, tous nos efforts, tous nos dépassements, mais ce qui est divin en nous, notre sainteté, ce qui est éternel: cela nous est donné, c'est un don actuel et caché qui reprend tout de l'intérieur.

 fr Grégoire

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Confiance totale...

8 Décembre 2012, 01:37am

Publié par Fr Greg.

 

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« Mon Dieu, je suis si persuadé que Vous veillez sur ceux qui espèrent en Vous, et qu’on ne peut manquer de rien quand on attend de Vous toutes choses, que j’ai résolu de vivre à l’avenir sans aucun souci, et de me décharger sur Vous de toutes mes inquiétudes : in pace in idipsum dormiam et requiescam, quoniam Tu, Domine, singulariter in spe constituisti me (Ps. IV, 9). Les hommes peuvent me dépouiller et des biens et de l’honneur, les maladies peuvent m’ôter les forces et les moyens de Vous servir, je puis même perdre Votre grâce par le péché ; mais jamais je ne perdrai mon espérance, je la conserverai jusqu’au dernier moment de ma vie, et tous les démons de l’enfer feront à ce moment de vains efforts pour me l’arracher : in pace in idipsum dormiam et requiescam. D’aucuns peuvent attendre leur bonheur de leurs richesses ou de leurs talents, d’autres s’appuyer sur l’innocence de leur vie, ou sur la rigueur de leur pénitence, ou sur le nombre de leurs aumônes, ou sur la ferveur de leurs prières ; Tu, Domine, singulariter in spe constituisti me : pour moi, Seigneur, toute ma confiance, c’est ma confiance même ; cette confiance ne trompa jamais personne : nullus, nullus speravit ira Domino et confusus est (Eccl. II, 11).

 

Je suis donc assuré que je serai éternellement heureux, parce que j’espère fermement de l’être, et que c’est de Vous, ô mon Dieu que je l’espère : in Te, Domine, speravi, non confùndar in aeternum (Ps. XXX, 2). Je connais, hélas ! je ne connais que trop que je suis fragile et changeant, je sais ce que peuvent les tentations contre les vertus les mieux affermies, j’ai vu tomber les astres du ciel et les colonnes du firmament, mais tout cela ne peut m’effrayer : tant que j’espérerai je me tiens à couvert de tous les malheurs, et je suis assuré d’espérer toujours parce que j’espère encore cette invariable espérance.

 

Enfin, je suis sûr que je ne puis trop espérer en Vous, et que je ne puis avoir moins que ce que j’aurai espéré de Vous. Ainsi, j’espère que Vous me tiendrez dans les penchants les plus rapides, que Vous me soutiendrez contre les plus furieux assauts, et que Vous ferez triompher ma faiblesse de mes plus redoutables ennemis ; j’espère que Vous m’aimerez toujours, et que je Vous aimerai aussi sans relâche ; et, pour porter tout d’un coup mon espérance aussi loin qu’elle peut aller, je Vous espère Vous-même de Vous-même, ô mon Créateur, et pour le temps et pour l’éternité. »

Ainsi soit-il !

St Claude de la Colombière.

 

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L'art dit 'contemporain': du grand n'importe quoi!

6 Décembre 2012, 03:33am

Publié par Fr Greg.


La Fiac (Foire Internationale d’Art Contemporain), sauf exceptions illusoires, montre une peinture contemporaine anémiée par des affairistes pressés qui collectionnent des signes de reconnaissance plutôt que de l'art.

 

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Description : Description : http://www.lefigaro.fr/icones/coeur-.gif L'art contemporain montré à la Fiac est l'art d'une toute petite partie de nos contemporains. Ce terme, faussement temporel, désigne ici un genre artistique qui trouve son origine dans l'urinoir de Marcel Duchamp de 1917. La pratique du ready-made, en détournant des objets utilitaires pour en faire des œuvres d'art, explique que n'importe quoi (comportements, excréments ou pièce vide) puisse devenir œuvre d'art si et seulement si un réseau officiel, marchand ou médiatique, le valide. Duchamp a troqué le savoir-faire contre le faire-savoir, au lieu d'incarner du sens dans une forme, il privilégie le «concept », les spéculations intellectuelles qui, vidant l'œuvre d'art des critères esthétiques, feront le lit de la spéculation financière: il ne reste pas beaucoup d'art dans l'art financier.

 

En témoigne l'état de la peinture: Hopper, ne créant que deux tableaux par an, pourrait-il encore émerger dans un art financiarisé, où l'adage «ce qui est rare est cher » a vécu ? La bonne peinture, œuvre unique non reproductible à satiété, n'est pas toujours instinctuelle et demande temps et métier. Or, pour être rentable, l'art devrait obéir à des opérations marketing, être coté dans le réseau des grandes foires, galeries, ventes aux enchères. L'art conceptuel, et ses «installations » reposant sur des procédures démontables et sérielles, se prête mieux à cette mondialisation que la fragile peinture. Une «performance », une transgression par le geste ou le cri, est plus médiatique que les meilleures toiles. La peinture demande le temps d'une rencontre, une mémoire, une culture, mais les affairistes pressés collectionnent des signes de reconnaissance plutôt que de l'art.

 

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Conceptualisme mercantile

Il ne suffit pas d'utiliser toile, châssis et pinceaux pour faire œuvre picturale. Il existe un conceptualisme peint (souvent confondu avec l'abstraction de l'art moderne) repérable à sa répétitivité, sa standardisation. Les rayures, les carrés en quinconce ou les pots de fleurs, semblables à des logos, ne tolèrent pour voisinage que certaines expressions picturales, telle la peinture «de standards et de clichés » où «il n'y a pas d'essentialité » d'une lauréate du prix Marcel-Duchamp. Cette peinture sous contrainte conceptuelle ne produit plus d'images mais une imagerie décorative, digne du catalogue des fleurs Vilmorin.

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Autorisée aussi, la peinture fantomatique, spectrale, qui valorise sa propre exténuation et permet des commentaires sur la «peinture de la fin de la peinture ». Le plus souvent, un peintre figuratif restera «compétitif » en se cantonnant dans le kitsch, le parodique érotisé ou une défiguration montrant l'humanité affreuse, sale et méchante… La Fiac, sauf exceptions illusoires, montre une peinture contemporaine anémiée. La vitalité de l'art pictural s'est réfugiée dans les ateliers ou des galeries exclues : la forte présence d'une grande peinture vivante serait préjudiciable aux formes dégradées du conceptualisme mercantile.

www.lefigaro.fr

Historienne de l'art, Christine Sourgins est l'auteur des «Mirages de l'art contemporain». http://sourgins.over-blog.com

 

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